|
L'Université de Dschang n'entend donner aucune
approbation ni improbation aux opinions émises dans les mémoires.
Ces opinions sont considérées comme propres à leur
auteur.
DÉDICACE
REMERCIEMENTS
DÉDICACE
À
Mon cher papa GAZÉLÉ Gaston
REMERCIEMENTS
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
REMERCIEMENTS
La réalisation de ce mémoire a été
possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui nous
voudrions témoigner toute notre gratitude.
Nous souhaitons avant tout remercier notre directeur de
mémoire, Monsieur NDIFFO KEMETIO Marien Ludovic, pour le temps qu'il a
consacré à nous apporter les outils méthodologiques
indispensables à la conduite de cette recherche. Son exigence nous a
grandement stimulé.
Nous adressons nos sincères remerciements aux corps
enseignant et administratif de la Faculté des Sciences Juridiques et
Politiques de l'Université de Dschang, pour la richesse et la
qualité de leur enseignement et qui déploient de grands efforts
pour assurer à leurs étudiants une formation
actualisée.
Nous remercions en particulier Monsieur GUERET-GBAGBA Richard
pour ses encouragements et conseils qui nous ont permis de réaliser ce
travail.
Un grand merci à notre maman FOULOU Nathalie Sylviepour
son amour, ses conseils ainsi que son soutien inconditionnel, à la fois
moral et économique, qui nous a permis de réaliser les
études que nous voulions et par conséquent ce mémoire.
Nous voulons exprimer notre reconnaissance envers les amis et
camarades de promotion, notamment DJANANG NGANSO Tatiana, ZOUNDIN LEGBAN Aurel
Gérauld,SEKOLA Nancy, BENDOUNGA Aubin, qui nous ont apporté leur
soutien moral et intellectuel tout au long de notre démarche.
Enfin, nous tenons à témoigner toute notre
gratitude à la communauté centrafricaine de Dschang ainsi
qu'à toutes les personnes qui ont contribué au succès de
notre mémoire.
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
RÉSUMÉ
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
|
AGNU
|
Assemblée Générale des Nations Unies
|
|
BADICA
|
Bureau d'Achat de Diamant en Centrafrique
|
|
BONUCA
|
Bureau Politique d'Observation des Nations Unies en
Centrafrique
|
|
BINUCA
|
Bureau Intégré des Nations Unies pour la
consolidation de la paix en République Centrafricaine
|
|
CEEAC
|
Communauté Économique des États d'Afrique
Centrale
|
|
CEMAC
|
Communauté Économique et Monétaire
d'Afrique Centrale
|
|
CPJP
|
Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix.
|
|
CPSK
|
Convention Patriotique du Salut du Kodro
|
|
CSNU
|
Conseil de Sécurité des Nations Unies
|
|
DDRR
|
Désarmement, Démobilisation, Réinsertion
et Rapatriement
|
|
ENAM
|
École Nationale d'Administration et de la Magistrature
|
|
ECOSOC:
|
Conseil Économique et Social
|
|
FACA
|
Forces ArméesCentrafricaines
|
|
FDPC
|
Front Démocratique du Peuple Centrafricain
|
|
LRA
|
Lord Resistance Army
|
|
MINURCA
|
Mission des Nations Unies en République
Centrafricaine
|
|
MINUSCA
|
Mission Multidimensionnelle Intégrée des
Nations-Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine
|
|
MISCA
|
Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique
|
|
OMP
|
Opération de Maintien de la Paix
|
|
ONU
|
Organisation des Nations Unies
|
|
Op. Cit.
|
Opus Citadem ou OpereCitato, expression signifiant
«ouvrage cite»
|
|
P.
|
Page
|
|
PAM
|
ProgrammeAlimentaire Mondial
|
|
PNUD
|
Programme des Nations Unies pour le Développement
|
|
QIPs
|
Projets à Impacts Rapides
|
|
RCA
|
RépubliqueCentrafricaine
|
|
SDN:
|
Société Des Nations
|
|
UA
|
Union Africaine
|
|
UE
|
Union Européenne
|
|
UFDR
|
Union des Forces Démocratiques pour le
Rassemblement.
|
|
UNHCR
|
Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations
Unies
|
RÉSUMÉ
ABSTRACT
RÉSUMÉ
Depuis le 24 mars 2013 la République Centrafricaine
(RCA) traverse l'une des crises les plus graves de son histoire. Cette crise a
eu des conséquences néfastes sur l'ensemble du territoire. Ainsi
l'État centrafricain étant dans l'incapacité d'assurer la
protection de sa population civile, a sollicité le soutien de la
Communauté Internationale, en l'occurrence, l'ONU en vue d'une
intervention en RCA. Mais le contexte sécuritaire actuel en RCA pose
plusieurs inquiétudes si bien que l'on arrive à s'interroger sur
l'effectivité et l'efficacité de la mission de l'ONU. De ce fait,
quel est l'apport onusien à la résolution de la crise
sociopolitique centrafricaine de 2013 ? Au regard de la
réalité, l'apport de l'ONU en République Centrafricaine
est mitigé car d'une part elle a fourni un important soutien en vue de
la sécurité et de la stabilisation du pays et d'autre part, sa
contribution reste inefficace face à l'interminable crise
centrafricaine. En effet, la contribution de l'ONU en République
Centrafricaine apparaît sous deux angles d'abord la restauration de la
sécurité par l'imposition des sanctions votées par le
Conseil de Sécurité aux différents acteurs de la crise et
ensuite la restauration de l'autorité de l'État par
création de la MINUSCA. Mais ses efforts multiformes de la MINUSCA
restentperfectibles en raison des contraintes inhérentes à la
MINUSCA d'une part, et des contraintes externes d'autre part. Pour ce faire,
l'on recommande à l'ONU la nécessité d'un mandat
d'imposition de la paix comme priorité et opportunité ; la
nécessité d'un mandat clair, efficace et réaliste de la
MINUSCA ; le respect du principe d'impartialité et du but
visé par l'ONU ; la réforme du secteur de
sécurité comme condition nécessaire et urgente pour la
stabilisation de la RCA et la levée totale de l'embargo.
Mots clés : ONU, Résolution,
crise sociopolitique, République Centrafricaine.
ABSTRACT
SOMMAIRE
ABSTRACT
Since march 24th, 2013, the Central African Republic (CAR) has
been going through one of the most serious crises in its history. This crisis
had negative consequences throughout the country. Thus, the Central African
state, being unable to ensure the protection of its civilian population,
requested the support of the international community, in this case the UN for
an intervention in CAR. But, the current security context in the CAR raises
several concerns so that one can wonder about the effectiveness and efficiency
of the UN mission. Therefore, what is the UN contribution to the resolution of
the Central African crisis of 2013? In reality, the contribution of the UN in
Central African Republic is mixed because on the one hand, it has provided
significant support for the security and stabilization of the country and on
the other hand, its contribution remains ineffective in the face of the
interminable Central African crisis. Indeed, the contribution of the UN in the
Central African Republic appears from two angles, first, the restoration of the
security by the imposition of the sounds voted by the Security Council on the
various actors of the crisis and then the restoration of the autority of the
state through the creation of MINUSCA. But its multifaceted efforts by the UN
can still be improved because of the constraints which are inherent on the one
hand to MINUSCA and on the other hand external. To do this, we recommend to UN
the need for peace enforcement mandate as a priority and opportunity ; the
need for a clear, effective and realistic mandate from MINUSCA ; the
respect for the principle of impartiality and the goal of the UN ; the
reform of the security sector as a necessary and urgent condition for the
stabilization of the CAR and the total lifting of the embargo.
Keys words : UN, Resolution, social and
political crisis, Central African Republic.
SOMMAIRE
SOMMAIRE
INTRODUCTION
GÉNÉRALE
3
PREMIÈRE
PARTIE : LA STABILISATION PROGRESSIVE DE L'ÉTAT
CENTRAFRICAIN
3
CHAPITRE I : LA
RESTAURATION DE LA SÉCURITÉ DANS L'ÉTAT
CENTRAFRICAIN
3
SECTION 1 : L'ADOPTION DES MESURES COERCITIVES
VISANT L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
3
SECTION 2 : L'ADOPTION DES MESURES COERCITIVES
VISANT LES ACTEURS NON-ÉTATIQUES
3
CHAPITRE II : LA
RESTAURATION DE L'AUTORITÉ DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
3
SECTION 1 : LA RESTAURATION DE LA
SOUVERAINETÉ TERRITORIALE DEL'ÉTAT CENTRAFRICAIN
3
SECTION 2 : LA RESTAURATION DE L'AUTORITÉ
MILITAIRE ET POLITICO-ADMINISTRATIVE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
3
SECONDE PARTIE : LA
STABILISATION ENCORE RELATIVE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN 48
CHAPITRE I : LA
RELATIVITÉ LIÉE AUX CONTRAINTES INHÉRENTES À LA
MINUSCA
3
SECTION 1 : LES PRINCIPALES CONTRAINTES
D'INEFFICACITE DU MANDAT DE LA MINUSCA
3
SECTION 2 : LES AUTRES FACTEURS INTERNES
D'INEFFICACITÉ DE L'APPLICATION DU MANDAT DE LA MINUSCA
3
CHAPITRE II : LA
RELATIVITÉ LIÉE AUX CONTRAINTES EXTERNES À LA
MINUSCA
3
SECTION 1 : LES CONTRAINTES LIÉES À
LA FAIBLESSE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN ET L'INGÉRENCE DES
ÉTATS VOISINS
3
SECTION 2 : LES CONTRAINTES RELATIVES AUX
ÉTATS MEMBRES DE L'ONU ET AUX GRANDES PUISSANCES
3
CONCLUSION
GÉNÉRALE
3
INTRODUCTION
GÉNÉRALE
PREMIÈRE PARTIE : LA STABILISATION PROGRESSIVE DE
L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
INTRODUCTION
GÉNÉRALE
Située entre l'océan Atlantique et
l'océan indien, l'Afrique se présente sous la forme d'un point
d'interrogation qui ponctuerait le questionnement d'un continent que ses
potentialités économiques, culturelles et diplomatiques ainsi que
la richesse de son passé prédestinent aux premiers rôles
dans le monde, mais que la réalité présente sous un visage
moins resplendissant : celui d'une terre déchirée par de
nombreux conflits1(*). Il
est à noter que depuis plus de trois décennies, les guerres
déchirent l'Afrique, détruisant le tissu social, fragilisant les
économies. Elle est baignée dans des conflits multiformes
entrainant une certaine instabilité chronique au sein du continent. Ces
différentes crises que connaît l'Afrique ont de
conséquences néfastes sur le développement humain,
politique, social et économique du continent car presque toutes les
régions de l'Afrique sont touchées. Aujourd'hui, l'Afrique
principalement sa sous-région Afrique Centrale est l'une des
régions où les feux de l'actualité sont continuellement
braqués. Cette localisation médiatique témoigne
malheureusement davantage de l'existence de tragédies et de crises
à répétition que d'événements
réjouissants. Parmi les pays de la sous-région, plus de la
moitié a régulièrement été
confrontée, pendant des périodes plus ou moins récentes,
à des conflits armés avec leurs cortèges de pertes en vies
humaines, de vagues de réfugiés, de populations
déplacées et de destructions de grande ampleur. Les
problèmes de sécurité continuent d'être vivement
préoccupants.
En effet, la multiplication des conflits dans le monde
constitue aujourd'hui l'un des principaux défis auxquels doit faire face
la Communauté internationale. Au premier rang de celle-ci se trouve
l'Organisation des Nations-Unies (ONU). Ainsi, conformément aux
dispositions des chapitres VI et VII de sa Charte de 1945, les Nations-Unies
ont depuis la fin de la guerre froide (au début de la décennie
1990) multiplié et renforcé des actions de paix et de
sécurisation de l'Afrique centrale. Ces actions passent par la
prévention, la gestion des conflits, la diplomatie, le maintien de la
paix etc. Face à ces crises, en considérant le chapitre premier
de la Charte des Nations-Unies de 1945, il apparaît que les buts des
Nations Unies sont, entre autres, de maintenir la paix et la
sécurité internationales. Cela est un motif largement suffisant
pour s'interroger sur le rôle que cette organisation joue dans la
construction d'un monde pacifique et sécurisé surtout en Afrique
Centrale2(*).
S'il est un constat clair, c'est celui selon lequel, au moment
où l'une des plus grandes Missions des Nations Unies notamment la
MINUSCA3(*) dans le monde
connaît un renforcement sans précédent en République
Centrafricaine (RCA), l'Afrique centrale est loin d'être pacifiée
et sécurisée laissant ainsi libre cours à divers
commentaires. En effet, les soubresauts politico-militaires qu'a connus la
République Centrafricaine sont un facteur inhibiteur de la
sécurisation sous régionale. Après les espoirs
suscités par le bon déroulement des élections de 1999 et
le succès reconnu de la MINURCA4(*) jusqu'en 2000, la RCA est une fois de plus
replongée dans une crise politico-militaire qui a abouti en 2003 au coup
d'Etat du général BOZIZE. En 2013, ce pays est plongé
à nouveau dans une crise politico-militaire. Les multiples crises qui
ont émaillé et continuent d'émailler l'histoire de ce pays
ont aggravé la crise humanitaire, terni son image internationale et
rendu peu attrayant le pays pour les investisseurs étrangers. Si le
conflit participe de la dynamique même des sociétés, sa
gestion interpelle l'intervention des différents acteurs dont l'ONU.
Cette instabilité requiert l'attention des acteurs comme les
Nations-Unies. Les objectifs sont tous rivés vers les opérations
de maintien, d'imposition de la paix, car la vertu d'une politique de
sécurité est d'assurer la stabilité par la lutte contre
toutes les formes de menaces qu'elles soient intérieures ou
extérieures.
D'où la nécessité de s'interroger sur :
« L'ONU et la résolution des crises en Afrique
Centrale : le cas de la crise socio-politique centrafricaine de
2013 ».
L'exploration de l'étude requiert des préalables
fondamentaux qui tournent autour des étapes importantes que sont le
cadre conceptuel (I) et le cadre opératoire (II).
I- LE CADRE CONCEPTUEL DE
L'ÉTUDE
Pour mieux cerner ce sujet, il est nécessaire de
présenter le contexte de l'étude (A), ensuite la clarification
des terminologique (B), la délimitation du champ d'étude (C) et
enfin la revue de la littérature (D).
A- Le contexte de l'étude
S'agissant du contexte de l'étude, il se
présente sous trois angles. D'abord,le contexte sociopolitique et
ensuite le contexte historique.
La République Centrafricaine depuis son accession
à l'indépendance en 1960 ne vit que des périodes de
crises5(*). De ce fait, le
contexte sociopolitique repose sur les multiples crises qu'a connues la
République Centrafricaine notamment celle de 2013 et qui perdure
jusqu'à nos jours. Ces multiples crises6(*) sont dues à la mauvaise gouvernance du pouvoir
central de Bangui. Les crises les plus marquantes sont au nombre de trois.
D'abord les mutineries de 1996, la République centrafricaine a
été secouée par une crise politico-militaire
ponctuée par trois mutineries7(*) successives d'éléments des forces
armées centrafricaines, qui s'expliquaient dans une large mesure par un
mécontentement, assez répandu dans le public, suscité par
des problèmes sociaux et économiques exacerbés par le
non-paiement prolongé d'arriérés de solde. Ensuite, la
crise de 2003 avec le coup d'état ayant favorisé l'accession au
pouvoir du général d'armée François BOZIZE.
Enfin, avec l'avènement de la rébellion de 2013
appelée « coalition séléka8(*) », la
République Centrafricaine a connu les moments les plus sombres de son
histoire car toute l'étendue du territoire était touchée
sur tous les plans. La situation humanitaire reste très fragile dans le
pays où des personnes ont élu domicile dans les sites, fuyant les
hostilités. Cette fragilité est liée à la situation
sécuritaire dans toute la République Centrafricaine. La RCA reste
un pays encore en crise chronique du fait de la persistance des zones de
conflits et d'insécurité, mais aussi du fait des barrières
où sont prélevées des taxes illégales sur tout
déplacement le long des grands axes. La situation en RCA est
extrêmement volatile et il existe peu d'informations fiables et à
jour notamment s'agissant du contrôle du territoire. La
sécurité du pays est placée sous la responsabilité
des forces internationales qui ne contrôlent qu'une portion du
territoire. Le reste demeure sous le contrôle des groupes armés
non-étatiques qui se sont fragmentées en plusieurs
sous-groupes9(*).
Pour ce qui est du contexte historique, il convient de
signaler que l'intervention onusienne dans la crise centrafricaine de 2013,
s'inscrit dans la suite logique de ses multiples actions en République
Centrafricaine. L'ONU était déjà présente en
République Centrafricaine en Avril 1998 à Février 2000
à travers la MINURCA10(*) et de février 2000 à aujourd'hui avec
la BONUCA11(*). En effet,
pour résoudre les mutineries de 1996, l'ONU notamment le Conseil de
Sécurité avait adopté un certain nombre de
résolutions
:
1125 (1997) en date du 6 août 1997,
1136 (1997) en date du 6 novembre 1997,
et
la résolution 1159 (1998) en date du 27 mars 1998autorisant le
déploiement des « casques bleus » (forces
onusiennes)12(*) avec
effet au 15 Avril 1998. L'envoi des forces onusiennes s'est aussi soldé
par l'implantation du Bureau Politique d'Observation des Nations-Unies en
Centrafrique. Toujours est-il que quelques années plus tard, avec la
crise sociopolitique de 2013, l'ONU est intervenue en République
Centrafricaine par l'adoption d'une série de résolutions. Ainsi,
le 10 Avril 2014, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a
adopté la résolution 2149, autorisant le déploiement des
casques bleus en Centrafrique, opérationnelle depuis le 15 Septembre
2014.
B- La clarification terminologique
La clarification des termes du sujet permet « [...]
d'organiser la réalité en retenant les caractères
distinctifs du flot d'impression qui assaillent le chercheur. Le concept doit
ensuite guider la recherche en lui procurant au départ un point de
vue13(*) »,
selon Madeleine GRAWITZ. Si les hommes prennent la peine de s'entendre au
préalable sur les mots qu'ils allaient utiliser, il y aurait moins de
problèmes dans le monde. C'est fort de cette allégation
d'Aristote (384-329) que l'on précisera le sens des notions clés
de l'étude à savoir, l'ONU et la résolution de la crise
sociopolitique centrafricaine 2013.
· L'ONU
Elle est une organisation à caractère
international créée au lendemain de la deuxième guerre
mondiale sur les ruines de la SDN14(*). Elle regroupe 193 États membres. Son
siège se trouve à New-York aux États-Unis. Comme toutes
les autres institutions, elle est fondée par la nécessité.
Elle a pour buts de : « maintenir la paix et la
sécurité internationales et à cette fin : prendre
des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter
les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou
autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques,
conformément aux principes de la justice et du droit international,
l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de
caractère international, susceptibles de mener à une rupture de
la paix 15(*)». Ses principaux organes sont :
l'Assemblée Générale, le Conseil de
Sécurité, le Conseil Économique et Social, le Conseil de
Tutelle, la Cour Internationale de Justice16(*). L'ONU comprend également une trentaine
d'organisations apparentées dont une quinzaine d'institutions
spécialisées17(*) créées par les États et
liées par un accord, une quinzaine de programmes de fonds et
agences18(*)
créés par l'ONU et dotés de leur propre budget. À
cela s'ajoute une pléthore de commissions et sous-commissions,
comités et sous-comités créés par l'ECOSOC ou par
l'Assemblée Générale au fur et à mesure des
besoins.
· La résolution de la crise sociopolitique
centrafricaine
Pour mieux appréhender le groupe de mots«la
résolution de la crise sociopolitique centrafricaine», il faut
définir, au préalable, les notions de crise, crise
sociopolitique, résolution.
· La crise
Il s'agit d'une tension née de contradictions d'ordre
social, politique, socioéconomique au niveau individuel ou
collectif19(*).
Du latin « crisis », du grec
« krisis », la crise est « le moment
très difficile dans la vie de quelqu'un, d'un groupe, dans le
déroulement d'une activité, etc. ; une situation
marquée par un trouble profond 20(*)». Toute crise marque la
rupture de l'ordre dans une société donnée, le
dévoilement des conflits souvent ignorés. Une crise est porteuse
de ruptures, elle apparait comme « un changement brusque et
décisif dans le cours d'un processus20(*) ». C'est aussi la
contestation de l'ordre présent. Elle se présente alors comme le
foyer des tensions ou conflits existants dans le monde ; il s'agit aussi
de la guerre qui crée des situations de terreur, d'instabilité,
d'insécurité.
Selon Thierry Tardy, dans son ouvrage Gestion de crise,
maintien et consolidation de la paix, définit la crise comme
« une situation d'anomie provoquée par le changement. La
notion de « crise » s'oppose en principe à celle de
« normalité ». Une situation est qualifiée de
crise si elle présente des caractéristiques
considérées comme anormales sur une période donnée
et si, sur cette période, les outils de régulation existants
s'avèrent inadéquats.Ainsi, une situation présentant des
signes d'anomalie ne devient crise que si les organisations compétentes
faillissent à restaurer la normalité. La crise connaît donc
une dynamique qui est en partie fonction de sa gestion et des processus de
décision qui se mettent en place pour y faire face21(*).
Au plan juridique, la crise s'analyse comme une situation de
trouble ou de conflit qui, soit affecte le fonctionnement des pouvoirs publics,
et il en va ainsi d'un conflit d'attribution entre les pouvoirs
législatif et exécutif, de la paralysie ou la démission du
gouvernement, soit nécessite, en raison de sa gravité, des
mesures d'exception comme c'est le cas de l'état de siège, de
l'état d'urgence, de l'état de guerre ou de l'état de
nécessité22(*).
Au plan politique, la crise révèle la situation
dans laquelle l'ordre social et la légitimité des gouvernants
sont remis en cause par une fraction de la classe politique ou du corps social.
Elle conduit généralement à un conflit ou à un
blocage des institutions. Elle peut également résulter d'une
perception divergente des règles du jeu politique ou de leur
défaillance23(*).
En définissant la crise24(*), il paraît intéressant de dégager
les différentes sortes de crises. De ce fait, la crise peut être
économique, financière, alimentaire, militaire, sociale,
politique etc. Mais dans le présent travail l'on met l'accent sur la
crise sociopolitique.
· La crise sociopolitique
La crise sociopolitique est la résultante d'une
mauvaise gestion des choses publiques et du fait de ne pas répondre aux
besoins sociaux de la population, se sentant abandonnée, est
obligée de revendiquer ses droits par la voie des manifestations, voire
l'usage des armes et c'est le cas en République Centrafricaine.
La crise sociopolitique est une phase grave dans
l'évolution de la situation politique d'un État. Elle peut
entrain des grèves, des manifestations, des mouvements sociaux, des
émeutes ou, plus grave, une révolte ou une guerre.
La crise sociopolitique centrafricaine peut être
définie comme l'ensemble des manifestations compromettant la
continuité de l'État et l'ordre social et provoquant une rupture
de la stabilité politique.
La résolution de la crise sociopolitique centrafricaine
doit alors être appréhendéecomme l'ensemble des moyens mis
en oeuvre par l'ONU afin d'apporter des solutions à l'ensemble des
manifestations compromettant la continuité de l'État et l'ordre
social et provoquant une rupture de la stabilité politique en
République Centrafricaine. Il s'agit des solutions en vue de mettre un
terme à la crise centrafricaine.
C- La délimitation du champ
d'étude
Toute étude juridique se doit d'avoir un cadre dans
lequel elle est menée ; la délimitation de l'étude
est incontournable pour toute étude juridique. C'est pourquoi, le
Professeur Magloire ONDOA affirme : « tout travail de
recherche prend la forme et la valeur d'un commentaire et d'une
systématisation théorique de l'état du droit à un
moment donné, dans un contexte précis et sur un problème
juridique déterminé25(*) ». Ici, il faut indiquer que la
délimitation spatiale de l'étude qu'est la République
Centrafricaine25(*)
étant aisée, l'on s'attardera sur les délimitations
matérielle ettemporelle.
Il est question ici de préciser la période sur
laquelle l'étude est menée. La thématique de l'ONU et la
résolution de la crise sociopolitique centrafricaine a pour point de
départ les évènements du 23 mars 2013 qui font suite au
coup d'état de Michel DJOTODJA qui s'empare du pouvoir(puis sa
démission le 10 janvier 2014 et le suivi des élections de 2016).
Ces événements qui ont facilité la déstabilisation
du pays et fragilisé son développement, perdurent aujourd'hui.
L'on a jeté notre dévolu sur cette période parce qu'elle
est relativement la plus longue des Missions de l'ONU en République
Centrafricaine, la plus grande et la plus coûteuse.Et que cette crise est
loin d'être terminée. La délimitation temporelle conduit
à dégager la délimitation matérielle de la
présente étude.
Toute recherche sans objet est chimérique, car il n'y a
« pas de connaissance sans objet à
connaître »26(*) . L'objet de l'étude permet de préciser
le sujet dans ses contours et de mieux le circonscrire, le canaliser, car
à ne pas savoir ce que l'on recherche, on risque de ne pas savoir ce que
l'on trouve. Ainsi, l'objet de la présente recherche est
d'évaluer, d'examiner l'action de l'ONU dans la résolution de la
crise centrafricaine de 2013. Il s'agit précisément d'analyser
notamment l'intervention de l'ONU en République Centrafricaine, le
moment, les moyens et les finalités de cette intervention onusienne dans
le contexte de crise. Seul un questionnement bien formulé permettra de
réaliser un tel objet.
D- La revue de la littérature ou
état de la question
En cogitant sur l'ONU, l'on ne jouit pas de la
prétention d'être le premier dans ce domaine. En effet, bien avant
nous, l'on peut citer les chercheurs qui se sont efforcés à
percer le monde de l'ONU dans le contexte de crise que voici :
D'entrée de jeu, évoquons Charles CHAUMONT, dans
son investigation sur les Nations-Unies, arrive à cette
conclusion : « dans le domaine du maintien de la paix,
l'organisation a eu depuis 1946 à examiner un certain nombre des cas
concrets dans lesquels les fonctions en matière de
sécurité se sont exercées, bien que certaines des plus
importantes affaires ont été débattues en dehors des
Nations-Unies ». C'est dans ce contexte que les Nations-Unies
sont intervenues par plusieurs fois dans le monde et en Afrique
particulièrement. Certaines de ces interventions ont été
couronnées de succès d'autres d'échecs27(*).
Safari MLUME a porté sa réflexion sur les
« mécanismes de l'ONU en matière de
résolution pacifique des conflits. Cas de la République
Démocratique du Congo de 1998-2004 ». Il s'est
posé la question de savoir ce qui serait l'efficacité de l'action
des Nations-Unies. Finalement, il est arrivé à cette
affirmation : « malgré ses faiblesses, les
mécanismes des Nations-Unies pour résoudre les conflits ont
fonctionné correctement et sont parvenus à ramener la paix
quoiqu'encore fragile en République Démocratique du
Congo »28(*).
Silvère NDAYAMBAYE, « l'implication du
PNUD dans le processus de la paix en période post-conflit : le cas
de la RCA ». Comme son titre l'indique, il s'intéresse
à l'implication de l'acteur unique qui est le PNUD dans le processus de
consolidation de la paix en RCA et cependant la période post-conflit,
touchant les crises sociopolitiques des décennies antérieures et
la dernière de 2002 à mars 2003 se soldant par le putsch du 15
mars par le Général François BOZIZE. A cet effet, ce
mémoire parait inachevé par rapport à notre projet. Car il
se limite non seulement à l'acteur principal qui n'est qu'une
institution ou agence de l'ONU mais aussi l'aspect sécuritaire
n'apparait pas clairement. Il en est de même du Conseil de
Sécurité qui est réellement l'organe restreint de l'ONU
chargé du maintien de la paix et de la sécurité
internationales. Ainsi nous comptons élargir le champ de notre
étude en touchant l'ONU.
Dieudonné NOUMEDJEU NGAMENI29(*), « l'implication
des acteurs internationaux dans le processus de maintien de la paix en
République Centrafricaine ». Dans le présent
mémoire, il fait mention de tous les acteurs intervenus dans la crise
centrafricaine de 2013 en vue de maintenir la paix. Il s'agit de l'UE, l'UA,
l'ONU et bien d'autres pays comme la France, le Tchad, l'Afrique du Sud.
Cependant, ce mémoire vient combler les insuffisances du mémoire
précédent mais il est trop élargi du fait qu'en voulant
évoquer tous les acteurs internationaux, il se livre à l'oubli de
certains de ces acteurs. Or nous voulons beaucoup plus nous appesantir sur
l'ONU qui est une organisation internationale ayant pour mission la paix et la
sécurité internationale.
Quant à Jean Bosco IYAKAREMYE, son mémoire porte
sur « la faillite de l'ONU devant le génocide des Tutsi du
Rwanda : Des causes et des leçons à en tirer30(*) », l'auteur
présente dans son travail les faiblesses onusiennes et leurs causes dans
le cadre du génocide rwandais et pourtant l'ONU disposait d'une force de
2500 hommes. L'on se démarque de cette étude par rapport au
contexte et l'espace mais aussi en apportant d'une part ses atouts et d'autre
part ses faiblesses.
Pour Guy Martial TEBIWA KOUEMO31(*), dans son mémoire sur « la
responsabilité de la Communauté Internationale dans le cadre du
chapitre VII de la Charte des Nations Unies », il met l'accent
sur la responsabilité de protéger qui est une
interprétation parfois contestée. La mise en oeuvre incombe au
Conseil de Sécurité. Cependant, le Conseil de
Sécurité assume cette responsabilité de façon peu
lisible voire incohérente. Dans ce présent travail, il
présente les fondements théoriques comprenant d'une part la
sécurité collective et la responsabilité de
protéger. Et des fondements juridiques qui concernent le principe de
l'interdiction du recours à la force dans les relations internationales.
Et d'autre part, l'analyse du cadre opératoire de cette
responsabilité. Cependant, dans ce travail, il n'a pas analysé
le cas spécifique de la mise en oeuvre de cette responsabilité
dite de sécurité collective et de protéger dans le cadre
ou contexte d'un pays en crise ou conflit armé.
Pascal KOAGNE WEMBE32(*), dans son mémoire sur« les
opérations de maintien de la paix de l'ONU en Afrique de l'Ouest de
1990-2013 », l'auteur fait comprendre que l'ONU est
présente dans cette partie du continent africain depuis les
indépendances pour tenter de résoudre ces crises, n'arrive pas
à asseoir une stratégie de rétablissement de paix durable
dans la sous-région. Pour lui, d'une part, les opérations de
maintien de la paix en Afrique de l'Ouest depuis les indépendances
obéissent à un processus qui repose sur des principes et ont des
missions très précises. D'autre part, ces opérations
conduisent à un rétablissement mitigé de la paix parce que
les acteurs stratèges de la paix, pris dans les jeux et enjeux,
conduisent des opérations structurées parfois par un certain
nombre de contraintes. Ainsi, l'on se démarque de ce travail par
l'espace choisi non seulement la sous-région mais beaucoup plus le
contexte précis qui est celui de la crise sociopolitique centrafricaine
de 2013.
Il se dégage de ces études que tous les
chercheurs sus évoqués ont esquissé tel ou tel aspect de
l'intervention de l'ONU en Afrique et des relations entre l'ONU et d'autres
organisations internationales. Fort de ce qui précède, l'on jette
notre dévolu sur la mission onusienne en RCA en vue non seulement de
peindre un tableau représentant son bilan, mais également
d'analyser sa pertinence et de faire des projections.
L'analyse du cadre conceptuel ne peut se faire sans le cadre
opératoire (méthodologique).
II- LE CADRE
OPÉRATOIRE DE L'ÉTUDE
L'on ne peut aboutir à la réalisation de ce
présent travail sans dégager le cadre opératoire de notre
recherche. Il comprend, entre autres, l'intérêt de l'étude
(A), la problématique (B), l'hypothèse (C) et enfin les
méthodes et techniques de la recherche (D).
A- L'intérêt de
l'étude
La pertinence du sujet de recherche s'apprécie à
travers son originalité et son intérêt.
L'originalité de ce sujet s'évalue par rapport à ce qu'il
apporte dans le domaine de la science et l'intérêt quant à
lui justifie pourquoi le sujet retenu mérite qu'une étude lui
soit consacrée. C'est pourquoi, on doit relever l'intérêt
scientifique et pratique de cette étude.
L'originalité scientifique de ce travail se
présente sous un double aspect.D'abord, la présente étude
est un sujet d'actualité car la crise centrafricaine de 2013 perdure.
Ensuite, de nombreux chercheurs ont travaillé sur la crise
centrafricaine avec des acteurs différents du nôtre (PNUD, UA,
CEEAC, CEMAC) mais jusqu'alors aucun travail n'a été fait ou
réalisé notamment sur l'ONU et la résolution de crises en
Afrique Centrale notamment la crise sociopolitique centrafricaine de 2013. De
ce fait l'originalité se trouve dans le choix de l'acteur en
l'occurrence l'ONU.
Au plan pratique, ce travail vise à éclairer ou
informer l'État centrafricain, l'ONU et le public, sur les forces et les
faibles de l'ONU dans les crises en Afrique Centrale en général
et en Centrafrique en particulier. Cette étude peut servir de base et de
référence, d'outil de décision pour les Nations-Unies dans
le cadre du maintien, de l'imposition de la paix et de la
sécurité internationales ; un instrument au service des
décideurs. Enfin, l'intérêt pratique consiste à
formuler non seulement des recommandations à l'endroit de l'ONU en vue
d'une réforme dans le domaine du maintien de la paix et de la
sécurité internationales mais aussi il pourra servir de
référence aux futurs chercheurs qui aborderont les sujets
similaires au nôtre.
B- La problématique de la
recherche
D'après Michel Baud, la problématique
est « l'ensemble construit autour d'une question
principale [...] et des lignes d'analyse qui permettent de traiter le sujet
choisi 33(*)». Une étude scientifique qui veut
conduire à des résultats objectifs doit, au-delà de ses
multiples hypothèses de travail qui peuvent la structurer, se fixer une
préoccupation centrale autour de laquelle la réflexion est
menée.
Depuis son accession à la souveraineté tant
nationale qu'internationale, la République Centrafricaine se
caractérise par des crises récurrentes à telle enseigne
que l'on est en droit de dire que la guerre ou le conflit est la règle
et la paix ou la concorde l'exception. Les différentes rébellions
post coloniales le démontrent fort bien. En guise d'exemples, on peut
citer le coup d'état de Jean Bedel Bokassa de 1964, les mutineries de
1996, les rebellions de 200334(*) et de 200735(*).
Au regard de ces conflits, l'ONU est déjà
intervenue deux fois en République Centrafricaine sous des appellations
diverses36(*). Parmi les
ces interventions, c'est la deuxième, celle allant de 2013 à nos
qui nous intéresse. Cela retient l'attention d'autant plus qu'elle
semble perdurer, aller de prorogation à prorogation. Aujourd'hui, les
forces de l'ONU bien que renforcées, tentent de maintenir la paix et
sécuriser tout le pays, toujours victime de conflits et en proie
à de violences, massacre d'innocents et autres violations des droits
humains, sans y parvenir. De ce fait, notre problématique tourne autour
de l'apport de l'ONU dans la résolution de la crise centrafricaine de
2013.
Dans cette perspective, quel est l'apport de l'ONU à la
résolution de la crise sociopolitique centrafricaine de 2013 ?
C'est autour de cette interrogation que s'articule l'ossature
de la présente étude, à laquelle il faut joindre une
hypothèse.
C- L'hypothèse de la recherche
Pour Raymond QUIVY et Luc Van COMPENHOUDT, une
hypothèse est « une réponse provisoire à la
question principale de la recherche ; celle-ci pouvant être
confirmée ou infirmée au terme de l'analyse des faits sur
lesquels le chercheur a focalisé toute son attention37(*) ». Un travail ne
peut être considéré comme une véritable recherche,
s'il ne se structure qu'autour d'une ou plusieurs hypothèses.
Ainsi l'on peut formuler l'hypothèse selon laquelle
l'apport onusienà la résolution de la crise centrafricaine de
2013 estmitigé. C'est-à-dire que ces forces ont eu, d'une part,
des mandats qui les ont permis d'adapter aux réalités et au
contexte sécuritaire centrafricain en ménageant des efforts
considérables et d'autre part, l'on constate que ses efforts
présentent certaines inefficacités en RCA, avec des milliers des
personnes déplacées, réfugiées ou mortes, ces
mandats présentent beaucoup de limites d'où il est
nécessaire de formuler des recommandations.
La démonstration de cette hypothèse commande
l'utilisation des méthodes et techniques précises.
D- Les méthodes et techniques de la
recherche
« Le problème de la méthode est au
coeur de toute oeuvre scientifique. Comment y aller ? 38(*)». C'est par cette
préoccupation que le Professeur Maurice KAMTO situe l'importance de la
démarche scientifique dans l'élaboration d'un travail
scientifique, car « la méthode éclaire les
hypothèses et détermine les conclusions39(*) ».
Considérée comme « la démarche que doit
suivre l'esprit pour y arriver à son but 40(*)», il serait mieux de
montrer les méthodes utilisées et les techniques
appliquées.
Pour ce travail, l'on va faire usage de la méthode
juridique car comme dit Hans Kelsen, « le juriste a pour seule
tâche de connaitre et de décrire le droit 41(*)». À cela s'ajoute
les méthodes sociologiques.
Selon Jean-Louis BERGEL, « la
méthodologie juridique a pour objet d'élaborer les normes
applicables aux rapports sociaux, de dégager des règles qui
permettent, en fonction des buts poursuivis dans une société
donnée et dans la cohérence de son système juridique,
d'atteindre le résultat souhaité de la manière la plus
efficace et la plus économique, avec le souci constant d'atteindre la
sécurité juridique42(*) ». Cette méthode juridique a deux
composantes selon le Professeur Charles EISENMANN : la dogmatique et la
casuistique.
La dogmatique est la méthode qui consiste à
l'étude et à l'interprétation des textes aux fins de
déterminer le droit en vigueur et la casuistique quant à elle
repose sur l'analyse de la jurisprudence c'est-à-dire l'ensemble des
décisions rendues par les juridictions. A cet effet, cette étude
ne s'écartera pas de la voie de l'exégèse. Dans ce sens,
il s'agit ici d'interroger, d'analyser voire d'interpréter les
différentes références normatives : la Charte des
Nations-Unies et les différentes résolutions du Conseil de
Sécurité en matière de maintien de la paix et de la
sécurité internationales, pour les confronter à la
pratique de l'ONU dans la gestion et la résolution des conflits en
Afrique notamment en Centrafrique.
Quant aux méthodes sociologiques, l'on usera d'abord,
de la méthode structuro-fonctionnelle, qui aidera à
étudier d'une part la structure organisationnelle de l'ONU notamment de
la MINUSCA et, d'autre part, le fonctionnement dudit organe ainsi que les
attributions qu'il remplit. Ensuite, les méthodes explicatives et
compréhensives. La méthode explicative sera utilisée pour
ordonner, décrire et expliquer les faits notamment les
différentes interventions onusiennes dans la résolution de la
crise centrafricaine tandis que la méthode compréhensive permet
d'analyser l'intervention onusienne en République Centrafricaine en vue
de dégager lesdéfaillances ou faiblesses de ladite
intervention.Ces méthodes permettront de comprendre et d'expliquer la
crise centrafricaine ainsi que l'apport onusien.
Les méthodes, en principe, ne suffiraient pas en
elles-mêmes de nous permettre de bien mener les recherches. C'est ainsi
qu'il est important de déterminer les techniques de recherche.
Toute recherche ou application de caractère
scientifique en sciences sociales comme dans les sciences en
général doit comporter l'utilisation des procédés
opératoires rigoureux, bien définis, transmissibles et
susceptibles d'être appliqués à nouveau dans les
mêmes conditions adaptées au genre de problème ou de
phénomène mis en cause43(*). La technique représente les étapes
d'opérations limitées, liées à des
éléments pratiques concrets adaptés à un but
précis.
La présente étude est le résultat d'un
ensemble d'entretiens et d'une exploitation rigoureuse des documents
généraux et/ou spécialisés.
Comme l'a annoncé Pierre N'DA, la technique
documentaire est : « une technique qui consiste à
rechercher et à découvrir des informations là où
elles se trouvent, à disposer des documents à les
dépouiller et à en user 44(*)». Cette technique nous
permettra d'obtenir les informations nécessaires.L'exégèse
des ouvrages et articles sur la résolution des crises dans le monde par
l'ONU en général et la résolution de la crise
centrafricaine de 2013 en particulier nous aurait permis d'explorer sinon
entièrement du moins en partie la manière dont l'ONU entend
résoudre cette crise. D'autres sources documentaires à l'instar
des textes juridiques internationaux (la charte de l'ONU, les
différentes résolutions adoptées par le Conseil de
Sécurité), des textes de lois, des mémoires et rapports,
films, vidéo, des notes de cours, revues ou journaux, des articles,
d'internet, des documents d'archives, des travaux et études
universitaires, des textes... nous ont également été d'une
importance non négligeable dans l'identification et surtout la
clarification de notre objet d'étude.
L'entretien ou l'interview est une forme d'échange
verbale entre deux interlocuteurs ayant pour objectif de glaner certaines
informations relatives à un problème posé. Il s'agit d'un
procédé d'investigation scientifique utilisant un processus de
communication verbale pour recueillir des informations nécessaires en
relation avec le but fixé45(*). Les différents entretiens
réalisés, de par la richesse des informations fournies nous ont
permis de saisir les principales missions onusiennes dans la résolution
de la crise centrafricaine de 2013.
Les personnes échantillonnées pour la recherche
proviendront de différents groupes sociaux, professionnels. Ceci se
réalisera à travers divers entretiens avec les autorités
administratives, les praticiens du droit, acteurs de la chaine pénale,
les organisations ou institutions internationales (ONU/MINUSCA) ; les
responsables de groupes armés.
E- Annonce duplan
Fort de tout ce qui précède, notre travail
s'articule autour de deux grands axes : d'une part l'on verrala
stabilisation progressive de l'État centrafricain (I) et d'autre
part,l'on analyserala stabilisation encore relative(II).
PREMIÈRE
PARTIE : LA STABILISATION PROGRESSIVE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
La crise centrafricaine de 2013 a eu des conséquences
néfastes sur toute l'étendue du territoire national. En effet,
l'État Centrafricain s'est effondré avec des graves
conséquences humanitaires notamment avec les personnes
déplacées, les réfugiés etc. Le gouvernement de
transition et la force de sécurité nationale ont
été incapables de freiner la chute dans l'anarchie aussi bien en
zone rurale qu'en zone urbaine notamment à Bangui. Après
plusieurs mois de passivité et à la suite de tueries, le
gouvernement centrafricain se trouvant ou voyant ses faillites46(*) ou faiblesses a
sollicité l'apport onusien en vue de restaurer la sécurité
et l'ordre public, fournir une aide humanitaire d'urgence et à
rebâtir l'État Centrafricain47(*).
Ainsi, en réponse à l'appel du gouvernement
Centrafricain, l'ONU considérant la crise centrafricaine de 2013 comme
une menace contre la paix et à la sécurité internationales
s'est efforcée à la résoudre en imposant un certain nombre
de sanctions aux acteurs en vue de la restauration de la sécurité
en RCA (Chapitre I) et en favorisant le déploiement d'une
opération de maintien de la paix multidimensionnelle des Nations Unies
à travers la MINUSCA en vue de la restauration de l'autorité de
l'État(Chapitre II).
CHAPITRE I : LA
RESTAURATION DE LA SÉCURITÉ DANS L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
Les mesures les plus communes n'impliquant pas l'emploi de la
force armée dont le Conseil de Sécurité dispose pour
restaurer la sécurité en République Centrafricaine, sont
des mesures connues sous le nom des sanctions. On entend par sanctions des
mesures coercitives prises par le Conseil de Sécurité des Nations
Unies en vue de restaurer la sécurité et la paix. Les sanctions
constituent donc un instrument important pour faire respecter la volonté
de la Communauté internationale. Le caractère universel de l'ONU
lui assure la légitimité nécessaire pour adopter ces
sanctions et en surveiller l'application.
Ainsi, face à un État centrafricain
défaillant ne parvenant pas à gérer la crise, L'ONU via le
Conseil de Sécurité considéré comme l'organe
restreint, a adopté un certain nombre de sanctions opposables aux
acteurs de la crise de 2013. Ce travail relatif aux sanctions est fait par le
Comité des sanctions48(*) qui est un organe subsidiaire du Conseil de
Sécurité des Nations Unies. Le Conseil de Sécurité
impose ces sanctions obligatoires pour faire respecter ses décisions en
RCA dans le cadre de la menace contre la paix. Ces sanctions relatives à
la crise centrafricaine couvrent une gamme très large allant de
l'État Centrafricain (Section 1) aux acteurs non étatiques
(Section 2).
SECTION 1 : L'ADOPTION
DES MESURES COERCITIVES VISANT L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
Le Comité des sanctions du Conseil de
Sécurité a adopté un certain nombre de résolutions
contenant des mesures coercitives visant l'État Centrafricain. Ces
sanctions qui concernent l'État couvrent le champ relatif à
l'armée. Au regard de la réalité, le constat est que la
crise centrafricaine a favorisé la pénétration et la
circulation des armes et minutions de guerre. Ainsi pour pallier ce
problème, le Conseil de Sécurité a voté ou
instauré l'embargo (paragraphe 1) qui doit être mis en application
en RCA (paragraphe 2).
Paragraphe 1 :
L'instauration de l'embargo
L'impact de la crise centrafricaine a poussé le Conseil
de Sécurité des Nations Unies à instaurer l'embargo en
République Centrafricaine. L'embargo est la toute première
sanction imposée par le Conseil de Sécurité. En effet,
pendant la crise de 2013, il y a eu entrée massive des armes, munitions
et matériels connexes sur le territoire centrafricain. De ce fait, la
mise en place de l'embargo serait utile afin de réduire l'entrée
et la circulation massive de ces armes. Traiter de l'instauration de l'embargo
en République Centrafricaine revient à analyser son fondement
juridique (A) d'une part et sa décision (B) d'autre part.
A- Le fondement juridique de l'embargo
La base juridique de l'embargo reste et demeure la Charte des
Nations Unies de 1945. Dans la Charte,le chapitre VII nous éclaire sur
la sanction relative à l'embargo. Les dispositions de l'article 39
affirment qu'avant que le Conseil de Sécurité ne puisse adopter
des mesures coercitives, il doit constater l'existence d'une menace à la
paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression. En qualifiant la
situation en République Centrafricaine de menace contre la paix et la
sécurité internationales, le Conseil de Sécurité a
certainement utilisé les dispositions du chapitre VII.La menace contre
la paix renferme plusieurs situations que sont : la prise de pouvoir de
manière non démocratique par un groupe de personnes, au
mépris du droit à l'autodétermination des peuples
(République Centrafricaine en 2013) ; les violations des droits
fondamentaux de l'homme ; les violations massives des droits de l'homme et
les conflits issus d'une proclamation unilatérale d'indépendance
dans le cadre d'un État fédéral.
En plus de cela, il a également mis en oeuvre
l'article 41 prévoyant les sanctions non militaires. En effet, cet
article dispose que : « Le Conseil de Sécurité
peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force
doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et
peut inviter les membres des Nations Unies à appliquer ces
mesures 49(*)». Le but visé par l'embargo est
d'empêcher que la situation puisses'aggraver. Ainsi au regard de ces
dispositions de la Charte, le Conseil de Sécurité a voté
l'embargo. L'embargo se définit comme l'interdiction pouvant frapper
aussi bien les exportations à destination de certains États que
les importations en provenance de ces États.
B- La décision de l'embargo
S'agissant de la décision de l'embargo, il s'agit de
présenter sa nature juridique et sa portée. La décision de
l'embargo se présente sous la forme d'une résolution
adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. En
effet, les décisions du Conseil de Sécurité des Nations
Unies sont communément appelées des résolutions. Elles ont
pour vocation d'apporter une solution à un problème concernant le
maintien de la paix et de la sécurité internationale.
La résolution du Conseil de Sécurité
relative à l'embargo a une valeur juridique contraignante, contrairement
à une résolution de l'Assemblée Générale.
C'est par des résolutions que le conseil de Sécurité a
décidé de l'embargo sur les armes à destination de la
République Centrafricaine. Il est à préciser que les
résolutions du Conseil de Sécurité, à la
différence de celles de l'Assemblée Générale des
Nations Unies qui n'ont la valeur que de simples recommandations, sont des
décisions. Elles sont donc dotées de force obligatoire et
s'imposent aux États comme aux autres entités ainsi qu'aux
individus. Ainsi, l'obligation est faite aux États membres des Nations
Unies d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil de
Sécurité. Cette obligation est prévue aux articles 25 et
48, paragraphe 1, de la Charte des Nations Unies. Aux termes de l'article 25,
« les membres de l'Organisation conviennent d'accepter et
d'appliquer les décisions du Conseil de
Sécurité ». Dans le cadre de la crise
centrafricaine, le Conseil de Sécurité a rappelé aux
États membres que le fait pour l'un quelconque d'entre eux de ne pas
appliquer ou de refuser d'accepter la présente résolution
relative à l'embargo constituera une violation des dispositions de
l'article 25 de la Charte des Nations Unies. Revêtues d'une force
obligatoire et exécutoire, les résolutions du Conseil de
Sécurité relatives à l'embargo s'imposent à
l'État Centrafricain.
Les mesures coercitives relatives à l'embargo ayant
été adoptées, l'on assiste à l'application de ces
dernières.
Paragraphe 2 :
L'application de l'embargo
Sur quoi/qui l'embargo porte-t-il ? L'embargo s'analyse
en une interdiction imposée à l'État Centrafricain par le
Conseil de sécurité des Nations Unies en vue de restaurer la
sécurité et la stabilité. Il est l'interdiction frappant
des exportations à destination d'un ou plusieurs États. Dans les
résolutions, cette interdiction est très précise quant
à son objet, à savoir les armes et matériels connexes (A),
d'une part, et les forces de défense et de sécurité
nationales (B), d'autre part.
A- L'embargo sur les armes et les
matériels connexes
En quoi consiste l'embargo sur les armes et les
matériels connexes ? Parmi les résolutions prises par Le
Conseil de Sécurité des Nations Unies figurent la
résolution liée à l'embargo sur les armes et les
matériels connexes50(*). En effet, dans le cadre du régime des
sanctions, le Conseil de Sécurité dans le paragraphe 54 de la
résolution 2127 décide que : « pour une
période initiale d'un an à compter de la date de l'adoption de la
présente résolution, tous les Etats membres devront prendre
immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la
fourniture, la vente ou le transfert direct ou indirect à la
République Centrafricaine, à partir de leur territoire ou
à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen des
navires ou d'aéronefs battant leur pavillon, d'armements et de
matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions,
les véhicules et les matériels militaires, les équipements
paramilitaires et les pièces détachées correspondantes,
ainsi que toute assistance technique ou formation, et toute aide
financière ou autre en rapport avec les arts militaires ou la
fourniture, l'entretien ou l'utilisation de tous les armements et
matériels connexes, y compris la mise à disposition de
mercenaires armés venant ou non de leur territoire, (...)51(*) ». L'embargo
sur les armes et matériels connexes est l'une des mesures
imposées par le Conseil de Sécurité dès les
premières sanctions contre la République Centrafricaine. Il est
à noter que l'embargo sur les armes et matériels connexes en
direction des autorités centrafricaines a été
imposée au lendemain de la prise de pouvoir de la coalition de
l'ex-séléka52(*) le 24 mars 2013 par le biais de la résolution
2127 du 5 décembre 2013. Il s'agit d'un embargo général et
complet. Ce type de mesures consiste à interdire la vente et la
fourniture d'armes et de munitions, de véhicules et d'équipements
militaires, de matériels paramilitaires ainsi que des pièces de
rechange correspondantes ainsi que toute assistance technique ou formation, et
toute aide financière ou autre en rapport avec les arts militaires ou la
fourniture, l'entretien ou l'utilisation de tous les armements, y compris la
mise à disposition de mercenaires armés. Il est souvent
combiné avec l'arrêt de la coopération militaire et de
l'assistance militaire.
De par cette résolution, le Conseil de
Sécurité recommandeà tous les États Membres de
prendre immédiatement les mesures voulues pour empêcher la
fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la
République Centrafricaine, à partir de leur territoire ou
à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de
navires ou d'aéronefs battant pavillon, d'armements et matériels
connexes de tous types.Conformément au paragraphe 2 de la
résolution 2399 (2018), tous les membres qui découvrent des
articles dont la fourniture, la vente ou le transfert ou l'exploration sont
interdits, sont autorisés à les saisir, les enregistrer et les
traiter (par exemple en les détruisant, en les mettant hors d'usage, en
les entreposant ou en les transférant à un État autre que
le pays d'origine ou de destination aux fins de leur élimination), et
tous les États membres sont tenus de coopérer à cet
effet.
Dans la pratique des Nations Unies, cet ensemble
d'interdictions fait partie des premières mesures coercitives auxquelles
le Conseil de Sécurité à recours pour réagir
à une menace contre la paix et la sécurité internationale.
Il est à noter que jusqu'aujourd'hui, l'embargo demeure effectif, on
assiste à une certaine prorogation par la résolution 2454 de 2019
qui autorise ou oblige les Etats membres à continuer de prendre les
mesures nécessaires pour empêcher les armes d'entrer en
République Centrafricaine.
L'embargo ne vise pas uniquement les armes et matériels
connexes, il concerne aussi bien les forces de défense et de
sécurité nationales de la République Centrafricaine.
B- L'embargo sur les forces de
défense et de sécurité nationales
L'embargo ne concerne pas uniquement les armes et
matériels connexes, il touche aussi bien les forces de défense et
de sécurité nationales53(*). Les forces de défense en l'occurrence les
Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont aussi concernées par
les mesures d'embargo. Cela consiste à leur inactivité et tout
refus de dotation en matériels. Le Conseil de Sécurité a
mis l'embargo sur les forces de défense de la République
Centrafricaine. Le constat est que dans le pays, ces dernières
n'exercent presque pas leurs fonctions qui consistent à protéger
l'État.
Il en est de même pour les forces de
sécurité notamment la police centrafricaine. En effet, celles-ci
sont également ciblées par l'embargo en ce qui concerne leur
dotation ou fourniture en armes, minutions, véhicules y compris
l'assistance technique ou la formation. Le cadre normatif de cette sanction
visant les forces de défense et de sécurité nationales de
la République Centrafricaine reste et demeure la résolution 2127
adoptée le 5 Décembre 2013 par le Conseil de
Sécurité des Nations. Outre les mesures coercitives visant l'Etat
Centrafricain notamment l'armée nationale, il existe des sanctions
visant les acteurs non-étatiques impliqués dans la crise
centrafricaine de 2013.
En outre les sanctions visant les armes et les
matériels connexes en République Centrafricaine, certains
responsables politiques ainsi que ceux des groupes armés et
entités sont également concernés.
SECTION 2 : L'ADOPTION
DES MESURES COERCITIVES VISANT LES ACTEURS NON-ÉTATIQUES
Les mesures coercitives permettent de freiner la montée
des tensions ou des exactions perpétrées par les groupes
armés en République Centrafricaine. Ainsi, les mesures
coercitives imposées par le Conseil de Sécurité des
Nations Unies visent aussi les acteurs non étatiques54(*) que sont les personnes
physiques ou morales. Ces sanctions reposent d'une part sur l'instauration des
contraintes financières et économiques (paragraphe 1) et sur des
mesures relatives à la privation de liberté (paragraphe 2)
d'autre part.
Paragraphe 1 :
L'instauration de contraintes financières et économiques
Parmi les sanctions imposées aux acteurs
non-étatiques de la crise centrafricaine de 2013, figurent les
contraintes financières et économiques. Le Comité de
sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies a
autorisé dans la résolution 2127 le gel des avoirs des personnes
et entités suspectées de financer ou d'appuyer les groupes
armés qui continuent de sévir en République
Centrafricaine. Il en est de même de la vente des ressources naturelles
notamment les pierres précieuses sur le marché mondial. Ainsi
dans le choix des mesures coercitives à prendre, le Conseil de
Sécurité a imposé des sanctions financières
reposant sur le gel des avoir (A) et la restriction sur le commerce des
ressources naturelles (B).
A- Les sanctions financières :
le gel des avoirs
Les mesures financières consistent en premier en des
gels des avoirs 55(*)et
autres ressources financières qui sont placés à
l'étranger. Les avoirs ciblés ici peuvent être des avoirs
publics appartenant à l'État faisant objet des sanctions ou
à des entreprises détenues majoritairement ou
contrôlées par celui-ci. Ils peuvent aussi être des avoirs
personnels des dirigeants de cet État et de leurs supporteurs,
individus, ou des entreprises privées, ou des avoirs des personnes
liées à une organisation terroriste. Ces gels d'avoir
étrangers s'accompagnent généralement des restrictions
d'accès aux marchés financiers internationaux et d'arrêt de
tout transfert international de paiement à destination de l'État
visé. Le Conseil de Sécurité des Nations a pris de telles
mesures financières dans le cadre de la crise centrafricaine de 2013
notamment dans ses résolutions 212756(*) du 5 Décembre 2013 et 2134du 28 janvier 2014.
En effet, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a
ordonné le gel des avoirs de certaines personnes et entreprises
privées. Par sa résolution 2134, le Conseil de
Sécurité décide : « en outre que tous
les États membres doivent, pour une période initiale d'un an
à compter de l'adoption de la présente résolution, geler
immédiatement les fonds, autres avoirs financiers et ressources
économiques se trouvant sur leur territoire qui sont en la possession ou
sous le contrôle direct ou indirect des individus ou entités
désignés par le Comité des sanctions du Conseil de
Sécurité créé au paragraphe 57 de la
résolution 2127 , ou de tout individu ou entité agissant pour le
compte ou sur les ordres de ceux-ci, ou de toute entité en leur
possession ou sous leur contrôle, et décide en outre que tous les
États membres doivent veiller à empêcher que leurs
nationaux ou aucune personne ou entité se trouvant sur leur territoire
ne mettent à la disposition de ces individus ou entités aucuns
fonds, avoirs financiers ou ressources économiques, ou n'en permettent
l'utilisation à leur profit57(*) ».Il s'agit de certains leaders dont
l'ancien président François BOZIZE accusé d'avoir commis
ou soutenu des actes qui vont à l'encontre de la paix, de la
stabilité et de la sécurité en République
Centrafricaine. Selon le Comité des sanctions, M. BOZIZE,
renversé par la « Séléka » en
mars 2013, fournit un soutien matériel et financier à des milices
qui cherchent à le ramener au pouvoir, c'est-à-dire des
«Anti-balaka ». Il en est de même pour Levy
YAKETE, proche de BOZIZE accusé d'avoir ordonné l'arrestation de
personnes liées à la
« Séléka » et d'avoir
organisé la distribution des machettes à des jeunes
chrétiens au chômage pour attaquer les musulmans. L'un des
principaux dirigeants de la
« Séléka » Nourredine ADAM, coupable
selon l'ONU des arrestations arbitraires, des tortures et d'exécutions
sommaires est aussi concerné par ces sanctions financières.
En plus des personnes physiques, le Conseil de
Sécurité des Nations Unies a pris des sanctions contre un bureau
d'achats de diamants centrafricain pour leur rôle dans
l'instabilité. En effet, le Comité des sanctions des Nations
Unies a ordonné le gel des avoirs de la société BADICA et
de sa filiale belge KARDIAM, pour avoir soutenu les groupes armés en
République Centrafricaine à travers le commerce illégal
d'or et de diamants. Ces sanctions font suite à la saisie par les
autorités belges en mai 2014 de colis de diamants envoyés au
représentant de BADICA/KARDIAM à Anvers, en violation d'une
interdiction de 2013 sur le commerce des diamants, a indiqué le
Comité. En effet, jusqu'aujourd'hui, à travers la
résolution 2399 de 2018, les paragraphes 17, 18 et 19, le Conseil de
Sécurité oblige les Etats à continuer de geler sans
délais les fonds et autres avoirs financiers se trouvant sur leur
territoire en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des
personnes ou entités désignées par le Comité des
sanctions ou toute entité ou personne agissant pour le compte ou sur les
ordres de celles-ci ou de toute entité en leur possession ou sous leur
contrôle.
Le gel des avoirs de ces personnes physiques et morales
entraine la restriction sur le commerce des ressources naturelles
centrafricaines à l'étranger.
B- La restriction sur le commerce des
ressources naturelles
En 2013 notamment dans sa résolution 2127 du 5
décembre, le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait
interdit le commerce des diamants centrafricains à l'étranger.
C'est ainsi qu'on a assisté à la saisie par les autorités
belges en 2014 de colis de diamants envoyés à la filiale de
BADICA à Anvers en Belgique.
Il s'agit d'un exemple intéressant de mesure
ciblée qui tend à mettre fin au commerce illicite de ce que l'on
appelle communément « les diamants de
sang 58(*)». Car, face aux refus des forces armées
non gouvernementales sévissant en République Centrafricaine
d'arrêter la guérilla et d'accepter un plan de paix, le Conseil de
Sécurité s'est attelé à tarir la source
matérielle et financière de la conduite de cette guérilla,
en l'occurrence la contrebande des diamants. De ce fait, les personnes ou
entités que le Comité aura désignées comme
apportant un appui à des groupes armés ou à des
réseaux criminels par l'exploitation ou le trafic illicites de
ressources naturelles de la République Centrafricaine telles que les
diamants, l'or, la faune et la flore sauvage ou les produits qui en sont
tirés sont visées par cette résolution. Cette restriction
fait suite à la suspension temporaire de la République
Centrafricaine du système de certification des diamants bruts du
Processus de Kimberley, s'inquiétant que la contrebande de diamants et
les autres formes d'exploitation illicite des ressources naturelles, y compris
le braconnage d'espèces sauvages, soient autant de facteurs de
déstabilisation en République Centrafricaine, et engageant les
autorités de transition et les autorités étatiques
à envisager toutes solutions possibles à ces questions.
Les mesures coercitives financières et
économiques étant dégagées, qu'en est-il des
sanctions relatives à la privation de liberté ?
Paragraphe 2 :
L'instauration de mesures relatives à la privation de liberté
Parmi cette panoplie des sanctions imposées aux acteurs
non-étatiques de la crise centrafricaine de 2013, figurent les mesures
coercitives relatives à la privation de liberté. Dans le souci de
stabiliser la République Centrafricaine, le Comité des sanctions
du Conseil de Sécurité s'est vu obliger de sanctionner certaines
personnes du fait de leur implication dans la crise qui perdure. Ainsi, pour
pouvoir les empêcher de circuler librement et de continuer à
oeuvrer à la persistance de la crise, le Comité des sanctions a
adopté des sanctions visant à les priver de leur liberté.
Ces mesures comprennent entre autres l'interdiction de voyage (A) et la
délivrance du mandat d'arrêt (B).
A- L'interdiction de voyage
Dans le cadre de la crise centrafricaine de 2013, certains
acteurs non-étatiques que sont les personnes physiques sont visés
par l'interdiction de voyage59(*). Au paragraphe 56 de la résolution 2127, le
Conseil de Sécurité : « exprime sa ferme
intention d'envisager rapidement l'imposition de mesures ciblées, dont
une interdiction de voyager (...), aux personnes qui, par leurs agissements,
compromettent la paix, la stabilité et la sécurité,
notamment en se livrant à des actes qui menacent ou violent les accords
de transition, en menant les actions qui menacent ou entravent le processus
politique ou attisent la violence, en apportant leur soutien à ces
actions, y compris en commettant des violations des droits de l'homme et du
droit international humanitaire, en recrutant et en employant des enfant dans
le conflit armé (...) ». La décision a
été prise par le comité des sanctions qui dépend du
Conseil de Sécurité. Il s'agit de l'interdiction aux
États d'accepter la venue ou le transit sur leur territoire de
dirigeants, élites et supporteurs du régime de
l'État-ciblé ou de la personne ou de l'entité
ciblée.
En effet, en République centrafricaine, parmi les
personnes60(*)
visées par l'interdiction de voyage, figurent François BOZIZE,
Nourredine ADAM, Alfred YEKATOM, Habib SOUSSOU, Oumar YOUNOUS etc. Le Conseil
de Sécurité ordonne à tous les Etats membres de
l'Organisation des Nations Unies de prendre et continuer de prendre les mesures
nécessaires pour interdire l'entrée ou le passage en transit sur
leur territoire des personnes citées ci-haut par le Comité des
sanctions en ces termes : « les Etats membres doivent,
pour une période initiale d'un an à compter de l'adoption de la
présente résolution, prendre les mesures nécessaires pour
empêcher l'entrée ou le passage en transit sur leur territoire des
individus désignés par le Comité créé au
paragraphe 57 de la résolution 2127, étant donné que rien
dans les dispositions du présent paragraphe n'oblige un Etat à
refuser l'entrée sur son territoire à ses propres
nationaux61(*) ».
En 2018 à travers la résolution 2399 notamment
en son paragraphe 3, le Comité des sanctions du Conseil de
Sécurité oblige les Etats membres de continuer à respecter
les mesures relatives à l'interdiction de voyager. L'interdiction de
voyage est suivie du mandat d'arrêt à l'encontre de certaines
personnalités politiques et certains responsables ou leaders des groupes
armés qui sévissent encore en République Centrafricaine.
B- La délivrance du mandat
d'arrêt
Toujours dans le cadre des sanctions relatives aux acteurs
non-étatiques ayant participé au chaos en République
Centrafricaine, le Conseil de Sécurité des Nations a
adopté des mesures portant implicitement sur le mandat d'arrêt.
En raison de son rôle primordial en matière du maintien de la
paix, le Conseil de Sécurité bénéficie, en vertu du
Statut de Rome, de « pouvoirs
considérables », de ce fait, il peut
déférer une situation devant le procureur de la Cour
Pénale Internationale. On constate alors une certaine immixtion du
Conseil de Sécurité dans les activités de la Cour. Dans
cette optique par la résolution 2127 du 5 Décembre 2013, le
Conseil de Sécurité a déferré la situation
centrafricaine devant la Cour, qui à l'unanimité a donné
lieu à ce qu'un mandat d'arrêt soit délivré à
l'encontre de certains responsables de la crise centrafricaine pour crimes
contre l'humanité etc.
En effet, certains auteurs ou chefs des groupés
armés responsables de la crise centrafricaine sont visés par le
mandat d'arrêt. Le Conseil de Sécurité a soumis une liste
des personnes qui sont sous ce mandat d'arrêt. Il s'agit entre autres de
l'ancien chef d'État personnes : François BOZIZE le 13 mai
2014, l'ancien chef de l'État est accusé d'avoir autorisé
la distribution des machettes et d'inciter la population à la haine
; Nourredine ADAM le 13 mai 2014 ; Alfred YEKATOM61(*) le 20 aout 2015 ; Habibou
SOUSSOU le 20 mai 2015 ; Oumar YOUNOUS le 20 mai 2015 ; Haroun GAYE
le 17 décembre 2015 ; Eugène BARRET NGAIKOSSET le 17
décembre 2015 ; LRA le 7 mars 2016 ; Joseph KONY le 7 mars
2016 ; Ali KONY le 23 Aout 2016 ; Salim KONY le 23 Aout 2016 ;
Abdoulaye HISSENE le 17 mai 2017 ; Martin KOUMTAMADJI, le 20 avril 2020.
CONCLUSION DU CHAPITRE
I
Dans l'optique de contribuer à la restauration de la
sécurité dans l'État centrafricain, l'ONU à travers
son organe restreint notamment le Conseil de Sécurité a
adopté un certain nombre de résolutions relatives aux sanctions.
La République Centrafricaine est sous sanctions des Nations Unies depuis
décembre 2013 (Résolution 2127 (2013)). Ces mesures coercitives
ont été prolongées respectivement en 2014, 2015, 2016,
2017, 2018, 2019 et 2020. En effet, le régime de sanctions actuel, tel
que détaillé décide que tous les États membres
doivent non seulement respecter et appliquer les sanctions mais aussi
empêcher la violation des dites sanctions. Les différentes
sanctions adoptées par le Comité des sanctions du Conseil de
Sécurité concernent l'armée centrafricaine, et certaines
personnalités politiques et responsables des groupes rebelles ainsi que
certaines entités. Pour ce qui est de l'État Centrafricain
notamment l'armée, l'embargo repose sur les armes et les
matériels connexes ainsi que les forces de défense et de
sécurité nationales. En outre les mesures coercitives visant
l'État, certaines personnalités politiques, certains responsables
des groupes armés ainsi que certaines entités sont tout aussi
visés par des sanctions relatives aux gels des avoirs, la restriction
des commerces et la privation de liberté notamment l'interdiction de
voyage et le mandat d'arrêt.
L'imposition des sanctions n'étant pas suffisante pour
rétablir la sécurité et freiner la montée des
tensions, le Conseil de Sécurité des Nations Unies par la
résolution 2149 décide de la mise en place et du
déploiement d'une mission onusienne de maintien de la paix en
République Centrafricaine.
CHAPITRE II : LA
RESTAURATION DE L'AUTORITÉ DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
Il sied de rappeler que l'ONU lors de sa création, les
États lui avaient assigné comme finalité principale le
maintien de la paix62(*),
et particulier l'apaisement et la prévention des tensions
internationales. Par son existence même, l'ONU doit constituer des moyens
permettant de résoudre les conflits. Comme nous pouvons le constater,
la crise centrafricaine constitue une menace grave contre la paix et la
sécurité internationale. Les populations civiles sont victimes de
plusieurs affres qui appellent la présence des forces onusiennes du
maintien de la paix.
La création et le déploiement des forces
onusiennes en République Centrafricaine ont été l'oeuvre
du Conseil de Sécurité. En effet, le Conseil de
Sécurité a créé la Mission Multidimensionnelle
Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en
Centrafrique63(*)par sa
résolution 2149 du 10 Avril 2014 et a prié le Secrétaire
Général d'intégrer BINUCA dans la nouvelle mission
à la date de l'adoption de cette résolution.
