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Les infections néonatales


par Gérard ZAKUANI
Université de Kindu - Docteur en Médecine 2026
  

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2.3 Antécédents infectieux maternels x infection néonatale bactérienne

Antécédents infectieux maternels

Décédé (n, %)

Guéri (n, %)

Total (n, %)

Présents (13)

4 (30,8 %)

9 (69,2 %)

13 (39,4 %)

Absents (20)

1 (5,0 %)

19 (95,0 %)

20 (60,6 %)

Total (33)

5 (15,2 %)

28 (84,8 %)

33 (100 %)

p-value 0,027

L'association est statistiquement significative : les antécédents infectieux maternels sont fortement liés à la survenue d'une infection néonatale

1.2.1. Manifestation clinique x modalité de sortie

Paramètres

Décès

Guéri

Total

OR

p. Fisher

Détresse respiratoire

+ 1(25%)

3(75%)

4

2,08

0,44

- 4(13, 8%)

25(86, 2%)

29

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Hypothermie

+0(0%)

3(100%)

3

-

0,1

-5(16%)

25(88, 3%)

30

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Refus de téter

+ 0(0%)

20(100%)

20

-

0,003

- 5(38, 4%)

8(61, 6%)

13

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Fièvre

+1(7, 1%)

13(92, 9%)

14

0,29

0,36

-4(21%)

15(79%)

19

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Léthargie

+0(0%)

2(100%)

2

-

1

-5(16, 1%)

26(83, 9%)

31

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Convulsions

+1(25%)

3(75%)

4

2,08

0,44

-4(13, 8%)

25(86, 2%)

29

 
 

5(14, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 

Les résultats montrent que la détresse respiratoire et les convulsionsaugmentent le risque de décès (OR > 1), mais sans significativité statistique. Lafièvre semble protectrice (OR < 1), tandis que l'hypothermie, le refus de téter et la léthargie n'ont enregistré aucun décès (OR = 0). Seul le refus detéterest significativement associé à la mortalité (p = 0,003), ce qui en fait un facteur clinique majeur de gravité.

1.2.1. Examens biologiques x modalité de sortie

Paramètres

Décès

Guéri

Total

OR

P. Fisher

CRP>6mg/L

+1(25%)

3(75%)

4

2,08

0,44

-4(13, 8)

25(86, 2%)

29

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Leuconeutropenie

+1(16, 6%)

5(83, 4%)

6

1,15

1,0

-4(14, 8%)

23(85, 2%)

27

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

Hyperleucocytose

Avec neutropenie

+2(20%)

8(80%)

10

1,67

0,58

-3(13%)

20(87%)

23

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 
 
 
 
 
 
 

PCT augmenté

+1(14, 3%)

6(85, 7%)

7

0,92

1,0

4(15, 4%)

22(84, 6%)

26

 
 

5(15, 1%)

28(84, 9%)

33

 
 

L'analyse statistique des paramètres biologiques montre que CRP > 6 mg/L, la leuconeutropénie, l'hyperleucocytose avec neutropénieet la PCT augmentée ne présentent pas d'association significative avec la mortalité dans ton échantillon. Les Odds Ratios calculés sont tous supérieurs ou proches de 1, ce qui traduit une tendance à un risque accru de décès pour certains paramètres (notamment CRP élevée et hyperleucocytose avec neutropénie), mais les valeurs de p du test exact de Fisher restent largement supérieures à 0,05, indiquant que ces résultats ne sont pas statistiquement significatifs.

DISCUSSION

4.1. Fréquence des infections néonatales

Dans notre étude, la fréquence des infections néonatales bactériennes était de 11,4 %. Cette fréquence montre que les infections néonatales demeurent un problème majeur de santé publique dans notre milieu.

Nos résultats sont proches de ceux rapportés dans plusieurs études africaines. Au Cameroun, Chiabi et al. ont retrouvé une fréquence hospitalière de 12,3 % des infections néonatales dans un hôpital de référence à Yaoundé [25].

Au Sénégal, Thiongane et al. ont rapporté des fréquences comprises entre 8 % et 15 % selon les structures étudiées [24].

À l'échelle internationale, Okomo et al. ont montré que les infections néonatales constituent l'une des premières causes d'hospitalisation et de mortalité néonatales en Afrique subsaharienne [12].

En revanche, aux États-Unis, Schrag et al. ont rapporté une incidence inférieure à 1 cas pour 1 000 naissances vivantes grâce au dépistage systématique du streptocoque du groupe B et à l'antibioprophylaxie intrapartum [37].

4.2. Données sociodémographiques

Notre étude a retrouvé une prédominance féminine. Toutefois, aucune association significative n'a été observée entre le sexe et l'évolution clinique.

Ces résultats sont comparables à ceux de Bunduki et al. qui n'ont pas observé d'association significative entre le sexe et le pronostic du sepsis néonatal [38].

Par contre, Bech et al. ont montré que le sexe masculin constituait un facteur de risque significatif de sepsis néonatal en Afrique subsaharienne [39].

4.3. Facteurs maternels

Dans notre étude, les antécédents infectieux maternels étaient significativement associés à la survenue de l'infection néonatale bactérienne (p < 0,001).

Ce résultat rejoint ceux rapportés par Shane et al. [22] et Simonsen et al. [17], qui ont identifié les infections urinaires maternelles, la fièvre intrapartum, la rupture prolongée des membranes et l'absence de suivi prénatal comme des facteurs majeurs de risque.

Les résultats de Bech et al. [39] ont également montré que la rupture prématurée des membranes et la fièvre maternelle augmentaient significativement le risque de sepsis néonatal.

4.4. Manifestations cliniques

Le refus de téter, la fièvre et la détresse respiratoire constituaient les principales manifestations cliniques observées.

Ces résultats concordent avec les recommandations de l'OMS relatives à la prise en charge intégrée des maladies du nouveau-né [3].

Liu et al. ont montré que la détresse respiratoire et les manifestations neurologiques constituent des facteurs de gravité associés à une mortalité accrue [40].

4.5. Données biologiques

Les anomalies biologiques les plus fréquentes étaient l'hyperleucocytose, la procalcitonine élevée et la CRP positive.

Ces résultats sont conformes à ceux de Pontrelli et al. [34] ainsi qu'à ceux de Brown et al.[33], qui ont démontré l'intérêt de la CRP et de la procalcitonine dans le diagnostic des infections néonatales.

4.6. Prise en charge thérapeutique

L'association Cefotaxime-Gentamycine représentait le protocole thérapeutique le plus utilisé.

Cette stratégie est conforme aux recommandations de l'OMS [21].ainsi qu'aux travaux de Shane et al. [22].

4.7. Évolution clinique et mortalité

La majorité des nouveau-nés ont présenté une évolution favorable. Toutefois, un taux de mortalité de 15,2 % a été observé.

Ce résultat est comparable à ceux rapportés dans plusieurs études africaines où la létalité varie entre 10 % et 25 % [12].

Selon l'OMS et l'UNICEF, la mortalité néonatale liée aux infections demeure plus élevée dans les pays à faibles ressources que dans les pays industrialisés [3,21].

L'analyse multivariée a montré que la détresse respiratoire, les convulsions et la procalcitonine élevée étaient des facteurs indépendants de mortalité. Ces observations rejoignent celles de Sands et al. [34].

CONCLUSION

Les infections néonatales demeurent une importante cause de morbidité et de mortalité au Centre Hospitalier Lumbulumbu.

Au cours de cette étude, la fréquence hospitalière des infections néonatales a été estimée à 11,4 %. Les principaux signes cliniques observés étaient le refus de téter, la fièvre et la détresse respiratoire. Les antécédents infectieux maternels étaient significativement associés à la survenue de l'infection néonatale.

Sur le plan biologique, l'hyperleucocytose, la leuconeutropénie, la CRP positive et l'élévation de la procalcitonine ont constitué les principales anomalies observées. La procalcitonine élevée s'est révélée être un facteur pronostique indépendant associé à la mortalité.

La prise en charge reposait essentiellement sur une antibiothérapie probabiliste dominée par les associations Cefotaxime-Gentamycine et Amoxicilline-Gentamycine.

Bien que l'évolution ait été favorable chez la majorité des patients, le taux de létalité de 15,2 % reste préoccupant et témoigne de la nécessité de renforcer les mesures de prévention, de diagnostic précoce et de prise en charge des infections néonatales dans notre milieu.prise en charge précoce et adéquate des nouveau-nés infectés.

RECOMMANDATIONS

Ø Aux autorités sanitaires

Ø Renforcer les capacités des unités de néonatologie.

Ø Équiper les laboratoires pour la réalisation systématique des hémocultures.

Ø Assurer la disponibilité permanente des antibiotiques essentiels.

Ø Mettre en place un système de surveillance des infections néonatales.

Aux responsables du Centre Hospitalier Lumbulumbu

Ø Renforcer les mesures d'hygiène hospitalière.

Ø Élaborer des protocoles standardisés de prise en charge des infections néonatales.

Ø Organiser des formations continues du personnel soignant.

Aux prestataires de santé

Ø Identifier précocement les nouveau-nés à risque.

Ø Améliorer le dépistage des infections maternelles pendant la grossesse.

Ø Respecter rigoureusement les règles d'asepsie et d'antisepsie.

Aux femmes enceintes

Ø Effectuer au moins quatre consultations prénatales de qualité.

Ø Consulter rapidement en cas de fièvre ou d'infection durant la grossesse.

Ø Accoucher dans une structure sanitaire qualifiée.

Aux chercheurs

Ø Réaliser des études prospectives multicentriques.

Ø Étudier les profils bactériologiques et la résistance aux antibiotiques dans la province du Maniema.

Ø Évaluer l'impact du dépistage systématique des facteurs de risque maternels sur la réduction des infections néonatales.

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand