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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013


par Alban Paul GAZELE LEMBY
Université de Dschang - Master II Recherche  2019
  

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C- L'hypothèse de la recherche

Pour Raymond QUIVY et Luc Van COMPENHOUDT, une hypothèse est « une réponse provisoire à la question principale de la recherche ; celle-ci pouvant être confirmée ou infirmée au terme de l'analyse des faits sur lesquels le chercheur a focalisé toute son attention37(*) ». Un travail ne peut être considéré comme une véritable recherche, s'il ne se structure qu'autour d'une ou plusieurs hypothèses.

Ainsi l'on peut formuler l'hypothèse selon laquelle l'apport onusienà la résolution de la crise centrafricaine de 2013 estmitigé. C'est-à-dire que ces forces ont eu, d'une part, des mandats qui les ont permis d'adapter aux réalités et au contexte sécuritaire centrafricain en ménageant des efforts considérables et d'autre part, l'on constate que ses efforts présentent certaines inefficacités en RCA, avec des milliers des personnes déplacées, réfugiées ou mortes, ces mandats présentent beaucoup de limites d'où il est nécessaire de formuler des recommandations.

La démonstration de cette hypothèse commande l'utilisation des méthodes et techniques précises.

D- Les méthodes et techniques de la recherche

« Le problème de la méthode est au coeur de toute oeuvre scientifique. Comment y aller ? 38(*)». C'est par cette préoccupation que le Professeur Maurice KAMTO situe l'importance de la démarche scientifique dans l'élaboration d'un travail scientifique, car « la méthode éclaire les hypothèses et détermine les conclusions39(*) ». Considérée comme «  la démarche que doit suivre l'esprit pour y arriver à son but 40(*)», il serait mieux de montrer les méthodes utilisées et les techniques appliquées.

Pour ce travail, l'on va faire usage de la méthode juridique car comme dit Hans Kelsen, « le juriste a pour seule tâche de connaitre et de décrire le droit 41(*)». À cela s'ajoute les méthodes sociologiques.

Selon Jean-Louis BERGEL, « la méthodologie juridique a pour objet d'élaborer les normes applicables aux rapports sociaux, de dégager des règles qui permettent, en fonction des buts poursuivis dans une société donnée et dans la cohérence de son système juridique, d'atteindre le résultat souhaité de la manière la plus efficace et la plus économique, avec le souci constant d'atteindre la sécurité juridique42(*) ». Cette méthode juridique a deux composantes selon le Professeur Charles EISENMANN : la dogmatique et la casuistique.

La dogmatique est la méthode qui consiste à l'étude et à l'interprétation des textes aux fins de déterminer le droit en vigueur et la casuistique quant à elle repose sur l'analyse de la jurisprudence c'est-à-dire l'ensemble des décisions rendues par les juridictions. A cet effet, cette étude ne s'écartera pas de la voie de l'exégèse. Dans ce sens, il s'agit ici d'interroger, d'analyser voire d'interpréter les différentes références normatives : la Charte des Nations-Unies et les différentes résolutions du Conseil de Sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, pour les confronter à la pratique de l'ONU dans la gestion et la résolution des conflits en Afrique notamment en Centrafrique.

Quant aux méthodes sociologiques, l'on usera d'abord, de la méthode structuro-fonctionnelle, qui aidera à étudier d'une part la structure organisationnelle de l'ONU notamment de la MINUSCA et, d'autre part, le fonctionnement dudit organe ainsi que les attributions qu'il remplit. Ensuite, les méthodes explicatives et compréhensives. La méthode explicative sera utilisée pour ordonner, décrire et expliquer les faits notamment les différentes interventions onusiennes dans la résolution de la crise centrafricaine tandis que la méthode compréhensive permet d'analyser l'intervention onusienne en République Centrafricaine en vue de dégager lesdéfaillances ou faiblesses de ladite intervention.Ces méthodes permettront de comprendre et d'expliquer la crise centrafricaine ainsi que l'apport onusien.

Les méthodes, en principe, ne suffiraient pas en elles-mêmes de nous permettre de bien mener les recherches. C'est ainsi qu'il est important de déterminer les techniques de recherche.

Toute recherche ou application de caractère scientifique en sciences sociales comme dans les sciences en général doit comporter l'utilisation des procédés opératoires rigoureux, bien définis, transmissibles et susceptibles d'être appliqués à nouveau dans les mêmes conditions adaptées au genre de problème ou de phénomène mis en cause43(*). La technique représente les étapes d'opérations limitées, liées à des éléments pratiques concrets adaptés à un but précis.

La présente étude est le résultat d'un ensemble d'entretiens et d'une exploitation rigoureuse des documents généraux et/ou spécialisés.

Comme l'a annoncé Pierre N'DA, la technique documentaire est : « une technique qui consiste à rechercher et à découvrir des informations là où elles se trouvent, à disposer des documents à les dépouiller et à en user 44(*)». Cette technique nous permettra d'obtenir les informations nécessaires.L'exégèse des ouvrages et articles sur la résolution des crises dans le monde par l'ONU en général et la résolution de la crise centrafricaine de 2013 en particulier nous aurait permis d'explorer sinon entièrement du moins en partie la manière dont l'ONU entend résoudre cette crise. D'autres sources documentaires à l'instar des textes juridiques internationaux (la charte de l'ONU, les différentes résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité), des textes de lois, des mémoires et rapports, films, vidéo, des notes de cours, revues ou journaux, des articles, d'internet, des documents d'archives, des travaux et études universitaires, des textes... nous ont également été d'une importance non négligeable dans l'identification et surtout la clarification de notre objet d'étude.

L'entretien ou l'interview est une forme d'échange verbale entre deux interlocuteurs ayant pour objectif de glaner certaines informations relatives à un problème posé. Il s'agit d'un procédé d'investigation scientifique utilisant un processus de communication verbale pour recueillir des informations nécessaires en relation avec le but fixé45(*). Les différents entretiens réalisés, de par la richesse des informations fournies nous ont permis de saisir les principales missions onusiennes dans la résolution de la crise centrafricaine de 2013.

Les personnes échantillonnées pour la recherche proviendront de différents groupes sociaux, professionnels. Ceci se réalisera à travers divers entretiens avec les autorités administratives, les praticiens du droit, acteurs de la chaine pénale, les organisations ou institutions internationales (ONU/MINUSCA) ; les responsables de groupes armés.

* 37Raymond QUIVY et Luc Van COMPENHOUDT, Manuel de recherche en Sciences Sociales, Paris,Dunod, 1995, p.118.

* 38 Maurice KAMTO, Pouvoir et droit en Afrique noire, essai sur les fondements du constitutionnalisme dans les Etats d'Afrique noire francophone, Paris, LDGJ, 1987, p.47.

* 39Ibid.

* 40 Dénis ALLAND et Stéphane RIALS (dir.), Dictionnaire de la culture juridique, Paris, PUF, 2003, p.1022.

* 41 Hans KELSEN, Théorie pure du droit, Paris, Dunod,1962, p.100.

* 42 Jean-Louis BERGEL, Méthodes du droit : théorie générale du droit, Paris, 2ème édition, Dalloz, 1989, p.7.

* 43Madeleine GRAWITZ, Op.Cit., p.352

* 44 Pierre NDA, Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de la thèse de doctorat, Paris, le Harmattan, 2007, p.95.

* 45 Madeleine GRAWITZ, Op.Cit, p.644.

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