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Dedollarisation : enjeux, regard et perspectives


par Espoir KAHENGA KALEMBO BUTALELE
Université de Lubumbashi - Licence 2014
  

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INTRODUCTION GENERALE

En République Démocratique du Congo, l'économie est restée vigoureuse en 2013 avec une croissance de 8.1 % (contre 7.2 % en 2012), grâce aux industries extractives, mais aussi au commerce, à la construction et l'agriculture. La croissance a bénéficié de l'amélioration de certains éléments du climat des affaires, de la reconstruction des infrastructures et d'une demande soutenue. L'exploitation minière a constitué le principal levier de croissance. Plusieurs sociétés minières sont passées de la phase d'exploration à celle de l'exploitation depuis 2013.

La rationalisation des politiques macroéconomiques et la stabilité des cours des produits de base a permis de contenir l'inflation, qui s'est située à 1.1 %, contre 2.7 % en 2012 et une cible de 4 % en 2013. Le taux de change s'est faiblement déprécié (0.3 %). La bonne coordination des politiques budgétaire et monétaire et le rebond des recettes d'exportation ont par ailleurs accru les réserves de change de la Banque centrale du Congo (BCC). Ces dernières sont passées de 1 213.7 à 1 766.45 millions CDF (francs congolais) de 2012 à 2013, couvrant 9.4 semaines d'importation.

Les indicateurs macroéconomiques sont verts, mais la situation sociale demeure préoccupante. Le marché du travail reste très exigu et les salaires réels n'augmentent pas. La malnutrition, qui sévit fortement, est l'une des principales causes de mortalité. Beaucoup d'enfants restent en dehors d'un système éducatif dont la qualité pose par ailleurs problème. Le défi majeur du pays consiste à mettre l'économie au service du développement humain.

Au plan sécuritaire, la situation s'est un peu améliorée mais certains groupes armés restent actifs à l'Est du pays. Après de violents combats durant les dix premiers mois de l'année dernière, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont parvenues, en novembre 2013, à mettre un terme à la rébellion formée par le Mouvement du 23 mars (M23). Les zones autrefois contrôlées par ce groupe armé restent à sécuriser, et les infrastructures à reconstruire.

La croissance devrait se maintenir à 8.5 % et 8.6 % en 2014 et 2015. Elle sera tirée par le secteur minier (cuivre, cobalt et or), la reconstruction des routes et des infrastructures énergétiques ainsi que les retombées de la campagne agricole lancée en 2012. Sous la pression de la demande globale, l'inflation devrait augmenter, tout en restant inférieure à la cible de 4 %. Ces perspectives dépendent de l'éventuelle résurgence des conflits à l'Est du pays, avec leur incidence possible sur la viabilité des finances publiques et le climat des affaires. Le repli de la croissance dans les pays émergents pourrait se solder par une baisse des investissements directs étrangers et de la demande en minerais.

Malgré le fait que les indicateurs économiques sont au vert, l'économie congolaise connaît la circulation concomitante de plus d'une monnaie dans les échanges, avec la présence d'autres devises étrangères (dont la plus affichée se trouve être le dollar américain) aux côtés du franc congolais. C'est un des phénomènes atypiques qui ne s'observent que dans des économies en crise, généralement caractérisées par une instabilité politique quasi-permanente, des guerres récurrentes, des variations anormales du taux de change et une inflation galopante, où la communauté de paiement n'a plus confiance à la monnaie nationale, pour ne pas dire, aux autorités monétaires, ainsi qu'au système bancaire.

C'est la RDC s'est lancée en 2012 dans le processus de dédollarisation de l'économie et cette dernière est l'une des mesures bien pensées du gouvernement qui consiste, dans ses stratégies comme dans ses effets, à réduire progressivement, à leur strict minimum, les trois rôles traditionnels que joue concurremment le dollar américain, avec le franc congolais (qui est la monnaie nationale de la République Démocratique du Congo), comme monnaie ayant cours légal dans le pays, à savoir instrument d'échange, unité de compte et réserve de valeurs. Cette concurrence déloyale du dollar américain contre le franc congolais a toujours constitué un véritable goulot d'étranglement pour les gouvernements successifs, d'autant plus que ces derniers n'ont pas toute la mesure requise de la maitrise pour réguler valablement les émissions, ou mieux les entrées, de cette devise en territoire national ; avec comme conséquences, la dépréciation du franc congolais et la montée des prix des biens et services, parfois en dollar même, pourtant considéré comme une devise stable.

Autant la dollarisation favorise la thésaurisation, autant elle sécurise ainsi les commerçants véreux qui entretiennent la spéculation dans l'économie, en torpillant les actions du gouvernement visant à stabiliser les prix (au sens large) et à promouvoir la croissance du PIB.

0.1. PROBLEMATIQUE

Le sujet que nous traitons constitue un problème délicat tant pour sa forme que par son essence ; nous avons ici à éclaircir une préoccupation que nous appelons « PROBLEMATIQUE ».

De Marie FABIENNE, nous apprenons que la problématique est : « un domaine d'intérêt général et une source de questionnement offrant au chercheur la possibilité de formuler un problème de recherche particulier ».1(*)

John BREACHERS, lui déclare que : « dans le domaine scientifique, lorsqu'il est question d'étude, la difficulté n'est pas de traiter les questions mais de construire des axes autour desquels on oriente le sujet ».2(*)

La problématique se définit selon Larousse comme étant l'ensemble des questions qu'une science ou une philosophie peut valablement poser en fonction de ses moyens, de son objet d'étude et de ses points de vue.3(*)

En ce qui concerne la problématique d'un thème de recherche, nous osons croire qu'elle est d'une grande importance du fait qu'elle renferme les préoccupations que nous attendons résoudre dans le développement de notre dissertation.

Nous pouvons définir de notre part la problématique comme une question autour de laquelle doit tourner notre travail.

Au terme des études universitaires en Sciences Économiques, plus précisément en Economie Monétaire de l'Université de Lubumbashi, chaque étudiant finaliste présente un travail d'ordre scientifique basé sur la gestion d'un problème quelconque relatif à la société. C'est ainsi que le présent travail est intitulé : « DEDOLLARISATION : ENJEUX, REGARD ET PERSPECTIVES » en se basant sur la RDC.

Mais, avant de parler aujourd'hui de la dédollarisation, il importe d'abord de se demander les questions ci-après :

· D'où l'on vient pour qu'on en soit arrivé là,C'est-à-dire, de donner les causes de la dollarisation de notre économie ;

· Ensuite, s'assurer que les raisons qui ont conduit à ce phénomène ont cessé d'exister ;

· Et enfin, prendre des précautions appropriées afin de prévenir tout échec possible qui viendrait donner un coup d'arrêt à la croissance qui s'observe depuis plus d'une décennie en faveur de notre économie.

S'il n'y a pas d'inquiétude ou de doute quant à la réponse à donner à toutes ces interrogations, alors seulement on pourra tenter l'aventure, mais en accordant tout le bénéfice du temps au facteur temps.

* 1 Marie Fabienne Fortin, Processus de recherche, Ed. De Carie, CANADA 2000, P. 26.

* 2 J. BREACHERS, les problèmes révolutionnaires, Ed. RUJ, Paris, 1974, P. 50.

* 3 P. LAROUSSE, Dictionnaire encyclopédique, 1982, P. 810.

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