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Pratiques alimentaires et malnutrition chez les enfants soudanais de 06 à  59 mois dans les camps de réfugiés à  Adré, Tchad


par Abraham Dema Koussi
University of Dschang - Master Professionnel en Nutrition de Santé Publique, Diététique et Education Nutritionnelle 2024
  

Disponible en mode multipage

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JN

DSCHANG SCHOOL OF SCIENCE AND TECHNOLOGY

Unité de Recherche de Biochimie des Plantes Médicinales, des Sciences
Alimentaires et Nutrition (URBPMAN)

Pratiques alimentaires et malnutrition chez les enfants soudanais de 06 à 59 mois dans les camps de réfugiés à Adré, Tchad.

Sujet :

Académique de :

DANDJI SAAH Marc Bertrand

Chargé de Cours

Professionnelle de :

M. MAHAMAT SILAYE

Point Focal Nutrition

Mémoire soutenu publiquement en vue de l'obtention du Diplôme de Master Professionnel en Nutrition de Santé Publique, Diététique et Education Nutritionnelle

Option : Nutrition communautaire

Option : Nutrition communautaire

Par

DEMA KOUSSI ABRAHAM

Matricule :CM-UDS-23SCI0257

Licence en Biologie des Organismes Animaux

Sous la direction

Année académique 2024-2025

FICHEDECERTIFICATIONDEL'ORIGINALITEDU TRAVAIL

Je soussigné, M. DEMA KOUSSI ABRAHAM, Matricule CM-UDS-23SCI0257, étudiant en Master professionnel en Nutrition de Santé publique, Diététique et Éducation nutritionnelle (NSDE), option Nutrition Communautaire au Département de Biochimie, FacultédeSciencesdel'UniversitédeDschang,attestesurl'honneurqueleprésentmémoire intitulé« Pratiques alimentaires et malnutrition chez les enfants soudanais de 06 à 59 mois dans les camps de réfugiés à Adré, Tchad. » est le fruit de mesproprestravauxderechercheeffectuésàl'HôpitalduDistrictd'Adré (HDA) et dans les camps des réfugiés à Adré au Tchad sous l'encadrement académique de Dr DANDJI SAAH Marc Bertrand et sous l'encadrement professionnel de M. MAHAMAT Silaye.

Ce mémoire est authentique et n'a pas été antérieurement présenté pour l'acquisition de quelque grade universitaire que ce soit.

Visadel'auteur :

DEMA KOUSSI ABRAHAM

Date ..............................

Visadel'encadreurprofessionnel : Visadel'encadreuracadémique :

M. MAHAMAT SilayeDr. DANDJISAAHMarcBertrand

Point Focal Nutrition Chargé de cours

Visa du Chef de Département

Date ..................... Date...........................

Pr GATSING Donatien

Date .....................

Professeur

ATTESTATION DE CORRECTION

Nous les soussignés, attestons que le Mémoire de Master intitulé : Pratiques alimentaires et malnutrition chez les enfants soudanais de 06 à 59 mois dans les camps de réfugiés à Adré, Tchad, soumis au Département de Biochimie de l'Université de Dschang et soutenu publiquement le 27 juillet 2025, en vue de l'obtention du diplôme de Master Professionnel en Nutrition de Santé Publique, Diététique et Education Nutritionnelle option Nutrition Communautaire, a été revu et corrigé conformément aux observations du jury.

Auteur :

DEMA KOUSSI ABRAHAM

Date .....................

Visa du rapporteur :

Visa du président :

Visa de l'examinateur :

Pr WOMENI Hilaire

Dr DANDJISAAHMarcBertrand

Dr FUL Georges

Date .....................

Date .....................

Date .....................

Visa du Chef de Département

Pr GATSING Donatien

Professeur

Date .....................

Dédicace

A

MES PARENTS :

Mon père

KOUSSOUMBI DOCTEUR BOLO

Et

Ma mère

MARSAM DELPHINE

Remerciements

Je remercie tout d'abord Dieu le tout-puissant pour la santé et la grâce qu'Il m'accorde
chaque jour et pour m'avoir soutenu durant ce parcours.La rédaction de ce mémoire a été possible grâce à la participation de plusieurs personnes à qui je voudrais témoigner toute ma gratitude. Mes remerciements vont à l'endroit de :

Ø DrDANDJI SAAH Marc Bertrand, mon encadreur académiquepour ses conseils judicieux, son appui tout au long de cette étude. Votre enthousiasme, votre rigueur dans le travail et votre sens du devoir m'ont énormément marqué ;

Ø M MAHAMAT Silaye, mon encadreur professionnel pour le suivi et l'orientation sur le terrain lors de la réalisation de ce travail ;

Ø Pr TEUGWA Clautilde Doyen de la Faculté des Sciences de l'Université de Dschang pour son soutien constant, ses précieux conseils et son engagement envers la réussite académique des étudiants ;

Ø Pr GATSING Donatien, Chef de Département de Biochimie, pour ses encouragements et ses orientations ;

Ø PrZAMBOU NGOUFACK François, Coordonnateur du Master Professionnel en Nutrition de Santé Publique, Diététique et Education Nutritionnelle pour ses multiples conseils et enseignements ;

Ø A tous les enseignants du Département de Biochimie, merci pour les précieuses connaissances que vous nous avez transmis durant tout notre parcours académique, il s'agit de : Pr KUIATE Jules Roger, Pr WOMENIHilaire,Pr TELEFO Phélix Bruno, Pr KUETE Victor, Pr TUME Christopher, Pr DZOYEM Jean Paul, Pr SIMO Gustave, Pr TAMOKOU Jean De Dieu, Pr BIAPA NYA Prosper, Pr KUATE Dieudonné, Pr KAKTCHAM Pierre Marie, Pr MBAVENG Armelle, Pr NJATENG Guy Sédar Senghor, Pr KLANG Julie Mathilde, Pr MBULLI Innocent, Pr NGOH NEWILAH Gérard, Pr AGBOR Esther, Dr GOKA Stéphanie, Dr MAFFO TAZAHO Ghislain, Dr FANKAM Aimé Gabriel, Dr LACMATA Tamekou Stephen, Dr FOGUE Pytagore, Dr FUL KUH Georges, Dr DANGANG BOSSI Donald, Dr KOHOLE Hermann Arantes et Dr DOUNGUE Hermine.

Ø Aux autres enseignants de la filière NSDE : Pr FOKOU Elie, Pr WATCHO Pierre, Pr ATEUFACK Gilbert, Pr MVONDO Marie Alfrede, Pr MELI MELI Vivien, Pr WATCHO Rolande,Pr NGOUPAYE Gwladys, Pr DATIDJO Ismaela, Dr FOKO KOUAM Marius, Dr MAPA Clarisse, Dr TETA Ismaël, Dr SAHA Brice, Dr TANEKEU Clovis-Achille, Dr TIENTCHEU Clément, Dr WANDJI Ines, M. SIBETCHEU Daniel, M. TALONFO Williams, pour avoir contribué à la réussite de cette formation ;

Ø Dr. MAHAMOUD Adam Ahmat, Médecin Chef du District (MCD) de l'hôpital de District d'Adré, pour son accueil chaleureux et pour son autorisation de stage dans son institution ;

Ø Tout le personnel de l'unité nutritionnelle thérapeutique/ambulatoire et supplémentaire de l'hôpital de District d'Adrépour leur accompagnement durant la période de l'étude ;

Ø Tous les couples mère-enfant qui ont acceptés de répondre à nos questions sans hésitation ;

Ø La familleKOUSSI, plus particulièrement mon père KOUSSOUMBI Docteur, mamaman DELPHINE Kaptanaet ma belle-mèreMANMI Lea pour leur soutien moral, matériel, et financier ;

Ø La grande famille DOCTEUR et la grande famille KAPTANApour leur soutien multiforme ;

Ø Mes grands frères : Agoussoum Nathan, Benoit Mbatna, M.Djiko, M. Adossong, M. Wassang, pour leur accueille et hospitalité durant cette période de stage à Adré ;

Ø MesfrèresKoussi Benit, Ayouba Prospères, Granga Agolom, Koussi Exaucéet mes soeursKoussi Diane, Ayouba Caroline, Mbarei Diane, Agolom Grace, Fourida Malachie, Celestine Agolom, Assana Agolom pour leur aide dans la réalisation de ce travail ;

Ø A la grande communauté de l'Aumônerie Protestante Universitaire de Dschang pour leur communion fraternelle, leurs engouements et soutien en prière.

Ø Mes amis(e)s, camarades et voisins : DjimtoganAppolinaire, Mbaitelssem Allongar Succès, Koustogue Eugene, M. Alexis, M. Lomrebaye, Yague Nestor, Emmanuelle Bagwell, Domba Dieudonné, Djimrangar Juvenal, Lotiko Marina, Medinnegue Ecclesiaste, Assiné Tabitha pourleur multiple soutien ;

Ø La grande promo 7 et les membres de la cité Pyramide pour leur implication dans ce parcours ;

Ø Toutes les personnes ayant contribué de loin ou de près à la réalisation de ce travail et qui n'ont pas été citées, qu'ils puissent trouver ici l'expression de mes sincères remerciements.

Table de matières

Liste des abréviations, sigles et acronymes ix

Liste des figures x

Liste des tableaux xi

Résumé xiii

Abstract xv

Introduction 1

Chapitre I : Revue de la littérature 4

I.1 Généralités 5

I.1.1 Généralités sur l'alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant 5

I.1.2 Définition des concepts 6

I.1.3 Besoins nutritionnels 9

I.2 Bases des pratiques adéquates de l'ANJE 9

I.2.1 Première mise au sein 9

I.2.2 Allaitement maternel exclusif 10

I.2.3 Poursuite de l'allaitement maternel jusqu'à l'âge de 2 ans 12

I.2.4 Introduction des aliments semi-solides, solides chez les enfants 13

I.2.5 Consommation des aliments riches en fer ou enrichis en fer 13

I.2.6 Fréquence minimale des repas pour les enfants de 6-23 mois 14

I.2.7 Diversité alimentaire minimale 14

I.3 Facteurs influençant les pratiques alimentaires 15

I.3.1 Facteurs individuels 15

I.3.2 Facteurs socio-culturels 15

I.3.3 Facteurs économiques et environnementaux 15

I.4 Caractéristiques des pratiques alimentaires 15

I.5 Impact des pratiques alimentaires sur la santé 16

I.6 Dynamique des changements alimentaires 16

I.7 Études spécifiques sur des groupes ou contextes particuliers 16

I.8 Méthodologies utilisées dans les recherches 16

I.9 Besoins nutritionnels selon les tranches d'âge 16

I.9.1 Besoins énergétiques des enfants de 6 à 23 mois allaités 19

I.9.2 Besoins énergétiques chez les enfants non allaités 19

I.9.3 Répartition des macronutriments dans l'apport énergétique en fonction de l'âge 20

I.9.4 Besoin en eau 20

I.10 Épidémiologie de la malnutrition 21

I.10.1 Définition 21

I.10.2 Différents types de malnutrition 21

I.10.3 Cause de malnutrition : 23

I.10.4 Conséquences de la malnutrition 24

I.11 Synthèse des travaux antérieurs 26

Chapitre II : Matériel et méthodes 27

II.1 Matériel 28

II.1.1 Schéma d'étude 28

II.1.2 Cadre d'étude 29

II.1.3 Site de l'étude 32

II.1.4 Période d'étude 33

II.1.5 Type d'étude 33

II.1.6 Population d'étude 33

II.1.7 Choix des variables de l'étude 33

II.2 Méthodes 34

II.2.1 Echantillonnage 34

II.2.2 Calcul de la taille de l'échantillon 34

II.2.3 Critères de sélection 35

II.2.4 Techniques et outils de collecte de données 35

II.2.5 Déroulement de l'enquête 36

II.2.6 Considérations éthiques et consentement éclairé 36

II.2.7 Analyse statistique 37

Chapitre III : Résultats et discussion 38

III.1 Résultats 39

III.1.1 Caractéristiques sociodémographiques de la population étudiée 39

III.1.2 Répartition des mères selon les pratiques alimentaires des enfants 40

III.1.3 Identification des facteurs socio-culturels, économiques et environnementaux 46

III.1.4 Etat nutritionnel des enfants de 6-59 mois 48

III.1.5 Différents croisements statistiques 50

III.2 Discussion 53

Conclusion, recommandations et perspectives 57

Références 61

Annexes 68

Liste des abréviations, sigles et acronymes

AM

: Allaitement maternel

AME

: Allaitement maternel exclusif

ANJE

: Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant

ASC

: Agent de Santé Communautaire

ATPE

: Aliment thérapeutique près à l'emploi

EDS-MICS

: Enquêtes Démographique et Santé Multiples indicateurs

FAO

: Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

HDA

: Hôpital du District d'Adré

MAM

: Malnutrition aiguë modérée

MAS

: Malnutrition aiguë sévère

MSF

: Médecins Sans Frontières

MUAC

: Mid/Mid Upper Arm Circonférence

OMS

: Organisation Mondiale de la santé

ONG

: Organisation Non Gouvernementale

P/A

: Poids/Age

P/B

: Périmètre brachial

P/T

: Poids/Taille

SMART

: Specific Measurable Attainable Relevant Time Based

SPSS

: Statistical Package for Social Sciences

UNA

: Unité nutritionnelle ambulatoire

UNT

: Unité nutritionnelle thérapeutique

UNS

: Unité nutritionnelle supplémentaire

Liste des figures

Figure 1: Alimentation de l'enfant de 6 à 9 mois 2

Figure 2 : Alimentation de l'enfant de 9 à 12 mois 18

Figure 3 : Alimentation de l'enfant de 12 à 24 mois. 18

Figure 4 : Cadre conceptuel des causes de la sous nutrition 24

Figure 5 : Schéma du travail 28

Figure 6 : Carte du Tchad 30

Figure 7 : Carte de référence de la province du Ouaddaï 31

Figure 8: Carte de référence de la ville d'Adré 32

Figure 9 : Répartition de nombre de repas par jour des enfants 42

Figure 10 : Répartition de l'utilisation de pate d'arachide ou aliments enrichis dans la bouillie 43

Figure 11 : Répartition des enfants selon les groupes d'aliments consommées régulièrement 43

Figure 12 : Répartition des enfants selon la consommation des fruits riche en vitamine A 45

Figure 13 : Répartition des enfants selon la diversité alimentaire des enfants 46

Figure 14 : répartition des mères selon la perception de la qualité des repas des enfants 47

Figure 15 : Répartition des mères selon les principaux obstacles pour obtenir les aliments 47

Figure 16 : Répartition des enfants selon les différentes formes de malnutrition 49

Liste des tableaux

Tableau 1: Estimation des besoins énergétiques de l'enfant 2

Tableau 2: Besoins énergétiques des enfants de 6-23 mois allaités 19

Tableau 3 : Besoins énergétiques des enfants de 6-23 mois non allaités 19

Tableau 4 : Répartition des macronutriments dans l'apport énergétique en fonction de l'âge 20

Tableau 5 : Indicateurs et définition des différentes formes de sous-nutrition 22

