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Essai de modélisation de la fonction de production dans une entreprise industrielle. Cas du complexe théicole de Butuhe "CTB SPRL" de 2003 à  2008

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par Eugide Lalé MBUNDA
Université du CEPROMAD - Licencié en Gestion Financière et Comptable 2008
  

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CHAPITRE DEUXIEME : PRESENTATION GENERALE DU COMPLEXE THEICOLE DE BUTUHE ET LA COMMERCIALISATION DU THE

SECTION I : PRESENTATION DU COMPLEXE THEICOLE DE BUTUHE, C.T.B. SPRL

I.1. LOCALISATION

Le complexe Théicole de Butuhe (CTB) est une entreprise agro-industrielle implantée dans le village de Butuhe situé à plus ou moins 12 km du centre ville de Butembo, groupement Malio, Chefferie de Bashu, territoire de Beni en Province du Nord-Kivu. Le CTB est une entreprise de nationalité congolaise dont l'activité repose sur la production et la commercialisation du thé sec. Le point culminant du CTB se trouve à plus ou moins 2025 m d'altitude avec des pluies abondantes.

Le CTB est une société privée à responsabilité limitée identifiée par le numéro de registre commercial 1897 à Goma et d'identité nationale K27336Y.

I.2. HISTORIQUE

L'initiative du projet de relance de l'agriculture remonte au début des années 1969 lorsque la République du Zaïre en accord avec la Communauté Economique Européenne (C.E.E.) confia une étude sur la relance de la théiculture en province du Nord-Kivu à la société AGRAR-UND HYDROTECHNIK. Ce projet devrait être financé par la C.E.E. par l'entremise du F.E.D. C'est ainsi qu'une convention de financement fut signée à Bruxelles le 09 janvier 1970 entre le Zaïre et la C.E.E. s'engageant l'un à l'autre pour une période de 5 ans sur :

- La création d'un bloc industriel de 200 ha dans une période de 3 ans et de 300 ha de plantations villageoises échelonnées sur 4 ans à partie d'une année après les plantations industrielles ;

- La construction des logements et des bâtiments d'exploitation ;

- La fourniture des intrants agricoles ;

- L'achat de l'équipement de bureau et d'ateliers ;

- L'appel du Zaïre à des ingénieurs conseils spécialisés dans la direction de l'ensemble des opérations ;

- La formation des homologues zaïrois par le personnel expatrié qui prendront la relève des opérations après l'intervention du F.E.D. ;

- L'engagement du gouvernement zaïrois pour le règlement des problèmes fonciers, l'assurance des logements du personnel de direction jusqu'à l'achèvement des habitations prévues dans le cadre du projet,le financement de l'usine sur son budget propre ou sur d'autres sources de crédit à la deuxième année du projet.

En novembre 1970, il y eut démarrage des travaux sous la direction de la société ILACO (International Land Consultant) et dans la première année, une estimation pour les investissements est établie pour une révision de la convention de financement. En effet, deux postes sont jugés manifestement sous-estimés, il s'agit d'une part du coût de construction dont les prix retenus furent ceux réalisés pour les projets analogues au Rwanda inférieurs de 40% à ceux du Zaïre, et d'autre part du coût moyen d'un homme par jour calculé sur 21.12k pour une période de 5 ans tandis que la moyenne des 6 derniers mois de l'année 1971 s'élève déjà à 33.35k.

Au début de l'année 1973, un rapport fut établi et enregistrait les réalisations ci-après :

- Bloc Industriel : 161 ha de théiers plantés soit 39 ha en dessous des prévisions ;

- Bloc Villageois : 34 ha de théiers plantés soit 264 ha en dessous des prévisions ;

- Boisement : 66 ha d'eucalyptus plantés ;

- Construction : 5 maisons achevées pour loger les cadres, 2 hangars magasins et un atelier

Ce rapport signifiait au même moment les difficultés liées aux problèmes fonciers qui restaient jusque là non réglés, les difficultés financières, l'importation retardée des boutures qui devraient chaque fois venir de l'Ouganda, le mécontentement des ouvriers pour leurs rémunérations et au doute ressenti par les planteurs pour la réalisation de l'usine. C'est ainsi que la société ILACO introduisit en la troisième année du projet un dossier auprès de la délégation du FED à Kinshasa sollicita un autre financement.

