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Investissement Direct Etranger au Maroc et politique d'attractivité


par Sanae MAHRAZ
FSJES Meknes - licence 2008
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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7 Chapitre II : Les limites de l'IDE

Le Maroc a accompli un certain nombre de progrès concernant l'attraction de l'investissement étranger, vu l'importance de celui-ci dans le développement économique du pays. Toutefois, malgré ces atouts, un certain nombre d'obstacles se dressent toujours devant la promotion de l'investissement. Les entraves majeures aux investissements sont avant tout de nature macroéconomique et sociopolitique

I. Obstacles à caractères macroéconomiques :

L'exploitation des atouts naturels d'un pays dépend, entre autres, de l'évolution des données technologique et scientifiques .Ces dernières peuvent aussi bien dévaloriser que revaloriser ces avantages.

Les coûts de production, quand a eux, s'ils revêtent une grande importance pour l'entreprise, leur signification réside encore plus dans leur comparaison avec ceux en vigueur dans les pays concurrents.

Sachant que les coûts de production, à eux seuls, ne déterminent pas la compétitivité d'une économie, il convient d'examiner les autres facteurs ayant un impact sur les capacités concurrentielles.

Comment se présente la situation des principaux atouts naturels du Maroc ?

Les coûts de production en vigueur au Maroc sont-ils compétitifs par rapport à ceux appliqués dans les pays concurrents ?

Qu'en est-il des autres facteurs de compétitivité de l'économie marocaine ?

1/L'exiguïté du marché local :

La taille du marché constitue un énorme obstacle pour le Maroc en termes d'accueil des IDE. En effet, la taille du marché local constitue un avantage de délocalisation important, important, comme le souligne Laura Baeza : « Le marché intérieur est l'un des éléments les plus déterminants de l'attractivité ou non des investissements étrangers directs... Les pays à faible revenu ne sont attrayants que s'ils ont une population importante et des perspectives raisonnables de développement » (la ZLE contribuera t'elle à améliorer l'attractivité des PSEM, document de travail de la direction générale de sud de la méditerranée. Commission européenne, Bruxelles, Belgique, 2001. Page 18.)

En effet, le Maroc ne compte que 30 millions d'habitants, dont seulement une partie participe réellement aux circuits de consommation, et comme le souligne M. Fouad Ammor : « Le facteur d'attirance le plus important de l'IDE d'après la plupart des études réside dans le poids et l'importance de la demande locale, c'est-à-dire du pouvoir d'achat de larges franges de la population du pays d'accueil... Les perspectives macro-économiques au Maroc sont relativement rassurantes, mais entachées par l'absence d'une classe moyenne, entre les couches pauvres et l'élite, il n'y pas de développement de classe moyenne pour fournir une demande » (le Maroc dans l'économie mondiale, édition Toubkal, 90. Page 35.)

2/Atténuation des atouts naturels de l'économie marocaine pour l'investissement étranger :

Parmi les critères d'attractivité des IDE figure le niveau de l'infrastructure d'accueil.

Cependant, on constate qu'au Maroc la qualité de l'infrastructure mise en place laisse beaucoup à désirer. Sur un territoire de 710 850 Km2, le réseau routier ne couvre qu'une partie très étroite du pays; sa longueur n'est que de 60 000 Km dont seulement la moitié dispose d'un revêtement.

Quant aux voies ferrées (avec 14 lignes représentant seulement 1097 Km de réseau ferroviaire) ; elles se limitent aux régions côtières et ne dépassent pas Marrakech vers le sud.

S'agissant des infrastructures portuaires, elles sont marquées par la lenteur du service, le coût élevé et la faible capacité de stockage.

S'agissant du foncier, ce dernier représente une entrave importante à l'investissement. Au-delà du coût élevé, lié à une forte spéculation, le foncier souffre d'une multiplicité de régimes de propriété qui complique le processus de cession. L'examen des dossiers des investissements montre que 54% des problèmes qui retardent l'investissement, restent liés au foncier et aux questions d'urbanisme. Ainsi, la volonté d'acquérir un terrain appartenant à l'Etat requiert une procédure de 4 mois, ce délai peut atteindre un an s'il s'agit d'un terrain rural destiné à une activité non agricole. Cependant, il faut souligner que des actions sont menées pour faciliter l'acquisition ou la location de terrains industriels (création de zones industrielles).