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations
Unies, le Conseil de Sécurité a autorisé la MINUSCA
à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat,
dans les limites de ses capacités et dans ses zones de
déploiement.
Il a en outre décidé que le transfert de
responsabilité de la MISCA64(*) à la MINUSCA puisse s'effectuer le 15
Septembre 2014. Toujours est-il que la MINUSCA comprenait une certaine
division65(*). Sa mission
étant multidimensionnelle referme une diversité d'actions
regroupée en deux types: les actions menées en vue de la
sécurité en RCA (Section 1) et celles relatives à la
restauration de l'autorité de l'État (Section 2).
SECTION 1 : LA
RESTAURATION DE LA SOUVERAINETÉ TERRITORIALE DE L'ÉTAT
CENTRAFRICAIN
L'une des priorités de la MINUSCA en République
Centrafricaine est le volet sécuritaire. De ce fait, le
dépoilement des forces onusiennes vise la sécurité de tout
le territoire centrafricain. La sécurité est un
facteur très important dans un État. Elle est gage de la paix, de
la tranquillité et de la stabilité des peuples et de toute la
République Centrafricaine.Cette quête de la
sécurité nécessite multiples efforts de la part des forces
onusiennes. Ainsi,l'aspect sécuritaire renferme le désarmement
des groupes armés (paragraphe 2) qui sera précédé
par la protection des populations civiles centrafricaines (paragraphe 1).
Paragraphe 1 : La
protection des populations civilessur le territoire centrafricain
Qu'est-ce qu'on entend par populations civiles ? Par
populations civiles on entend toutes les personnes qui ne prennent pas part aux
combats ou aux conflits armés et qui ne doivent en aucun cas faire objet
d'attaques, et elles doivent être épargnées et
protégées66(*). En vertu des règles du droit international
humanitaire, les civils doivent être protégés contre tout
danger. En effet, la protection des populations civiles relève du
monopole de l'État.Mais l'État n'a pu ni protéger les
civils qui ont été systématiquement ciblés par les
groupes armés ni prévenir les violations et les abus des droits
de l'Homme. Toutes les parties prenantes au conflit ont pris part aux
exactions, notamment « les assassinats extrajudiciaires, les
disparitions forcées, les arrestations et les détentions
arbitraires, la torture, la violence sexuelle envers les femmes et les enfants,
le recrutement et l'exploitation des enfants et les attaques contre les
civils67(*) ».
Vu la défaillance de l'État centrafricain, l'une des missions
assignées à la force onusienne de la MINUSCA est la protection
des populations civiles. Cette protection des populations figure dans le
mandat68(*) dévolu
à la MINUSCA. En effet, dans un rapport présenté au
Conseil de Sécurité en date du 3 mars 2014, le Secrétaire
général a recommandé au Conseil, agissant en vertu du
chapitre VII de la Charte des Nations Unies, d'autoriser le déploiement
d'une opération de maintien de la paix multidimensionnelle des Nations
Unies dont la priorité serait la protection des civils.
La protection des populations civiles centrafricaines repose
sur la mise en place des unités de patrouilles (A) et sur la
sécurisation des sites des personnes déplacées internes
(B).
A- La mise en place des unités de
patrouilles
La protection des populations civiles est au coeur de l'action
onusienne en République Centrafricaine. D'ailleurs la résolution
2149 adoptée par le Conseil de Sécurité à sa
7153ème séance, du 10 avril 2014 paragraphe
27,autorise la MINUSCA à utiliser tous les moyens nécessaires
pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses
zones de déploiement69(*).
Les forces onusiennes de la MINUSCA faisaient des patrouilles
à pieds dans les rues, les quartiers de la ville de Bangui. Ces
unités de patrouilles avaient pour mission d'assurer et de veiller
à ce que les groupes armés notamment les
Séléka et les Anti-balaka ne puissent
pénétrer dans les quartiers afin de commettre des exactions. On a
assisté à un déploiement préventif et une
présence mobile, flexible et robuste dans les zones à haut
risque.
En effet, il sied de rappeler que les groupes armés
commettaient des exactions comme les pillages des biens de la population
civile, le vol à mains armées, les viols ou violences sexuelles
etc. Ainsi dans l'optique de freiner ou de mettre un terme à ces actes
de barbaries, les forces onusiennes ont mis aussi en place des
« chek points » qui permettaient de surveiller
toute personne soupçonnée d'appartenir à un groupe
armé quelconque. Les unités de patrouilles constituées
contrôlaient et fouillaient les véhicules. Elles érigeaient
des barricades pour mieux exercer ces contrôles ayant pour
finalité ultime la protection des personnes civiles ainsi que de leurs
biens meubles (motos, voitures, téléphones etc).Ces unités
de patrouilles étaient constituées uniquement au départ
des forces onusiennes notamment l'unité de police accompagnée des
militaires (forces de défense). Ces unités de patrouilles
basées dans chaque arrondissement de la capitale ainsi que dans les
zones touchées représentaient aussi une force d'intervention
rapide. La mise en place et l'effectivité opérationnel de ses
unités de patrouilles permettaient à la population de se sentir
en sécurité et de sortir de la maison pour exercer ses
activités quotidiennes car au début, sans la présence de
cette force onusienne, les gens ne sortaient pas de chez par crainte de la
mort, ou des représailles de la part des groupes armés
Séléka ou Antibalaka. Et donc, ces
unités de patrouilles rassuraient au moins la population centrafricaine
qui voulait une certaine sécurité. La MINUSCA a fait des efforts
afin d'assurer une protection efficace et dynamique des civils se trouvant sous
la menace de violences physiques selon une démarche globale et
intégrée, notamment en anticipant, dissuadant et en
empêchant tous les groupés armés et toutes milices locales
de commettre des violences contre la population.
Il faut noter qu'il y avait une protection particulière
réservée aux femmes et aux enfants touchés par le conflit
armé, notamment en déployant des conseillers pour la protection
de l'enfance, des conseillers pour la protection des femmes et des conseillers
pour les questions de genre et en adoptant à cet égard une
démarche qui tienne compte des questions de genre et soit axée
sur les survivants, en particulier pour aider au mieux les personnes ayant
survécu à des violences sexuelles.
B- La sécurisation des sites des
déplacés internes
La crise centrafricaine de 2013 est considérée
comme étant la plus sanglante et la plus dévastatrice qui a
plongé le pays dans le chaos. Cette crise a des conséquences
néfastes graves sur la population civile car elle a entrainé des
milliers des personnes déplacées internes. On a assisté la
création d'une centaine des sites. En effet, les personnes
déplacées internes trouvaient refuge dans les sites, les
églises ainsi que la brousse. Depuis 2013, environ un tiers de la
population a été déplacé. En septembre 2016, 467
000 Centrafricains étaient inscrits à l'étranger
auprès du Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies
(UNHCR) et 385 750 étaient des déplacés internes, dont
238 513 vivent toujours dans 92 camps70(*) ; les autres réfugiés ont
été accueillis par des communautés ou se sont enfuis dans
la brousse71(*). Plus de
la moitié des réfugiés s'est enfuie au Cameroun, un quart
d'entre eux en République démocratique du Congo, et le reste au
Tchad et en République du Congo72(*). Mais le plus important était la
sécurisation de ces personnes se trouvant dans ces différents
sites existant tant dans la capitale que dans l'arrière-pays.De ce fait,
la sécurisation des personnes déplacées internes dans les
différents sites pesait sur les forces onusiennes de la MINUSCA. La
protection des personnes déplacées internes est la
priorité de la MINUSCA. Ainsi pour protéger cette population
faible et victime de cette crise sanglante, la MINUSCA a mis ou installe des
forces dans les différents sites en vue de protéger la population
civile. La MINUSCA avait divisé les différents contingents afin
d'assurer la protection de la population civile. Par exemple dans le grand
site de la capitale notamment l'aéroport international Bangui M'poko qui
contenait des centaines de milles, on constatait la présence non
seulement des forces françaises mais aussi des contingents Rwandais de
la MINUSCA. Il est à noter que les sites des personnes
déplacées internes faisaient objet des attaques de la part des
groupes armés d'où l'obligation des forces onusiennes de mettre
en place des mesures de protection. La protection de la population civile est
la priorité des missions dévolues aux forces onusiennes
déployées en République Centrafricaine en Septembre
2014.
La sécurité ne se limite pas uniquement à
la protection de la population civile. La population civile ne peut être
en paix sans le désarmement. Pour ce faire, il faut mener des actions
relatives au désarmement des groupes armés en République
Centrafricaine.
C- L'action humanitaire
La résolution 2149 autorise les forces onusiennes
à : « faciliter l'acheminement immédiat,
complet, en toute sécurité et sans entrave, de toute l'aide
humanitaire, contribuer, notamment grâce à une coordination
civilo-militaire efficace et en étroite collaboration avec les acteurs
humanitaires, à l'instauration d'un climat de sécurité en
vue de l'acheminement immédiat, complet, en toute sécurité
et sans entrave, sous la direction de civils, de toute l'aide humanitaire,
conformément aux principes de l'ONU régissant l'action
humanitaire et aux dispositions pertinentes du droit international, et du
rapatriement librement consenti et durable, en toute sécurité et
en toute dignité, des déplacés et des
réfugiés en étroite coopération avec les
intervenants humanitaires73(*) ».
Sur le plan humanitaire, les agences humanitaires de l'ONU
déploient d'importants moyens en République Centrafricaine. Le
Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) est responsable de la
coordination de l'aide humanitaire dans le pays, et opère sous la
protection de la force militaire onusienne de la MINUSCA. Le HCR a
coordonné l'acheminement de vivres, médicaments et autres
produits de première nécessité dans le pays.
Le volet le plus visible de cette action est le pont terrestre
destiné à approvisionner Bangui et ses environs en aide
humanitaire. L'acheminement de l'aide humanitaire était assuré
par les casques bleus de la MINUSCA notamment sur l'axe Bouar-Garoua Mboulai
à partir de la frontière avec le Cameroun. Les forces onusiennes
assuraient le contrôle et la protection des produits PAM74(*) ainsi que d'autres produits
destinés à la population victime de la crise.Les
déplacements des populations exigent de l'assistance humanitaire de la
part des agences du système onusien telles que le Programme alimentaire
mondial(PAM), le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR),
l'Unicef75(*),
l'OMS76(*), etc. ainsi que
des acteurs de la société civile comme la Croix-Rouge,
Médecins sans frontières, Save the children et l'agence
humanitaire de l'Union européenne ECHO. Tous ces organismes distribuent
de tonnes des produits alimentaires, des médicaments, des outils
agricoles et d'autres biens dont une partie tombe inévitablement dans
les mains de ces milices armées compte tenu de leur maillage territorial
et de leur présence parmi les populations et dans la population.
Paragraphe 2 : Le
désarmement des groupes armés sur le territoire centrafricain
La présence constante de groupes armés et leur
contrôle effectif du territoire et des ressources naturelles
écartent tout espoir de stabilisation de la situation en RCA. Ces
groupes entretiennent un climat d'insécurité, alimentent les
griefs locaux et entravent le rétablissement de l'autorité de
l'État et le relèvement économique, engendrant ainsi de
nouveaux cycles de crises récurrentes. Ces groupes armés doivent
être démantelés, leurs éléments
désarmés. Ainsi, la MINUSCA ayant une mission multidimensionnelle
en République Centrafricaine, avait pour mandat de
désarmer77(*) les
groupes armés qui sévissent sur toute l'étendue du
territoire national. Le désarmement est une voie qui conduit à la
paix et à la stabilité du pays. Il est à noter que
l'État a perdu le contrôle d'une grande partie de son territoire,
et les groupes armés se sont fracturés en d'innombrables factions
rebelles incontrôlées, multipliant les activités
criminelles. Ainsi, l'ONU via la MINUSCA a procédé à
plusieurs opérations de désarmements dont le désarmement
volontaire (A) et le désarmement dit forcé (B).
A- Le désarmement volontaire des
groupes armés
Le désarmement volontaire est une initiative de la
MINUSCA en République Centrafricaine. Mais alors en quoi consiste le
désarmement volontaire des groupes armés ? Par
désarmement volontaire, il s'agit des restitutions ou des
dépôts volontaires par les groupes armés sous le
commandement de leurs chefs respectifs. Ce désarmement a eu lieu non
seulement dans la capitale mais aussi dans les provinces centrafricaines.
C'est ainsi qu'on a assisté à la restitution volontaire des armes
dans les villes de Bria et Bangassou.
Le porte-parole de la MINUSCA Vladimir Monteiro en faisant le
bilan des armes récupérées volontairement
affirme : « A Bria, 691 armes dont 27 fonctionnelles,
4 non fonctionnelles et 660 armes de Fabrication locale ainsi que 9 grenades et
22 roquettes ont été collectées78(*) ». Toujours
dans le cadre du désarmement volontaire, on note le désarmement
des éléments de 3 R. le désarmement volontaire des
combattants de 3R79(*)
à Koui dans l'Ouham-Pendé a déroulé le lundi 4
Novembre 2019. En effet, les combattants de 3R sont venus nombreux se faire
désarmer80(*). La
mission du désarmement affirme qu'une centaine d'armes de
différents calibres ont été rendues par les
éléments de Abassa Sidiki. Il est à noter que le
désarmement volontaire résulte de leur engagement à
l'accord de Karthoum du 6 février 2019 auquel ont pris part les quatorze
groupes armés qui sévissent en République
Centrafricaine.
Toutefois le bilan du désarmement volontaire est faible
car on constate une certaine réticence de la part des groupes
armés. D'où le désarmement forcé.
B- Le désarmement forcé
des groupes armés
Il y a eu plusieurs tentatives de désarmement
forcé des groupes armés en République Centrafricaine. Le
désarmement forcé est ce type de désarmement qui
nécessite l'usage de la force. Il s'agit du déploiement militaire
des forces onusiennes afin d'assurer la sécurité et la protection
des populations civiles. On note un appui des forces onusiennes à la
sécurisation des opérations de désarmement en
République Centrafricaine notamment à Bangui et les zones dans
lesquelles sévisse l'insécurité. Il y a eu plusieurs
désarmements forcés81(*) à Bangui dans certains arrondissements et
quartiers.
L'exemple le plus palpant est celui du Km 5 dans le
3ème arrondissement de la capitale. Ce lancement de
désarmement forcé fait suite à la déclaration du
général Balla Keita qui affirmait : « les
groupes armés et criminels du Km 5 vont être
désarmés, il n'y a plus de retour en arrière possible.
L'opération est en cours de planification avec beaucoup de
professionnalisme et de détermination81(*) ».Dans la suite logique, les casques
bleus de la MINUSCA et les forces de défense intérieure
centrafricaine ont lancé, dimanche matin, une opération de
désarmement forcé du Km 5, un quartier du 3ème
arrondissement de Bangui. Cette opération de désarmement
forcé cible les quartiers généraux de ces groupes
armés, dont beaucoup ce seraient fondus dans la nature. Le but de ce
désarmement était de rétablir l'ordre sur l'ensemble du
territoire centrafricain, en particulier dans l'agglomération du Km 5 de
la capitale Bangui.
. La force onusienne de la MINUSCA avait pour mandat de
saisir, confisquer et détruire activement, selon qu'il convient, les
armes et les munitions des groupes armés, y compris de toutes les
milices et autres groupes armés non-étatiques, qui refusent de
déposer les armes ou qui ne l'ont pas encore fait, et quand ils
représentent une menace imminente pour les civils ou la stabilité
de l'Etat.
Les actions menées dans le domaine sécuritaire
étant analysées, qu'en est-il de la restauration de
l'autorité de l'État centrafricain ?
SECTION 2 : LA
RESTAURATION DE L'AUTORITÉ MILITAIRE ET POLITICO-ADMINISTRATIVE DE
L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
Avec cette crise qui a déchiré le pays,
l'État centrafricain était presque inexistant. Cette inexistence
s'explique par l'absence de l'autorité de l'État centrafricain
sur toute l'étendue du territoire national. En effet, les groupes
armés ont le contrôle de la majorité du pays. Ils exercent
les diverses fonctions relevant de l'autorité de l'État.
D'où l'intervention des forces onusiennes de la MINUSCA en vue de venir
en aide à l'État en faillite. Il est à noter que l'une des
missions dévolues à la MINUSCA est d'aider l'État
centrafricain à restaurer son autorité.
Ainsi pour ramener l'autorité de l'État
centrafricain, la MINUSCA a commencé d'abordpar asseoir
l'autorité militaire (paragraphe 1) et ensuite restaurer
l'autorité politico-administrative (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : La
restauration de l'autorité militaire de l'État Centrafricain
L'un des aspects de la souveraineté d'un État
est son armée. Mais la République Centrafricaine a perdu sa
souveraineté militaire au niveau national à la suite de la crise
de 2013 avec la prise de pouvoir par la rébellion
Séléka. Ainsi pour favoriser la paix, la
stabilité et la sécurité en République
Centrafricaine, il faut restaurer l'autorité militaire car c'est dans
elle que réside la force ou la puissance d'un État. Cette
restauration de l'autorité militaire centrafricaine s'est faite avec un
apport considérable de la MINUSCA à travers l'appui à la
formation des forces de défense et de sécurité nationales
(A) et l'accompagnement de ces dernières dans les zones sous
contrôle des groupes armés (B).
A- L'appui à la formation des
forces de défense et de sécurité nationales
La MINUSCA a effectivement contribué à la
formation de l'armée centrafricaine82(*) notamment au recyclage et au recrutement de cette
dernière. La MINUSCA a appuyé les recyclages des
policiers et gendarmes centrafricains. Ces recyclages sont effectués
à différents endroits : à l'ENAM83(*), à l'École
Nationale de Police, au camp Kolongo etc.
Avec l'appui de la MINUSCA, les autorités nationales
ont formé 500 policiers et gendarmes recrutés dans tout le pays
(voir S/2017/1023, par. 14 à 16). Ce recrutement s'est fait par le biais
de concours organisé et supervisé par la MINUSCA. Il en est de
même de leur formation qui est totalement financé ou pris en
charge par la MINUSCA. Ce recrutement est un des principaux résultats de
la MINUSCA dans le domaine de la réforme du secteur de la
sécurité. Actuellement, ces policiers et gendarmes formés
sont sur le terrain car ils ont été dotés
d'équipement par l'Unité de Police de la MINUSCA.
Le 26 décembre 2017, le Comité des sanctions du
Conseil de Sécurité des Nations Unies a reçu une
notification de la Fédération de Russie relative à la
formation des forces de défense et de sécurité
centrafricaines par 5 instructeurs militaires et 170 instructeurs civils russes
sur une période d'un an. Le Comité a donné un avis
favorable. Ainsi, les première et deuxième sessions de formation
des FACA84(*) et de la
Garde présidentielle données par des instructeurs russes se sont
achevées au Soudan et à Berengo (préfecture de Lobaye) les
31 mars et 30 mai 2018, respectivement. La troisième session de
formation a commencé à Berengo le 30 mai. La présence
d'instructeurs russes parmi les membres de la Garde présidentielle,
constatée par le Groupe d'experts à Berengo le 31 mars, serait
liée à leur participation à l'exercice de formation.
Les différentes formations ont permis le
déploiement de ces forces armées républicaines dans les
zones contrôlées par les groupes armés.
B- L'accompagnement des forces
armées centrafricaines dans les zones sous contrôles des groupes
armés
La MINUSCA dans l'optique de restaurer l'autorité de
l'État centrafricain a favorisé le déploiement des forces
de défense dans les zones contrôlées par les groupes
armés. Ce déploiement a été effectué de
façon progressive avec l'appui des forces onusiennes mais aussi des
instructeurs russes. En effet, il faut savoir que les événements
qui se sont déroulées au cours de l'année 2013 en RCA ont
mis une fois de plus en évidence les faiblesses et la
désorganisation des forces de défense et de
sécurité. Mal équipées, et mal
entraînées, les FACA ont été incapables d'assurer un
minimum de sécurité dans le pays et de faire face à la
menace venant du nord-est. Elles se sont effondrées lors de
l'arrivée de la Séléka. Elles étaient
dispersées, invisibles, et dénuées de toute
capacité opérationnelle du fait de la dispersion de leurs
personnels, et de la disparition ou destruction de la quasi-totalité de
leurs équipements et matériels.
Avec l'appui de la MINUSCA, les membres des FACA qui ont
été formés ont progressivement été
redéployés à Obo, Paoua, Sibut et Bangassou, parfois
accompagnés d'instructeurs russes. Ce redéploiement est
accompagné de l'équipement des forces de défense.
Même si les partenaires internationaux sont plutôt satisfaits des
résultats des FACA dans ces zones85(*), il convient de souligner que les forces ne peuvent
pas mener d'opérations sans l'appui opérationnel constant de la
MINUSCA et/ou des instructeurs russes, car elles ne disposent ni des
capacités ni du soutien logistique requis. Ainsi, entre le 26 janvier et
le 7 février 2018, dans le cadre de la coopération militaire
entre le Gouvernement russe et le Gouvernement centrafricain et comme les y
autorisait une dérogation accordée par le Comité des
sanctions du Conseil de Sécurité le 15 décembre 2017, neuf
avions transportant des armes et des munitions se sont posés à
l'aéroport international M'Poko de Bangui. Les armes et les munitions
russes sont progressivement distribuées aux forces de défense et
de sécurité nationales déployées à Bangui et
au-delà après leur formation. Des membres de la Garde
présidentielle, des FACA, de la police, de la gendarmerie et du
Ministère de la justice en ont reçu.
Il est à noter que ce déploiement n'a pas
été facile c'est ainsi que le 10 juin 2018, des combattants de
l'UPC ont attaqué des éléments des FACA accompagnés
d'instructeurs russes alors qu'ils traversaient Bambari pour se rendre à
Bangassou, blessant deux soldats des FACA et un instructeur russe85(*). La MINUSCA a dû
faciliter l'organisation d'une rencontre entre la délégation
russe et le chef de l'UPC, Ali Darassa, à Bokolbo le 17 juin, afin
d'obtenir des garanties pour le passage du convoi des FACA en toute
sécurité.Cet épisode illustre le fait que certains groupes
armés peuvent perturber le déploiement des FACA et l'extension de
l'autorité de l'État. Le déploiement des forces
armées ouvre la voie à la restauration de l'autorité
politico-administrative de l'État centrafricain.
Paragraphe 2 : La
restauration de l'autorité politico-administrative de l'État
Centrafricain
La crise sociopolitique centrafricaine de 2013 a
détruit l'administration centrafricaine dans sa totalité. Les
services publics de l'État dans les régions ou zones sous
contrôle des groupes armés ne fonctionnent pas. Et donc ce sont
les groupes armés qui assurent les fonctions de l'État. Ils se
sont constitués et ont organisés leur propre administration en
nommant les préfets, les maires, ainsi que les autres fonctionnaires
chargés des recettes fiscalo-douanières. Dans sa mission
multidimensionnelle, le mandat de la MINUSCA s'appesantit sur un appui au
processus politique et aux éléments indispensables à la
transition, comme le rétablissement de l'autorité de
l'État et son extension à l'ensemble du territoire.
Ainsi dans l'optique de restaurer l'autorité
politico-administrative de l'État centrafricain, la MINUSCA a
appuyé le gouvernement centrafricain de différentes
manières. On note en amont un appui au processus électoral (A) et
en aval un appui institutionnel (B).
A- L'appui au processus électoral
gage de la stabilité politique en Centrafrique
Après trois années de transition, les
autorités ont réussi, avec l'appui de la communauté
internationale, à mettre en place les conditions nécessaires pour
l'organisation d'élections présidentielles et législatives
crédibles. Les Centrafricains se sont mobilisés massivement pour
exprimer leur souhait de paix et de rupture avec le cycle de violence
passée. Leur maturité démocratique exemplaire a permis
l'organisation des scrutins dans un contexte pacifique, malgré des
tensions encore palpables
Le mandat de la MINUSCA au chapitre électoral consiste
à : « Définir, favoriser et fournir
l'assistance technique nécessaire au processus électoral et
procéder à tous les préparatifs utiles, à l'appui
des autorités de transition et en collaborant d'urgence avec l'ANE, en
vue de la tenue d'élections libres, régulières,
transparentes et ouvertes à tous 86(*)». Déférant
cette disposition, la MINUSCA à travers sa division électorale
s'est pleinement investie dans l'appui à l'organisation des
élections en RCA.Les Nations Unies via la MINUSCA ont joué un
rôle considérable dans le processus électoral en
République en vue d'un retour effectif à l'ordre constitutionnel
reposant sur pouvoir démocratique. Beaucoup d'efforts ont
été déployés par la MINUSCA dans le cadre des
élections législatives et présidentielles. Ces efforts
onusiens se manifestent par la sécurisation des urnes, des bureaux de
vote ainsi que du personnel. En vue d'éviter le chaos durant le
processus électoral, la MINUSCA a déployé ses forces de
police ainsi que ses militaires qui assuraient le contrôle mais aussi la
protection des bureaux de vote existant dans tout le pays. La MINUSCA a mis
à la disposition de l'État Centrafricain des militaires dits
casques bleus. En effet, les casques bleus de la MINUSCA ont joué un
rôle clé en aidant la République Centrafricaine à
retrouver une plus grande stabilité politique, en aidant à
planifier les élections mais aussi à transporter les bulletins de
vote et à sécuriser les bureaux de vote. La MINUSCA a
transporté ces documents et équipements sensibles dans les
bureaux de vote de la capitale. La mission a également
déployé des documents électoraux dans les 16
préfectures centrafricaines. Compte tenu des conditions dans le pays, la
MINUSCA a transporté par voie aérienne plus de 350 tonnes de
matériel électoral en coordination avec les autorités
nationales a déclaré Alain Nkang, un agent électoral de la
MINUSCA.
L'ONU a apporté son aide pour que non seulement les
citoyens de la République Centrafricaine dans le pays puissent voter,
mais également ceux qui ont trouvé refuge au Cameroun, au Tchad,
en République Démocratique du Congo, et en République du
Congo. La sécurisation du scrutin a été effectuée
par des soldats et policiers de la MINUSCA.
Outre l'appui au processus électoral, la MINUSCA a
contribué aussi à la réhabilitation et à
l'installation des autorités et agents de l'État.
B- L'appui institutionnel : De la
réhabilitation des infrastructures à l'installation des
autorités et agents de l'État
Dans le souci d'aider l'État Centrafricain à
restaurer son autorité, la MINUSCA a mis en place des Projets à
Impact Rapide (QIPS). En effet, les Projets à Impact Rapide ont pour but
de promouvoir la confianceentre les populations et la mission, servir les
communautés, soutenir le mandat et le processus national de paix et de
réconciliation communautaire. Ces projets sont d'un coût maximal
de 50.000 USS et d'une durée ne dépassant pas 6 mois. Ils
contribuent également à renforcer les institutions nationales
pour permettre : le retour progressif de l'autorité de
l'Etat ; de meilleures prestations de services sociaux de base ; des
initiatives de réconciliation et de protection des civils.
En effet, cette modalité mise en place par
l'Assemblée Générale des Nations Unies, donne aux missions
de paix et particulièrement à la MINUSCA les moyens d'instaurer
la confiance et d'apporter aux communautés affectées par les
conflits, des réponses porteuses d'espoir à leurs
préoccupations les plus urgentes : création d'emplois
d'urgence et soutien aux petites initiatives génératrices de
revenus, fourniture des services sociaux de base (tels que centres de
santé, forages, de puits, réhabilitation et construction des
écoles, de marchés etc), réhabilitation des
infrastructures administratives (préfectures, mairies, commissariats,
palais de justice, etc).
Dans le cadre de la protection des civils, on a :
· La réhabilitation des ponts pour
désenclaver et faciliter la libre circulation et les échanges
entre certaines communautés ;
· L'aménagement des points d'eau et construction
de bornes fontaines pour faciliter l'accès des femmes et enfants
à l'eau potable et pour réduire les risques de violence ;
· La réhabilitation des prisons et celle des
bâtiments.
Dans le domaine de la cohésion sociale, on note :
· La réhabilitation ou construction de
marchés locaux pour favoriser les échanges entre groupes sociaux
et encourager la relance des activités économiques ;
Dans le cadre de la restauration et l'extension de
l'autorité de l'État, l'on constate :
· La réhabilitation et l'équipement des
bâtiments administratifs préfectoraux et sous-préfectoraux,
mais aussi des gendarmeries, des commissariats de police ainsi que des
équipements et infrastructures en lien avec le renforcement de la chaine
judiciaire et pénale.
La réhabilitation des infrastructures est suivie par
l'installation des autorités politico-administratives comme les
préfets et autres agents de l'État. Il en est de même de
l'installation des forces de police et de la gendarmerie. Avec l'appui de la
MINUSCA, on a assisté à l'installation des préfets dans
toutes les préfectures du pays.
La réhabilitation infrastructures et l'installation des
autorités entrainent aussi les appuis tant humanitaires que
financiers.
CONCLUSION DU CHAPITRE
II
Les sanctions non-militaires adoptées par le Conseil de
Sécurité des Nations Unies ont été suivies par la
mise en place et le déploiement de la mission onusienne baptisée
MINUSCA en République Centrafricaine. En effet, dans le souci de
rétablir la paix, la sécurité et restaurer
l'autorité de l'État Centrafricain, l'ONU de par son organe
restreint le Conseil de Sécurité a adopté la
résolution 2149 autorisant le déploiement d'une mission onusienne
ayant pour mandat la protection de la population civile principale victime de
la crise. Cela s'est matérialisé par la mise en place des
unités de patrouilles ainsi que la protection des sites des personnes
déplacées. Il en est aussi du désarmement des groupes
armés Séléka et Antibalaka.
La MINUSCA a aussi mené des actions en vue de restaurer
ou de favoriser l'extension de l'autorité de l'État sur tout le
territoire national. Elle a entre autres contribuer à la
réhabilitation des bâtiments administratifs et à
l'installation des autorités politico-administratives. L'effort onusien
repose aussi sur la formation et le déploiement des forces armées
centrafricaines dans les zones sous contrôle des groupes armés.
CONCLUSION DE LA
PREMIÈRE PARTIE
La crise centrafricaine de 2013 a été
considérée par l'opinion internationale comme l'une des plus
graves crises humanitaires. Et constituant une menace contre la paix et la
sécurité internationales, cettesituation a obligé les
Nations Unies à intervenir. L'apport onusien à la
résolution de la crise sociopolitique centrafricaine de 2013 et qui
perdure jusqu'aujourd'hui se présente sous deux volets. D'abord, pour
palier la crise centrafricaine, l'ONU de par le Conseil de
Sécurité a adopté une série de résolutions
regorgeant des mesures coercitives. Ces différentes résolutions
dégagent des sanctions visant l'armée centrafricaine, il s'agit
notamment de l'embargo sur les armes et les matériels connexes ainsi que
les forces de défense et de sécurité nationales. Ces
sanctions visent aussi bien certaines personnalités politiques, certains
responsables des groupes armés ainsi que certaines entités
(entreprises). Il s'agit des sanctions non-militaires. Ensuite, cet apport
onusien se manifeste par l'adoption de la résolution 2149 autorisant le
déploiement d'une mission onusienne en République Centrafricaine.
Il s'agit d'une mission baptisée la MINUSCA ayant une mission
multidimensionnelle dont les taches principales sont la protection de la
population civile, le désarmement, la restauration et l'extension de
l'autorité de l'État sur toute l'étendue du territoire
national.
Malgré son apport considérable en faveur de la
paix et de la sécurité en République Centrafricaine, la
MINUSCA reste fragile compte tenu de certaines faiblesses constatées. De
ce fait, cette participation onusienne à la crise centrafricaine est
éprouvée (deuxième partie).
SECONDE PARTIE : LA
STABILISATION ENCORE RELATIVE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
Comme l'on a souligné plus haut dans notre
hypothèse, l'apport des opérations de maintien de la paix de
l'ONU en République Centrafricaine est mitigé car ces
opérations sont structurées par des contraintes87(*) qui ne favorisent pas toujours
leur efficacité.
Les efforts onusiens dans le cadre du processus de la paix, de
la stabilisation sécuritaire, de la protection des civils ne sont pas
exempts des contraintes. Depuis 2013 jusqu'aujourd'hui la crise centrafricaine
perdure.La mise en place de la MINUSCA en septembre 2014 avait pour but de
maintenir la paix, de protéger la population civile, de garantir la
stabilité et restaurer l'autorité de l'État. Mais on
assiste à une prorogation continue du mandat de la MINUSCA. De ce fait,
On se rend compte que le conflit centrafricain est loin d'être
terminé.
En effet, la MINUSCA semble avoir beaucoup de
difficultés mettant en cause les missions qui lui sont dévolues
en République Centrafricaine dans le cadre des résolutions
adoptées. Ses actions sont paralysées, et donc les
résultats sont mitigés. Ces contraintes qui freinent les actions
onusiennes en République Centrafricaine s'articulent autour de deux axes
d'une part l'on a les contraintes inhérentes à la mise en oeuvre
ou à l'exécution du mandat de la MINUSCA (Chapitre 1) et d'autre
par les contraintes externes au dit mandat (Chapitre 2).
CHAPITRE I : LA
RELATIVITÉ LIÉE AUX CONTRAINTES INHÉRENTES À LA
MINUSCA
L'on partira de la question suivante pourquoi les
résultats de la MINUSCA sont-ils mitigés ? La mise en oeuvre
du mandat de la MINUSCA est soumise à un certain nombre de contraintes
ce qui fait qu'il y atoujours l'insécuritéchronique qui continue
d'entraver le redéploiement de l'administration publique et des agents
de l'État, et perpétue la crise sécuritaire, humanitaire,
sociale et économique actuelle. Ces contraintes constituent des
difficultés qui ont fragilisées les efforts des forces onusiennes
de la MINUSCA en République Centrafricaine. Les forces onusiennes en
oeuvrant pour la stabilisation sécuritaire de la République
Centrafricaine,ne l'ont pas fait dans le respect du mandat. Le mandat semble
être inexécuté. Il se pose alors le problème
d'application efficace du mandat de la MINUSCA.
Ainsi les contraintes inhérentes à
l'exécution ou à l'application du mandat de la MINUSCA
comprennent entre autres les principales causes d'inefficacité du mandat
de la MINUSCA (section 1) et les autres facteurs internes de cette
inefficacité (section 2).
SECTION 1 : LES
PRINCIPALES CONTRAINTES D'INEFFICACITE DU MANDAT DE LA MINUSCA
Les actions des forces onusiennes de la MINUSCA en faveur de
la paix et de la stabilisation sécuritaire restent limitées.
Parmi les faits qui limitent la flexibilité et la performance de cette
force onusienne en République Centrafricaine, il faudrait reconnaitre
entre autres les incapacités techniques et diplomatiques (paragraphe 1)
et de la réticence, la complicité et
l'hétérogénéité des troupes (paragraphe
2).
Paragraphe 1 : Les
incapacités technique et diplomatique de la MINUSCA
La mise en oeuvre de la mission onusienne en République
Centrafricaine ne s'est pas faite sans entraves. On constate un certain nombre
d'incapacités internes à la MINUSCA. Telles sont les
incapacités techniques et diplomatiques de la MINUSCA regroupant en son
sein l'incapacité diplomatico-juridique (A) et l'incapacité
technique (B).
