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L'art numérique: médiation et mises en exposition d'une esthétique communicationnelle


par Lauren Malka
Celsa-Paris IV - Master 2 de Management Interculturel et Communication 2005
  

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c) L'apparition de l'art sur Internet et la disparition progressive de l'objet artistique : un éclairage singulier sur nos problématiques

Il faut signaler pour finir l'apparition, plus tardive, dans les années 90, d'un art plus immatériel encore que les formes citées précédemment : l'art sur Internet, souvent surnommé « net art ».

. Premières explorations du courant artistique

Ce courant ne peut constituer le centre de notre réflexion tout d'abord dans la mesure où il est très récent, mais aussi parce que ses modalités de médiations et d'expositions sont à part et le marginalisent. Cependant, il est important d'y faire référence dans la mesure où il constitue l'expression la plus récente en terme de création numérique et parce qu'il semble pousser à leur paroxysme les problématiques posées par l'art numérique en terme de création et de réception. Les oeuvres sur Internet fonctionnent sur le principe d'images, de textes, de sons ou de vidéos, traduites dans un langage numérique et rassemblés sur le web. L'élaboration de liens entre ces données permet au visiteur de naviguer à l'intérieur de l'oeuvre et éventuellement de la modifier ou d'y participer. Les toutes premières explorations de ce médium, envisagé comme support artistique, remontent aux premières diffusions publiques d'Internet en 1994. Des artistes comme David Blair et Antoni Muntadas, avec leurs créations respectives « Wax Web » et « The File Room » sont aujourd'hui considérés comme pionniers en matière de net art. De nombreuses conférences et expositions de net art sont très vite organisées par des musées tels que les Museums of Modern Art de New York et de San Francisco et des structures artistiques n'existant que dans l'espace virtuel sont crées dès 1991 telles que The Thing ou Icono en France. Stimulés par cet enthousiasme institutionnel immédiat, les artistes plus ou moins professionnels multiplient les idées et les formes artistiques sur Internet.

.Un éclairage singulier sur les notions d'interactivité et d'esthétique relationnelle

Le caractère multimédia du net art, pouvant faire appel aux images, aux sons, aux textes, et à des disciplines aussi diverses que la danse, le théâtre, l'opéra, la littérature, la musique, permet à ce courant de se développer d'une manière extrêmement hétérogène. Déjà présente dans les arts sur ordinateur et sur vidéo, la notion d'interactivité acquiert au sein du courant Internet une signification fondamentale dans la mesure où l'action de l'artiste peut se limiter à la création d'un cadre dans lequel un ou plusieurs internautes construisent une oeuvre. L'artiste n'est plus créateur d'une oeuvre mais initiateur d'un procédé artistique. Anne-Marie Duguet, dans son ouvrage L'interactivité entraîne-t-elle des redéfinitions dans le champ de l'art8(*), souligne l'aspect fondamental de la notion d'interactivité de l'art sur Internet dans la mesure où cette interactivité met l'accent sur le contexte, sur la relation triangulaire entre le créateur, le spectateur et l'oeuvre aux dépens de l'objet lui-même. Par ailleurs, la modification du rapport entre le spectateur et l'oeuvre, à la fois collectif et individualisé, apparaît d'une manière encore plus frappante au travers du cas du net art. Internet mêle en effet les dimensions contradictoires d'espace privé et d'espace public et crée une troisième dimension nommée « glocal » par le critique Paul Virilio9(*). L'art sur Internet est ainsi très rapidement considéré par ses penseurs comme représentatif des problématiques esthétiques et communicationnelles de l'art numérique. C'est pourquoi, malgré un certain manque de recul vis-à-vis de cette pratique très récente et hétérogène du net art, il est intéressant de s'y référer en tant qu'il met en lumière des problématiques complexes.

.Conclusion intermédiaire : vers une identification institutionnelle du champ artistique ?

L'art par ordinateur, l'art vidéo et plus tard l'art sur Internet se développent ainsi de manière parallèle en tentant de concilier, chacun à leur manière, des notions et des pratiques extrêmement paradoxales et de transformer le rapport du créateur et du spectateur à l'objet artistique en le rendant à la fois immatériel et éphémère et à la fois plus présent que tout objet artistique traditionnel. Si, comme nous l'avons développé plus haut, l'art par ordinateur et l'art vidéo tentent de décomposer la matérialité des images et des objets afin de plonger le spectateur dans des dispositifs de réflexion ou d'introspection, et si l'art sur Internet fait disparaître l'objet au profit des concepts, les trois formes distinctes inaugurent pourtant les notions d'interactivité artistique et de « spect-acteur » qui semblent rendre les dispositifs artistiques plus proches pour le visiteur que tout courant artistique. Bien que l'art numérique, ainsi que son exégèse esthétique ambiguë aient évolué depuis cette période, il semble que les dialectiques fondamentales qui le gouvernent soient déjà naturellement à l'oeuvre à peine dix ans après son apparition. Cette première approche historique de l'art numérique révèle ainsi non seulement une certaine ambiguïté esthétique qu'il faudra analyser, mais également un manque de reconnaissance institutionnelle évident. Ce manque est fondamental dans l'étude de l'art numérique et de ses médiations dans la mesure où l'appropriation et l'in-appropriation institutionnelle de ce courant, la difficulté pour les médiateurs d'identifier ce champ artistique constituent des acteurs à part entière de son identité.

* 8 Anne-Marie Duguet, L'interactivité entraîne-t-elle des redéfinitions dans le champ de l'art in Déjouer l'image, créations électroniques et numériques, Jacqueline Chambon, Critique d'art, Nîmes 2002.

* 9 Paul Virilio, « Vitesse et information, Alerte dans le cyber-espace » in Le Monde Diplomatique, Paris, Août 1995.

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