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JN
DSCHANG SCHOOL OF SCIENCE AND
TECHNOLOGY
Unité de Recherche de Biochimie des Plantes
Médicinales, des Sciences Alimentaires et Nutrition (URBPMAN)
Pratiques alimentaires et malnutrition chez les
enfants soudanais de 06 à 59 mois dans les camps de
réfugiés à Adré, Tchad.
Sujet :
Académique de :
DANDJI SAAH Marc Bertrand
Chargé de Cours
Professionnelle de :
M. MAHAMAT SILAYE
Point Focal Nutrition
Mémoire soutenu publiquement en vue de
l'obtention du Diplôme de Master Professionnel en Nutrition de
Santé Publique, Diététique et Education
Nutritionnelle
Option : Nutrition communautaire
Option : Nutrition communautaire
Par
DEMA KOUSSI ABRAHAM
Matricule :CM-UDS-23SCI0257
Licence en Biologie des Organismes Animaux
Sous la direction
Année académique
2024-2025
FICHEDECERTIFICATIONDEL'ORIGINALITEDU
TRAVAIL
Je soussigné, M. DEMA KOUSSI ABRAHAM,
Matricule CM-UDS-23SCI0257, étudiant en Master
professionnel en Nutrition de Santé publique, Diététique
et Éducation nutritionnelle (NSDE), option Nutrition Communautaire au
Département de Biochimie,
FacultédeSciencesdel'UniversitédeDschang,attestesurl'honneurqueleprésentmémoire
intitulé« Pratiques alimentaires et malnutrition chez
les enfants soudanais de 06 à 59 mois dans les camps de
réfugiés à Adré, Tchad. » est le
fruit de
mesproprestravauxderechercheeffectuésàl'HôpitalduDistrictd'Adré
(HDA) et dans les camps des réfugiés à
Adré au Tchad sous l'encadrement académique de
Dr DANDJI SAAH Marc Bertrand et sous l'encadrement
professionnel de M. MAHAMAT Silaye.
Ce mémoire est authentique et n'a pas été
antérieurement présenté pour l'acquisition de quelque
grade universitaire que ce soit.
Visadel'auteur :
DEMA KOUSSI ABRAHAM
Date ..............................

