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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013par Alban Paul GAZELE LEMBY Université de Dschang - Master 2020 |
A- L'exercice des activités commerciales et exploitation illicite des ressources au détriment de la mission confiéeLa mise en oeuvre du mandat de la MINUSCA s'est butée à un certain nombre des obstacles relatifs aux forces onusiennes. Le constat est que les forces onusiennes de la MINUSCA se livrent à l'exercice des activités commerciales et à l'exploitation illicite des ressources naturelles de la République Centrafricaine. Cela montre un abandon des objectifs prioritaires de la mission onusienne en République Centrafricaine. Les forces onusiennes de la MINUSCA faisaient des affaires notamment le commerce. Puisque leurs véhicules échappaient au contrôle, ils achetaient des produits et autres matériaux qu'ils vendaient à la population centrafricaine. Ils achetaient des pierres précieuses notamment l'or et le diamant centrafricain. Il en est de même pour les exploitations illicites des ressources naturelles. De ce fait, ces forces visaient ou se contentaient de leur propre intérêt au détriment de la protection des populations civiles, de la restauration de l'autorité de l'État Centrafricain. Ce qui fait que la mise en oeuvre du mandat devient problématique. En fait, ce qui compromet le processus des opérations de maintien de la paix de l'ONU en République c'est ce suivisme du jeu des intérêts. B- La recherche de rémunération en dollars et les abus sexuelsLa recherche du gain est la priorité des forces onusiennes de la MINUSCA en République Centrafricaine. Ces forces se contentent de se protéger et gagner de dollars chaque mois. Cette recherche du gain fragilise la mise en oeuvre effective du mandat autorisant leur intervention en République Centrafricaine. En sus de la recherche de rémunération en dollars, les forces onusiennes de la MINUSCA se livrent à des abus sexuels.La problématique de l'exploitation sexuelle demeure depuis des décennies. En effet, cela peut s'expliquer par le fait qu'elle soit inhérente à l'intervention onusienne par des missions de maintien de la paix. Ainsi, les bouleversements sociaux et l'instabilité à tous les niveaux du pays en conflit ou sortie de crise au sein duquel l'ONU va déployer une mission, couplée à la dominance économique du personnel de l'ONU incluant les casques bleus, créé un environnement dans lequel ces derniers peuvent facilement abuser des personnes qu'ils sont initialement venus protéger. La République Centrafricaine n'échappe pas à cette réalité. Elle implique d'un côté, les casques bleus, généralement jeunes soldats hommes98(*)provenant des pays en voie de développement et qui ne bénéficient pas nécessairement de la formation ni l'expérience nécessaire afin d'appréhender leur envoi sur des terrains comme les provinces centrafricaines, sont envoyés afin de protéger des populations, parfois au coût de leur vie. De l'autre côté, on trouve des populations locales et/ou déplacées en situation de pauvreté voire d'extrême pauvreté. La présence dans ce contexte descasques bleus, au bénéfice desquels il existe une inégalité de rapport économique, favorise l'exploitation sexuelle. Prostitution de misère. D'un côté des membres de la population locale trouvent moyen de substance voire de survie en se livrant à la prostitution, de l'autre côté des soldats commettent ces actes d'exploitation sexuelle. Les actes d'abus et d'exploitations sexuels sont commis par des personnels des Nations Unies déployés dans le cadre des missions de maintien de la paix en République Centrafricaine font objet de scandales. Ces actes sont qualifiés de fléau par l'Organisation. Ces forces sont accusées de violences sexuelles. Elles mènent une vie de vagabondage sexuel. En effet près d'un tiers des cas d'abus sexuels recensés par l'ONU en 2017 au sein de ses 15 missions de paix dans le monde concernait la MINUSCA. En Juin 2017, un bataillon de plus de 600 soldats du Congo-Brazzaville avait été renvoyé après des accusations d'agressions sexuelles. En 2016, 120 Casques bleus congolais avaient déjà été renvoyés pour les mêmes motifs. Il en est de même pour le Libreville qui de son côté, avait décidé de retirer 444 soldats de la MINUSCA à la suite des problèmes d'abus sexuels.De façon claire, comme si les forces onusiennes de la MINUSCA avaient pour priorité les femmes. La mission est alors secondaire. Beaucoup d'allégations sont mises à charge de la MINUSCA allant de la complicité dans le pillage illégal de ressources naturelles au trafic des armes avec les milices. * 98Il existe très peu de femmes militaires dans les missions onusiennes, même si on note une certaine augmentation du personnel féminin. |
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