De plus, les pouvoirs publics montrent certaines insuffisances dans le domaine de financement des infrastructures, sachant que la nature même des IDE impose l'existence d'un système de télécommunication efficace. Quant aux infrastructures de transport, elles doivent également permettre une circulation fluide et sûre des flux d'input et d'output, en particulier dans le cadre d'une généralisation de technologie de production en flux tendus, où les contraintes du temps et la flexibilité doivent être efficacement gérées.

Des insuffisances dans cet ensemble logistique privent le Maroc d'une place dans la liste des sites d'implantation potentielle des investisseurs. (Saïd DKHISSI « Le Maroc à la recherche de quelle insertion internationale ? »2002).

· L'avantage de la proximité géographique de l'U.E:

Le Maroc bénéficie d'une situation géographique qui le met à la porte du plus grand marché du marché du monde à savoir celui de l'Union Européenne.

Toutefois, cet avantage revêt de moins en moins d'importance en raison des avancées techniques qui réduisent régulièrement de la part des couts de transport dans les charges totales , et aussi en raison de la reconversion des ex-pays de l'Est à l'économie de marché ainsi que le renforcement progressif de leurs relations économiques et sociales avec leurs voisin naturels de l'Ouest.(Mohamed Larbi EL HARRAS ,attraction de l'investissement étranger et dynamique de l'économie marocaine,2002)

3/ Coûts des facteurs et fiscalité :

Ils constituent un des éléments pris en considération par l'investisseur pour décider de la réalisation d'un investissement dans tel ou tel pays .Même s'ils ne déterminent pas à eux seuls la compétitivité d'une économie donnée ,le niveau des coûts de production revêt une grande importance du fait qu'il regroupe les salaires et les charges sociales ; les coûts du capital, de l'énergie et de l'immobilier ;les services de transport ,des télécommunications et des divers infrastructures ;la fiscalité ;etc.

Une autre dimension des coûts de production réside dans leur comparaison avec les niveaux applicables dans d'autre pays, particulièrement, ceux directement concurrent du Maroc en matière d'attraction de l'investissement étranger .Ce travail nécessite évidemment un diagnostic approfondi et des comparaisons systématiques.

Faute d'études globales publiées à notre connaissance en la matière pour le cas du Maroc, on se limite dans le cadre de ce travail à un essai de comparaison du niveau des principaux coûts de facteurs de production entre le Maroc et la Tunisie.

Ainsi, dans le domaine fiscal, les entreprises exportatrices sont exonérées de l'I.S .en Tunisie pendant les dix premières années alors que le Maroc n'accorde une exonération totale que sur les cinq premières années.

En matière d'IGR, la fiscalité sur les revenus salariaux est supérieure de 20 à 30 % à celle appliquée par la Tunisie.

Pour le cas de l'énergie, il est constaté que le coût du KWh est supérieur d'environ 50% à celui facturé aux entreprises en Tunisie.

Le tableau ci-dessous donne les prix comparatifs du KWh au Maroc et chez certains de ses concurrents (année 1997). (Mohamed Larbi EL HARRAS, attraction de l'investissement étranger et dynamique de l'économie marocaine).

Prix comparatifs du KWh au Maroc et dans quelques pays

Concurrents

Pays

Prix du KWh

(en dollar)

Indice par

Rapport au prix marocain

Maroc

France

Turquie

Portugal

Tchèque

Corée du sud

Egypte

Tunisie

Pologne

0,104

0,076

0,070

0,070

0,059

0,056

0,055

0,042

0,040

100

73

67

67

57

54

53

40

38

Source: Etude KSA.1997.

4/la qualité des ressources humaines :

La qualité de la main d'oeuvre, sa productivité, sa formation constituent un élément primordial de localisation pour les IDE, comme en témoigne l'expérience des pays Sud-est asiatique. C'est pourquoi, dans le cas du Maroc, il faut développer la productivité du travail par l'amélioration des ressources humaines.

En effet, le faible niveau de qualification des ressources humaines marocaines est un véritable handicap pour la productivité, la rentabilité et la qualité du produit « Made in Morocco ». Ce handicap majeur donne naissance à des investissements de faible productivité, exploitant une main d'oeuvre non qualifiée et moins coûteuse, et diffusant une technologie peu sophistiquée.

En effet, même si le Maroc bénéficie d'une main d'oeuvre abondante et relativement bon marché, et même si ses salaires apparaissent attractifs pour les IDE européens en comparaison avec ceux des pays de l'UE, ils ne le sont pas autant que ceux de certains pays du sud et de l'est de la Méditerranée.

Ces salaires ne sont plus considérés comme des éléments essentiels permettant l'afflux massif des IDE européens, comme l'illustre C.A. Michalet : « il serait alors illusoire de croire que la compétitivité en matière de coût de la main d'oeuvre demeure encore le déterminant majeur de l'attractivité des IDE » (« Les IDE et le développement : l'expérience tunisienne ». in IDE : facteurs d'attractivité et de localisation. L'harmattan.1997. Page 105).

Selon ces constatations, la qualité de la main d'oeuvre, sa productivité, sa formation constituent un axe de localisation important pour attirer des IDE.

5/La contrebande et la contrefaçon :

Le Maroc, signataire de l'accord d'association avec l'UE, ne peut plus tolérer chez lui un marché informel alimenté par la contrebande et consolidé par la contrefaçon, deux points noirs qui entachent l'image du Maroc, et le privent des IDE essentiels à la mise à niveau de son économie, et pour assurer la performance de sa croissance économique.

La dépendance de l'économie marocaine par rapport au marché informel représente 30% du PIB global. Ce secteur a rendu le marché local inefficace, peu compétitif, et a réduit graduellement le volume des exportations de l'industrie nationale. En effet, le textile et le cuir, à titre d'exemple, qui attiraient par le passé des IDE ont le plus souffert du développement des articles contrefaits.

Cependant, le Maroc, encore loin d'enrayer ce fléau à court terme, est sur la bonne voie. Ainsi, pour atténuer ce fléau, le Maroc s'est doté d'une loi contre la contrebande et la contrefaçon, En effet, le Maroc a réagi en se dotant d'une loi moderne visant à atténuer l'ampleur de ce phénomène, soutenu par des réseaux assez influents, enracinés dans les grandes villes du Maroc. De ce fait, les autorités concernées (tribunaux, juges, douanes, police judiciaire) doivent passer à la vitesse supérieure, si elles ont vraiment l'intention d'endiguer rapidement la vague des produits contrefaits. (Adil HIDAN, diagnostic de l'attractivité du Maroc pour les IDE novembre 2002).

6/Obstacles touchant le fonctionnement de l'entreprise :

L'étroitesse du marché intérieur résultant de la faiblesse du pouvoir d'achat moyen ainsi que les risques d'instabilité sociale.

*Les inquiétudes découlant du risque de mise en place de législation restrictives aux activités des investisseurs étrangers.

*La concurrence d déloyale due a la contrebande et la puissance du secteur informel.

*Le poids excessif de la fiscalité sur le personnel d'encadrement entrainant soit un non recrutement, soit un recrutement qualitativement insuffisant par rapport à la nécessité d'adaptation du tissu industriel et à la concurrence internationale.

*Le retard des administrations dans les paiements et dans certains cas le non respect de certains engagements.

*L'insuffisance du niveau de la formation professionnelle.

II. Obstacles d'ordre sociopolitique :

Les blocages dont soufrent l'investissement au Maroc en général et l'investissement étranger en particulier ne sont pas dus seulement à des entraves d'ordre matériel (insuffisance de l'infrastructure, mauvaise application de la législation, inadaptation de l'environnement législatif et réglementaire ,,,,,,)mais aussi à des facteurs qu'on peut qualifier d'ordre non économique ,c.à.d. ayant trait aux facteurs immatériels ,notamment politiques, organisationnelles ,éthiques, culturels, et qui influencent tés fortement l'asphère économique .

Parmi ces entraves on peut citer les manquements à l'état des droit, les insuffisances s du système de l'éducation -formation, la propagation de l'administration marocaine, l'inefficacité des institutions élus, la complexité des relations professionnelles, l'absence d'un projet économique et social fédérateur

1/Les lourdeurs administratives :

Les problèmes posés par le poids de l'administration représentent des facteurs dissuasifs de l'implantation des investissements étrangers.

Deux caractéristiques dominent : lourdeur de procédures qui privent le Maroc d'un nombre important d'investisseurs potentiels d'une part, et la corruption d'autre part.

Ainsi, les problèmes posés par les lourdeurs de l'administration représentent des facteurs dissuasifs de l'implantation des IDE au Maroc. Pascal Perez et Benedict de Saint Laurent soulignent : « les investisseurs ne savent pas à qui s'adresser, ils reçoivent des messages et des informations différentes d'un organisme à l'autre. C'est pourquoi ils se plaignent plus que les nationaux de l'absence d'un interlocuteur unique dans leurs démarches de choix et de réalisation de leurs projets » (« image de la région MEDA pour les investisseurs », réseau euro-méditerranéen d'Agences de promotion des investissements, Paris, 2005).

De plus, même si le dispositif d'accueil des investisseurs étrangers s'est renforcé grâce à la création des centres régionaux d'investissement, réunissant en un seul endroit tous les interlocuteurs gouvernementaux, les tracasseries et les pesanteurs administratives continuent de pénaliser le Maroc et lui font perdre chaque année d'intéressantes opportunités en termes d'IED. En effet, au Maroc, même avec la mise en place des centres régionaux d'investissement, la multiplicité des intervenants ne facilite pas la tâche aux investisseurs étrangers.

Tenant compte des éléments mentionnés ci-dessus, l'administration constitue un facteur important de l'initiative privée : sans la confiance et une administration moderne, il serait illusoire de prétendre garantir un cadre propice à l'investissement, dans un environnement international, où les incitations à l'IDE, notamment européen, font l'objet de surenchères d'un pays à l'autre.

Pour ce qui est de la corruption, un investisseur potentiel ne peut à priori évaluer précisément ses coûts, ni les conséquences du non-paiement des pots de vin. Un rapport récent de l'OCDE conclut à partir des données recueillies dans 28 pays que : « plus que la corruption elle-même, c'est l'incertitude liée à l'instabilité des règles administratives, dont la corruption n'est qu'un élément parmi d'autres, qui affecte négativement les investissements » (« affairisme ; la fin d'un système : comment combattre la corruption ». OCDE, 2001. Page 84)

2/Manquement à l'Etat de droit :

Dans la quasi-totalité des études et enquêtes réalisés sur les obstacles à l'investissement étranger au Maroc apparaît le phénomène de la corruption qui constitue un des freins au développement, car elle sape les efforts visant à promouvoir la croissance économique et empêche, par conséquent, toute gestion judicieuse des ressources. Or il est patent que la corruption s'épanouit plus là où sévit un déficit démocratique.

Le Maroc a réalisé, certes, de grandes avancées dans la voie de la démocratie. Il a besoin actuellement d'une administration qui s'inspire plus de l'Etat de droit et qui par son comportement, ses actions, donne l'exemple, montre le chemin à suivre en vue d'assumer son rôle de pédagogue et d'éviter les dérapages. L'objectif étant un Etat fort et efficace et non totalitaire et archaïque. Un Etat qui assure la stabilité et la sécurité, mais qui incite au progrès économique et à l'épanouissement du potentiel humain.

En effet, l'investissement national ou étranger ne peut se développer sans l'existence de règles de jeu claires et transparentes qui font face à tout « pouvoir de nuisance » de l'Administration et aux situations de rente et de privilèges. D'où l'importance d'un nouveau rôle de l'Etat, dans ses dimensions de stratège d'incitateur, de pédagogue et d'arbitre.

De même, une croissance forte et durable n'est pas seulement une question de gestion financière, elle est, de plus en plus, une affaire du niveau qualitatif des institutions qui suivent et accompagnent le développement économique et social et surtout leur aptitude et leur disponibilité au changement. (Les chroniques de M. Driss Benali publiés dans l'hebdomadaire « la vie économique »2000).

3 /Propagation de l'esprit de la rente :

A l'instar d'un certain nombre de pays en développement, le comportement d'un grand nombre d'opérateurs économiques au Maroc reste manqué par l'esprit de la rente et la recherche des opportunités de spéculation. Il est évident que l'Administration n'est pas étrangère à cet état de fait (clientélisme, réseau de relations, etc.). Or les exigences de l'ouverture économique et les impératifs de la création de la « zone de libre-échange »impliquent un tout autre comportement qui doit être orienté plutôt vers la recherche de l'efficacité économique, la valorisation de la production, l'intégration du savoir etc. ces valeurs constituent les outils d'une bonne intégration dans les arcanes de l'économie mondiale et d'une attraction de l'investissement étranger productif. (Mohamed Larbi EL HARRAS, attraction de l'investissement étranger et dynamique de l'économie marocaine).

4/L'ampleur des disparités sociales :

L'un des déterminants principaux de l'investissement réside dans la perception des perspectives de la demande. La théorie Keynésienne considère la demande comme le déterminant essentiel de la croissance économique.

Les tendances observées jusqu'à présent montrent que l'évolution de l'investissement est étroitement liée au comportement de la consommation privée. La demande des ménages semble exercer une influence plus forte que la demande externe sur l'investissement privé. (Cf. bulletin CMC : « Investissement et nouveau contexte »2006.

Sur le plan social, malgré l'amélioration quantitative de « l'Indicateur de Développement Humain »au Maroc qui est passé de 0.582 en 1998 à 0.70 en 2008, notre pays reste classé au rang 126ème dans le « Rapport mondial sur le développement humain ». (Statistiques effectuées par Perspective monde2009).

5/Absence d'un projet économique et social fédérateur :

Devant les nombreux problèmes de sous développement que connaît le Maroc, beaucoup se limitent à croire, ou feignent de le refaire, que les réformes économiques, au sens large, constituent une réponse à ces problèmes.

Ne savent-ils pas de que les pays en développement qui ont réussi à émerger et à réaliser ces derniers décennies des taux de croissance avoisinant les 5% sur une longue période sont ceux qui sont arrivés à combiner une intervention publique volontariste et audacieuse à une politique de renforcement des capacités des unités production. (Les flux de capitaux et la croissance en Afrique Genève, 2006).

6/La Justice :

L'IDE ne s'installera que là où règne la confiance, et cette confiance ne sera acquise que lorsque cet IED européen se sentira protégé : Cette protection dépend avant tout de l'existence d'une justice fiable.

Concernant la justice, les investisseurs européens seraient-ils réticents à s'implanter au Maroc à cause de son système judiciaire ?

C'est le constat que révèle un rapport de la Banque Mondiale, dont le contenu évalue les efforts du ministère de la Justice dans son vaste programme de modernisation. Deux volets sont pris en compte : l'objectivité de la justice d'une part, et sa compétence d'autre part.

S'agissant de l'objectivité de la justice marocaine, la critique est double. D'abord, il y aurait une tendance marquée à juger trop en faveur des nationaux, lorsque des étrangers et des marocains sont en conflit ; ensuite la seconde critique qui introduit une dimension sociale, porte sur le fait que la justice marocaine jugerait trop en faveur des employés, lorsque ceux-ci sont opposés à leurs employeurs.

Concernant le deuxième volet portant sur la compétence des juges, il ressort de ce rapport, que la faiblesse du système judiciaire, réside dans la nature des compétences et de la formation des juges, chargés de statuer et de rendre des jugements sur des conflits opposants les investisseurs étrangers aux locaux.

Adopter de nouveaux textes était nécessaire. Mais il fallait un système judiciaire en mesure de leur donner toute leur efficacité. Aussi, le Maroc s'est-il attaqué à sa justice. Longtemps décriée et écrasée par de graves crises d'identité, la justice est restée repliée sur elle-même, loin des mouvements de normalisation et de mise à niveau. Experts nationaux et étrangers se sont penchés à plusieurs reprises sur cette grande malade gangrenée par la corruption, le clientélisme, les passe-droits, la lenteur... Lors de la fameuse campagne d'assainissement, elle a montré toutes ses limites. Aujourd'hui, l'un des plus gros paris lancés par le Maroc est celui de recrédibiliser sa justice aux yeux des citoyens et des investisseurs. (ADIL BAQQARI « La coopération régionale Nord-Sud : Les investissements étrangers directs européens dans le Sud de la méditerranée le cas marocain, 2008).

7/Déficiences du système d'éducation-formation :

Le système éducatif du Maroc n'est pas un modèle. Comparé aux pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) le Royaume se trouve en queue du peloton. Les pays les plus avancés sont la Jordanie et le Koweït alors que les moins avancés sont le Maroc, Djibouti, le Yémen et l'Iraq.