Visadel'encadreurprofessionnel :
Visadel'encadreuracadémique :
M. MAHAMAT SilayeDr. DANDJISAAHMarcBertrand
Point Focal Nutrition
Chargé de cours
Visa du Chef de Département
Date .....................
Date...........................
Pr GATSING Donatien
Date .....................
Professeur
ATTESTATION DE CORRECTION
Nous les soussignés, attestons que le
Mémoire de Master intitulé : Pratiques alimentaires
et malnutrition chez les enfants soudanais de 06 à 59 mois dans les
camps de réfugiés à Adré, Tchad, soumis au
Département de Biochimie de l'Université de Dschang et soutenu
publiquement le 27 juillet 2025, en vue de l'obtention du diplôme de
Master Professionnel en Nutrition de Santé Publique,
Diététique et Education Nutritionnelle option Nutrition
Communautaire, a été revu et corrigé conformément
aux observations du jury.
Auteur :
DEMA KOUSSI ABRAHAM
Date .....................
Visa du rapporteur :
Visa du président :
Visa de l'examinateur :
Pr WOMENI Hilaire
Dr DANDJISAAHMarcBertrand
Dr FUL Georges
Date .....................
Date .....................
Date .....................
Visa du Chef de Département
Pr GATSING Donatien
Professeur
Date .....................
Dédicace
A
MES PARENTS :
Mon père
KOUSSOUMBI DOCTEUR BOLO
Et
Ma mère
MARSAM DELPHINE
Remerciements
Je remercie tout d'abord Dieu le
tout-puissant pour la santé et la grâce qu'Il m'accorde chaque
jour et pour m'avoir soutenu durant ce parcours.La rédaction de ce
mémoire a été possible grâce à la
participation de plusieurs personnes à qui je voudrais témoigner
toute ma gratitude. Mes remerciements vont à l'endroit de :
Ø DrDANDJI SAAH Marc Bertrand, mon
encadreur académiquepour ses conseils judicieux, son appui tout au long
de cette étude. Votre enthousiasme, votre rigueur dans le travail et
votre sens du devoir m'ont énormément marqué ;
Ø M MAHAMAT Silaye, mon encadreur
professionnel pour le suivi et l'orientation sur le terrain lors de la
réalisation de ce travail ;
Ø Pr TEUGWA Clautilde Doyen de la
Faculté des Sciences de l'Université de Dschang pour son soutien
constant, ses précieux conseils et son engagement envers la
réussite académique des étudiants ;
Ø Pr GATSING Donatien, Chef de
Département de Biochimie, pour ses encouragements et ses
orientations ;
Ø PrZAMBOU NGOUFACK François,
Coordonnateur du Master Professionnel en Nutrition de Santé Publique,
Diététique et Education Nutritionnelle pour ses multiples
conseils et enseignements ;
Ø A tous les enseignants du Département de
Biochimie, merci pour les précieuses connaissances que vous nous avez
transmis durant tout notre parcours académique, il s'agit de :
Pr KUIATE Jules Roger, Pr WOMENIHilaire,Pr TELEFO Phélix Bruno,
Pr KUETE Victor, Pr TUME Christopher, Pr DZOYEM Jean Paul, Pr SIMO Gustave, Pr
TAMOKOU Jean De Dieu, Pr BIAPA NYA Prosper, Pr KUATE Dieudonné, Pr
KAKTCHAM Pierre Marie, Pr MBAVENG Armelle, Pr NJATENG Guy Sédar
Senghor, Pr KLANG Julie Mathilde, Pr MBULLI Innocent, Pr NGOH NEWILAH
Gérard, Pr AGBOR Esther, Dr GOKA Stéphanie, Dr MAFFO TAZAHO
Ghislain, Dr FANKAM Aimé Gabriel, Dr LACMATA Tamekou Stephen, Dr FOGUE
Pytagore, Dr FUL KUH Georges, Dr DANGANG BOSSI Donald, Dr KOHOLE Hermann
Arantes et Dr DOUNGUE Hermine.
Ø Aux autres enseignants de la filière NSDE :
Pr FOKOU Elie, Pr WATCHO Pierre, Pr ATEUFACK Gilbert, Pr MVONDO Marie
Alfrede, Pr MELI MELI Vivien, Pr WATCHO Rolande,Pr NGOUPAYE Gwladys, Pr DATIDJO
Ismaela, Dr FOKO KOUAM Marius, Dr MAPA Clarisse, Dr TETA Ismaël, Dr SAHA
Brice, Dr TANEKEU Clovis-Achille, Dr TIENTCHEU Clément, Dr WANDJI Ines,
M. SIBETCHEU Daniel, M. TALONFO Williams, pour avoir
contribué à la réussite de cette formation ;
Ø Dr. MAHAMOUD Adam Ahmat,
Médecin Chef du District (MCD) de l'hôpital de District
d'Adré, pour son accueil chaleureux et pour son autorisation de stage
dans son institution ;
Ø Tout le personnel de l'unité
nutritionnelle thérapeutique/ambulatoire et supplémentaire de
l'hôpital de District d'Adrépour leur accompagnement durant la
période de l'étude ;
Ø Tous les couples mère-enfant
qui ont acceptés de répondre à nos questions sans
hésitation ;
Ø La familleKOUSSI, plus
particulièrement mon père KOUSSOUMBI Docteur,
mamaman DELPHINE Kaptanaet ma
belle-mèreMANMI Lea pour leur soutien moral,
matériel, et financier ;
Ø La grande famille DOCTEUR et la
grande famille KAPTANApour leur soutien multiforme ;
Ø Mes grands frères : Agoussoum
Nathan, Benoit Mbatna, M.Djiko, M. Adossong, M. Wassang, pour leur
accueille et hospitalité durant cette période de stage à
Adré ;
Ø MesfrèresKoussi Benit, Ayouba
Prospères, Granga Agolom, Koussi Exaucéet mes
soeursKoussi Diane, Ayouba Caroline, Mbarei Diane, Agolom Grace,
Fourida Malachie, Celestine Agolom, Assana Agolom pour leur aide dans
la réalisation de ce travail ;
Ø A la grande communauté de
l'Aumônerie Protestante Universitaire de Dschang pour leur
communion fraternelle, leurs engouements et soutien en prière.
Ø Mes amis(e)s, camarades et voisins :
DjimtoganAppolinaire, Mbaitelssem Allongar Succès, Koustogue
Eugene, M. Alexis, M. Lomrebaye, Yague Nestor, Emmanuelle Bagwell, Domba
Dieudonné, Djimrangar Juvenal, Lotiko Marina, Medinnegue Ecclesiaste,
Assiné Tabitha pourleur multiple soutien ;
Ø La grande promo 7 et les
membres de la cité Pyramide pour leur implication dans ce
parcours ;
Ø Toutes les personnes ayant
contribué de loin ou de près à la réalisation de ce
travail et qui n'ont pas été citées, qu'ils puissent
trouver ici l'expression de mes sincères remerciements.
Table de
matières
Liste des abréviations, sigles et acronymes
ix
Liste des figures
x
Liste des tableaux
xi
Résumé
xiii
Abstract
xv
Introduction
1
Chapitre I : Revue de la littérature
4
I.1 Généralités
5
I.1.1 Généralités sur l'alimentation du
Nourrisson et du Jeune Enfant
5
I.1.2 Définition des concepts
6
I.1.3 Besoins nutritionnels
9
I.2 Bases des pratiques adéquates de l'ANJE
9
I.2.1 Première mise au sein
9
I.2.2 Allaitement maternel exclusif
10
I.2.3 Poursuite de l'allaitement maternel jusqu'à
l'âge de 2 ans
12
I.2.4 Introduction des aliments semi-solides, solides chez les
enfants
13
I.2.5 Consommation des aliments riches en fer ou enrichis en
fer
13
I.2.6 Fréquence minimale des repas pour les enfants de
6-23 mois
14
I.2.7 Diversité alimentaire minimale
14
I.3 Facteurs influençant les pratiques alimentaires
15
I.3.1 Facteurs individuels
15
I.3.2 Facteurs socio-culturels
15
I.3.3 Facteurs économiques et environnementaux
15
I.4 Caractéristiques des pratiques alimentaires
15
I.5 Impact des pratiques alimentaires sur la santé
16
I.6 Dynamique des changements alimentaires
16
I.7 Études spécifiques sur des groupes ou
contextes particuliers
16
I.8 Méthodologies utilisées dans les recherches
16
I.9 Besoins nutritionnels selon les tranches d'âge
16
I.9.1 Besoins énergétiques des enfants de 6
à 23 mois allaités
19
I.9.2 Besoins énergétiques chez les enfants non
allaités
19
I.9.3 Répartition des macronutriments dans l'apport
énergétique en fonction de l'âge
20
I.9.4 Besoin en eau
20
I.10 Épidémiologie de la malnutrition
21
I.10.1 Définition
21
I.10.2 Différents types de malnutrition
21
I.10.3 Cause de malnutrition :
23
I.10.4 Conséquences de la malnutrition
24
I.11 Synthèse des travaux antérieurs
26
Chapitre II : Matériel et méthodes
27
II.1 Matériel
28
II.1.1 Schéma d'étude
28
II.1.2 Cadre d'étude
29
II.1.3 Site de l'étude
32
II.1.4 Période d'étude
33
II.1.5 Type d'étude
33
II.1.6 Population d'étude
33
II.1.7 Choix des variables de l'étude
33
II.2 Méthodes
34
II.2.1 Echantillonnage
34
II.2.2 Calcul de la taille de l'échantillon
34
II.2.3 Critères de sélection
35
II.2.4 Techniques et outils de collecte de données
35
II.2.5 Déroulement de l'enquête
36
II.2.6 Considérations éthiques et consentement
éclairé
36
II.2.7 Analyse statistique
37
Chapitre III : Résultats et discussion
38
III.1 Résultats
39
III.1.1 Caractéristiques sociodémographiques de
la population étudiée
39
III.1.2 Répartition des mères selon les
pratiques alimentaires des enfants
40
III.1.3 Identification des facteurs socio-culturels,
économiques et environnementaux
46
III.1.4 Etat nutritionnel des enfants de 6-59 mois
48
III.1.5 Différents croisements statistiques
50
III.2 Discussion
53
Conclusion, recommandations et perspectives
57
Références
61
Annexes
68
Liste des abréviations,
sigles et acronymes
|
AM
|
: Allaitement maternel
|
|
AME
|
: Allaitement maternel exclusif
|
|
ANJE
|
: Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant
|
|
ASC
|
: Agent de Santé Communautaire
|
|
ATPE
|
: Aliment thérapeutique près à l'emploi
|
|
EDS-MICS
|
: Enquêtes Démographique et Santé Multiples
indicateurs
|
|
FAO
|
: Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
l'Agriculture
|
|
HDA
|
: Hôpital du District d'Adré
|
|
MAM
|
: Malnutrition aiguë modérée
|
|
MAS
|
: Malnutrition aiguë sévère
|
|
MSF
|
: Médecins Sans Frontières
|
|
MUAC
|
: Mid/Mid Upper Arm Circonférence
|
|
OMS
|
: Organisation Mondiale de la santé
|
|
ONG
|
: Organisation Non Gouvernementale
|
|
P/A
|
: Poids/Age
|
|
P/B
|
: Périmètre brachial
|
|
P/T
|
: Poids/Taille
|
|
SMART
|
: Specific Measurable Attainable Relevant Time Based
|
|
SPSS
|
: Statistical Package for Social Sciences
|
|
UNA
|
: Unité nutritionnelle ambulatoire
|
|
UNT
|
: Unité nutritionnelle thérapeutique
|
|
UNS
|
: Unité nutritionnelle supplémentaire
|
Liste des figures
Figure 1: Alimentation de
l'enfant de 6 à 9 mois
2
Figure 2 : Alimentation de
l'enfant de 9 à 12 mois
18
Figure 3 : Alimentation de
l'enfant de 12 à 24 mois.
18
Figure 4 : Cadre conceptuel
des causes de la sous nutrition
24
Figure 5 : Schéma du
travail
28
Figure
6 : Carte du Tchad
30
Figure 7 : Carte de
référence de la province du Ouaddaï
31
Figure 8: Carte de
référence de la ville d'Adré
32
Figure
9 : Répartition de nombre de repas par jour des
enfants
42
Figure 10 :
Répartition de l'utilisation de pate d'arachide ou aliments enrichis
dans la bouillie
43
Figure
11 : Répartition des enfants selon les groupes
d'aliments consommées régulièrement
43
Figure
12 : Répartition des enfants selon la consommation des
fruits riche en vitamine A
45
Figure 13 :
Répartition des enfants selon la diversité alimentaire des
enfants
46
Figure
14 : répartition des mères selon la perception de
la qualité des repas des enfants
47
Figure
15 : Répartition des mères selon les principaux
obstacles pour obtenir les aliments
47
Figure 16 :
Répartition des enfants selon les différentes formes de
malnutrition
49
Liste des tableaux
Tableau 1: Estimation des
besoins énergétiques de l'enfant
2
Tableau 2: Besoins
énergétiques des enfants de 6-23 mois allaités
19
Tableau 3 : Besoins
énergétiques des enfants de 6-23 mois non allaités
19
Tableau 4 :
Répartition des macronutriments dans l'apport
énergétique en fonction de l'âge
20
Tableau 5 : Indicateurs et
définition des différentes formes de sous-nutrition
22
Tableau 6 :
Caractéristiques sociodémographiques des mères
enquêtées
39
Tableau 7 :
Caractéristiques sociodémographiques des enfants de 6 à 59
mois
40
Tableau 8 :
Répartition des mères selon les pratiques d'allaitement
40
Tableau 9 :
Répartition des enfants selon la période d'introduction des
aliments solides
41
Tableau 10 :
Diversification alimentaire minimum des enfants de 6 à 23 mois
44
Tableau 11 :
Répartition des mères selon les pratiques d'hygiène
44
Tableau 12 :
Répartition des ménages en fonction de réception de
l'aide
46
Tableau 13 : Classification
de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/taille en z-scores
48
Tableau 14 : Classification
de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/âge en z-scores
48
Tableau 15 : Classification
de l'état nutritionnel selon l'indice Taille/âge en z-scores
49
Tableau 16 : Association
entre les pratiques alimentaires et les contraintes d'accès
50
Tableau 17 : Association
entre l'état nutritionnel des enfants et les pratiques alimentaires
51
Tableau 18 : Association
entre les facteurs socio-économiques et les pratiques alimentaires
51
Liste des annexes
Annexe 1 : Autorisation de
mise en stage de l'Université de Dschang
b
Annexe 2 : Autorisation de
recherche de l'Hôpital de District d'Adré
b
Annexe 3 : Autorisation de
recherche de l'administration
c
Annexe 4 : Formulaire de
consentement éclairé
d
Annexe 5 : Questionnaire
d'enquête individuel du couple mère - enfant
e
Annexe 6 : Enregistrement
d'un enfant MAM lors de la journée de distribution
k
Annexe 7 : Prise des
paramètres anthropométriques lors de la collecte des
données
k
Annexe 8 : Prise devant la
plaque du Centre de Santé d'Adré
l
Annexe 9 : Mesure de la
taille d'un enfant avec l'aide d'ne ASC
l
I. Résumé
La malnutrition infantile demeure un défi majeur de
santé publique dans le monde et particulièrement en Afrique,
où la précarité des conditions de vie expose
particulièrement les enfants de 6 à 59 mois à des risques
nutritionnels élevés. Le Tchad, pays sahélien
enclavé, est parmi les pays les plus affectés par la malnutrition
infantile. La région de l'Est du Tchad, et plus
précisément la ville frontalière d'Adré, est
fortement impactée par cette crise Ce mémoire Vise à
contribuer à la santé des enfants à travers I `analyse des
pratiques alimentaires et l'identification des facteurs liés à la
malnutrition. Pour cela, une étude descriptive transversale a
été menée auprès de 218 couples mère-enfant
allant de Mars à Juin 2025, avec une collecte de données
basée sur des questionnaires structurés et des mesures
anthropométriques, permettant de collecter les données
nécessaires à l'étude. Les résultats
révèlent une population majoritairement composée de
mères très jeunes, peu instruites et sans activité
professionnelle, ce qui limite leur autonomie et leur accès à
l'information nutritionnelle. Les pratiques d'allaitement maternel exclusif
restent faibles, avec seulement 31,7% des enfants allaités exclusivement
jusqu' à six mois, et l'introduction des aliments de complément
est souvent précoce, avant 1'âge recommandé. L'alimentation
des enfants est peu diversifiée, dominée par les
céréales et les légumineuses, tandis que la consommation
de fruits, légumes et produits animaux demeure marginale. La
fréquence des repas est insuffisante pour la majorité des
enfants, et 1'accès à I `eaupotablerestelimité, accentuant
les risques d'infections et de maladies hydriques. L'état nutritionnel
des enfants est alarmant : 40,6% présentent une émaciation,
72,5%% une insuffisance pondéral t 67,49% un retard de croissance.
L'analyse statistique montre une association significative entre la
fréquence des repas et l'état nutritionnel, confirmant que la
monotonie alimentaire et le faible nombre de repas quotidiens aggravent la
malnutrition. En définitive, une grande majorité des enfants
enquêtés étaient malnutris, les pratiques alimentaires et
d'hygiène étaient faibles. Le faible taux de diversité
alimentaire et de la fréquence des repas chez les enfants influencent
sur leur état nutritionnel.
Mots-clés : Pratiques alimentaires,
malnutrition, enfants soudanais, réfugiés, Tchad, camps
d'Adré
Topic
Dietary practices and malnutrition among Sudanese
children aged 6 to 59 months in the Adré refugee camps in Chad.
II. Abstract
Child malnutrition remains a major public health challenge
worldwide, particularly in Africa,where precarious living conditions expose
children aged 6 to 59 months to high nutritional risks.Chad, a landlocked
Sahelian country, is among the countries most affected by child
malnutrition.The eastern region of Chad, and more specifically the border town
of Adré, is heavily impacted bythis crisis. This thesis aims to
contribute to children's health through the analysis of dietarypractices and
the identification of factors related to malnutrition. To this end, a
descriptive cross-sectional study was conducted among 218 mother-child pairs
from March to June 2025, with datacollection based on structured questionnaires
and anthropometric measurements, enabling thenecessary data for the study to be
collected. The results reveal a population composed mainly ofvery young mothers
with little education and no professional activity, which limits their
autonomyand access to nutritional information. Exclusive breastfeeding
practices remain low, with only 31.7%of children exclusively breastfed until
six months of age, and the introduction of complementaryfoods is often early,
before the recommended age. Children's diets are not very diverse, dominatedby
cereals and legumes, while the consumption of fruits, vegetables, and animal
products remainsmarginal. The frequency of meals is insufficient for the
majority of children, and access to safedrinking water remains limited,
increasing the risk of infections and waterborne diseases. Thenutritional
status of children is alarming: 40.6% are emaciated, 72.5% are underweight, and
67.4%are stunted. Statistical analysis shows a significantassociation between
meal frequency andnutritional status, confirming that dietary monotony and low
number of daily meals exacerbatemalnutrition. Ultimately, a large majority of
the children surveyed were malnourished, and dietaryand hygiene practices were
poor. The low level of dietary diversity and frequency of meals amongchildren
influences their nutritional status.
Keywords: Dietary practices, malnutrition,
Sudanese children, refugees, Chad, Adré camps,
Introduction
Les crises humanitaires provoquées par les conflits
armés exposent les populations déplacées à une
précarité extrême, marquée par
l'insécurité alimentaire, des conditions sanitaires
dégradées et la malnutrition infantile (HCR, 2024). La
malnutrition reste l'un des défis majeurs de santé publique dans
le monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS, 2021), environ
45 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë
et 149 millions présentent un retard de croissance, augmentant ainsi les
risques de morbidité et de mortalité. Malgré des efforts
mondiaux soutenus pour améliorer la nutrition infantile, la situation
reste préoccupante, notamment dans les régions à
ressources limitées. En Afrique subsaharienne, la malnutrition infantile
atteint des proportions alarmantes. Cette région concentre près
de 90% des cas de malnutrition aiguë sévère chez les enfants
(UNICEF, 2023). Les facteurs explicatifs sontmultiples:
insécurité alimentaire chronique, conflits armés,
pauvreté extrême, déplacements de population, et
accès limité aux services de santé et aux infrastructures
de base (FAO, 2023). Le Tchad, pays sahélien enclavé, est parmi
les pays les plus affectés par la malnutrition infantile. Les
résultats de l'enquête nationale SMART 2024 révèlent
une prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 10,8% chez
les enfants de 6 à 59 mois, dont 2,1% souffrent de malnutrition
aiguë sévère (MAS). Ces taux dépassent les seuils
d'alerte de l'OMS, fixés à 10% pour la MAG et 2% pour la MAS,
indiquant une crise nutritionnelle persistante (SMART, 2024). Certaines
provinces, comme le Ouaddaï, affichent des taux encore plus
élevés, atteignant 17,5% de MAG(SMART, 2024).
La région de l'Est du Tchad, et plus
précisément la ville frontalière d'Adré, est
fortement impactée par cette crise. En raison de sa proximité
avec le Soudan, Adré est devenue une zone d'accueil pour des dizaines de
millier de réfugiés soudanais fuyant le conflit du Soudan. Depuis
la reprise du conflit armé au Soudan en avril 2025, près d'un
million des réfugiés ont franchi la frontière tchadienne.
Plus de la moitié de ces réfugiés sont localisés
dans les camps d'Adré et ses alentours, qui comptent parmi leurs
populations une forte proportion d'enfants de moins de cinq ans (HCR, 2024 ;
OCHA, 2023). Ces camps de réfugiés, souvent surpeuplés,
sont caractérisés par une insécurité alimentaire
sévère et des conditions sanitaires précaires. Selon
l'analyse IPC de la malnutrition aiguë au Tchad, environ 2 002 113 enfants
âgés de 6 à 59 mois seront affectés par la
malnutrition aiguë entre octobre 2024 et septembre 2025, dont 537 170 cas
sévères. Dans les camps de réfugiés d'Adré,
bien que certains aient été initialement classés en
situation "acceptable" (Phase1) entre octobre et décembre 2024, des
dégradations ont été projetées pour la
période de juin à septembre 2025, notamment le camp d'Adré
site qui devrait passer en situation d'"alerte" (Phase 2), traduisant une
aggravation attendue de la situation nutritionnelle dans ce contexte
humanitaire critique (IPC, 2025). L'importance des pratiques alimentaires dans
le développement global des enfants est bien établie. Elles
jouent un rôle central dans la croissance physique, le
développement cognitif et la santé à long terme (UNICEF,
2023). Une alimentation inadéquate pendant les premières
années de vie peut entraîner des conséquences
irréversibles, y compris un retard de développement, une faible
immunité et une augmentation des risques de maladies chroniques (OMS,
2021). Face à ces constats et cette situation critique, il devient
essentiel d'étudier les pratiques alimentaires des enfants
déplacés soudanais à Adré. Le constat d'une
prévalence élevée de la malnutrition infantile dans cette
région nous amène à nous poser la question suivante :
En quoi les pratiques alimentaires influencent-elles la santé
des enfants soudanais de 06-59 mois dans les camps de réfugiés
à Adré à l'Est du Tchad ? Dans le but d'apporter
des éléments de réponses à cette question, les
hypothèses suivantes ont été formulées :
v Les pratiques alimentaires des enfants sont
négativement influencées par les contraintes d'accès aux
ressources alimentaires dans les camps ;
v L'état nutritionnel des enfants est influencé
par les facteurs socio-démographiques, socioculturels et d'accès
à l'alimentation ;
v Les pratiques alimentaires inadéquates chez les
enfants s'associent à un état nutritionnel médiocre chez
ces enfants.
L'objectif général est de contribuer à la
promotion et l'amélioration de la santé des enfants à
travers l'étude de leurs pratiques alimentaires ; De cet objectif
général, trois (03) objectifs spécifiques en
découlent :
v Décrire les pratiques alimentaires chez les enfants
dans les camps de réfugiés d'Adré ;
v Identifier les facteurs sociodémographiques,
socio-culturels et d'accès à l'alimentation influençant
ces pratiques alimentaires ;
v Évaluer l'état nutritionnel des enfants en
fonction de leurs pratiques alimentaires
Chapitre I : Revue de
la littérature
II.1 Généralités
II.1.1 Généralitéssur
l'alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant
La malnutrition est un problème majeur de santé
publique, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Selon l'UNICEF
(2022), environ 45 millions d'enfants dans le monde souffrent de malnutrition
aiguë. En Afrique subsaharienne, des facteurs tels que les conflits, les
déplacements de population et l'insécurité alimentaire
exacerbent cette crise (OMS, 2021). Le Tchad, en particulier dans sa
région Est, est confronté à ces défis,
principalement en raison de sa proximité avec le Soudan en conflit (FAO,
2021).
Les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant,
période la plus critique pour une croissance et un développement
normal, car les troubles du développement qui résultent d'une
dénutrition au cours de cette période sont pratiquement
irréversibles (FAO, 2014). Le petit enfant est un être fragile qui
a des fonctions digestives immatures (Brigitte et al., 2005). Sa
croissance est rapide entre 0 et 2 ans, il quadruple son poids de naissance et
double sa taille. Il a donc un métabolisme différent de celui des
plus grands. Pour répondre à ses spécificités
physiologiques et lui permettre une croissance harmonieuse.
L'amélioration de la nutrition après l'âge de 2 ans ne
permet généralement pas la récupération du
potentiel perdu (UNICEF, 2013). Une série d'études transversales
sud-africaines réalisée par Stoch et al. (2005) ont
évalué l'impact de la sous-nutrition sévère avant
l'âge de 2 ans sur la croissance physique et sur le fonctionnement
intellectuel au cours de l'adolescence. Même en tenant compte d'une
amélioration de leur environnement et d'un rattrapage de croissance, les
enfants qui avaient connu une sous-nutrition chronique dans la petite enfance
souffraient d'une déficience intellectuelle irréversible. Le
pourcentage des indicateurs des pratiques de l'ANJE au niveau mondial montre
qu'il y a encore plusieurs efforts à consentir afin d'améliorer
les pratiques de l'alimentation du nouveau-né dans les deux
années qui succèdent sa naissance (UNICEF, 2013).
Parmi les pratiques optimales en faveur des
nourrissons et des jeunes enfants on a : le démarrage de l'allaitement
maternel dans l'heure suivant la naissance, l'allaitement maternel exclusif
durant les six premiers mois, et la poursuite de l'allaitement maternel pendant
au moins deux ans et plus, conjointement avec une alimentation adaptée
à l'âge de l'enfant, à base d'aliments mous, semi-solides
et solides à partir de l'âge de 6 mois (UNICEF, 2013).
L'introduction, à l'âge de six mois, d'aliments de
complément sains, semi-solides ou solides, appropriés doit
apporter l'énergie suffisante et être une bonne source de
protéines et de micronutriments pour couvrir les besoins nutritionnels
nécessaire à la croissance de l'enfant (ACF, 2012). Les
programmes en vue d'encourager des pratiques alimentaires appropriées