Le 19 septembre 1973 une autre convention fut signée entre la République du Zaïre et la C.E.E. Cette convention prévoyait un complément de financement afin de construire des usines modernes de capacité annuelle de production de 750 tonnes de thé sec (extensibles à 1500 tonnes) de type rotorvanes. Le même protocole d'accord prévoyait aussi la construction de sept maisons doubles pour les agents de maîtrise, d'un bureau, un dispensaire, des centres de collecte et la mise en place de 330 ha de boisement d'eucalyptus.

Au début de 1974, le département de l'Agriculture confia la direction des travaux aux cadres Zaïrois dans le cadre de la politique de Zaïrianisation. Ces cadres effectuent des missions régulières dans les diverses plantations et usines à thé de la région du kivu.

Au 31 décembre 1975, date d'expiration de la première convention, les résultats furent les suivants :

- 202.66 ha de bloc industriel soit 180 ha de moins sur le programme ;

- 120 ha de bloc villageois soit 180 ha de moins sur le programme ;

- 319 ha de boisement ;

- Toutes les constructions achevées ;

- 98.23 km de réseau routier ;

- Exécution des travaux de l'usine.

Le 13 janvier 1977, l'usine fut inaugurée officiellement par le Commissaire d'Etat à l'Agriculture en présence de la délégation de la C.E.E. à Kinshasa et plusieurs autres délégations et invités.

Au lendemain de l'inauguration, il s'en est suivi une période de conjoncture particulièrement difficile dont :

- Le problème d'approvisionnement en carburant ;

- Le désistement des adultes aux travaux de cueillette et même désertion des planteurs et ouvriers car les prix au kilo des feuilles vertes sont jugés très bas au moment où le prix du café ne cessait d'augmenter.

- Le 07 avril 1978, une troisième convention est signée dont l'objet principal était de financer la construction d'un barrage et d'une mini-centrale hydroélectrique, l'extension des plantations sur 76 ha et la réhabilitation d'une plantation villageoise de 25 ha. Afin d'apaiser les esprits des planteurs et ouvriers, la direction de KAYONGANA MUMPIEME MAWHO initie quelques actions sociales en 1979. Il s'agit notamment :

- De l'accord des soins médicaux aux agents temporaires, aux ouvriers et aux cueilleurs ;

- L'octroie des vélos à crédit aux ouvriers et aux planteurs ;

- La construction d'une cantine ;

- L'aménagement des étangs de pisciculture.

Ces remèdes donnèrent un nouveau souffle au projet et beaucoup de paysans reprennent le service. La question des exportations fut lancée en 1981, année pendant laquelle la gestion du CTB fut assainie par un agronome gestionnaire nommé par la délégation de la C.E.E. à Kinshasa. Cet assainissement permis au projet de remonter sensiblement la pente des recettes et de s'autofinancer. A la même année, fut autorisé la construction de la centrale hydroélectrique.

Les travaux démarrent en mars 1982 par la société ILACO. Il s'observe un ralentissement dû au matériel de construction du barrage qui n'est pas conforme aux normes demandées. La mise en marche de la centrale hydroélectrique a eu lieu en 1985.

« Trop de réglementation tue la réglementation, comme du reste trop d'Etat tue l'Etat39(*) ». Cette citation du Professeur BUABUA WA KAYEMBE a beaucoup concerné l'Etat Zaïrois qui devrait chercher à assainir la réglementation économique. C'est dans cet angle qu'en 1984, le gouvernement zaïrois a décidé de privatiser certaines entreprises sous sa tutelle. Au Complexe Théicole de Butuhe, la privatisation a concerné sa gestion. C'est ainsi que la direction de cette entreprise fut confiée à la société BURESMA (Bureau de Recherche et Management). Quatre ans plus tard, l'équipe de bureau fut licenciée parce que son travail n'a pas été satisfaisant.

Du 17 janvier 1988 au 26 février 1990, la direction du CTB fut confiée à la société P.L.Z. (plantation Lever au Zaïre) qui laissa l'entreprise dans une situation chaotique.

Du 10 septembre 1990 au 19 novembre 1991, la société Z.T.E (Zaïre Trading Engeneering) filiale du groupe Sucrier de Kwilu-Ngongo s'intéresse à l'entreprise mais se retire aussitôt suite à l'instabilité politique et économique au Zaïre. La gestion de cette société a été promettant.

Sur demande du département du portefeuille, la direction du C.T.B. fut confiée à Monsieur LUBOYA KABALAMATA de 1992 à mi-mai 1993.

En juillet 1993, la maison CAFEKIT signe un protocole d'accord avec le gouvernement zaïrois. Elle prit ainsi la relève et la gestion lui fut confiée. La République du Zaïre se désengage du capital de l'entreprise à 60%, puis à 100% en faveur du capital privé. Le complexe Théicole de Butuhe, C.T.B. société privée à responsabilité limitée est né. Sur terrain, les structures antérieures sont maintenues en place. Les entretiens ci-après ont été réalisés jusqu'à ce jour :

- Année 2000 : installation de type CTC et rebobinage de l'alternateur de la centrale hydroélectrique ;

- Année 2001 : réhabilitation de la chaudière ;

- Année 2003 : remplacement des anciens câbles électriques haute tension par des nouveaux.

I.3. OBJECTIF SOCIAL

Le C.T.B. a été créé pour le traitement industriel du thé depuis la plantation jusqu'au produit fini commercialisable. Cette société exerce des influences sur :

- Le développement du milieu rural de Butuhe ;

- Le chômage en milieu rural de Butuhe et environ ;

- Le niveau de vie de la population par la culture du thé ;

- L'économie nationale.

I.4. STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT

I.4.1. Organigramme

(Organigramme voir annexe 1)

I.4.2. Fonctionnement

Parlons en quelques lignes de cet organigramme pour essayer d'expliquer le fonctionnement de cette entreprise.

- Assemblée Générale des associes est l'organe suprême de l'entreprise. C'est elle qui prend des décisions. C'est elle qui engage l'entreprise dans le monde des affaires.

- L'Administrateur Gérant : administre, organise, contrôle en totalité l'entreprise. Il donne rapport à l'assemblée générale des associés qui prend des décisions à son tour.

- Le directeur coordonne les activités, dirige l'entreprise et il donne rapport a l'Administrateur-Gérant.

I.5. OPERATIONS D'USINAGE DE THE

La préparation industrielle du thé noir au CTB SPRL comporte les opérations qui se succèdent comme suit :

1) Réception : les feuilles vertes provenant de la plantation sont pesées avant leur mise dans les bacs de flétrissage dans l'objectif d'avoir une idée générale sur la quantité de matières consommées et prédire la quantité de thé sec à obtenir après usinage en considérant le taux d'extraction de #177; 22,2%.

2) Flétrissage : cette opération consiste à diminuer la fraîcheur des feuilles vertes. Elle se passe dans la salle de flétrissage sur 6 paires de bacs dont chacun a une capacité d'une tonne de feuilles vertes. Chaque paire de bacs a à sa disposition un moteur électrique actionnant des ventilateurs lui desservant en air chaud contenant la vapeur servant pour le flétrissage. Le flétrissage prend une durée d'environ 12 heures.

3) Roulage : cette opération a pour but d'écraser les feuilles de façon à extérioriser les composantes de cyplasme. Lorsqu'il y a destruction des membranes intérieures des cellules, il y a automatiquement mélange des composantes oxydables polyphénales et activation des enzymes d'oxydation. Lors de cette opération de roulage, les feuilles proviennent des bacs de flétrissage pour ravitailler la machine découpeuse qui projette en son tour des déchirures dans les rotorvanes qui accentuent l'écrasement des feuilles qui, à la sortie sont sous forme de boules appelées « dhools ».

4) Fermentation : cette opération consiste au criblage. Les dhools sont émiettés par une brise boule pour que les particules de thé soient bien exposés à l'air et un épandeur pour homogénéiser la masse à fermenter afin que l'ai y circule comme il faut. La fermentation a pour but de donner au thé son arôme et sa couleur par oxydation. Cette opération ne consiste pas à la véritable fermentation car il n'y a pas encore eu l'intervention des microorganismes. L'opération de fermentation dure 6 heures au maximum après quoi l'on aboutit à la purification.