Tableau 6 : Caractéristiques sociodémographiques des mères enquêtées 39

Tableau 7 : Caractéristiques sociodémographiques des enfants de 6 à 59 mois 40

Tableau 8 : Répartition des mères selon les pratiques d'allaitement 40

Tableau 9 : Répartition des enfants selon la période d'introduction des aliments solides 41

Tableau 10 : Diversification alimentaire minimum des enfants de 6 à 23 mois 44

Tableau 11 : Répartition des mères selon les pratiques d'hygiène 44

Tableau 12 : Répartition des ménages en fonction de réception de l'aide 46

Tableau 13 : Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/taille en z-scores 48

Tableau 14 : Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/âge en z-scores 48

Tableau 15 : Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Taille/âge en z-scores 49

Tableau 16 : Association entre les pratiques alimentaires et les contraintes d'accès 50

Tableau 17 : Association entre l'état nutritionnel des enfants et les pratiques alimentaires 51

Tableau 18 : Association entre les facteurs socio-économiques et les pratiques alimentaires 51

Liste des annexes

Annexe 1 : Autorisation de mise en stage de l'Université de Dschang b

Annexe 2 : Autorisation de recherche de l'Hôpital de District d'Adré b

Annexe 3 : Autorisation de recherche de l'administration c

Annexe 4 : Formulaire de consentement éclairé d

Annexe 5 : Questionnaire d'enquête individuel du couple mère - enfant e

Annexe 6 : Enregistrement d'un enfant MAM lors de la journée de distribution k

Annexe 7 : Prise des paramètres anthropométriques lors de la collecte des données k

Annexe 8 : Prise devant la plaque du Centre de Santé d'Adré l

Annexe 9 : Mesure de la taille d'un enfant avec l'aide d'ne ASC l

I. Résumé

La malnutrition infantile demeure un défi majeur de santé publique dans le monde et particulièrement en Afrique, où la précarité des conditions de vie expose particulièrement les enfants de 6 à 59 mois à des risques nutritionnels élevés. Le Tchad, pays sahélien enclavé, est parmi les pays les plus affectés par la malnutrition infantile. La région de l'Est du Tchad, et plus précisément la ville frontalière d'Adré, est fortement impactée par cette crise Ce mémoire Vise à contribuer à la santé des enfants à travers I `analyse des pratiques alimentaires et l'identification des facteurs liés à la malnutrition. Pour cela, une étude descriptive transversale a été menée auprès de 218 couples mère-enfant allant de Mars à Juin 2025, avec une collecte de données basée sur des questionnaires structurés et des mesures anthropométriques, permettant de collecter les données nécessaires à l'étude. Les résultats révèlent une population majoritairement composée de mères très jeunes, peu instruites et sans activité professionnelle, ce qui limite leur autonomie et leur accès à l'information nutritionnelle. Les pratiques d'allaitement maternel exclusif restent faibles, avec seulement 31,7% des enfants allaités exclusivement jusqu' à six mois, et l'introduction des aliments de complément est souvent précoce, avant 1'âge recommandé. L'alimentation des enfants est peu diversifiée, dominée par les céréales et les légumineuses, tandis que la consommation de fruits, légumes et produits animaux demeure marginale. La fréquence des repas est insuffisante pour la majorité des enfants, et 1'accès à I `eaupotablerestelimité, accentuant les risques d'infections et de maladies hydriques. L'état nutritionnel des enfants est alarmant : 40,6% présentent une émaciation, 72,5%% une insuffisance pondéral t 67,49% un retard de croissance. L'analyse statistique montre une association significative entre la fréquence des repas et l'état nutritionnel, confirmant que la monotonie alimentaire et le faible nombre de repas quotidiens aggravent la malnutrition. En définitive, une grande majorité des enfants enquêtés étaient malnutris, les pratiques alimentaires et d'hygiène étaient faibles. Le faible taux de diversité alimentaire et de la fréquence des repas chez les enfants influencent sur leur état nutritionnel.

Mots-clés : Pratiques alimentaires, malnutrition, enfants soudanais, réfugiés, Tchad, camps d'Adré

Topic

Dietary practices and malnutrition among Sudanese children aged 6 to 59 months in the Adré refugee camps in Chad.

II. Abstract

Child malnutrition remains a major public health challenge worldwide, particularly in Africa,where precarious living conditions expose children aged 6 to 59 months to high nutritional risks.Chad, a landlocked Sahelian country, is among the countries most affected by child malnutrition.The eastern region of Chad, and more specifically the border town of Adré, is heavily impacted bythis crisis. This thesis aims to contribute to children's health through the analysis of dietarypractices and the identification of factors related to malnutrition. To this end, a descriptive cross-sectional study was conducted among 218 mother-child pairs from March to June 2025, with datacollection based on structured questionnaires and anthropometric measurements, enabling thenecessary data for the study to be collected. The results reveal a population composed mainly ofvery young mothers with little education and no professional activity, which limits their autonomyand access to nutritional information. Exclusive breastfeeding practices remain low, with only 31.7%of children exclusively breastfed until six months of age, and the introduction of complementaryfoods is often early, before the recommended age. Children's diets are not very diverse, dominatedby cereals and legumes, while the consumption of fruits, vegetables, and animal products remainsmarginal. The frequency of meals is insufficient for the majority of children, and access to safedrinking water remains limited, increasing the risk of infections and waterborne diseases. Thenutritional status of children is alarming: 40.6% are emaciated, 72.5% are underweight, and 67.4%are stunted. Statistical analysis shows a significantassociation between meal frequency andnutritional status, confirming that dietary monotony and low number of daily meals exacerbatemalnutrition. Ultimately, a large majority of the children surveyed were malnourished, and dietaryand hygiene practices were poor. The low level of dietary diversity and frequency of meals amongchildren influences their nutritional status.

Keywords: Dietary practices, malnutrition, Sudanese children, refugees, Chad, Adré camps,

Introduction

Les crises humanitaires provoquées par les conflits armés exposent les populations déplacées à une précarité extrême, marquée par l'insécurité alimentaire, des conditions sanitaires dégradées et la malnutrition infantile (HCR, 2024). La malnutrition reste l'un des défis majeurs de santé publique dans le monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS, 2021), environ 45 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë et 149 millions présentent un retard de croissance, augmentant ainsi les risques de morbidité et de mortalité. Malgré des efforts mondiaux soutenus pour améliorer la nutrition infantile, la situation reste préoccupante, notamment dans les régions à ressources limitées. En Afrique subsaharienne, la malnutrition infantile atteint des proportions alarmantes. Cette région concentre près de 90% des cas de malnutrition aiguë sévère chez les enfants (UNICEF, 2023). Les facteurs explicatifs sontmultiples: insécurité alimentaire chronique, conflits armés, pauvreté extrême, déplacements de population, et accès limité aux services de santé et aux infrastructures de base (FAO, 2023). Le Tchad, pays sahélien enclavé, est parmi les pays les plus affectés par la malnutrition infantile. Les résultats de l'enquête nationale SMART 2024 révèlent une prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 10,8% chez les enfants de 6 à 59 mois, dont 2,1% souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS). Ces taux dépassent les seuils d'alerte de l'OMS, fixés à 10% pour la MAG et 2% pour la MAS, indiquant une crise nutritionnelle persistante (SMART, 2024). Certaines provinces, comme le Ouaddaï, affichent des taux encore plus élevés, atteignant 17,5% de MAG(SMART, 2024).

La région de l'Est du Tchad, et plus précisément la ville frontalière d'Adré, est fortement impactée par cette crise. En raison de sa proximité avec le Soudan, Adré est devenue une zone d'accueil pour des dizaines de millier de réfugiés soudanais fuyant le conflit du Soudan. Depuis la reprise du conflit armé au Soudan en avril 2025, près d'un million des réfugiés ont franchi la frontière tchadienne. Plus de la moitié de ces réfugiés sont localisés dans les camps d'Adré et ses alentours, qui comptent parmi leurs populations une forte proportion d'enfants de moins de cinq ans (HCR, 2024 ; OCHA, 2023). Ces camps de réfugiés, souvent surpeuplés, sont caractérisés par une insécurité alimentaire sévère et des conditions sanitaires précaires. Selon l'analyse IPC de la malnutrition aiguë au Tchad, environ 2 002 113 enfants âgés de 6 à 59 mois seront affectés par la malnutrition aiguë entre octobre 2024 et septembre 2025, dont 537 170 cas sévères. Dans les camps de réfugiés d'Adré, bien que certains aient été initialement classés en situation "acceptable" (Phase1) entre octobre et décembre 2024, des dégradations ont été projetées pour la période de juin à septembre 2025, notamment le camp d'Adré site qui devrait passer en situation d'"alerte" (Phase 2), traduisant une aggravation attendue de la situation nutritionnelle dans ce contexte humanitaire critique (IPC, 2025). L'importance des pratiques alimentaires dans le développement global des enfants est bien établie. Elles jouent un rôle central dans la croissance physique, le développement cognitif et la santé à long terme (UNICEF, 2023). Une alimentation inadéquate pendant les premières années de vie peut entraîner des conséquences irréversibles, y compris un retard de développement, une faible immunité et une augmentation des risques de maladies chroniques (OMS, 2021). Face à ces constats et cette situation critique, il devient essentiel d'étudier les pratiques alimentaires des enfants déplacés soudanais à Adré. Le constat d'une prévalence élevée de la malnutrition infantile dans cette région nous amène à nous poser la question suivante : En quoi les pratiques alimentaires influencent-elles la santé des enfants soudanais de 06-59 mois dans les camps de réfugiés à Adré à l'Est du Tchad ? Dans le but d'apporter des éléments de réponses à cette question, les hypothèses suivantes ont été formulées :

v Les pratiques alimentaires des enfants sont négativement influencées par les contraintes d'accès aux ressources alimentaires dans les camps ;

v L'état nutritionnel des enfants est influencé par les facteurs socio-démographiques, socioculturels et d'accès à l'alimentation ;

v Les pratiques alimentaires inadéquates chez les enfants s'associent à un état nutritionnel médiocre chez ces enfants.

L'objectif général est de contribuer à la promotion et l'amélioration de la santé des enfants à travers l'étude de leurs pratiques alimentaires ; De cet objectif général, trois (03) objectifs spécifiques en découlent :

v Décrire les pratiques alimentaires chez les enfants dans les camps de réfugiés d'Adré ;

v Identifier les facteurs sociodémographiques, socio-culturels et d'accès à l'alimentation influençant ces pratiques alimentaires ;

v Évaluer l'état nutritionnel des enfants en fonction de leurs pratiques alimentaires

Chapitre I : Revue de la littérature

II.1 Généralités

II.1.1 Généralitéssur l'alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant

La malnutrition est un problème majeur de santé publique, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Selon l'UNICEF (2022), environ 45 millions d'enfants dans le monde souffrent de malnutrition aiguë. En Afrique subsaharienne, des facteurs tels que les conflits, les déplacements de population et l'insécurité alimentaire exacerbent cette crise (OMS, 2021). Le Tchad, en particulier dans sa région Est, est confronté à ces défis, principalement en raison de sa proximité avec le Soudan en conflit (FAO, 2021).

Les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant, période la plus critique pour une croissance et un développement normal, car les troubles du développement qui résultent d'une dénutrition au cours de cette période sont pratiquement irréversibles (FAO, 2014). Le petit enfant est un être fragile qui a des fonctions digestives immatures (Brigitte et al., 2005). Sa croissance est rapide entre 0 et 2 ans, il quadruple son poids de naissance et double sa taille. Il a donc un métabolisme différent de celui des plus grands. Pour répondre à ses spécificités physiologiques et lui permettre une croissance harmonieuse. L'amélioration de la nutrition après l'âge de 2 ans ne permet généralement pas la récupération du potentiel perdu (UNICEF, 2013). Une série d'études transversales sud-africaines réalisée par Stoch et al. (2005) ont évalué l'impact de la sous-nutrition sévère avant l'âge de 2 ans sur la croissance physique et sur le fonctionnement intellectuel au cours de l'adolescence. Même en tenant compte d'une amélioration de leur environnement et d'un rattrapage de croissance, les enfants qui avaient connu une sous-nutrition chronique dans la petite enfance souffraient d'une déficience intellectuelle irréversible. Le pourcentage des indicateurs des pratiques de l'ANJE au niveau mondial montre qu'il y a encore plusieurs efforts à consentir afin d'améliorer les pratiques de l'alimentation du nouveau-né dans les deux années qui succèdent sa naissance (UNICEF, 2013).

Parmi les pratiques optimales en faveur des nourrissons et des jeunes enfants on a : le démarrage de l'allaitement maternel dans l'heure suivant la naissance, l'allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois, et la poursuite de l'allaitement maternel pendant au moins deux ans et plus, conjointement avec une alimentation adaptée à l'âge de l'enfant, à base d'aliments mous, semi-solides et solides à partir de l'âge de 6 mois (UNICEF, 2013). L'introduction, à l'âge de six mois, d'aliments de complément sains, semi-solides ou solides, appropriés doit apporter l'énergie suffisante et être une bonne source de protéines et de micronutriments pour couvrir les besoins nutritionnels nécessaire à la croissance de l'enfant (ACF, 2012). Les programmes en vue d'encourager des pratiques alimentaires appropriées des nourrissons et de jeunes enfants insistent sur ce que les familles peuvent faire elles-mêmes avec les ressources disponibles en vue d'améliorer le bien-être nutritionnel de leurs enfants, notamment l'allaitement maternel optimal et des pratiques améliorées d'alimentation complémentaire (Pelletier et al., 1995). L'ANJE joue un rôle déterminant pendant la fenêtre d'opportunité qui est la période des «1000 jours » puisqu'elle permet d'éviter les retards de croissance ainsi que l'émaciation et les carences en micronutriments (ACF, 2012).

II.1.2 Définition des concepts

Nutrition : est une science qui traite de la composition des substances alimentaires et de phénomènes biologiques par lesquels l'organisme humain tire des aliments, les substances nutritives dont il a besoin et les utilise pour son maintien en vie, sa croissance, et son développement (OMS, 2015).

Aliments : est une substance solide ou liquide, d'origine animale ou végétale, consommé telle qu'elle est ou transformer par les êtres vivants pour répondre aux besoins nutritionnels de l'organisme (Ngoh, 2023).

Alimentation : est le mécanisme par lequel notre organisme assimile la nourriture et assure son propre fonctionnement, elle est à la base d'une bonne santé (OMS, 2015).

Alimentation de complément : processus mis en route lorsque le lait maternel seul ne suffit plus à satisfaire les besoins nutritionnels d'un nourrisson à partir de 6 mois. Par conséquent, d'autres aliments et liquides doivent d'être ajoutés au lait maternel ou au substitut du lait maternel (UNICEF, 2010).

Allaitement : Le mot allaitement signifie « alimentation du nourrisson avec du lait au sein de la mère ou par une nourrice ou au biberon » (OMS, 1989) ;

Nourrisson : c'est de la période allant de la naissance jusqu'à 1 an (Sibetcheu, D.2019).

Nourrisson : Enfant de moins de 12 mois nécessitant une alimentation spécifique pour son développement optimal, comme l'allaitement exclusif (UNICEF, 2021).

