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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013par Alban Paul GAZELE LEMBY Université de Dschang - Master II Recherche 2019 |
Paragraphe 2 : La réticence et la complicité des pays fournisseurs des troupesLa politique du maintien de la paix de ces pays est définie par rapport à leurs intérêts stratégiques et leur statut dans l'ordre international. Aussi la participation aux missions de la paix s'effectue en fonction des coûts avantages qu'elles engendrent pour l'Etat concerné. Au titre des faiblesses reprochées à la MINUSCA, on dénombre notamment « l'implication quasi permanente des Etats fournisseurs de troupes114(*) ». L'implication de ces Etats s'est manifestée sous trois aspects115(*) : D'abord, le refus des pertes qui entraine le désengagement des troupes face à une attaque rebelle : en prenant la précaution de ne pas perdre des troupes en République Centrafricaine, les pays fournisseurs des troupes demandaient à leurs militaires de ne pas intervenir, même lorsqu'il s'agirait de la protection de la population civile centrafricaine victime de la crise de 2013. Ensuite, la réticence des Etats à placer leurs troupes sous le commandement onusien : cette hypothèse peut s'affirmer par la position ou réticence de certains pays fournisseurs des troupes aux opérations de maintien de la paix de l'ONU en République Centrafricaine, pendant les discussions au Conseil de Sécurité des résolutions 2127, 2149 pour le déploiement des forces militaires en République Centrafricaine en évoquant les risques de représailles contre les casques bleus. D'autres pays contributeurs de troupes comme le Pakistan, le Bangladesh, l'Inde, l'Uruguay ont également exprimé l'inquiétude qu'ils éprouvent à ce sujet. Ils ont aussi rappelé qu'ils voulaient être consultés à toutes les étapes du processus de prise de décisions concernant le déploiement et le déroulement des opérations onusiennes en République Centrafricaine. Cette réticence des États fragilise l'application ou bien le respect du mandat de la MINUSCA. On se rend compte que la population civile principale victime est entre les mains des groupes armés (Séléka et Antibalakas). Enfin, l'engagement à but mercantile de certains pays du tiers monde : l'engagement intéressé et mercantiliste a engendré un goûtaffairiste dans le chef des casques bleus qui n'ont pas pour certains hésité à s'adonner à l'extraction minière. Cet affairisme a engendré une solidarité avec les groupes armés. CONCLUSION DU CHAPITRE IILa fragilité de la mission onusienne en République Centrafricaine ne relevé pas uniquement de la MINUSCA. On peut aussi noter certaines faiblesses émanant de l'État Centrafricain. Le constat est que l'État Centrafricain est presque quasi-inexistant car il n'est pas souverain au niveau national étant incapable de garantir l'intégrité territoriale. L'ingérence des pays voisins comme le Tchad et le Soudan est aussi facteur de la persistance de la crise car leurs frontières servent de transaction pour les rebelles. En outre les faiblesses de l'État Centrafricain et l'ingérence des pays voisins, l'on a l'instrumentalisation de la mission onusienne en République Centrafricaine par les grandes puissances notamment les États-Unis et la France ; la réticence, la complicité des pays fournisseurs des troupes onusiennes de la MINUSCA.Les difficultés rencontrées par l'ONU dans la gestion des conflits en République Centrafricaine ont eu un impact direct sur la crédibilité de l'Organisation et sa capacité à rester un acteur central du maintien de la paix * 114Thierry VIRCOULON,Op.Cit. p.82. * 115Mukiramfi SAMBA, Le mandat de la MONUSCO : le consensualisme à l'épreuve de l'unilatéralisme, Université de Kinshasa, Faculté de Droit, 2011, p.4. |
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