2.3
Antécédents infectieux maternels x infection néonatale
bactérienne
|
Antécédents infectieux
maternels
|
Décédé (n, %)
|
Guéri (n, %)
|
Total (n, %)
|
|
Présents (13)
|
4 (30,8 %)
|
9 (69,2 %)
|
13 (39,4 %)
|
|
Absents (20)
|
1 (5,0 %)
|
19 (95,0 %)
|
20 (60,6 %)
|
|
Total (33)
|
5 (15,2 %)
|
28 (84,8 %)
|
33 (100 %)
|
p-value 0,027
L'association est statistiquement significative :
les antécédents infectieux maternels sont fortement
liés à la survenue d'une infection néonatale
1.2.1. Manifestation
clinique x modalité de sortie
|
Paramètres
|
Décès
|
Guéri
|
Total
|
OR
|
p. Fisher
|
|
Détresse respiratoire
|
+ 1(25%)
|
3(75%)
|
4
|
2,08
|
0,44
|
|
- 4(13, 8%)
|
25(86, 2%)
|
29
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Hypothermie
|
+0(0%)
|
3(100%)
|
3
|
-
|
0,1
|
|
-5(16%)
|
25(88, 3%)
|
30
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Refus de téter
|
+ 0(0%)
|
20(100%)
|
20
|
-
|
0,003
|
|
- 5(38, 4%)
|
8(61, 6%)
|
13
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Fièvre
|
+1(7, 1%)
|
13(92, 9%)
|
14
|
0,29
|
0,36
|
|
-4(21%)
|
15(79%)
|
19
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Léthargie
|
+0(0%)
|
2(100%)
|
2
|
-
|
1
|
|
-5(16, 1%)
|
26(83, 9%)
|
31
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Convulsions
|
+1(25%)
|
3(75%)
|
4
|
2,08
|
0,44
|
|
-4(13, 8%)
|
25(86, 2%)
|
29
|
|
|
|
5(14, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
Les résultats montrent que la détresse
respiratoire et les convulsionsaugmentent le risque de décès (OR
> 1), mais sans significativité statistique. Lafièvre semble
protectrice (OR < 1), tandis que l'hypothermie, le refus de téter et
la léthargie n'ont enregistré aucun décès (OR = 0).
Seul le refus detéterest significativement associé à la
mortalité (p = 0,003), ce qui en fait un facteur clinique majeur de
gravité.
1.2.1. Examens biologiques x modalité de
sortie
|
Paramètres
|
Décès
|
Guéri
|
Total
|
OR
|
P. Fisher
|
|
CRP>6mg/L
|
+1(25%)
|
3(75%)
|
4
|
2,08
|
0,44
|
|
-4(13, 8)
|
25(86, 2%)
|
29
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Leuconeutropenie
|
+1(16, 6%)
|
5(83, 4%)
|
6
|
1,15
|
1,0
|
|
-4(14, 8%)
|
23(85, 2%)
|
27
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Hyperleucocytose
Avec neutropenie
|
+2(20%)
|
8(80%)
|
10
|
1,67
|
0,58
|
|
-3(13%)
|
20(87%)
|
23
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PCT augmenté
|
+1(14, 3%)
|
6(85, 7%)
|
7
|
0,92
|
1,0
|
|
4(15, 4%)
|
22(84, 6%)
|
26
|
|
|
|
5(15, 1%)
|
28(84, 9%)
|
33
|
|
|
L'analyse statistique des paramètres biologiques montre
que CRP > 6 mg/L, la leuconeutropénie,
l'hyperleucocytose avec neutropénieet la PCT augmentée ne
présentent pas d'association significative avec la mortalité dans
ton échantillon. Les Odds Ratios calculés sont tous
supérieurs ou proches de 1, ce qui traduit une tendance à un
risque accru de décès pour certains paramètres (notamment
CRP élevée et hyperleucocytose avec neutropénie), mais les
valeurs de p du test exact de Fisher restent largement supérieures
à 0,05, indiquant que ces résultats ne sont pas statistiquement
significatifs.
DISCUSSION
4.1. Fréquence des infections
néonatales
Dans notre étude, la fréquence des infections
néonatales bactériennes était de 11,4 %.
Cette fréquence montre que les infections néonatales
demeurent un problème majeur de santé publique dans notre
milieu.
Nos résultats sont proches de ceux rapportés
dans plusieurs études africaines. Au Cameroun, Chiabi et al. ont
retrouvé une fréquence hospitalière de 12,3
% des infections néonatales dans un hôpital de
référence à Yaoundé [25].
Au Sénégal, Thiongane et al. ont rapporté
des fréquences comprises entre 8 % et 15 %
selon les structures étudiées [24].
À l'échelle internationale, Okomo et al. ont
montré que les infections néonatales constituent l'une des
premières causes d'hospitalisation et de mortalité
néonatales en Afrique subsaharienne [12].
En revanche, aux États-Unis, Schrag et al. ont
rapporté une incidence inférieure à 1 cas pour 1 000
naissances vivantes grâce au dépistage systématique du
streptocoque du groupe B et à l'antibioprophylaxie intrapartum [37].
4.2. Données
sociodémographiques
Notre étude a retrouvé une prédominance
féminine. Toutefois, aucune association significative n'a
été observée entre le sexe et l'évolution
clinique.