Jeune enfant : c'est l'enfant donc l'âge est compris entre 12 mois à 2 ans (Sibetcheu, D.2019).

Pratique : selon le dictionnaire Universel, 4e édition 2002, c'est « l'observance d'une règle de conduite, d'un ensemble de prescription morales ou philosophiques ». Dans ce cadre, les pratiques englobent tout ce que les mères font pour ou contre l'alimentation et l'hygiène des enfants de 6 à 59 mois.

Pratiques alimentaires : Ensemble des comportements liés à la sélection, préparation et consommation d'aliments, influencés par des facteurs socioculturels et économiques (UNICEF, 2021 ; PNIN, 2021).

Lespratiques alimentaires englobent les comportements, habitudes, et choix alimentaires influencés par des facteurs biologiques, culturels, économiques et environnementaux. Elles incluent ce que les individus mangent, comment ils le préparent et consomment les aliments, ainsi que les contextes sociaux dans lesquels ces pratiques se manifestent (Fischler, 1990 ; Rozin, 2005).

Diversité alimentaire minimale (DAM) : c'est la proportion d'enfants âgés de 6 à 23 mois qui ont reçu des aliments de quatre ou plus des sept groupes alimentaires (céréales, racines et tubercules, légumineuses et noix, produits laitiers, viandes et poissons, fruits et légumes riches en vitamine A et autres fruits et légumes) la veille (OMS, 2008).

Fréquence minimale des repas (FMR) : c'est la proportion d'enfants allaités et non allaités âgés de 6 à 23 mois ayant reçu des aliments solides, semi-solides ou mous (mais incluant également des aliments lactés pour les enfants non allaités) le nombre minimum ou plus au cours de la journée précédente. Pour les enfants allaités, la FMR est de deux repas par jour de 6 à 8 mois, et de trois repas par jour de 9 à 23 mois. Pour les enfants non allaités de 6 à 23 mois, la FMR est de quatre repas (OMS, 2008)

Alimentation minimale acceptable (AMA) : c'est la proportion d'enfants âgés de 6 à 23 mois ayant atteint à la fois la FMR et la DAM au cours d'un jour précédent (OMS, 2008).

Le statut nutritionnel : est l'état physiologique d'un individu résultant de la relation entre la consommation alimentaire et les besoins ainsi que de la capacité du corps à absorber et utiliser les nutriments (OMS, 2015).

Sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire est garantie quand tous ont à tout moment accès à une nourriture suffisante et équilibré pour mener une vie saine et active. Cet accès englobe la disponibilité (production, stockage, etc.), l'accessibilité (transport, transformation, marché, etc.) et l'utilisation des aliments (FAO, 2007)

Diversité alimentaire minimal : c'est la proportion d'individus ayant consommé des aliments appartenant au moins à 4 groupes alimentaires distincts (OMS, 2007). C'est le rapport entre le nombre d'individus ayant consommé des aliments appartenant à au moins 4 groupes d'aliments distincts le jour précédent une enquête sur le nombre total d'individus enquêtés. Le score de diversité alimentaire peut également être classé en 3 groupes c'est- à - dire faible, moyen, et élevé. Les sept (7) groupes d'aliments retenus sont :

v Les céréales, les racines et les tubercules (Maïs, blé, sorgho, patate, manioc, pain...) ;

v Les légumineuses et les noix (Haricot sec, soja, arachide...) ;

v Les produits laitiers (lait, yaourt, fromage) ;

v Les produits carnés (viande, volaille, abats) et poissons ;

v Les oeufs ;

v Les fruits et légumes riches en vitamine A (mangue mure, papaye mure, carotte...) ;

v Les autres fruits et légumes (Tomate, oignon, aubergine, fruits sauvage...) (OMS, 2007).

Besoins nutritionnels : correspondent à la quantité moyenne de nutriments nécessaire quotidiennement pour assurer le développement de l'organisme, le renouvellement des tissus, le maintien d'un bon état de santé physique et psychique, et l'activité physique conforme aux conditions de vie d'un individu(Louvain, 2015).Le besoin minimal correspond à la plus faible quantité d'un nutriment pouvant maintenir des fonctions et un état de santé normal tel qu'une croissance satisfaisante chez le nourrisson.

II.1.3 Besoins nutritionnels

On distingue plusieurs aspects de ces besoins à savoir la quantité, la qualité et l'énergie (Ghisoffi, 1985). Les protéines et les glucides fournissent 4 Kcal/g et les lipides 9 Kcal/g. Si l'adulte a besoin de 2200 - 4000 Kcal/j suivant les circonstances, les besoins de l'enfant sont proportionnellement élevés du fait de la croissance de son organisme. Ainsi (Ghisoffo, 1985) :

v De 0 à 2 ans : 100 Kcal/j

v Entre 2 - 6 ans : 1200 - 1500 Kcal/j

v Entre 6 - 13 ans : 1500 - 2500 Kcal/j

v Entre 13 - 18 ans : 2500 - 3200 Kcal/j

Une bonne nutrition nécessite aussi un apport qualitatif précis. L'aspect le plus important concerne l'apport en protéine, elles sont indispensables à la croissance, à l'entretien et a la réparation des tissus de l'organisme.

II.2 Bases des pratiquesadéquates de l'ANJE

II.2.1 Première mise au sein

La premièreétape de l'allaitement optimal consisteà mettre le bébé au sein dans l'heure qui suit la naissance (USAID/AED, 1999). Ainsi on profite de l'intense reflexe de succion et de l'état d'alerte du bébé (Righardet al., 1990). Plusieurs études ont démontré que le démarrageprécoce de l'allaitement maternel réduisait le risque de mortalité néonatale (Mullany et al., 2008). Il permet non seulement de sauver la vie du nouveau-né, mais aussi de favoriser les contractions utérines, ce qui réduit le risque d'hémorragie utérine. Cette pratique limite également le risque d'hypothermie, améliore les liens entre la mère et l'enfant et stimule la production de lait (UNICEF, 2013). En effet, c'est lors du premier allaitement, dans les 24 heures qui suivent la naissance, que l'enfant reçoit le colostrum riche en vitamine A et qui contient les anticorps de la mère, essentielle pour sa protection (Diallo et al., 2005). De plus, si le nouveau-né n'est pas allaité dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, il reçoit généralement, en substitut, divers liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. En outre, un nombre croissant de preuves supportent l'importante recommandation mondiale selon laquelle l'initiation de l'allaitement doit se faire dans la première heure qui suit la naissance (OMS, 2003 ; UNICEF, 2003).

Au Tchad, seulement 29% d'enfants ont été immédiatement mis au sein, c'est-à-dire dans l'heure qui a suivi leur naissance (UNICEF, 2014). Dans bien des communautés, le colostrum est jugé <sale » et les mères le jettent pour donner à leurs bébés des aliments prélactés tels que l'eau et les tisanes (Victoria et al., 2006). Les facteurs culturels et sociaux influencentégalement les pratiques d'alimentation des nouveau-nés. Souvent le premier lait, le colostrum. N'est pas donné au bébé parce qu'on craint que ce lait jaune lui donne la jaunisse. Les résultats de l'enquête en grappe à indicateurs multiples (MICS) du Tchad publiés en 2010 montrent que 29% d'enfants tchadiens ont été mis au sein dans l'heure qui suit leur naissance. Dans 42% des cas, les enfants n'ont été allaités que dans les 24 heures après la naissance et dans 64% des cas, les enfants ont été alimentés avant le début de l'allaitement (EDS-T, 2004), Le colostrum, n'est pas donné aux bébés parce que l'on considère qu'il est toxique (UNICEF, 2010), Ces comportements peuvent se révéler néfastes pour les enfants et mettre en danger leur survie, car, c'est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent leur naissance, que les enfants reçoivent le colostrum qui contient les anticorps de la mère et qui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies (EDST-II, 2004). Le lieu d'accouchement influence légèrement la proportion d'enfants immédiatement allaités : 36% quand la mère accouche dans un centre de santé contre 34% quand elle accouche à domicile.

II.2.2 Allaitement maternel exclusif

On parle de l'allaitement maternel exclusif lorsque le nourrisson reçoit uniquement du lait maternel durant ses six premiers mois de vie (y compris le lait maternel qui a été exprimé ou celui d'une nourrice) et rien d'autre, sauf les sels de réhydratation orale, les médicaments et les vitamines et les minéraux sur prescription médicale (UNICEF, 2012). Pour avoir une croissance, un développement harmonieux et une santé optimale, le nourrisson doit être exclusivement nourri aux seins pendant les six premiers mois de la vie (OMS, 2003.). Selon J'UNICEF (2010), les enfants n'ont pas besoin de compléments au lait maternel jusqu'à six mois. Le fait de remplacer le lait maternel avec un liquide n'ayant que peu, voire aucune valeur nutritionnelle, peut avoir des conséquences négatives sur l'état nutritionnel, la survie, la croissance et le développement d'un nourrisson (Linkage, 2004). En effet, la consommation, même de petites quantités, d'eau et d'autres liquides peut remplir l'estomac du bébé et diminuer son appétit pour le lait maternel riche en nutriments. Les études montrent que la supplémentation en eau avant l'âge de six mois peut diminuer jusqu'à 11% l'apport de lait maternel. De plus, L'eau et les aliments sont des véhicules introduisant des pathogènes. Les enfants courent un risque plus élevé d'être exposés à des organismes causant la diarrhée, surtout dans des contextes où l'hygiène et l'assainissement laissent à désirer. Dans des pays moins développés, deux personnes sur cinq n'ont pas accès à une eau de boisson salubre. Grâce au lait maternel, l'enfant reçoit une quantité adéquate et facilement disponible d'eau salubre.

L'allaitement maternel exclusif au cours des six premiers mois de vie de l'enfant permet de sauver des vies (UNICEF, 2013). En effet, le lait maternel apporte toute l'énergie et tous les nutriments dont l'enfant a besoin pendant les six premiers mois, il diminue les décès des nourrissons imputables à des maladies infantiles courantes telles que la diarrhée et la pneumonie permettent à l'enfant de se rétablir plus rapidement de la maladie (Linkage, 2004) Edmond et al. (2006) ont trouvé un risque de mortalité néonatale quatre fois plus élevé chez des bébés allaités partiellement et non pas exclusivement et un risque de mortalité deux fois plus élevé chez les nourrissons recevant d'autres aliments. Pendant et immédiatement après l'accouchement, les personnes qui aident la mère doivent lui apporter des conseils et un soutien pour qu'elle pratique un allaitement immédiat et exclusif (Victoria et al., 2006).

Tableau 1: Estimation des besoins énergétiques de l'enfant

Age en mois

Besoins d'énergie quotidiens (Kcal)

Estimation des Kcal fournis par l'allaitement

Estimation des besoins en Kcals d'aliments complémentaires

0 - 2

440

440

0

3 - 5

475

475

0

6 - 8

680

410

270

9 - 11

830

380

450

12 - 24

1090

340

750

Source : (UNICEF, 2010)

L'introduction trop précoce d'aliments de complément n'est pas recommandée parce qu'elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses (EDST II, 2004). De plus, elle diminue la prise de lait par l'enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait.

En Afrique, nombreuses sont les raisons des faibles taux d'allaitement maternel exclusif d'un pays à l'autre (Victoria et al., 2006). C'est souvent le manque de connaissance des avantages des pratiques optimales de l'allaitement maternel exclusif, la formation insuffisante des agents de santé sur les bienfaits de l'allaitement maternel exclusif, le manque d'information sur les principes d'application, les coutumes locales, les pressions commerciales et familiales sont parmi les raisons courantes qui empêchent les mères à pratiquer l'allaitement maternel exclusif. Les régions africaines présentant les taux les plus élevés d'allaitement maternel exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois sont l'Afrique de l'Est et australe (52%), avec des taux similaires dans l'ensemble des pays les moins avancés (UNICEF, 2013). L'Afrique de l'Ouest et centrale ont un faible taux (25%), par rapport aux 52% de l'Afrique de l'Est et australe. Au Tchad, Les données indiquent que, l'allaitement maternel exclusif demeure une pratique quasi inexistante (EDST II, 2004). 3,4% seulement des enfants nourris au sein exclusivement (MICS, 2010).

II.2.3 Poursuite de l'allaitement maternel jusqu'à l'âge de 2 ans

Le lait maternel garde toutes ses propriétés et convient jusqu'à 2 ans ou plus (Benoit et al., 2009). Il reste une source importante de nutriments, et il est recommandé de poursuivre l'allaitement jusqu'à ce que les enfants atteignent l'âge de 2 ans (UNICEF, 2013). L'allaitement au sein continue d'assurer une contribution nutritionnelle importante bien au- delà de la première année de vie. Les enfants allaités au sein à l'âge de 12 à 23 mois dont l'apport est semblable à la quantité "moyenne" de lait maternel consommé à cet âge (environ 550 g/j dans les pays en développement) reçoivent 35 à 40% des besoins énergétiques à partir du lait maternel (OMS, 1998 ; UNICEF, 1998). Parce qu'il a une teneur en matière grasse relativement élevée comparée à la plupart des aliments complémentaires, le lait maternel est la principale source d'énergie et d'acides gras essentiels. Sa teneur en matière grasse peut être cruciale pour l'utilisation des caroténoïdes de la provitamine A dans les régimes à prédominance végétale. Le lait maternel fournit les quantités substantielles de certains micronutriments. Les pratiques sous optimales d'allaitement et d'alimentation de complément exposent les enfants des pays en développement à un haut risque de malnutrition et à ses conséquences avec des répercussions considérables et difficiles à inverser par la suite (UNICEF, 2012). Les enfants profitant des pratiques optimales d'allaitement jusqu'à 2 ans et d'alimentation de complément peuvent atteindre leur plein potentiel de croissance et de prévenir le retard de croissance irréversible, ainsi que la malnutrition aiguë (Dewey et al., 2008). La survenue d'une nouvelle grossesse en cours d'allaitement, conduit le plus souvent au sevrage, soit par choix de la mère, soit à cause de douleur, d'absence de lait ou de modification de son goût. Le co-allaitement est une pratique encore plus rare et cachée que l'allaitement prolongé même si beaucoup d'aînés redemandent le sein à l'arrivée d'un autre bébé, Au Tchad, 59% de femmes continuent à allaiter jusqu'à l'âge de 2 ans (UNICEF, 2013).

III. Introduction des aliments semi-solides, solides chez les enfants

Les directives concernant l'introduction de divers aliments sont données ci-après (Brown et al., 1998) :

v Donner des aliments écrasés et semi-solides dès l'âge de 6 mois ;

v Donner des combinaisons d'aliments non solides riches en énergie de 6 à 11 mois.

v Introduire des goûters que l'enfant peut manger tout seul, par exemple des légumes coupés et des lamelles de pain, dès l'âge de 8 mois.

v Faire la transition au régime familial à l'âge de 12 mois.

Selon Unicef (ANJE, 2012), trois indicateurs pour l'alimentation de complément qui reflètent la quantité et la qualité de nourriture données aux enfants âgés de 6 à 23 mois incluent :

v Introduction des aliments de complément : Introduction d'aliments solides, semi- solides ou mous à partir de 6 mois.

v Diversification alimentaire minimum : au moins 3 à 4 groupes d'aliments.

v Fréquence minimale des repas : au minimum 2 repas par jour pour les enfants 6 à 8 mois, 3 pour les enfants de 9 à 23 mois et 4 pour ceux de 6 á 23 mois.

III.1.1 Consommation des aliments riches en fer ou enrichis en fer

Le fer est un nutriment essentiel pour le fonctionnement de presque toutes les cellules du corps humain, avec des besoins particulièrement élevés pendant la croissance (NAS, 2002). II aide à produire l'hémoglobine, constituant des globules rouges du sang qui véhicule l'oxygène (UNICEF, 2009 ; USAID, 2009 ; GAIN, 2009). Comme ces cellules transportent l'oxygène jusqu'aux muscles et au cerveau, le fer est nécessaire pour le développement moteur et cognitif de l'enfant, ainsi que pour l'activité physique chez tous les êtres humains. Lorsque les niveaux de fer sont trop faibles, le corps fabrique trop peu de globules rouges et l'individu est atteint d'anémie (taux d'hémoglobine < 11 g/dl. Chez les enfants de moins de 5 ans). La carence en fer touche principalement les enfants, les adolescents et les femmes lors des pertes menstruelles et de la grossesse (UNICEF, 2013). C'est avant 24 mois que les enfants sont les plus vulnérables à la carence en fer par rapport aux autres groupes d'âge, en raison de leur croissance rapide, jumelée à un apport souvent insuffisant de fer d'origine alimentaire (OMS, 2001 ; UNICEF, 2001),

III.1.2 Fréquence minimale des repas pour les enfants de 6-23 mois

Les directives sur la fréquence de l'alimentation devraient tenir compte de la densité d'énergie et de la quantité des divers aliments servis à l'enfant (USAID, 1999 ; AED, 1999). Le nombre approprié de repas dépend de la densité énergétique des aliments locaux et des quantités habituelles consommées pendant le repas (OPS, 2003). La teneur en nutriment et la fréquence des repas devraient être adaptées aux besoins du nourrisson.

La fréquence des repas et la quantité de nourriture augmentent avec l'âge, afin de tenir compte des besoins énergétiques plus élevés pour le développement et la croissance (OMS, 1998).

Le nombre minimum de repas est défini comme suit (OMS, 2009) :

v 2 repas pour les enfants allaités au sein, âgés de 6 à 8 mois

v 3 repas pour les enfants allaités au sein, âgés de 9 à 23 mois

v 4 repas pour les enfants non allaités au sein, âgés de 6 à 23 mois

Une faible fréquence journalière de consommation ne permet pas de compléter suffisamment les apports de lait maternel (Tchibindat et al., 1994). Tout cela pourrait entraîner les prévalences élevées de malnutrition proteino-énergétique.

Au Tchad, 30% d'enfants âgés de 6 à 23 mois allaités au sein ont une fréquence alimentaire minimale acceptable contre 34% pour ceux qui ne sont pas allaités au sein (MICS, 2010).

III.1.3 Diversité alimentaire minimale

v La diversité alimentaire est définie comme la consommation quotidienne d'aliments de chacune des grandes catégories d'aliments : produits céréaliers-légumineuses, fruits, légumes, produits laitiers, viandes-poissons-oeuf, matières grasses, sucre et produits sucrés (Avignon et al., 2001). Une alimentation monotone, c'est-à-dire non diversifiée, peut conduire à une carence nutritionnelle. Pour éviter la carence nutritionnelle chez l'enfant, il faut donc lui offrir des portions d'aliments de tous les groupes (céréales, racines et tubercules, légumineuses, aliments d'origine animale, fruits et légumes) en augmentant la variété et la quantité au fur et à mesure qu'il grandit (UNICEF, 2012). Une alimentation optimale des enfants de 6 à 24 mois et au-delà demande un apport suffisant en protéines et en micronutriments ainsi qu'un apport énergétique suffisant pour assurer la croissance et le bon fonctionnement métabolique du corps (Golden, 1995). Pour cela, les pratiques suivantes sont recommandées :

v Donner chaque jour des fruits et légumes, surtout ceux riches en vitamine A (mangues, papayes, carottes, patates douces, tomates...) et autres vitamines,

v Donner de la viande ou du poisson ou des oeufs tous les jours ou aussi souvent que possible (même de petites quantités aident à grandir.)

v Utiliser des aliments enrichis, tels que le sel iodé, l'huile avec de la vitamine A et la farine ou d'autres aliments de base fortifiés en fer, s'ils sont disponibles.

III.2 Facteurs influençant les pratiques alimentaires

III.2.1 Facteurs individuels

· Les préférences alimentaires sont souvent conditionnées par l'exposition précoce aux aliments, influençant les goûts et aversions (Birch, 1999).

· Les états physiologiques, comme la grossesse ou l'enfance, influencent les besoins alimentaires (OMS, 2003).

III.2.2 Facteurs socio-culturels

· Les coutumes alimentaires varient selon les contextes culturels et religieux. Par exemple, le jeûne religieux (comme le Ramadan) influence les rythmes alimentaires (Kandiah et al., 1998).

· Les rituels alimentaires structurent les repas dans différentes sociétés (Douglas, 1972).

III.2.3 Facteurs économiques et environnementaux

· L'accès aux aliments sains est souvent limité par les inégalités économiques et géographiques (Darmon & Drewnowski, 2008).

· Les crises alimentaires affectent les pratiques des populations vulnérables, comme les réfugiés (UNHCR, 2021).

III.3 Caractéristiques des pratiques alimentaires

· La composition des repas varie selon les régions. Par exemple, les céréales dominent en Afrique subsaharienne, tandis que les produits laitiers jouent un rôle clé en Europe (FAO, 2014).

· Les modes de préparation influencent la biodisponibilité des nutriments, comme la fermentation ou la cuisson (Latham, 1997).

III.4 Impact des pratiques alimentaires sur la santé

· Les régimes déséquilibrés sont liés à des maladies non transmissibles, comme l'obésité ou le diabète (Popkin et al., 2012).

· À l'inverse, certaines pratiques traditionnelles, comme les régimes méditerranéens, ont des bienfaits prouvés pour la santé cardiovasculaire (Trichopoulou et al., 2003).

III.5 Dynamique des changements alimentaires

· La mondialisation entraîne une transition nutritionnelle, marquée par un passage des régimes traditionnels riches en fibres aux régimes occidentalisés riches en sucres et graisses (Hawkes, 2006).

· Les médias et la publicité façonnent également les choix alimentaires, surtout chez les jeunes (Livingstone & Helsper, 2006).

III.6 Études spécifiques sur des groupes ou contextes particuliers

· Les pratiques alimentaires des réfugiés soudanais au Tchad révèlent une dépendance aux rations alimentaires fournies par des organisations humanitaires, avec des implications sur la diversité alimentaire (UNHCR & WFP, 2021).

III.7 Méthodologies utilisées dans les recherches

· Les enquêtes alimentaires telles que les rappels des 24 heures ou les journaux alimentaires sont couramment utilisées pour évaluer les pratiques alimentaires (Willett, 2013).

· Les études qualitatives, comme les entretiens ou les focus groups, permettent d'explorer les aspects culturels (Patton, 2015).

III.8 Besoins nutritionnels selon les tranches d'âge

ü Enfants de 6 à 12 mois

Le lait maternel/artificiel ne couvrant plus les besoins de l'enfant à partir de 6 mois, il convient de commencer à donner d'autres aliments pour aider l'enfant à bien grandir :

· Les aliments d'origine animale sont particulièrement bons pour les enfants à cette tranche d'âge car les aident à devenir forts et actifs, mais doivent être donnés en petite quantité ;

· Les légumes, les feuilles vert-foncés et les fruits de couleur jaune-orangée sont riches en vitamine A car aident lesenfants à avoir des yeux en bonne santé et à avoir moins d'infections ;

· Les aliments d'origine végétale comme les haricots, pois, soja, arachides et graines
sont aussi bons pour les enfants ;

· La préparation, la conservation saine des aliments, la propreté de la mère, de l'enfant et des ustensiles est capitale ;

· Pendant cette tranche, l'enfant a besoin de trois repas et au moins deux collations par jour ;

· Les aliments épais restent dans la cuillère et donnent plus d'énergie (force) à l'enfant ;

Figure 1: Alimentation de l'enfant de 6 à 9 mois

Source : UNICEF, 2011

Figure 2 : Alimentation de l'enfant de 9 à 12 mois

Source : UNICEF, 2011

ü Enfants de 12 à 24 mois

· L'allaitement doit se poursuivre jusqu'à 24 mois ou plus car le lait maternel est
toujours une source importante de macro et de micronutriments;

· Pour une bonne consistance et des fréquences adéquates des repas il faut l'élaborationdes recettes en fonction des prises alimentaire journalière.

Figure 3 : Alimentation de l'enfant de 12 à 24 mois.

Source : UNICEF, 2011

Chez les enfants, le besoin énergétique doit compenser les dépenses d'énergie nécessaire pour assurer l'entretien de l'organisme, son activité physique et sa croissance. La
vitesse de croissance est très élevée chez les nourrissons (un nourrisson double son poids de
naissance à environ 5 mois et le triple à 12 mois). Leurs besoins énergétiques par kilogramme
de poids corporel sont donc deux fois plus élevés que ceux de l'adulte (Trèche & Benoist, 1995).

III.8.1 Besoins énergétiques des enfants de 6 à 23 mois allaités

Les besoins énergétiques augmentent en fonction des tranches d'âges. Ils doivent provenir des aliments de complément qui sont estimés en soustrayant l'apport énergétique moyen du lait maternel au total des besoins énergétiques à chaque âge(Trèche & Benoist, 1995).

Tableau 2: Besoins énergétiques des enfants de 6-23 mois allaités

Besoins

Enfants âgés de 6 à 8 mois

Enfants âgés de 9 à 11 mois

Enfants âgés de 12 à 23 mois

Besoins énergétiques

Environ 615 Kcal/j

Environ 686 Kcal/j

Environ 894 Kcal/j

Apport moyen du lait maternel

Environ 413 Kcal/j

Environ 379 Kcal/j

Environ 346 Kcal/j

Apport moyen des aliments de complément

Environ 200 Kcal/j

Environ 300 Kcal/j

Environ 550 Kcal/j

Source : (Trèche & Benoist, 1995)

III.8.2 Besoins énergétiques chez les enfants non allaités

Tableau 3 :Besoins énergétiques des enfants de 6-23 mois non allaités

Besoins

Enfants âgés de 6 à 8 mois

Enfants âgés de 9 à 11 mois

Enfants âgés de 12 à 23 mois

Besoins énergétiques

Environ 600 kcal/j

Environ 700 Kcal/j

900Kcal/j

Source : Internationales en matière de VIH/SIDA, Nutrition et Sécurité alimentaire. Synthèse des recommandations, 2008.

III.8.3 Répartition des macronutriments dans l'apport énergétique en fonction de l'âge

Une ration équilibrée quotidienne doit apporter de l'énergie exprimée en pourcentage et non en quantité :

Tableau 4 : Répartition des macronutriments dans l'apport énergétique en fonction de l'âge

Nutriments

< 3 ans

> 3 ans

Protéines

10%

10%

Lipides

45 à 50 %

30%

Glucides

40 à 45 %

50 à 60 %

Source : Guide à usage des professionnels, enfant et nutrition, 2009.

Les apports glucidiques ont un rôle essentiel d'apport calorique. Leur source est avant tout le lactose (glucose + galactose) dans les premiers mois d'alimentation lactée (maternelle ou artificielle). L'apport protéique correspond à la quantité d'azote et d'acides aminés nécessaire au renouvellement cellulaire, la compensation des pertes obligatoires (sueurs, selles, urines, phanères), et d'assurer une croissance staturo-pondérale normale. Les estimations peuvent être faites soit sur les observations des quantités de protéines ingérées lors de l'allaitement maternel ou alors par méthode factorielle. Les protéines alimentaires constituant la base de l'alimentation de l'enfant permettent, en effet, au niveau d'apports conseillés, de couvrir tous les besoins en acides aminés essentiel qui sont au nombre de 9. Les besoins lipidiques permettent de couvrir une grande partie de l'apport énergétique en raison de leur densité calorique importante. Ils ont pour rôle d'apporter les acides gras essentiels polyinsaturés (acide linoléique, acide á- linoléique) nécessaires à la constitution des membranes cellulaires, à la croissance et à la maturation des systèmes nerveux et sensoriels du nourrisson, ainsi que de permettre l'absorption des vitamines liposolubles. (Gonttrand et al.,2006)

III.8.4 Besoin en eau

L'eau représente 75 % du poids du corps les premières semaines de vie et 60 % à l'âge de 1 an. Le nourrisson est très dépendant des apports hydriques du fait de sa plus grande surface cutanée relative, et de l'immaturité des fonctions de concentration urinaire. Les besoins hydriques sont donc proportionnellement plus importants qu'à l'âge adulte. Ils sont couverts initialement par l'alimentation lactée exclusive, puis par l'eau des aliments et des boissons après la diversification alimentaire (Keeley et al., 2019).

III.9 Épidémiologie de la malnutrition

Les pratiques inappropriées des mères sur l'alimentation de l'enfant et la méconnaissance de certaines circonstances difficiles d'alimentation de l'enfant ont pour conséquence la malnutrition soit par défaut généralement ou par excès (UNICEF, 2017). Au Tchad, sur le plan national, les résultats de l'enquête révèlent une prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 10,8% [9,7-11,9] chez les enfants de 6 à 59 mois avec 2,1% [1,6-2,6] d'entre eux qui souffrent de la forme sévère (MAS). La prévalence de la MAG au niveau national est au-dessus du seuil élevée (>10%) selon la classification de l'OMS (2019). Aussi, la MAS est supérieure à 2%, seuil d'urgence humanitaire. Au niveau provincial, sept (07) provinces (Hadjer Lamis (15,0%), Ouaddai (17,5%), Ennedi Ouest (17,6%), Borkou (17,6%), Wadi Fira (17,9%), Ennedi Est (18,5%), Batha (18,8%) ont des prévalences de la malnutrition aiguë globale très élevées (>=15%). Huit (08) autres provinces (Lac, Barh El-Ghazel, N'Djamena, Kanem, Chari Baguirmi, Sila, Guéra et Salamat) présentent des prévalences élevées comprises entre 10% et 14,9%. (SMART, 2024)

III.9.1 Définition

L'OMS définit la malnutrition comme un état pathologique résultant de l'excès ou de défaut relatif ou absolu d'un ou plusieurs nutriments essentiels pour l'organisme, que cet état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des mesures anthropométriques ou des analyses biochimiques ou physiologiques (OMS, 2015).

III.9.2 Différents types de malnutrition

III.9.2.1 Dénutrition

C'est une forme de la malnutrition par défaut qui comprend : l'émaciation, le retard de croissance, l'insuffisance pondérale et les carences en vitamines et en minéraux. Les enfants souffrant de dénutrition sont beaucoup plus susceptibles de tomber malades et de mourir (OMS, 2015).