5) Séchage : le séchage a pour but d'arrêter la fermentation sans brûler ni surchauffer le thé et de diminuer la teneur en eau du thé afin d'assurer sa bonne conservation. La vapeur chaude, conduite dans une tuyauterie adiabatique, alimente le séchoir. Cette chaleur est d'abord accumulée dans les radiateurs puis elle sera refoulée de ceux-ci vers le séchoir par un flux d'air extérieur refoulé par ventilation. Après cette opération de séchage, l'on obtient le thé brut.

6) Triage : cette opération consiste à classer le thé à différents grades. Il se fait sur différents tamis séparateurs de grade. Il s'agit d'un jeu de cinq tamis dont les grandeurs de moelles diminuent de haut à bas. LE refus de chaque tamis constitue un grade. Les différents grades ou qualité de thé produit par le CTB SPRL se rangent suivant la finesse des particules de la manière suivante :

1er grade:porte le nom de DUST (D)

2e grade:porte le nom de PEKOS DUST (P.D)

3e grade:porte le nom de ORANGE FENING (O.F)

4e grade:porte le nom de BROKEN ORANGE FENING (B.O.F.)

5e grade:porte le nom de BROKEN ORANGE PEKOS (B.O.P)

Il en existe bien d'autres grades qui ne passent par le tamis.

7) Emballage : cette opération est la dernière. Elle se fait soigneusement afin de permettre le stockage en bonnes conditions des produits finis à la commercialisation. L'équipe qui s'occupe de l'emballage effectue les opérations suivantes :

Ø Le vidage de silo : les sacs sont placés en bas du silo afin de recueillir le thé sec suivant chaque grade.

Ø Le pesage du thé pour en estimer la quantité produite

Ø Le bulkage : c'est homogénéisation de la production présentant les mêmes aspects (couleur, goût, etc.)

Ø L'emballage proprement dit : c'est la mise en sac du thé fait en double afin d'éviter que le thé soit en contact avec l'humidité atmosphérique. Les sacs portent des écrits spécifiant le lieu de production, le numéro du lot et le grade en vue de leur mise en stock.

I.6 ORGANISATION COMPTABLE AU SEIN DU C.T.B

A. Documentation

Le service de comptabilité est un service centralisateur de différents documents et pièces justificatives de l'entreprise. Ces documents et pièces sont si nombreux qu'il n'est point besoin d'en établir une liste. Notons qu'ils constituent, pour ainsi dire, une base solide pour la passation des écritures comptables. Rappelons toutefois pour souvenir :

1. Les journaux : de caisse et de banque ;

2. Le journal de salaires, magasin, de transport, des comptes courant, etc ;

3. Le journal général ou sont corrigées les erreurs commises sur les journaux précédents ;

4. Les balances mensuelles ;

5. Les T.F.R ;

6. Les bilans, etc.

Tous ces documents sont complétés suivant les normes du P.C.G.Z.

B. Attributions du service de comptabilité

Outre la tenue des divers documents comptables, le service de comptabilité a dans ces attributions :

ü L'élaboration du budget du CTB ;

ü L'analyse financière des activités de l'entreprise. Pour cela, ce service se sert de certaines techniques et méthodes comptables : la méthode de « Direct Costing » permet de dégager non seulement le résultat brut et net d'exploitation mais aussi la rentabilité économique ;

ü La préparation des documents devant être présentés au fisc ;

ü Le contrôle de mouvements de la caisse : entrées, sorties et soldes ;

ü L'inventaire comptable et extracomptable.

C. Plan comptable

En ce qui concerne le plan comptable utilisé, il est a noter que ce dernier est adopté a l'agro industrie qu'est le CTB. En effet, certains comptes divisionnaires reprennent des éléments purement agricoles. Telle est le cas du compte 31 matières & fournitures où l'on enregistre en actif les sous-comptes :

31.01 Stocks paddy

31.02 Stocks pépinières

31.05 Stocks engrains et produits chimiques

De même, les feuilles vertes prêtes à l'usage sont considérées comme fournitures consommées et sont donc enregistrées au débit du compte 61

* 39 BUABUA WA KAYEMBE, Droit économique congolais, Ed. Universités Africaines, Kinshasa 2000, p 12

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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote