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Les sites internet des radios - L'arrivée de l'internet dans l'organisation du média radio : mutation du média, complémentarité ? Quelles conséquences et apports pour les auditeurs et le média radio ?

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par Clémentine Mervelet
Université de Metz - Paul Verlaine - Master 2 Conception de Produits Médiatiques, spécialité infographie 2006
  

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Introduction

Depuis la fin des années 1990, l'utilisation d'Internet s'est généralisée dans les foyers comme dans les entreprises. Elle a très vite dépassé les espérances des professionnels des technologies numériques et l'accès à Internet est devenu un élément de plus en plus classique de la liste des équipements technologiques des Français, au même titre que la chaîne hi fi ou le lecteur de DVD...

Devant cet engouement technologique et commercial, synonyme de démocratisation de l'usage internet, nombre d'entreprises privées et publiques se sont lancées dans cette aventure en créant leur propre site, dédié à leurs marques, à leur philosophie, aux services proposés à leurs clients. Internet est devenu un passage obligé pour assurer sa présence et permettre de nouveaux services aux internautes. Considéré encore en 2000 comme un hors média par les professionnels de la communication et les chercheurs, cette nouvelle toile s'est peu à peu imposée, à un point tel qu'elle est aujourd'hui devenue un média à part entière, rejoignant les médias plus « classiques » comme la presse, la télévision, ou encore la radio, deuxième média à avoir fait historiquement son apparition après la presse.

Nous avons choisi de nous pencher justement sur le croisement de ces deux médias que sont l'internet et la radio. Une radio est, avant d'être bien sûr un média, une entreprise, privée ou publique selon le cas. En tant qu'entreprise, elle a eu l'occasion d'aborder la question du passage à Internet dans une possible élaboration de son site. Nous pouvons nous interroger sur la façon dont elle a appréhendé cette construction d'un média censé être au service du propre média qu'elle est, et dans quelle mesure l'a-t-elle réalisée.

Plus précisément, nous devons nous poser la question de savoir ce que cela a changé dans les relations que l'entreprise radio entretient avec ses consommateurs, c'est-à-dire ses auditeurs : l'évolution des relations entre ces deux protagonistes, la réaffirmation de l'identité de la radio aux yeux des internautes et auditeurs via le développement de son identité visuelle grâce au site internet, la multiplication des possibilités d'écoute de la radio, la nouvelle interactivité qu'offre le web ... Quelles sont les nouvelles approches d'analyse du succès d'un média radio ? A ses débuts et jusqu'à la fin du XXème siècle, à l'aube de l'âge d'or d'internet, une radio était jugée d'après les programmes qu'elle diffusait et les catégories auxquelles appartenaient ses auditeurs.

Désormais, une autre façon d'analyser une radio et son influence est de prendre en considération d'autres éléments comme son site internet, ses modalités techniques de diffusion, le profil des internautes qui consultent le forum, les relations qu'elle entretient avec ces derniers, etc.

Nous nous interrogeons donc sur ce que la construction d'un site internet peut apporter à une radio et sur l'hypothèse qu'un site web complète une radio sans remplacer le média qu'elle est et sans risquer de l'altérer dans sa politique de communication en la diversifiant dans trop d'activités différentes. Nous établissons l'hypothèse qu'un site internet est, pour une radio, une opportunité en termes de communication, et non un risque de dispersion.

Pour traiter ce sujet, c'est-à-dire si cette démarche d'adoption d'un site complète ou diversifie l'activité d'une radio dans le sens où elle la transforme radicalement, il paraît intéressant de se pencher tout d'abord sur l'histoire de la radio en elle-même. Ses avancées, la progression de sa part dans la consommation des français et dans leur mode de vie, ses innovations vont nous permettre de synthétiser les grandes étapes de l'histoire de la radio afin de mieux saisir la tendance d'évolution de ce média audio. A travers l'analyse quantitative et qualitative de plusieurs sites internet de radios, parmi celles les plus écoutées en France sur l'année 2003-2004, nous établirons une étude comparée de la construction de ces pages web, de façon esthétique et/ou ergonomique. Nombre de rubriques, proposition de téléchargement de contenus radiophoniques et thèmes portant sur l'institutionnel dresseront un portrait général de la plupart des sites de radio, c'est-à-dire les points communs et inévitables de construction lorsque l'on souhaite élaborer un site pour un annonceur aussi complexe dans son statut.

Puis, nous démontrerons les différences qu'apporte un site internet dans la relation avec les auditeurs avant de traiter des changements vus côté gestion de la radio. Prendre la décision de construire un site pour répondre aux besoins des auditeurs engendre une structuration et un point de vue différents dans la communication tournée vers son public et consommateur, que ce soit envers les annonceurs publicitaires potentiels qui permettent d'augmenter les revenus d'une radio ou envers les nouveaux auditeurs qui cherchent à connaître davantage le média qu'ils n'ont écouté que peu de fois et qui souhaitent se retrouver dans le site pour adopter à long terme cette radio. Il s'agira là d'une relation proche de la relation de clientèle.

Enfin, nous nous interrogerons sur la façon dont les théoriciens de la communication avaient vu venir ce phénomène avant de faire un premier bilan sur le passage obligatoire par la case Internet par les radios au début du XXIème siècle. La majorité d'entre elles, en tout cas dans les radios les plus écoutées, sont-elles arrivées à en faire une force et un soutien à leur stratégie de communication ?

Historique de la radio et tendances d'évolution

« De tous les travaux consacrés à la radio, les recherches historiques sont de loin dominantes, comme si ce média appartenait au passé. »1(*). Cette réflexion, de Jean-François Tétu, traduit bien le manque d'études consacrées à la radio, en comparaison de celles réalisées pour la télévision.

L'histoire de la radio débute en 1890 lorsque le français Édouard Branly crée, en 1890, le premier détecteur d'ondes radio permettant de s'éloigner de quelques dizaines de mètres de l'émetteur. Peu de temps après, Alexandre Popov invente l'antenne permettant d'accroître la portée jusqu'à 200 mètres. Le 2 juin 1896, l'inventeur Marconi dépose le brevet de la TSF en Grande-Bretagne. Malgré ces découverts technologiques, on peut dire que la radiodiffusion moderne est réellement née avec l'apparition de la lampe radio de Lee De Forest en 1907. Dès les années 1920, quelques stations de radio privées, font leur apparition sur les ondes et, élément étrange, sont toutes liées à des quotidiens (un peu comme aujourd'hui Internet représente un nouveau souffle pour la radio au système « classique ?». Ainsi, par exemple Radio-37 liée à Paris-Soir. Les rubriques majeures du genre radiophonique se distinguent peu à peu : reportages sportifs, journaux parlés, radios-concerts, etc. s'entendent sur les ondes. L'entre-deux-guerres peut être défini comme l'âge d'or de la radio, puisque les ventes explosent : le nombre de postes récepteurs évolue aux Etats-Unis, se multipliant par 2000 ! De 50 000 postes en 1921, on en arrive à 10 millions en 1929, année de crise économique. En Europe, c'est le même succès : en novembre 1922, la tour Eiffel permet de diffuser le premier journal radiophonique français.

Dans les pays totalitaires (Allemagne, URSS, etc.) on pense que la radio est idéale pour transmettre la politique propagandiste, c'est ce qui fera son succès et le développement de son utilisation durant la Seconde Guerre Mondiale. Cependant, jusqu'au début des années 1950, le développement de la radio concerne surtout les pays occidentaux.

En France, l'ordonnance du 23 mars 1945 retire toutes les autorisations accordées avant-guerre aux radios privées, remettant en quelque sorte le compteur à zéro. Si l'on se concentre sur le paysage radiophonique géographiquement proche de la France, on note que c'est en 1955 que l'apparition d'Europe 1 bouleverse la façon d'écouter la radio : le divertissement fait son entrée. La radio devient moins formelle, notamment par la création dans la même période de Radio-Luxembourg, Radio-Monte-Carlo et Sud-Radio.

Les premières radios libres, celles que l'on surnomme « pirates », apparaissent en France dans les années 1970, période durant laquelle, simultanément, les radios vont subir la concurrence de la télévision, grande avancée de l'époque. Vers la fin des années 70, plus de 1500 radios pirates existent, mais le statut de ces médias pose problème et les opinions des français sont partagées sur ce point. Le débat prend fin quand, en 1981, François Mitterrand arrivé au pouvoir, permet la libéralisation de la communication radiodiffusée grâce à la loi du 29 juillet 1982. L'Etat est toujours force de décision dans le fait d'autoriser ou non des fréquences, mais les radios sont davantage favorisées dans leur création. C'est ainsi que différents types de radios vont se développer sur la bande FM : des radios communautaires, tels que Radio Notre Dame, des radios thématiques (musique, culture, information diffusée en continu) et des radios franchisées. Jusqu'en 1984, le seul frein à la création de nouvelles stations FM est le fait que les radios libres ne sont justement pas si libres que ça en termes de revenu : elles sont soumises à certaines restrictions et ne peuvent pas percevoir de recettes publicitaires.

Cinq ans plus tard, en 1989, un organisme est chargé par l'Etat de faire respecter l'ordre et les lois sur les ondes : il s'agit du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, le CSA.

En 2005, environ 1400 radios privées sont présentes sur les ondes françaises. Pour sa réglementation, le CSA les divise en cinq catégories :

- les radios commerciales nationales généralistes (RTL, Europe 1, RMC, etc.)

- les radios commerciales nationales thématiques (NRJ, Fun Radio, Nostalgie...)

- les radios non commerciales privées (communautaires, etc.)

- les radios commerciales locales ou régionales indépendantes

- les radios commerciales locales rattachées à un réseau national (radios franchisées).

En France, grâce à la multiplication des types de récepteurs (autoradio, baladeur, etc.), le taux d'équipement en postes de radio est proche de 100 %. D'après une étude Médiamétrie parue le 19 juillet 2006 sur l'équipement radio des foyers en 20062(*), « la quasi-totalité (98,3%) des personnes âgées de 13 ans et plus possède dans leur foyer, y compris la voiture, au moins un appareil permettant d'écouter la radio. Ces personnes vivent dans des foyers équipés de près de six appareils en moyenne (5,8) leur permettant d'écouter la radio.

Ce niveau d'équipement très élevé prend en compte à la fois les équipements classiques de réception de la radio (autoradio, radioréveil, mini chaîne et chaîne Hi-fi, radio K7, lecteur CD, transistor, baladeur) et aussi les nouveaux équipements. A noter pour la première fois l'apparition dans ces équipements des baladeurs MP3 et des téléphones mobiles recevant la radio. L'ordinateur connecté à Internet et les téléviseurs permettant de recevoir la radio ont également fait leur entrée dans les foyers français. »

* par convention, 1 seul ordinateur connecté à Internet a été pris en compte dans ces foyers

** en état de marche

Les radios utilisent également de plus en plus Internet comme moyen de diffusion. Par ce biais, elles peuvent diffuser à travers le monde entier. On peut par conséquent écouter des radios comme NRJ ou Oui fm sans pour autant être dans le périmètre géographique couvert par les ondes françaises de ces deux médias. Le taux d'écoute s'en trouve multiplié. D'après l'Institut Médiamétrie, « l'écoute de la radio via Internet peut s'effectuer de deux façons :

- en streaming, les internautes peuvent écouter une radio en direct ou en différé. Ce principe permet d'écouter un contenu audio (ou vidéo) sans le télécharger ou le stocker. Il se différencie ainsi de la diffusion par téléchargement qui nécessite de récupérer l'ensemble des données d'un son avant de pouvoir l'écouter.

- le podcasting permet aux internautes, sur abonnement, d'automatiser le téléchargement d'émissions audio (ou vidéo), notamment pour leur baladeur numérique, sur le disque dur de leur ordinateur personnel, pour une écoute immédiate ou ultérieure ».

* 1 Tétu J-F., 2004, La radio, un média délaissé, Hermès 38, Les sciences de l'information et de la communication, savoirs et pouvoirs, CNRS Editions, page 63

* 2 Institut Médiamétrie, Equipement Radio en 2006, document PDF, 19 juillet 2006 [consulté le 26 juillet 2006]

Disponible sur : http://www.mediametrie.fr/resultats.php?rubrique=rad&resultat_id=290

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