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Les étudiants guinéens dans les universités de Montpellier entre intégration et repli

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par Mamadou Oury SOW
Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Master 2 Recherche de sociologie 2013
  

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Section 3 : Le sentiment communautaire

Nos résultats ont montré que sur les vingt étudiants interrogés, quinze sont membres de l'AGM dont treize participent activement à ses activités. Comparé au nombre de ceux parmi eux qui sont membres à d'autres organisations étudiantes au sein de leurs universités et qui participent à ses activités, on voit apparaitre une nette différence.

Tout d'abord la proportion est la même entre ceux qui connaissent des noms d'organisations étudiantes qui existent au sein de leurs universités et ceux qui ne connaissent pas le nom d'une seule organisation étudiante au sein de leurs universités. Si nous mettons à côté les dix étudiants qui ne connaissent pas le nom d'une seule organisation étudiante à fortiori être membre, on voit que sur les dix autres qui ont connaissance des noms de certaines organisations étudiantes, neuf d'entre eux ne sont pas en ce moment et n'ont pas été non plus dans le passé, membre d'aucune de ces organisation étudiantes, même de celles qu'ils connaissent.

Les raisons sont dues d'une part à la perception qu'ils ont des organisations étudiantes qui existent dans leurs universités, qu'on a déjà expliquées ci haut par le sentiment d'exclusion mais aussi par le manque de temps dû à l'obligation de trouver du boulot et de travailler quand on l'a. La question qui se pose est alors de savoir pourquoi ces mêmes raisons ne leur ont pas empêcher aussi d'être membre de l'AGM et de participer activement à ses activités ?Pour trouver les réponses à cette question, nous allons faire recours à une analyse thématique des raisons qu'ils ont avancées sur leur préférence de participer aux activités de l'AGM par rapport aux organisations étudiantes (voir tableau 6.4 de nos résultats).

Une analyse thématique de ces raisons montre que les étudiants sont animés par un sentiment d'appartenance qui selon eux leur lie par nature à l'AGM.L'ensemble des guinéens sont vus et considérés de ce fait comme membre d'une même famille en étant ici, donc loin du pays. Des expressions comme «  en tant que patriote..... » ou « je me sens en famille » etc. expriment ce fort attachement à l'AGM. On discute en famille des problèmes de tous et on cherche des solutions ensemble, il s'agit là d'un lien social naturel qui unit les membres.

L'AGM rempli en quelque sorteune fonction de refuge et de protection pour l'étudiant au même titre que la famille pour un de ses membres. Voyons l'expression « ici, on est dans une société où c'est le chacun pour soi, quand tu as un problème ce sont tes compatriotes qui viendront t'aider » elle traduit cette fonction de protection de l'AGM. Cela pourrait suffire pour répondre à notre question d'en haut. D'ailleurs quand il s'agit des membres des organisations d'étudiantes, les étudiants utilisent l'expression `'eux'' tandis qu'ils utilisent le `'nous'' dès qu'il s'agit de l'AGM.

Au vu de ces différentes analyses, nous pouvons affirmer que l'intégration au sein du milieu universitaire des étudiants guinéens à Montpellier est faible parce que d'une part, il n'y a pas de véritables relations d'amitié avec leurs condisciples français de classe qui pourraient leur donner plus de chances ou d'opportunités pour mieux connaitre le système universitaire et s'impliquer d'avantage à la vie universitaire en tant qu'étudiant. D'autre part que les relations avec les professeurs, ne se limitant juste qu'aux cours, n'ont pas un impact pour favoriser ou non l'implication des étudiants guinéens aux activités universitaires. Laissé à internet pour toutes les informations qui concernant leurs cursus, l'institution qu'est l'université limite le contact entre étudiants et professeurs et réduit le dialogue. Les relations avec les condisciples français restent les seules capables d'insérer les étudiants guinéens dans les activités au sein de l'université et par là, leur intégration.

On peut tout aussi voir que les relations avec les condisciples français qui déterminent le niveau d'intégration dépendent non seulement du caractère réel (qui peut être ouvert ou fermé)de ces derniers, mais aussi de l'idée ou de l'interprétation que les étudiants étrangers se font d'eux, donc du caractère supposé. Ceci explique le renforcement du sentiment ou de repli communautaire de la part des étudiants étrangers que sont les guinéens.

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