des nourrissons et de jeunes enfants insistent sur ce que les familles peuvent
faire elles-mêmes avec les ressources disponibles en vue
d'améliorer le bien-être nutritionnel de leurs enfants, notamment
l'allaitement maternel optimal et des pratiques améliorées
d'alimentation complémentaire (Pelletier et al., 1995). L'ANJE
joue un rôle déterminant pendant la fenêtre
d'opportunité qui est la période des «1000 jours »
puisqu'elle permet d'éviter les retards de croissance ainsi que
l'émaciation et les carences en micronutriments (ACF, 2012).
II.1.2 Définition des concepts
Nutrition : est une science qui traite de la
composition des substances alimentaires et de phénomènes
biologiques par lesquels l'organisme humain tire des aliments, les substances
nutritives dont il a besoin et les utilise pour son maintien en vie, sa
croissance, et son développement (OMS, 2015).
Aliments : est une substance solide ou
liquide, d'origine animale ou végétale, consommé telle
qu'elle est ou transformer par les êtres vivants pour répondre aux
besoins nutritionnels de l'organisme (Ngoh, 2023).
Alimentation : est le mécanisme par
lequel notre organisme assimile la nourriture et assure son propre
fonctionnement, elle est à la base d'une bonne santé (OMS, 2015).
Alimentation de complément : processus
mis en route lorsque le lait maternel seul ne suffit plus à satisfaire
les besoins nutritionnels d'un nourrisson à partir de 6 mois. Par
conséquent, d'autres aliments et liquides doivent d'être
ajoutés au lait maternel ou au substitut du lait maternel (UNICEF,
2010).
Allaitement : Le mot allaitement signifie
« alimentation du nourrisson avec du lait au sein de la mère ou par
une nourrice ou au biberon » (OMS, 1989) ;
Nourrisson : c'est de la
période allant de la naissance jusqu'à 1 an (Sibetcheu, D.2019).
Nourrisson : Enfant de moins de 12 mois
nécessitant une alimentation spécifique pour son
développement optimal, comme l'allaitement exclusif (UNICEF, 2021).
Jeune enfant : c'est l'enfant donc
l'âge est compris entre 12 mois à 2 ans (Sibetcheu, D.2019).
Pratique : selon le dictionnaire Universel,
4e édition 2002, c'est « l'observance d'une règle
de conduite, d'un ensemble de prescription morales ou philosophiques ».
Dans ce cadre, les pratiques englobent tout ce que les mères font pour
ou contre l'alimentation et l'hygiène des enfants de 6 à 59 mois.
Pratiques alimentaires :
Ensemble des comportements liés à la sélection,
préparation et consommation d'aliments, influencés par des
facteurs socioculturels et économiques (UNICEF, 2021 ; PNIN, 2021).
Lespratiques alimentaires
englobent les comportements, habitudes, et choix alimentaires influencés
par des facteurs biologiques, culturels, économiques et
environnementaux. Elles incluent ce que les individus mangent, comment ils le
préparent et consomment les aliments, ainsi que les contextes sociaux
dans lesquels ces pratiques se manifestent (Fischler, 1990 ; Rozin, 2005).
Diversité alimentaire minimale (DAM) :
c'est la proportion d'enfants âgés de 6 à 23 mois qui ont
reçu des aliments de quatre ou plus des sept groupes alimentaires
(céréales, racines et tubercules, légumineuses et noix,
produits laitiers, viandes et poissons, fruits et légumes riches en
vitamine A et autres fruits et légumes) la veille (OMS, 2008).
Fréquence minimale des repas
(FMR) : c'est la proportion d'enfants allaités et non
allaités âgés de 6 à 23 mois ayant reçu des
aliments solides, semi-solides ou mous (mais incluant également des
aliments lactés pour les enfants non allaités) le nombre minimum
ou plus au cours de la journée précédente. Pour les
enfants allaités, la FMR est de deux repas par jour de 6 à 8
mois, et de trois repas par jour de 9 à 23 mois. Pour les enfants non
allaités de 6 à 23 mois, la FMR est de quatre repas (OMS,
2008)
Alimentation minimale acceptable (AMA) :
c'est la proportion d'enfants âgés de 6 à 23 mois ayant
atteint à la fois la FMR et la DAM au cours d'un jour
précédent (OMS, 2008).
Le statut nutritionnel :
est l'état physiologique d'un individu résultant de la relation
entre la consommation alimentaire et les besoins ainsi que de la
capacité du corps à absorber et utiliser les nutriments (OMS,
2015).
Sécurité alimentaire : La
sécurité alimentaire est garantie quand tous ont à tout
moment accès à une nourriture suffisante et
équilibré pour mener une vie saine et active. Cet accès
englobe la disponibilité (production, stockage, etc.),
l'accessibilité (transport, transformation, marché, etc.) et
l'utilisation des aliments (FAO, 2007)
Diversité alimentaire
minimal : c'est la proportion d'individus ayant consommé
des aliments appartenant au moins à 4 groupes alimentaires distincts
(OMS, 2007). C'est le rapport entre le nombre d'individus ayant consommé
des aliments appartenant à au moins 4 groupes d'aliments distincts le
jour précédent une enquête sur le nombre total d'individus
enquêtés. Le score de diversité alimentaire peut
également être classé en 3 groupes c'est- à - dire
faible, moyen, et
élevé. Les sept (7) groupes d'aliments retenus
sont :
v Les céréales, les racines et les tubercules
(Maïs, blé, sorgho, patate, manioc, pain...) ;
v Les légumineuses et les noix (Haricot sec, soja,
arachide...) ;
v Les produits laitiers (lait, yaourt, fromage) ;
v Les produits carnés (viande, volaille, abats) et
poissons ;
v Les oeufs ;
v Les fruits et légumes riches en vitamine A (mangue
mure, papaye mure, carotte...) ;
v Les autres fruits et légumes (Tomate, oignon,
aubergine, fruits sauvage...) (OMS, 2007).
Besoins nutritionnels : correspondent
à la quantité moyenne de nutriments nécessaire
quotidiennement pour assurer le développement de l'organisme, le
renouvellement des tissus, le maintien d'un bon état de santé
physique et psychique, et l'activité physique conforme aux conditions de
vie d'un individu(Louvain, 2015).Le besoin minimal correspond à la plus
faible quantité d'un nutriment pouvant maintenir des fonctions et un
état de santé normal tel qu'une croissance satisfaisante chez le
nourrisson.
II.1.3 Besoins nutritionnels
On distingue plusieurs aspects de ces besoins à savoir
la quantité, la qualité et l'énergie (Ghisoffi, 1985). Les
protéines et les glucides fournissent 4 Kcal/g et les lipides 9 Kcal/g.
Si l'adulte a besoin de 2200 - 4000 Kcal/j suivant les circonstances, les
besoins de l'enfant sont proportionnellement élevés du fait de la
croissance de son organisme. Ainsi (Ghisoffo, 1985) :
v De 0 à 2 ans : 100 Kcal/j
v Entre 2 - 6 ans : 1200 - 1500 Kcal/j
v Entre 6 - 13 ans : 1500 - 2500 Kcal/j
v Entre 13 - 18 ans : 2500 - 3200 Kcal/j
Une bonne nutrition nécessite aussi un apport
qualitatif précis. L'aspect le plus important concerne l'apport en
protéine, elles sont indispensables à la croissance, à
l'entretien et a la réparation des tissus de l'organisme.
II.2 Bases des pratiquesadéquates de l'ANJE
II.2.1 Première mise au sein
La premièreétape de l'allaitement optimal
consisteà mettre le bébé au sein dans l'heure qui suit la
naissance (USAID/AED, 1999). Ainsi on profite de l'intense reflexe de succion
et de l'état d'alerte du bébé (Righardet al.,
1990). Plusieurs études ont démontré que le
démarrageprécoce de l'allaitement maternel réduisait le
risque de mortalité néonatale (Mullany et al., 2008). Il
permet non seulement de sauver la vie du nouveau-né, mais aussi de
favoriser les contractions utérines, ce qui réduit le risque
d'hémorragie utérine. Cette pratique limite également le
risque d'hypothermie, améliore les liens entre la mère et
l'enfant et stimule la production de lait (UNICEF, 2013). En effet, c'est lors
du premier allaitement, dans les 24 heures qui suivent la naissance, que
l'enfant reçoit le colostrum riche en vitamine A et qui contient les
anticorps de la mère, essentielle pour sa protection (Diallo et
al., 2005). De plus, si le nouveau-né n'est pas allaité dans
les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, il reçoit
généralement, en substitut, divers liquides pouvant le mettre en
contact avec des agents pathogènes. En outre, un nombre croissant de
preuves supportent l'importante recommandation mondiale selon laquelle
l'initiation de l'allaitement doit se faire dans la première heure qui
suit la naissance (OMS, 2003 ; UNICEF, 2003).
Au Tchad, seulement 29% d'enfants ont été
immédiatement mis au sein, c'est-à-dire dans l'heure qui a suivi
leur naissance (UNICEF, 2014). Dans bien des communautés, le colostrum
est jugé <sale » et les mères le jettent pour donner
à leurs bébés des aliments prélactés tels
que l'eau et les tisanes (Victoria et al., 2006). Les facteurs
culturels et sociaux influencentégalement les pratiques d'alimentation
des nouveau-nés. Souvent le premier lait, le colostrum. N'est pas
donné au bébé parce qu'on craint que ce lait jaune lui
donne la jaunisse. Les résultats de l'enquête en grappe à
indicateurs multiples (MICS) du Tchad publiés en 2010 montrent que 29%
d'enfants tchadiens ont été mis au sein dans l'heure qui suit
leur naissance. Dans 42% des cas, les enfants n'ont été
allaités que dans les 24 heures après la naissance et dans 64%
des cas, les enfants ont été alimentés avant le
début de l'allaitement (EDS-T, 2004), Le colostrum, n'est pas
donné aux bébés parce que l'on considère qu'il est
toxique (UNICEF, 2010), Ces comportements peuvent se révéler
néfastes pour les enfants et mettre en danger leur survie, car, c'est au
cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent leur
naissance, que les enfants reçoivent le colostrum qui contient les
anticorps de la mère et qui sont essentiels pour résister
à de nombreuses maladies (EDST-II, 2004). Le lieu d'accouchement
influence légèrement la proportion d'enfants immédiatement
allaités : 36% quand la mère accouche dans un centre de
santé contre 34% quand elle accouche à domicile.
II.2.2 Allaitement maternel exclusif
On parle de l'allaitement maternel exclusif lorsque le
nourrisson reçoit uniquement du lait maternel durant ses six premiers
mois de vie (y compris le lait maternel qui a été exprimé
ou celui d'une nourrice) et rien d'autre, sauf les sels de réhydratation
orale, les médicaments et les vitamines et les minéraux sur
prescription médicale (UNICEF, 2012). Pour avoir une croissance, un
développement harmonieux et une santé optimale, le nourrisson
doit être exclusivement nourri aux seins pendant les six premiers mois de
la vie (OMS, 2003.). Selon J'UNICEF (2010), les enfants n'ont pas besoin de
compléments au lait maternel jusqu'à six mois. Le fait de
remplacer le lait maternel avec un liquide n'ayant que peu, voire aucune valeur
nutritionnelle, peut avoir des conséquences négatives sur
l'état nutritionnel, la survie, la croissance et le développement
d'un nourrisson (Linkage, 2004). En effet, la consommation, même de
petites quantités, d'eau et d'autres liquides peut remplir l'estomac du
bébé et diminuer son appétit pour le lait maternel riche
en nutriments. Les études montrent que la supplémentation en eau
avant l'âge de six mois peut diminuer jusqu'à 11% l'apport de lait
maternel. De plus, L'eau et les aliments sont des véhicules introduisant
des pathogènes. Les enfants courent un risque plus élevé
d'être exposés à des organismes causant la diarrhée,
surtout dans des contextes où l'hygiène et l'assainissement
laissent à désirer. Dans des pays moins développés,
deux personnes sur cinq n'ont pas accès à une eau de boisson
salubre. Grâce au lait maternel, l'enfant reçoit une
quantité adéquate et facilement disponible d'eau salubre.
L'allaitement maternel exclusif au cours des six premiers mois
de vie de l'enfant permet de sauver des vies (UNICEF, 2013). En effet, le lait
maternel apporte toute l'énergie et tous les nutriments dont l'enfant a
besoin pendant les six premiers mois, il diminue les décès des
nourrissons imputables à des maladies infantiles courantes telles que la
diarrhée et la pneumonie permettent à l'enfant de se
rétablir plus rapidement de la maladie (Linkage, 2004) Edmond et
al. (2006) ont trouvé un risque de mortalité
néonatale quatre fois plus élevé chez des
bébés allaités partiellement et non pas exclusivement et
un risque de mortalité deux fois plus élevé chez les
nourrissons recevant d'autres aliments. Pendant et immédiatement
après l'accouchement, les personnes qui aident la mère doivent
lui apporter des conseils et un soutien pour qu'elle pratique un allaitement
immédiat et exclusif (Victoria et al., 2006).
Tableau 1: Estimation des besoins
énergétiques de l'enfant
|
Age en mois
|
Besoins d'énergie quotidiens (Kcal)
|
Estimation des Kcal fournis par
l'allaitement
|
Estimation des besoins en Kcals d'aliments
complémentaires
|
|
0 - 2
|
440
|
440
|
0
|
|
3 - 5
|
475
|
475
|
0
|
|
6 - 8
|
680
|
410
|
270
|
|
9 - 11
|
830
|
380
|
450
|
|
12 - 24
|
1090
|
340
|
750
|
Source : (UNICEF, 2010)
L'introduction trop précoce d'aliments de
complément n'est pas recommandée parce qu'elle expose les enfants
aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des
maladies infectieuses (EDST II, 2004). De plus, elle diminue la prise de lait
par l'enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de
lait.
En Afrique, nombreuses sont les raisons des faibles taux
d'allaitement maternel exclusif d'un pays à l'autre (Victoria et
al., 2006). C'est souvent le manque de connaissance des avantages des
pratiques optimales de l'allaitement maternel exclusif, la formation
insuffisante des agents de santé sur les bienfaits de l'allaitement
maternel exclusif, le manque d'information sur les principes d'application, les
coutumes locales, les pressions commerciales et familiales sont parmi les
raisons courantes qui empêchent les mères à pratiquer
l'allaitement maternel exclusif. Les régions africaines
présentant les taux les plus élevés d'allaitement maternel
exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois sont l'Afrique de l'Est et
australe (52%), avec des taux similaires dans l'ensemble des pays les moins
avancés (UNICEF, 2013). L'Afrique de l'Ouest et centrale ont un faible
taux (25%), par rapport aux 52% de l'Afrique de l'Est et australe. Au Tchad,
Les données indiquent que, l'allaitement maternel exclusif demeure une
pratique quasi inexistante (EDST II, 2004). 3,4% seulement des enfants nourris
au sein exclusivement (MICS, 2010).
II.2.3 Poursuite de l'allaitement maternel
jusqu'à l'âge de 2 ans
Le lait maternel garde toutes ses propriétés et
convient jusqu'à 2 ans ou plus (Benoit et al., 2009). Il reste
une source importante de nutriments, et il est recommandé de poursuivre
l'allaitement jusqu'à ce que les enfants atteignent l'âge de 2 ans
(UNICEF, 2013). L'allaitement au sein continue d'assurer une contribution
nutritionnelle importante bien au- delà de la première
année de vie. Les enfants allaités au sein à l'âge
de 12 à 23 mois dont l'apport est semblable à la quantité
"moyenne" de lait maternel consommé à cet âge (environ 550
g/j dans les pays en développement) reçoivent 35 à 40% des
besoins énergétiques à partir du lait maternel (OMS, 1998
; UNICEF, 1998). Parce qu'il a une teneur en matière grasse relativement
élevée comparée à la plupart des aliments
complémentaires, le lait maternel est la principale source
d'énergie et d'acides gras essentiels. Sa teneur en matière
grasse peut être cruciale pour l'utilisation des caroténoïdes
de la provitamine A dans les régimes à prédominance
végétale. Le lait maternel fournit les quantités
substantielles de certains micronutriments. Les pratiques sous optimales
d'allaitement et d'alimentation de complément exposent les enfants des
pays en développement à un haut risque de malnutrition et
à ses conséquences avec des répercussions
considérables et difficiles à inverser par la suite (UNICEF,
2012). Les enfants profitant des pratiques optimales d'allaitement
jusqu'à 2 ans et d'alimentation de complément peuvent atteindre
leur plein potentiel de croissance et de prévenir le retard de
croissance irréversible, ainsi que la malnutrition aiguë (Dewey
et al., 2008). La survenue d'une nouvelle grossesse en cours
d'allaitement, conduit le plus souvent au sevrage, soit par choix de la
mère, soit à cause de douleur, d'absence de lait ou de
modification de son goût. Le co-allaitement est une pratique encore plus
rare et cachée que l'allaitement prolongé même si beaucoup
d'aînés redemandent le sein à l'arrivée d'un autre
bébé, Au Tchad, 59% de femmes continuent à allaiter
jusqu'à l'âge de 2 ans (UNICEF, 2013).
III. Introduction des aliments semi-solides, solides chez les
enfants
Les directives concernant l'introduction de divers aliments
sont données ci-après (Brown et al., 1998) :
v Donner des aliments écrasés et semi-solides
dès l'âge de 6 mois ;
v Donner des combinaisons d'aliments non solides riches en
énergie de 6 à 11 mois.
v Introduire des goûters que l'enfant peut manger tout
seul, par exemple des légumes coupés et des lamelles de pain,
dès l'âge de 8 mois.
v Faire la transition au régime familial à
l'âge de 12 mois.
Selon Unicef (ANJE, 2012), trois indicateurs pour
l'alimentation de complément qui reflètent la quantité et
la qualité de nourriture données aux enfants âgés de
6 à 23 mois incluent :
v Introduction des aliments de complément :
Introduction d'aliments solides, semi- solides ou mous à partir de 6
mois.
v Diversification alimentaire minimum : au moins 3 à 4
groupes d'aliments.
v Fréquence minimale des repas : au minimum 2 repas par
jour pour les enfants 6 à 8 mois, 3 pour les enfants de 9 à 23
mois et 4 pour ceux de 6 á 23 mois.
III.1.1 Consommation
des aliments riches en fer ou enrichis en fer
Le fer est un nutriment essentiel pour le fonctionnement de
presque toutes les cellules du corps humain, avec des besoins
particulièrement élevés pendant la croissance (NAS, 2002).
II aide à produire l'hémoglobine, constituant des globules rouges
du sang qui véhicule l'oxygène (UNICEF, 2009 ; USAID, 2009 ;
GAIN, 2009). Comme ces cellules transportent l'oxygène jusqu'aux muscles
et au cerveau, le fer est nécessaire pour le développement moteur
et cognitif de l'enfant, ainsi que pour l'activité physique chez tous
les êtres humains. Lorsque les niveaux de fer sont trop faibles, le corps
fabrique trop peu de globules rouges et l'individu est atteint d'anémie
(taux d'hémoglobine < 11 g/dl. Chez les enfants de moins de 5 ans).
La carence en fer touche principalement les enfants, les adolescents et les
femmes lors des pertes menstruelles et de la grossesse (UNICEF, 2013). C'est
avant 24 mois que les enfants sont les plus vulnérables à la
carence en fer par rapport aux autres groupes d'âge, en raison de leur
croissance rapide, jumelée à un apport souvent insuffisant de fer
d'origine alimentaire (OMS, 2001 ; UNICEF, 2001),
III.1.2
Fréquence minimale des repas pour les enfants de 6-23 mois
Les directives sur la fréquence de l'alimentation
devraient tenir compte de la densité d'énergie et de la
quantité des divers aliments servis à l'enfant (USAID, 1999 ;
AED, 1999). Le nombre approprié de repas dépend de la
densité énergétique des aliments locaux et des
quantités habituelles consommées pendant le repas (OPS, 2003). La
teneur en nutriment et la fréquence des repas devraient être
adaptées aux besoins du nourrisson.
La fréquence des repas et la quantité de
nourriture augmentent avec l'âge, afin de tenir compte des besoins
énergétiques plus élevés pour le
développement et la croissance (OMS, 1998).
Le nombre minimum de repas est défini comme suit (OMS,
2009) :
v 2 repas pour les enfants allaités au sein,
âgés de 6 à 8 mois
v 3 repas pour les enfants allaités au sein,
âgés de 9 à 23 mois
v 4 repas pour les enfants non allaités au sein,
âgés de 6 à 23 mois
Une faible fréquence journalière de consommation
ne permet pas de compléter suffisamment les apports de lait maternel
(Tchibindat et al., 1994). Tout cela pourrait entraîner les
prévalences élevées de malnutrition
proteino-énergétique.
Au Tchad, 30% d'enfants âgés de 6 à 23
mois allaités au sein ont une fréquence alimentaire minimale
acceptable contre 34% pour ceux qui ne sont pas allaités au sein (MICS,
2010).
III.1.3 Diversité alimentaire minimale
v La diversité alimentaire est définie comme la
consommation quotidienne d'aliments de chacune des grandes catégories
d'aliments : produits céréaliers-légumineuses, fruits,
légumes, produits laitiers, viandes-poissons-oeuf, matières
grasses, sucre et produits sucrés (Avignon et al., 2001). Une
alimentation monotone, c'est-à-dire non diversifiée, peut
conduire à une carence nutritionnelle. Pour éviter la carence
nutritionnelle chez l'enfant, il faut donc lui offrir des portions d'aliments
de tous les groupes (céréales, racines et tubercules,
légumineuses, aliments d'origine animale, fruits et légumes) en
augmentant la variété et la quantité au fur et à
mesure qu'il grandit (UNICEF, 2012). Une alimentation optimale des enfants de 6
à 24 mois et au-delà demande un apport suffisant en
protéines et en micronutriments ainsi qu'un apport
énergétique suffisant pour assurer la croissance et le bon
fonctionnement métabolique du corps (Golden, 1995). Pour cela, les
pratiques suivantes sont recommandées :
v Donner chaque jour des fruits et légumes, surtout
ceux riches en vitamine A (mangues, papayes, carottes, patates douces,
tomates...) et autres vitamines,
v Donner de la viande ou du poisson ou des oeufs tous les
jours ou aussi souvent que possible (même de petites quantités
aident à grandir.)
v Utiliser des aliments enrichis, tels que le sel iodé,
l'huile avec de la vitamine A et la farine ou d'autres aliments de base
fortifiés en fer, s'ils sont disponibles.
III.2 Facteurs influençant les
pratiques alimentaires
III.2.1 Facteurs individuels
· Les préférences alimentaires sont souvent
conditionnées par l'exposition précoce aux aliments,
influençant les goûts et aversions (Birch, 1999).
· Les états physiologiques, comme la grossesse ou
l'enfance, influencent les besoins alimentaires (OMS, 2003).
III.2.2 Facteurs socio-culturels
· Les coutumes alimentaires varient selon les contextes
culturels et religieux. Par exemple, le jeûne religieux (comme le
Ramadan) influence les rythmes alimentaires (Kandiah et al., 1998).
· Les rituels alimentaires structurent les repas dans
différentes sociétés (Douglas, 1972).
III.2.3 Facteurs économiques et environnementaux
· L'accès aux aliments sains est souvent
limité par les inégalités économiques et
géographiques (Darmon & Drewnowski, 2008).
· Les crises alimentaires affectent les pratiques des
populations vulnérables, comme les réfugiés (UNHCR,
2021).
III.3 Caractéristiques des
pratiques alimentaires
· La composition des repas varie selon les
régions. Par exemple, les céréales dominent en Afrique
subsaharienne, tandis que les produits laitiers jouent un rôle clé
en Europe (FAO, 2014).
· Les modes de préparation influencent la
biodisponibilité des nutriments, comme la fermentation ou la cuisson
(Latham, 1997).
III.4 Impact des pratiques alimentaires
sur la santé
· Les régimes déséquilibrés
sont liés à des maladies non transmissibles, comme
l'obésité ou le diabète (Popkin et al., 2012).
· À l'inverse, certaines pratiques
traditionnelles, comme les régimes méditerranéens, ont des
bienfaits prouvés pour la santé cardiovasculaire (Trichopoulou
et al., 2003).
III.5 Dynamique des changements
alimentaires
· La mondialisation entraîne une transition
nutritionnelle, marquée par un passage des régimes traditionnels
riches en fibres aux régimes occidentalisés riches en sucres et
graisses (Hawkes, 2006).
· Les médias et la publicité
façonnent également les choix alimentaires, surtout chez les
jeunes (Livingstone & Helsper, 2006).
III.6 Études spécifiques
sur des groupes ou contextes particuliers
· Les pratiques alimentaires des réfugiés
soudanais au Tchad révèlent une dépendance aux rations
alimentaires fournies par des organisations humanitaires, avec des implications
sur la diversité alimentaire (UNHCR & WFP, 2021).
III.7 Méthodologies
utilisées dans les recherches
· Les enquêtes alimentaires telles que les rappels
des 24 heures ou les journaux alimentaires sont couramment utilisées
pour évaluer les pratiques alimentaires (Willett, 2013).
· Les études qualitatives, comme les entretiens ou
les focus groups, permettent d'explorer les aspects culturels (Patton,
2015).
III.8 Besoins nutritionnels selon les
tranches d'âge
ü Enfants de 6 à 12 mois
Le lait maternel/artificiel ne couvrant plus les besoins de
l'enfant à partir de 6 mois, il convient de commencer à donner
d'autres aliments pour aider l'enfant à bien grandir :
· Les aliments d'origine animale sont
particulièrement bons pour les enfants à cette tranche
d'âge car les aident à devenir forts et actifs, mais doivent
être donnés en petite quantité ;
· Les légumes, les feuilles vert-foncés et
les fruits de couleur jaune-orangée sont riches en vitamine A car aident
lesenfants à avoir des yeux en bonne santé et à avoir
moins d'infections ;
· Les aliments d'origine végétale comme les
haricots, pois, soja, arachides et graines sont aussi bons pour les enfants
;
· La préparation, la conservation saine des
aliments, la propreté de la mère, de l'enfant et des ustensiles
est capitale ;
· Pendant cette tranche, l'enfant a besoin de trois repas
et au moins deux collations par jour ;
· Les aliments épais restent dans la
cuillère et donnent plus d'énergie (force) à l'enfant ;

Figure 1: Alimentation de l'enfant
de 6 à 9 mois
Source : UNICEF, 2011

Figure 2 : Alimentation de l'enfant
de 9 à 12 mois
Source : UNICEF, 2011
ü Enfants de 12 à 24 mois
· L'allaitement doit se poursuivre jusqu'à 24 mois
ou plus car le lait maternel est toujours une source importante de macro et
de micronutriments;

· Pour une bonne consistance et des fréquences
adéquates des repas il faut l'élaborationdes recettes en fonction
des prises alimentaire journalière.
Figure 3 : Alimentation de l'enfant
de 12 à 24 mois.
Source : UNICEF, 2011
Chez les enfants, le besoin
énergétique doit compenser les dépenses d'énergie
nécessaire pour assurer l'entretien de l'organisme, son activité
physique et sa croissance. La vitesse de croissance est très
élevée chez les nourrissons (un nourrisson double son poids
de naissance à environ 5 mois et le triple à 12 mois). Leurs
besoins énergétiques par kilogramme de poids corporel sont
donc deux fois plus élevés que ceux de l'adulte (Trèche
& Benoist, 1995).
III.8.1 Besoins
énergétiques des enfants de 6 à 23 mois
allaités
Les besoins énergétiques augmentent en fonction
des tranches d'âges. Ils doivent provenir des aliments de
complément qui sont estimés en soustrayant l'apport
énergétique moyen du lait maternel au total des besoins
énergétiques à chaque âge(Trèche &
Benoist, 1995).
Tableau 2: Besoins énergétiques
des enfants de 6-23 mois allaités
|
Besoins
|
Enfants âgés de 6 à 8
mois
|
Enfants âgés de 9 à 11
mois
|
Enfants âgés de 12 à 23
mois
|
|
Besoins énergétiques
|
Environ 615 Kcal/j
|
Environ 686 Kcal/j
|
Environ 894 Kcal/j
|
|
Apport moyen du lait maternel
|
Environ 413 Kcal/j
|
Environ 379 Kcal/j
|
Environ 346 Kcal/j
|
|
Apport moyen des aliments de
complément
|
Environ 200 Kcal/j
|
Environ 300 Kcal/j
|
Environ 550 Kcal/j
|
Source : (Trèche &
Benoist, 1995)
III.8.2 Besoins énergétiques chez les enfants
non allaités
Tableau 3 :Besoins énergétiques
des enfants de 6-23 mois non allaités
|
Besoins
|
Enfants âgés de 6 à 8
mois
|
Enfants âgés de 9 à 11
mois
|
Enfants âgés de 12 à 23
mois
|
|
Besoins énergétiques
|
Environ 600 kcal/j
|
Environ 700 Kcal/j
|
900Kcal/j
|
Source : Internationales en matière de
VIH/SIDA, Nutrition et Sécurité alimentaire. Synthèse des
recommandations, 2008.
III.8.3 Répartition des macronutriments dans l'apport
énergétique en fonction de l'âge
Une ration équilibrée quotidienne doit apporter
de l'énergie exprimée en pourcentage et non en quantité
:
Tableau 4 : Répartition des
macronutriments dans l'apport énergétique en fonction de
l'âge
|
Nutriments
|
< 3 ans
|
> 3 ans
|
|
Protéines
|
10%
|
10%
|
|
Lipides
|
45 à 50 %
|
30%
|
|
Glucides
|
40 à 45 %
|
50 à 60 %
|
Source : Guide à usage des
professionnels, enfant et nutrition, 2009.
Les apports glucidiques ont un rôle essentiel d'apport
calorique. Leur source est avant tout le lactose (glucose + galactose) dans les
premiers mois d'alimentation lactée (maternelle ou artificielle).
L'apport protéique correspond à la quantité d'azote et
d'acides aminés nécessaire au renouvellement cellulaire, la
compensation des pertes obligatoires (sueurs, selles, urines, phanères),
et d'assurer une croissance staturo-pondérale normale. Les estimations
peuvent être faites soit sur les observations des quantités de
protéines ingérées lors de l'allaitement maternel ou alors
par méthode factorielle. Les protéines alimentaires constituant
la base de l'alimentation de l'enfant permettent, en effet, au niveau d'apports
conseillés, de couvrir tous les besoins en acides aminés
essentiel qui sont au nombre de 9. Les besoins lipidiques permettent de couvrir
une grande partie de l'apport énergétique en raison de leur
densité calorique importante. Ils ont pour rôle d'apporter les
acides gras essentiels polyinsaturés (acide linoléique, acide
á- linoléique) nécessaires à la constitution des
membranes cellulaires, à la croissance et à la maturation des
systèmes nerveux et sensoriels du nourrisson, ainsi que de permettre
l'absorption des vitamines liposolubles. (Gonttrand et al.,2006)
III.8.4 Besoin en eau
L'eau représente 75 % du poids du corps les
premières semaines de vie et 60 % à l'âge de 1 an. Le
nourrisson est très dépendant des apports hydriques du fait de sa
plus grande surface cutanée relative, et de l'immaturité des
fonctions de concentration urinaire. Les besoins hydriques sont donc
proportionnellement plus importants qu'à l'âge adulte. Ils sont
couverts initialement par l'alimentation lactée exclusive, puis par
l'eau des aliments et des boissons après la diversification alimentaire
(Keeley et al., 2019).
III.9 Épidémiologie de la
malnutrition
Les pratiques inappropriées des mères sur
l'alimentation de l'enfant et la méconnaissance de certaines
circonstances difficiles d'alimentation de l'enfant ont pour conséquence
la malnutrition soit par défaut généralement ou par
excès (UNICEF, 2017). Au Tchad, sur le plan national, les
résultats de l'enquête révèlent une
prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 10,8%
[9,7-11,9] chez les enfants de 6 à 59 mois avec 2,1% [1,6-2,6] d'entre
eux qui souffrent de la forme sévère (MAS). La prévalence
de la MAG au niveau national est au-dessus du seuil élevée
(>10%) selon la classification de l'OMS (2019). Aussi, la MAS est
supérieure à 2%, seuil d'urgence humanitaire. Au niveau
provincial, sept (07) provinces (Hadjer Lamis (15,0%), Ouaddai (17,5%), Ennedi
Ouest (17,6%), Borkou (17,6%), Wadi Fira (17,9%), Ennedi Est (18,5%), Batha
(18,8%) ont des prévalences de la malnutrition aiguë globale
très élevées (>=15%). Huit (08) autres provinces (Lac,
Barh El-Ghazel, N'Djamena, Kanem, Chari Baguirmi, Sila, Guéra et
Salamat) présentent des prévalences élevées
comprises entre 10% et 14,9%. (SMART, 2024)
III.9.1 Définition
L'OMS définit la malnutrition comme un état
pathologique résultant de l'excès ou de défaut relatif ou
absolu d'un ou plusieurs nutriments essentiels pour l'organisme, que cet
état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des
mesures anthropométriques ou des analyses biochimiques ou physiologiques
(OMS, 2015).
III.9.2 Différents types de malnutrition
III.9.2.1
Dénutrition
C'est une forme de la malnutrition par défaut qui
comprend : l'émaciation, le retard de croissance, l'insuffisance
pondérale et les carences en vitamines et en minéraux. Les
enfants souffrant de dénutrition sont beaucoup plus susceptibles de
tomber malades et de mourir (OMS, 2015).
III.9.2.2
Emaciation ou malnutrition aigüe (faible rapport poids /taille)
On parle de malnutrition aiguë sévère parce
qu'elle apparait de façon brutale et entraine des complications graves
voire mortelles en absence d'une prise en charge appropriée.
La malnutrition aiguë est la conséquence d'une
alimentation pauvre en protéines, glucide souvent associée
à de faim masquée (carence en micronutriment). Elle est
définie selon l'OMS par un Z-score <-3 de la norme de croissance de
l'OMS, un PB < 115 mm et ou la présence d'oedèmes
bilatéraux au niveau de pieds. La tranche d'âge la plus
touchée est celle des enfants âgés de moins de 5 ans
(Tal-Dia, 2001). Le marasme (les bras et les jambes sont maigres et tous les os
se dessinent sous la peau) et la kwashiorkor (gonflement du corps, chevelure
anormale) sont les deux formes des manifestations cliniques de la malnutrition
sévère.
III.9.2.3 Retard de
croissance ou malnutrition chronique : (un faible rapport taille
/âge)
Il résulte d'une sous nutrition chronique ou
récurrente à laquelle sont habituellement associés
plusieurs facteurs : des conditions socioéconomiques
défavorisées, un mauvais état de santé et une
mauvaise nutrition de la mère, des maladies fréquentes, et/ou une
alimentation et des soins non adaptés du nourrisson et du jeune enfant.
Le retard de croissance empêche les enfants de réaliser leur
potentiel physique et cognitif (OMS, 2015
III.9.2.4
Insuffisance pondérale :(un faible rapport poids/âge)
Un enfant en insuffisance pondérale peut
présenter un retard de croissance et/ou souffrir d'émaciation.
Tableau 5 : Indicateurs et définition
des différentes formes de sous-nutrition
|
Définition
|
Indice où Malnutrition
mesures modérée
|
Malnutrition
Sévère
|
|
Retard de croissance ou
malnutritionchronique
|
Taille inadéquate par rapport à
L'âge(T/A)
|
= -3 à <-2 z-score
|
<-3 z-score
|
|
Insuffisance pondérale
|
Poids inadéquats par rapport à l'âge
(P/A)
|
= -3 à <-2 z-score
|
<-3 z-score
|
|
Émaciation où
malnutrition aigue
|
Poids inadéquat par rapport à la taille (P/T)
Tissu musculaire et stock PB (mm) < 5 ans
|
= -3 à <-2 z-score
115= PB < 125
|
<-3 z-score
PB < 115
|
T/A : Taille/Age ; P/A : Poids /Age ; PB :
périmètre brachial ; mm : Millimètre ; Z-score valeur de
référence fixée par OMS. (OMS, 2006)
III.9.2.5 Carence
en micronutriments
On peut regrouper les l'insuffisance des apports en vitamines
et en minéraux, à savoir en micronutriments. Les micronutriments
permettent au corps de produire des enzymes, des hormones et d'autres
substances essentielles à une bonne croissance et un bon
développement (ACF, 2017).
L'iode, la vitamine A et le Fer sont les plus importants pour
la santé publique à l'échelle mondiale. Les carences dans
ce domaine représentent une menace majeure pour la santé et le
développement des populations du monde entier, en particulier pour les
enfants dans les pays à revenu faible (ANAES, 2017).
III.9.2.6
Malnutrition par excès : surpoids et obésité
Une personne est en surpoids et/ou obèse lorsque son
poids est très élevé par rapport à sa taille (OMS,
2019). L'indice de masse corporelle (IMC) met en rapport le poids d'une
personne et sa taille, et il est habituellement utilisé pour
déterminer le surpoids et l'obésité
(OMS, 2019). Il est défini comme le poids en kilogramme
divisé par la taille en mètres au carré (km/m2) chez les
adultes (OMS, 2019). Dans notre contexte, on considère qu'un enfant est
en surpoids ou obèse lorsque le rapport poids/taille est
supérieur à deux écart-types par rapport au poids
médian pour la taille de la population de référence.
III.9.3 Causes de malnutrition :
L'UNICEF en 2013 décrit trois grandes causes de la
malnutrition :
v Immédiates : ce sont les
problèmes d'apport alimentaires inadéquats, les problèmes
de santé.
v Sous-jacentes : telles que
l'insécurité alimentaire, les pratiques de soins et
d'alimentation inadaptées, l'insalubrité, les services de
santé insuffisants ou indisponibles, qui lorsqu'elles ne sont pas prises
en compte, induiront les effets immédiats de la malnutrition.
v Profondes ou fondamentales : Les guerres,
les famines, les catastrophes naturelles.

