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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013par Alban Paul GAZELE LEMBY Université de Dschang - Master II Recherche 2019 |
CONCLUSION GÉNÉRALEDepuis le 24 mars 2013, la République Centrafricaine a vécu et continue de vivre les moments les plus sombres de son histoire des suites de la rébellionséléka. Cette rébellion a plongé le pays dans le chaos avec des milliers des réfugiés et des personnes déplacées ainsi que des destructions massives. L'État centrafricain ne parvenant pas à rétablir l'ordre et la sécurité, a sollicité l'intervention onusienne. Dans le souci de rétablir la stabilité et la sécurité en RCA, l'ONU a mis en place la MINUSCA. Mais au regard de la réalité, l'apport d'ONU à la résolution de la crise centrafricaine est mitigé. C'est-à-dire que la MINUSCA s'est efforcé à rétablir la paix en RCA mais ses actions sont soumises à des contraintes. En effet, l'ONU a contribué à la résolution de crise centrafricaine par la stabilisation progressive de l'État centrafricain par les actions visant à restaurer la sécurité et celles relatives à la restauration de l'autorité étatique. En dépit de ces efforts louables, l'ONU s'est butée à un certain nombre de contraintes qui sont d'une part, inhérentes à la MINUSCA et d'autre part externes. Force est de reconnaitre que l'ONU n'a pas les capacités d'imposer la paix par la force en République Centrafricaine. Ce n'est pas un gouvernement mondial. Elle ne dispose ni d'une armée permanente ni matériel militaire suffisant. Ce n'est pas non plus une force internationale de police. L'efficacité de l'ONU dépend de la volonté politique de ses États membres. Elle est forte lorsque ses États membres ayant les capacités requises lui donnent les moyens dont elle a besoin. Toutefois, cela est plus facile à dire qu'à faire, car les États membres qui disposent de troupes aussi compétentes sont souvent peu désireux ou dans l'impossibilité de les mettre au service du maintien de la paix. La volonté politique, telle qu'elle est exprimée dans les instances internationales, ne suffit pas : les enjeux principaux sont sur le terrain ; c'est là que l'on réussit ou que l'on échoue, et c'est donc là qu'il faut s'imposer. Dans ce cas, quelques orientations sont proposées afin de faire de cette mission onusienne un véritable pourvoyeur de la paix en République Centrafricaine. On doit reconnaître qu'au cours de leurs évolutions, les mandats de la MINUSCA ont été fondés sur le chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Il ressort de la pratique de ces dix dernières années que, parfois, cette référence au chapitre VII n'est pas suffisante, car elle ne concerne que quelques tâches confiées aux opérations. D'où la nécessité de le reconfigurer globalement. L'imposition de la paix comprend l'application, avec l'autorisation du Conseil de Sécurité, des mesures coercitives, y compris l'usage de la force militaire, pour maintenir ou rétablir la paix dans les situations où il a déterminé l'existence d'une menace contre la paix, une rupture de la paix ou un acte d'agression. Dans le cas d'espèce, au regard de tous les faits relevés, notamment le caractère récurrent de l'insécurité en République Centrafricaine, l'implication des États voisins dans cette crise ainsi que l'attitude passive de la MINUSCA vis-à-vis de cette situation, il s'impose que le mandat actuel de la MINUSCA soit complètement modifié et adapté aux réalités du terrain. La situation sécuritaire actuelle en République Centrafricaine nécessite une réforme globale et urgente de politiques et de mandat de cette force. Pour sauver sa crédibilité et se racheter face aux différentes critiques qui lui sont adressées, la MINUSCA ne doit pas continuer à demeurer une force de maintien de la paix. Le Conseil de Sécurité devrait par conséquent revoir le mandat de cette force pour qu'elle devienne une véritable force d'imposition de la paix dotée de tous les moyens possibles pour mettre finalement un terme cette crise. Seule une démarche offensive de la MINUSCA contre les groupes armés peut permettre, à court terme, au gouvernement centrafricain de contrôler son territoire et de protéger efficacement la population. On ne maintient la paix que lorsqu'elle est effective ou précaire, mais si c'est le contraire, on la recherche par tous les moyens y compris la force. Il ne servira à rien que la MINUSCA ne soit qu'une opération de maintien de la paix alors que cette paix, en réalité n'est que fictive en RCA. Tous les rapports des experts ainsi que d'autres sources crédibles reconnaissent que la situation sécuritaire en RCA reste catastrophique. Non seulement l'intégrité territoriale est menacée, mais également la stabilité de toute la sous-région. Dans ce cas, laisser le mandat de la MINUSCA tel qu'il est aujourd'hui, prouvera alors l'implication et la complicité de la communauté internationale dans la déstabilisation de la RCA.116(*) Il est aussi important de définir un mandat clair, efficace et réaliste de la MINUSCA. La situation humanitaire et sécuritaire actuelle en RCA démontre l'incohérence du mandat de la MINUSCA à la situation locale qui, dans certaines zones de conflit des centaines de milliers de civils exposés aux risques de violences et les forces déployées ne suffisent pas à protéger ne serait-ce qu'une petite partie d'entre eux, même si elle en recevait l'ordre. Ceci étant, il faudrait que le mandat de la MINUSCA soit réaliste. D'une part, il est urgent que le Conseil de Sécurité dote la MINUSCA d'un mandat offensif,c'est-à-dire un mandat qui fasse de cette mission une opération d'imposition de la paix avec comme mission principale la neutralisation de toutes les forces négatives installées en République Centrafricaine et la réforme du service de sécurité. D'autre part, et en conséquence, devront être élaborés et exécutés des programmes clairs en vue de la stabilisation définitive de ce pays d'Afrique Centrale. Ensuite viendra la phase de stabilisation avec tous les autres programmes y relatifs. * 116Cette situation va également confirmer certaines analyses qui soutiennent que les modes de gestion des conflits tels qu'exercés par l'ONU semblent être dépassés par des nouvelles formes de conflit échappant aux modes de gestion classiques. D'où une certaine adaptation par rapport au contexte sécuritaire, géopolitique et spécifique de chaque pays. Ce mandat doit donner à la mission le pouvoir et les moyens nécessaires de s'attaquer militairement à tous les différents groupes armés éparpillés dans le pays. Quoi qu'on fasse, la présence de ces groupes armés va toujours continuer à saper toutes les initiatives de la pacification engagées. Continuer à maintenir la paix entre les groupes armés et les forces gouvernementales ne suffit pas et surtout crée toujours le statu quo. |
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