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Comment le secteur touristique peut-il constituer un créneau porteur de développement pour la Mauritanie

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par Moussa Diarra
Nouakchott - maitrise en économie publique 2009
  

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Section 2: Les principales contraintes au développement de l'activité touristique

La Mauritanie est également caractérisée par un certain nombre d'éléments négatifs qui apparaissent comme des contraintes pour définir des orientations de développement touristique et peuvent constituer autant de freins pour la mise en oeuvre de ses orientations. Il s'agit notamment des éléments suivants:

- l'offre potentiel existant est très mal mis en valeur, aussi bien en matière d'entretien et de présentation des sites historiques ou naturels eux-mêmes, qu'en ce qui concerne leur environnement immédiats (ordures);

- en dehors de Nouakchott et Nouadhibou, les unités d'hébergement de standing moyen sont pratiquement inexistantes dans les autres localités ou n'existent, au mieux, que des auberges de qualité très médiocre, dont la prestation ne correspond pas aux normes du tourisme international;

- le nombre de personnes formés et/ou ayant une expérience en matière de gestion des établissements d'hébergements est infime;

- l'encadrement administratif de l'activité touristique et son développement est particulièrement déficient, en particulier la réglementation des différentes professions du tourisme et de l'hôtellerie est très incomplète, le contrôle des établissements est pratiquement inexistant et les statistiques courant relatives à l'activité touristique et hôtelière ne sont pas disponibles;

- de très nombreux agréments ont été accordés par la Direction du Tourisme depuis environ 5 ans à des nouveaux établissements hôteliers ou à des nouvelles entreprises touristiques sans qu'aucun contrôle de leur aptitude réelle ait été exercé, avec comme conséquence une abondance excessive de petites entreprises incapables de fournir les prestations requises et la nécessité d'un assainissement des différentes professions;

- Les efforts en matière de promotion sont, malgré la création de l'office Nationale du Tourisme, très insuffisants et peuvent se résumer à la participation de quelques salons internationaux par an;

- dans de nombreuses localités de l'intérieur, les équipements urbains (eau, électricité, etc.) sont insuffisants pour accueillir des touristes dans des conditions acceptables, il en est de même pour la plupart des liaisons routières secondaires et pour les pistes d'accès aux sites touristiques;

- les modalités de financements bancaire en vigueur, avec des taux d'intérêt de plus de 30% sont dissuasives pour les promoteurs visant à investir dans le secteur touristique et hôtelier, surtout dans le cas de petits projets, difficiles à rentabiliser au cours des premières années de fonctionnement, ou de rénovation d'établissements existants;

- les facilitations à l'arrivée de touristes sont difficiles et/ou pénibles à accomplir pour les touristes étrangers (obtention de visa, contrôles à l'aéroport, etc.) et il existe des réglementation encore en vigueur qui sont très contraignantes pour les touristes (restriction pour les prises de photographie, absence d'alcool dans les établissements d'hébergement, etc.);

- l'activité touristique est pratiquement impossible pendant les 6 mois d'avril à octobre au maximum du fait des conditions climatiques, ce qui a en particulier comme conséquence de réduire la rentabilité des établissements d'hébergement. L'annulation du rallye Paris-Dakar, la continuité des menaces terroristes, l'attaque des touristes récemment prés d'Aleg à 250 km à l'Est de Nouakchott en 2007, l'incroyable fusillade en plein de la capitale mauritanienne constituent un élément négatif de l'activité touristique.

- Il n'existe pas d'outils permanent pour la formation (continue ou initiale) aux différents métiers du tourisme et de l'hôtellerie, ce qui se traduit par des besoins quantitatifs cruciaux pour certaines catégories de personnel et par une très faible qualité des prestations aux touristes.

- Le secteur public et les opérateurs privés n'ont pas l'habitude de travailler en étroite concertation et/ou collaboration et ont quelquefois tendance à refuser tout dialogue.

- malgré les nombreuses études globales effectuées depuis prés de 1 5ans et les propositions d'action en découlant, le pays n'est pas encore doté d'une véritable stratégie de développement touristique basée sur le choix de couples « produits marchés »prioritaire

- le transport aérien assuré par les vols réguliers ne dessert que la France et quelques destinations africaines et est d'un coût très élevé, rendant le recours aux vols charter nécessaire pour les produits plutôt bon marché (comme la découverte de désert)

- les modalités de financement bancaire en vigueur, avec des taux d'intérêt de plus de 30% sont dissuasives pour les promoteurs visant à investir dans le secteur touristique et hôtelier, surtout dans le cas de petits projets, difficiles à rentabiliser au cours des premières années de fonctionnement, ou de rénovation d'établissements existants.

- l'activité touristique actuelle ; malgré un début de diversification depuis très récemment, se limite à un seul produit (la découverte du désert) dont le développement est soumis à un duopole (le Point Afrique et Go Voyages) qui contrôle l'accès aérien par charter

- La croissance quantitative de l'activité touristique depuis le démarrage de 1996 semble stagner, tandis que les produits actuellement commercialisés souffrent d'un appauvrissement des prestations proposées, ce qui se traduit par de très faibles retombées économiques pour les populations concernées.

- Le tourisme national est très peu développé, pour des raisons à la fois culturelles et économiques, à l'exception de quelques fêtes (guétna, lekhriv, etc.) ou cérémonies religieuses.

La situation liée aux aspects culturels ne pourra évoluer que lentement, sous l'effet d'actions intenses et continues de sensibilisation et/ou de formation. Pour les aspects de deuxième type, une évolution sensible nécessitera également une volonté forte pour reformer un mode de fonctionnement solidement ancré dans les habitudes fortement négatives.

Au plan quantitatif, on peut remarquer que le nombre d'éléments négatifs est supérieur au nombre d'éléments positifs ce qui n`est pas forcément rédhibitoire mais met en lumière les difficultés auxquelles se heurtera toute politique de développement du tourisme mauritanien.

Notons cependant que le développement à moyen et long terme du tourisme mauritanien doit

prendre en compte deux types de critères :

- d'une part, elle doit respecter les options fondamentales définies par le gouvernement et sur lesquelles est fondée la politique générale de développement de la Mauritanie ;

- d'autre part, elle doit tenir compte des principales caractéristiques du développement touristique actuel du pays et les contraintes que la situation actuelle impose.

A: Les options fondamentales à respecter

- l'intégration et l'unité nationale qui constituent l'axe fondamental des politiques mises en oeuvre par le gouvernement dans tous les domaines;

- la lutte contre la pauvreté et l'insertion sociale dont les objectifs portent essentiellement sur la génération d'emplois et la création de micro entreprise;

- la promotion et l'émancipation de la femme qui passe en grande partie par l'accès aux activités économiques, comme par exemple, l'ouverture des restaurants;

- la conservation de l'environnement, le tourisme pouvant constituer un moyen d'aider à préserver les écosystèmes fragiles caractéristiques de la Mauritanie;

- la promotion du patrimoine culturel, qu'il s'agisse du patrimoine bâti, du patrimoine artisanal ou de la culture vivante ;

- l'intégration sous régionale, la venue de touristes ouest africains en Mauritanie, notamment dans le cas du tourisme religieux constituant un incontestable facteur de paix.

B: Les principes de bases du développement touristique mauritanien

Compte tenu des principaux aspects positifs et négatifs de la situation actuelle du tourisme mauritanien, le développement durable du tourisme devra être réalisé en respectant les principes de bases suivants:

- définir les orientation stratégiques à long terme et établir un plan de développement touristique programmant les actions prioritaires correspondantes à mettre en oeuvre à court, moyen et long terme

- renforcer l'offre touristique commercialisables, notamment en:

I valorisant les sites attractifs de type culturel ou naturel;

I assurant les transports dans des conditions de confort satisfaisantes et au moindre coût;

y' proposant des prestations (restaurants et hébergements) d'un niveau de qualité acceptable.

- assurer un développement durable respectueux de l'environnement physique et humain du pays

- faire bénéficier un maximum de mauritanien, principalement les femmes, des retombées économiques du développement touristique

- renforcer l'image du pays en tant que destination touristique, notamment en ce qui concerne les aspects liés à l'accueil, à la sécurité, à l'hygiène, à la propreté des villes et des sites, etc.

- mettre en place un dispositif institutionnel à la fois souple et efficace prenant en compte les différents points de vue, aussi bien à l'intérieur du secteur public, qu'entre le secteur public et les opérateurs privés.

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle