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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013


par Alban Paul GAZELE LEMBY
Université de Dschang - Master II Recherche  2019
  

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Paragraphe 1 : La protection des populations civilessur le territoire centrafricain

Qu'est-ce qu'on entend par populations civiles ? Par populations civiles on entend toutes les personnes qui ne prennent pas part aux combats ou aux conflits armés et qui ne doivent en aucun cas faire objet d'attaques, et elles doivent être épargnées et protégées66(*). En vertu des règles du droit international humanitaire, les civils doivent être protégés contre tout danger. En effet, la protection des populations civiles relève du monopole de l'État.Mais l'État n'a pu ni protéger les civils qui ont été systématiquement ciblés par les groupes armés ni prévenir les violations et les abus des droits de l'Homme. Toutes les parties prenantes au conflit ont pris part aux exactions, notamment « les assassinats extrajudiciaires, les disparitions forcées, les arrestations et les détentions arbitraires, la torture, la violence sexuelle envers les femmes et les enfants, le recrutement et l'exploitation des enfants et les attaques contre les civils67(*) ». Vu la défaillance de l'État centrafricain, l'une des missions assignées à la force onusienne de la MINUSCA est la protection des populations civiles. Cette protection des populations figure dans le mandat68(*) dévolu à la MINUSCA. En effet, dans un rapport présenté au Conseil de Sécurité en date du 3 mars 2014, le Secrétaire général a recommandé au Conseil, agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, d'autoriser le déploiement d'une opération de maintien de la paix multidimensionnelle des Nations Unies dont la priorité serait la protection des civils.

La protection des populations civiles centrafricaines repose sur la mise en place des unités de patrouilles (A) et sur la sécurisation des sites des personnes déplacées internes (B).

A- La mise en place des unités de patrouilles

La protection des populations civiles est au coeur de l'action onusienne en République Centrafricaine. D'ailleurs la résolution 2149 adoptée par le Conseil de Sécurité à sa 7153ème séance, du 10 avril 2014 paragraphe 27,autorise la MINUSCA à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement69(*).

Les forces onusiennes de la MINUSCA faisaient des patrouilles à pieds dans les rues, les quartiers de la ville de Bangui. Ces unités de patrouilles avaient pour mission d'assurer et de veiller à ce que les groupes armés notamment les Séléka et les Anti-balaka ne puissent pénétrer dans les quartiers afin de commettre des exactions. On a assisté à un déploiement préventif et une présence mobile, flexible et robuste dans les zones à haut risque.

En effet, il sied de rappeler que les groupes armés commettaient des exactions comme les pillages des biens de la population civile, le vol à mains armées, les viols ou violences sexuelles etc. Ainsi dans l'optique de freiner ou de mettre un terme à ces actes de barbaries, les forces onusiennes ont mis aussi en place des « chek points » qui permettaient de surveiller toute personne soupçonnée d'appartenir à un groupe armé quelconque. Les unités de patrouilles constituées contrôlaient et fouillaient les véhicules. Elles érigeaient des barricades pour mieux exercer ces contrôles ayant pour finalité ultime la protection des personnes civiles ainsi que de leurs biens meubles (motos, voitures, téléphones etc).Ces unités de patrouilles étaient constituées uniquement au départ des forces onusiennes notamment l'unité de police accompagnée des militaires (forces de défense). Ces unités de patrouilles basées dans chaque arrondissement de la capitale ainsi que dans les zones touchées représentaient aussi une force d'intervention rapide. La mise en place et l'effectivité opérationnel de ses unités de patrouilles permettaient à la population de se sentir en sécurité et de sortir de la maison pour exercer ses activités quotidiennes car au début, sans la présence de cette force onusienne, les gens ne sortaient pas de chez par crainte de la mort, ou des représailles de la part des groupes armés Séléka ou Antibalaka. Et donc, ces unités de patrouilles rassuraient au moins la population centrafricaine qui voulait une certaine sécurité. La MINUSCA a fait des efforts afin d'assurer une protection efficace et dynamique des civils se trouvant sous la menace de violences physiques selon une démarche globale et intégrée, notamment en anticipant, dissuadant et en empêchant tous les groupés armés et toutes milices locales de commettre des violences contre la population.

Il faut noter qu'il y avait une protection particulière réservée aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour la protection de l'enfance, des conseillers pour la protection des femmes et des conseillers pour les questions de genre et en adoptant à cet égard une démarche qui tienne compte des questions de genre et soit axée sur les survivants, en particulier pour aider au mieux les personnes ayant survécu à des violences sexuelles.

* 66Les conventions de Genève de 1949, les protocoles additionnels de 1977, et l'article 3 commun aux quatre conventions de Genève.

* 67La Résolution 2121du 10 octobre 2013, adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

* 68La Résolution 2149du 10 Avril 2014. Elle définit les tâches prioritaires de la MINUSCA relatives à la protection de la population civile centrafricaine.

* 69Le Conseil de Sécuritédécide que le mandat de la MINUSCA sera axé initialement sur les tâches prioritaires ci-après : a) Protection des civils

i) Protéger, sans préjudice de la responsabilité principale des autorités de transition, la population civile du risque d'atteinte à l'intégrité physique, dans les limites de ses moyens et de ses zones de déploiement, notamment grâce à des patrouilles actives;

ii) Assurer une protection particulière aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour la protection de l'enfance et des conseillers pour la protection des femmes;

iii) Recenser et constater les menaces et les attaques contre la population civile, notamment en entretenant des contacts réguliers avec elle et en collaborant étroitement avec les organismes humanitaires et de défense des droits de l'homme;

iv) Définir, exploiter et mettre en oeuvre, en consultation étroite avec les organismes humanitaires et de défense des droits de l'homme et d'autres partenaires compétents, une stratégie de protection à l'échelle de la mission;

La protection des populations civiles centrafricaines victimes de la crise s'est manifesté par la mise ne place des unités de patrouilles dans la ville de Bangui et les Zones les plus touchées.

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