III.9.2.2 Emaciation ou malnutrition aigüe (faible rapport poids /taille)

On parle de malnutrition aiguë sévère parce qu'elle apparait de façon brutale et entraine des complications graves voire mortelles en absence d'une prise en charge appropriée.

La malnutrition aiguë est la conséquence d'une alimentation pauvre en protéines, glucide souvent associée à de faim masquée (carence en micronutriment). Elle est définie selon l'OMS par un Z-score <-3 de la norme de croissance de l'OMS, un PB < 115 mm et ou la présence d'oedèmes bilatéraux au niveau de pieds. La tranche d'âge la plus touchée est celle des enfants âgés de moins de 5 ans (Tal-Dia, 2001). Le marasme (les bras et les jambes sont maigres et tous les os se dessinent sous la peau) et la kwashiorkor (gonflement du corps, chevelure anormale) sont les deux formes des manifestations cliniques de la malnutrition sévère.

III.9.2.3 Retard de croissance ou malnutrition chronique : (un faible rapport taille /âge)

Il résulte d'une sous nutrition chronique ou récurrente à laquelle sont habituellement associés plusieurs facteurs : des conditions socioéconomiques défavorisées, un mauvais état de santé et une mauvaise nutrition de la mère, des maladies fréquentes, et/ou une alimentation et des soins non adaptés du nourrisson et du jeune enfant. Le retard de croissance empêche les enfants de réaliser leur potentiel physique et cognitif (OMS, 2015

III.9.2.4 Insuffisance pondérale :(un faible rapport poids/âge)

Un enfant en insuffisance pondérale peut présenter un retard de croissance et/ou souffrir d'émaciation.

Tableau 5 : Indicateurs et définition des différentes formes de sous-nutrition

Définition

Indice où Malnutrition

mesures modérée

Malnutrition

Sévère

Retard de croissance ou malnutritionchronique

Taille inadéquate par rapport à

L'âge(T/A)

= -3 à <-2 z-score

<-3 z-score

Insuffisance pondérale

Poids inadéquats par rapport à l'âge (P/A)

= -3 à <-2 z-score

<-3 z-score

Émaciation où

malnutrition aigue

Poids inadéquat par rapport à la taille (P/T)

Tissu musculaire et stock PB (mm) < 5 ans

= -3 à <-2 z-score

115= PB < 125

<-3 z-score

PB < 115

T/A : Taille/Age ; P/A : Poids /Age ; PB : périmètre brachial ; mm : Millimètre ; Z-score valeur de référence fixée par OMS. (OMS, 2006)

III.9.2.5 Carence en micronutriments

On peut regrouper les l'insuffisance des apports en vitamines et en minéraux, à savoir en micronutriments. Les micronutriments permettent au corps de produire des enzymes, des hormones et d'autres substances essentielles à une bonne croissance et un bon développement (ACF, 2017).

L'iode, la vitamine A et le Fer sont les plus importants pour la santé publique à l'échelle mondiale. Les carences dans ce domaine représentent une menace majeure pour la santé et le développement des populations du monde entier, en particulier pour les enfants dans les pays à revenu faible (ANAES, 2017).

III.9.2.6 Malnutrition par excès : surpoids et obésité

Une personne est en surpoids et/ou obèse lorsque son poids est très élevé par rapport à sa taille (OMS, 2019). L'indice de masse corporelle (IMC) met en rapport le poids d'une personne et sa taille, et il est habituellement utilisé pour déterminer le surpoids et l'obésité

(OMS, 2019). Il est défini comme le poids en kilogramme divisé par la taille en mètres au carré (km/m2) chez les adultes (OMS, 2019). Dans notre contexte, on considère qu'un enfant est en surpoids ou obèse lorsque le rapport poids/taille est supérieur à deux écart-types par rapport au poids médian pour la taille de la population de référence.

III.9.3 Causes de malnutrition :

L'UNICEF en 2013 décrit trois grandes causes de la malnutrition :

v Immédiates : ce sont les problèmes d'apport alimentaires inadéquats, les problèmes de santé.

v Sous-jacentes : telles que l'insécurité alimentaire, les pratiques de soins et d'alimentation inadaptées, l'insalubrité, les services de santé insuffisants ou indisponibles, qui lorsqu'elles ne sont pas prises en compte, induiront les effets immédiats de la malnutrition.

v Profondes ou fondamentales : Les guerres, les famines, les catastrophes naturelles.

Figure 4 : Cadre conceptuel des causes de la sous nutrition

Source : UNICEF, 2013

III.9.4 Conséquences de la malnutrition

La malnutrition sous toutes ses formes augmente le taux de morbidité et de mortalité infantile, ce phénomène est beaucoup plus répandu dans les pays en voie de développement.

Elle affecte la capacité physique et intellectuelle de l'enfant et constitue un frein au capital humain et socio-économique du pays. Elle constitue une entrave au processus d'apprentissage, résultant en une accumulation de difficultés scolaires et un taux élevé d'abandon (UNICEF, 1998).

La malnutrition est un facteur déterminant pour les quelques 13 millions d'enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année de maladies et d'infections que l'on pourrait éviter, comme la rougeole, la diarrhée, le paludisme, la pneumonie, et la fièvre ou de plusieurs de ces maladies combinées (UNICEF,1998).

ï Au niveau des carences : (Unicef, 1998).

ï Une carence en fer peut entrainer des retards de croissance, un amoindrissement de la résistance aux maladies, des déficiences à long terme du développement intellectuel et moteur et une altération de fonction reproductives.

ï Une carence en iode peut provoquer des atteintes cérébrales irréversibles, un retard mental, l'arrêt des fonctions reproductives, une diminution des chances de survie chez l'enfant et l'apparition des goitres.

ï Une carence en vitamine A peut entrainer la cécité ou la mort. Des troubles de la croissance et un affaiblissement de la résistance aux infections peuvent aussi lui être

III.10 Synthèse des travaux antérieurs

De nombreuses étudesont exploré les pratiques alimentaires des enfants en Afrique subsaharienne. Au Congo Brazzaville, Tchikambala et al., (2024) ont montré que la fréquence minimale de repas, la diversité alimentaire minimale et l'alimentation minimale acceptable étaient largement insuffisantes, surtout en milieu rural, ou seulement 2,7% des enfants bénéficient d'une alimentation minimale acceptable. Sangho et al., (2015) au Mali ont souligné l'impact d'un sevrage précoce et des pratiques alimentaires inadaptées sur la récupération nutritionnelle des enfants malnutris, malgré un bon taux de suivi. En RDC, Mavuta et al., (2017) ont mis en évidence une diversification alimentaire limitée a deux ou trois groupes d'aliments, majoritairement constitués de produits laitiers et de légumes, révélant des connaissances et des pratiques peu conformes aux recommandations de l'OMS. Asramadje Naringar (2023), au Tchad, a également montré que l'introduction trop précoce des aliments de complément, combinée à des mauvaises pratiques d'hygiène était significativement associée à la dégradation de l'état nutritionnel des enfants réfugiés.

Ces études ont principalement porté sur les connaissances, attitudes et pratiques alimentaires ou sur l'état nutritionnel, sans toujours établir de lien clair entre ces dimensions. De plus, très peu de recherches se sont penchées sur ces enjeux dans un contexte aussi particulier que les camps de réfugiés.

C'est dans cette perspective que s'inscrit la présente étude, en apportant un éclairage nouveau sur la situation nutritionnelle des enfants réfugiés soudanais de 6 à 59 mois dans les camps d'Adré, à l'Est du Tchad. En s'intéressant a une population particulièrement vulnérable, ce travail vise à analyser les pratiques alimentaires et leurs déterminants afin d'identifier les leviers d'action pertinents et ciblés. L'étude se distingue ainsi par sa spécificité géographique, démographique et contextuelle, comblant une lacune importante dans la littérature en répondant a un besoin pressant de données pour guider les interventions en nutrition infantile dans les contextes humanitaires

Chapitre II: Matériel et méthodes

IV.1 Matériel

IV.1.1 Schéma d'étude

La présente étude a été effectuée suivant le schéma de travail décrit par la figureci-dessous :

Rédaction du protocole de recherche

Conception des questionnaires/outils

Recrutement des patients

Administration du questionnaire

Collecte des données

Saisie des données

Analyse des données

Exportation des résultats

Figure 5 : Schéma du travail

IV.1.2 Cadre d'étude

IV.1.2.1 Situation géographique du Tchad

Le Tchad est un pays de l'Afrique subsaharienne, situé au coeur de l'Afrique entre les 7èmeet 24ème degré de latitude Nord et les 13ème et 24ème degré de longitude Est. Par sa superficie de 1284000 km2, il occupe le cinquième rang des pays les plus vastes d'Afrique après le Soudan, l'Algérie, le Zaïre et la Libye. Ses pays limitrophes sont le Cameroun, le Nigeria, le Niger, la Libye, le Soudan et la République Centrafricaine. Le pays est totalement enclavé ; le port le plus proche est situé à 1700 km de la capitale N'Djamena, c'est le port de Harcourt (Nigeria). Cet enclavement extérieur est accentué par une insuffisance de réseaux routiers qui rend la circulation intérieure difficile pendant la grande partie de l'année (Ouagadjio et al., 2004).

Le pays est reparti en trois grandes zones climatiques du Nord au Sud :

v La zone saharienne qui occupe environ 50% de la superficie du pays et comprend les régions du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET), le nord de la région du Kanem et une partie de la région du Batha. Cette région est remarquée par la faible pluviométrie, environ 200 mm par an. Cette région est essentiellement favorable à l'élevage et à l'agriculture oasienne ;

v La zone sahélienne qui représente 40% de la superficie du pays et prend une partie de la région du Batha, une partie de la région du Kanem, les régions du Chari-Baguirmi, y compris la capitale N'Djamena, le Hadjer-Lamis, le Guera, le Wadi-Fira (Biltine), le Lac, le Ouaddaï et le Salamat. Cette zone reçoit entre 200 à 900 mm des précipitations par an. Dans cette zone, on pratique l'élevage, la pêche et aussi un peu d'agriculture ;

v La zone soudanienne : elle représente 10% de la superficie du pays et comprend la région du Logone occidental, le Logone oriental, le Mandoul, le Mayo Kebi-Est, le Mayo-Kebi Ouest, le Moyen-Chari et de la région de la Tandjilé. L'élevage, la pêche et l'agriculture est pratiquée normalement dans cette zone grâce à la quantité importante de la pluviométrie qui est supérieure à 900 mm par an (Ouagadjio et al., 2004).

IV.1.2.2 Données démographiques

Figure 6 : Carte du Tchad

Source : Ezilon.com, 2009

Selon les résultats du Recensement Général de la Population et de l'Habitat de 2009 (RGPH2, 2009), la population du Tchad était de 11. 038 873 habitants par rapport à 6. 279. 931 habitants en 1993. Selon l'Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED, 2014), cette population atteindrait 16. 244 513 habitants en 2020 avec une croissance démographique de 3.53% par an et une densité de 12.65 hbt/km2.

IV.1.2.3 Situation de province du Ouaddai

La province du Ouaddaï, située dans l'Est du Tchad est l'une des 23 province du Tchad, dont le chef-lieu est Abéché. Composée de trois Départements qui sont Ouara, Assoungha, Abgoudam et Djourouf Al Ahmar Elle s'étend sur une superficie de 29 940 Km2 et est limitée au Nord par la région du Wadi Fira, à l'Est par le Soudan, au Sud par le Dar Sila et à l'Ouest par le Batha (SGG Tchad, 2024). Le Ouaddaï compte 721.166 habitants (INSEED, 2012). Sur le plan sanitaire elle compte 4 district de santé à savoir :

v District de santé d'ABECHE

v District de santé d'ADRE

v District de santé d'ABGOUDAM

v District de santé d'AMDAM (CARTE SANITAIRE DU TCHAD 2019-2023).

v Et autres

Figure 7 : Carte de référence de la province du Ouaddaï

Source : MSF, 2023

IV.1.3 Site de l'étude

L'étude a été menée à Adré, une ville située dans la région du Ouaddaï, à l'est du Tchad. Chef-lieu du département d'Assoungha, Adré est un carrefour stratégique et culturel. Proche de la frontière soudanaise, elle joue un rôle clé en raison de sa situation géographique, attirant un flux constant de populations transfrontalières. En 2023, elle a accueilli près de 400 000 réfugiés fuyant les conflits au Soudan, ce qui a profondément marqué son tissu social et économique. Cela a fait d'Adré un point névralgique pour les interventions humanitaires, particulièrement dans les secteurs de la santé, de l'éducation, et de l'accès à l'eau potable (Alwihda Info, 2023). Adré est la deuxième ville la plus peuplée de la région du Ouaddaï après Abéché, la capitale régionale, et elle bénéficie d'infrastructures relativement développées. Cependant, l'afflux massif de réfugiés exerce une pression considérable sur ces infrastructures, notamment en ce qui concerne les routes, souvent dégradées, qui compliquent l'acheminement de l'aide humanitaire (Tchadanthropus-Tribune, 2023). En plus de son importance humanitaire, Adré est une ville d'une grande diversité culturelle, influencée par ses échanges historiques avec le Soudan voisin. Ce mélange culturel enrichit la dynamique sociale, mais peut également poser des défis en matière de gestion des services publics et d'intégration des populations déplacées (OCHA, 2024).

Figure 8: Carte de référence de la ville d'Adré

MSF, 2023

IV.1.4 Période d'étude

Notre étude s'est déroulée sur la période de 03 mois allant de mars à juin 2025.

IV.1.5 Type d'étude

Pour la réalisation de ce mémoire, nous avons mené une étude descriptive transversale au près du couple mère-enfant âgés de 6 à 59 mois soudanais réfugiés soudanais.

IV.1.6 Population d'étude

Ø La population cible :Enfantssoudanais de 6 à 59 mois vivant dans les camps de réfugiés à Adré, Est du Tchad.

Ø Population source : mèresou personnes en charge des enfants soudanais de 6 à 59 mois, refugiés vivant dans les camps.

IV.1.7 Choix des variables de l'étude

Les variables de l'étude sont regroupées par sections selon les informations recherchées : (I) les caractéristiques sociodémographiques, (II) Etat nutritionnel de l'enfant, (III) Pratiques d'allaitement du nourrisson, (IV) pratiques alimentaires de l'enfant, (V) Facteurs socio-économiques et d'accès à l'alimentation, (VI) Facteurs culturels et croyances alimentaires, (VII) Condition d'hygiène et environnement.

IV.2 Méthodes

IV.2.1 Echantillonnage

Avec notre population d'étude, nous avonseffectué un échantillonnagealéatoire simplelors de la collecte de données.

IV.2.2 Calcul de la taille de l'échantillon

Pour notre étude, le modèle d'enquête sera fondé sur un échantillon aléatoire simple pour calculer la taille de l'échantillon. Notre étude s'est déroulée à Adré (dans la région du Ouaddaï au Tchad), nous avonsutilisé la prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) spécifique à cette région.Selon l'enquête nationale de nutrition et de mortalité rétrospective SMART2024, la prévalence de MAG régionale dans le Ouaddaï est de 17,5%(SMART, 2024). Ainsi, avec un degré de précision de 5% et un intervalle de confiance de1,96, la taille d'échantillon a été déterminée suivant la formule statistique suivante (Lorentz, 1921) :

n = taille de l'échantillon requise

Ø P = prévalence estimative de la MAG de la zone d'étude (Région de Ouaddaï =17,5%soit 0,17)

Ø Q = 1 - P

Ø Zá : Intervalle de confiance a 95% (Valeur type de 1,96) ;

Ø d= marge d'erreur à 5% (valeur type= 0,05)

APPLICATION

La taille d'échantillon s'établit à 216 couples mères-enfants a enquêter.

IV.2.3 Critères de sélection

IV.2.3.1 Critères d'inclusion

Les participants doivent remplir toutes les conditions suivantes :

· Être mère ou gardienne d'un enfant âgé de 6 à 59 mois.

· Être réfugiée soudanaise résidant dans un camp de réfugiés à Adré (Est du Tchad).

· Résider dans le camp depuis au moins 6 mois.

· Avoir donné un consentement libre et éclairé pour participer à l'étude.

IV.2.3.2 Critères d'exclusion

Parmi les personnes répondant aux critères d'inclusion, seront exclues de l'étude :

· Les mères/gardiennes ayant refusé de répondre aux questions ou retiré leur consentement.

· Celles présentant des troubles cognitifs ou mentaux rendant les données peu fiables.

· Les enfants de 6 à 59 mois atteints de maladies graves non liées à la nutrition, susceptibles de fausser l'évaluation nutritionnelle

IV.2.3.3 Critères de non inclusion

Les personnes hors du champ d'étude et donc non prises en compte, sont :

· Les enfants âgés de moins de 6 mois ou plus de 59 mois.

· Les réfugiés non soudanais ou les populations non déplacées.

· Les réfugiés soudanais vivant en dehors des camps.

· Les enfants soudanais vivant hors des camps même s'ils ont entre 6 et 59 mois.

IV.2.4 Techniques et outils de collecte de données

IV.2.4.1 Techniques de collecte de données

Les données étaient collectées à travers une technique d'entretien guidépour les questions sur les pratiquesalimentaires et l'état nutritionnel des enfants soudanais de 6 à 59 mois. Cet entretien étaitfait sous forme de conversation en mode face à face et à l'aided'un questionnaire d'enquête standardisé afin de collecter des données précises et recueillir les avisindividuels auprès des mères et des responsables d'enfants.

Pour le recueil desdonnées servant à évaluer l'état nutritionnel des enfants, la prise des paramètres anthropométriques était la technique utilisée.

IV.2.4.2 Outils et instruments de collecte de données

Pour la collecte des données dans cette étude, nous avons utilisé :

v Comme, outil un questionnaire individuel adressé aux mères et responsables des enfants de 6 à 59 mois ;

v Comme instruments de collecte des données anthropométriques permettant l'évaluation del'état nutritionnel nous avons utilisés :

§ Une balance Salter à suspendre pour la prise du poids ;

§ Une toise (Shorr) pour la mesure de la taille ;

§ Un mètre ruban (ou MUAC en anglais) pour la mesure de l'épaisseur du tissu musculaire etgraisseux sous-cutané au niveau du biceps.

Chaque mesure a été répété pour garantir la fiabilité des données. À la fin de chaque journée, toutes les données sont vérifiées pour leur exactitude et complétude avant d'être enregistrées. A la fin de chaque collecte, les participants sont remerciés pour leurs collaborations.

IV.2.5 Déroulement de l'enquête

L'enquête s'est déroulée aux camps des réfugiés et a l'UNT d'Adré. Après explication aux couples mères-enfants enArabe et arabe soudanais du but de l'étude et ayant obtenu leurs consentements, ces derniers sont ensuite soumis à notre entretien guidé. Toutes les réponses aux questions posées sont consignées sur kobocollect. Pour mener a bien cette enquête, nous avons dû faire appel à des agents communautaires soudanais, dans la mesure ou nous ne maitrisons ni l'arabe soudanais ni le massalit. Ces agents, qui comprenaient le français, nous ont accompagnés dans les camps, ont traduit le questionnaire, formulé les questions de manière appropriée et facilité les échanges avec les enquêtés. Une compensation financière leur a été accordée pour couvrir les frais de déplacement et le temps consacré à l'enquête.

IV.2.6 Considérationséthiques et consentement éclairé

Pour toute enquête épidémiologique dans une localité, l'approbation des responsables avant
le lancement est très importante afin de couvrir l'enquêteur en cas de problème. C'est ainsi que cetteétude a bénéficié de l'approbation :

Ø De l'Université de Dschang (annexe 1)

Ø Du MCD Del `Hôpital de District d'Adré (annexe 2)

Ø De la préfectured'Adré (annexe 3)

Ø Du consentement éclairé des mères répondant aux critères d'inclusions (annexe 4).

IV.2.7 Analyse statistique

Le questionnaire de l'enquête a été vérifié pour éviterle maximum d'erreurs.Pour faciliter et améliorer la qualité des données avant l'analyse et minimiser les erreurs lors de la collecte et l'analyse des données, le questionnaire a été saisi sur le serveur kobotoolbox et déployer vers l'application de collecte kobocollect.

Pour l'analyse, les données ont été exportées sous le logiciel IBM SPSS Statisticsversion 26afin d'établir les corrélations, le seuil de significativité utilisé était de 5%. Concernant l'évaluation de l'état nutritionnel, les données anthropométriques ont été analysées a l'aide du logiciel ENA for SMART 2020 puis résultats del'analyse ont été exportés sous Excel 2016 en vue de ressortir les graphiques.

Chapitre III : Résultats et discussion

V.1 Résultats

Cette section présente les résultats de l'étude menée auprès de 218 couples mères - enfants soudanais dans les camps de réfugiés d'Adré. Elle met en évidence les caractéristiques socio-démographiques des répondants, les pratiques alimentaires des enfants, les facteurs influents sur ces pratiques ainsi que leur lien avec l'état nutritionnel des enfants de 6-59 mois.

V.1.1 Caractéristiques sociodémographiques de la population étudiée

V.1.1.1 Caractéristiques sociodémographiques des mères enquêtées

À la lumière du tableau 6 portant sur les caractéristiques sociodémographiques des mères, il apparaît que la majorité des mères interrogées sont des femmes très jeunes, âgées pour la plupart de moins de 25 ans, souvent mariées et sans activité professionnelle formelle.

Tableau 6 : Caractéristiques sociodémographiques des mères enquêtées

Caractéristiques

Modalités

Effectifs (N=218)

Pourcentage (%)

Age de la mère

15 - 25 ans

115

52,8

26 - 35 ans

74

33,9

36 45 ans

29

13,3

Moyenne =1,61

Ecart type=0,71

Profession de la mère

Ménagère

168

77,1

 

Commerçante

50

22,9

 

Moyenne =1,23

Ecart type=0,42

Statut matrimonial de la mère

Célibataire

5

2,3

 

Mariée

176

80,7

 

Veuve/ divorcée

37

17,0

 

Moyenne =2,15

Ecart type=0,41

Niveau d'instruction

Aucun

204

93,6

 

Primaire

12

5,5

 

Secondaire

2

0,9

 

Moyenne =1,07

Ecart type=0,22

V.1.1.2 Caractéristiques sociodémographiques des enfants de 6 à59 mois

Selon le tableau 7, l'échantillon est majoritairement composé d'enfants âgés de 12 à 23 mois. On observe une légère prédominance des filles

Tableau 7 : Caractéristiques sociodémographiques des enfants de 6 à 59 mois

Caractéristiques

Modalités

Effectifs (N=218)

Pourcentages (%)

Sexe de l'enfant

Masculin

102

46,8

Féminin

116

53,2

 

Moyenne=1,53

Ecart type=0,50

 

Age de l'enfant

6 - 11 mois

63

28,9

12 - 23 mois

121

55,5

24 - 59 mois

34

15,6

 

Moyenne=1,87

Ecart type=0,65

 

V.1.2 Répartitiondes mères selonles pratiques alimentaires des enfants

Le tableau 8 montre que l'allaitement précoce reste faible, tandis que l'allaitement maternel exclusif est très peu pratiqué. À l'inverse, la majorité des enfants reçoivent le colostrum et le sevrage intervient majoritairement après 12 mois.

Tableau 8 : Répartition des mères selon les pratiques d'allaitement

Caractéristiques

Modalités

Effectifs (N=218)

Pourcentages (%)

Mise au sein précoce après la naissance

Moins d'une heure

60

27,5

Entre 1 - 2 heures

119

54,6

Après 12 heures

39

17,9

Moyenne = 1,90

Ecart type = 0,66

 

Don du colostrum

Oui

183

83,9

Non

35

16,1

Moyenne = 1,16

Ecart type = 0,36

 

AME

Oui

69

31,7

Non

149

68,3

Moyenne = 1,68

Ecart type = 0,48

 

Age de sevrage

Avant 6 mois

1

,5

Entre 6 - 12 mois

64

29,4

Après 12 mois

153

70,2

Moyenne = 2,70

Ecart type = 0,47

 

Continuité de l'allaitement

Oui

188

86,2

Non

30

13,8

Moyenne = 1,14

Ecart type = 0,35

 

VI. Introduction des aliments solides

VI.1.1.1.1 Répartition des enfants selon lapériode d'introduction des aliments de complément

D'après les données du tableau 9, l'introduction des aliments solides se fait majoritairement trop tôt, bien avant les 6 mois recommandés.

Tableau 9 : Répartition des enfants selon la période d'introduction des aliments de complément

Caractéristiques

Modalités

Effectifs (N=218)

Pourcentages (%)

Période d'introduction des aliments de complément

Inferieur a 6 mois

154

70,60%

A 6 mois

33

15,10%

Supérieur a 6 mois

31

14,30%

Moyenne = 4,86

Ecart type = 2,33

VI.1.1.1.2 Répartition de nombre de repas par jour des enfants

La figure 9 indique que la fréquence des repas reste globalement satisfaisante, bien que peu d'enfants atteignent le seuil optimal de quatre repas par jour, et que certains restent à risque avec un seul repas quotidien.

.

Figure 9 : Répartition de nombre de repas par jour des enfants

VI.1.1.2 Répartition des enfants selon les types d'aliments consommées

VI.1.1.2.1 Répartition de l'utilisation de pate d'arachide ou aliments enrichis dans la bouillie de l'enfant

La figure 10 illustre la répartition des mères selon l'utilisation d'aliments enrichis dans la bouillie de l'enfant. Il ressort de cette figure que l'enrichissement des bouillies reste peu pratiqué, exposant une large majorité d'enfants à des apports nutritionnels insuffisants au cours des repas complémentaires.

.

Figure 10 : Répartition de l'utilisation de pate d'arachide ou aliments enrichis dans la bouillie de l'enfant

VI.1.1.2.2 Répartition des enfants selon les groupes d'aliments consomméesrégulièrement

À la lumière de la figure 11, l'alimentation des enfants est largement dominée par les céréales et les légumineuses, elle intègre très peu de fruits, de légumes et de produits d'origine animale, qui sont essentiels pour une croissance optimale.

Figure 11 : Répartition des enfants selon les groupes d'aliments consommées régulièrement

VI.1.1.2.3 Diversification alimentaire minimum des enfants de 6 à 23 mois

Le tableau 10 montre que la majorité des enfants âgés de 6 à 23 mois présentent une diversité alimentaire insuffisante, avec moins de 6 % atteignant un niveau satisfaisant.

Tableau 10 : Diversification alimentaire minimum des enfants de 6 à 23 mois

Niveau

Effectifs (N=184)

Pourcentages (%)

Faible

110

59,78%

Moyen

63

34,25%

Elevé

11

5,97%

Faible : SDAI = 3 groupes alimentaires ; Moyen : SDAI [4-5] ; Satisfaisant(Elevé) : SDAI =5

VI.1.1.3 Répartition des mères en fonction des pratiques d'hygiène

Le lavage des mains, selon le tableau 11, avant les repas est globalement bien pratiqué, mais reste inconstant. L'accès à l'eau potable repose majoritairement sur les robinets, tandis qu'un tiers des ménages dépendent encore de forages.

Tableau 11 : Répartition des mères selon les pratiques d'hygiène

Caractéristiques

Modalités

Effectifs (N=218)

Pourcentages (%)

Lavage des mains des enfants avant les repas

Oui

177

81,2

Non

38

17,4

Total

215

98,6

Moyenne = 1,18

Ecart type = 0,38

Source d'approvisionnement en eau

Puit

4

1,8

Robinet

132

60,6

Forage/ Pompe

82

37,6

Moyenne = 2,36

Ecart type = 0,51

VI.1.1.4 Répartition des enfants selon la consommation des fruits riche en vitamine A par semaine

Figure 12 : Répartition des enfants selon la consommation des fruits riche en vitamine A par semaine

La consommation de fruits riches en vitamine A reste très faible à la lumière de la figure 12, avec une fréquence largement insuffisante pour couvrir les besoins nutritionnels, la majorité des consommateurs n'en consommant qu'à peine deux fois par semaine.

VI.1.1.5 Diversité alimentaire minimale acceptable des enfants de 6 à 24 mois selon l'indicateur d'ANJE

La diversité alimentaire constitue un indicateur clé de la qualité de l'alimentation infantile. Elle permet d'évaluer si un enfant reçoit une variété suffisante de groupes d'aliments nécessaires à sa croissance.

Formule :

DAMA (%) = Nombre d'enfants ayant consomme = 4 groupes d'aliments/ Nombre total d'enfants×100

Résultat :

DAMA=27,1+6,9+1,8+0,5=36,3%?

Selon les données recueillies sur le graphique ci-dessous, après calcul, seulement 36,3 % des enfants ont atteint la diversité alimentaire minimale acceptable, ayant consommé au moins 4 groupes d'aliments. La majorité des enfants (63,7 %) présentent donc une diversité alimentaire insuffisante.

Figure 13 : Répartition des enfants selon la diversité alimentaire des enfants

VI.1.2 Identification des facteurs socio-culturels, économiques et environnementaux

Le tableau 12 montre que, bien que l'aide humanitaire atteigne une majorité des ménages, elle est largement perçue comme insuffisante : seuls 1/3 des ménages interrogés estiment qu'elle couvre réellement leurs besoins nutritionnels.

Tableau 12 : Répartition des ménages en fonction de réception de l'aide

Caractéristiques

Modalités

Effectifs (N=218)

Pourcentage (%)

Réception d'une aide alimentaire

Oui

148

67,9

Non

70

32,1

Moyenne =1,32

Ecart type=0,46

Cette aide couvre t'elle les besoins alimentaire

Oui

46

26,6

Non

102

52,3

Moyenne =1,66

Ecart type=0,47

VI.1.2.1 Répartition des mères selon la perception de la qualité des repas des enfants

D'après le graphique 14, deux tiers des mères perçoivent l'alimentation de leurs enfants comme insuffisante, révélant un sentiment généralisé d'insécurité nutritionnelle au sein des ménages.