Elles viennent confirmer les reproches et les critiques faits à un système qui a montré ses limites notamment en matière de résorption du chômage. Les pouvoirs publics reconnaissent d'ailleurs qu'il y a un malaise et qu'il faudrait agir d'urgence pour rattraper le retard enregistré dans ce secteur depuis plusieurs années, Sur le plan du développement humain, le Maroc est classé par le PNUD 126e sur 177 pays, et c'est la scolarité qui le pénalise.la santé fragile de ce secteur nécessite une refonte totale, Il souligne un retard accumulé par rapport aux autres pays de la région, ce retard se situe, au niveau de " l'ingénierie des résultats, de l'incitation des prestataires de services éducatifs à être plus performants et plus réactifs et au niveau de la responsabilité envers le public ". Prenant en considération la qualité comme base de classement, le Maroc est encore une fois à la traîne. La qualité a été mesurée à partir de deux critères : le taux d'analphabétisme des adultes et les résultats obtenus aux examens internationaux (TIMSS : Trends In International Mathematics and Science Study). Pour l'alphabétisation, le Liban et le Maroc ont eu les résultats les moins bons. Pour les mathématiques, la Jordanie et le Liban ont eu les meilleurs scores, tandis que le Maroc et l'Arabie Saoudite ont été les moins brillants. La mauvaise note du Maroc se confirme lorsque les quatre indicateurs précités sont combinés en un seul indice général.

Les grands problèmes liées au système d'éducation -formation national sont :

*Le niveau élevé de l'analphabétisme au Maroc en dépit des investissements éducatifs réalisés depuis l'indépendance.

*Le faible niveau scolaire et de diplômassions de la population active.

*La majorité de la force de travail d'aujourd'hui n'est pas préparer pour l'environnement du travail de demain.

*Le niveau d'encadrement d'entreprise demeure insuffisant.son amélioration est devenu actuellement impératif. (Par Abdelwahed Rmiche le Matin du 04/02/08).

8/Evaluation du « Risque Maroc»:

Traditionnellement confinée au domaine de l'entreprise, l'analyse du risque s'est étendue aux pays de la part particulièrement des milieux financiers, en relation avec la montée du seuil critique de l'endettement des pays de tiers monde.

L'un des indicateurs utilisés pour apprécier les capacités d'un pays à attirer l'investissement international réside dans les appréciations fournies par les «  agences de notation internationale »sur le « risque-pays ».

Cet exercice donne lieu à un classement des pays, particulièrement, ceux en voie de développement sur la base d'une pondération prenant en considération certains paramètres d'ordre économique, politique, sociale, financier etc.

Plus exactement, l'évaluation du risque-pays se fait à travers l'analyse de l'ensemble des paramètres macro-économiques (financiers, politiques, sociaux) qui peuvent contribuer à la formation d'un risque autre que strictement commercial lors d'une opération avec un pays en développement. A cet effet, les spécialistes du risque-pays surveillent des batteries d'indicateurs statistiques, les rapports spécialisés, les articles de presse et divers classements et notations portant sur :

-les facteurs financiers : ratios dette extérieur/PIB, service de la dette externe/exportation, réserve en devise/importation ;

-les facteurs structurelles et économiques : pourcentage des matières premières dans les exportations, la part des produits énergétiques dans les exportations, les résultats du marché financier ;

-les facteurs politiques et stratégiques : stabilité du système politique, facilité de transition d'un gouvernement à un autre, rivalités ethniques ou régionales, risque de guerre ou vulnérabilité militaire. (Evaluation du risque-pays : une tache complexe -CMC 2000).

Il reste évident que l'appréciation du dernier facteur peut se prêter à la critique du fait des difficultés d'apporter une notation et ce malgré la précision des principes adoptés par les agences de rating à ce sujet.

A. Le risque Maroc vu par des organismes internationaux : La dette extérieure marocaine vue par Moody's et S&P :

Dans son rapport annuel sur le Maroc publié en avril 2004, l'agence Moody's confirme sa notation Ba1 pour la dette extérieure marocaine. L'agence estime que l'amélioration notable de la liquidité externe du Maroc ainsi que l'accélération des réformes structurelles sont à l'origine de la réduction continue du volume de la dette extérieure. En ajoutant que la notation du Royaume est également influencée par son environnement politique relativement stable. Toutefois, l'économie du pays reste grevée, explique le rapport, par un taux de chômage élevé, surtout chez les jeunes, ainsi que par sa dépendance vis-à-vis du secteur agricole.

Pour sa part, dans son rapport publié en mars 2004, l'agence internationale de rating Standard & Poor's (S&P) relève la perspective de la dette marocaine libellée en devises de stable à positive. Dans un raisonnement similaire à celui de Moody's, S&P estime que la stabilité politique du Maroc ainsi que sa politique monétaire plus prudente contribuent à l'amélioration de la liquidité externe du pays. (Mohamed GADI - L'Entreprise dans son Environnement 2007).

B. La crise financière internationale augmente le risque Maroc :

L'appétit des investisseurs pour le Maroc pourrait diminuer Plus généralement, sur l'ensemble de l'année 2007, il faut dire que les primes de risques assorties aux titres obligataires émis par les pays émergents ont progressé de 70 points de base, affectés - déjà ! - par la prudence « accrue » des investisseurs face aux tensions qu'ont connues les marchés financiers internationaux. (Le ministère des finances).

La crise financière a-t-elle pour autant épuisé tous ses effets - du moins sur le Maroc ? Ce n'est pas sûr. Tout dépendra de l'impact que cette crise produira sur la croissance dans le monde, mais surtout en Europe, principal partenaire du Maroc. D'ores et déjà, la France, premier partenaire commercial du Maroc, paraît doublement affectée : par la crise de la Bourse mais aussi par l'immense fraude qui a touché sa troisième banque, la Société Générale. Le moral des ménages, selon la toute dernière enquête réalisée à ce sujet en début de semaine, est au plus bas. La consommation, moteur principal de la croissance en France, devrait donc ralentir. Si cette lame de fond se propage à toutes les économies européennes, la demande qui sera adressée au Maroc s'en ressentira bien évidemment. Car, il faut rappeler ici que les deux tiers du commerce extérieur du Maroc sont réalisés avec le Vieux continent. Déjà, sur les onze premiers mois de 2007, la demande étrangère adressée au Maroc a pâti d'une décélération de l'économie mondiale, ce qui s'est traduit par une timide progression des exportations : 8% au lieu de 17,8% une année auparavant. Bien sûr, l'essoufflement des exportations marocaines s'explique aussi par d'autres facteurs (dont la faible valeur ajoutée qu'elles contiennent), mais le retournement de la conjoncture chez les principaux partenaires accentue cette morosité.

D'autres canaux de transmission de la crise existent cependant, par lesquels le marasme peut atteindre le Maroc : l'investissement étranger. « L'appétit des investisseurs étrangers pour le Maroc devrait en effet être affecté, mais pas beaucoup », ce repli est évalué à 25 % tout au plus. (La vie éco - Salah Agueniou 5 février 2008).

La crise financière mondiale aura des répercutions sur le Maroc Voici 3 domaines ou la crise devrait impacter le développement futur du Maroc :

ü LES ENTREPRISES (PLAN, émergence) :

Dans un contexte de récession mondiale, les entreprises qui avaient l'intention de s'installer au Maroc vont pour certaines décaler leur investissements, les réduire voir les annuler.

La direction de Renault par exemple, confrontée à une baisse de la demande, préférera peut être faire tourner à plein une usine déjà en place plutôt qu'investir dans de nouvelles chaines de productions.

D'autre part, dans un contexte de récession mondiale, la demande internationale devrait diminuer. Le textile marocain pourrait se retrouver de nouveau en crise suite à la diminution des commandes en provenance de l'étranger.

ü LE TOURISME (VISION (2010) :

Les touristes européens, confrontés à une baisse de leur pouvoir d'achat, partiront moins en vacances ou en tout cas seront très vigilants sur leurs budgets. Les mauvais chiffres du tourisme au Maroc (année 2008) ne sont qu'une préfiguration de ce sui pourrait se passer dans les prochaines années.

ü L'IMMOBILIER (Plan Azur) :

L'immobilier Marocain a déjà été touché par la crise.

Le désengagement de FADESA du Maroc en 2007 est la conséquence de ses difficultés en Espagne .l'effondrement du marché de l'immobilier en Europe et dans le monde aura comme conséquence de provoquer une raréfaction des achats de biens immobiliers par les étrangers .La chute des promoteurs en bourse est bien une conséquence évidente de « la crise financière internationale »Le Maroc nouveau » (de 2000à 2008) s'est développé dans un contexte d'abondance de liquidités. Le Maroc a su intelligemment tirer son épingle du jeu et faire qu'une partie des devises disponibles soit venu s'investir au Maroc. Dans la période qui suit, les devises se feront plus rares et le Maroc devra bien continuer importer toutes les matières qui font défaut au royaume.

Le Maroc peut très bien s'en sortir, mais dans la mer agitée qui s'annonce il faudra disposer d'une très bonne boussole et de bonnes cartes .Les plans émergences, Azur, Vision 2010 et autres plans de développement futur devront être amendé rapidement au risque de les voir, pour certains, aller dans le mur. (La crise financière-2007-2008, rédaction finale de l'ESCA).

7.1.1 III/Que doit améliorer le Maroc dans le cadre des IDE?

En dépit de certains atouts et de l'amélioration réelle du cadre général de l'investissement, un certain nombre de contraintes structurelles continue de peser sur la rentabilité à court et moyen terme des investissements au Maroc et affecte l'attractivité du Royaume.

Malgré les réformes progressives de la justice, l'insécurité judiciaire reste forte. En effet, même si les procédures administratives ont évolué durant la dernière décennie, ces dernières doivent être constamment remises à niveau. L'insécurité juridique réside dans la multiplicité des régimes et la rigidité des textes qui engendrent délais et pluralité des intervenants pour l'obtention des autorisations freinant l'investissement tant national qu'étranger. Il est donc important que l'appareil administratif et juridique se mette au diapason.

De plus, les coûts logistiques du Maroc s'élèvent à environ 20% du PIB en 2007, or ce ratio est supérieur non seulement à celui des pays de l'union européenne qui se situe entre 10 et 16% mais aussi à celui des pays émergents tels que la Tunisie et la Turquie. Et vu le rôle déterminant que joue la logistique dans la compétitivité de l'économie, il s'avère primordial de penser à l'amélioration de certains domaines logistiques, en particulier la performance douanière et le coût des infrastructures, par la création de zones industrielles aménagées ou de technopoles. Ceci pourrait permettre d'intégrer au Maroc des fonctions d'entreprise ne s'y appliquant pas et réalisées en Europe pour ainsi dynamiser son économie et permettre sa montée en gamme en faisant apparaître de nouveaux services indispensables aux multinationales, comme l'émergence de prestataires et de plates-formes logistiques, créateurs de valeur ajoutée. Tout ceci entrepris, le Maroc assurera sa performance logistique et réalisera donc un potentiel de gain de plusieurs points de PIB.

L'aspect fiscal à son tour n'est pas des moindres. Ce dernier doit en effet être adapté aux différents secteurs d'activité afin de permettre aux investisseurs de bien cerner les différentes composantes de financement de l'investissement .Le Maroc peut également faire plus d'efforts en matière de fiscalité. C'est un facteur essentiel à améliorer pour gagner en compétitivité, se différentier des concurrents et devenir ainsi plus attractif. Il serait donc judicieux de trouver un niveau d'imposition qui permettrait aux investisseurs et aux consommateurs de trouver le juste équilibre. Un niveau qui aiderait l'entrepreneur à investir plus et le consommateur à consommer d'avantage.

L'éducation à son tour constitue un facteur important dans le développement d'une société. De manière générale, le niveau de scolarisation primaire et secondaire et celui de la formation professionnelle sont des facteurs facilitateurs de l'investissement. Lorsque les investissements éducatifs ne sont pas suffisamment massifs, ils ne parviennent pas à enclencher un processus de croissance soutenue. De plus, le renforcement de la formation dans le domaine des nouvelles technologies est un facteur attractif supplémentaire qui pousse les investisseurs à s'intéresser davantage aux secteurs des technologies de pointe comme l'aéronautique.

Mais un long chemin reste à parcourir, un chemin nécessitant d'être balisé pour rendre confiant le capital, un capital qui calcule les risques avant de prendre toute décision. La réforme du système judiciaire est incontournable surtout au niveau de la qualification humaine, qui doit nécessairement se spécialiser dans le droit des affaires et le droit international. (Mémoire sous le thème : Le MAROC : Aimant des Investissements Directs réalisé par Sara AITOUNI EMI 2007/2008).

Toutefois, les bonnes performances, en termes d'IED, de ces dernières années sembleraient imputables à des causes conjoncturelles plutôt qu'à une politique proactive de promotion de l'investissement. Des efforts restent ainsi à accomplir par les autorités pour améliorer la perception que les opérateurs privés ont du climat d'investissement et, plus généralement, du climat des affaires au Maroc. Ces efforts devraient permettre de mieux cibler les investissements et de les pérenniser afin que le Maroc bénéficie pleinement de leurs retombées positives sur la croissance économique, la création d'emploi et l'innovation :

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