Figure 4 :
Cadre conceptuel des causes de la sous nutrition
Source : UNICEF, 2013
III.9.4 Conséquences de la malnutrition
La malnutrition sous toutes ses formes augmente le taux de
morbidité et de mortalité infantile, ce phénomène
est beaucoup plus répandu dans les pays en voie de développement.
Elle affecte la capacité physique et intellectuelle de
l'enfant et constitue un frein au capital humain et socio-économique du
pays. Elle constitue une entrave au processus d'apprentissage,
résultant en une accumulation de difficultés scolaires et un taux
élevé d'abandon (UNICEF, 1998).
La malnutrition est un facteur déterminant pour les
quelques 13 millions d'enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque
année de maladies et d'infections que l'on pourrait éviter, comme
la rougeole, la diarrhée, le paludisme, la pneumonie, et la
fièvre ou de plusieurs de ces maladies combinées (UNICEF,1998).
ï Au niveau des carences : (Unicef, 1998).
ï Une carence en fer peut entrainer des retards de
croissance, un amoindrissement de la résistance aux maladies, des
déficiences à long terme du développement intellectuel et
moteur et une altération de fonction reproductives.
ï Une carence en iode peut provoquer des atteintes
cérébrales irréversibles, un retard mental, l'arrêt
des fonctions reproductives, une diminution des chances de survie chez l'enfant
et l'apparition des goitres.
ï Une carence en vitamine A peut entrainer la
cécité ou la mort. Des troubles de la croissance et un
affaiblissement de la résistance aux infections peuvent aussi lui
être
III.10
Synthèse des travaux antérieurs
De nombreuses étudesont exploré les pratiques
alimentaires des enfants en Afrique subsaharienne. Au Congo Brazzaville,
Tchikambala et al., (2024) ont montré que la fréquence
minimale de repas, la diversité alimentaire minimale et l'alimentation
minimale acceptable étaient largement insuffisantes, surtout en milieu
rural, ou seulement 2,7% des enfants bénéficient d'une
alimentation minimale acceptable. Sangho et al., (2015) au Mali ont
souligné l'impact d'un sevrage précoce et des pratiques
alimentaires inadaptées sur la récupération nutritionnelle
des enfants malnutris, malgré un bon taux de suivi. En RDC, Mavuta
et al., (2017) ont mis en évidence une diversification
alimentaire limitée a deux ou trois groupes d'aliments, majoritairement
constitués de produits laitiers et de légumes,
révélant des connaissances et des pratiques peu conformes aux
recommandations de l'OMS. Asramadje Naringar (2023), au Tchad, a
également montré que l'introduction trop précoce des
aliments de complément, combinée à des mauvaises pratiques
d'hygiène était significativement associée à la
dégradation de l'état nutritionnel des enfants
réfugiés.
Ces études ont principalement porté sur les
connaissances, attitudes et pratiques alimentaires ou sur l'état
nutritionnel, sans toujours établir de lien clair entre ces dimensions.
De plus, très peu de recherches se sont penchées sur ces enjeux
dans un contexte aussi particulier que les camps de réfugiés.
C'est dans cette perspective que s'inscrit la présente
étude, en apportant un éclairage nouveau sur la situation
nutritionnelle des enfants réfugiés soudanais de 6 à 59
mois dans les camps d'Adré, à l'Est du Tchad. En
s'intéressant a une population particulièrement
vulnérable, ce travail vise à analyser les pratiques alimentaires
et leurs déterminants afin d'identifier les leviers d'action pertinents
et ciblés. L'étude se distingue ainsi par sa
spécificité géographique, démographique et
contextuelle, comblant une lacune importante dans la littérature en
répondant a un besoin pressant de données pour guider les
interventions en nutrition infantile dans les contextes humanitaires
Chapitre II:
Matériel et méthodes
IV.1 Matériel
IV.1.1
Schéma d'étude
La présente étude a été
effectuée suivant le schéma de travail décrit par la
figureci-dessous :
Rédaction du protocole de recherche
Conception des questionnaires/outils
Recrutement des patients
Administration du questionnaire
Collecte des données
Saisie des données
Analyse des données
Exportation des résultats
Figure 5 :
Schéma du travail
IV.1.2 Cadre
d'étude
IV.1.2.1 Situation géographique
du Tchad
Le Tchad est un pays de l'Afrique subsaharienne, situé
au coeur de l'Afrique entre les 7èmeet
24ème degré de latitude Nord et les
13ème et 24ème degré de longitude
Est. Par sa superficie de 1284000 km2, il occupe le cinquième
rang des pays les plus vastes d'Afrique après le Soudan,
l'Algérie, le Zaïre et la Libye. Ses pays limitrophes sont le
Cameroun, le Nigeria, le Niger, la Libye, le Soudan et la République
Centrafricaine. Le pays est totalement enclavé ; le port le plus proche
est situé à 1700 km de la capitale N'Djamena, c'est le port de
Harcourt (Nigeria). Cet enclavement extérieur est accentué par
une insuffisance de réseaux routiers qui rend la circulation
intérieure difficile pendant la grande partie de l'année
(Ouagadjio et al., 2004).
Le pays est reparti en trois grandes zones climatiques du Nord au
Sud :
v La zone saharienne qui occupe environ 50%
de la superficie du pays et comprend les régions du
Borkou-Ennedi-Tibesti (BET), le nord de la région du Kanem et une partie
de la région du Batha. Cette région est remarquée par la
faible pluviométrie, environ 200 mm par an. Cette région est
essentiellement favorable à l'élevage et à l'agriculture
oasienne ;
v La zone sahélienne qui
représente 40% de la superficie du pays et prend une partie de la
région du Batha, une partie de la région du Kanem, les
régions du Chari-Baguirmi, y compris la capitale N'Djamena, le
Hadjer-Lamis, le Guera, le Wadi-Fira (Biltine), le Lac, le Ouaddaï et le
Salamat. Cette zone reçoit entre 200 à 900 mm des
précipitations par an. Dans cette zone, on pratique l'élevage, la
pêche et aussi un peu d'agriculture ;
v La zone soudanienne : elle
représente 10% de la superficie du pays et comprend la région du
Logone occidental, le Logone oriental, le Mandoul, le Mayo Kebi-Est, le
Mayo-Kebi Ouest, le Moyen-Chari et de la région de la Tandjilé.
L'élevage, la pêche et l'agriculture est pratiquée
normalement dans cette zone grâce à la quantité importante
de la pluviométrie qui est supérieure à 900 mm par an
(Ouagadjio et al., 2004).
IV.1.2.2 Données
démographiques

Figure 6 : Carte du Tchad
Source : Ezilon.com, 2009
Selon les résultats du Recensement
Général de la Population et de l'Habitat de 2009 (RGPH2, 2009),
la population du Tchad était de 11. 038 873 habitants par rapport
à 6. 279. 931 habitants en 1993. Selon l'Institut National de la
Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED, 2014),
cette population atteindrait 16. 244 513 habitants en 2020 avec une croissance
démographique de 3.53% par an et une densité de 12.65 hbt/km2.
IV.1.2.3 Situation de province du
Ouaddai
La province du Ouaddaï, située dans l'Est du Tchad
est l'une des 23 province du Tchad, dont le chef-lieu est Abéché.
Composée de trois Départements qui sont Ouara, Assoungha,
Abgoudam et Djourouf Al Ahmar Elle s'étend sur une superficie de 29 940
Km2 et est limitée au Nord par la région du Wadi Fira, à
l'Est par le Soudan, au Sud par le Dar Sila et à l'Ouest par le Batha
(SGG Tchad, 2024). Le Ouaddaï compte 721.166 habitants (INSEED, 2012). Sur
le plan sanitaire elle compte 4 district de santé à savoir :
v District de santé d'ABECHE
v District de santé d'ADRE
v District de santé d'ABGOUDAM
v District de santé d'AMDAM (CARTE SANITAIRE DU TCHAD
2019-2023).

v Et autres
Figure 7 : Carte de référence
de la province du Ouaddaï
Source : MSF, 2023
IV.1.3 Site de
l'étude

L'étude a été menée à
Adré, une ville située dans la région du Ouaddaï,
à l'est du Tchad. Chef-lieu du département d'Assoungha,
Adré est un carrefour stratégique et culturel. Proche de la
frontière soudanaise, elle joue un rôle clé en raison de sa
situation géographique, attirant un flux constant de populations
transfrontalières. En 2023, elle a accueilli près de 400 000
réfugiés fuyant les conflits au Soudan, ce qui a
profondément marqué son tissu social et économique. Cela a
fait d'Adré un point névralgique pour les interventions
humanitaires, particulièrement dans les secteurs de la santé, de
l'éducation, et de l'accès à l'eau potable (Alwihda Info,
2023). Adré est la deuxième ville la plus peuplée de la
région du Ouaddaï après Abéché, la capitale
régionale, et elle bénéficie d'infrastructures
relativement développées. Cependant, l'afflux massif de
réfugiés exerce une pression considérable sur ces
infrastructures, notamment en ce qui concerne les routes, souvent
dégradées, qui compliquent l'acheminement de l'aide humanitaire
(Tchadanthropus-Tribune, 2023). En plus de son importance humanitaire,
Adré est une ville d'une grande diversité culturelle,
influencée par ses échanges historiques avec le Soudan voisin. Ce
mélange culturel enrichit la dynamique sociale, mais peut
également poser des défis en matière de gestion des
services publics et d'intégration des populations
déplacées (OCHA, 2024).
Figure 8: Carte de
référence de la ville d'Adré
MSF, 2023
IV.1.4
Période d'étude
Notre étude s'est déroulée sur la
période de 03 mois allant de mars à juin 2025.
IV.1.5 Type
d'étude
Pour la réalisation de ce mémoire, nous avons
mené une étude descriptive transversale au près du couple
mère-enfant âgés de 6 à 59 mois soudanais
réfugiés soudanais.
IV.1.6 Population d'étude
Ø La population
cible :Enfantssoudanais de 6 à 59 mois vivant dans les
camps de réfugiés à Adré, Est du Tchad.
Ø Population source : mèresou
personnes en charge des enfants soudanais de 6 à 59 mois,
refugiés vivant dans les camps.
IV.1.7 Choix des
variables de l'étude
Les variables de l'étude
sont regroupées par sections selon les informations
recherchées : (I) les caractéristiques
sociodémographiques, (II) Etat nutritionnel de l'enfant, (III) Pratiques
d'allaitement du nourrisson, (IV) pratiques alimentaires de l'enfant, (V)
Facteurs socio-économiques et d'accès à l'alimentation,
(VI) Facteurs culturels et croyances alimentaires, (VII) Condition
d'hygiène et environnement.
IV.2 Méthodes
IV.2.1 Echantillonnage
Avec notre population
d'étude, nous avonseffectué un
échantillonnagealéatoire simplelors de la collecte de
données.
IV.2.2 Calcul de la
taille de l'échantillon
Pour notre étude, le modèle d'enquête sera
fondé sur un échantillon aléatoire simple pour calculer la
taille de l'échantillon. Notre étude s'est
déroulée à Adré (dans la région du
Ouaddaï au Tchad), nous avonsutilisé la prévalence de la
malnutrition aiguë globale (MAG) spécifique à cette
région.Selon l'enquête nationale de nutrition et de
mortalité rétrospective SMART2024, la prévalence de MAG
régionale dans le Ouaddaï est de 17,5%(SMART, 2024). Ainsi, avec un
degré de précision de 5% et un intervalle de confiance de1,96, la
taille d'échantillon a été déterminée
suivant la formule statistique suivante (Lorentz, 1921) :

n = taille de l'échantillon requise
Ø P = prévalence estimative de la MAG de la zone
d'étude (Région de Ouaddaï =17,5%soit 0,17)
Ø Q = 1 - P
Ø Zá : Intervalle de confiance a 95% (Valeur
type de 1,96) ;
Ø d= marge d'erreur à 5% (valeur type= 0,05)
APPLICATION

La taille d'échantillon s'établit
à 216 couples mères-enfants a enquêter.
IV.2.3 Critères de sélection
IV.2.3.1 Critères d'inclusion
Les participants doivent remplir toutes les conditions suivantes
:
· Être mère ou gardienne d'un enfant
âgé de 6 à 59 mois.
· Être réfugiée soudanaise
résidant dans un camp de réfugiés à Adré
(Est du Tchad).
· Résider dans le camp depuis au moins 6 mois.
· Avoir donné un consentement libre et
éclairé pour participer à l'étude.
IV.2.3.2 Critères d'exclusion
Parmi les personnes répondant aux critères
d'inclusion, seront exclues de l'étude :
· Les mères/gardiennes ayant refusé de
répondre aux questions ou retiré leur consentement.
· Celles présentant des troubles cognitifs ou mentaux
rendant les données peu fiables.
· Les enfants de 6 à 59 mois atteints de maladies
graves non liées à la nutrition, susceptibles de fausser
l'évaluation nutritionnelle
IV.2.3.3 Critères de non inclusion
Les personnes hors du champ d'étude et donc non prises en
compte, sont :
· Les enfants âgés de moins de 6 mois ou plus
de 59 mois.
· Les réfugiés non soudanais ou les
populations non déplacées.
· Les réfugiés soudanais vivant en dehors des
camps.
· Les enfants soudanais vivant hors des camps même
s'ils ont entre 6 et 59 mois.
IV.2.4 Techniques
et outils de collecte de données
IV.2.4.1 Techniques de collecte de données
Les données étaient collectées à
travers une technique d'entretien guidépour les questions sur les
pratiquesalimentaires et l'état nutritionnel des enfants soudanais de 6
à 59 mois. Cet entretien étaitfait sous forme de conversation en
mode face à face et à l'aided'un questionnaire d'enquête
standardisé afin de collecter des données précises et
recueillir les avisindividuels auprès des mères et des
responsables d'enfants.
Pour le recueil desdonnées servant à
évaluer l'état nutritionnel des enfants, la prise des
paramètres anthropométriques était la technique
utilisée.
IV.2.4.2 Outils et instruments de collecte de données
Pour la collecte des données dans cette étude, nous
avons utilisé :
v Comme, outil un questionnaire individuel adressé aux
mères et responsables des enfants de 6 à 59 mois ;
v Comme instruments de collecte des données
anthropométriques permettant l'évaluation del'état
nutritionnel nous avons utilisés :
§ Une balance Salter à suspendre pour la prise du
poids ;
§ Une toise (Shorr) pour la mesure de la taille ;
§ Un mètre ruban (ou MUAC en anglais) pour la mesure
de l'épaisseur du tissu musculaire etgraisseux sous-cutané au
niveau du biceps.
Chaque mesure a été répété
pour garantir la fiabilité des données. À la fin de chaque
journée, toutes les données sont vérifiées pour
leur exactitude et complétude avant d'être enregistrées. A
la fin de chaque collecte, les participants sont remerciés pour leurs
collaborations.
IV.2.5 Déroulement de l'enquête
L'enquête s'est déroulée aux camps
des réfugiés et a l'UNT d'Adré. Après explication
aux couples mères-enfants enArabe et arabe soudanais du but de
l'étude et ayant obtenu leurs consentements, ces derniers sont ensuite
soumis à notre entretien guidé. Toutes les réponses aux
questions posées sont consignées sur kobocollect. Pour mener a
bien cette enquête, nous avons dû faire appel à des agents
communautaires soudanais, dans la mesure ou nous ne maitrisons ni l'arabe
soudanais ni le massalit. Ces agents, qui comprenaient le français, nous
ont accompagnés dans les camps, ont traduit le questionnaire,
formulé les questions de manière appropriée et
facilité les échanges avec les enquêtés. Une
compensation financière leur a été accordée pour
couvrir les frais de déplacement et le temps consacré à
l'enquête.
IV.2.6
Considérationséthiques et consentement éclairé
Pour toute enquête épidémiologique dans une
localité, l'approbation des responsables avant le lancement est
très importante afin de couvrir l'enquêteur en cas de
problème. C'est ainsi que cetteétude a
bénéficié de l'approbation :
Ø De l'Université de Dschang (annexe 1)
Ø Du MCD Del `Hôpital de District d'Adré
(annexe 2)
Ø De la préfectured'Adré (annexe 3)
Ø Du consentement éclairé des mères
répondant aux critères d'inclusions (annexe 4).
IV.2.7 Analyse
statistique
Le questionnaire de l'enquête a été
vérifié pour éviterle maximum d'erreurs.Pour faciliter et
améliorer la qualité des données avant l'analyse et
minimiser les erreurs lors de la collecte et l'analyse des données, le
questionnaire a été saisi sur le serveur kobotoolbox et
déployer vers l'application de collecte kobocollect.
Pour l'analyse, les données ont été
exportées sous le logiciel IBM SPSS Statisticsversion 26afin
d'établir les corrélations, le seuil de significativité
utilisé était de 5%. Concernant l'évaluation de
l'état nutritionnel, les données anthropométriques ont
été analysées a l'aide du logiciel ENA for SMART 2020 puis
résultats del'analyse ont été exportés sous Excel
2016 en vue de ressortir les graphiques.
Chapitre III :
Résultats et discussion
V.1
Résultats
Cette section présente les résultats de
l'étude menée auprès de 218 couples mères - enfants
soudanais dans les camps de réfugiés d'Adré. Elle met en
évidence les caractéristiques socio-démographiques des
répondants, les pratiques alimentaires des enfants, les facteurs
influents sur ces pratiques ainsi que leur lien avec l'état nutritionnel
des enfants de 6-59 mois.
V.1.1 Caractéristiques
sociodémographiques de la population étudiée
V.1.1.1
Caractéristiques sociodémographiques des mères
enquêtées
À la lumière du tableau 6 portant sur les
caractéristiques sociodémographiques des mères, il
apparaît que la majorité des mères interrogées sont
des femmes très jeunes, âgées pour la plupart de moins de
25 ans, souvent mariées et sans activité professionnelle
formelle.
Tableau 6 :
Caractéristiques sociodémographiques des mères
enquêtées
|
Caractéristiques
|
Modalités
|
Effectifs (N=218)
|
Pourcentage (%)
|
|
Age de la mère
|
15 - 25 ans
|
115
|
52,8
|
|
26 - 35 ans
|
74
|
33,9
|
|
36 45 ans
|
29
|
13,3
|
|
Moyenne =1,61
|
Ecart type=0,71
|
|
Profession de la mère
|
Ménagère
|
168
|
77,1
|
|
Commerçante
|
50
|
22,9
|
|
Moyenne =1,23
|
Ecart type=0,42
|
|
Statut matrimonial de la mère
|
Célibataire
|
5
|
2,3
|
|
Mariée
|
176
|
80,7
|
|
Veuve/ divorcée
|
37
|
17,0
|
|
Moyenne =2,15
|
Ecart type=0,41
|
|
Niveau d'instruction
|
Aucun
|
204
|
93,6
|
|
Primaire
|
12
|
5,5
|
|
Secondaire
|
2
|
0,9
|
|
Moyenne =1,07
|
Ecart type=0,22
|
V.1.1.2
Caractéristiques sociodémographiques des enfants de 6 à59
mois
Selon le tableau 7, l'échantillon est majoritairement
composé d'enfants âgés de 12 à 23 mois. On observe
une légère prédominance des filles
Tableau 7 :
Caractéristiques sociodémographiques des enfants de 6 à 59
mois
|
Caractéristiques
|
Modalités
|
Effectifs (N=218)
|
Pourcentages (%)
|
|
Sexe de l'enfant
|
Masculin
|
102
|
46,8
|
|
Féminin
|
116
|
53,2
|
|
Moyenne=1,53
|
Ecart type=0,50
|
|
|
Age de l'enfant
|
6 - 11 mois
|
63
|
28,9
|
|
12 - 23 mois
|
121
|
55,5
|
|
24 - 59 mois
|
34
|
15,6
|
|
Moyenne=1,87
|
Ecart type=0,65
|
|
V.1.2 Répartitiondes mères
selonles pratiques alimentaires des enfants
Le tableau 8 montre que l'allaitement précoce reste
faible, tandis que l'allaitement maternel exclusif est très peu
pratiqué. À l'inverse, la majorité des enfants
reçoivent le colostrum et le sevrage intervient majoritairement
après 12 mois.
Tableau 8 :
Répartition des mères selon les pratiques d'allaitement
|
Caractéristiques
|
Modalités
|
Effectifs (N=218)
|
Pourcentages (%)
|
|
Mise au sein précoce après la
naissance
|
Moins d'une heure
|
60
|
27,5
|
|
Entre 1 - 2 heures
|
119
|
54,6
|
|
Après 12 heures
|
39
|
17,9
|
|
Moyenne = 1,90
|
Ecart type = 0,66
|
|
|
Don du colostrum
|
Oui
|
183
|
83,9
|
|
Non
|
35
|
16,1
|
|
Moyenne = 1,16
|
Ecart type = 0,36
|
|
|
AME
|
Oui
|
69
|
31,7
|
|
Non
|
149
|
68,3
|
|
Moyenne = 1,68
|
Ecart type = 0,48
|
|
|
Age de sevrage
|
Avant 6 mois
|
1
|
,5
|
|
Entre 6 - 12 mois
|
64
|
29,4
|
|
Après 12 mois
|
153
|
70,2
|
|
Moyenne = 2,70
|
Ecart type = 0,47
|
|
|
Continuité de l'allaitement
|
Oui
|
188
|
86,2
|
|
Non
|
30
|
13,8
|
|
Moyenne = 1,14
|
Ecart type = 0,35
|
|
VI. Introduction des aliments solides
VI.1.1.1.1
Répartition des enfants selon lapériode d'introduction des
aliments de complément
D'après les données du tableau 9, l'introduction
des aliments solides se fait majoritairement trop tôt, bien avant les 6
mois recommandés.
Tableau 9 :
Répartition des enfants selon la période d'introduction des
aliments de complément
|
Caractéristiques
|
Modalités
|
Effectifs (N=218)
|
Pourcentages (%)
|
|
Période d'introduction des
aliments de complément
|
Inferieur a 6 mois
|
154
|
70,60%
|
|
A 6 mois
|
33
|
15,10%
|
|
Supérieur a 6 mois
|
31
|
14,30%
|
|
Moyenne = 4,86
|
Ecart type = 2,33
|
VI.1.1.1.2
Répartition de nombre de repas par jour des enfants
La figure 9 indique que la fréquence des repas reste
globalement satisfaisante, bien que peu d'enfants atteignent le seuil optimal
de quatre repas par jour, et que certains restent à risque avec un seul
repas quotidien.

.
Figure 9 :
Répartition de nombre de repas par jour des enfants
VI.1.1.2 Répartition des enfants selon les types
d'aliments consommées
VI.1.1.2.1
Répartition de l'utilisation de pate d'arachide ou aliments enrichis
dans la bouillie de l'enfant
La figure 10 illustre la répartition des mères
selon l'utilisation d'aliments enrichis dans la bouillie de l'enfant. Il
ressort de cette figure que l'enrichissement des bouillies reste peu
pratiqué, exposant une large majorité d'enfants à des
apports nutritionnels insuffisants au cours des repas
complémentaires.
.

Figure 10 :
Répartition de l'utilisation de pate d'arachide ou aliments enrichis
dans la bouillie de l'enfant
VI.1.1.2.2
Répartition des enfants selon les groupes d'aliments
consomméesrégulièrement
À la lumière de la figure 11, l'alimentation des
enfants est largement dominée par les céréales et les
légumineuses, elle intègre très peu de fruits, de
légumes et de produits d'origine animale, qui sont essentiels pour une
croissance optimale.

Figure 11 :
Répartition des enfants selon les groupes d'aliments consommées
régulièrement
VI.1.1.2.3
Diversification alimentaire minimum des enfants de 6 à 23 mois
Le tableau 10 montre que la majorité des enfants
âgés de 6 à 23 mois présentent une diversité
alimentaire insuffisante, avec moins de 6 % atteignant un niveau
satisfaisant.
Tableau 10 :
Diversification alimentaire minimum des enfants de 6 à 23 mois
|
Niveau
|
Effectifs (N=184)
|
Pourcentages (%)
|
|
Faible
|
110
|
59,78%
|
|
Moyen
|
63
|
34,25%
|
|
Elevé
|
11
|
5,97%
|
Faible : SDAI = 3 groupes alimentaires ;
Moyen : SDAI [4-5] ;
Satisfaisant(Elevé) : SDAI =5
VI.1.1.3 Répartition des mères en fonction des
pratiques d'hygiène
Le lavage des mains, selon le tableau 11, avant les repas est
globalement bien pratiqué, mais reste inconstant. L'accès
à l'eau potable repose majoritairement sur les robinets, tandis qu'un
tiers des ménages dépendent encore de forages.
Tableau 11 :
Répartition des mères selon les pratiques d'hygiène
|
Caractéristiques
|
Modalités
|
Effectifs (N=218)
|
Pourcentages (%)
|
|
Lavage des mains des enfants avant les repas
|
Oui
|
177
|
81,2
|
|
Non
|
38
|
17,4
|
|
Total
|
215
|
98,6
|
|
Moyenne = 1,18
|
Ecart type = 0,38
|
|
Source d'approvisionnement en eau
|
Puit
|
4
|
1,8
|
|
Robinet
|
132
|
60,6
|
|
Forage/ Pompe
|
82
|
37,6
|
|
Moyenne = 2,36
|
Ecart type = 0,51
|
VI.1.1.4 Répartition des
enfants selon la consommation des fruits riche en vitamine A par semaine
Figure 12 :
Répartition des enfants selon la consommation des fruits riche en
vitamine A par semaine
La consommation de fruits riches en vitamine A reste
très faible à la lumière de la figure 12, avec une
fréquence largement insuffisante pour couvrir les besoins nutritionnels,
la majorité des consommateurs n'en consommant qu'à peine deux
fois par semaine.

VI.1.1.5 Diversité alimentaire minimale acceptable des
enfants de 6 à 24 mois selon l'indicateur d'ANJE
La diversité alimentaire constitue un indicateur
clé de la qualité de l'alimentation infantile. Elle permet
d'évaluer si un enfant reçoit une variété
suffisante de groupes d'aliments nécessaires à sa croissance.
Formule :
DAMA (%) =
Nombre d'enfants ayant consomme = 4 groupes d'aliments/
Nombre total d'enfants×100
Résultat :
DAMA=27,1+6,9+1,8+0,5=36,3%?
Selon les données recueillies sur le graphique
ci-dessous, après calcul, seulement 36,3 % des enfants
ont atteint la diversité alimentaire minimale acceptable, ayant
consommé au moins 4 groupes d'aliments. La majorité des enfants
(63,7 %) présentent donc une diversité alimentaire
insuffisante.

Figure 13 :
Répartition des enfants selon la diversité alimentaire des
enfants
VI.1.2
Identification des facteurs socio-culturels, économiques et
environnementaux
Le tableau 12 montre que, bien que l'aide humanitaire atteigne
une majorité des ménages, elle est largement perçue comme
insuffisante : seuls 1/3 des ménages interrogés estiment qu'elle
couvre réellement leurs besoins nutritionnels.
Tableau 12 :
Répartition des ménages en fonction de réception de
l'aide
|
Caractéristiques
|
Modalités
|
Effectifs (N=218)
|
Pourcentage (%)
|
|
Réception d'une aide alimentaire
|
Oui
|
148
|
67,9
|
|
Non
|
70
|
32,1
|
|
Moyenne =1,32
|
Ecart type=0,46
|
|
Cette aide couvre t'elle les besoins
alimentaire
|
Oui
|
46
|
26,6
|
|
Non
|
102
|
52,3
|
|
Moyenne =1,66
|
Ecart type=0,47
|
VI.1.2.1 Répartition des mères selon la
perception de la qualité des repas des enfants

D'après le graphique 14, deux tiers des mères
perçoivent l'alimentation de leurs enfants comme insuffisante,
révélant un sentiment généralisé
d'insécurité nutritionnelle au sein des ménages.
Figure 14 :
répartition des mères selon la perception de la qualité
des repas des enfants
.
VI.1.2.2 Répartition des mères selon les
principaux obstacles pour obtenir les aliments

La figure 15 montre que le coût élevé des
aliments ressort comme l'obstacle majeur à l'accès alimentaire,
bien avant la distance ou la disponibilité.
Figure 15 :
Répartition des mères selon les principaux obstacles pour obtenir
les aliments
.
VI.1.3 Etat
nutritionnel des enfants de 6-59 mois
VI.1.3.1 Etat
nutritionnel selon le rapport poids/taille
Selon le tableau 13, qui fournit des informations sur la
classification de l'état nutritionnel selon l'indice poids/taille en
z-scores, la prévalence globale de l'émaciation reste
élevée, avec une nette vulnérabilité
observée chez les garçons.
Tableau 13 :
Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/taille en
z-scores
|
Emaciation global (<-2 z-score)
|
Emaciation sévère (<-3
z-score)
|
Émaciation modérée (>= -3 et
<-2 z score)
|
Normale (>= -2 z score)
|
|
Sexe
|
|
|
|
|
|
Masculin
|
59,40%
|
11,90%
|
47,50%
|
40,60%
|
|
Féminin
|
24,10%
|
2,60%
|
21,60%
|
75,90%
|
|
Total
|
40,60%
|
6,90%
|
33,60%
|
59,40%
|
VI.1.3.2 Etat nutritionnel selon le rapport
Poids/âge
Le tableau 14 indique que l'insuffisance pondérale
touche près des trois quarts des enfants, avec une part importante de
formes modérées à sévères. Les
garçons sont nettement plus touchés que les filles.
Tableau 14 :
Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Poids/âge en
z-scores
|
Insuffisance Pondérale globale (<-2
z-score)
|
Insuffisance Pondérale sévère
(<-3 z-score)
|
Insuffisance Pondérale modérée
(>= -3 et <-2 z score)
|
Normale (> = -2 z score)
|
|
Sexe
|
89,20%
|
70,60%
|
18,60%
|
10,80%
|
|
Masculin
|
|
Féminin
|
57,80%
|
22,40%
|
35,30%
|
42,20%
|
|
Total
|
72,50%
|
20,60%
|
51,80%
|
27,50%
|
VI.1.3.3 Etat nutritionnel selon le rapport
taille/âge
Le retard de croissance concerne plus des deux tiers des
enfants, avec une prédominance marquée chez les garçons,
d'après les données du tableau 15.
|
Malnutrition chronique globale (<-2
z-score)
|
Malnutrition chronique sévère (<-3
z-score)
|
Malnutrition chronique modérée (>= -3 et
<-2 z score)
|
Normale (> = -2 z score)
|
|
Sexe
|
|
|
|
|
|
Masculin
|
80,40%
|
10,80%
|
69,60%
|
19,40%
|
|
Féminin
|
56,00%
|
12,90%
|
43,10%
|
44,00%
|
|
Total
|
67,40%
|
11,90%
|
55,50%
|
32,60%
|
Tableau 15 :
Classification de l'état nutritionnel selon l'indice Taille/âge en
z-scores
VI.1.3.4 Répartition des enfants selon les
différentes formes de malnutrition
Parmi les différentes formes de malnutrition
indiquées dans la figure 16, l'insuffisance pondérale ressort
comme la plus fréquente

Figure 16 :
Répartition des enfants selon les différentes formes de
malnutrition
VI.1.4
Différents croisements statistiques
VI.1.4.1 Association entre les
pratiques alimentaires et les contraintes d'accès aux ressources
alimentaires dans le camp
|
|
Une fois
|
2 - 3 fois
|
4 fois et plus
|
P-Value
|
|
Le cadre de vie dans le camp permet-il une bonne hygiène
alimentaire ?
|
Oui
|
2
|
133
|
45
|
0,694
|
|
Non
|
0
|
30
|
8
|
|
|
Avez-vous accès à un marché à
proximité du camp ?
|
Oui
|
1
|
127
|
47
|
0,491
|
|
Non
|
1
|
36
|
6
|
|
|
Recevez-vous une aide humanitaire dans le ménage ?
|
Oui
|
1
|
110
|
37
|
0,821
|
|
Non
|
1
|
53
|
16
|
|
|
Cette aide couvre-t-elle les besoins alimentaires ?
|
Oui
|
0
|
42
|
16
|
0,129
|
|
Non
|
2
|
86
|
26
|
|
Le tableau 16 nous montre la relation entre les pratiques
alimentaires et les contraintes d'accès aux ressources alimentaires dans
le camp. Il convient de noter que cette relation n'est pas significative au
seuil de probabilité de 5 %. Mais les tendances montrent que ceux qui
ont accès à un marché à proximité mangent
plus que ceux qui n'y ont pas accès.
Tableau 16 :
Association entre les pratiques alimentaires et les contraintes d'accès
aux ressources alimentaires dans le camp
VI.1.4.2 Association entre l'état nutritionnel des
enfants et les pratiques alimentaires
Le tableau 17 ci-dessous montre la relation entre
l'état nutritionnel et les pratiques alimentaires. Il en ressort qu'il
existe un lien statistiquement significatif entre l'état nutritionnel et
les pratiques alimentaires, avec des valeurs P respectivement égales
à 0,043 (insuffisance pondérale) et 0,038 (émaciation)
inférieures au seuil de 5 %.
|
Répartition en fonction du nombre de repas par
jour
|
Taille/âge (Retard de croissance)
|
P value
|
|
Normal
|
Modéré
|
Sévère
|
|
|
Une fois
|
1
|
0
|
1
|
0,954
|
|
2 - 3 fois
|
54
|
20
|
89
|
|
|
4 fois et plus
|
16
|
6
|
31
|
|
|
Poids/âge (Insuffisance
pondérale)
|
|
|
Une fois
|
1
|
0
|
1
|
0,043
|
|
2 - 3 fois
|
46
|
93
|
24
|
|
|
4 fois et plus
|
13
|
32
|
8
|
|
|
Poids/taille (Emaciation)
|
|
|
Une fois
|
0
|
1
|
1
|
0,038
|
|
2 - 3 fois
|
102
|
54
|
7
|
|
|
4 fois et plus
|
28
|
21
|
4
|
|
Tableau 17 :
Association entre l'état nutritionnel des enfants et les pratiques
alimentaires
VI.1.4.3 Association entre les facteurs
socio-économiques socioculturels et environnementaux et les pratiques
alimentaires
Le tableau 18 montre que le retard de croissance est
significativement associé à la profession de la mère (p =
0,032) et au cadre de vie perçu comme favorable à
l'hygiène (p = 0,017). Aucune association n'est observée avec la
profession du père ni avec l'accès au marché.
Tableau 18 :
Association entre les facteurs socio-économiques socioculturels et
environnementaux et les pratiques alimentaires
|
|
Taille/âge (Retard de croissance)
|
P value
|
|
|
Normal
|
Modéré
|
Sévère
|
|
|
Profession de la mère
|
Ménagère
|
108
|
49
|
11
|
0,032
|
|
Commerçante
|
22
|
24
|
4
|
|
Profession du père
|
Agriculteur
|
24
|
17
|
3
|
0,929
|
|
Eleveur
|
22
|
14
|
0
|
|
Commerçant
|
48
|
28
|
5
|
|
Fonctionnaire
|
21
|
10
|
3
|
|
Avez-vous accès a un marché près du
camps
|
Oui
|
102
|
60
|
13
|
0,622
|
|
Non
|
28
|
13
|
2
|
|
Le cadre de vie dans le camp permet-il une bonne
hygiène alimentaire ?
|
Oui
|
100
|
65
|
15
|
0,017
|
|
Non
|
30
|
8
|
0
|
VI.2 Discussion
Notre étude avait pour objectif principal de contribuer
à la promotion et à l'amélioration de la santé des
enfants, à travers l'analyse de leurs pratiques alimentaires. Pendant la
durée de notre étude, nous avons enquêté 218 couples
mère-enfant.
Une étude menée auprès d'enfants
réfugiés soudanais âgés de 6 à 59 mois dans
les camps a permis de dégager plusieurs résultats importants. Sur
le plan sociodémographique, la majorité des enfants
étaient âgés de 6 à 11 mois, et le sexe
féminin était légèrement dominant. La plupart des
mères étaient jeunes, sans emploi formel
(ménagères) et peu instruites. Sur le plan alimentaire, bien que
l'allaitement maternel soit largement pratiqué, la diversité et
la fréquence des repas restaient insuffisantes. Les aliments les plus
consommés étaient les céréales et les
légumineuses, tandis que la consommation de fruits, de légumes,
d'oeufs et de produits animaux était très faible. Enfin, les
indicateurs nutritionnels révèlent des taux élevés
d'émaciation, d'insuffisance pondérale et de retard de
croissance, en lien avec certaines pratiques alimentaires, les conditions de
vie dans les camps et certains facteurs d'influence.
Concernant les caractéristiques
sociodémographiques, la tranche d'âge de 6 à 11 mois
était la plus représentée, avec une prédominance
féminine. La majorité des mères étaient femmes au
foyer, et très peu avaient atteint le niveau secondaire. Ces
résultats corroborent ceux de Bouanga (2024), dans une étude
menée au Congo-Brazzaville, qui rapportait également une forte
proportion de mères femmes au foyer et d'enfants dans cette tranche
d'âge. Cependant, le niveau d'instruction y était plus
élevé, ce qui diffère de notre contexte. Cette divergence
peut s'expliquer par les conditions de déplacement et les contraintes
culturelles, notamment au sein des communautés musulmanes, qui limitent
l'accès des jeunes filles à l'éducation dans notre
population d'étude. Par ailleurs, les mariages précoces,
fréquents dans ces communautés, favorisent la maternité
chez des adolescentes peu préparées, tant sur le plan
physiologique que nutritionnel, à prendre soin de jeunes enfants.
En ce qui concerne la diversification alimentaire, 58,8 % des
mères savaient qu'elle devait commencer à six mois, un taux bien
inférieur à celui de Sanogo (2011) au Mali (92 %). Ce
résultat ne correspond pas aux attentes formulées dans d'autres
contextes stables. Il reflète un déficit d'information et de
sensibilisation nutritionnelle dans les camps de réfugiés
d'Adré. Ce contexte humanitaire, marqué par la
précarité, l'instabilité et l'absence de campagnes
nutritionnelles structurées, explique la faible diffusion des
recommandations de l'OMS. En effet, la majorité des mères ne
bénéficient pas d'un accompagnement éducatif continu
à travers les structures de santé communautaires ou les relais
nutritionnels.
En ce qui concerne la fréquence des repas, 74,8 % des
enfants recevaient deux à trois repas par jour, mais seulement 36,3 %
atteignaient la diversité alimentaire minimale. Ces résultats
diffèrent de ceux de Carrel (2018), à Lubumbashi, qui constatait
un taux de diversité plus élevé chez les enfants. Ce
contraste peut s'expliquer par le contexte urbain plus stable et l'accès
facilité à des denrées alimentaires variées dans sa
zone d'étude. À Adré, les familles réfugiées
dépendent fortement de l'aide humanitaire, avec peu de marge pour
accéder à d'autres sources de nourriture. La pauvreté et
l'insécurité alimentaire influencent directement la composition
des repas, souvent peu diversifiés. L'absence de ressources
économiques, conjuguée à l'inflation des prix des produits
alimentaires dans les marchés environnants à cause de l'aide
humanitaire, limite considérablement les possibilités de
diversification.
Les groupes d'aliments consommés révèlent
une forte consommation de céréales (88,7 %) et de
légumineuses (55,2 %), mais une très faible consommation d'oeufs
(5,7 %) et d'aliments riches en vitamine A (20,4 %). Ces résultats
corroborent ceux de Bouanga (2024), qui observait une tendance similaire, mais
avec une meilleure disponibilité des produits maraîchers. Dans
notre contexte, les aliments comme les céréales et les
légumineuses reviennent presque chaque fois lors des distributions, ce
qui rend difficile la diversification alimentaire. Ce manque d'accès est
accentué par le fait que certains aliments sont perçus comme
luxueux, culturellement inappropriés ou réservés aux
adultes, ce qui prive les enfants de sources essentielles de
micronutriments.
En matière de fruits, 26,1 % des enfants en
consommaient, principalement des mangues, une à deux fois par semaine.
Ce taux est très inférieur à celui rapporté par
Idrissa (2019) au Mali (72,5 %). Cette différence s'explique par la
saisonnalité des fruits disponibles dans les camps, leur coût
élevé et l'absence de circuit de distribution structuré
pour les produits périssables. L'absence de stratégies
communautaires de stockage ou de transformation des fruits accentue la
rareté en dehors des saisons de récolte, réduisant encore
davantage leur consommation chez les enfants.
L'étude a également révélé
que 3,91 % des mères évoquaient l'existence d'aliments interdits,
tels que la viande de porc. Bien que marginal, ce chiffre correspond aux
pratiques culturelles et religieuses observées dans des populations
similaires. Il reflète le poids des croyances sur les choix
alimentaires, dans un contexte où l'alimentation est déjà
limitée par la pauvreté et le manque de ressources. Ces
croyances, bien qu'elles ne soient pas généralisées,
contribuent à renforcer les tabous alimentaires, réduisant
davantage la gamme d'aliments proposés aux jeunes enfants.
Sur le plan nutritionnel, les résultats sont
particulièrement préoccupants : 40,6 % des enfants étaient
émaciés, 72,5 % en insuffisance pondérale et 67,4 % en
retard de croissance. Ces proportions sont nettement supérieures
à celles rapportées par l'enquête SMART Tchad 2024, ce qui
corrobore les constats de Sidibé (2020) au Mali dans les zones de crise.
Notre étude confirme donc une situation nutritionnelle critique,
aggravée par la précarité prolongée, la
dépendance à une aide alimentaire peu diversifiée, la
faible couverture sanitaire et l'absence de pratiques alimentaires optimales.
De plus, les fréquents épisodes de maladies infectieuses
(diarrhées, infections respiratoires) rencontrés dans les camps
contribuent à détériorer l'état nutritionnel des
enfants, compromettant leur croissance linéaire et pondérale.
L'analyse statistique a montré une relation
significative entre la diversité alimentaire et l'émaciation (p =
0,031), ainsi qu'avec l'insuffisance pondérale (p = 0,001). Ces
résultats corroborent les données de l'UNICEF (2013), qui
identifient une alimentation monotone et insuffisamment variée comme
facteur déterminant de la malnutrition infantile. Dans le contexte des
camps d'Adré, cette situation est aggravée par la
pauvreté, la méconnaissance des besoins nutritionnels
spécifiques de l'enfant et l'irrégularité de
l'approvisionnement alimentaire. À cela s'ajoute l'absence de services
de nutrition préventive performants, de suivi de croissance et
d'encadrement des pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant
(ANJE).
Enfin, les données ont mis en évidence que la
profession de la mère et le cadre de vie perçu comme favorable
à l'hygiène alimentaire étaient significativement
associés au retard de croissance. Les enfants de mères
commerçantes présentaient davantage de retards, ce qui correspond
à une moindre disponibilité de ces dernières pour
s'occuper de l'alimentation et des soins. Par ailleurs, les familles vivant
dans un cadre perçu comme favorable affichaient paradoxalement plus de
cas de retard, ce qui pourrait s'expliquer par une perception erronée
des conditions réelles d'hygiène ou par des facteurs confondants
(densité du camp, approvisionnement en eau, pratiques de conservation
des aliments).
Au vu des constats déjà établis, il
apparaît essentiel d'insister sur la complexité des
déterminants de la malnutrition observée dans les camps de
réfugiés à Adré. L'analyse des
caractéristiques sociodémographiques montre que la jeunesse des
mères, leur faible niveau d'instruction et leur statut économique
précaire constituent des facteurs de risque majeurs pour la santé
nutritionnelle des enfants. Cette situation est exacerbée par le
contexte de déplacement forcé, qui prive les familles de leurs
moyens traditionnels de subsistance et accentue leur dépendance à
l'aide humanitaire. Plusieurs études, dont celle de Black et
collaborateurs en 2013, confirment que la pauvreté,
l'analphabétisme maternel et l'instabilité sociale sont
associés à une augmentation de la prévalence de la
malnutrition infantile dans les contextes de crise humanitaire. De plus, la
structure familiale, souvent élargie et recomposée dans les
camps, peut diluer la responsabilité parentale et compliquer la prise en
charge individuelle des enfants à risque.
Conclusion,
recommandations et perspectives
VII. Conclusion
À l'issue de cette étude dont l'objectif
général était de contribuer à la promotion et
à l'amélioration de la santé des enfants, à travers
l'analyse de leurs pratiques alimentaires, il ressort ce qui suit :
v Les enfants réfugiés ont des habitudes
alimentaires dominées par une forte consommation de
céréales (88,7 %) et de légumineuses (55,2 %), mais une
très faible diversité alimentaire, avec seulement 36,3 %
atteignant le score minimum recommandé. L'allaitement maternel est
largement pratiqué, mais rarement de manière exclusive, et
l'introduction des aliments complémentaires se fait souvent
précocement.
v Les pratiques alimentaires sont fortement influencées
par des facteurs sociodémographiques et culturels : 79,4 % des
mères n'ont jamais été à l'école et 83,6 %
sont ménagères, ce qui traduit une faible autonomie dans les
décisions nutritionnelles. À cela s'ajoutent les croyances
religieuses, la pauvreté, l'insécurité alimentaire et la
dépendance à l'aide humanitaire, qui limitent
considérablement la qualité de l'alimentation infantile.
v L'état nutritionnel des enfants est alarmant : 40,6 %
souffrent d'émaciation, 72,5 % d'insuffisance pondérale et 67,4 %
de retard de croissance. Une corrélation significative a
été observée entre la diversité alimentaire et ces
différentes formes de malnutrition.
Afin de réduire la malnutrition dans ces camps, il est
indispensable de renforcer les actions de sensibilisation nutritionnelle
auprès des mères, d'améliorer l'accès à une
alimentation diversifiée, d'optimiser les rations distribuées et
de promouvoir les bonnes pratiques alimentaires pour une bonne santé des
enfants. L'amélioration de l'état nutritionnel des enfants passe
également par une éducation sanitaire ciblée, un
accompagnement communautaire renforcé et une meilleure coordination
entre les acteurs humanitaires et sanitaires.
Recommandations
Aux mères, familles et communautés
réfugiées :
v Mettre en pratique les conseils reçus lors des
séances de sensibilisation et appliquer les recommandations sur
l'allaitement, la diversification alimentaire et l'hygiène.
v Participer activement aux activités communautaires
(jardins potagers, clubs de mères, séances de suivi nutritionnel)
pour améliorer l'alimentation et la santé des enfants.
v Valoriser les aliments locaux disponibles et diversifier
autant que possible l'alimentation des enfants, même en période de
pénurie, en s'appuyant sur les ressources du camp et les conseils des
agents de santé.
Au personnel de santé et aux relais
communautaires dans les camps :
v Organiser régulièrement des séances de
sensibilisation et de démonstration sur la préparation de repas
diversifiés à partir des ressources locales et des rations
disponibles.
v Encourager le suivi de la croissance des enfants par des
pesées mensuelles et des conseils personnalisés aux familles, en
mettant l'accent sur l'importance de la diversité alimentaire pour la
prévention de la malnutrition.
Aux bailleurs de fonds et partenaires de
développement :
v Apporter un soutien financier et technique aux programmes de
nutrition communautaire, d'agriculture urbaine et d'accès à l'eau
et à l'hygiène dans les camps de réfugiés.
v Encourager la recherche opérationnelle pour
l'adaptation des stratégies nutritionnelles aux réalités
spécifiques des populations réfugiées soudanaises à
Adré.
Aux organisations humanitaires et partenaires
techniques (PAM, ACF, ACTED, HCR, etc.) :
v Adapter les rations alimentaires en intégrant
davantage de produits frais, enrichis et variés (fruits, légumes,
sources de protéines animales ou végétales), et soutenir
les initiatives de jardins communautaires et de microprojets agricoles dans les
camps.
v Soutenir la création de clubs de mères et de
groupes d'entraide pour l'échange de bonnes pratiques alimentaires, la
préparation collective de repas diversifiés et la diffusion
d'informations nutritionnelles adaptées au contexte culturel.
Au Ministère de la Santé Publique du
Tchad et aux autorités locales de santé :
v Renforcer la formation continue des agents de santé
et des relais communautaires sur la nutrition infantile, la diversification
alimentaire et la prévention de la malnutrition, afin d'assurer un
accompagnement de qualité auprès des mères dans les
camps.
v Intensifier les campagnes de sensibilisation, en langues
locales, sur l'importance de l'allaitement maternel exclusif et du respect de
l'âge de diversification alimentaire (6 mois) et de la diversité
alimentaire, en utilisant les médias communautaires et les leaders
d'opinion.
v Mettre en place un suivi nutritionnel régulier des
enfants dans les camps, avec dépistage précoce des cas de
malnutrition et orientation vers les structures de prise en charge
adaptées.
Perspectives
Pour des études ultérieures, il serait
pertinent :
v Élargir l'enquête à l'ensemble des camps
de réfugiés de la région d'Adré et, si possible,
à d'autres zones accueillant des populations déplacées
comme Hadjer-Adid, Farchana et Metché afin de comparer les pratiques
alimentaires et l'état nutritionnel dans différents contextes et
d'obtenir une vision plus globale de la situation.
v De mener des études sur l'évolution
saisonnière de la disponibilité et de la diversité
alimentaires, afin de mieux cerner l'influence des variations climatiques et
des périodes de soudure sur la malnutrition infantile dans les camps.
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d'estimations clés, pages 10-12.
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nutrition infantile et maternelle.
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Promotion de la nutrition et de l'allaitement maternel. Données
pratiques, soutien programmatique et politiques pour les soins du
nouveau-né en Afrique. P. 101-111
Annexes