Figure 14 : répartition des mères selon la perception de la qualité des repas des enfants

.

VI.1.2.2 Répartition des mères selon les principaux obstacles pour obtenir les aliments

La figure 15 montre que le coût élevé des aliments ressort comme l'obstacle majeur à l'accès alimentaire, bien avant la distance ou la disponibilité.

Figure 15 : Répartition des mères selon les principaux obstacles pour obtenir les aliments

.

VI.1.3 Etat nutritionnel des enfants de 6-59 mois

VI.1.3.1 Etat nutritionnel selon le rapport poids/taille

Selon le tableau 13, qui fournit des informations sur la classification de l'état nutritionnel selon l'indice poids/taille en z-scores, la prévalence globale de l'émaciation reste élevée, avec une nette vulnérabilité observée chez les garçons.

Tableau 13 : Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/taille en z-scores

 

Emaciation global (<-2 z-score)

Emaciation sévère (<-3 z-score)

Émaciation modérée (>= -3 et <-2 z score)

Normale (>= -2 z score)

Sexe

 
 
 
 

Masculin

59,40%

11,90%

47,50%

40,60%

Féminin

24,10%

2,60%

21,60%

75,90%

Total

40,60%

6,90%

33,60%

59,40%

VI.1.3.2 Etat nutritionnel selon le rapport Poids/âge

Le tableau 14 indique que l'insuffisance pondérale touche près des trois quarts des enfants, avec une part importante de formes modérées à sévères. Les garçons sont nettement plus touchés que les filles.

Tableau 14 : Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/âge en z-scores

 

Insuffisance Pondérale globale (<-2 z-score)

Insuffisance Pondérale sévère (<-3 z-score)

Insuffisance Pondérale modérée (>= -3 et <-2 z score)

Normale (> = -2 z score)

Sexe

89,20%

70,60%

18,60%

10,80%

Masculin

Féminin

57,80%

22,40%

35,30%

42,20%

Total

72,50%

20,60%

51,80%

27,50%

VI.1.3.3 Etat nutritionnel selon le rapport taille/âge

Le retard de croissance concerne plus des deux tiers des enfants, avec une prédominance marquée chez les garçons, d'après les données du tableau 15.

 

Malnutrition chronique globale (<-2 z-score)

Malnutrition chronique sévère (<-3 z-score)

Malnutrition chronique modérée (>= -3 et <-2 z score)

Normale (> = -2 z score)

Sexe

 
 
 
 

Masculin

80,40%

10,80%

69,60%

19,40%

Féminin

56,00%

12,90%

43,10%

44,00%

Total

67,40%

11,90%

55,50%

32,60%

Tableau 15 : Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Taille/âge en z-scores

VI.1.3.4 Répartition des enfants selon les différentes formes de malnutrition

Parmi les différentes formes de malnutrition indiquées dans la figure 16, l'insuffisance pondérale ressort comme la plus fréquente

Figure 16 : Répartition des enfants selon les différentes formes de malnutrition

VI.1.4 Différents croisements statistiques

VI.1.4.1 Association entre les pratiques alimentaires et les contraintes d'accès aux ressources alimentaires dans le camp

 
 

Une fois

2 - 3 fois

4 fois et plus

P-Value

Le cadre de vie dans le camp permet-il une bonne hygiène alimentaire ?

Oui

2

133

45

0,694

Non

0

30

8

 

Avez-vous accès à un marché à proximité du camp ?

Oui

1

127

47

0,491

Non

1

36

6

 

Recevez-vous une aide humanitaire dans le ménage ?

Oui

1

110

37

0,821

Non

1

53

16

 

Cette aide couvre-t-elle les besoins alimentaires ?

Oui

0

42

16

0,129

Non

2

86

26

 

Le tableau 16 nous montre la relation entre les pratiques alimentaires et les contraintes d'accès aux ressources alimentaires dans le camp. Il convient de noter que cette relation n'est pas significative au seuil de probabilité de 5 %. Mais les tendances montrent que ceux qui ont accès à un marché à proximité mangent plus que ceux qui n'y ont pas accès.

Tableau 16 : Association entre les pratiques alimentaires et les contraintes d'accès aux ressources alimentaires dans le camp

VI.1.4.2 Association entre l'état nutritionnel des enfants et les pratiques alimentaires

Le tableau 17 ci-dessous montre la relation entre l'état nutritionnel et les pratiques alimentaires. Il en ressort qu'il existe un lien statistiquement significatif entre l'état nutritionnel et les pratiques alimentaires, avec des valeurs P respectivement égales à 0,043 (insuffisance pondérale) et 0,038 (émaciation) inférieures au seuil de 5 %.

Répartition en fonction du nombre de repas par jour

Taille/âge (Retard de croissance)

P value

 

Normal

Modéré

Sévère

 

Une fois

1

0

1

0,954

2 - 3 fois

54

20

89

 

4 fois et plus

16

6

31

 
 

Poids/âge (Insuffisance pondérale)

 

Une fois

1

0

1

0,043

2 - 3 fois

46

93

24

 

4 fois et plus

13

32

8

 
 

Poids/taille (Emaciation)

 

Une fois

0

1

1

0,038

2 - 3 fois

102

54

7

 

4 fois et plus

28

21

4

 

Tableau 17 : Association entre l'état nutritionnel des enfants et les pratiques alimentaires

VI.1.4.3 Association entre les facteurs socio-économiques socioculturels et environnementaux et les pratiques alimentaires

Le tableau 18 montre que le retard de croissance est significativement associé à la profession de la mère (p = 0,032) et au cadre de vie perçu comme favorable à l'hygiène (p = 0,017). Aucune association n'est observée avec la profession du père ni avec l'accès au marché.

Tableau 18 : Association entre les facteurs socio-économiques socioculturels et environnementaux et les pratiques alimentaires

 
 

Taille/âge (Retard de croissance)

P value

 
 

Normal

Modéré

Sévère

 

Profession de la mère

Ménagère

108

49

11

0,032

Commerçante

22

24

4

Profession du père

Agriculteur

24

17

3

0,929

Eleveur

22

14

0

Commerçant

48

28

5

Fonctionnaire

21

10

3

Avez-vous accès a un marché près du camps

Oui

102

60

13

0,622

Non

28

13

2

Le cadre de vie dans le camp permet-il une bonne hygiène alimentaire ?

Oui

100

65

15

0,017

Non

30

8

0

VI.2 Discussion

Notre étude avait pour objectif principal de contribuer à la promotion et à l'amélioration de la santé des enfants, à travers l'analyse de leurs pratiques alimentaires. Pendant la durée de notre étude, nous avons enquêté 218 couples mère-enfant.

Une étude menée auprès d'enfants réfugiés soudanais âgés de 6 à 59 mois dans les camps a permis de dégager plusieurs résultats importants. Sur le plan sociodémographique, la majorité des enfants étaient âgés de 6 à 11 mois, et le sexe féminin était légèrement dominant. La plupart des mères étaient jeunes, sans emploi formel (ménagères) et peu instruites. Sur le plan alimentaire, bien que l'allaitement maternel soit largement pratiqué, la diversité et la fréquence des repas restaient insuffisantes. Les aliments les plus consommés étaient les céréales et les légumineuses, tandis que la consommation de fruits, de légumes, d'oeufs et de produits animaux était très faible. Enfin, les indicateurs nutritionnels révèlent des taux élevés d'émaciation, d'insuffisance pondérale et de retard de croissance, en lien avec certaines pratiques alimentaires, les conditions de vie dans les camps et certains facteurs d'influence.

Concernant les caractéristiques sociodémographiques, la tranche d'âge de 6 à 11 mois était la plus représentée, avec une prédominance féminine. La majorité des mères étaient femmes au foyer, et très peu avaient atteint le niveau secondaire. Ces résultats corroborent ceux de Bouanga (2024), dans une étude menée au Congo-Brazzaville, qui rapportait également une forte proportion de mères femmes au foyer et d'enfants dans cette tranche d'âge. Cependant, le niveau d'instruction y était plus élevé, ce qui diffère de notre contexte. Cette divergence peut s'expliquer par les conditions de déplacement et les contraintes culturelles, notamment au sein des communautés musulmanes, qui limitent l'accès des jeunes filles à l'éducation dans notre population d'étude. Par ailleurs, les mariages précoces, fréquents dans ces communautés, favorisent la maternité chez des adolescentes peu préparées, tant sur le plan physiologique que nutritionnel, à prendre soin de jeunes enfants.

En ce qui concerne la diversification alimentaire, 58,8 % des mères savaient qu'elle devait commencer à six mois, un taux bien inférieur à celui de Sanogo (2011) au Mali (92 %). Ce résultat ne correspond pas aux attentes formulées dans d'autres contextes stables. Il reflète un déficit d'information et de sensibilisation nutritionnelle dans les camps de réfugiés d'Adré. Ce contexte humanitaire, marqué par la précarité, l'instabilité et l'absence de campagnes nutritionnelles structurées, explique la faible diffusion des recommandations de l'OMS. En effet, la majorité des mères ne bénéficient pas d'un accompagnement éducatif continu à travers les structures de santé communautaires ou les relais nutritionnels.

En ce qui concerne la fréquence des repas, 74,8 % des enfants recevaient deux à trois repas par jour, mais seulement 36,3 % atteignaient la diversité alimentaire minimale. Ces résultats diffèrent de ceux de Carrel (2018), à Lubumbashi, qui constatait un taux de diversité plus élevé chez les enfants. Ce contraste peut s'expliquer par le contexte urbain plus stable et l'accès facilité à des denrées alimentaires variées dans sa zone d'étude. À Adré, les familles réfugiées dépendent fortement de l'aide humanitaire, avec peu de marge pour accéder à d'autres sources de nourriture. La pauvreté et l'insécurité alimentaire influencent directement la composition des repas, souvent peu diversifiés. L'absence de ressources économiques, conjuguée à l'inflation des prix des produits alimentaires dans les marchés environnants à cause de l'aide humanitaire, limite considérablement les possibilités de diversification.

Les groupes d'aliments consommés révèlent une forte consommation de céréales (88,7 %) et de légumineuses (55,2 %), mais une très faible consommation d'oeufs (5,7 %) et d'aliments riches en vitamine A (20,4 %). Ces résultats corroborent ceux de Bouanga (2024), qui observait une tendance similaire, mais avec une meilleure disponibilité des produits maraîchers. Dans notre contexte, les aliments comme les céréales et les légumineuses reviennent presque chaque fois lors des distributions, ce qui rend difficile la diversification alimentaire. Ce manque d'accès est accentué par le fait que certains aliments sont perçus comme luxueux, culturellement inappropriés ou réservés aux adultes, ce qui prive les enfants de sources essentielles de micronutriments.

En matière de fruits, 26,1 % des enfants en consommaient, principalement des mangues, une à deux fois par semaine. Ce taux est très inférieur à celui rapporté par Idrissa (2019) au Mali (72,5 %). Cette différence s'explique par la saisonnalité des fruits disponibles dans les camps, leur coût élevé et l'absence de circuit de distribution structuré pour les produits périssables. L'absence de stratégies communautaires de stockage ou de transformation des fruits accentue la rareté en dehors des saisons de récolte, réduisant encore davantage leur consommation chez les enfants.

L'étude a également révélé que 3,91 % des mères évoquaient l'existence d'aliments interdits, tels que la viande de porc. Bien que marginal, ce chiffre correspond aux pratiques culturelles et religieuses observées dans des populations similaires. Il reflète le poids des croyances sur les choix alimentaires, dans un contexte où l'alimentation est déjà limitée par la pauvreté et le manque de ressources. Ces croyances, bien qu'elles ne soient pas généralisées, contribuent à renforcer les tabous alimentaires, réduisant davantage la gamme d'aliments proposés aux jeunes enfants.

Sur le plan nutritionnel, les résultats sont particulièrement préoccupants : 40,6 % des enfants étaient émaciés, 72,5 % en insuffisance pondérale et 67,4 % en retard de croissance. Ces proportions sont nettement supérieures à celles rapportées par l'enquête SMART Tchad 2024, ce qui corrobore les constats de Sidibé (2020) au Mali dans les zones de crise. Notre étude confirme donc une situation nutritionnelle critique, aggravée par la précarité prolongée, la dépendance à une aide alimentaire peu diversifiée, la faible couverture sanitaire et l'absence de pratiques alimentaires optimales. De plus, les fréquents épisodes de maladies infectieuses (diarrhées, infections respiratoires) rencontrés dans les camps contribuent à détériorer l'état nutritionnel des enfants, compromettant leur croissance linéaire et pondérale.

L'analyse statistique a montré une relation significative entre la diversité alimentaire et l'émaciation (p = 0,031), ainsi qu'avec l'insuffisance pondérale (p = 0,001). Ces résultats corroborent les données de l'UNICEF (2013), qui identifient une alimentation monotone et insuffisamment variée comme facteur déterminant de la malnutrition infantile. Dans le contexte des camps d'Adré, cette situation est aggravée par la pauvreté, la méconnaissance des besoins nutritionnels spécifiques de l'enfant et l'irrégularité de l'approvisionnement alimentaire. À cela s'ajoute l'absence de services de nutrition préventive performants, de suivi de croissance et d'encadrement des pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE).

Enfin, les données ont mis en évidence que la profession de la mère et le cadre de vie perçu comme favorable à l'hygiène alimentaire étaient significativement associés au retard de croissance. Les enfants de mères commerçantes présentaient davantage de retards, ce qui correspond à une moindre disponibilité de ces dernières pour s'occuper de l'alimentation et des soins. Par ailleurs, les familles vivant dans un cadre perçu comme favorable affichaient paradoxalement plus de cas de retard, ce qui pourrait s'expliquer par une perception erronée des conditions réelles d'hygiène ou par des facteurs confondants (densité du camp, approvisionnement en eau, pratiques de conservation des aliments).

Au vu des constats déjà établis, il apparaît essentiel d'insister sur la complexité des déterminants de la malnutrition observée dans les camps de réfugiés à Adré. L'analyse des caractéristiques sociodémographiques montre que la jeunesse des mères, leur faible niveau d'instruction et leur statut économique précaire constituent des facteurs de risque majeurs pour la santé nutritionnelle des enfants. Cette situation est exacerbée par le contexte de déplacement forcé, qui prive les familles de leurs moyens traditionnels de subsistance et accentue leur dépendance à l'aide humanitaire. Plusieurs études, dont celle de Black et collaborateurs en 2013, confirment que la pauvreté, l'analphabétisme maternel et l'instabilité sociale sont associés à une augmentation de la prévalence de la malnutrition infantile dans les contextes de crise humanitaire. De plus, la structure familiale, souvent élargie et recomposée dans les camps, peut diluer la responsabilité parentale et compliquer la prise en charge individuelle des enfants à risque.

Conclusion, recommandations et perspectives

VII. Conclusion

À l'issue de cette étude dont l'objectif général était de contribuer à la promotion et à l'amélioration de la santé des enfants, à travers l'analyse de leurs pratiques alimentaires, il ressort ce qui suit :

v Les enfants réfugiés ont des habitudes alimentaires dominées par une forte consommation de céréales (88,7 %) et de légumineuses (55,2 %), mais une très faible diversité alimentaire, avec seulement 36,3 % atteignant le score minimum recommandé. L'allaitement maternel est largement pratiqué, mais rarement de manière exclusive, et l'introduction des aliments complémentaires se fait souvent précocement.

v Les pratiques alimentaires sont fortement influencées par des facteurs sociodémographiques et culturels : 79,4 % des mères n'ont jamais été à l'école et 83,6 % sont ménagères, ce qui traduit une faible autonomie dans les décisions nutritionnelles. À cela s'ajoutent les croyances religieuses, la pauvreté, l'insécurité alimentaire et la dépendance à l'aide humanitaire, qui limitent considérablement la qualité de l'alimentation infantile.

v L'état nutritionnel des enfants est alarmant : 40,6 % souffrent d'émaciation, 72,5 % d'insuffisance pondérale et 67,4 % de retard de croissance. Une corrélation significative a été observée entre la diversité alimentaire et ces différentes formes de malnutrition.

Afin de réduire la malnutrition dans ces camps, il est indispensable de renforcer les actions de sensibilisation nutritionnelle auprès des mères, d'améliorer l'accès à une alimentation diversifiée, d'optimiser les rations distribuées et de promouvoir les bonnes pratiques alimentaires pour une bonne santé des enfants. L'amélioration de l'état nutritionnel des enfants passe également par une éducation sanitaire ciblée, un accompagnement communautaire renforcé et une meilleure coordination entre les acteurs humanitaires et sanitaires.

Recommandations

Aux mères, familles et communautés réfugiées :

v Mettre en pratique les conseils reçus lors des séances de sensibilisation et appliquer les recommandations sur l'allaitement, la diversification alimentaire et l'hygiène.

v Participer activement aux activités communautaires (jardins potagers, clubs de mères, séances de suivi nutritionnel) pour améliorer l'alimentation et la santé des enfants.

v Valoriser les aliments locaux disponibles et diversifier autant que possible l'alimentation des enfants, même en période de pénurie, en s'appuyant sur les ressources du camp et les conseils des agents de santé.

Au personnel de santé et aux relais communautaires dans les camps :

v Organiser régulièrement des séances de sensibilisation et de démonstration sur la préparation de repas diversifiés à partir des ressources locales et des rations disponibles.

v Encourager le suivi de la croissance des enfants par des pesées mensuelles et des conseils personnalisés aux familles, en mettant l'accent sur l'importance de la diversité alimentaire pour la prévention de la malnutrition.

Aux bailleurs de fonds et partenaires de développement :

v Apporter un soutien financier et technique aux programmes de nutrition communautaire, d'agriculture urbaine et d'accès à l'eau et à l'hygiène dans les camps de réfugiés.

v Encourager la recherche opérationnelle pour l'adaptation des stratégies nutritionnelles aux réalités spécifiques des populations réfugiées soudanaises à Adré.

Aux organisations humanitaires et partenaires techniques (PAM, ACF, ACTED, HCR, etc.) :

v Adapter les rations alimentaires en intégrant davantage de produits frais, enrichis et variés (fruits, légumes, sources de protéines animales ou végétales), et soutenir les initiatives de jardins communautaires et de microprojets agricoles dans les camps.

v Soutenir la création de clubs de mères et de groupes d'entraide pour l'échange de bonnes pratiques alimentaires, la préparation collective de repas diversifiés et la diffusion d'informations nutritionnelles adaptées au contexte culturel.

Au Ministère de la Santé Publique du Tchad et aux autorités locales de santé :

v Renforcer la formation continue des agents de santé et des relais communautaires sur la nutrition infantile, la diversification alimentaire et la prévention de la malnutrition, afin d'assurer un accompagnement de qualité auprès des mères dans les camps.

v Intensifier les campagnes de sensibilisation, en langues locales, sur l'importance de l'allaitement maternel exclusif et du respect de l'âge de diversification alimentaire (6 mois) et de la diversité alimentaire, en utilisant les médias communautaires et les leaders d'opinion.

v Mettre en place un suivi nutritionnel régulier des enfants dans les camps, avec dépistage précoce des cas de malnutrition et orientation vers les structures de prise en charge adaptées.

Perspectives

Pour des études ultérieures, il serait pertinent :

v Élargir l'enquête à l'ensemble des camps de réfugiés de la région d'Adré et, si possible, à d'autres zones accueillant des populations déplacées comme Hadjer-Adid, Farchana et Metché afin de comparer les pratiques alimentaires et l'état nutritionnel dans différents contextes et d'obtenir une vision plus globale de la situation.

v De mener des études sur l'évolution saisonnière de la disponibilité et de la diversité alimentaires, afin de mieux cerner l'influence des variations climatiques et des périodes de soudure sur la malnutrition infantile dans les camps.

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Stoch, B., Lemoine, C., & Diallo, S. (2005) : Facteurs de risque nutritionnels chez l'enfant africain. Dakar : Presses Universitaires.

Stoch, Mavis. B., et P. M. Smythe (2005) : Étude développementale sur 15 ans concernant les effets d'une malnutrition sévère pendant la petite enfance sur la croissance physique et les fonctions intellectuelles ultérieures, Archives of Disease in Childhood, vol. 51, n° 327. P. 332-333

Tchadan thropus-Tribune (2023) : Crise humanitaire au Tchad : L'impact sur les infrastructures locales à Adré.

Trèche, S., & Benoist, B. D. (1995) : L'alimentation complémentaire et le jeune enfant. 418

HCR (2024) : Tchad - Rapport opérationnel, 7 juin 2024

UNICEF (1998) : La situation des enfants dans le monde, la malnutrition : causes, conséquences et solutions en 1998 ; 16 p.

UNICEF (2012) : Guide de programmation sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, juin, Section de Nutrition, Programmes, consulté sur htp://www.unicef.org/nutrition/files/guide-de programmation-en-ANJE-2012- final.2012

UNICEF (2013) : Améliorer la nutrition de l'enfant : un objectif impératif et réalisable pour le progrès mondial.

UNICEF Tchad (2022) : Analyse des pratiques alimentaires et état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans au Tchad, pages 18-22.

UNICEF, OMS et Banque mondiale (2021) : Niveaux et tendances de la malnutrition chez les enfants : Rapport commun d'estimations clés, pages 10-12.

UNICEF/USAID/GAIN (2009) : Investir dans l'avenir : un appel uni à l'action pour vaincre les carences en vitamines et minéraux. Rapport mondial. P.5.

USAID/AED (1999) : Pratiques et régimes alimentaires recommandés pour améliorer la nutrition infantile et maternelle.

Victoria Quinn, Agnes Guyon, Luann Martin (2006) : Promotion de la nutrition et de l'allaitement maternel. Données pratiques, soutien programmatique et politiques pour les soins du nouveau-né en Afrique. P. 101-111

Annexes

VIII. Annexe 1 : Autorisation de mise en stage de l'Université de Dschang

IX. Annexe 2 : Autorisation de recherche de l'Hôpital de District d'Adré

X. Annexe 3 : Autorisation de recherche de l'administration

XI. Annexe 4 : Formulaire de consentement éclairé

Je soussignée

Mme/Mlle..............................................................................................Reconnais avoir été invité à participer à cette recherche intitulée « Pratiques alimentaires et malnutrition chez les enfants soudanais de 6 a 59 mois dans les camps des réfugiés à Adré, Tchad ».

L'investigateur principal : DEMA KOUSSI ABRAHAM (étudiant à l'université deDschang/Cameroun en master professionnel Nutrition de Santé publique, Diététique et Education nutritionnelle, option nutrition communautaire).

Email : dkoussiabraham@gmail.com

Téléphones : +235 85169261

Investigateur secondaire : Dr Dandji SAAH Marc Bertrand(Chargé de cours)

Tel : +237 675825967

Ø J'ai lu attentivement la notice d'information qui m'a été remise concernant cetteétude,

Ø Ou bien on m'a lu et expliqué la notice d'information relative à cette étude ;

Ø J'ai bien compris le but et les objectifs de cette étude ;

Ø J'ai reçu toutes les réponses aux questions que j'ai posées ;

Ø Les risques et les bénéfices m'ont été présentés et expliqués

Ø J'ai bien compris que je suis libre d'accepter ou de refuser d'y participer ;

Ø Mon consentement ne décharge pas les investigateurs de la recherche de leurs responsabilités, je conserve tous mes droits garantis par la loi,J'accepte librement de participer à cette étude dans les conditions précisées dans lanotice d'information, de répondre aux questions d'enquête.

Fait à Adré le ............ /........./2025

Investigateur principal Participante

XII. Annexe 5 : Questionnaire d'enquête individuel du couple mère - enfant

REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix - Travail - Patrie

***********

UNIVERSITE DE DSCHANG

***********

ÉCOLE DOCTORALE

******

REPUBLIC OF CAMEROON

Peace - work - Fatherland

*************

UNIVERSITY OF DSCHANG

*************

POSTGRADUATE SCHOOL

******

JN

QUESTIONNAIRE INDIVIDUEL DU COUPLE MÈRE-ENFANT

Thème : Pratiques alimentaires et santé des enfants soudanais de moins de 5 ans des camps des réfugiés d'Adré à l'Est du Tchad.

Introduction :

Date de l'enquête : _____________________ Heure du debut : __________________

Enquêteur : _____________________________ Heure de fin : _____________________

Nom du camp : ____________________________

I. Caractéristiques socio démographiques

1.

Sexe de l'enfant

? Masculin

1

? Féminin

2

2.

Âge de l'enfant

? 6-11 mois

1

? 12-23 mois

2

? 24-59 mois

3

3.

Âge de la mère

? 15-25 ans

1

? 26-35 ans

2

? 36-45 ans

3

4.

Niveau d'instruction de la mère

? Aucune

1

? Primaire

2

? Secondaire

3

? Supérieur

4

5.

Statut matrimonial de la mère

? Célibataire

1

? Mariée

2

? Veuve / Divorcé

3

6.

Profession de la mère

? Ménagère

1

? Petit commerce

2

? Fonctionnaire

3

? Autre : _____________

4

7.

Profession du père

? Agriculteur

1

?Commerçant

2

? Fonctionnaire

3

? Autre : ____________

4

II. État nutritionnel de l'enfant

8.

Poids de l'enfant

Kg

1

 

Taille de l'enfant

Cm

1

10.

Périmètre brachial (PB)

Mm

1

11.

Statut nutritionnel

? Normal

1

? MAM

2

? MAS

3

12.

L'enfant a-t-il été malade au cours des deux dernières semaines ?

? Oui

1

? Non

2

13.

Si oui, quels sont les symptômes de cette maladie ?

?Diarrhée

1

? Fièvre

2

?Toux

3

? Autre : ________

4

14.

Votre enfant dort-il sous moustiquaire imprégnée ?

? Oui

1

? Non

2

15.

L'enfant est-il à jour dans ses vaccins (BCG, polio, rougeole) ?

? Oui

1

? Non

2

III. Pratiques d'allaitement et alimentation du nourrisson

16.

Quand avez-vous mis l'enfant au sein après la naissance ?

? Moins de 1 heure

1

? Entre 1-12 heures

2

? Après 12 heures

3

17.

Avez-vous donné le colostrum à votre enfant ?

? Oui

1

? Non

2

18.

L'enfant a-t-il été allaité exclusivement pendant ses 6 premiers mois ?

? Oui

1

? Non

2

19.

À quel âge avez-vous introduit d'autres aliments que le lait maternel ?

Mois

1

20.

Continuez-vous à allaiter actuellement ?

? Oui

1

? Non

2

21.

À quel âge comptez-vous / avez-vous sevré votre enfant ?

? Avant 6 mois

1

? Entre 6-12 mois

2

? Après 12 mois

3

IV. Pratiques alimentaires de l'enfant

22.

Combien de repas principaux donnez-vous à votre enfant par jour ?

? Une fois

1

? 2-3 fois

2

? 4 fois et plus

3

23.

Donnez-vous des collations (goûters) entre les repas ?

? Oui

1

? Non

2

24.

Quels types d'aliments consomme-t-il régulièrement ?

? Céréales

1

? Légumineuses

2

? Fruits et légumes

3

? Viande / poisson / oeufs

4

? Produits laitiers

5

? Corps gras

6

? Autres

7

25.

Combien de fois par semaine consomme-t-il des fruits / légumes riches en vitamine A ?

? Jamais

1

? 1-2 fois/semaine

2

? 3 fois et plus

3

26.

Utilisez-vous de la pâte d'arachide, du soja ou des aliments enrichis dans les repas ?

? Oui

1

? Non

2

27.

Quelle source d'eau utilisez-vous pour préparer ses repas ?

? Puits

1

? Robinet

2

? Forage / pompe

3

? Marigot / autre

4

28.

Lavez-vous les mains de votre enfant avant les repas ?

? Oui

1

? Non

2

V. Facteurs socio-économiques et d'accès à l'alimentation

29.

Recevez-vous une aide alimentaire dans le ménage ?

? Oui

1

? Non

2

30.

Cette aide est-elle suffisante pour couvrir vos besoins alimentaires ?

? Oui

1

? Non

2

31.

Avez-vous accès à un marché à proximité du camp ?

? Oui

1

? Non

2

32.

Quels sont les principaux obstacles pour obtenir de la nourriture ?

? Coût élevé

1

? Disponibilité limitée

2

? Distance / transport

3

? Autre

4

33.

Y a-t-il des périodes où certains aliments deviennent introuvables ou trop chers ?

? Oui

1

? Non

2

34.

Quels aliments sont difficiles à obtenir ?

? Fruits / légumes

1

? Protéines animales

2

? Céréales

3

? Autres

4

VI. Facteurs culturels et croyances alimentaires

35.

Certaines croyances influencent-elles les aliments que vous donnez à votre enfant ?

? Oui

1

? Non

2

36.

Si oui, lesquelles ?

? Interdiction de manger certains aliments

1

? Priorité donnée à certains aliments

2

? Autres

3

37.

Existe-t-il des aliments déconseillés dans votre culture pour les enfants de moins de 5 ans ?

? Oui

1

? Non

2

38

Participez-vous à des sessions d'éducation nutritionnelle ?

? Oui

1

? Non

2

39.

Qui vous fournit des informations sur la nutrition ?

? ONG

1

? Agents de santé

2

? Leaders communautaires

3

? Autres

4

VII. Conditions d'hygiène et environnement

40.

Le cadre de vie dans le camp permet-il une bonne hygiène alimentaire ?

? Oui

1

? Non

2

 

? Si non, expliquez : _________________

 
 
 
 
 
 

Annexe 6 : Enregistrement d'un enfant MAM lors de la journée de distribution (Dema, 2025)

Annexe 7 : Prise des paramètres anthropométriques lors de la collecte des données (Dema, 2025)

XIII. Annexe 8 : Prise devant la plaque du Centre de Santé d'Adré (Dema, 2025)

XIV. Annexe 9 : Mesure de la taille d'un enfant avec

l'aide d'ne ASC (Dema, 2025)






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