A- L'incapacité
diplomatico-juridique de la MINUSCA
Il est nécessaire de souligner que le recours aux
moyens de l'ONU est toujours soumis à une contrainte, qui est en
même temps une force : le consensus entre les membres du Conseil de
Sécurité et, en particulier, ses cinq membres permanents. Les
États se déterminent en fonction de leurs conceptions, de leurs
objectifs et de leurs priorités ; mais, s'ils n'apportent pas une
réponse commune à une crise, les Nations Unies seront dans
l'incapacité d'agir. Deux écueils peuvent surgir : d'une
part, le temps passé à la recherche d'un compromis incertain
implique le risque de réagir trop tard pour empêcher une
tragédie ; d'autre part, la conclusion d'un arrangement de
façade peut ne pas donner à l'ONU les moyens de remplir son
mandat ou lui fixer des objectifs irréalistes. C'est le vrai
problème de la MINUSCA qui, dès sa création voire
même son évolution, fait toujours l'objet de controverse entre les
grandes puissances ou les pays contributeurs des troupes. Elle a au
départ fait l'objet des controverses entre les membres permanents du
Conseil de Sécurité en concurrence les uns avec les autres tant
pour la définition du problème que pour l'élaboration des
solutions à apporter. Il y a dans ce débat antagonique deux
groupes88(*) : d'une
part ceux qui sont pour un mandat offensif, réaliste et adapté au
contexte sécuritaire du terrain et d'autre part ceux, pour leurs
intérêts respectifs, préfèrent doter cette force
d'un mandat symbolique, irréaliste et donc inefficace sur le terrain. La
recherche de compromis entre les antagonistes plonge malheureusement cette
force de la MINUSCA dans une inertie et ne lui permet pas de s'adapter
facilement aux réalités du terrain. Face à ce retard de
l'ONU, D. Moisi estime que « parce que les Nations unies, en
vertu de leur mandat, ne peuvent être que réactives, elles
interviennent toujours trop tard. Chaque fois qu'une intervention se
révèle nécessaire, la composition de la brigade de
pompiers doit être renégociée. La lenteur avec laquelle la
coalition ad hoc est constituée contraste tragiquement avec urgence qui
serait nécessaire à la réussite de
l'intervention ».
Toujours est-il que s'agissant des moyens juridiques, le
mandat que les Etats ont assignés à la force de la MINUSCA est
insuffisant, inadapté aux circonstances ou volontairement ambigu afin de
favoriser le consensus lors du vote au Conseil de Sécurité. Si
bien que les responsables de leur application, soucieux de réduire les
risques, l'interprètent de façon réductrice. C'est la
critique majeure adressée aux OMP, à la fois par les militaires
chargés de les animer et par les politiques chargés d'en assurer
la charge. Sur le terrain, les forces onusiennes de la MINUSCA se trouvent
confronter à des armées aguerries, particulièrement
combatives, déterminées, face auxquelles ils ont pour
instructions de limiter leur action à une présence
supposée dissuasive89(*). Ainsi, il est imposé aux casques bleus
d'ouvrir le feu qu'en cas de légitime défense. Le mandat de la
MINUSCA n'est pas clair, inefficace et irréaliste. Car ce mandat
autorisait la MINUSCA à faire usage de la force qu'en cas de
légitime défense. Il n'était pas une mission d'imposition
de la paix. Tout compte fait, le mandat de la MINUSCA est insuffisant,
inadapté aux circonstances ou volontairement ambigu afin de favoriser le
consensus lors du vote au Conseil de Sécurité.
B- L'incapacité technique de la
MINUSCA
La principale caractéristique des opérations en
Afrique est d'avoir été établies dans des
« États faillis » ou affaiblis par des
longs conflits, des États dans lesquels la police, la justice, la
sécurité ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. Les
cessez-le-feu90(*) qui ont
pu y être conclus avec des groupes armés n'ont pas la même
autorité que des accords signés avec des États souverains.
Ils sont en eux-mêmes plus fragiles parce que des bandes de brigands ne
s'exposent pas aux mêmes conséquences qu'un État si elles
n'honorent pas leur signature. Ces groupes peuvent aussi se fragmenter sous
l'effet de dissidences multiples, fluctuer au gré
d'intérêts contradictoires et changeants. Au coeur de ces
territoires morcelés où peut se rallumer à tout moment la
guerre de tous contre tous, le rôle des « acteurs du
maintien de la paix », ONU, est de stabiliser la situation, de
bâtir l'État de droit, de protéger la paix. Ce sont des
tâches immenses, d'où leur appellation
d'« opérations multidimensionnelles ». Le
succès des telles opérations repose principalement sur la
mobilisation de troupes bien formées et dotées de
l'équipement et de l'appui logistique qui leur permettront d'assurer les
taches complexes et souvent dangereuses qui caractérisent le maintien de
la paix en République Centrafricaine. Mais ces moyens d'où
proviennent-ils, actuellement, sur le plan militaire ? Pour l'essentiel
des pays du Sud. Comme nous avons eu à démontrer
précédemment que la grande partie des troupes onusiennes de la
MINUSCA proviennent des pays en voie de développement. Néanmoins,
ces soldats sont souvent insuffisamment qualifiés et un
équipement adéquat doit être financé par des
États tiers. Et il est encore plus difficile de trouver du personnel
militaire spécialisé pour les tâches complexes.
Paragraphe 2 : La
complicité, la réticence et
l'hétérogénéité des troupes onusiennes de la
MINUSCA
Depuis l'intervention onusienne en République
Centrafricaine, la crise est loin d'être terminée. Cette
persistance des actes inhumains à l'endroit du peuple centrafricain qui
reste et demeure victime, est due à la complicité et à la
réticence des troupes onusiennes de la MINUSCA (A) d'une part et
à l'hétérogénéité de ces forces (B)
d'autre part.
A- La complicité et la
réticence des troupes onusiennes de la MINUSCA
Le constat sur le terrain démontre non seulement une
certaine réticence mais aussi une complicité des troupes
onusienne de la MINUSCA dans la résolution de la crise
centrafricaine91(*).Cela
s'explique par le non-respect du mandat qui leur est dévolu92(*).
En effet, les troupes onusiennes de la MINUSCA sont à
maintes reprises accusées de complicité avec les groupes
armés. Cette complicité se démontre par des actes dits
mafieux des forces onusiennes de la MINUSCA notamment par la vente des armes et
munitions aux groupes rebelles tel fut le cas avec un casque bleu de contingent
gabonais prit en flagrant délit avec des munitions dans le sac entrainer
d'aller ventre aux groupes armés du Km5 dans le 3ème
arrondissement de la ville de Bangui. Il en est de même des forces
tchadiennes de la MINUSCA qui complotaient avec les bandes armées de la
Séléka. Ces forces tchadiennes étaient
accusées de fournir les tenues militaires ainsi que les insignes aux
groupes rebelles se trouvant dans la zone placée sous leur
autorité. Elles sont accusées de laisser passer les bandes
armées afin d'aller commettre des exactions sur les populations civiles.
Bien qu'en érigeant des barrières, l'on se demande comment les
rebelles traversent-ils les bases de la MINUSCA pour aller commettre des actes
horribles?
À cette complicité s'ajoute une certaine
réticence. Les forces onusiennes sont très réticentes dans
leurs différentes interventions relatives à la protection de la
population civile. Leurs interventions sont le plus souvent tardives car elles
se présentaient après l'incendie comme si c'était des
sapeurs-pompiers. Le constat est que les forces onusiennes de la MINUSCA
assurent uniquement la protection des biens et installations, du personnel de
la MINUSCA. Aussi en cas d'attaque contre la population civile, ces forces
affirment qu'elles attendent l'ordre avant d'agir or le mandat est clair :
assurer la protection de la population civile sans exception. Sur le terrain,
les soldats de l'ONU se trouvent confrontés à des groupes
armés aguerris, particulièrement combatives,
déterminées, face auxquels ils ont pour instructions de limiter
leur action à une présence supposée dissuasive. Ainsi, il
est précisé qu'ils ne peuvent ouvrir le feu qu'en cas de
légitime défense.
B-
L'hétérogénéité des troupes onusiennes de la
MINUSCA
L'absence de l'armée de l'ONU fait que le Conseil de
Sécurité soit obligé depuis sa création de recourir
aux pays contributeurs aux troupes pour l'accomplissement de ses missions.
Ainsi, l'une des difficultés qui rend inefficace
à l'exécution du mandat de la MINUSCA en République
Centrafricaine est le caractère hétérogène des
troupes. Les forces onusiennes de la MINUSCA sont composées d'une
pluralité des contingents. Cette
hétérogénéité pose un certain nombre de
problèmes dans la mise en oeuvre du mandat de la MINUSCA.
L'hétérogénéité93(*) de personnel militaire de la
MINUSCA a d'une ou autre manière contribué à une
exécution difficile de leur mandat. Car les militaires de diverses
nationalités, formations, idéologies ont servi ou servent encore
la paix en République Centrafricaine. Toute cette diversité peut
entrainer diverses motivations au sein de la mission et la faire fonctionner en
ordre dispersé et pas avec efficacité. Le caractère
très hétérogène des troupes envoyées en
République Centrafricaine par les pays contributeurs nuit à leur
efficacité militaire.En effet, lorsque les contingents sont fournis par
plusieurs pays, de niveau de développement différents, de
cultures militaires disparates, d'équipements défensifs
hétéroclites, de niveaux techniques composites, de langues
parlées bigarrées. Le commandement devient aléatoire, les
opérations complexes impossibles et le temps de réponse
considérablement allongé. De surcroit, les motivations de
certains effectifs sont davantage vers la recherche d'une
rémunération en dollars versée par l'ONU que vers
l'accomplissement d'une mission de service public international de paix. Pour
les ressortissants de certains pays, participer à une opération
de maintien de paix, c'est obtenir la fourniture d'un équipement parfois
revendu au plus offrant dans un des multiples circuits du marché noir.
Le déploiement progressif des soldats de paix alourdi le travail de la
MINUSCA. Etant donné que l'ONU ne possède pas une armée
prépositionneé et à chaque fois que le besoin se fait
sentir, il faut encore recourir aux pays membres pour constituer une force de
maintien de paix. Tout cela ne se passe pas par un automatisme. Il faudrait
patienter.
SECTION 2 : LES AUTRES
FACTEURS INTERNES D'INEFFICACITÉ DE L'APPLICATION DU MANDAT DE LA
MINUSCA
Outre les principales causes d'inefficacité du mandat
de la MINUSCA, il existe d'autres facteurs internes fragilisant cette mission
de rétablissement de la paix en République Centrafricaine. En
effet, les opérations de maintien de la paix se sont
avérées être l'un des outils les plus efficaces dont
dispose l'ONU pour aider la République Centrafricaine mais in
concreto, on assiste à une persistance des hostilités et des
attaques qui peuvent s'expliquer par le manquement d'équipement et
d'impartialité (paragraphe 1) et la recherche de l'intérêt
au détriment des objectifs de la mission (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Le
manquement d'équipement et le non-respect du principe
d'impartialité des forces onusiennes de la MINUSCA
Les populations de la République Centrafricaine
directement concernées par cette crise, croyaient que la présence
de l'ONU signifiait le retour de la paix, la sécurité et la
stabilité dans le pays, l'on a assisté plutôt à des
violations massives des droits de l'homme. Le déploiement de
contingents dans les opérations de paix nécessite
également un appui logistique et des équipements répondant
aux normes onusiennes mais tel n'est pas le cas dans la réalité
en République Centrafricaine. La recrudescence de
l'insécurité prouve à suffisance l'inefficacité de
l'ONU qui se caractérise par le manque d'équipement et
d'impartialité comprenant entre autres le non-respect du principe
d'impartialité (A) et le manquement d'équipement (B).
A- Le non-respect du principe
d'impartialité par les forces onusiennes de la MINUSCA
Une opération de maintien de la paix des Nations Unies
en République Centrafricaine, doit s'acquitter de son mandat sans faveur
ni préjudice à l'égard de l'une ou de l'autre des parties.
L'impartialité est essentielle pour préserver le consentement et
la coopération des principales94(*). Ce principe devient problématique au niveau
de la mise en oeuvre de l'opération puisqu'en fonction des conjonctures,
les membres permanents du Conseil de Sécurité sont tentés
d'agir en circonvenant le camp qui assurera le mieux leurs
intérêts et du coup, le principe de l'impartialité perd sa
vigueur et cède place au favoritisme envers un camp. C'est dans cette
optique qu'on peut inscrire les multiples accusations formulées contre
la MINUSCA en République Centrafricaine.
Le manque d'impartialité est l'un des aspects qui
fragilisent l'efficacité ou la mise en oeuvre du mandat de la MINUSCA.
Le mandat de la MINUSCA s'est confronté à un manque de
neutralité, d'impartialité et d'indépendance de la part de
ses troupes. Ces forces onusiennes font objet de multiples accusations et de la
part de la population civile et de la part des groupes armées. Ce qui se
manifeste par des différentes attaques contre les convois ou bien les
forces onusiennes de la MINUSCA.
En effet, la population civile les accusait de soutenir les
groupes armés de la fraction Séléka à
majorité musulmane. Dans le souci de protéger la
communauté musulmane minoritaire, certaines forces onusiennes sont
accusées par la population locale d'avoir doté ces groupes
armés. On assiste alors à une sorte d'accusation
réciproque entre les groupes armés Séléka
à majorité musulmane et les groupes armés
Anti-balaka à majorité chrétienne. De ce fait,
l'ONU via la MINUSCA manque d'impartialité et n'est pas objective dans
son travail et la population affirme n'avoir pas confiance en elle. Ce qui a
même entrainé de multiples marches pacifiques contre les forces
onusiennes de la MINUSCA en République Centrafricaine.
B- Le manquement d'équipementet
l'insuffisance des forces onusiennes
Du point de vue matériel, la carence du Conseil est
manifeste dans les opérations qui se déroulent en RCA. Ainsi, en
témoignent les origines des engins et du matériel létal
qui sont utilisés dans ces opérations95(*).Les équipements dont
disposent les opérations de maintien de paix de la MINUSCA sont le plus
souvent inadaptés pour s'opposer ultimement aux armements des parties au
conflit96(*). Face aux
groupes armés Séléka dotés d'armes
lourdes, les forces onusiennes de la MINUSCA sont parfois inefficaces. En
octobre 2017, conscient des difficultés d'une opération de
maintien de la paix avec des ressources limitées, le secrétaire
général de l'ONU, Antonio Guterres avait demandé un
renforcement de la MINUSCA.
Du point de vue financier, il est clair que l'une des causes
majeures de l'échec de l'ONU en RCA est celui du financement des
opérations de paix. Le Conseil de Sécurité qui a la
tâche du maintien de la paix, ne dispose pas de fonds de crise aux
opérations de maintien de la paix. Le budget des opérations une
fois adopté, le soin est laissé aux Etats membres d'apporter
leurs contributions qui pour la plupart sont les grandes puissances.
En effet, l'ONU peine à trouver des casques bleus
à envoyer en Centrafrique, pays en conflit depuis 2013 où les
violences restent quasi-quotidiennes et où plus d'un quart de la
population a dû fuir son domicile. En mi-novembre, le Conseil de
sécurité avait approuvé l'envoi de 900 casques bleus
supplémentaires pour une mission qui en compte déjà
10.000.Comme beaucoup de missions onusiennes, la MINUSCA présente
plusieurs faiblesses majeures. Elle est d'abord sous-dimensionnée et
sous-équipée. L'insuffisance freine leur mission dans le domaine
de la protection des populations civiles.
Paragraphe 2 : La
recherche de l'intérêt au détriment de l'exécution
du mandat de la MINUSCA
La mise en oeuvre du mandat de la MINUSCA n'a pas
été fructueuse du fait de la conduite et du comportement de ses
forces. Les forces onusiennes de la MINUSCA n'assurent pas avec réalisme
et satisfaction la protection de la population civile.
En effet, au lieu de se concentrer sur l'exécution du
mandat, elles sont beaucoup plus concentrées sur la recherche de leur
intérêt personnel. On se rend compte que la priorité des
forces onusiennes de la MINUSCA n'est pas le respect et la mise en oeuvre des
missions qui leur sont dévolues. La mission des forces onusiennes de la
MINUSCA chargées de maintenir la paix et la sécurité
internationales cède place à l'exercice des activités
commerciales et exploitation illicite des ressources naturelles97(*) (A) et, à la
recherche de rémunération en dollars et les abus sexuels (B).
A- L'exercice des activités
commerciales et exploitation illicite des ressources au détriment de la
mission confiée
La mise en oeuvre du mandat de la MINUSCA s'est butée
à un certain nombre des obstacles relatifs aux forces onusiennes. Le
constat est que les forces onusiennes de la MINUSCA se livrent à
l'exercice des activités commerciales et à l'exploitation
illicite des ressources naturelles de la République Centrafricaine. Cela
montre un abandon des objectifs prioritaires de la mission onusienne en
République Centrafricaine.
Les forces onusiennes de la MINUSCA faisaient des affaires
notamment le commerce. Puisque leurs véhicules échappaient au
contrôle, ils achetaient des produits et autres matériaux qu'ils
vendaient à la population centrafricaine. Ils achetaient des pierres
précieuses notamment l'or et le diamant centrafricain. Il en est de
même pour les exploitations illicites des ressources naturelles. De ce
fait, ces forces visaient ou se contentaient de leur propre
intérêt au détriment de la protection des populations
civiles, de la restauration de l'autorité de l'État
Centrafricain. Ce qui fait que la mise en oeuvre du mandat devient
problématique. En fait, ce qui compromet le processus des
opérations de maintien de la paix de l'ONU en République c'est ce
suivisme du jeu des intérêts.
B- La recherche de
rémunération en dollars et les abus sexuels
La recherche du gain est la priorité des forces
onusiennes de la MINUSCA en République Centrafricaine. Ces forces se
contentent de se protéger et gagner de dollars chaque mois. Cette
recherche du gain fragilise la mise en oeuvre effective du mandat autorisant
leur intervention en République Centrafricaine.
En sus de la recherche de rémunération en
dollars, les forces onusiennes de la MINUSCA se livrent à des abus
sexuels.La problématique de l'exploitation sexuelle demeure depuis des
décennies. En effet, cela peut s'expliquer par le fait qu'elle soit
inhérente à l'intervention onusienne par des missions de maintien
de la paix. Ainsi, les bouleversements sociaux et l'instabilité à
tous les niveaux du pays en conflit ou sortie de crise au sein duquel l'ONU va
déployer une mission, couplée à la dominance
économique du personnel de l'ONU incluant les casques bleus,
créé un environnement dans lequel ces derniers peuvent facilement
abuser des personnes qu'ils sont initialement venus protéger. La
République Centrafricaine n'échappe pas à cette
réalité. Elle implique d'un côté, les casques
bleus, généralement jeunes soldats hommes98(*)provenant des pays en voie de
développement et qui ne bénéficient pas
nécessairement de la formation ni l'expérience nécessaire
afin d'appréhender leur envoi sur des terrains comme les provinces
centrafricaines, sont envoyés afin de protéger des populations,
parfois au coût de leur vie. De l'autre côté, on trouve des
populations locales et/ou déplacées en situation de
pauvreté voire d'extrême pauvreté. La présence dans
ce contexte descasques bleus, au bénéfice desquels il existe une
inégalité de rapport économique, favorise l'exploitation
sexuelle. Prostitution de misère. D'un côté des membres de
la population locale trouvent moyen de substance voire de survie en se livrant
à la prostitution, de l'autre côté des soldats commettent
ces actes d'exploitation sexuelle.
Les actes d'abus et d'exploitations sexuels sont commis par
des personnels des Nations Unies déployés dans le cadre des
missions de maintien de la paix en République Centrafricaine font objet
de scandales. Ces actes sont qualifiés de fléau par
l'Organisation. Ces forces sont accusées de violences sexuelles. Elles
mènent une vie de vagabondage sexuel. En effet près d'un tiers
des cas d'abus sexuels recensés par l'ONU en 2017 au sein de ses 15
missions de paix dans le monde concernait la MINUSCA. En Juin 2017, un
bataillon de plus de 600 soldats du Congo-Brazzaville avait été
renvoyé après des accusations d'agressions sexuelles. En 2016,
120 Casques bleus congolais avaient déjà été
renvoyés pour les mêmes motifs. Il en est de même pour le
Libreville qui de son côté, avait décidé de retirer
444 soldats de la MINUSCA à la suite des problèmes d'abus
sexuels.De façon claire, comme si les forces onusiennes de la MINUSCA
avaient pour priorité les femmes. La mission est alors secondaire.
Beaucoup d'allégations sont mises à charge de la
MINUSCA allant de la complicité dans le pillage illégal de
ressources naturelles au trafic des armes avec les milices.
CONCLUSION DU CHAPITRE
I
La mission onusienne en République Centrafricaine n'est
pas exempte des contraintes internes à la MINUSCA. Ces contraintes ont
fragilisé ses divers efforts en faveur de la paix et de la
sécurité en République Centrafricaine.
Le constat est que la mission onusienne de la MINUSCA manque
de capacités techniques et diplomatiques dans la matérialisation
de ses actions. En effet, le mandat de la MINUSCA n'est pas clair, efficace.
On assiste aussi à la réticence et
l'hétérogénéité des troupes. Le
caractère très hétérogène des troupes
envoyées en République Centrafricaine par les pays contributeurs
nuit à leur efficacité militaire. Il y a aussila recherche de
rémunération en dollars, l'exploitation sexuelle et
l'exploitation illicite des ressources naturelles. On se rend compte la MINUSCA
n'agit pas conformément aux tâches qui lui sont dévolues.
Ce qui permet une certaine persistance de la crise. Ces contraintes ne sont
pas seulement inhérentes à la MINUSCA. Il existe aussi des
difficultés externes.
CHAPITRE II : LA
RELATIVITÉ LIÉE AUX CONTRAINTES EXTERNES À LA MINUSCA
.
Outre les contraintes inhérentes à la mise en
oeuvre du mandat de la MINUSCA, l'on note également des contraintes
externes à la MINUSCA. La question de la paix dans le monde est
l'affaire de tous. Depuis Septembre 2014 jusqu'aujourd'hui, la MINUSCA n'a pu
rétablir la paix en République Centrafricaine à causes de
certaines difficultés externes fragilisant son efficacité
à agir. Ces difficultés qualifiées de contraintes freinent
le processus de la paix et sont à l'origine de la prorogation continue
du mandat de la MINUSCA en République Centrafricain.Plusieurs facteurs
expliquent le non rétablissement de la paix par la MINUSCA en
République Centrafricaine, il faut noter d'abord que les pays membres
fournisseurs des troupes ne voudraient pas engager leurs soldats dans des
combats qui souvent leur coutent la vie inutilement. En outre,
l'ingérence des États voisins ainsi que les faiblesses de
l'État Centrafricain observées dans presque tous les secteurs de
la vie nationale sont considérés comme des entraves au
rétablissement de la paix et une occasion de de résurgence des
groupes armés.
Pour mieux cerner ces difficultés, on distingue ceux
qui sont inhérents à l'État Centrafricain et aux
États voisins (Section 1) de ceux qui sont liés aux grandes
puissances et aux États membres de l'ONU (Section 2).
SECTION 1 : LES
CONTRAINTES LIÉES À LA FAIBLESSE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
ET L'INGÉRENCE DES ÉTATS VOISINS
La résolution de la crise centrafricaine de 2013 qui
perdure jusqu'aujourd'hui devient difficile à cause des faiblesses
constatées au niveau de l'État et à cela s'ajoute
l'ingérence de certains pays voisins. En principe la protection de la
population et la sécurisation de l'intégrité territoriale
relève de la compétence de l'État mais n'arrivant pas
à assumer son rôle de gendarme, on assiste à une
persistance de la crise qui a plusieurs causes. Ainsi l'on constate que le
rétablissement de la paix en République Centrafricain n'est pas
effectif et efficace compte tenu des difficultés émanant de
l'État Centrafricain lui-même (paragraphe 1) et des États
Voisins (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Les
faiblesses de l'État Centrafricain
En principe l'État Centrafricain devrait jouer un
rôle au côté de la MINUSCA dans le processus du
rétablissement de la paix dans le pays. Mais le constat fait montre que
l'État centrafricain reste faible pour contribuer au processus du retour
à la paix. Ces faiblesses constatées au sein de l'État se
manifestent par le manque de suivi et du contrôle des sanctions (A) et
par l'affirmation difficile de sa souveraineté (B).
A- Le manque de suivi et du
contrôle des sanctions imposées aux acteurs non-étatiques
impliqués dans la crise
L'une des faiblesses de l'État centrafricain
réside dans le manque de suivi et du contrôle des sanctions
imposées aux acteurs non-étatiques impliqués dans la crise
de 2013. Ce manque de suivi et de contrôle concerne les gels des avoirs,
l'interdiction de voyage etc. Cette incapacité de l'État
Centrafricain dans le suivi et le contrôle des sanctions imposées
par le Comité des sanctions du Conseil de Sécurité
constitue un facteur fragilisant les actions onusiennes de la MINUSCA en
République Centrafricaine. Le constat est que depuis l'adoption des
sanctions relatives aux gels des avoirs, l'État Centrafricain n'a pu
geler les avoirs des hauts responsables se trouvant sur la liste des sanctions.
Il s'agit de la non application du gel des avoirs par les autorités
nationales centrafricaines.
En effet, Le 24 mars 2018, Charles-Armel Doubane, Ministre des
affaires étrangères de la République centrafricaine, a
informé le Groupe d'experts que le Conseil des ministres avait, pour la
première fois, débattu de la question du gel des avoirs au
début de l'année 201899(*). La question avait été abordée
du fait des nombreuses lettres que le Groupe d'experts et le Président
du Comité 2127 avaient envoyées aux autorités nationales
depuis décembre 2015, dans lesquelles ils insistaient sur la
nécessité d'appliquer le gel des avoirs aux personnes et
entités inscrites sur la Liste. Cependant, aucune décision ou
mesure n'ayant été prise pendant la réunion ou à
l'issue de celle-ci, les autorités centrafricaines continuent de se
soustraire aux obligations internationales que font peser sur elles les
résolutions du Conseil de sécurité.
B- L'affirmation difficile de la
souveraineté territoriale de l'État centrafricain
Elle comprend entre autres l'absence de l'autorité de
l'État sur toute l'étendue du territoire national et la floraison
des groupes armés. En effet, l'absence de l'autorité de
l'État sur toute l'étendue du territoire constitue un obstacle
aux efforts consentis par les forces onusiennes de la MINUSCA.
Depuis 2013 jusqu'aujourd'hui, l'État ne contrôle
qu'une petite partie du territoire. Le constat montre que la
souveraineté de l'État au niveau national est presque inexistante
compte tenu de zones sous contrôle des groupes armés. Dans
certaines sont du pays, les groupes armés se font passer pour
l'administration étatique. Leur administration était et est
divisée en cinq branches correspondant aux secteurs d'activité
suivants : le commerce du café, l'élevage de bétail, la
collecte de taxes, les douanes et les services phytosanitaires. L'État
Centrafricain n'as pas d'autorité sur tout le territoire national.
L'État a perdu le contrôle d'une grande partie de son territoire,
et les groupes armés se sont fracturés en d'innombrables factions
rebelles incontrôlées, multipliant les activités
criminelles.L'insécurité chronique continue d'entraver le
redéploiement de l'administration publique et des agents de
l'État, et perpétue la crise sécuritaire, humanitaire,
sociale et économique actuelle.
Paragraphe 2:
L'ingérence des États voisins
Remarquons que les pays voisins se mêlent
généralement de ces conflits armés soit pour se
prémunir contre de risques de déstabilisation venant de
l'extérieur soit pour porter assistance à certains acteurs qu'ils
considèrent dignes de leur soutien. Ces jeux de puissances
régionales sont également des facteurs de longévité
de guerre civile. Mutatis mutandis, la guerre civile en RCA met aux prises
plusieurs pays : les uns comme le Tchad soutenant les Séléka
musulmans et les autres voisins du sud, étant proches des
Anti-balaka chrétiens.
L'ingérence de certains États voisins de la
République Centrafricaine constitue un handicap au retour à la
paix et à la stabilité dans le pays. Deux pays sont
accusés dans la persistance de l'insécurité et de
l'instabilité en Centrafrique. Il s'agit en l'occurrence du Tchad et du
Soudan. Ces pays sont accusés d'avoir soutenu les groupes rebelles et de
la mise à leur disposition des mercenaires.
En effet, plusieurs facteurs, causes, mobiles, buts, peuvent
expliquer l'ingérence du Tchad en Centrafrique, jusqu'à une
participation au remplacement de BOZIZE. Le plus évident semble
être que le Tchad considère qu'il doit contrôler en grande
partie la République Centrafricaine. Depuis 2003, le président
tchadien est un protecteur qui veille aussi à ce que la RCA ne s'engage
pas avec d'autres partenaires, tel que l'Afrique du Sud. Les réserves de
pétrole, situées sous la frontière avec son pays, qui
devaient commencer à être exploitées en 2013, le concerne
aussi. Pour garder son influence, il a été de mèches avec
les rebellions. Selon Thomas Cantaloube, en 2003 comme en 2013, c'est le
président tchadien qui est à la manoeuvre, avec l'assentiment de
ses collègues100(*). La constitution de la
Séléka, la coalition, n'aurait pas été
facile sans financement. La logique politique autour de la création de
la Séléka laisse croire que le Tchad aurait pu lui aussi
financer plusieurs composantes de la rébellion. Selon les témoins
bien informés à Ndjaména, le président tchadien
aurait recu en 2012, à des dates non précisées, à
tour de rôle Djotodja de l'UFDR101(*), et les chefs rebelles centrafricains comme
Nourredine Adam de CPJP102(*), Mohamed Moussa Dhaffane de CPSK103(*), et Abdoulaye Miskine de de
FDPC104(*). Idriss Deby
semble avoir commencé à agir en faveur de la
Séléka en libérant, au minimum, Mohamed Dhaffane
qui était en prison au Tchad. Selon un le jeune Nelson Ndjadder, qui a
rejoint la CPSK puis la Séléka pour la quitter déçu
le 3 mars 2013, « j'ai été contacté par
Moussa Dhaffane qui m'a mis au parfum de l'action qui était en cours,
c'est-à-dire que le Tchad et le Soudan se préparaient à
renverser BOZIZE ». Il a tout de même affirmé que
plusieurs responsables de la Séléka ont
séjournés à Ndjaména.Selon le journaliste de
Libération, Maria Malagardis, en mars 2013, il semblerait que le
mouvement naissant ait eu dès le départ plusieurs mentors et
qu'il ait aussi bénéficié de l'appui décisif du
président tchadien, exaspéré par BOZIZE, jugé de
plus en plus ingérable et peu fiable.
Le Tchad et le Soudan sont et continuent d'être
accusés d'avoir financé les groupes rebelles avec les fournitures
d'armes et munitions, des mercenaires. Le constat est que les groupes
armés font des trafics en passant par ces deux pays limitrophes de la
République Centrafricaine. Compte tenu de la porosité des
frontières avec Tchad et le Soudan, les rebelles reçoivent
facilement des dotations.
SECTION 2 : LES
CONTRAINTES RELATIVES AUX ÉTATS MEMBRES DE L'ONU ET AUX GRANDES
PUISSANCES
La persistance de la crise centrafricaine de 2013 renferme
multiples causes dont les contraintes relatives aux pays fournisseurs des
troupes et aux grandes puissances. Il est à noter que cette
participation onusienne à la résolution de la crise
centrafricaine demeure fragile compte tenu de l'influence des membres les plus
puissants disposant du droit de véto autrement dit les grandes
puissances (paragraphe 1) et à cela s'ajoute la réticence et la
complicité des pays membres des Nations Unies qui sont fournisseurs des
troupes (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Les
interventions instrumentalisées par les grandes puissances
Même si la Charte des Nations Unies reconnait
l'égalité souveraine de ses membres105(*), personne n'ignore
l'inégalité des acteurs au sein des Nations Unies. Certains
États y occupent des positions d'influence, étant membres
permanents du Conseil de Sécurité. Ils sont par conséquent
les principaux bailleurs de fonds et sont amenés à se prononcer
sur les dossiers relatifs aux opérations de maintien de la paix et de la
sécurité internationales, charge principale du Conseil de
Sécurité. C'est le cas des conflits en République
Centrafricaine dans lesquels les États-Unis, la France et la Russie,
placés dans un contexte d'interdépendance stratégique
instrumentalisent l'ONU et sont parfois en contradiction avec ses
objectifs106(*).
L'implication directe ou sournoise de certains pays membres dans
l'émergence et/ou l'exacerbation des conflits ainsi que les
interférences des puissances extra-africaines compliquaient
considérablement la recherche de solutions aux conflits. Ainsi, la
définition de chaque mission par les grandes puissances est faite
d'après un calcul rationnel de coûts avantages.
A- Les enjeux des États-Unis dans
leur processus de domination ou de contrôle de l'ONU en RCA
Par leur position au sein de l'ONU, les Etats-Unis se
comportent comme le plus puissant dans toute organisation internationale.
Selon certains analystes, les États-Unis utilisent
depuis la crise de 1960, les Nations Unies comme un instrument occasionnel de
leur politique étrangère en République Centrafricaine. A
cet effet, le soutien américain à l'intervention de l'onusienne
en Centrafrique était uniquement dans le but d'empêcher
l'expansion du communisme en Afrique.
De même, depuis 1998, les différentes missions de
maintien de la paix de l'ONU en République Centrafricaine (MINURCA et
MINUSCA) participent souvent dans une violence structurelle dont Washington a
fait toujours usage pour dominer d'autres puissances dans cette région.
Ainsi verrouillées, ces missions ont été et demeurent un
instrument de domination américaine par excellence. Le choix des
responsables de ces missions est souvent stratégique. Ce qui fait que
depuis son déploiement, la mission onusienne de la MINUSCA n'est
commandée généralement que par des personnes choisies au
profit des Etats-Unis.
En bref, nous pouvons admettre à partir du cas de la
République Centrafricaine que : « les Etats-Unis
veulent dominer l'ONU, utiliser l'organisation à leurs propres fins,
présenter ces fins comme étant le bien universel et attendre
qu'on les en remercie. Les Etats-Unis conçoivent l'ONU comme une feuille
de vigne servant à camoufler leurs objectifs politiques pour obtenir
l'adhésion des alliés et faciliter celle de l'opinion
américaine, en présentant les interventions militaires comme des
opérations humanitaires et multilatérales 107(*)». On peut dès
lors comprendre l'impuissance des Nations Unies en République
Centrafricaine, impuissance qui n'est que le reflet d'une paralysie
générale imposée par les Etats-Unis108(*).
B- L'influence française en
République Centrafricaine
La France ne peut plus prétendre à la place de
grande puissance occupée solidement par les Etats-Unis. Même au
plan économique, elle est largement distancée par d'autres pays
notamment le Japon, l'Allemagne et la Chine. Pour Paris, l'Afrique francophone
constitue, comme l'explique bien Pascal CHAIGNEAU, le prolongement
géopolitique109(*) de la France en termes de clientélisme au
sein de l'ONU aujourd'hui.