VIII. Annexe 1 : Autorisation de mise
en stage de l'Université de Dschang

IX. Annexe 2 :
Autorisation de recherche de l'Hôpital de District d'Adré

X. Annexe 3 : Autorisation de recherche
de l'administration
XI. Annexe 4 :
Formulaire de consentement éclairé
Je soussignée
Mme/Mlle..............................................................................................Reconnais
avoir été invité à participer à cette
recherche intitulée « Pratiques alimentaires et
malnutrition chez les enfants soudanais de 6 a 59 mois dans les camps des
réfugiés à Adré, Tchad ».
L'investigateur principal : DEMA KOUSSI
ABRAHAM (étudiant à l'université
deDschang/Cameroun en master professionnel Nutrition de Santé publique,
Diététique et Education nutritionnelle, option nutrition
communautaire).
Email :
dkoussiabraham@gmail.com
Téléphones : +235 85169261
Investigateur secondaire : Dr Dandji SAAH Marc
Bertrand(Chargé de cours)
Tel : +237 675825967
Ø J'ai lu attentivement la notice d'information qui m'a
été remise concernant cetteétude,
Ø Ou bien on m'a lu et expliqué la notice
d'information relative à cette étude ;
Ø J'ai bien compris le but et les objectifs de cette
étude ;
Ø J'ai reçu toutes les réponses aux
questions que j'ai posées ;
Ø Les risques et les bénéfices m'ont
été présentés et expliqués
Ø J'ai bien compris que je suis libre d'accepter ou de
refuser d'y participer ;
Ø Mon consentement ne décharge pas les
investigateurs de la recherche de leurs responsabilités, je conserve
tous mes droits garantis par la loi,J'accepte librement de participer à
cette étude dans les conditions précisées dans lanotice
d'information, de répondre aux questions d'enquête.
Fait à Adré le
............ /........./2025
Investigateur principal
Participante
XII. Annexe 5 : Questionnaire d'enquête individuel du
couple mère - enfant
REPUBLIQUE DU CAMEROUN
Paix - Travail - Patrie
***********
UNIVERSITE DE DSCHANG
***********
ÉCOLE DOCTORALE
******

REPUBLIC OF CAMEROON
Peace - work - Fatherland
*************
UNIVERSITY OF DSCHANG
*************
POSTGRADUATE SCHOOL
******
JN
QUESTIONNAIRE INDIVIDUEL DU COUPLE MÈRE-ENFANT
Thème : Pratiques alimentaires et
santé des enfants soudanais de moins de 5 ans des camps des
réfugiés d'Adré à l'Est du Tchad.
Introduction :
Date de l'enquête : _____________________
Heure du debut : __________________
Enquêteur : _____________________________ Heure de fin :
_____________________
Nom du camp : ____________________________
|
I. Caractéristiques socio
démographiques
|
|
1.
|
Sexe de l'enfant
|
? Masculin
|
1
|
|
? Féminin
|
2
|
|
2.
|
Âge de l'enfant
|
? 6-11 mois
|
1
|
|
? 12-23 mois
|
2
|
|
? 24-59 mois
|
3
|
|
3.
|
Âge de la mère
|
? 15-25 ans
|
1
|
|
? 26-35 ans
|
2
|
|
? 36-45 ans
|
3
|
|
4.
|
Niveau d'instruction de la mère
|
? Aucune
|
1
|
|
? Primaire
|
2
|
|
? Secondaire
|
3
|
|
? Supérieur
|
4
|
|
5.
|
Statut matrimonial de la mère
|
? Célibataire
|
1
|
|
? Mariée
|
2
|
|
? Veuve / Divorcé
|
3
|
|
6.
|
Profession de la mère
|
? Ménagère
|
1
|
|
? Petit commerce
|
2
|
|
? Fonctionnaire
|
3
|
|
? Autre : _____________
|
4
|
|
7.
|
Profession du père
|
? Agriculteur
|
1
|
|
?Commerçant
|
2
|
|
? Fonctionnaire
|
3
|
|
? Autre : ____________
|
4
|
|
II. État nutritionnel de l'enfant
|
|
8.
|
Poids de l'enfant
|
Kg
|
1
|
|
Taille de l'enfant
|
Cm
|
1
|
|
10.
|
Périmètre brachial (PB)
|
Mm
|
1
|
|
11.
|
Statut nutritionnel
|
? Normal
|
1
|
|
? MAM
|
2
|
|
? MAS
|
3
|
|
12.
|
L'enfant a-t-il été malade au cours des deux
dernières semaines ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
13.
|
Si oui, quels sont les symptômes de cette maladie ?
|
?Diarrhée
|
1
|
|
? Fièvre
|
2
|
|
?Toux
|
3
|
|
? Autre : ________
|
4
|
|
14.
|
Votre enfant dort-il sous moustiquaire imprégnée ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
15.
|
L'enfant est-il à jour dans ses vaccins (BCG, polio,
rougeole) ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
III. Pratiques d'allaitement et alimentation du
nourrisson
|
|
16.
|
Quand avez-vous mis l'enfant au sein après la naissance
?
|
? Moins de 1 heure
|
1
|
|
? Entre 1-12 heures
|
2
|
|
? Après 12 heures
|
3
|
|
17.
|
Avez-vous donné le colostrum à votre enfant ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
18.
|
L'enfant a-t-il été allaité exclusivement
pendant ses 6 premiers mois ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
19.
|
À quel âge avez-vous introduit d'autres aliments que
le lait maternel ?
|
Mois
|
1
|
|
20.
|
Continuez-vous à allaiter actuellement ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
21.
|
À quel âge comptez-vous / avez-vous sevré
votre enfant ?
|
? Avant 6 mois
|
1
|
|
? Entre 6-12 mois
|
2
|
|
? Après 12 mois
|
3
|
|
IV. Pratiques alimentaires de l'enfant
|
|
22.
|
Combien de repas principaux donnez-vous à votre enfant par
jour ?
|
? Une fois
|
1
|
|
? 2-3 fois
|
2
|
|
? 4 fois et plus
|
3
|
|
23.
|
Donnez-vous des collations (goûters) entre les repas ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
24.
|
Quels types d'aliments consomme-t-il régulièrement
?
|
? Céréales
|
1
|
|
? Légumineuses
|
2
|
|
? Fruits et légumes
|
3
|
|
? Viande / poisson / oeufs
|
4
|
|
? Produits laitiers
|
5
|
|
? Corps gras
|
6
|
|
? Autres
|
7
|
|
25.
|
Combien de fois par semaine consomme-t-il des fruits /
légumes riches en vitamine A ?
|
? Jamais
|
1
|
|
? 1-2 fois/semaine
|
2
|
|
? 3 fois et plus
|
3
|
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26.
|
Utilisez-vous de la pâte d'arachide, du soja ou des
aliments enrichis dans les repas ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
27.
|
Quelle source d'eau utilisez-vous pour préparer ses repas
?
|
? Puits
|
1
|
|
? Robinet
|
2
|
|
? Forage / pompe
|
3
|
|
? Marigot / autre
|
4
|
|
28.
|
Lavez-vous les mains de votre enfant avant les repas ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
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V. Facteurs socio-économiques et d'accès
à l'alimentation
|
|
29.
|
Recevez-vous une aide alimentaire dans le ménage ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
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30.
|
Cette aide est-elle suffisante pour couvrir vos besoins
alimentaires ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
31.
|
Avez-vous accès à un marché à
proximité du camp ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
32.
|
Quels sont les principaux obstacles pour obtenir de la nourriture
?
|
? Coût élevé
|
1
|
|
? Disponibilité limitée
|
2
|
|
? Distance / transport
|
3
|
|
? Autre
|
4
|
|
33.
|
Y a-t-il des périodes où certains aliments
deviennent introuvables ou trop chers ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
34.
|
Quels aliments sont difficiles à obtenir ?
|
? Fruits / légumes
|
1
|
|
? Protéines animales
|
2
|
|
? Céréales
|
3
|
|
? Autres
|
4
|
|
VI. Facteurs culturels et croyances
alimentaires
|
|
35.
|
Certaines croyances influencent-elles les aliments que vous
donnez à votre enfant ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
36.
|
Si oui, lesquelles ?
|
? Interdiction de manger certains aliments
|
1
|
|
? Priorité donnée à certains aliments
|
2
|
|
? Autres
|
3
|
|
37.
|
Existe-t-il des aliments déconseillés dans votre
culture pour les enfants de moins de 5 ans ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
38
|
Participez-vous à des sessions d'éducation
nutritionnelle ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
|
|
39.
|
Qui vous fournit des informations sur la nutrition ?
|
? ONG
|
1
|
|
? Agents de santé
|
2
|
|
? Leaders communautaires
|
3
|
|
? Autres
|
4
|
|
VII. Conditions d'hygiène et
environnement
|
|
40.
|
Le cadre de vie dans le camp permet-il une bonne hygiène
alimentaire ?
|
? Oui
|
1
|
|
? Non
|
2
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|
? Si non, expliquez : _________________
|
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Annexe 6 :
Enregistrement d'un enfant MAM lors de la journée de distribution (Dema,
2025)

Annexe 7 : Prise
des paramètres anthropométriques lors de la collecte des
données (Dema, 2025)
XIII. Annexe 8 : Prise devant la plaque
du Centre de Santé d'Adré (Dema, 2025)

XIV. Annexe 9 : Mesure de la taille d'un enfant avec

l'aide d'ne ASC (Dema, 2025)

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