WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Impact de l'exploitation minière industrielle sur la santé humaine et environnementale au Burkina Faso: cas de la mine d'or de Essakane SA


par Issaka OUEDRAOGO
Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines (France) - Master Pro 2 en Sciences de la Santé, de l'Environnement, du Territoire et de la Société (SSEnTS) 2012
  

précédent sommaire suivant

3.2. Rédaction

Les bases de données sont traitées sur le logiciel de traitement de données Excel afin d'analyser l'évolution des cas de pathologies et de la concentration des polluants d'intérêts sur la période d'étude définie. Nous utiliserons la fréquentation de la clinique et la récurrence de certaines pathologies comme un proxy pour apprécier les impacts liés aux conditions de travail, cela en l'absence de données par poste de travail. Aussi, nous utiliserons les variations de la concentration des polluants comme les métaux lourds (Plomb, mercure, cadmium) dans les eaux de surface et souterraine pour analyser l'impact de l'activité sur l'intégrité des écosystèmes et sur l'environnement. A défaut de données sur les taux d'exposition individuelles, les concentrations des mêmes polluants servirons à évaluer les risques sanitaires auxquels s'exposent les populations dans le court et le long terme.

4. RESULTATS ET DISCUSSIONS

4.1. Affections et effets aigus

4.1.1. Résultats

4.1.1.1. Fréquence des consultations a la clinique sur le site minier

La fréquentation de la clinique a connu une baisse en 2011 comparativement au taux de fréquentation qui était relativement fréquentation élevée en 2010.

Figure1: Fréquences comparées des consultations en 2010 et en 2011

4.1.1.2. Récapitulatif des causes des consultations pour les années 2010 et 2011

Les données recueillies durant les deux années montrent une forte prévalence des pathologies telles que le paludisme, les gastro-entérites et les maladies respiratoires (tableau 1)

Tableau1 : Nombre de cas en 2010 et en 2011

Année

2010

2011

Gastro-entérites

1939

1270

Carie et affections buccales

273

191

Paludisme

1346

947

Maladies respiratoires

1743

1227

Autres affections ostéo-articulaires

715

366

Céphalées

836

357

Infections sexuelles

24

21

Otites

90

80

Traumatismes

160

131

Plaies et affections de la peau

983

552

Affections de l'oeil

311

248

Affections cardiovasculaires

76

47

Fièvres d'origine indéterminée

4

10

TMS : Myalgie et Myasthénie

301

181

TMS : Asthénie

211

114

Affections neuro-végétatives

71

51

Autres pathologies non classées

736

544

Source : Essakane

4.1.1.3. Pathologies récurrentes et leur évolution au cours des deux années

Les graphiques ci-dessous montrent respectivement des pathologies les plus fréquentes durant les périodes 2010 et 2011.

Figure3 : Evolution des pathologies récurrentes en 2010

Figure5 : Evolution des pathologies récurrentes en 2011

Seul le paludisme connait une grande variabilité saisonnière, une forte augmentation de la morbidité entre les mois de juillet et novembre (fréquence multiplié par cinq entre juillet et septembre), période correspondant a l'hivernage.

Les maladies respiratoires et les gastroentérites présentent les proportions les plus élevées. Elles couvrent a elles seules près de 50% des cas, ce qui correspondant a la moitié des cas d'affections. Il s'en suit les cas de paludisme; les cas d'affections ostéo-articulaires, les cas de céphalées ; les cas de troubles musculo-squelettiques (les myalgies et les asthénies) ainsi de maladies neurologiques comme les myasthénies. Les caries et les autres affections buccales représentent le faible taux de prévalence parmi les pathologiques récurrentes.

Figure7 : Etude comparée de l'évolution des pathologies récurrentes

Dans l'ensemble, on note une baisse de la prévalence des différentes pathologies en 2011 comparativement à l'année 2010.

4.1.2. Discussion

Les conditions de travail pénibles, constituent des facteurs de risques favorables à la propagation et à la prolifération des maladies dans les sites miniers. Selon les statistiques sanitaires récentes disponibles dans la zone de Kéniéba (une zone aurifère au Mali), les maladies les plus courantes enregistrées en 1999 sont surtout le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les traumatismes, les diarrhées, les dermatoses et les maladies sexuellement transmissibles (SEYDOU KEITA, 2001). Il est évident que les conditions de travail dans les grandes industries minières comme Essakane Sa demeurent significativement différentes. Cependant la forte coïncidence constatée entre les pathologies ne peut cependant être considérée comme fortuite. Evidemment les risques d'exposition a certaines substances comme les poussières sont amoindris mais la modernisation du travail ne rend pas celui-ci forcement moins pénible, il y'a assurément un lien entre ses pathologies, les conditions de travail et les activités propres menées dans la mine.

précédent sommaire suivant