Avant d'aborder la question de l'activisme français
dans les conflits armés en République Centrafricaine, il est
préalablement nécessaire d'avoir au moins l'idée
générale sur la politique étrangère
française. En effet, les principaux objectifs de la politique
étrangère de la France établis par le
général Charles de Gaulle furent entre autres le maintien de son
statut de grande puissance, la défense de son indépendance
nationale ainsi que la préservation d'une zone d'influence en Afrique
Subsaharienne. A cet effet, les grandes lignes de sa politique ont
été maintenues par ses successeurs, car ils ont voulu et veulent
jusque-là préserver l'indépendance de la France en
refusant l'hégémonie des superpuissances et en renforçant
les liens avec ses anciennes colonies, ceci afin de disposer d'une zone
d'influence lui permettant de maintenir son statut de grande
puissance110(*).
Par rapport aux conflits armés en République
Centrafricaine, il faudrait reconnaitre qu'en dehors de la crise de 2013, la
France adopte dans les autres conflits centrafricains, une stratégie
consistant à rationaliser ses objectifs latents en sollicitant
constamment l'action de l'ONU comme un rempart face aux convoitises des autres
puissances. Ce changement de comportement se caractérise par le
renoncement aux interventions armées décidées sur une base
bilatérale, sans un appui diplomatique et même militaire
négocié dans une arène multilatérale,
principalement le Conseil de Sécurité de l'ONU.
Ainsi lors du renversement de l'empereur Jean Bedel Bokassa
en 1979, la France apporta son soutien divers à DAKO. Elle était
l'Etat le plus engagé en faveur d'une intervention militaire en
République Centrafricaine. Elle sera encore plus active lors des
mutineries de 1996 et 1998. Car elle a fortement encouragé l'implication
progressive des Nations Unies, de l'Union Européenne, et des acteurs
africains dans les Grands Lacs et en particulier en RCA. La France devient en
quelque sorte une puissance protectrice défendant les
intérêts de la République Centrafricaine aux Nations Unies.
Elle a initié et a pesé au Conseil de Sécurité,
surtout au Comité des sanctions des Nations Unies pour condamner tous
les acteurs de la crise centrafricaine. La France a tout aussi influencé
la résolution sollicitant l'envoi des troupes onusiennes de la MINUSCA
en Centrafrique.
Cependant, il faudrait reconnaitre ces diverses actions
louables de la France en vue d'éviter la violation de
l'intégrité et de la souveraineté de la RCA, ne sont pas
exemptes d'enjeux latents même s'ils sont presque nuls d'autant plus que
dans la conception réaliste des relations internationales, seuls les
intérêts motivent toute action politique. Suivant cette même
conception, Albrecht Schnabel mentionne que la théorie réaliste
soutient l'idée que la participation d'un pays à une
opération de maintien de la paix s'effectue en fonction de ses
intérêts géostratégiques et de ses
préoccupations particulières en matière de politique
étrangère. Les calculs des coûts et des avantages
liés aux missions de paix s'effectuent par rapport à l'impact
qu'elles ont sur les opinions publiques, sur le positionnement de l'Etat sur la
scène internationale et ainsi qu'au prestige qu'elles rapportent. Par
conséquent, plusieurs enjeux doivent être pris en compte pour
comprendre l'attitude de la France face à la situation en
République Centrafricaine. D'abord sur le plan géopolitique, la
RCA est importante pour la construction d'un espace régional africain.
La France s'articule dans un contexte régional, car cela lui offre
l'opportunité de continuer d'exercer son emprise sur une région
du monde qu'elle considère toujours comme sa sphère
d'influence111(*).
Ensuite, l'enjeu économique n'est pas non plus à négliger.
La France, à travers ces actions, visent également à
élargir son marché et surtout avec ses entreprises
minières. Les actions françaises ont également un enjeu
symbolique en tant que grande puissance qui vise, à travers sa
participation aux opérations de maintien de la paix, obtenir une grande
crédibilité dans le système international, mais aussi
acquérir davantage d'influence au sein de l'ONU112(*). Le dernier enjeu est
culturel à travers la promotion de la langue française. La France
vise à sécuriser la République Centrafricaine qui est
souvent combattu par les anglo-saxons pour éviter tout basculement.
Ce comportement des grandes puissances au sein de l'ONU nous
place au coeur de la théorie réaliste des relations
internationales selon laquelle « la poursuite de
l'intérêt national détermine l'action des Etats dans les
organisations internationales113(*) ». C'est dans ce sens que P. De Senarclens
affirme que : « les grandes puissances utilisent
l'organisation en suivant leurs propres intérêts, et ne
concèdent rien aux exigences de la Charte lorsque cette dernière
est contrarie leurs ambitions politiques ». Cette confrontation
des grandes puissances bloque le bon fonctionnement du système de
sécurité collective y compris dans le contexte centrafricain.
En somme, par leurs interventions aux conflits armés
dans le monde et plus particulièrement en République
Centrafricaine, les grandes puissances ne cherchent pas à trouver des
solutions aux vrais problèmes ; mais visent particulièrement
leurs intérêts respectifs.
Paragraphe 2 : La
réticence et la complicité des pays fournisseurs des troupes
La politique du maintien de la paix de ces pays est
définie par rapport à leurs intérêts
stratégiques et leur statut dans l'ordre international. Aussi la
participation aux missions de la paix s'effectue en fonction des coûts
avantages qu'elles engendrent pour l'Etat concerné. Au titre des
faiblesses reprochées à la MINUSCA, on dénombre notamment
« l'implication quasi permanente des Etats fournisseurs de
troupes114(*) ». L'implication de ces Etats s'est
manifestée sous trois aspects115(*) :
D'abord, le refus des pertes qui entraine le
désengagement des troupes face à une attaque rebelle : en
prenant la précaution de ne pas perdre des troupes en République
Centrafricaine, les pays fournisseurs des troupes demandaient à leurs
militaires de ne pas intervenir, même lorsqu'il s'agirait de la
protection de la population civile centrafricaine victime de la crise de
2013.
Ensuite, la réticence des Etats à placer leurs
troupes sous le commandement onusien : cette hypothèse peut
s'affirmer par la position ou réticence de certains pays fournisseurs
des troupes aux opérations de maintien de la paix de l'ONU en
République Centrafricaine, pendant les discussions au Conseil de
Sécurité des résolutions 2127, 2149 pour le
déploiement des forces militaires en République Centrafricaine en
évoquant les risques de représailles contre les casques bleus.
D'autres pays contributeurs de troupes comme le Pakistan, le Bangladesh,
l'Inde, l'Uruguay ont également exprimé l'inquiétude
qu'ils éprouvent à ce sujet. Ils ont aussi rappelé qu'ils
voulaient être consultés à toutes les étapes du
processus de prise de décisions concernant le déploiement et le
déroulement des opérations onusiennes en République
Centrafricaine. Cette réticence des États fragilise l'application
ou bien le respect du mandat de la MINUSCA. On se rend compte que la population
civile principale victime est entre les mains des groupes armés
(Séléka et Antibalakas).
Enfin, l'engagement à but mercantile de certains pays
du tiers monde : l'engagement intéressé et mercantiliste a
engendré un goûtaffairiste dans le chef des casques bleus qui
n'ont pas pour certains hésité à s'adonner à
l'extraction minière. Cet affairisme a engendré une
solidarité avec les groupes armés.
CONCLUSION DU CHAPITRE
II
La fragilité de la mission onusienne en
République Centrafricaine ne relevé pas uniquement de la MINUSCA.
On peut aussi noter certaines faiblesses émanant de l'État
Centrafricain. Le constat est que l'État Centrafricain est presque
quasi-inexistant car il n'est pas souverain au niveau national étant
incapable de garantir l'intégrité territoriale.
L'ingérence des pays voisins comme le Tchad et le Soudan est aussi
facteur de la persistance de la crise car leurs frontières servent de
transaction pour les rebelles. En outre les faiblesses de l'État
Centrafricain et l'ingérence des pays voisins, l'on a
l'instrumentalisation de la mission onusienne en République
Centrafricaine par les grandes puissances notamment les États-Unis et la
France ; la réticence, la complicité des pays fournisseurs
des troupes onusiennes de la MINUSCA.Les difficultés rencontrées
par l'ONU dans la gestion des conflits en République Centrafricaine ont
eu un impact direct sur la crédibilité de l'Organisation et sa
capacité à rester un acteur central du maintien de la paix
CONCLUSION DE LA SECONDE
PARTIE
La MINUSCA dans la mise en oeuvre de son mandat s'est
butée à de nombreux obstacles qui sont d'une
part,inhérents à ladite mission et d'autre part externe.
S'agissant des contraintes internes à la MINUSCA fragilisant
l'efficacité de sa mission, on note l'incapacité
diplomatico-technique qui se caractérise par l'existence des mandats
inefficaces, le manque d'impartialité, la réticence et la
complicité des troupes de la MINUSCA, la problématique de
l'hétérogénéité des troupes et la recherche
de rémunération en dollars ainsi que les abus sexuels.
Outre les contraintes internes à la mission, l'on
constate l'existence des difficultés externes comprenant entre autres
celles relatives à l'État Centrafricain qui demeure inefficace en
ce qui concerne la mise en application des sanctions imposées par le
Conseil de Sécurité aux différents acteurs
impliqués dans la crise. Il en est de même pour ce qui est de
l'ingérence de certains pays voisins. Enfin de compte, l'on note
l'implication des grandespuissances qui ont une main mise sur la MINUSCA et les
pays fournisseurs de troupes.
CONCLUSION
GÉNÉRALE
Depuis le 24 mars 2013, la République Centrafricaine a
vécu et continue de vivre les moments les plus sombres de son histoire
des suites de la rébellionséléka. Cette
rébellion a plongé le pays dans le chaos avec des milliers des
réfugiés et des personnes déplacées ainsi que des
destructions massives. L'État centrafricain ne parvenant pas à
rétablir l'ordre et la sécurité, a sollicité
l'intervention onusienne. Dans le souci de rétablir la stabilité
et la sécurité en RCA, l'ONU a mis en place la MINUSCA. Mais au
regard de la réalité, l'apport d'ONU à la
résolution de la crise centrafricaine est mitigé.
C'est-à-dire que la MINUSCA s'est efforcé à
rétablir la paix en RCA mais ses actions sont soumises à des
contraintes. En effet, l'ONU a contribué à la résolution
de crise centrafricaine par la stabilisation progressive de l'État
centrafricain par les actions visant à restaurer la
sécurité et celles relatives à la restauration de
l'autorité étatique. En dépit de ces efforts louables,
l'ONU s'est butée à un certain nombre de contraintes qui sont
d'une part, inhérentes à la MINUSCA et d'autre part externes.
Force est de reconnaitre que l'ONU n'a pas les capacités d'imposer la
paix par la force en République Centrafricaine. Ce n'est pas un
gouvernement mondial. Elle ne dispose ni d'une armée permanente ni
matériel militaire suffisant. Ce n'est pas non plus une force
internationale de police. L'efficacité de l'ONU dépend de la
volonté politique de ses États membres. Elle est forte lorsque
ses États membres ayant les capacités requises lui donnent les
moyens dont elle a besoin.
Toutefois, cela est plus facile à dire qu'à
faire, car les États membres qui disposent de troupes aussi
compétentes sont souvent peu désireux ou dans
l'impossibilité de les mettre au service du maintien de la paix. La
volonté politique, telle qu'elle est exprimée dans les instances
internationales, ne suffit pas : les enjeux principaux sont sur le
terrain ; c'est là que l'on réussit ou que l'on
échoue, et c'est donc là qu'il faut s'imposer. Dans ce cas,
quelques orientations sont proposées afin de faire de cette mission
onusienne un véritable pourvoyeur de la paix en République
Centrafricaine.
On doit reconnaître qu'au cours de leurs
évolutions, les mandats de la MINUSCA ont été
fondés sur le chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Il ressort de
la pratique de ces dix dernières années que, parfois, cette
référence au chapitre VII n'est pas suffisante, car elle ne
concerne que quelques tâches confiées aux opérations.
D'où la nécessité de le reconfigurer globalement.
L'imposition de la paix comprend l'application, avec l'autorisation du Conseil
de Sécurité, des mesures coercitives, y compris l'usage de la
force militaire, pour maintenir ou rétablir la paix dans les situations
où il a déterminé l'existence d'une menace contre la paix,
une rupture de la paix ou un acte d'agression.
Dans le cas d'espèce, au regard de tous les faits
relevés, notamment le caractère récurrent de
l'insécurité en République Centrafricaine, l'implication
des États voisins dans cette crise ainsi que l'attitude passive de la
MINUSCA vis-à-vis de cette situation, il s'impose que le mandat actuel
de la MINUSCA soit complètement modifié et adapté aux
réalités du terrain. La situation sécuritaire actuelle en
République Centrafricaine nécessite une réforme globale et
urgente de politiques et de mandat de cette force. Pour sauver sa
crédibilité et se racheter face aux différentes critiques
qui lui sont adressées, la MINUSCA ne doit pas continuer à
demeurer une force de maintien de la paix. Le Conseil de Sécurité
devrait par conséquent revoir le mandat de cette force pour qu'elle
devienne une véritable force d'imposition de la paix dotée de
tous les moyens possibles pour mettre finalement un terme cette crise.
Seule une démarche offensive de la MINUSCA contre les
groupes armés peut permettre, à court terme, au gouvernement
centrafricain de contrôler son territoire et de protéger
efficacement la population. On ne maintient la paix que lorsqu'elle est
effective ou précaire, mais si c'est le contraire, on la recherche par
tous les moyens y compris la force. Il ne servira à rien que la MINUSCA
ne soit qu'une opération de maintien de la paix alors que cette paix, en
réalité n'est que fictive en RCA. Tous les rapports des experts
ainsi que d'autres sources crédibles reconnaissent que la situation
sécuritaire en RCA reste catastrophique. Non seulement
l'intégrité territoriale est menacée, mais
également la stabilité de toute la sous-région. Dans ce
cas, laisser le mandat de la MINUSCA tel qu'il est aujourd'hui, prouvera alors
l'implication et la complicité de la communauté internationale
dans la déstabilisation de la RCA.116(*)
Il est aussi important de définir un mandat clair,
efficace et réaliste de la MINUSCA. La situation humanitaire et
sécuritaire actuelle en RCA démontre l'incohérence du
mandat de la MINUSCA à la situation locale qui, dans certaines zones de
conflit des centaines de milliers de civils exposés aux risques de
violences et les forces déployées ne suffisent pas à
protéger ne serait-ce qu'une petite partie d'entre eux, même si
elle en recevait l'ordre. Ceci étant, il faudrait que le mandat de la
MINUSCA soit réaliste. D'une part, il est urgent que le Conseil de
Sécurité dote la MINUSCA d'un mandat offensif,c'est-à-dire
un mandat qui fasse de cette mission une opération d'imposition de la
paix avec comme mission principale la neutralisation de toutes les forces
négatives installées en République Centrafricaine et la
réforme du service de sécurité. D'autre part, et en
conséquence, devront être élaborés et
exécutés des programmes clairs en vue de la stabilisation
définitive de ce pays d'Afrique Centrale. Ensuite viendra la phase de
stabilisation avec tous les autres programmes y relatifs.
LISTE DES ANNEXES
1- La Résolution 2127 (2013),du 5
décembre 2013 relative auxSanctions, adoptée par le Conseil de
sécurité à sa 7072e séance.
2- Résolution 2149 (2014), du 10 avril
2014relative à la création de la MINUSCA, adoptée par le
Conseil de sécurité à sa 7153e séance.
3- Extrait de la Charte des Nations Unies de
1945.
ANNEXE I
Résolution 2127 (2013), relative aux Sanctions,
Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7072e
séance, le 5 décembre 2013
Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses précédentes
résolutions et déclarations sur la République
centrafricaine, en particulier sa résolution 2121 (2013),
Réaffirmant son ferme attachement à la
souveraineté, à l'indépendance, à
l'intégrité territoriale et à l'unité de la
République centrafricaine, et rappelant l'importance des principes de
bon voisinage et de coopération régionale,
Sedéclarant vivement préoccupé
par l'état de la sécurité qui continue de se
détériorer en République centrafricaine et se
caractérise par l'effondrement total de l'ordre public, l'absence de
l'état de droit et des tensions interconfessionnelles, se
déclarant en outre profondément préoccupé par les
incidences de l'instabilité de ce pays sur la région de l'Afrique
centrale et au-delà, et soulignant à cet égard la
nécessité d'une intervention rapide de la communauté
internationale,
Demeurant gravement préoccupé par la
multiplication et l'intensification des violations du droit international
humanitaire et les violations généralisées des droits de
l'homme et exactions qui sont commises, en particulier par d'anciens
éléments de la Séléka et des milices, en
particulier celles connues sous le nom de « antibalaka », notamment
les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les
arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture, les
violences sexuelles sur la personne de femmes et d'enfants, les viols, le
recrutement et l'emploi d'enfants et les attaques contre des civils,
Soulignant qu'il est particulièrement
préoccupé par l'apparition d'une nouvelle logique de violences et
de représailles et par le risque qu'elle dégénère
en fracture religieuse et ethnique à l'échelle nationale, de
nature à se muer en situation incontrôlable et s'accompagner de
crimes graves au regard du droit international, en particulier des crimes de
guerre et des crimes contre l'humanité, ce qui aurait des
répercussions graves sur le plan régional,
Préoccupé par le fait que les institutions policières,
judiciaires et pénitentiaires n'ont pas les moyens d'amener les auteurs
de ces violations et exactions à répondre de leurs actes,
Condamnant toutes violences qui ciblent les membres
de groupes ethniques et religieux ainsi que leurs dirigeants, et engageant
toutes les parties et les parties prenantes en République centrafricaine
à soutenir, avec l'aide de la communauté internationale, le
dialogue intercommunautaire et interconfessionnel, et à y concourir,
afin d'atténuer les tensions actuelles sur le terrain,
Réaffirmant que tous les auteurs de tels
actes doivent en répondre et que certains de ces actes pourraient
constituer des crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale
internationale, auquel la République centrafricaine est partie, et
rappelant la déclaration faite par le Procureur de la Cour le 7
août 2013,
Condamnant de nouveau la destruction du patrimoine
naturel et notant que le braconnage et le trafic dont fait l'objet la faune
sauvage sont au nombre des facteurs qui alimentent la crise en
République centrafricaine, Notant la décision prise par le
Processus de Kimberley de suspendre la République centrafricaine,
Saluant le rapport du Secrétaire général, en date du 15
novembre 2013, sur la situation en République centrafricaine et sur la
planification de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique
sous conduite africaine (MISCA) et prenant note des propositions
détaillées concernant le soutien que la communauté
internationale pourrait apporter à la Mission,
Rappelant qu'il incombe au premier chef aux
autorités de transition de protéger la population civile,
Rappelant ses résolutions 1265 (1999), 1296
(2000), 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en
période de conflit armé, ses résolutions 1612 (2005), 1882
(2009), 1998 (2011) et 2068 (2012) sur le sort des enfants en temps de conflit
armé, et ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009),
1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013), sur les femmes et la paix
et la sécurité, et demandant aux parties en République
centrafricaine de collaborer avec la Représentante spéciale du
Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de
conflit armé et la Représentante spéciale chargée
de la question des violences sexuelles commises en période de conflit,
Soulignant qu'il importe que les autorités de
transition assurent la pleine participation des femmes, sur un pied
d'égalité, à toutes les discussions portant sur le
règlement du conflit et à toutes les phases du processus
électoral,
Soulignant également que la situation en
République centrafricaine risque de créer un climat propice au
développement d'activités criminelles transnationales, impliquant
notamment le trafic d'armes et l'utilisation de mercenaires, et de constituer
un terrain fertile pour les réseaux extrémistes,
Rappelant sa résolution 2117 (2013) et se
disant gravement préoccupé par la menace que font peser sur la
paix et la sécurité en République centrafricaine le
transfert illicite, l'accumulation déstabilisatrice et le
détournement d'armes légères et de petit calibre,
Constatant toujours avec inquiétude que
l'Armée de résistance du Seigneur poursuit ses activités
en République centrafricaine, en raison notamment de
l'insécurité qui règne dans le pays,
Sedisant de nouveau gravement préoccupé
par la détérioration de la situation humanitaire en
République centrafricaine et condamnant fermement les attaques
répétées dirigées contre le personnel des Nations
Unies et le personnel humanitaire, leurs biens, avoirs et locaux, et le pillage
des stocks d'aide humanitaire ayant pour effet d'entraver l'acheminement de
cette aide,
Soulignant qu'il importe de respecter les principes
directeurs des Nations Unies relatifs à l'aide humanitaire, dont la
neutralité, l'impartialité, l'humanité et
l'indépendance dans la fourniture de l'aide humanitaire,
Engageant instamment toutes les parties à
prendre les mesures nécessaires afin d'assurer la sûreté et
la sécurité du personnel humanitaire, du personnel des Nations
Unies et du personnel associé, ainsi que de leurs biens,
Rappelant la lettre de son président
datée du 29 octobre, approuvant le déploiement d'une unité
de gardes en République centrafricaine, laquelle ferait partie du Bureau
intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en
République centrafricaine (BINUCA), et prenant note de la lettre du
Secrétaire général datée du 26 novembre 2013, dans
laquelle il souligne les progrès réalisés en vue du
déploiement d'une unité de gardes au sein du BINUCA, ainsi que le
consentement exprimé le 5 novembre par les autorités de
transition à ce déploiement, et saluant à cet égard
la contribution du Royaume du Maroc à cette unité, Se
félicitant de la décision prise par le Conseil de paix et de
sécurité de l'Union africaine, le 19 juillet 2013, d'autoriser le
déploiement de la MISCA, ainsi que l'adoption, le 10 octobre 2013, d'un
nouveau concept d'opérations,
Exprimant de nouveau sa gratitude à la
Communauté économique des États de l'Afrique centrale
(CEEAC) et à son médiateur pour les efforts qu'ils
déploient concernant la crise en République centrafricaine,
à l'Union africaine pour l'action qu'elle mène en vue de
régler la crise, et au Groupe de contact international pour la
République centrafricaine pour ses efforts, Se félicitant du
ferme engagement de l'Union européenne en faveur de la République
centrafricaine, en particulier des conclusions que le Conseil des affaires
étrangères a formulées le 21 octobre 2013 et de
l'engagement pris par l'Union européenne de contribuer
financièrement au déploiement de la MISCA dans le cadre de la
Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique, et accueillant
favorablement les pourparlers en cours au sein de l'Union européenne sur
la possibilité d'apporter un soutien supplémentaire,
Saluant les efforts que fait le Secrétariat
pour étoffer et améliorer le registre d'experts du Service de ses
organes subsidiaires, compte tenu des indications données par son
président dans la note publiée sous la cote S/2006/997, Prenant
note de la déclaration que le Groupe de contact international pour la
République centrafricaine a adoptée à sa troisième
réunion, tenue à Bangui le 8 novembre 2013,
Prenant note également du communiqué
que le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a
publié le 13 novembre 2013, dans lequel celui-ci exhorte le Conseil de
sécurité à adopter rapidement une résolution
consacrant et autorisant le déploiement de la MISCA,
Prenant note en outre de la lettre du
Président de la Commission de consolidation de la paix, datée du
22 novembre 2013, dans laquelle il souligne à quel point il importe de
répondre aux besoins de la République centrafricaine en
matière de consolidation de la paix dès que la situation
humanitaire et sur le plan de la sécurité aura été
stabilisée, et insiste sur l'importance de ce que la Commission fait
pour mobiliser et maintenir l'attention des partenaires et des acteurs à
l'appui des efforts correspondants des Nations Unies et des acteurs
régionaux, et pour pérenniser leur engagement,
Prenant note de la lettre des autorités
centrafricaines datée du 20 novembre 2013, dans laquelle celles-ci
demandent que la MISCA soit appuyée par les forces françaises,
Soulignant qu'il importe que toutes les organisations internationales,
régionales et sous-régionales présentes en
République centrafricaine coordonnent davantage leurs activités,
Considérant que la situation en République centrafricaine
constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations
Unies,
Processus politique
1. Affirme son appui à l'Accord de Libreville
du 11 janvier 2013, à la Déclaration de N'Djamena du 18 avril
2013, à l'Appel de Brazzaville du 3 mai 2013 et à la
déclaration que le Groupe de contact international pour la
République centrafricaine a adoptée à sa troisième
réunion, tenue à Bangui le 8 novembre 2013;
2. Réaffirme que, selon l'accord politique
conclu à Libreville, le Premier Ministre est le Chef du Gouvernement
d'union nationale chargé de concrétiser les priorités
définies à l'article 5 dudit accord et exhorte toutes les parties
à respecter cet accord;
3. Réaffirme également que,
conformément à la Charte africaine de la démocratie, des
élections et de la gouvernance, aux Accords de Libreville, aux
décisions de la CEEAC sur la question et à la Charte
constitutionnelle de la transition, le Chef de la transition, le Premier
Ministre, le Président du Conseil national de transition et les membres
du bureau du Conseil national de transition ne peuvent pas participer aux
élections organisées en vue de rétablir l'ordre
constitutionnel;
4. Exhorte les autorités de transition
à prendre toutes les mesures appropriées pour désarmer,
cantonner et démanteler immédiatement tous les groupes
armés, sur l'ensemble du territoire, dans le respect des normes
internationales;
5. Exige l'application immédiate des
dispositions transitoires visées au paragraphe 1 ci-dessus, qui doivent
aboutir à l'organisation d'élections présidentielle et
législatives libres, justes et transparentes 18 mois après le
début de la période de la transition définie à
l'article 102 de la Charte de la transition, qui est entrée en vigueur
le 18 août 2013, comme le prévoit la Déclaration de
N'Djamena; 6. Déplore que les autorités de transition n'aient
guère fait de progrès dans la mise en oeuvre des
éléments clefs du dispositif établi pour la transition,
notamment en ce qui concerne l'organisation d'élections en
février 2015 au plus tard, et demande à cet égard aux
autorités de transition de créer rapidement une autorité
nationale électorale, ce qui permettra à l'Organisation des
Nations Unies de recenser les besoins qui existent sur le plan technique afin
que l'organisation des élections se déroule bien;
7. Demande instamment aux autorités de
transition d'appliquer le « Pacte républicain », signé
par le gouvernement de transition le 7 novembre 2013 sous l'égide de la
Communauté de Sant'Egidio, cadre crédible devant favoriser un
dialogue national sans exclusive entre toutes les forces du pays, politiques,
sociales et religieuses, et prie le Secrétaire général de
prendre les mesures appropriées, par l'intermédiaire de son
Représentant spécial pour la République centrafricaine,
pour aider les autorités de transition à améliorer leurs
capacités de médiation et pour faciliter et renforcer ce
dialogue;
8. Entend suivre de près la gestion de la
transition et salue le rôle que jouent le Représentant
spécial du Secrétaire général et le
médiateur de la Communauté économique des États de
l'Afrique centrale;
9. Soutient le BINUCA dans l'action essentielle
qu'il mène pour aider à rétablir l'ordre constitutionnel
et accompagner le processus politique en cours, dans le cadre de la mise en
oeuvre de l'Accord de Libreville et de la feuille de route de N'Djamena, et
soutenir le processus électoral; 10. Décide que toute tentative
visant à retarder, entraver ou violer les dispositions transitoires
auxquelles il est fait référence au paragraphe 1 ci-dessus sera
interprétée comme un obstacle au processus de paix et pourrait
entraîner l'imposition des mesures prévues au paragraphe 56
ci-après;
Désarmement, démobilisation et
réintégration, et réforme du secteur de la
sécurité
11. Exhorte les autorités de transition
à élaborer et à mettre en oeuvre des programmes de
désarmement, démobilisation et réintégration (DDR)
ou des programmes de désarmement, démobilisation,
réintégration, et réinstallation ou rapatriement (DDRRR),
y compris pour les anciens éléments de la Séléka
qui ne seront pas intégrés dans les forces de
sécurité et les enfants associés à des forces et
groupes armés;
12. Exhorte également les autorités de
transition à élaborer et à mettre en oeuvre un programme
national et global de réforme du secteur de la sécurité,
assorti notamment de procédures de vérification
appropriées pour reconstituer des forces de sécurité
centrafricaines qui soient professionnelles, équilibrées et
représentatives, et dont les membres seront sélectionnés
sur la base de leur respect des droits de l'homme et de leur
nationalité, et demande aux autorités de transition de
coopérer avec le BINUCA et la MISCA à ces fins;
13. Demande aux États Membres, et aux
organisations régionales et internationales, y compris l'Union
africaine, l'Organisation des Nations Unies et l'Union européenne, de
coordonner l'assistance qu'ils prêtent aux autorités de transition
en vue de la réforme du secteur de la sécurité;
État de droit
14. Souligne qu'il importe de donner aux institutions
policières, judiciaires et pénitentiaires les moyens de faire
respecter la primauté du droit et de traduire en justice les auteurs de
violations du droit international humanitaire et du droit international des
droits de l'homme et d'atteintes aux droits de l'homme;
15. Souligne également qu'il importe de
renforcer le concours apporté aux autorités de transition pour
qu'elles puissent faire face aux enjeux sur le plan de la
sécurité et étendre l'autorité de l'État;
Protection des ressources naturelles
16. Condamne l'exploitation illégale des
ressources naturelles en République centrafricaine, laquelle contribue
à la perpétuation du conflit, et souligne qu'il importe de mettre
fin à ces activités illégales, y compris en
exerçant les pressions nécessaires sur les groupes armés,
les trafiquants et tous les autres protagonistes;
Promotion et protection des droits de l'homme
17. Condamne fermement la poursuite des violations du
droit international humanitaire et les exactions et violations
généralisées des droits de l'homme
perpétrées par des groupes armés, en particulier les
anciens éléments de la Séléka, les
éléments « antibalaka » et l'Armée de
résistance du Seigneur, qui mettent en péril la population, et
souligne que les auteurs de ces violations doivent être traduits en
justice;
18. Demande instamment aux autorités de
transition de veiller à ce que tous les auteurs d'exactions et de
violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire
répondent de leurs actes;
19. Dit sa vive préoccupation face à
l'escalade des violences interreligieuses et intercommunautaires, et face aux
violences qui visent les membres de groupes ethniques et religieux, ainsi que
leurs dirigeants, et exhorte tous les protagonistes et toutes les parties
prenantes en République centrafricaine à unir leurs efforts, avec
l'aide de la communauté internationale, pour renforcer les dialogues
intercommunautaire et interconfessionnel afin d'empêcher que la situation
sur le terrain ne se détériore davantage;
20. Exige de nouveau de tous les groupes
armés, en particulier les anciens éléments de la
Séléka et les éléments « antibalaka »,
qu'ils empêchent le recrutement et l'emploi d'enfants et y mettent fin,
et de toutes les parties qu'elles protègent et traitent comme des
victimes les enfants qui ont été libérés ou
séparés des forces armées et des groupes armés, et
souligne qu'une attention particulière doit être apportée
à la protection, à la libération et à la
réintégration de tous les enfants associés à des
groupes armés;
21. Souligne qu'il incombe au premier chef aux
autorités de transition de protéger la population et de garantir
la sécurité et l'unité du territoire, et insiste sur le
fait qu'elles sont tenues de faire respecter le droit international
humanitaire, le droit international des droits de l'homme et le droit
international des réfugiés;
22. Demande à toutes les parties au conflit
armé qui sévit en République centrafricaine, y compris les
anciens éléments de la Séléka et les
éléments « antibalaka », d'interdire
expressément toutes violations et exactions à l'encontre
d'enfants en contravention du droit international applicable (recrutement,
emploi, meurtre et mutilation, enlèvement et attaques contre des
écoles et des hôpitaux), et demande également aux
autorités de transition de prendre des engagements précis, et de
les respecter, pour que, lorsqu'il est fait état d'exactions, des
enquêtes soient ouvertes dans les meilleurs délais afin que les
auteurs soient amenés à répondre de leurs actes, et de
veiller à ce que les responsables de ces violations et exactions ne
puissent pas travailler dans le secteur de la sécurité;
23. Demande à toutes les parties au conflit
armé qui sévit en République centrafricaine, y compris les
anciens éléments de la Séléka, d'interdire
expressément la violence sexuelle, et demande également aux
autorités de transition de prendre des engagements précis, et de
les respecter, pour que, lorsqu'il est fait état de violences, des
enquêtes soient ouvertes dans les meilleurs délais afin que les
auteurs soient amenés à répondre de leurs actes,
conformément aux résolutions 1960 (2010) et 2106 (2013), et de
permettre aux victimes de violences sexuelles d'accéder
immédiatement aux services disponibles;
24. Prie le Secrétaire général
de créer rapidement une commission d'enquête internationale pour
une période initiale d'un an, composée notamment d'experts du
droit international humanitaire et du droit international des droits de
l'homme, pour enquêter immédiatement sur les informations faisant
état de violations du droit international humanitaire et du droit
international des droits de l'homme et d'atteintes aux droits de l'homme qui
auraient été perpétrées en République
centrafricaine par quelque partie que ce soit depuis le 1er janvier 2013, de
réunir des informations, d'aider à identifier les auteurs de ces
violations et atteintes, de mettre en lumière leur éventuelle
responsabilité pénale et d'aider à faire en sorte que les
responsables répondent de leurs actes, et demande à toutes les
parties de coopérer pleinement avec cette commission;
25. Prie également le Secrétaire
général de lui faire rapport sur les conclusions de la Commission
d'enquête six mois, puis un an, après l'adoption de la
présente résolution;
26. Prie en outre le Secrétaire
général de prendre, en concertation avec la Haut-Commissaire des
Nations Unies aux droits de l'homme, les mesures qui s'imposent pour augmenter
le nombre d'observateurs des droits de l'homme en République
centrafricaine;
27. Engage les États Membres à prendre
des mesures en vue de dissuader fermement leurs ressortissants de se rendre en
République centrafricaine pour participer à des activités
contribuant à compromettre la paix, à menacer le processus
politique ou à concourir à la violation des droits de l'homme;
Déploiement de la MISCA
28. Autorise le déploiement de la MISCA pour
une période initiale de 12 mois après l'adoption de la
présente résolution, décision qui sera examinée six
mois après l'adoption de la présente résolution,
prévoyant toutes les mesures nécessaires, conformément au
concept d'opérations adopté le 19 juillet 2013 et revu le 10
octobre 2013, pour contribuer à : i) Protéger les civils et
rétablir la sécurité et l'ordre public, en ayant recours
aux mesures appropriées; ii) Stabiliser le pays et restaurer
l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire; iii)
Créer les conditions propices à la fourniture d'une aide
humanitaire aux populations qui en ont besoin; iv) Soutenir les initiatives de
désarmement, démobilisation et réintégration ou
désarmement, démobilisation, réintégration et
réinstallation ou rapatriement menées par les autorités de
transition et coordonnées par le BINUCA; v) Accompagner les efforts
nationaux et internationaux, menés par les autorités de
transition et coordonnés par le BINUCA, visant à réformer
et restructurer les secteurs de la défense et de la
sécurité;
29. Se félicite des consultations tenues entre
la Commission de l'Union africaine et les pays de la région de l'Afrique
centrale et du concours apporté par l'Organisation des Nations Unies et
les États Membres pour arrêter les modalités de la
transition entre la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique
(MICOPAX) et la MISCA, notamment les résultats des réunions
tenues à AddisAbeba du 7 au 10 octobre 2013;
30. Prie l'Union africaine et la Communauté
économique des États de l'Afrique centrale de veiller à ce
que la passation des pouvoirs entre la MICOPAX et la MISCA ait lieu le 19
décembre 2013, note à ce propos que le Conseil de paix et de
sécurité a demandé à la Commission de l'Union
africaine de prendre d'urgence les mesures voulues afin que la passation des
pouvoirs entre la MICOPAX et la MISCA soit réussie, et se
félicite de la nomination du nouveau commandement de la MISCA;
31. Souligne qu'il faut que le BINUCA, la Force
régionale d'intervention de l'Union africaine (AU-RTF) et la MISCA
coordonnent bien leurs activités concernant la protection des civils et
leurs opérations de lutte contre l'Armée de résistance du
Seigneur, et mettent en commun les informations dont ils disposent;
32. Invite l'Union africaine à lui rendre
compte tous les 60 jours, en étroite coordination avec le
Secrétaire général et les autres organisations
internationales et avec les partenaires bilatéraux concernés par
la crise, concernant le déploiement et les activités de la MISCA;
33. Souligne que la MISCA et toutes les forces
militaires présentes en République centrafricaine doivent agir,
dans l'exécution de leur mandat, en respectant pleinement la
souveraineté, l'intégrité territoriale et l'unité
de la République centrafricaine ainsi que les dispositions applicables
du droit international humanitaire, du droit international des droits de
l'homme et du droit international des réfugiés, et rappelle que
la formation est importante à cet égard;
Soutien international
34. Remercie les pays membres de la Communauté
économique des États de l'Afrique centrale qui ont d'ores et
déjà déployé des contingents, demande aux pays
d'Afrique de contribuer à la MISCA afin de lui donner les moyens de
s'acquitter de son mandat, et invite les États Membres et les
organisations régionales à coopérer étroitement
à cet effet avec l'Union africaine, la Communauté
économique des États de l'Afrique centrale, l'Organisation des
Nations Unies, les pays qui fournissent des contingents et les autres
organisations et donateurs;
35. Insiste pour que tous les nouveaux contingents
africains soient pleinement intégrés dans les structures de
commandement et de contrôle de la MISCA, et opèrent
conformément au mandat donné à celle-ci au paragraphe 28
de la présente résolution;
36. Invite les autorités de transition et
toutes les autres parties en République centrafricaine à apporter
un concours plein et entier au déploiement et aux opérations de
la MISCA, notamment en assurant la sûreté et la
sécurité de celle-ci et sa liberté de mouvement, avec
accès immédiat et sans entrave à tout le territoire de la
République centrafricaine, pour lui permettre de s'acquitter de
l'intégralité de son mandat, et invite également les pays
voisins à prendre les mesures voulues pour aider la Mission à
accomplir son mandat;
Soutien de l'Organisation des Nations Unies
37. Prie le Secrétaire général
de continuer de renforcer la prestation à l'Union africaine de conseils
techniques et spécialisés aux fins de la planification et du
déploiement de la MISCA, ainsi que pour la mise en oeuvre du concept
d'opérations et l'établissement du quartier général
de la Mission, en vue de consolider ses structures de commandement et de
contrôle ainsi que son administration, d'améliorer
l'infrastructure informatique et télématique et de fournir la
formation nécessaire;
38. Prie également le Secrétaire
général d'apporter un appui à la MISCA pour qu'elle puisse
lutter contre la prolifération illicite de tous armements et
matériels connexes de tous types, en particulier d'armes
légères, sécuriser les stocks d'engins explosifs,
éliminer les restes explosifs de guerre et s'occuper de la destruction
des munitions classiques;
39. Souligne qu'il faut mettre en place les
mécanismes de coordination nécessaires entre le BINUCA et la
MISCA;
40. Souligne également que l'appui
envisagé aux paragraphes 37 et 43 de la présente
résolution doit être apporté dans le respect
intégral de la Politique de diligence voulue en matière de droits
de l'homme dans le contexte de la fourniture d'appui par l'ONU à des
forces de sécurité non onusiennes;
Financement
41. Souligne qu'il incombe aux organisations
régionales de mobiliser les ressources humaines, financières,
logistiques et autres qui sont nécessaires à leur fonctionnement,
y compris par les contributions de leurs membres et l'appui de leurs
partenaires;
42. Engage les États Membres et les
organisations internationales, régionales et sous-régionales
à fournir à la MISCA les moyens financiers et les contributions
en nature dont elle a besoin pour son déploiement et pour
l'exécution de son mandat, et se félicite que l'Union
européenne soit disposée à lui apporter un tel soutien
financier par l'intermédiaire de la Facilité de soutien à
la paix pour l'Afrique;
43. Prie le Secrétaire général
de créer un fonds d'affectation spéciale auquel les États
Membres et les organisations internationales, régionales et
sous-régionales pourront verser des contributions financières
à la MISCA et le prie également d'apporter son concours, en
coordination avec l'Union européenne, à la tenue d'une
conférence des donateurs, réunissant les États Membres et
les organisations internationales, régionales et sous-régionales
concernées, qui sera organisée par l'Union africaine pour
solliciter le versement, dans les meilleurs délais, de contributions, en
particulier à ce fonds;
44. En appelle aux États Membres pour qu'ils
versent sans tarder des contributions généreuses au nouveau fonds
d'affectation spéciale des Nations Unies pour la MISCA, tout en
précisant que l'existence de celui-ci n'empêche pas la conclusion
d'accords bilatéraux directs, et invite l'Union africaine, agissant en
consultation avec le Secrétaire général, à adresser
à ce fonds ses demandes de financement budgétaire;
45. Note que dans son communiqué du 13
novembre 2013, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union
africaine a exprimé sa gratitude aux partenaires bilatéraux et
multilatéraux de l'Union africaine qui se sont engagés à
apporter un appui au déploiement et au fonctionnement de la MISCA;
Opération de maintien de la paix
46. Prend note de la position exprimée par
l'Union africaine et la Communauté économique des États de
l'Afrique centrale, selon laquelle la MISCA pourrait devoir être
transformée, à terme, en une opération de maintien de la
paix des Nations Unies et, à cet égard, accueille favorablement
l'intention exprimée par le Secrétaire général
d'engager les préparatifs nécessaires en vue de la transformation
éventuelle de la MISCA en une opération de maintien de la paix
des Nations Unies;
47. Prie le Secrétaire général
d'entreprendre sans tarder les activités de préparation et de
planification nécessaires en vue de la transformation éventuelle
de la MISCA en une opération de maintien de la paix des Nations Unies,
tout en soulignant qu'une décision de sa part sera nécessaire
pour que cette mission soit établie;
48. Prie le Secrétaire général,
agissant en consultation avec l'Union africaine, de lui faire rapport au plus
tard trois mois après l'adoption de la présente résolution
et de lui faire des recommandations sur la transformation éventuelle de
la MISCA en une opération de maintien de la paix des Nations Unies, y
compris une évaluation des progrès réalisés en vue
de réunir les conditions sur le terrain, dont il est question au
paragraphe 45 du rapport du Secrétaire général daté
du 15 novembre 2013;
Forces françaises
49. Note que dans son communiqué du 13
novembre 2013, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union
africaine s'est réjoui du renforcement envisagé du contingent
français pour mieux appuyer la MISCA et a encouragé la Commission
à travailler à une coordination opérationnelle effective
entre la MISCA et les forces françaises;
50. Autorise les forces françaises en
République centrafricaine à prendre toutes mesures
nécessaires, temporairement et dans la limite de leurs capacités
et dans les zones où elles sont déployées, pour appuyer la
MISCA dans l'exécution de son mandat, énoncé au paragraphe
28 ci-dessus, prie la France de lui faire rapport sur l'exécution de ce
mandat en République centrafricaine et de coordonner les
modalités d'établissement de son rapport avec celles
énoncées au paragraphe 32 ci-dessus s'appliquant à l'Union
africaine, décide de revoir ce mandat six mois au plus tard après
qu'il aura débuté, demande aux autorités de transition
d'apporter leur entière coopération au déploiement et aux
opérations des forces françaises, notamment en assurant la
sûreté, la sécurité et la liberté de
mouvement de celles-ci, avec accès immédiat et sans entrave
à tout le territoire de la République centrafricaine, et invite
les pays voisins à prendre les mesures voulues pour soutenir l'action
des forces françaises;
Action humanitaire : principes, accès et
financement
51. Se déclare profondément
préoccupé par la détérioration de la situation
humanitaire en République centrafricaine et par le fait que
l'accès aux organismes humanitaires soit réduit, en
conséquence de l'insécurité accrue et des agressions
contre le personnel humanitaire;
52. Exige de toutes les parties au conflit, en
particulier les anciens éléments de la Séléka,
qu'elles ménagent aux organisations humanitaires et à leur
personnel l'accès sans délai, sûr et sans entrave aux zones
où se trouvent les populations dans le besoin, afin qu'ils puissent leur
apporter rapidement l'aide humanitaire nécessaire, dans le respect des
principes directeurs des Nations Unies relatifs à l'aide humanitaire,
dont la neutralité, l'impartialité, l'humanité et
l'indépendance dans la fourniture de l'aide humanitaire;
53. Demande aux États Membres de
répondre rapidement aux appels humanitaires des Nations Unies
destinés à faire face aux besoins croissants des populations qui
se trouvent en République centrafricaine et à ceux des
réfugiés qui se sont enfuis vers les pays voisins, et encourage
à cet égard l'exécution sans délai des projets
humanitaires des Nations Unies et des organisations humanitaires;
Régime de sanctions Embargo sur les armes
54. Décide que, pour une période
initiale d'un an à compter de la date d'adoption de la présente
résolution, tous les États Membres devront prendre
immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la
fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la
République centrafricaine, à partir de leur territoire ou
à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de
navires ou d'aéronefs battant leur pavillon, d'armements et de
matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions,
les véhicules et les matériels militaires, les équipements
paramilitaires et les pièces détachées correspondantes,
ainsi que toute assistance technique ou formation, et toute aide
financière ou autre en rapport avec les arts militaires ou la
fourniture, l'entretien ou l'utilisation de tous armements et matériels
connexes, y compris la mise à disposition de mercenaires armés
venant ou non de leur territoire, et décide également que cette
mesure ne s'applique pas : a) Aux fournitures destinées exclusivement
à l'appui de la MICOPAX, de la MISCA, du BINUCA, et de son unité
de gardes, de la Force régionale d'intervention de l'Union africaine et
des forces françaises déployées en République
centrafricaine, ou à l'utilisation par ceux-ci; b) Aux livraisons de
matériel militaire non létal destiné exclusivement
à un usage humanitaire ou de protection et à l'assistance
technique ou la formation connexes, qui auront été
approuvées à l'avance par le Comité créé en
application du paragraphe 57 ci-après;
c) Aux vêtements de protection, dont les gilets
pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en
République centrafricaine, pour leur usage personnel uniquement, par le
personnel des Nations Unies, des représentants des médias et des
agents humanitaires et du développement ou des personnels connexes; d)
Aux livraisons d'armes légères et d'autres matériels
connexes destinés exclusivement à être utilisés dans
le cadre des patrouilles internationales qui assurent la sécurité
dans l'aire protégée du Trinational de la Sangha afin de lutter
contre le braconnage, la contrebande d'ivoire et d'armes, et d'autres
activités contraires au droit interne de la République
centrafricaine ou aux obligations que lui impose le droit international; e)
Aux livraisons d'armes et autres matériels létaux destinés
aux forces de sécurité centrafricaines dans le seul but d'appuyer
la réforme du secteur de la sécurité ou d'être
utilisés dans ce cadre, qui auront été approuvées
à l'avance par le Comité; f) Aux autres ventes ou livraisons
d'armes et de matériels connexes, ou à la fourniture d'une
assistance ou de personnel, qui auront été approuvées
à l'avance par le Comité;
55. Décide d'autoriser tous les États
Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le
transfert ou l'exportation sont interdits par le paragraphe 54 de la
présente résolution à les saisir, à les enregistrer
et à les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors
d'usage, en les entreposant ou en les transférant à un
État autre que le pays d'origine ou de destination aux fins
d'élimination), et décide également que tous les
États sont tenus de coopérer à cet égard;
Mesures que le Conseil pourra prendre
56. Exprime sa ferme intention d'envisager rapidement
l'imposition de mesures ciblées, dont une interdiction de voyager et un
gel des avoirs, aux personnes qui, par leurs agissements, compromettent la
paix, la stabilité et la sécurité, notamment en se livrant
à des actes qui menacent ou violent les accords de transition, en menant
des actions qui menacent ou entravent le processus politique ou attisent la
violence, en apportant leur soutien à ces actions, y compris en
commettant des violations des droits de l'homme et du droit international
humanitaire, en recrutant et en employant des enfants dans le conflit
armé en violation du droit international applicable, en se livrant
à des violences sexuelles, ou en soutenant des groupes armés
illégaux ou des réseaux criminels par le biais de l'exploitation
illicite des ressources naturelles de la République centrafricaine, y
compris les diamants, ou encore en violant l'embargo sur les armes visé
au paragraphe 54;
Comité des sanctions
57. Décide de créer,
conformément à l'article 28 de son règlement
intérieur provisoire, un comité du Conseil de
sécurité composé de tous ses membres (ci-après
« le Comité »), qui s'acquittera des tâches suivantes :
a) Suivre l'application des mesures prévues aux paragraphes 54 et 55
cidessus en vue de renforcer, de faciliter et d'améliorer la mise en
oeuvre des mesures par les États Membres; b) Passer en revue les
informations concernant les personnes qui se livreraient à des actes
décrits au paragraphe 54; c) Arrêter les directives qui
pourraient être nécessaires pour faciliter la mise en oeuvre des
mesures imposées ci-dessus; d) Adresser au Conseil dans un délai
de 60 jours un rapport sur ses travaux et faire ensuite rapport au Conseil
lorsque le Comité l'estimera nécessaire; e) Favoriser le
dialogue entre le Comité et les États Membres
intéressés, en particulier ceux de la région, notamment en
invitant leurs représentants à le rencontrer afin d'examiner la
question de l'application des mesures; f) Solliciter de tous les États
toutes informations qu'il jugerait utiles concernant les actions que ceux-ci
ont engagées pour appliquer les mesures de façon effective; g)
Examiner les informations faisant état de violations ou du non-respect
des mesures imposées par les paragraphes 54 et 55 et y donner la suite
qui convient;
58. Demande à tous les États Membres
de faire rapport au Comité dans un délai de 90 jours après
l'adoption de la présente résolution sur les mesures qu'ils
auront prises pour donner effet au paragraphe 54;
59. Prie le Secrétaire général,
agissant en consultation avec le Comité, de créer pour une
période initiale de 13 mois, un groupe composé au maximum de cinq
experts (le « Groupe d'experts ») et de prendre les dispositions
voulues sur le plan financier et en matière de sécurité
pour épauler le Groupe d'experts dans ses activités, lequel sera
placé sous la direction du Comité et s'acquittera des
tâches suivantes : a) Aider le Comité à s'acquitter de
son mandat, défini dans la présente résolution, notamment
en lui fournissant des informations pouvant servir à désigner
éventuellement par la suite des personnes qui se livreraient aux
activités décrites au paragraphe 54 ci-dessus; b)
Réunir, examiner et analyser toutes informations provenant des
États, d'organismes des Nations Unies compétents, d'organisations
régionales et d'autres parties intéressées concernant
l'application des mesures édictées dans la présente
résolution, en particulier les violations de ses dispositions; c) Faire
à l'intention du Conseil, après concertation avec le
Comité, le point sur la situation le 5 mars 2014 au plus tard, et
remettre au Conseil un rapport d'activité le 5 juillet 2014 au plus tard
et un rapport final le 5 novembre 2014 au plus tard; d) Aider le
Comité à préciser et à actualiser les informations
concernant la liste des personnes qui enfreignent les mesures visées au
paragraphe 54 de la présente résolution, notamment en fournissant
des renseignements concernant leur identité et des renseignements
supplémentaires pouvant servir au résumé des motifs
présidant à leur inscription sur la liste, résumé
qui est accessible au grand public;
60. Demande instamment à toutes les parties
et à tous les États Membres, ainsi qu'aux organisations
internationales, régionales et sous-régionales de coopérer
avec le Groupe d'experts, et prie instamment tous les États Membres
concernés d'assurer la sécurité des membres du Groupe et
de leur donner libre accès aux personnes, documents et sites pour que le
Groupe puisse s'acquitter de son mandat;
Suivi de la situation
61. Affirme qu'il suivra en permanence
l'évolution de la situation en République centrafricaine et se
tiendra prêt à examiner l'opportunité des mesures
énoncées dans la présente résolution, y compris de
leur renforcement par des mesures additionnelles, en particulier un gel des
avoirs, de leur modification, de leur suspension ou de leur levée, en
fonction des progrès accomplis en ce qui concerne la stabilisation du
pays et le respect de la présente résolution;
62. Décide de rester activement saisi de la question.
ANNEXE II
Résolution 2149 (2014), relative à la
création de la MINUSCA, Adoptée par le Conseil de
sécurité à sa 7153e séance,le 10 avril 2014
Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses précédentes
résolutions et déclarations sur la République
centrafricaine, en particulier ses résolutions 2121 (2013), 2127 (2013)
et 2134 (2014),
Réaffirmant son ferme attachement à la
souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et
à l'intégrité territoriale de la République
centrafricaine, et rappelant l'importance des principes de
non-ingérence, de bon voisinage et de coopération
régionale,
Réaffirmant les principes fondamentaux du
maintien de la paix, y compris le consentement des parties,
l'impartialité et le non-recours à la force, sauf le cas de
légitime défense ou pour la défense de mandat, et
conscient que le mandat de chaque mission de maintien de la paix est
déterminé en fonction des besoins et de la situation du pays
concerné,
Se déclarant vivement préoccupé
par la situation sécuritaire en République centrafricaine,
Rappelant qu'il incombe au premier chef aux
autorités de transition de protéger la population en
République centrafricaine,
Insistant sur le fait que tout règlement
durable de la crise centrafricaine, y compris le processus politique, doit
être aux mains de la République centrafricaine et doit comporter
la restructuration des forces de sécurité du pays,
Soulignant également que le rôle
assumé par la région, notamment par le Président et le
Médiateur de la Communauté économique des États de
l'Afrique centrale (CEEAC), ainsi que par l'Union africaine, demeurera
déterminant pour la promotion d'une paix et d'une stabilité
durables en République centrafricaine,
Notant avec satisfaction les effets positifs et
décisifs de l'action menée sur le terrain par la Mission
internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine
(MISCA) pour protéger les civils et prévenir les violations
graves du droit international, et les progrès qui ont été
accomplis dans l'exécution d'autres tâches qui lui ont
été assignées, tel qu'il ressort du premier rapport
d'étape sur le déploiement et les activités de la Mission
présenté par la Commission de l'Union africaine en application du
paragraphe 32 de la résolution 2127 (2013),
Demeurant gravement préoccupé par les
multiples violations du droit international humanitaire et les violations
généralisées des droits de l'homme et exactions, notamment
les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les
arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture, les
violences sexuelles sur la personne de femmes et d'enfants, les viols, le
recrutement et l'emploi d'enfants, les attaques dirigées contre des
civils, y compris à l'encontre des musulmans mais non limité
à ces derniers, et contre des lieux de culte, et le refus d'accès
humanitaire, commises par d'anciens éléments de la
Séléka et des milices, en particulier les «
anti-Balaka »,
Condamnant dans les termes les plus vifs toutes les
attaques et provocations visant des contingents de la MISCA commises par des
groupes armés et demandant instamment aux autorités de transition
de la République centrafricaine de prendre toutes les mesures possibles
pour garantir que les auteurs de ces actes seront arrêtés et
traduits en justice, Soulignant qu'il est urgent et impératif de mettre
fin à l'impunité en République centrafricaine et de
traduire en justice les auteurs de violations du droit international
humanitaire et des droits de l'homme, et qu'il faut renforcer à cette
fin les mécanismes nationaux d'établissement des
responsabilités, et soulignant également son appui aux travaux de
l'Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en
République centrafricaine et de la Commission d'enquête
internationale,
Réaffirmant que tous les auteurs de tels actes
doivent en répondre et que certains de ces actes pourraient constituer
des crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale,
auquel la République centrafricaine est partie, rappelant les
déclarations faites par la Procureure de la Cour les 7 août et 9
décembre 2013 et prenant note de la décision qu'elle a prise, le
7 février 2014, de procéder à un examen
préliminaire de la situation en République centrafricaine depuis
septembre 2012,
Soulignant que la situation en République
centrafricaine risque de créer un climat favorable à la
criminalité transnationale, notamment au trafic d'armes et à
l'emploi de mercenaires, et de constituer un terreau fertile pour les
réseaux extrémistes,
Sachant à cet égard que l'embargo sur
les armes imposé par le Conseil joue un rôle déterminant
dans la lutte contre le transfert illicite d'armes et de matériels
connexes en République centrafricaine et concourt de façon non
négligeable à la consolidation de la paix après le
conflit, au désarmement, à la démobilisation et à
la réintégration, ainsi qu'à la réforme du secteur
de la sécurité, rappelant sa résolution 2127 (2013) et se
déclarant gravement préoccupé par la menace que font peser
sur la paix et la sécurité en République centrafricaine le
transfert illicite, l'accumulation déstabilisatrice et le
détournement d'armes légères et de petit calibre,
Rappelant qu'il a décidé d'instituer un
régime de sanctions conformément aux résolutions 2127
(2013) et 2134 (2014) et soulignant que les sanctions ciblées visent
notamment les individus et entités désignés par le
Comité comme se livrant ou apportant appui à des actes qui
compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité de la
République centrafricaine, qui entravent la transition politique ou
attisent la violence et les individus et entités désignés
par le Comité comme préparant, donnant l'ordre de commettre ou
commettant des actes qui violent le droit international desdroits de l'homme ou
le droit international humanitaire, ou qui constituent des atrocités ou
des atteintes aux droits de l'homme ou des violations,
Se déclarant de nouveau gravement
préoccupé par la situation humanitaire catastrophique en
République centrafricaine, mettant tout particulièrement
l'accent, à cet égard, sur les besoins humanitaires des personnes
déplacées et des réfugiés dans les pays voisins,
dont le nombre dépasse respectivement 760 000 et 300 000 et qui sont
pour une grande part de confession musulmane, et s'inquiétant
également des répercussions que les flux de
réfugiés ont sur la situation au Tchad, au Cameroun et en
République démocratique du Congo ainsi que dans d'autres pays de
la région,
Notant avec préoccupation l'effondrement d'une
administration déjà fragile, qui limite l'aptitude des nouvelles
autorités de transition à gouverner, Engageant instamment toutes
les parties à prendre les mesures nécessaires afin d'assurer la
sûreté et la sécurité du personnel humanitaire, du
personnel des Nations Unies et du personnel associé, ainsi que des
installations, du matériel et des biens appartenant à
l'Organisation des Nations Unies,
Exprimant de nouveau sa gratitude à la CEEAC
et à son Médiateur pour les efforts continus qu'ils entreprennent
concernant la crise en République centrafricaine, à l'Union
africaine pour l'action qu'elle mène en vue de régler cette crise
et au Groupe de contact international pour la République centrafricaine,
coprésidé par l'Union africaine et la République du Congo,
pour les efforts qu'il déploie, se félicitant du
communiqué que ce dernier a publié à l'issue de sa
quatrième réunion, tenue à Brazzaville le 21 mars 2014, et
notamment des mesures qu'il envisage de prendre pour renforcer
l'efficacité de ses travaux et mieux accompagner la transition en
République centrafricaine, et encourageant toutes les parties
concernées à poursuivre leurs efforts,
Réaffirmant sa profonde gratitude à la
MISCA, aux pays qui lui fournissent des contingents et des effectifs de police
et aux forces françaises pour le rôle décisif qu'ils jouent
pour assurer la protection des civils et améliorer la
sécurité depuis l'adoption de la résolution 2127 (2013),
et remerciant également les partenaires qui ont fourni des moyens
aériens et d'autres formes d'appui pour hâter le
déploiement des troupes et améliorer leur efficacité,
Saluant la décision de l'Union
européenne, annoncée lors de la réunion du Conseil de
l'Union européenne tenue le 1er avril 2014, de lancer l'EUFOR RCA,
opération temporaire de soutien à la MISCA,
Considérant qu'il est nécessaire
d'accélérer la mise en oeuvre du processus politique, notamment
en ce qui concerne la réconciliation et l'organisation
d'élections libres, régulières, transparentes et ouvertes
à tous, dès que techniquement possible, mais au plus tard en
février 2015,
Saluant l'action concertée que certaines
autorités religieuses mènent au niveau national pour tenter
d'apaiser les relations et de prévenir les violences entre
communautés religieuses, et estimant que leur discours doit être
relayé avec force au niveau local,
Rappelant qu'il est nécessaire de mettre en
place de véritables programmes de désarmement,
démobilisation et réintégration ouverts à tous et
efficaces, assortis d'un volet rapatriement en ce qui concerne les combattants
étrangers, sans méconnaître l'impératif de lutter
contre l'impunité,
Rappelant ses résolutions 1265 (1999), 1296
(2000), 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en
période de conflit armé, ses résolutions 1612 (2005), 1882
(2009), 1998 (2011), 2068 (2012) et 2143 (2014) sur le sort des enfants en
temps de conflit armé, et ses résolutions 1325 (2000), 1820
(2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013) sur
les femmes et la paix et la sécurité, et demandant à
toutes les parties en République centrafricaine de coopérer avec
la Représentante spéciale du Secrétaire
général pour le sort des enfants en temps de conflit armé
et la Représentante spéciale chargée de la question des
violences sexuelles commises en période de conflit,
Saluant la conclusion de l'accord de partenariat
entre la Commission de l'Union africaine et le Bureau de la
Représentante spéciale du Secrétaire général
pour le sort des enfants en temps de conflit armé sur
l'intégration de la protection de l'enfance dans les politiques et
activités de l'Union africaine, signé à Addis-Abeba le 17
septembre 2013, et l'adoption du Cadre de coopération entre le Bureau de
la Représentante spéciale du Secrétaire
général chargée de la question des violences sexuelles
commises en période de conflit et la Commission de l'Union africaine sur
la prévention des violences sexuelles commises en période de
conflit en Afrique et les mesures nécessaires pour y faire face,
adopté à Addis-Abeba le 31 janvier 2014,
Se félicitant du ferme engagement de l'Union
européenne en faveur de la République centrafricaine, en
particulier de sa décision de contribuer au financement du
déploiement de la MISCA dans le cadre de la Facilité de soutien
à la paix pour l'Afrique, et se félicitant aussi des
contributions versées par les États-Unis d'Amérique et les
autres États Membres au Fonds d'affectation spéciale des Nations
Unies pour l'appui à la MISCA,
Se félicitant également des annonces
de contributions faites à la réunion de haut niveau sur l'action
humanitaire en République centrafricaine, qui s'est tenue à
Bruxelles le 20 janvier 2014, et encourageant la communauté
internationale à y donner suite rapidement afin de continuer à
fournir un appui face à la situation humanitaire en République
centrafricaine, et à planifier la reconstruction en établissant
une articulation entre des activités de secours, de relèvement et
de développement, Se réjouissant des annonces de contributions
de soutien à la MISCA faites lors de la Conférence des donateurs
tenue à Addis-Abeba, le 1er février 2014, ainsi que de la
contribution versée par la CEEAC, et encourageant la communauté
internationale à honorer rapidement ses promesses et à continuer
de fournir un appui à la Mission,
Demandant aux partenaires internationaux d'aider les
autorités de transition à renforcer les capacités
institutionnelles de la police nationale et des autorités
douanières pour leur permettre de surveiller efficacement les
frontières et les points d'entrée, notamment afin de soutenir
l'application des mesures prévues au paragraphe 54 de la
résolution 2127 (2013) et le désarmement et le rapatriement des
éléments armés étrangers,
Accueillant avec satisfaction le plan de la Banque
mondiale pour 2014 qui a été présenté lors de la
réunion de la formation République centrafricaine de la
Commission de consolidation de la paix, le 19 février 2014, et
encourageant vivement les institutions financières internationales
à poursuivre leur collaboration avec les autorités de transition,
Prenant note du rapport sur la visite
effectuée à Bangui du 4 au 7 mars par le Président de la
formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de
la paix, se félicitant qu'il continue de s'employer à mobiliser
l'attention des partenaires et du Fonds pour la consolidation de la paix et
à entretenir leur solidarité, et soulignant également la
rôle joué par la Commission pour aider les autorités de
transition dans la mise en place d'un dialogue national et d'un processus de
réconciliation, ainsi que dans la solution des problèmes auxquels
le pays fait face, notamment par l'accompagnement politique et la mobilisation
de l'attention et de l'appui de la communauté internationale,
Demandant aux partenaires internationaux d'apporter
leur contribution financière au titre de l'appui aux activités de
désarmement, de démobilisation et de réintégration
et rapatriement ainsi qu'aux processus électoraux,
Prenant note de la lettre du Ministre des affaires
étrangères de la République centrafricaine datée du
27 janvier 2014, dans laquelle celui-ci demande le déploiement d'une
opération de maintien de la paix des Nations Unies qui aurait pour
mission de stabiliser le pays et de traiter les aspects civils de la crise,
Prenant note de la lettre de la Présidente de
la Commission de l'Union africaine en date du 17 février 2014, proposant
un certain nombre de mesures pour intensifier l'action internationale en faveur
de la République centrafricaine, notamment le renforcement de la MISCA
grâce à la mobilisation d'un soutien plus prévisible et
plus durable, pour lui permettre de s'acquitter efficacement de son mandat et
de mener à bien la phase initiale de stabilisation de la situation,
l'objectif étant de faciliter le déploiement d'une intervention
internationale plus large et plus durable, en particulier par la mise en place
d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies, et prenant
également note du communiqué du Conseil de paix et de
sécurité de l'Union africaine daté du 7 mars 2014 sur les
acquis enregistrés par la MISCA et la stabilisation à long terme
de la République centrafricaine,
Accueillant avec satisfaction le rapport du
Secrétaire général (S/2014/142) et constatant que la
situation en République centrafricaine appelle une approche
unifiée et intégrée, notamment par le déploiement
d'une opération de maintien de la paix multidimensionnelle des Nations
Unies, et saluant également les modalités recommandées
dans le rapport pour la mise en place d'une telle opération,
Prenant note de la lettre datée du 8 avril
2014 adressée au Conseil de sécurité par le
Président de la République centrafricaine,
Constatant que la situation en République
centrafricaine constitue une menace contre la paix et la sécurité
internationales dans la région, Agissant en vertu du Chapitre VII de
la Charte des Nations Unies,
Processus politique
1. Se félicite de la nomination par le
Conseil national de transition, le 20 janvier 2014, de Catherine Samba-Panza
aux fonctions de Chef de l'État de transition et de la nomination
d'André Nzapayeke à celles de Premier Ministre de transition,
ainsi que de la formation d'un gouvernement de transition;
2. Salue le rôle important joué par la
région sous l'impulsion de la CEEAC, et en particulier la
médiation exercée par le Congo, lors de la convocation, les 9 et
10 janvier 2014 à N'Djamena, d'une réunion des responsables
gouvernementaux, membres du Conseil national de transition et
représentants de la société civile de la République
centrafricaine aux fins de pourparlers sur la transition politique dans le
pays, sous les auspices du Gouvernement tchadien en sa qualité de
Président en exercice de la Communauté, au cours desquels les
dirigeants du gouvernement de transition de l'époque se sont
démis de leurs fonctions, et engage la CEEAC à continuer, sous la
conduite de son Président et de son Médiateur, de jouer le
rôle attendu d'elle dans l'appui international au processus politique en
République centrafricaine;
3. Réaffirme son soutien à l'Accord de
Libreville du 11 janvier 2013, à la Déclaration de N'Djamena du
18 avril 2013 et à la Charte constitutionnelle de transition du 18
juillet 2013; 4. Se félicite des mesures initiales prises par
l'Union africaine et la CEEAC en vue de rétablir la paix et la
stabilité en République centrafricaine;
5. Souligne qu'il importe de préserver
l'unité et l'intégrité territoriale de la
République centrafricaine;
6. Exige de toutes les milices et de tous les groupes
armés qu'ils déposent les armes, mettent fin immédiatement
à toute forme de violence ou d'activité déstabilisante et
libèrent les enfants enrôlés dans leurs rangs;
7. Se félicite de l'appel lancé par le
Secrétaire général en faveur de la redynamisation et de
l'accélération du processus politique et de réconciliation
pour créer les conditions de sortie de conflit, demande à cet
égard aux autorités de transition de manifester leur
adhésion à ces processus et de prendre des mesures
concrètes pour les appuyer, et souligne par ailleurs l'importance de la
société civile dans la redynamisation de ces processus;
8. Demande instamment, dans ce contexte, aux
autorités de transition d'accélérer les préparatifs
en vue de la tenue d'élections présidentielle et
législatives libres, régulières, transparentes et ouvertes
à tous au plus tard en février 2015 et d'entamer sans tarder les
préparatifs et de prendre les mesures concrètes qui s'imposent
à cette fin, notamment avec la mise en place d'urgence d'un cadre de
conciliation comme prévu dans le communiqué du sommet de la CEEAC
de janvier 2014, le lancement d'un dialogue politique ouvert à tous sur
le dispositif électoral et la mise au point du cadre juridique et
technique nécessaire, et insiste également sur le fait que les
déplacés et les réfugiés centrafricains doivent
participer aux élections et que leur retour doit être
considéré comme un objectif majeur;
9. Engage les États Membres et les
organisations internationales et régionales à fournir rapidement
un appui concret aux autorités de transition de la République
centrafricaine, notamment à verser des contributions pour le paiement
des salaires et la couverture d'autres besoins à leur charge;
10. Encourage les autorités de transition,
appuyées par les principaux membres du Groupe de contact international,
à prendre des mesures immédiates visant à relancer le
processus politique en arrêtant certains paramètres essentiels
pouvant comprendre la création éventuelle d'un mécanisme
international dans lequel interviendraient les principales parties prenantes,
à savoir l'Union africaine, la CEEAC, l'Organisation des Nations Unies
et l'Union européenne, et les institutions financières
internationales intéressées, en vue d'accompagner la transition
dans le respect de la souveraineté de la République
centrafricaine, et prie le Secrétaire général de lui faire
rapport sur les avancées à ce sujet;
11. Engage les autorités de transition,
agissant avec le concours de la communauté internationale et en
particulier avec les institutions financières internationales, qui
pilotent l'action internationale, à mettre en place, compte tenu des
objectifs cruciaux de consolidation de la paix et d'édification de
l'État, des mécanismes de renforcement de la gestion des finances
publiques et de la responsabilité financière, englobant le
recouvrement des recettes fiscales, le contrôle des dépenses et
les pratiques en matière de passation de marchés publics et
d'attribution de concessions, en s'appuyant sur les données
d'expérience internationales en la matière dans le sens de
l'appropriation nationale et du respect de la souveraineté de la
République centrafricaine;
12. Réaffirme que tous les auteurs de
violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme et
exactions doivent être traduits en justice et que certains des actes
commis sont de nature à constituer des crimes au regard du Statut de
Rome de la Cour pénale internationale, auquel la République
centrafricaine est partie, rappelle les déclarations faites par la
Procureure de la Cour les 7 août et 9 décembre 2013, note que la
Procureure de la Cour a décidé de procéder à un
examen préliminaire des crimes qui auraient été commis en
République centrafricaine depuis septembre 2012, et se félicite
de la coopération apportée par les autorités de transition
à cet égard;
13. Demande à toutes les parties au conflit
armé en République centrafricaine, y compris les anciens
éléments de la Séléka et les éléments
«antiBalaka », d'interdire expressément toutes
violations et sévices commis contre des enfants, en violation du droit
international applicable (recrutement, emploi, viol et violence sexuelle,
meurtre et mutilation, enlèvements et attaques contre des écoles
et des hôpitaux), et demande également aux autorités de
transition de prendre des engagements précis, et de les respecter, pour
que, lorsqu'il est fait état de violations et de sévices, des
enquêtes soient ouvertes dans les meilleurs délais afin d'amener
les auteurs à répondre de leurs actes, et de veiller à ce
que les responsables de ces violations et sévices soient exclus du
secteur de la sécurité;
14. Exige de nouveau de toutes les parties qu'elles
protègent et considèrent comme victimes les enfants
libérés ou séparés des forces armées et des
groupes armés, et souligne qu'il faut accorder une attention
particulière à la protection, à la libération et
à la réintégration de tous les enfants associés
à des forces et des groupes armés;
15. Demande à toutes les parties au conflit
armé en République centrafricaine, y compris les anciens
éléments de la Séléka et les éléments
« antiBalaka », d'interdire expressément toute
violence sexuelle et sexiste, et demande également aux autorités
de transition de prendre des engagements précis, et de les respecter,
pour que, lorsqu'il est fait état de telles violences, des
enquêtes soient ouvertes dans les meilleurs délais afin d'amener
les auteurs à répondre de leurs actes dans ce sens,
conformément aux résolutions 1960 (2010) et 2106 (2013), et de
permettre aux victimes de violences sexuelles d'accéder
immédiatement aux services disponibles;
Transition vers une opération de maintien de la
paix
16. Note l'appel lancé par le
Secrétaire général en faveur du renforcement de l'appui
à la MISCA, et en particulier des capacités dans les domaines de
la mobilité aérienne et terrestre, des systèmes
d'information et de communication, du renseignement, des installations
médicales et de la logistique et du soutien autonome, y compris la
fourniture urgente d'éléments habilitants, et en faveur de
l'amélioration continue des mécanismes de commandement et de
contrôle des forces internationales opérant en République
centrafricaine;
17. Prend note avec satisfaction de l'appel
lancé par le Secrétaire général en faveur de
l'augmentation des effectifs militaires sur le terrain et, à ce propos,
se félicite que le Gouvernement français ait annoncé, le
14 février 2014, l'envoi et le déploiement d'effectifs militaires
supplémentaires, que le Conseil de paix et de sécurité de
l'Union africaine ait décidé, le 21 mars 2014, d'autoriser le
déploiement de personnels de police supplémentaires et de
capacités spécialisées, que des dispositions aient
été prises pour la mise en oeuvre rapide de cette
décision, et que des contributions aient été faites par
les États membres de l'Union européenne, ayant abouti à la
décision du Conseil de l'Union européenne le 1er avril 2014 de
lancer l'opération EUFOR RCA;
Opération de maintien de la paix
18. Décide de créer la Mission
multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la
stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à compter de
la date d'adoption de la présente résolution pour une
période initiale venant à expiration le 30 avril 2015;
19. Prie le Secrétaire général
de fondre au sein de la MINUSCA le Bureau intégré des Nations
Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine
(BINUCA) à compter de la date d'adoption de la présente
résolution et d'assurer la transition sans heurt du BINUCA à la
MINUSCA;
20. Décide qu'à compter du 15 septembre
2014, la MINUSCA comprendra initialement un effectif militaire de 10 000
hommes, dont 240 observateurs militaires et 200 officiers d'état-major,
et un effectif de police de 1 800 hommes, dont 1 400 membres d'unités de
police constituées et 400 policiers, et 20 agents pénitentiaires,
demande aux États Membres de fournir des contingents et du personnel de
police dotés des capacités et de l'équipement
nécessaires pour aider la MINUSCA à fonctionner et à
s'acquitter de ses responsabilités efficacement, et prie le
Secrétaire général de recruter un personnel
qualifié justifiant des compétences, du niveau d'instruction, de
l'expérience professionnelle et des aptitudes linguistiques requises
pour s'acquitter des tâches décrites aux paragraphes 30 et 31,
compte tenu de la nécessité de communiquer des informations et
d'apporter une assistance technique de la manière la plus accessible
possible aux intéressés;
21. Décide en outre que le transfert de
responsabilités de la MISCA à la MINUSCA s'effectuera le 15
septembre 2014 et que, pendant la période à partir de l'adoption
de la présente résolution à ce transfert de
responsabilités, la MINUSCA exécutera les tâches prescrites
aux paragraphes 30 et 31 au moyen de sa composante civile, la MISCA devant
continuer à accomplir son mandat prévu par la résolution
2127 (2013), et que, dès le 15 septembre 2014, la MINUSCA commencera
à exécuter, au moyen de ses composantes militaire et de police,
les tâches prescrites aux paragraphes 30 et 31 ci-après;
22. Prie le Secrétaire général
d'affecter à la MINUSCA autant de membres du personnel militaire et de
police de la MISCA que possible et selon les normes en vigueur à l'ONU,
en coordination étroite avec l'Union africaine et la CEEAC et à
compter du 15 septembre 2014, conformément à sa politique de
vérification des antécédents de respect des droits de
l'homme du personnel travaillant pour les Nations Unies;
23. Autorise le Secrétaire
général, sans préjudice des dispositions du paragraphe 18
ci-dessus, à déployer au sein de la MINUSCA avant le 15 septembre
2014 des éléments habilitants militaires, y compris en en
transférant depuis d'autres opérations de maintien de la paix qui
réduisent leurs effectifs et dans le cadre de la coopération
entre missions, dans la mesure nécessaire pour renforcer les composantes
militaires et de police de la MINUSCA et leur permettre de s'acquitter
dès le 15 septembre 2014 des tâches qui leur ont été
confiées, et prie en outre le Secrétaire général de
déployer les éléments habilitants nécessaires par
la passation de contrats, aux mêmes fins;
24. Prie le Secrétaire général
de prendre toutes les mesures possibles, notamment en usant pleinement des
pouvoirs existants, et à sa discrétion, pour
accélérer le déploiement des moyens civils et militaires
de la MINUSCA en République centrafricaine, de manière à
répondre au mieux aux attentes du Conseil et aux besoins des
Centrafricains et le prie de prendre les mesures nécessaires pour rendre
la MINUSCA prête à commencer ses activités;
25. Demande au Secrétaire
général de transférer l'unité de gardes,
conformément à son mandat initial approuvé par la lettre
du Président du Conseil de sécurité en date du 29 octobre
2013, du BINUCA à la MINUSCA de la date d'adoption de la présente
résolution au 15 septembre 2014, et décide que de la date
d'adoption de la présente résolution au 15 septembre 2014, le
mandat de l'unité de gardes tel qu'approuvé dans ladite lettre
demeurera inchangé;
26. Invite le Secrétaire général
à déployer, en étroite coordination avec l'Union
africaine, une équipe de transition chargée de mettre sur pied la
MINUSCA et d'assurer le transfert de responsabilités sans heurt de la
MISCA à la MINUSCA d'ici au 15 septembre 2014, et à prendre
toutes les mesures nécessaires pour préparer et positionner la
MISCA, dès que possible, pour son passage sous commandement d'une
opération de maintien de la paix des Nations Unies;
27. Demande au Secrétaire
général de lui présenter, à l'issue d'une mission
conjointe menée avec l'Union africaine, le 15 août 2014 au plus
tard, des informations actualisées sur l'état des
préparatifs en vue du transfert sans heurt de responsabilités de
la MISCA à la MINUSCA d'ici au 15 septembre 2014;
28. Prie le Secrétaire général
de nommer un Représentant spécial pour la République
centrafricaine et chef de la MINUSCA, sous l'autorité
générale duquel, à compter de la date de sa nomination,
seront placées la coordination et la conduite de toutes les
activités du système des Nations Unies en République
centrafricaine;
29. Autorise la MINUSCA à utiliser tous les
moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses
capacités et dans ses zones de déploiement;
30. Décide que le mandat de la MINUSCA sera
axé initialement sur les tâches prioritaires ci-après :
a) Protection des civils
i) Protéger, sans préjudice de la
responsabilité principale des autorités de transition, la
population civile du risque d'atteinte à l'intégrité
physique, dans les limites de ses moyens et de ses zones de déploiement,
notamment grâce à des patrouilles actives; ii) Assurer une
protection particulière aux femmes et aux enfants touchés par le
conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour la
protection de l'enfance et des conseillers pour la protection des femmes; iii)
Recenser et constater les menaces et les attaques contre la population civile,
notamment en entretenant des contacts réguliers avec elle et en
collaborant étroitement avec les organismes humanitaires et de
défense des droits de l'homme; iv) Définir, exploiter et mettre
en oeuvre, en consultation étroite avec les organismes humanitaires et
de défense des droits de l'homme et d'autres partenaires
compétents, une stratégie de protection à l'échelle
de la mission;
b) Appui à la mise en oeuvre de la
transition, y compris les efforts en faveur de l'extension de
l'autorité de l'État et du maintien de l'intégrité
territoriale i) Jouer un rôle de premier plan dans les efforts
internationaux visant à assister les autorités de transition, en
collaborant avec la CEEAC, l'Union africaine, les parties prenantes et la
communauté internationale, en concevant, facilitant, coordonnant et
fournissant une assistance technique pour soutenir la transition politique et
le processus électoral; ii) Offrir ses bons offices et un appui
politique aux efforts visant à s'attaquer aux causes profondes du
conflit et à instaurer durablement la paix et la sécurité
en République centrafricaine; iii) Apporter un soutien adéquat,
en coordination avec les autorités de transition, et compte tenu des
risques sur le terrain, pour que soit assurée la sécurité
des principales parties prenantes nationales, notamment des membres du
Gouvernement de transition; iv) Aider les autorités de transition dans
le cadre des processus nationaux et locaux de médiation et de
réconciliation, en coopération avec les organismes
régionaux et locaux compétents et les chefs religieux, notamment
par le biais d'un dialogue national ouvert à tous, de la justice
transitionnelle et de mécanismes de règlement des conflits, tout
en assurant la participation pleine et effective des femmes; v)
Définir, favoriser et fournir l'assistance technique nécessaire
au processus électoral et procéder à tous les
préparatifs utiles, à l'appui des autorités de transition
et en collaborant d'urgence avec l'Autorité nationale des
élections, en vue de la tenue, au plus tard en février 2015,
d'élections libres, régulières, transparentes et ouvertes
à tous, auxquelles les femmes participeront pleinement et effectivement
à tous les niveaux, et dès le début, et auxquelles
prendront également part les déplacés et les
réfugiés centrafricains; vi) Favoriser et soutenir l'extension
rapide de l'autorité de l'État;
c) Faciliter l'acheminement immédiat,
complet, en toute sécurité et sans entrave, de toute l'aide
humanitaire Contribuer, notamment grâce à une coordination
civilo-militaire efficace et en étroite collaboration avec les acteurs
humanitaires, à l'instauration d'un climat de sécurité en
vue de l'acheminement immédiat, complet, en toute sécurité
et sans entrave, sous la direction de civils, de toute l'aide humanitaire,
conformément aux principes de l'ONU régissant l'action
humanitaire et aux dispositions pertinentes du droit international, et du
rapatriement librement consenti et durable, en toute sécurité et
en toute dignité, des déplacés et des
réfugiés en étroite coopération avec les
intervenants humanitaires;
d) Protection du personnel et des biens des Nations
Unies Protéger le personnel, les installations et le
matériel des Nations Unies et assurer la sécurité et la
liberté de circulation du personnel des Nations Unies et du personnel
associé;
e) Promotion et protection des droits de l'homme i)
Surveiller les violations du droit international humanitaire et des droits de
l'homme et exactions sur l'ensemble du territoire de la République
centrafricaine, notamment par différents groupes armés, dont les
anciens éléments de la Séléka et les
éléments « anti-Balaka », concourir aux enquêtes
et faire rapport publiquement au Conseil de sécurité à ce
sujet, et contribuer aux actions d'identification et de poursuite des auteurs,
ainsi que de prévention de ces atteintes et violations, notamment par le
déploiement d'observateurs des droits de l'homme; ii) Surveiller
particulièrement les violations et sévices commis contre les
femmes et les enfants, y compris toutes les formes de violences sexuelles
commises en période de conflit armé, concourir aux enquêtes
et faire rapport à ce sujet, et contribuer aux efforts visant à
identifier et poursuivre les auteurs de tels actes, et à prévenir
de telles violations et sévices; iii) Soutenir la Commission
internationale d'enquête et favoriser la mise en oeuvre de ses
recommandations; iv) Aider les autorités de transition à
protéger et à promouvoir les droits de l'homme;
f) Action en faveur de la justice nationale et
internationale et de l'état de droit i) Prêter un appui et
travailler avec les autorités de transition pour arrêter et
traduire en justice les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre
l'humanité commis dans le pays, notamment en coopérant avec les
États de la région et avec la Cour pénale internationale;
ii) Concourir à renforcer, notamment par l'assistance technique, les
capacités de l'appareil judiciaire du pays, et des institutions
nationales de défense des droits de l'homme, et contribuer aux efforts
de réconciliation nationale, en coordonnant son action avec l'Experte
indépendante, selon qu'il conviendra; iii) Appuyer et coordonner
l'assistance internationale fournie à la police, à la justice et
aux institutions pénitentiaires pour remettre sur pied le système
de justice pénale, dans le cadre du rôle dévolu au
Coordonnateur des Nations Unies pour l'état de droit, notamment par le
biais d'une assistance en faveur du maintien de la sécurité et de
l'ordre publics, d'une manière qui privilégie l'encadrement
civil, l'impartialité et la protection des droits de l'homme, et
concourir au rétablissement et au maintien de la sécurité
publique et de l'état de droit, notamment par la présence de la
Police des Nations Unies autorisée au paragraphe 20 ci-dessus et la
fourniture d'assistance par celle-ci;
g) Désarmement, démobilisation,
réintégration et rapatriement i) Aider les
autorités de transition à élaborer et à mettre en
oeuvre une stratégie révisée de désarmement, de
démobilisation, de réintégration et de rapatriement des
ex-combattants et éléments armés pour traduire les
nouvelles réalités sur le terrain, tout en accordant une
attention particulière aux besoins des enfants associés à
des forces et groupes armés, et appuyer le rapatriement des
éléments étrangers; ii) Aider les autorités de
transition à élaborer et à exécuter des programmes
de lutte contre la violence communautaire; iii) Regrouper et cantonner les
combattants, et confisquer et détruire, selon qu'il convient, les armes
et munitions de ceux qui refusent de les déposer;
31. Décide également que le mandat de la
MINUSCA comprendra les tâches supplémentaires ci-après
si les circonstances le permettent, et demande au Secrétariat de
commencer à les planifier : a) Appuyer la réforme du secteur de
la sécurité et les procédures d'agrément et de
sélection, notamment en fournissant des conseils stratégiques et
en coordonnant l'assistance technique et la formation; b) Coordonner
l'assistance internationale, comme il convient; c) Aider, dans la limite de
ses capacités, le Comité créé par le paragraphe 57
de la résolution 2127 (2013) et le Groupe d'experts créé
par la même résolution, notamment en leur communiquant les
renseignements utiles à l'exécution de leur mandat; d)
Surveiller l'application des mesures imposées par le paragraphe 54 de la
résolution 2127 (2013), en coopération avec le Groupe d'experts
créé par la résolution 2127 (2013), notamment en
inspectant, s'il le juge nécessaire et le cas échéant sans
préavis, toutes armes et munitions et tout matériel connexe,
où qu'ils se trouvent, et tenir les autorités de transition
informées des efforts déployés pour empêcher les
groupes armés d'exploiter les ressources naturelles; e) Saisir et
collecter les armes et tout matériel connexe transférés en
République centrafricaine en violation des mesures imposées par
le paragraphe 54 de la résolution 2127 (2013), les enregistrer et les
éliminer selon qu'il conviendra;
32. Demande à la MINUSCA de coordonner ses
opérations avec celles de la Force régionale d'intervention
créée par l'Union africaine pour lutter contre l'Armée de
résistance du Seigneur, et l'invite à échanger les
informations pertinentes avec elle et les organisations non gouvernementales
engagées dans la lutte contre la menace que représente
l'Armée de résistance du Seigneur;
33. Prie les autorités de transition et les
partenaires internationaux et les entités des Nations Unies
concernées, agissant en coordination avec la MINUSCA, de s'attaquer au
transfert illicite, à l'accumulation déstabilisatrice et au
détournement d'armes légères et de petit calibre en
République centrafricaine, et d'assurer de façon sûre et
efficace la gestion, l'entreposage et la sécurité des stocks
d'armes légères et de petit calibre, ainsi que la collecte et/ou
la destruction des stocks excédentaires et des armes et munitions
saisies, non marquées ou détenues illicitement, et souligne
à quel point il importe d'intégrer ces éléments
à la réforme du secteur de la sécurité et aux
programmes de désarmement, démobilisation et
réintégration, et rapatriement;
34. Prie la MINUSCA de tenir pleinement compte, dans
tous les aspects de son mandat, de la question transversale que constitue la
protection de l'enfance et d'aider les autorités de transition à
garantir que la protection des droits de l'enfant soit prise en compte,
notamment dans les opérations de désarmement,
démobilisation et réinsertion, et rapatriement, et dans la
réforme du secteur de la sécurité, afin de mettre un terme
aux violations et sévices commis contre les enfants, et de les
prévenir;
35. Prie également la MINUSCA de tenir
pleinement compte, dans tous les aspects de son mandat, de la question
transversale que constitue la problématique hommes-femmes et d'aider les
autorités de transition à garantir la contribution, la
participation et la représentation pleine et effective des femmes dans
tous les domaines et à tous les niveaux, y compris dans les
activités de stabilisation, la réforme du secteur de la
sécurité et les opérations de désarmement,
démobilisation et réintégration, et rapatriement, ainsi
que dans le dialogue politique national et les consultations
électorales, notamment en fournissant des conseillers
spécialisés dans la problématique hommes-femmes, et prie
en outre la MINUSCA de lui faire rapport en détail sur cette question;
36. Prie en outre la MINUSCA d'apporter son
assistance, dans la limite de ses ressources et de son mandat, aux efforts
politiques déployés par l'Union africaine et la CEEAC à
l'appui de la transition, une fois achevé le transfert d'autorité
de la MISCA à la MINUSCA;
37. Décide que la MISCA, la MINUSCA, l'EUFOR
RCA, la Force régionale d'intervention de l'Union africaine et les
forces françaises présentes en République centrafricaine
sont exclues, pour l'exécution de leurs mandats, du champ d'application
des mesures imposées au paragraphe 54 de la résolution 2127
(2013), et prie ces forces de l'informer, dans les rapports qu'elles lui
adressent régulièrement, des mesures qu'elles prennent dans ce
cadre;
38. Prie le Secrétaire général
de prendre les dispositions nécessaires pour que la MINUSCA applique
pleinement la politique de tolérance zéro de l'Organisation des
Nations Unies à l'égard de l'exploitation et des agressions
sexuelles et de l'informer de tout acte de cette nature, et note la pertinence
des directives concernant les rapports entre fonctionnaires des Nations Unies
et personnes objet d'un mandat d'arrêt ou d'une citation à
comparaître devant la Cour pénale internationale;
39. Demande à la MINUSCA de veiller à
ce que tout appui fourni à des forces de sécurité non
onusiennes soit strictement conforme à la politique de diligence voulue
en matière de droits de l'homme dans le contexte de la fourniture
d'appui par l'ONU à des forces de sécurité non onusiennes,
et prie le Secrétaire général de faire figurer dans les
rapports qu'il lui adresse des informations sur tout appui de ce type;
40. Décide que la MINUSCA pourrait, sur
demande formelle des autorités de transition et dans les limites de ses
capacités et de ses zones de déploiement, adopter, à titre
exceptionnel et sans constituer de précédent ni remettre en cause
les principes agréés régissant les opérations de
maintien de la paix, dans des zones où les forces de
sécurité nationale ne sont pas présentes ou ne sont pas
opérationnelles, des mesures temporaires d'urgence de portée
limitée, assorties de délais et compatibles avec les objectifs
énoncés aux alinéas a) et f) du paragraphe 30 cidessus,
pour maintenir l'ordre public fondamental et lutter contre l'impunité,
et prie le Secrétaire général de lui faire rapport sur
toute mesure ayant été adoptée sur cette base;
41. Prie le Secrétaire général
et les autorités de transition centrafricaines de conclure, dans les 30
jours suivant l'adoption de la présente résolution, un accord sur
le statut des forces relatif à la MINUSCA en tenant compte de la
résolution 58/82 de l'Assemblée générale sur la
portée de la protection juridique offerte par la Convention sur la
sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel
associé, et décide que l'accord type sur le statut des forces
pour les opérations de maintien de la paix en date du 9 octobre 1990
(A/45/594) s'appliquera provisoirement en attendant la conclusion de cet
accord;
42. Souligne que la MISCA, l'EUFOR RCA et les forces
françaises présentes en République centrafricaine doivent
agir, dans l'exécution de leurs mandats, en respectant pleinement la
souveraineté, l'intégrité territoriale et l'unité
de la République centrafricaine ainsi que les dispositions applicables
du droit international humanitaire, du droit international des droits de
l'homme et du droit international des réfugiés, et rappelle
l'importance de la formation à cet égard;
Liberté de mouvement de la MINUSCA
43. Exhorte toutes les parties en République
centrafricaine à apporter un concours plein et entier au
déploiement et aux activités de la MINUSCA, notamment en assurant
la sûreté et la sécurité de celle-ci et sa
liberté de mouvement, avec accès immédiat et sans entrave
à tout le territoire de la République centrafricaine, pour
permettre à la Mission de s'acquitter de l'intégralité de
son mandat; 44. Demande aux États Membres, en particulier à ceux
de la région, de garantir la libre circulation, sans entrave ni retard,
à destination et en provenance de la République centrafricaine,
de l'ensemble du personnel, du matériel, des vivres et fournitures et
autres biens, y compris les véhicules et les pièces
détachées, destinés à l'usage exclusif et officiel
de la MINUSCA;
Accès humanitaire
45. Enjoint toutes les parties à autoriser et
faciliter le libre accès, sécurisé et sans délai,
de l'assistance humanitaire destinée aux personnes qui en ont besoin, en
particulier aux personnes déplacées, sur l'ensemble du territoire
de la République centrafricaine, dans le respect des principes
directeurs concernant l'aide humanitaire et des dispositions pertinentes du
droit international;
Appel humanitaire
46. Se félicite de l'appel humanitaire,
déplore l'insuffisance du financement actuel, et demande aux
États Membres et aux organisations internationales et régionales
d'y répondre rapidement en augmentant leurs contributions et en
s'assurant que tous les engagements pris soient honorés pleinement;
Forces françaises
47. Autorise les forces françaises à
utiliser, dans les limites de leurs capacités et zones de
déploiement, depuis le démarrage des activités de la
MINUSCA jusqu'à l'expiration de son mandat conformément à
la présente résolution, tous les moyens nécessaires pour
apporter un appui opérationnel aux éléments de la MINUSCA,
à compter de la date d'adoption de la présente résolution,
à la demande du Secrétaire général, et prie la
France de lui faire rapport sur l'exécution de ce mandat à
compter du 15 septembre 2014 et de coordonner ses rapports avec ceux du
Secrétaire général dont il est question au paragraphe 50
de la présente résolution;
Suivi
48. Rappelle la déclaration de son
Président en date du 5 août 2009, par laquelle il a demandé
que lorsqu'une nouvelle mission de maintien de la paix ou une modification
importante du mandat d'une mission est envisagée, une estimation des
incidences en matière de ressources pour la Mission lui soit
communiquée;
49. Salue la recommandation du Secrétaire
général selon laquelle les objectifs et priorités d'une
opération des Nations Unies et, partant, sa configuration, ses
activités et ressources connexes devraient être adaptés au
fil du temps à la situation sur le terrain, et le prie à cet
égard, dans le premier rapport qu'il lui présentera, de
réactualiser le concept de la mission, en définissant notamment
son concept d'opérations et les critères régissant la
suite de son mandat, et de dégager une stratégie de sortie qui
sera arrêtée à l'issue de l'adoption de la présente
résolution, y compris en fournissant les informations financières
nécessaires, de sorte qu'il puisse en suivre la mise en oeuvre;
50. Prie le Secrétaire général
de le tenir régulièrement informé de la situation en
République centrafricaine et de l'exécution du mandat de la
MINUSCA, de lui rendre compte, le 1er août 2014, et tous les quatre mois
à partir de cette date, et de lui faire, dans les rapports qu'il lui
soumettra, des mises à jour et des recommandations sur la mise en oeuvre
dynamique des tâches prescrites à la MINUSCA, notamment en
fournissant les données financières appropriées, des
informations sur la situation sécuritaire, sur l'évolution des
éléments politiques prioritaires définis plus haut et sur
les progrès accomplis dans la mise en place des mécanismes et des
moyens de promotion de la bonne gouvernance et de la saine gestion
budgétaire, des renseignements utiles sur l'évolution de la
situation des droits de l'homme et du droit international humanitaire, et sur
la promotion et protection de ces droits, ainsi que le bilan des effectifs
militaires et de police, de la constitution des forces et du déploiement
de tous les éléments constitutifs de la Mission;
51. Décide de rester activement saisi de la
question.
ANNEXE III : Extrait
de la Charte des Nations Unies de 1945
CHAPITRE VII : ACTION EN CAS DE MENACE CONTRE LA PAIX,
DE RUPTURE DE LA PAIX ET D'ACTE D'AGRESSION
Article 39
Le Conseil de sécurité constate l'existence
d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression
et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises
conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la
paix et la sécurité internationales.
Article 40
Afin d'empêcher la situation de s'aggraver, le Conseil
de sécurité, avant de faire les recommandations ou de
décider des mesures à prendre conformément à
l'Article 39, peut inviter les parties intéressées à se
conformer aux mesures provisoires qu'il juge nécessaires ou
souhaitables. Ces mesures provisoires ne préjugent en rien les droits,
les prétentions ou la position des parties intéressées. En
cas de non-exécution de ces mesures provisoires, le Conseil de
sécurité tient dûment compte de cette
défaillance.
Article 41
Le Conseil de sécurité peut décider
quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent
être prises pour donner effet à ses décisions, et peut
inviter les Membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. Celles-ci
peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations
économiques et des communications ferroviaires, maritimes,
aériennes, postales, télégraphiques,
radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la
rupture des relations diplomatiques.
Article 42
Si le Conseil de sécurité estime que les mesures
prévues à l'Article 41 seraient inadéquates ou qu'elles se
sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de
forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge
nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la
sécurité internationales. Cette action peut comprendre des
démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations
exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres
de Membres des Nations Unies.
Article 43
1. Tous les Membres des Nations Unies, afin de contribuer au
maintien de la paix et de la sécurité internationales, s'engagent
à mettre à la disposition du Conseil de sécurité,
sur son invitation et conformément à un accord spécial ou
à des accords spéciaux, les forces armées, l'assistance et
les facilités, y compris le droit de passage, nécessaires au
maintien de la paix et de la sécurité internationales.
2. L'accord ou les accords susvisés fixeront les
effectifs et la nature de ces forces, leur degré de préparation
et leur emplacement général, ainsi que la nature des
facilités et de l'assistance à fournir.
3. L'accord ou les accords seront négociés
aussitôt que possible, sur l'initiative du Conseil de
sécurité. Ils seront conclus entre le Conseil de
sécurité et des Membres de l'Organisation, ou entre le Conseil de
sécurité et des groupes de Membres de l'Organisation, et devront
être ratifiés par les Etats signataires selon leurs règles
constitutionnelles respectives.
Article 44
Lorsque le Conseil de sécurité a
décidé de recourir à la force, il doit, avant d'inviter un
Membre non représenté au Conseil à fournir des forces
armées en exécution des obligations contractées en vertu
de l'Article 43, convier ledit Membre, si celui-ci le désire, à
participer aux décisions du Conseil de sécurité touchant
l'emploi de contingents des forces armées de ce Membre.
Article 45
Afin de permettre à l'Organisation de prendre d'urgence
des mesures d'ordre militaire, des Membres des Nations Unies maintiendront des
contingents nationaux de forces aériennes immédiatement
utilisables en vue de l'exécution combinée d'une action
coercitive internationale. Dans les limites prévues par l'accord
spécial ou les accords spéciaux mentionnés à
l'Article 43, le Conseil de sécurité, avec l'aide du
Comité d'état-major, fixe l'importance et le degré de
préparation de ces contingents et établit des plans
prévoyant leur action combinée.
Article 46
Les plans pour l'emploi de la force armée sont
établis par le Conseil de sécurité avec l'aide du
Comité d'état-major.
Article 47
1. Il est établi un Comité d'état-major
chargé de conseiller et d'assister le Conseil de sécurité
pour tout ce qui concerne les moyens d'ordre militaire nécessaires au
Conseil pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
l'emploi et le commandement des forces mises à sa disposition, la
réglementation des armements et le désarmement
éventuel.
2. Le Comité d'état-major se compose des chefs
d'état-major des membres permanents du Conseil de sécurité
ou de leurs représentants. Il convie tout Membre des Nations Unies qui
n'est pas représenté au Comité d'une façon
permanente à s'associer à lui, lorsque la participation de ce
Membre à ses travaux lui est nécessaire pour la bonne
exécution de sa tâche.
3. Le Comité d'état-major est responsable, sous
l'autorité du Conseil de sécurité, de la direction
stratégique de toutes forces armées mises à la disposition
du Conseil. Les questions relatives au commandement de ces forces seront
réglées ultérieurement.
4. Des sous-comités régionaux du Comité
d'état-major peuvent être établis par lui avec
l'autorisation du Conseil de sécurité et après
consultation des organismes régionaux appropriés.
Article 48
1. Les mesures nécessaires à l'exécution
des décisions du Conseil de sécurité pour le maintien de
la paix et de la sécurité internationales sont prises par tous
les Membres des Nations Unies ou certains d'entre eux, selon
l'appréciation du Conseil.
2. Ces décisions sont exécutées par les
Membres des Nations Unies directement et grâce à leur action dans
les organismes internationaux appropriés dont ils font partie.
Article 49
Les Membres des Nations Unies s'associent pour se prêter
mutuellement assistance dans l'exécution des mesures
arrêtées par le Conseil de sécurité.
Article 50
Si un Etat est l'objet de mesures préventives ou
coercitives prises par le Conseil de sécurité, tout autre Etat,
qu'il soit ou non Membre des Nations Unies, s'il se trouve en présence
de difficultés économiques particulières dues à
l'exécution desdites mesures, a le droit de consulter le Conseil de
sécurité au sujet de la solution de ces difficultés.
Article 51
Aucune disposition de la présente Charte ne porte
atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou
collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une
agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de
sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir
la paix et la sécurité internationales. Les mesures prises par
des Membres dans l'exercice de ce droit de légitime défense sont
immédiatement portées à la connaissance du Conseil de
sécurité et n'affectent en rien le pouvoir et le devoir qu'a le
Conseil, en vertu de la présente Charte, d'agir à tout moment de
la manière qu'il juge nécessaire pour maintenir ou
rétablir la paix et la sécurité internationales.
CHAPITRE VIII : ACCORDS RÉGIONAUX
Article 52
1. Aucune disposition de la présente Charte ne s'oppose
à l'existence d'accords ou d'organismes régionaux destinés
à régler les affaires qui, touchant au maintien de la paix et de
la sécurité internationales, se prêtent à une action
de caractère régional, pourvu que ces accords ou ces organismes
et leur activité soient compatibles avec les buts et les principes des
Nations Unies.
2. Les Membres des Nations Unies qui concluent ces accords ou
constituent ces organismes doivent faire tous leurs efforts pour régler
d'une manière pacifique, par le moyen desdits accords ou organismes, les
différends d'ordre local, avant de les soumettre au Conseil de
sécurité.
3. Le Conseil de sécurité encourage le
développement du règlement pacifique des différends
d'ordre local par le moyen de ces accords ou de ces organismes
régionaux, soit sur l'initiative des Etats intéressés,
soit sur renvoi du Conseil de sécurité.
4. Le présent Article n'affecte en rien l'application
des Articles 34 et 35.
Article 53
1. Le Conseil de sécurité utilise, s'il y a
lieu, les accords ou organismes régionaux pour l'application des mesures
coercitives prises sous son autorité. Toutefois, aucune action
coercitive ne sera entreprise en vertu d'accords régionaux ou par des
organismes régionaux sans l'autorisation du Conseil de
sécurité; sont exceptées les mesures contre tout Etat
ennemi au sens de la définition donnée au paragraphe 2 du
présent Article, prévues en application de l'Article 107 ou dans
les accords régionaux dirigés contre la reprise, par un tel Etat,
d'une politique d'agression, jusqu'au moment où l'Organisation pourra,
à la demande des gouvernements intéressés, être
chargée de la tâche de prévenir toute nouvelle agression de
la part d'un tel Etat.
2. Le terme « Etat ennemi », employé au
paragraphe 1 du présent Article, s'applique à tout Etat qui, au
cours de la seconde guerre mondiale, a été l'ennemi de l'un
quelconque des signataires de la présente Charte.
Article 54
Le Conseil de sécurité doit, en tout temps,
être tenu pleinement au courant de toute action entreprise ou
envisagée, en vertu d'accords régionaux ou par des organismes
régionaux, pour le maintien de la paix et de la sécurité
internationales.
BIBLIOGRAPHIE
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13- NDJOCK BAPAH (G.A.),
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15- VALERIE (P.),
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16- VILLANI (U.),
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IV- LES INSTRUMENTSJURIDIQUES
A- LA CHARTE DES NATIONS UNIES, 1945.
B- LES RÉSOLUTIONS DU CONSEIL DE
SÉCURITÉ :
· La résolution 2121, relative à la
création du Comité des sanctions adoptées par le Conseil
de Sécurité à sa 7071ème
séance.
· La Résolution 2127 (2013)du 05 Décembre
2013, relative aux sanctions, adoptée par le Conseil de
sécurité à sa 7072e séance.
· La Résolution 2149 (2014)du 10 Avril 2014,
relative à la création de la MINUSCA,adoptée par le
Conseil de sécurité à sa 7153e séance.
TABLE DES
MATIÈRES
AVERTISSEMENT
i
DÉDICACE
ii
REMERCIEMENTS
iii
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
iv
RÉSUMÉ
vi
ABSTRACT vii
SOMMAIRE
vii
INTRODUCTION
GÉNÉRALE
1
I- LE CADRE CONCEPTUEL DE L'ÉTUDE
3
A- Le contexte de l'étude
4
B- La clarification terminologique
5
C- La délimitation du champ
d'étude
9
D- La revue de la littérature ou
état de la question
10
II- LE CADRE OPÉRATOIRE DE
L'ÉTUDE
13
A- L'intérêt de
l'étude
13
B- La problématique de la
recherche
13
C- L'hypothèse de la recherche
14
D- Les méthodes et techniques de la
recherche
15
E- Annonce du plan
17
PREMIÈRE PARTIE : LA
STABILISATION PROGRESSIVE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
18
CHAPITRE I : LA
RESTAURATION DE LA SÉCURITÉ DANS L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
20
SECTION 1 : L'ADOPTION DES MESURES COERCITIVES
VISANT L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
20
Paragraphe 1 : L'instauration de l'embargo
21
A- Le fondement juridique de l'embargo
21
B- La décision de l'embargo
22
Paragraphe 2 : L'application de l'embargo
22
A- L'embargo sur les armes et les
matériels connexes
23
B- L'embargo sur les forces de défense
et de sécurité nationales
24
SECTION 2 : L'ADOPTION DES MESURES COERCITIVES
VISANT LES ACTEURS NON-ÉTATIQUES
25
Paragraphe 1 : L'instauration de contraintes
financières et économiques
25
A- Les sanctions financières : le
gel des avoirs
25
B- La restriction sur le commerce des
ressources naturelles
27
Paragraphe 2 : L'instauration de mesures
relatives à la privation de liberté
28
A- L'interdiction de voyage
28
B- La délivrance du mandat
d'arrêt
29
CONCLUSION DU CHAPITRE I
31
CHAPITRE II : LA
RESTAURATION DE L'AUTORITÉ DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
32
SECTION 1 :LA RESTAURATION DE LA
SOUVERAINETÉ TERRITORIALE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
33
Paragraphe 1 : La protection des populations
civiles sur le territoire centrafricain
33
A- La mise en place des unités de
patrouilles
34
B- La sécurisation des sites des
déplacés internes
35
C- L'action humanitaire
36
Paragraphe 2 : Le désarmement des
groupes armés sur le territoire centrafricain
37
A- Le désarmement volontaire des
groupes armés
38
B- Le désarmement forcé des
groupes armés
39
SECTION 2 : LA RESTAURATION DE
L'AUTORITÉ MILITAIRE ET POLITICO-ADMINISTRATIVE DE L'ÉTAT
CENTRAFRICAIN
40
Paragraphe 1 : La restauration de
l'autorité militaire de l'État Centrafricain
40
A- L'appui à la formation des forces
de défense et de sécurité nationales
40
B- L'accompagnement des forces armées
centrafricaines dans les zones sous contrôles des groupes
armés
41
Paragraphe 2 : La restauration de
l'autorité politico-administrative de l'État Centrafricain
42
A- L'appui au processus électoral gage
de la stabilité politique en Centrafrique
43
B- L'appui institutionnel : De la
réhabilitation des infrastructures à l'installation des
autorités et agents de l'État
44
CONCLUSION DU CHAPITRE II
46
CONCLUSION DE LA PREMIÈRE
PARTIE
47
SECONDE PARTIE : LA
STABILISATION ENCORE RELATIVE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN
48
CHAPITRE I : LA
RELATIVITÉ LIÉE AUX CONTRAINTES INHÉRENTES À LA
MINUSCA
50
SECTION 1 : LES PRINCIPALES CONTRAINTES
D'INEFFICACITE DU MANDAT DE LA MINUSCA
50
Paragraphe 1 : Les incapacités technique
et diplomatique de la MINUSCA
50
A- L'incapacité diplomatico-juridique
de la MINUSCA
51
B- L'incapacité technique de la
MINUSCA
52
Paragraphe 2 : La complicité, la
réticence et l'hétérogénéité des
troupes onusiennes de la MINUSCA
53
A- La complicité et la
réticence des troupes onusiennes de la MINUSCA
53
B-
L'hétérogénéité des troupes onusiennes de
la MINUSCA
54
SECTION 2 : LES AUTRES FACTEURS INTERNES
D'INEFFICACITÉ DE L'APPLICATION DU MANDAT DE LA MINUSCA
55
Paragraphe 1 : Le manquement
d'équipement et le non-respect du principe d'impartialité des
forces onusiennes de la MINUSCA
55
A- Le non-respect du principe
d'impartialité par les forces onusiennes de la MINUSCA
..................................................................................................
55
B- Le manquement d'équipement et
l'insuffisance des forces onusiennes
56
Paragraphe 2 : La recherche de
l'intérêt au détriment de l'exécution du mandat de
la MINUSCA
57
A- L'exercice des activités
commerciales et exploitation illicite des ressources au détriment de la
mission confiée
57
B- La recherche de rémunération
en dollars et les abus sexuels
58
CONCLUSION DU CHAPITRE I
60
CHAPITRE II : LA
RELATIVITÉ LIÉE AUX CONTRAINTES EXTERNES À LA MINUSCA
61
SECTION 1 : LES CONTRAINTES LIÉES
À LA FAIBLESSE DE L'ÉTAT CENTRAFRICAIN ET L'INGÉRENCE DES
ÉTATS VOISINS
61
Paragraphe 1 : Les faiblesses de l'État
Centrafricain
62
A- Le manque de suivi et du contrôle
des sanctions imposées aux acteurs non-étatiques impliqués
dans la crise
62
B- L'affirmation difficile de la
souveraineté territoriale de l'État centrafricain
62
Paragraphe 2: L'ingérence des États
voisins
63
SECTION 2 : LES CONTRAINTES RELATIVES AUX
ÉTATS MEMBRES DE L'ONU ET AUX GRANDES PUISSANCES
64
Paragraphe 1 : Les interventions
instrumentalisées par les grandes puissances
65
A- Les enjeux des États-Unis dans leur
processus de domination ou de contrôle de l'ONU en RCA
65
B- L'influence française en
République Centrafricaine
66
Paragraphe 2 : La réticence et la
complicité des pays fournisseurs des troupes
68
CONCLUSION DU CHAPITRE II
70
CONCLUSION DE LA SECONDE
PARTIE
71
CONCLUSION
GÉNÉRALE
72
LISTE DES ANNEXES
76
ANNEXE I
77
ANNEXE II
94
ANNEXE III :
113
BIBLIOGRAPHIE
118
TABLE DES MATIÈRES
124
* 1Sady SIDY, La
résolution des conflits en Afrique, Thèse de doctorat d'Etat en
Science Politique, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 2003, p.3.
* 2 Éric Wilson
FOFACK, « L'ONU face aux conflits en Afrique Centrale post-guerre
froide », 1990-2004, Guerres Mondiales et Conflits
contemporains, 2012/4, N°248, pp.83-96.
* 3Mission
Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la
Stabilisation en République Centrafricaine.
* 4Mission des Nations-Unies
en République Centrafricaine, qui a succédé à la
Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (Misab) en 1998,
qui visait à stabiliser la capitale et ses environs.
* 5L'essentiel de ces crises
sociopolitiques se résume en des tentatives de coups d'état, des
rébellions armées. On note le coup d'état dit coup
d'état de la Saint-sylvestre du 31 décembre 1965 portant au
pouvoir Jean Bedel BOKASSA devenu le premier empereur centrafricain ; le
coup d'état de David DACKO appuyé par l'opération
BARACCUDA qui a renversé l'empereur en 1979 ; en 1981, David DACKO
est renversé à son tour par le général André
KOLIGNBA.
* 6Ces 30 dernières
années, hormis l'élection démocratique d'Ange Félix
PATASSE en 1993, trois des cinq chefs d'État de la République
Centrafricaine sont arrivés au pouvoir par le biais d'un putsch. La voie
royale pour accéder à la magistrature suprême est le poste
de chef d'état-major des armées. Le capitaine Jean Bedel BOKASSA
(1965-1979), le général André KOLIGNBA (1981-1993), le
général François BOZIZE (2003-2012).
* 7Profondément
préoccupé par la dégradation de cette situation et par ses
conséquences pour la région, et en raison de la demande
formulée par le Président Ange-Félix Patassé, la
dix-neuvième Réunion au sommet des chefs d'Etat et de
gouvernement de France et d'Afrique, tenue en décembre 1996, a
demandé aux Présidents gabonais, burkinabè, malien et
tchadien de se rendre à Bangui pour négocier une trêve
entre les forces loyales au Président Patassé et les mutins,
trêve qu'ils ont réussi à obtenir après d'intenses
négociations.
* 8 En langue
« sango » qui signifie alliance, en quelque sorte
la coalition des groupes armés, à majorité musulmane,
créée à la fin de l'année 2012, dont le chef est
Michel DJOTODJA.
* 9 Union des Forces
Démocratiques pour le Rassemblement ; Convention des Patriotes pour
la Justice et la Paix ; Convention Patriotique pour la Sauvegarde de
Kodro ; Front Démocratique du Peuple Centrafricain ; Alliance
pour la Renaissance et la Refondation ; Armée Populaire pour la
Restauration de la Démocratie etc.
* 10 La Mission des Nations
Unies en République Centrafricaine.
* 11 Le Bureau Politique
d'Observation des Nations-Unies en Centrafrique.
* 12Ayant pour mission de
contribuer à maintenir et à renforcer la sécurité
et la stabilité ainsi que la liberté de mouvement à Bangui
et ses environs; Aider les forces nationales de sécurité à
maintenir l'ordre et à protéger les installations clés
à Bangui; Superviser et contrôler le stockage de toutes les armes
récupérées dans le cadre de l'opération de
désarmement et en surveiller la destination finale; Assurer la
sécurité et la liberté de mouvement du personnel des
Nations Unies, ainsi que la sûreté et la sécurité
des biens de l'Organisation des Nations Unies; Apporter une aide, en
coordination avec d'autres efforts internationaux, dans le cadre d'un programme
de courte durée de formation d'instructeurs de police et d'autres
efforts de renforcement des capacités de la police nationale, et fournir
des conseils concernant la restructuration de la police nationale et des forces
spéciales de sécurité; Fournir des conseils et un appui
technique aux organismes électoraux nationaux en ce qui concerne le code
électoral et les moyens à mettre en oeuvre pour organiser les
élections législatives prévues pour août/septembre
1998.
* 13 Madeleine GRAWITZ,
Méthodes des sciences sociales, précis Dalloz,
9ème édition, Paris, 1993, p.332.
*
14Société Des Nations, créée
après la première guerre mondiale de 1914-1918 à partir
des quatorze points du président américain Wilson.
* 15 Charte des
Nations-Unies, chapitre 1er, article 1, al.1.
* 16Ibid, chapitre
3, article 7.
* 17 Fond des Nations Unies
pour l'Alimentation, Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, Organisation
Mondiale de la Santé, Organisation des Nations Unies pour l'Education,
la Science et la Culture, Organisation Internationale du Travail...etc.
* 18 Programme Alimentaire
Mondial, Programme des Nations Unies pour le Développement, Programme
des Nations Unies pour l'Environnement, Haut-Commissariat des Nations Unies
pour les Réfugiés etc.
* 19 René
KAES,Crise, rupture et dépassement, Collection Inconscient et
Culture, Dunod, 1979, p. 21.
* 20Ibid.,
p.12.
* 21Thierry TARDY,Gestion
de crise, maintien et consolidation de la paix, Collection Crisis, De
Boeck, 2009, pp.13-34.
* 22Aboudou ASSOUMA, Les
juridictions constitutionnelles et les crises : l'expérience de la
cour constitutionnelle du TOGO, Mémoire de Master, Cotonou-Bénin,
2009, p. 27.
* 23Ibid.
* 24En dehors de la crise,
on peut davantage approfondir la distinction avec les terminologies voisines
à savoir, litige, différend, tension, situation, affaire,
question. Le litige renvoie à une contestation donnant lieu à un
procès et, dans un sens plus large, à toute espèce de
contestation ; il semble que différend et litige ont un sens
atténué par rapport à conflit. Pour Jean-François
Guilhaudis, dans son ouvrage intitulé Relations internationales
contemporaines, paru en octobre 2017, tout différend, tout litige
comporte une dimension de contestation, d'opposition des positions, mais pour
conserver le sens des nuances et des différences, on pourra dire qu'il
n'est pas forcément conflictuel, et que dans de nombreux cas, il semble
que le conflit se compose peu à peu à partir du différend.
Quant à la tension, elle désigne l'état de ce qui menace
de se rompre, il doit être réservé pour décrire les
temps forts dans un conflit. Situation et affaire sont des termes qui
apparaissent dans la Charte des Nations Unies, mais auxquels la pratique de
l'Organisation n'a pas accordé d'importance particulière.
L'emploi de situation, à l'article 36, laissait penser qu'il faut faire
une distinction entre les différends constitués, cas dans
lesquels les positions des parties seraient bien définies, et où
ces positions seraient contraires, et les situations, ce terme servant à
désigner les situations de tension entre États, situations
antérieures au différend. Quant au mot « affaires », on
peut considérer qu'il désigne une situation préoccupante
au titre du maintien de la paix, à tel point qu'il suscite l'attention
du Conseil de sécurité. Dans les titres de certaines
résolutions du Conseil de sécurité, on peut lire «
question » (question de Chypre, question de Timor). En
général, le mot désigne une préoccupation retenue
par le Conseil pour inscription à son ordre du jour. Pp. 494-498.
* 25 L'étude aura
comme cadre géographique la République Centrafricaine (RCA)
encore appelée le ou la Centrafrique. Elle se donne pour ambition de
pouvoir faire une analyse sur la résolution de la crise sociopolitique
dans cet espace géographique en vue de dégager les perspectives
pouvant aider à éradiquer ce phénomène et
contribuer au développement de ce pays.
Pays d'Afrique Centrale, en voie de développement,
enclavé et potentiellement riche en ressources naturelles, la RCA couvre
une superficie d'environ 623.000 km2 et a une population estimée
à 5.021.336 d'habitants dont 2.473.831 hommes soit 49% et 2.547.505
femmes soit 50% avec un taux croissance démographique annuel de 1,95%
soit une densité de 8,05 habitants/km2 inégalement
répartie sur le territoire national. Divisée en sept (7)
régions, seize (16) préfectures, subdivisées en
sous-préfectures et en communes, et caractérisé par une
diversité ethnique, ornée par plusieurs dialectes, le pays
dispose de deux langues officielles que sont le Français et le
« Sango », parlées sur toute
l'étendue du territoire. Il partage les frontières, du fait de
l'héritage colonial, avec le Cameroun à l'Ouest, le Soudan et le
Soudan du Sud à l'Est, la République Démocratique du Congo
et la République du Congo au Sud, le Tchad au Nord, et est membre de
l'Union Africaine (UA), de la Communauté Économique des
États d'Afrique Centrale (CEEAC) et de la Communauté
Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). La
République Centrafricaine est l'un des pays africains qui vit au rythme
des conflits armés depuis l'indépendance. Ces conflits ont fait
intervenir, pour la plupart, différents acteurs étatiques (Lybie,
Afrique du Sud, Tchad, Congo Démocratique, France) ou
non-étatiques (UA, EU, CEMAC, CEEAC, ONU) visibles et différents
acteurs invisibles (les organisations multinationales et les grandes
puissances) sans oublier les groupes armés. Tous n'ont pas les
mêmes visions et intérêts, mais on peut relever,
néanmoins, sauf erreur de se tromper, la volonté pour certains
acteurs de contrôler des ressources naturelles du pays potentiellement
riche et dont la population reste toujours dans une misère
incessante.
* 26Madeleine GRAWITZ,
Op.Cit., p.11.
* 27Charles CHAUMONT,
L'ONU, Collection « que sais-je ? », Paris,
PUF, 1982, p.32.
* 28Safari MLUME, Les
mécanismes de l'ONU en matière de résolution pacifique des
conflits. Cas de la République Démocratique du Congo de
1998-2004, Travail de Fin de Cycle, Université de Kisangani,
2004, p.18.
* 29Dieudonné
NOUMEDJEU NGAMENI, L'implication des acteurs internationaux dans le
processus de maintien de la paix en République Centrafricaine,
Mémoire de Master Université de Dschang, 2013, p. 102.
* 30Jean Bosco IYAKAREMYE,
La faillite de l'ONU devant le génocide des Tutsis du Rwanda : Des
causes et des leçons à en tirer, Mémoire
maîtrise en Droit international public, Université de
Québec à Montréal, 2001, p.18.
* 31Guy Martial TEBIWA
KOUEMO, La responsabilité de la Communauté Internationale
dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
Mémoire de Master en Droit Public, Université de Dschang, Juin
2014, p. 45.
* 32Pascal KOAGNE
WEMBE, Les opérations de maintien de la paix de l'ONU en Afrique de
l'Ouest de 1990-2013, Mémoire de Master en Science Politique,
Université de Dschang, 2013, p. 31.
* 33 Michel BAUD, L'art
de la thèse, Paris, édition La découverte, 1985,
p.55.
* 34Ayant abouti à la
prise de pouvoir par le Général d'armées François
BOZIZE le 15 mars 2003 qui a chassé le Président élu Ange
Félix PATASSE.
* 35UFDR et les
autres groupes armés, c'est une rébellion créée
après les élections de 2005 dans le Nord de la République
Centrafricaine notamment à Birao dans le village de TIRINGOULOU. Les
principaux leaders Jean Jacques DEMAFOUTH, Michel DJOTODJA, etc.
* 36MINURCA : Mission
des Nations Unies en République Centrafricaine en 1999 et plus
récemment en 2013 sous l'appellation de la MINUSCA (Mission
Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la
Stabilisation en Centrafrique).
* 37Raymond QUIVY et Luc Van
COMPENHOUDT, Manuel de recherche en Sciences Sociales, Paris,Dunod,
1995, p.118.
* 38 Maurice KAMTO,
Pouvoir et droit en Afrique noire, essai sur les fondements du
constitutionnalisme dans les Etats d'Afrique noire francophone, Paris,
LDGJ, 1987, p.47.
* 39Ibid.
* 40 Dénis ALLAND et
Stéphane RIALS (dir.), Dictionnaire de la culture juridique,
Paris, PUF, 2003, p.1022.
* 41 Hans KELSEN,
Théorie pure du droit, Paris, Dunod,1962, p.100.
* 42 Jean-Louis BERGEL,
Méthodes du droit : théorie générale du
droit, Paris, 2ème édition, Dalloz, 1989, p.7.
* 43Madeleine GRAWITZ,
Op.Cit., p.352
* 44 Pierre NDA,
Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de
la thèse de doctorat, Paris, le Harmattan, 2007, p.95.
* 45 Madeleine GRAWITZ,
Op.Cit, p.644.
* 46La faillite de l'Etat,
il convient de dire que cette faillite est « définie comme une
situation où l'État est incapable de remplir ses fonctions de
base, et notamment d'assurer la sécurité intérieure comme
extérieure, bien qu'il dispose théoriquement du monopole de la
force légitime, selon la célèbre définition de
MaxWeber.
* 47La création de la
MINUSCA par la résolution 2149 est une réponse du Conseil de
Sécurité à la demande des autorités centrafricaines
de transition, contenue dans une lettre du ministre des affaires, du 27 janvier
2014. En vue du déploiement d'une opération de maintien de la
paix des Nations Unies qui aurait pour mission de stabiliser le pays et de
traiter les aspects civils de la crise.
* 48L'article 29 de la
Charte des Nations Unies dispose que le Conseil de Sécurité peut
créer les organes subsidiaires qu'il juge nécessaire à
l'exercice de ses fonctions. Cette disposition est reprise, dans une
formulation différente, à l'article 28 du Règlement
intérieur du Conseil de Sécurité.
* 49La Charte des Nations
Unies, San Francisco, 1945, article 41.
* 50La résolution
2127du 5 décembre 2013 relative aux sanctions, adoptée par
le Conseil de Sécurité des Nations Unies à sa
7072ème séance, paragraphe 54, p.11.
* 51Ibid.
* 52En langue nationale Sango
qui signifie alliance.
* 53 Il s'agit en effet de
l'interdiction faite à l'État centrafricain et aux États
membres de l'Organisation des Nations Unies de fournir ou de doter les forces
de défense et de sécurité nationales de la RCA d'armes ou
autres matériels connexes.
* 54 Ces mesures concernent
certaines personnalités politiques et responsables des groupes
armés et entités
* 55 L'objectif visé
par le gel des avoirs est d'empêcher le financement ou le renforcement
des actions nuisibles des groupes armés qui sévissent dans le
pays. Le constat fait montrer les groupes armés sont alimentés
par certaines personnalités politiques ou bien certaines entreprises
d'où, il est nécessaire d'ordonner le gel de leurs avoirs
respectifs en vue d'une stabilisation progressive de l'État
centrafricain.
* 56Au paragraphe 56 de la
résolution 2127 du 5 décembre 2013, il est écrit :
« exprime sa ferme intention d'envisager rapidement l'imposition de
mesures ciblées, dont (...) un gel des avoirs, aux personnes qui, par
leurs agissements, compromettent la paix, la stabilité et la
sécurité, notamment en se livrant à des actes qui menacent
ou violent les accords de transition, en menant les actions qui menacent ou
entravent le processus politique ou attisent la violence, en apportant leur
soutien à ces actions, y compris en commettant des violations des droits
de l'homme et du droit international humanitaire, en recrutant et en employant
des enfant dans le conflit armé (...) ». p.11.
* 57La résolution
2134du 28 janvier 2014, adoptée par le Conseil de
Sécurité à sa 7103ème séance,
paragraphe 32, p.9.
* 58Il s'agit des diamants
issus des conflits et qui alimentent les nombreuses guerres livrées par
des rebelles aux gouvernements (d'une exploitation illégale notamment
dans un contexte marqué par la crise ayant fait de nombreuses victimes
parmi la population). Cela est théorisé par le géographe
irlandais Hugo J.H. Lewis
* 59La résolution
2134 du 28 Janvier 2014 relative au gel des avoirs et à
l'interdiction de voyage,paragraphe 30.
* 60 La liste relative aux
sanctions établie par le Comité du Conseil de
sécurité créé par la résolution 2127 (2013),
qui recense les personnes et les entités visées par
l'interdiction de voyager, est disponible sur le site Web du Comité
https://www.un.org/sc/suborg/fr/sanctions/2127/sanctions-list-materials. Elle
contient à ce jour les noms de 11 personnes.
* 61Aujourd'hui, Alfred
YEKATOM et Patrick Edouard NGAISSONA comparaissent à la Cour
Pénale Internationale. En effet, Alfred était un commandant des
Antibalaka, une milice à majorité chrétienne
ayant massacré la communauté musulmane pendant la crise
centrafricaine. NGAISSONA, quant à lui réclamait la
paternité de groupes armés Antibalaka car il se disait
le Coordonnateur national. Ce dernier fut arrêté en France alors
qu'il était en séjour et fut traduit à la Cour
Pénale Internationale.
* 62 Le terme
« Opération de maintien de la paix » n'est pas
présent dans la Charte des Nations et aucun traité ne donne de
définition de cette notion. Il faut par conséquent se tourner
vers les définitions proposées par la doctrine pour avoir une
idée précise du contenu de ce terme utilisé dans de
nombreux travaux académiques. Mais la définition qui sera retenue
aux fins de cette étude est celle donnée par l'Institut Canadien,
de la défense, et des affaires étrangères. Selon cette
définition, une opération de maintien de la paix désigne
« une intervention multinationale revêtue de la
légitimité internationale, visant à prévenir un
conflit ; ou à rétablir, maintenir, stabiliser, consolider
ou imposer la paix par le déploiement du personnel militaire, policier,
ou civil ».
* 63 La création de
la MINUSCA par la résolution 2149 est une réponse du Conseil de
Sécurité à la demande des autorités de
transition, contenue dans une lettre du ministre des Affaires
étrangères, du 27 janvier 2014, en vue du «
déploiement d'une opération de maintien de la paix des
Nations unies qui aurait pour mission de stabiliser le pays et de traiter les
aspects civils de la crise.
* 64Mission de Soutien
à la Centrafrique, a été créée en 2013 sous
les ordres des Nations Unies en vue de résoudre la crise centrafricaine
de 2013. La MISCA est une force régionale regroupant les troupes des
pays membres de l'Union Africaine. Mais suite à ses échecs, l'ONU
s'est vu obliger de créer la MINUSCA qui est une force
d'opération de maintien de paix.
* 65Au départ, elle
comprenait un effectif militaire de 10000 hommes, dont 240 observateurs
militaires et 200 officiers d'état-major, et un effectif de police de
1800 hommes, dont 1400 membres d'unités de police constituées et
400 policiers, et 20 agents. Cet effectif a finalement augmenté au fil
du temps contenu de la situation aggravante de la crise.
* 66Les conventions de
Genève de 1949, les protocoles additionnels de 1977, et l'article 3
commun aux quatre conventions de Genève.
* 67La Résolution
2121du 10 octobre 2013, adoptée par le Conseil de
Sécurité des Nations Unies.
* 68La Résolution
2149du 10 Avril 2014. Elle définit les tâches prioritaires de
la MINUSCA relatives à la protection de la population civile
centrafricaine.
* 69Le Conseil de
Sécuritédécide que le mandat de la MINUSCA sera axé
initialement sur les tâches prioritaires ci-après : a)
Protection des civils
i) Protéger, sans préjudice de la
responsabilité principale des autorités de transition, la
population civile du risque d'atteinte à l'intégrité
physique, dans les limites de ses moyens et de ses zones de déploiement,
notamment grâce à des patrouilles actives;
ii) Assurer une protection particulière aux femmes et
aux enfants touchés par le conflit armé, notamment en
déployant des conseillers pour la protection de l'enfance et des
conseillers pour la protection des femmes;
iii) Recenser et constater les menaces et les attaques contre
la population civile, notamment en entretenant des contacts réguliers
avec elle et en collaborant étroitement avec les organismes humanitaires
et de défense des droits de l'homme;
iv) Définir, exploiter et mettre en oeuvre, en
consultation étroite avec les organismes humanitaires et de
défense des droits de l'homme et d'autres partenaires compétents,
une stratégie de protection à l'échelle de la mission;
La protection des populations civiles centrafricaines victimes
de la crise s'est manifesté par la mise ne place des unités de
patrouilles dans la ville de Bangui et les Zones les plus touchées.
* 70UNOCHA (Bureau de la
Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies), Rapport des
groupes d'experts sur la crise centrafricaine, Bangui, septembre 2016.
p.15
* 71Ibid.
* 72 UNHCR
(Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies), Le plan
d'action humanitaire, Bangui, mars 2016. p.29
* 73LaRésolution
2149 du 10 avril 2014, adoptée par le Conseil de
sécurité à sa 7153e séance,paragraphe 27 c p.11.
* 74Programme Alimentaire
Mondial.
* 75 Fonds des Nations Unies
pour l'Enfance.
* 76 Organisation Mondiale de
la Santé.
* 77 Le paragraphe 27 g de
la résolution 2149, autorise la MINUSCAà : i) Aider
les autorités de transition à élaborer et à mettre
en oeuvre une stratégie révisée de désarmement, de
démobilisation, de réintégration et de rapatriement des
ex-combattants et éléments armés pour traduire les
nouvelles réalités sur le terrain, tout en accordant une
attention particulière aux besoins des enfants associés à
des forces et groupes armés, et appuyer le rapatriement des
éléments étrangers; ii) Aider les autorités de
transition à élaborer et à exécuter des programmes
de lutte contre la violence communautaire; iii) Regrouper et cantonner les
combattants, et confisquer et détruire, selon qu'il convient, les armes
et munitions de ceux qui refusent de les déposer
* 78Vladimir
MONTÉIRO,Conférence hebdomadaire de la mission onusienne
relative au désarmement dans la ville de Bria,Bangui le 27 Avril
2018, p.14.
* 79Retour,
Réclamation et Réhabilitation, une fraction de la
séléka dirigée par Abassa Sidiki et opérant dans la
Nana-Mambéré à l'Ouest de la République
Centrafricaine. Elle est créée dans l'optique d'assurer la
protection de la communauté peulh contre les attaques des
Anti-balaka.
* 80MaximeMOKOM, Ministre
délégué chargé du Désarmement
Démobilisation Réinsertion et Rapatriement dans son discours tenu
le 6 novembre 2019.
* 81Le général
Balla KEITA, Commandant de la force de la MINUSCA, dans sa déclaration
relative au désarmement du Km 5,Bangui, 21 mars 2017, p.18.
* 82La question de la
formation, de la reconstruction de l'armée centrafricaine est devenue
l'un des problèmes centraux de l'équation centrafricaine.
Après des années d'informalisation silencieuse, l'armée
centrafricaine s'est effondrée sans combattre en 2013 puis une partie
importante s'est milicianisée.
* 83 École Nationale
d'Administration et de la Magistrature (RCA).
* 84 Les Forces Armées
Centrafricaines créées lors de l'indépendance en 1960.
* 85LeRapport confidentiel
sur la rencontre avec les conseillers russes pour les questions de
sécurité à Bangui, le 14 juin 2018, p. 28.
* 86Le Conseil de
Sécurité, dans sa résolution 2127 du 5
décembre 2013.
* 87Les contraintes sont les
difficultés qui se dressent contre l'organisation elle-même ou
contre l'acteur organisationnel. C'est ce concept qui nous permet de
théoriser et de traduire de manière plus compréhensibles
les difficultés qu'éprouve l'ONU notamment la MINUSCA dans la
mise en oeuvre de sa stratégie dans la résolution du conflit
centrafricain.
* 88Il est à noter
que parmi les membres permanents du Conseil de Sécurité, il y a
un certain nombre d'opposition lorsqu'il s'agit de l'adoption des mandats. On
assiste à une opposition d'idées donnant lieu à des
mandats inoffensifs dans le cadre du rétablissement de la paix.
* 89Le constat qui se
dégage est que les mandats de la MINUSCA ne sont pas efficaces. Dans les
mandats qui leur sont confiés, l'on ne parle que de l'usage de la force
qu'en cas de légitime défense. De ce fait ces différents
mandats ne visent pas l'imposition de la paix en République
Centrafricaine. En faisant une lecture des mandats des forces onusiennes au
Congo RDC (MONUC, MONUSCO etc), l'on se rend compte d'une certaine similitude
entre les contenus des mandats tant au Congo qu'en RCA. Les mandats ne sont
pas toujours clairs, et ne sont pas adaptés aux réalités
ou contextes de chaque pays en crise.
* 90Il y a plusieurs accords
de cessez-le-feu conclus avec les groupes rebelles sous les auspices des
Nations Unies notamment la MINUSCA en RCA. Il s'agit entre autres, de l'accord
politique de Libreville du 11 janvier 2013 ; l'accord de Bouar en 2015, le
forum de Bangui et l'accord dit de Khartoum signé le 6 février
2019 entre le gouvernement centrafricain et quatorze groupes armés
centrafricains.
* 91Thierry VIRCOULON,
« Ambiguïté de l'intervention internationale en
République Démocratique du Congo », Politique
africaine, N°98, 2005, p.82.
* 92 L'inaction et
complicité de la MINUSCA par le biais des casques bleus s'est
démontré lors des événements de Bambari. En effet,
la MINUSCA est intervenue dans le combat de Bambari comme un cheveu dans la
soupe après que les FACA aient une leçon aux mercenaires. Il
s'agit d'une intervention bien tardive de la MINUSCA afin de justifier sa
présence.
* 93Elle renvoie à ce
qui est constitué d'éléments de nature différente.
Ainsi l'hétérogénéité dans le cas
d'espèce renvoie à l'appartenance des troupes de la MINUSCA
à des pays différents.
* 94Paul POISSON, Les
interventions du maintien de la paix de l'ONU, Paris, 1998, p.35.
* 95Wilson Eric
FOFACK, 1992-2012 vingt ans de maintien de la paix onusienne en
Afrique : quel bilan ?, Note d'analyse du GRIP, Bruxelles, 28
décembre 2012, p.22.
* 96Mario
BETTATI, L'usage de la force par l'ONU, (en ligne) disponible sur
-
www.cairn.info/revue
-pouvoirs -2014, p.111, htm consulté le 10 juin 2014 à 16
h 00.
* 97Il s'agit pourtant des
activités qui sont incompatibles à l'exercice de leurs missions
de maintien de la paix en République Centrafricaine.
* 98Il existe très
peu de femmes militaires dans les missions onusiennes, même si on note
une certaine augmentation du personnel féminin.
* 99 Lettre datée du 23
juillet 2018, adressée au Président du Conseil de
sécurité par le Groupe d'experts sur la République
centrafricaine reconduit dans son mandat par la résolution 2399 (2018)
du Conseil de sécurité, p.10.
* 100Thomas CANTALOUBE,
Rapport relatif à la situation sécuritaire en
Centrafrique, du 27 Décembre 2013, p 26.
* 101 Union des Forces
Démocratiques pour le Rassemblement.
* 102 Convention des
Patriotes pour la Justice et la Paix.
* 103 Convention
Patriotique du Salut du Kodro.
* 104 Front
Démocratique du Peuple Centrafricain.
* 105La Charte des
Nations Unies, article 2 paragraphe 1.
* 106Hilaire De Prince
POKAM, « L'ONU dans le processus de préservation de
l'indépendance de la République Démocratique du Congo,
repenser l'indépendance : La RD Congo 50 ans plus tard »,
Pole Institute, Goma, Juillet 2010, p.7.
* 107Cela se trouve
dansleCourrier International N°316, du 21 au 27 novembre 1996,
p.7.
* 108 EmmanuelDECAUX,
Les Nations Unies et la région des Grands Lacs, p.39.
* 109 Pascal
CHAIGNEAU, « La France et l'Afrique »,
Défense nationale, janvier 2005, p.12.
* 110 Louis-Philippe
DESILETS, La gestion des conflits armés en Afrique depuis la
Somalie (1993-2003) jusqu'à l'opération Artémis :
étude comparative des politiques canadiennes et françaises de
renforcement des capacités africaines de maintien de la paix,
Mémoire présenté à l'Université de
Québec (Montréal), Avril 2006, p.88.
* 111 Louis-Philippe
DESILETS, Op.cit., p.28.
* 112 Bertrand BADIE,
Quand le multilatéralisme s'impose, Paris, L'arroseur
arrosé, 1997, p.212.
* 113 Marie-Claude SMOUTS,
Les organisations internationales, Paris, A Colin, 1995, p.23.
* 114Thierry
VIRCOULON,Op.Cit. p.82.
* 115Mukiramfi SAMBA, Le
mandat de la MONUSCO : le consensualisme à l'épreuve de
l'unilatéralisme, Université de Kinshasa, Faculté de
Droit, 2011, p.4.
* 116Cette situation va
également confirmer certaines analyses qui soutiennent que les modes de
gestion des conflits tels qu'exercés par l'ONU semblent être
dépassés par des nouvelles formes de conflit échappant aux
modes de gestion classiques. D'où une certaine adaptation par rapport au
contexte sécuritaire, géopolitique et spécifique de chaque
pays. Ce mandat doit donner à la mission le pouvoir et les moyens
nécessaires de s'attaquer militairement à tous les
différents groupes armés éparpillés dans le pays.
Quoi qu'on fasse, la présence de ces groupes armés va toujours
continuer à saper toutes les initiatives de la pacification
engagées. Continuer à maintenir la paix entre les groupes
armés et les forces gouvernementales ne suffit pas et surtout
crée toujours le statu quo.
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