Ces résultats sont comparables à ceux de Bunduki
et al. qui n'ont pas observé d'association significative entre le sexe
et le pronostic du sepsis néonatal [38].
Par contre, Bech et al. ont montré que le sexe masculin
constituait un facteur de risque significatif de sepsis néonatal en
Afrique subsaharienne [39].
4.3. Facteurs maternels
Dans notre étude, les antécédents
infectieux maternels étaient significativement associés à
la survenue de l'infection néonatale bactérienne (p <
0,001).
Ce résultat rejoint ceux rapportés par Shane et
al. [22] et Simonsen et al. [17], qui ont identifié les infections
urinaires maternelles, la fièvre intrapartum, la rupture
prolongée des membranes et l'absence de suivi prénatal comme des
facteurs majeurs de risque.
Les résultats de Bech et al. [39] ont également
montré que la rupture prématurée des membranes et la
fièvre maternelle augmentaient significativement le risque de sepsis
néonatal.
4.4. Manifestations cliniques
Le refus de téter, la fièvre et la
détresse respiratoire constituaient les principales manifestations
cliniques observées.
Ces résultats concordent avec les recommandations de
l'OMS relatives à la prise en charge intégrée des maladies
du nouveau-né [3].
Liu et al. ont montré que la détresse
respiratoire et les manifestations neurologiques constituent des facteurs de
gravité associés à une mortalité accrue [40].
4.5. Données biologiques
Les anomalies biologiques les plus fréquentes
étaient l'hyperleucocytose, la procalcitonine élevée et la
CRP positive.
Ces résultats sont conformes à ceux de Pontrelli
et al. [34] ainsi qu'à ceux de Brown et al.[33], qui ont
démontré l'intérêt de la CRP et de la procalcitonine
dans le diagnostic des infections néonatales.
4.6. Prise en charge thérapeutique
L'association Cefotaxime-Gentamycine représentait le
protocole thérapeutique le plus utilisé.
Cette stratégie est conforme aux recommandations de
l'OMS [21].ainsi qu'aux travaux de Shane et al. [22].
4.7. Évolution clinique et
mortalité
La majorité des nouveau-nés ont
présenté une évolution favorable. Toutefois, un taux de
mortalité de 15,2 % a été
observé.
Ce résultat est comparable à ceux
rapportés dans plusieurs études africaines où la
létalité varie entre 10 % et 25
% [12].
Selon l'OMS et l'UNICEF, la mortalité néonatale
liée aux infections demeure plus élevée dans les pays
à faibles ressources que dans les pays industrialisés [3,21].
L'analyse multivariée a montré que la
détresse respiratoire, les convulsions et la procalcitonine
élevée étaient des facteurs indépendants de
mortalité. Ces observations rejoignent celles de Sands et al. [34].
CONCLUSION
Les infections néonatales demeurent une importante
cause de morbidité et de mortalité au Centre Hospitalier
Lumbulumbu.
Au cours de cette étude, la fréquence
hospitalière des infections néonatales a été
estimée à 11,4 %. Les principaux signes
cliniques observés étaient le refus de téter, la
fièvre et la détresse respiratoire. Les antécédents
infectieux maternels étaient significativement associés à
la survenue de l'infection néonatale.
Sur le plan biologique, l'hyperleucocytose, la
leuconeutropénie, la CRP positive et l'élévation de la
procalcitonine ont constitué les principales anomalies observées.
La procalcitonine élevée s'est révélée
être un facteur pronostique indépendant associé à la
mortalité.
La prise en charge reposait essentiellement sur une
antibiothérapie probabiliste dominée par les associations
Cefotaxime-Gentamycine et Amoxicilline-Gentamycine.
Bien que l'évolution ait été favorable
chez la majorité des patients, le taux de létalité de
15,2 % reste préoccupant et témoigne de la
nécessité de renforcer les mesures de prévention, de
diagnostic précoce et de prise en charge des infections
néonatales dans notre milieu.prise en charge précoce et
adéquate des nouveau-nés infectés.
RECOMMANDATIONS
Ø Aux autorités sanitaires
Ø Renforcer les capacités des unités de
néonatologie.
Ø Équiper les laboratoires pour la
réalisation systématique des hémocultures.
Ø Assurer la disponibilité permanente des
antibiotiques essentiels.
Ø Mettre en place un système de surveillance des
infections néonatales.
Aux responsables du Centre Hospitalier
Lumbulumbu
Ø Renforcer les mesures d'hygiène
hospitalière.
Ø Élaborer des protocoles standardisés de
prise en charge des infections néonatales.
Ø Organiser des formations continues du personnel
soignant.
Aux prestataires de santé
Ø Identifier précocement les nouveau-nés
à risque.
Ø Améliorer le dépistage des infections
maternelles pendant la grossesse.
Ø Respecter rigoureusement les règles d'asepsie
et d'antisepsie.
Aux femmes enceintes
Ø Effectuer au moins quatre consultations
prénatales de qualité.
Ø Consulter rapidement en cas de fièvre ou
d'infection durant la grossesse.
Ø Accoucher dans une structure sanitaire
qualifiée.
Aux chercheurs
Ø Réaliser des études prospectives
multicentriques.
Ø Étudier les profils bactériologiques et
la résistance aux antibiotiques dans la province du Maniema.
Ø Évaluer l'impact du dépistage
systématique des facteurs de risque maternels sur la réduction
des infections néonatales.
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