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Les institutions démocratiques

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par H B
Université de Clermont- ferrand - Maitrise 2008
  

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II.DEUXIEME PARTIE : LES LIMITES DE LA DEMOCRATIE ATHENIENNE ET L'AVENEMENT DE LA DEMOCRATIE MODERNE

Qu'est-ce qu'au juste une démocratie ? Si l'on se réfère tour à tour à l'étymologie du mot et aux multiples régimes qui se sont réclamés d'elle, de l'Antiquité aux temps modernes, la démocratie se révèle être une idée simple ... à caractère complexe. C'est d'abord une idée simple :

- la démocratie est en effet ni plus ni moins que le pouvoir direct, (krátos, en grec), par et pour le peuple, (le-démos). Mais ensuite cette définition soulève un problème, parce que cette idée simple est, en fait, difficilement applicable dans la réalité, y compris dans le régime auquel on l'associe classiquement : la Cité athénienne, c'est du moins ce que révèle la nouvelle lecture, qui a fait l'objet de commentaires par le Danois Mögens H. Hansen .De fait, l'exercice au quotidien de la démocratie directe se heurte à de nombreuses limites :

- En ce qui concerne la taille de l'État, pour que les citoyens puissent s'assembler, ils ne doivent pas être entre autres éloignés les uns des autres. C'est pourquoi l'idée de démocratie sera traditionnellement associée aux cités-États. Même à Athènes, l'Assemblée ne réunissait qu'une fraction des citoyens, (6 000 en moyenne sur 30 000 au IV siècle avant notre ère).

- Il existait aussi une instabilité irréversible. L'expérience historique l'atteste : les démocraties sont instables et semblent conduites irréversiblement à l'anarchie ou à l'oligarchie, car le principe par exemple du tirage au sort peut s'appliquer dans des sociétés simples, alors que dans nos sociétés complexes, il faut en revanche connaître le droit, l'économie, la stratégie....etc. Xénophon rapporte (Mémorables1,2,9) que Socrate s'indignait de cette procédure dans ces termes :- « C'est folie de nommer les magistrats par tirage au sort, alors que personne ne veut s'en remettre au sort pour le choix d'un pilote, d'un charpentier, d'un joueur de flûte ou de toutes autres ouvriers du même genre, dont les fautes sont bien moins nuisibles que celles de ceux qui gouvernent ». Bernardi, dans son oeuvre, La démocratie*, explique ce qui menace la liberté antique, c'est que cette liberté était reservée à s'assurer le partage du pouvoir social, les hommes ne fissent trop bon marché des droits et des jouissances individuelles. 

Mais encore, dans la cité athénienne, on retrouve le sixième titre pour gouverner pour Platon, dans son oeuvre les lois, ce que Jacques Rancière a souligné dans le principe démocratique d'égalité, qui est `'la connaissance ou la compétence''. Seuls les savants devraient gouverner. C'est bien également le cas de le dire pour Aristote dans les trois modes d'élections : seuls les deux premiers modes d'élection à savoir le pouvoir législatif et le pouvoir judicaire et exécutif sont démocratiques, alors que la désignation du chef des armées est sous le mode aristocratique - une élection des plus compétents - C'est le cas de la Cité athénienne comme des cités italiennes de la Renaissance. Les perpétuelles divisions entre factions dont elles ont été le théâtre, expliquent d'ailleurs la défiance que la démocratie ne cessera d'inspirer. « On ne peut lire l'histoire des petites Républiques de la Grèce et de l'Italie »*, écrit l'un des pères fondateurs de la fédération américaine, « sans se sentir saisi d'horreur et rempli de dégoûts par le spectacle des troubles dont elles étaient continuellement agitées, et cette succession rapide de révolutions qui les tenaient dans un état d'oscillation perpétuelle, entre les excès du despotisme et de l'anarchie », (35).

- A propos des compétences limitées du citoyen, on note que si un citoyen participe au gouvernement, encore faut-il qu'il ait toutes les compétences techniques requises. C'est pourquoi, dans son fonctionnement quotidien, la cité athénienne n'a jamais été une démocratie pure, c'est-à-dire intégralement directe, car le peuple assemblé ne détenait pas tous les pouvoirs. Aussi, les fonctions si importantes, qui sont, notamment militaires, étaient remplies par des magistrats élus. Pour toutes ces raisons, la démocratie directe n'a cessé d'apparaître comme un régime idéal parce que justement irréalisable. Pourtant ardent défenseur de ce régime, Jean-Jacques Rousseau considère ainsi qu'il n'y à point de véritable démocratie directe et qu'un « gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes », mais « à un peuple de dieux », (36).

1-1 VERS LA DEMOCTATIE REPRESENTATIVE

Pour former démocratiquement l'espace public, l'espace politique doit parvenir à intégrer les voix marginales de la cité. Cet même espace politique doit se constituer comme une caisse de résonance des problèmes sociaux globaux, en étant réceptifs aux impulsions émanant des mondes vécus «...imaginer une ouverture de l'espace politique à de nouvelles formes d'expression de libertés civiques »* . Maints pays n'ont pourtant pas renoncé au principe d'un gouvernement fondé sur la participation du « peuple », (au sens propre du terme).

La solution tient en une formule : la démocratie représentative est le régime, où la volonté des citoyens s'exprime par la médiation de représentants sélectionnés au sein du peuple, comme dit Constant. Benjamin* ce qu'il faut prévaloir c'est la liberté de l'individu, indépendant, autonome qui s'exprime dans l'ordre politique comme d'être représenté.

Le fait que la démocratie soit un régime nécessairement représentatif apparaît aujourd'hui comme une évidence. Or, il n'en fut pas toujours ainsi. Longtemps, l'idée même de démocratie représentative est apparue comme une contradiction dans les termes. De Platon à Rousseau, les philosophes n'ont cessé de distinguer la démocratie de tous les régimes à caractère représentatif. De tous les philosophes, J.-J.

___________________________

*Rencontre avec Habermas, in le Monde des livres, 10 Janvier 1997

* Bruno BERNARDI, La démocratie, Edition Flammarion, Paris, 1999, p 155

* Benjamin CONSTANT, De la liberté dans anciens comparée à celle des modernes, Paris, GF- Flammarion, 1986, p 265

Rousseau est le plus hostile à l'idée de représentation. Pour lui, déléguer son pouvoir à des représentants revient pour le peuple à aliéner sa liberté, puisque rien ne garantit que la volonté des représentants soit fidèle à la volonté générale.

Cette critique n'a pas disparu avec la mise en place des démocraties représentatives. Dans l'entre-deux-guerres, Carré de Malberg considère encore que l'introduction de la représentation entraîne la « captation » de la démocratie, une oligarchie élective se substituant au peuple souverain. Si au XVIIIe siècle, les fédéralistes américains et les révolutionnaires français admettent le principe de la représentation, ils n'en continuent pas moins à établir une nette distinction entre le régime représentatif et la démocratie.

Pour Emmanuel Sieyès, par exemple, il y a une « différence énorme » entre la démocratie, où les citoyens font eux-mêmes la loi et le régime représentatif, dans lequel ils exercent leur pouvoir par le biais de représentants élus. « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n'ont pas de volonté particulière à imposer », (37).

« S'ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n'est pas une démocratie, (et la France ne saurait l'être), ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants », (38).

De leur côté, les fédéralistes américains n'ont guère le sentiment d'oeuvrer à la naissance de la démocratie, mais oeuvrent pour un gouvernement de type nouveau, conciliant les avantages de la représentation avec le principe de la république.

Dans Les Principes du gouvernement représentatif, Bernard Manin rappelle cet étrange paradoxe : alors qu'un « gouvernement organisé selon les principes représentatifs était (...) considéré, à la fin du XVIIIème siècle, comme radicalement différent de la démocratie, (il) passe aujourd'hui pour une de ses formes »(39). Pour lui, l'extension du suffrage universel, au terme de longs conflits, n'a fait que donner « une puissante impulsion à la croyance que le gouvernement représentatif se muait peu à peu en démocratie »*.

C'est pourtant bien la représentation qui s'est imposée comme le moyen de palier l'impossibilité d'une participation directe des citoyens dans le cadre des États-nations qui émergent à partir du XVIIIe siècle. Au cours des révolutions anglaise, américaine et française, plusieurs arguments sont avancés qui militent en faveur de l'introduction de la représentation dans le fonctionnement de la démocratie. Par conséquent, il existe une nécessité d'une division du travail dans une économie marchande.

En confiant la gestion des affaires aux représentants sélectionnés parmi le peuple, les individus peuvent librement vaquer à leurs occupations privées. Le philosophe John Locke est l'un des premiers à défendre cette idée. De même, E. Sieyès voit dans la représentation l'application à l'ordre politique du principe de la division du travail, principe qui constituait, à ses yeux, un facteur essentiel du progrès social.

Pour Benjamin Constant, « le système représentatif est une procuration donnée à un certain nombre d'hommes par la masse du peuple, qui veut que ses intérêts soient défendus, et qui néanmoins n'a pas le temps de les défendre toujours lui-même », (40).Il veut dire par la liberté se réalise grâce à un gouvernement représentatif, ce qui permet de valoriser la liberté individuelle, mais à trop chercher son intérêt particulier, le risque d'oublier « le droit de partage »* le pouvoir politique qui s'accomplit. Pour ne pas tomber dans l'asservissement, il faut maintenir l'équilibre entre la liberté individuelle et le droit de partage. De fait, le contexte dans lequel s'élaborent les démocraties modernes n'a plus guère à voir avec celui qui a vu la naissance de la démocratie athénienne. La question de la liberté ne concerne plus seulement la sphère publique. En effet, elle concerne aussi la sphère privée.

- La représentation permet alors de surmonter cette division.

En défendant la diversité des intérêts, la représentation évite que des groupes d'intérêts ne viennent menacer les droits des minorités. Dans cette perspective, l'étendue des États n'est plus un obstacle, mais au contraire favorable à la démocratie. Selon le célèbre argument avancé par les fédéralistes, « un grand territoire et une importante population favoriseront la multiplication des intérêts et des opinions, ce qui rendra difficile la coalition d'intérêts partisans, de factions, et donc la formation d'une majorité qui mettrait en danger les droits des minorités, la liberté de chacun et, par là, le bien origine de la démocratie représentative commun et l'intérêt général », (41).

___________________________

35 *Les fédéralistes qui soutiennent toute forme d'organisation sociale combinant l'existence d'un centre et le maintien des entités membres

36 * Jean-Jacques Rousseau, Le contrat social

37 * Emmanuel-Joseph Sieyès, La séparation stricte du pouvoir

38 *. Ibid

39 * Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, 1995

40 * Benjamin Constant, De la liberté des anciens comparée à celle des modernes (1819), édition de Marcel Gauchet, Pluriel, 1980, P.501

41 * Les fédéralistes, op.cit

* Hélène Lande more, Les principes du gouvernement repéresentatif (Calmann-Lévy, 1995). Elle y souligne que Manin Bernard et Urbinati Nadia, ont écrit ensemble Représentative Démocracy : Principles And Genealogy (University of Chicago Press, 2006) qui traite du même sujet

* "Les Institutions démocratiques peuvent--elles faire un usage « efficace » des ressources morales ?"Edition N°2.Revue Futur anterieur, 1990.

*Infologisme.com v. 1.2.0 (c) 2004-2009

1-2 LES PRINCIPES DEMOCRATIQUES

On ne peut avoir une définition assez correcte et précise de la démocratie pour assurer le bon fonctionnement des institutions sans pour autant savoir de quoi elle est composée. On peut avoir des institution fiables et qui répondent aux attentes et aux aspiration des citoyens, sans qu'elles respectent les principes fondamentaux de la démocratie et ce, à partir du maintien de la dignité humaine qui se traduit par la grande fermeté contre les anciens abus, et une condamnation de privilèges à tel point que même la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 a clairement dit, dans son article 6 : 

- «... la loi doit être la même pour tous, sitôt qu'elle protège soit qu'elle punisse... ». Comme on peut le constater, cette formule du précédent article est exactement le contre-pied des privilèges. La déclaration sus- mentionnée proclame entre autres dans le même article, article VI :- « tous les citoyens ont le droit de concourir personnellement, ou par leur représentant, à la formation de la loi, qui est l'expression de la volonté générale »*, ce qui implique en principe dans cet article le suffrage universel. Les genres de principes qui garantissent la transparence démocratique sont doubles :

- d'abord, il existe le contrôle populaire sur les prises de décisions et sur les décideurs, puis il y a le principe de l'égalité devant les citoyens dans l'exercice d'un contrôle.*

À la fois réel sur le premier principe, à savoir le contrôle populaire sur la prise de décision et sur les décideurs, il s'agit à cet effet de rendre le contrôle populaire sur les décisions publiques à la fois réel mais inclusif. Effectivement, il faut relire à l'élite le monopole de le prise de décision et des bénéfices y afférents, et surmonter les obstacles, tels que ceux-ci sont liés au genre, à l'ethnie, à la religion, à la langue, à la classe, à la richesse... etc. Ainsi, tout ceci se fait par rapport à l'exercice équitable des droits des citoyens. Les principes précédemment cités sont importants et forts de signification, mais ils ont besoin d'être spécifiés avec précision dans le cadre d'un système de gouvernance représentatif.

C'est un gouvernement dans lequel d'anciens dirigeants assignent à d'autres le droit de décider de la politique publique en leur nom. C'est alors que ces deux principes fondateurs protègent et servent les bonnes démocraties et le bon fonctionnent des institutions. Au moyen de ces postulats, il nous faut identifier un ensemble de valeurs médiatrices, à travers lesquelles ces deux principes préalablement cités peuvent se réaliser dans la politique. Pour citer ces valeurs- là, on peut trouver entre autres :

 

_________________________

* S ALLEMAND, Les fondements de la démocratie, Ed le seuil, Numéro 81

*Articles VI de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

- la participation,

-l'autonomie,

-la représentation,

-la transparence,

-la sensibilité,

-la solidarité.

C'est en effet, à partir de ces valeurs, qu'on peut dire que les institutions d'un gouvernement représentatif gardent leurs caractères démocratiques, et ce sont même ces valeurs à l'aide desquelles on évalue comment dans la politique, les institutions fonctionnent démocratiquement. Alors, une relation à double sens entre les valeurs et les institutions confère au processus d'évaluation de la démocratie son fondement intellectuel et sa validité. Cette double relation est schématisée dans le tableau ci- dessous composé de quatre colonnes :

VALEURS MEDIATRICES

CONDiTIONS

REQUISESMOYENS ET

INSTITUTIONS

DE REALISATION

PARTICIPATION-Droit à participer

-Capacité et ressources pour les partis

-Culture de participation-Système de droit et politique

-Droit économique et social

-Éducation en faveur des citoyens

AUTONOMIE-Validation de la constitution

-Choix des responsables

-Service / programme

-Contrôle du personnel élu existant sur le personnel non élu-Référendum

-Élection libre et juste

-Système de subordination aux responsables élus

REPRESENTATION-Législature des principaux courants de l'opinion populaire : toutes les institutions politiques représentatives de la composition sociale de l'électorat-Système électoral et de parti, loi contre la discrimination

- Une politique d'action affirmative

IMPUTABILITE-Des lignes claires d'imputabilité légale, financière et politique pour assurer une prestation de service et une intégrité judicaire efficaces et honnêtes

-État de droit et séparation des pouvoirs

-Processus d'audit indépendant

des normes légales applicables

-Fort pouvoir parlementaire de vérification

TRANSPARENCE-Gouvernement ouvert à un contrôle législatif et public

-Législation sur la liberté d'information

-Média indépendants

SENSIBILITE-Gouvernement accessible par les électeurs, et les différentes sections de l'opinion publique dans le cadre de la conception et de la mise en oeuvre des politiques et des prestations de services-Consultation publique systématique

-Réparation légale effective

-Gouvernement local proche de la population

SOLIDARITE-Tolérance de la diversité

-Soutien des gouvernements

démocratiques populaires à l'étranger-Éducation civique et sur les droits de l'homme

-Loi sur les droits humains au niveau international : agence des Nations-Unies ou autres- ONG internationales

La colonne n°1 donne la liste des principes comme valeurs médiatrices. Ensuite, la colonne n°2 présente les conditions requises par ces valeurs pour être effectuées. Trois colonnes énumèrent les institutions typiques, à travers lesquelles ces conditions peuvent être remplies dans un système de gouvernement représentatif. Et le tableau résume ce qui doit être évalué, et les critères par lesquels cette évaluation doit se faire.

1-3 CARACTERISTIQUES ET ELEMENTS

Le choix institutionnel pour une démocratie efficace est très important, pour qu'une démocratie au sens noble du terme évolue d'une manière positive. Bien entendu, eu égard à cette manière dont se fait ce choix, il détermine inévitablement le bon fonctionnement d'une démocratie. Ce qu'on va retenir surtout de ce chapitre, c'est la relation très étroite entre les valeurs démocratiques et le cadre institutionnel, dans lequel elles se manifestent. Les institutions politiques et démocratiques définissent généralement l'équilibre des pouvoirs entre les forces politiques, et déterminent dans une large mesure la manière dont fonctionne le cadre démocratique. Les choix institutionnels sont donc extrêmement importants pour les pays en transition et pour les nouvelles démocraties.

Les deux options les plus importantes, auxquels sont confrontés les architectes des nouvelles constitutions démocratiques, sont l'alternative entre des élections pluralistes et la représentation proportionnelle d'une part, et entre une forme parlementaire et une forme présidentielle de gouvernement d'autre part. Si chaque option présente des atouts et des faiblesses, le plus important pour les sociétés en voie de démocratisation, voire même pour celles dites démocratiques,  est d'adopter des systèmes électoraux favorisant une démocratie de conciliation, plutôt que de confrontation, et des politiques du secteur public, garantissant ainsi l'inclusion effective des minorités et non leur exclusion. En outre, pour consolider la démocratie dans un cadre institutionnel, il faut que les acteurs politiques et le public parviennent à accepter, que la résolution des conflits se fasse nécessairement dans le cadre des lois, des procédures et des institutions adoptées par le nouveau processus démocratique, et non par d'autres moyens anti démocratiques.

Par conséquent, la durabilité de la démocratie dépend plus que du simple choix de bonnes institutions démocratiques. Elle dépend aussi de l'interaction entre les cultures, voire même des traditions locales et des institutions politiques. On ne peut ni exporter, ni importer facilement la démocratie comme un produit. En effet, les processus et les institutions doivent prendre en compte l'héritage de l'histoire, les traditions et les cultures locales. Alors que les valeurs de la démocratie sont universelles, la démocratie elle-même est obligatoirement locale, au sens local du terme bien-sûr. De ce fait, la démocratie ne peut être imposée d'en haut ; elle doit être soutenue au niveau local et dépend de l'engagement des acteurs nationaux : - « c'est le rôle du citoyen et la mise en perspective d'une citoyenneté mondiale qui pourrait servir de fil conducteur », (42).

____________________________

42 * Gustave MASSIA, Entretien sur une gouvernance démocratique, Paris

Comme la démocratie doit être compatible avec le contexte local, elle prend inévitablement des formes institutionnelles différentes selon les régions et les pays. On peut signaler un aspect qu'on pourrait ignorer de plus en plus, dont la stabilité de la démocratie dépend : c'est bien les attitudes et les comportements des élites politiques et du public. Pour consolider la démocratie, il faut en faire « la seule option possible », (43)*. Cela signifie qu'aucun groupe ou acteur politique ou social important ne devrait dépenser de ressources importantes pour essayer de renverser le régime pour le remplacer par un régime antidémocratique, ni recourir à la violence pour se séparer de l'État.

Cela implique aussi, qu'une forte majorité de l'opinion publique doit être convaincue, que les procédures et les institutions démocratiques constituent la meilleure façon de prendre des décisions collectives, et que le soutien à des solutions de remplacement du régime démocratique est relativement faible.

Non seulement, les défenseurs de la démocratie doivent aider à construire le cadre institutionnel démocratique, mais aussi soutenir le renforcement de la culture démocratique, et encourager l'adoption des valeurs démocratiques. Ils doivent aussi créer des incitations, pour que les dirigeants et les autres acteurs de la vie politique respectent leurs obligations démocratiques.

Il existe aussi un autre élément important dans les sociétés modernes : la démocratie ne peut s'organiser sans les partis politiques. D'une manière générale, les partis servent à intégrer les groupes et les individus dans le processus démocratique. Plus précisément, les partis politiques sont des instruments importants, sinon essentiels, d'un certain nombre de fonctions démocratiques :

-la représentation des circonscriptions et des intérêts politiques,

-la formulation et le rassemblement des revendications et des préférences,

-le recrutement des candidats à des fonctions publiques et leur socialisation,

-l'organisation de la compétition électorale pour le pouvoir,

-l'élaboration de politiques de rechange,

-la formation de gouvernements efficaces,

-la mise en oeuvre des politiques publiques.

Certaines de ces fonctions peuvent aussi être remplies par d'autres organisations, mais les partis sont les seuls à combiner un rôle représentatif et un rôle institutionnel, puisqu'ils représentent la population, tout en étant les coordonnateurs et les gestionnaires des procédures démocratiques.

__________________________

43 * Mme Ingrid VAN BIEZEN, document de réflexion, Université de Birmingham, (Royaume-Uni)

Les partis représentent donc le principal mécanisme de liaison entre la société civile et l'État, puis entre la société et la gouvernance démocratique.

Construire et consolider la démocratie implique donc nécessairement de renforcer les partis politiques dans leurs rôles tant représentatif qu'institutionnel, en s'attachant en priorité aux fonctions de représentation, qui sont confrontées à la menace la plus grave et la plus immédiate.

Même si les partis politiques sont considérés comme nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie correctement instaurée, cela ne signifie pas qu'ils sont beaucoup aimés ou respectés.

En fait, dans les démocraties contemporaines, les partis politiques représentent probablement le maillon le plus faible, ce qui est peut-être un paradoxe. Bien qu'ils constituent le lien essentiel avec la gouvernance démocratique, la population ne croit pas nécessairement qu'ils servent les meilleurs intérêts du public en général. Cette attitude est de plus en plus répandue dans les anciennes comme dans les nouvelles démocraties, où les partis sont considérés maintenant comme représentant l'institution la plus corrompue, et à l'une de celles, à laquelle le public fait de moins en moins confiance.

C'est ainsi que dans l'Union européenne, le public a bien moins confiance dans les partis politiques que dans toute autre institution privée ou publique, et moins encore que dans les grandes entreprises ou les syndicats, et aussi beaucoup moins que dans les institutions comme l'armée ou la police, ou même enfin moins dans l'institution des Nations-Unies ou celle de l'Union européenne.

D'ailleurs, la méfiance à l'égard des partis politiques est aujourd'hui si grande qu'elle n'est pratiquement plus mesurable. Pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir la gouvernance démocratique, il faut absolument résoudre d'abord cette crise de confiance dans les partis politiques. En effet, la formation de partis politiques est capable d'exposer et de représenter les intérêts et les revendications de la société, de les transformer en programmes politiques, et de les mettre en oeuvre de manière efficace, ce qui constitue donc une priorité essentielle.

Une autre priorité majeure concerne l'établissement de mécanismes et de procédures efficaces pour éradiquer, ou du moins réduire le plus possible, les pratiques de corruption dans les milieux politiques.

La conception et la construction du cadre institutionnel de la démocratie, le renforcement des valeurs et des comportements démocratiques constituent un processus complexe et de longue haleine.

C'est pourquoi il a fallu aux démocraties libérales les plus anciennes des décennies, sinon des siècles, pour se consolider. De ce fait, il ne serait pas réaliste de supposer qu'une démocratie durable puisse être assurée uniquement par des interventions à court terme.

Le renforcement de la démocratie exige un engagement permanent, une éducation politique continue, puis la volonté de parvenir à des compromis et d'accepter de progresser par des changements successifs, et c'est enfin une évolution au coup par coup.

1-4 L'INSTITUTION ET LA VOLONTÉ GÉNÉRALE

Au cours de leur histoire, les institutions démocratiques ont fait appel à divers types de compétences morales des citoyens, pour les motiver dans l'accomplissement de leurs obligations civiques envers le corps politique, tout comme envers leurs concitoyens.

Les plus éminentes de ces compétences morales sont la vertu, la raison et l'intérêt. Quoi qu'il en soit, les auteurs de la constitution américaine n'ont pas choisi de mettre l'accent sur la vertu et la raison, que l'on considère comme fondements inébranlables de la République, (cf. Pangle Thomas). Et ils étaient tout à fait sceptiques, quant aux capacités de la raison à gouverner la volonté collective du peuple. Madison lui-même, (44)*, doutait de la notion de volonté collective, car il tenait pour impossible qu'une telle volonté puisse émaner librement d'une société civile homogène. Il y voyait plutôt l'attribut d'un gouvernement héréditaire ou autocratique. Il ne déplorait d'ailleurs nullement cette impossibilité d'une volonté unitaire émergeant du sein de la société civile, car il voyait dans la fragmentation et la désunion de celle-ci un garant de la préservation de la liberté universelle.

Il se basait effectivement sur le fait :- « qu' il existe nécessairement diverses sortes d'intérêts chez les diverses classes de citoyens »* et que , « malgré le fait que toute l'autorité... sera dérivée de la société et dépendra d'elle, la dite société sera divisée en tant de partis, d'intérêts et de classes de citoyens, que les droits de l'individu, ou de la minorité, ne seront guère menacés par les combinaisons intéressées de la majorité »* (Fédéraliste : 51/323, 324). Ainsi, la démocratie américaine déchargeait-elle le peuple souverain du lourd fardeau de mener à bien la tâche presque sacrée de définir et de réaliser le bien commun. Sinon, le modèle se restreignait à la création d'institutions, (telles que le droit à la propriété privée et la séparation des Pouvoirs), susceptibles de permettre aux individus de promouvoir leurs différents intérêts et leur idée particulière du `'Bonheur'', tout en évitant simultanément le danger, qu'un gouvernement tout-puissant impose son idée du `'Bonheur collectif '' au peuple. Au lieu d'« unifier » les citoyens sur la base d'un quelconque vouloir collectif, les pères fondateurs ont jugé plus prometteur de s'engager dans la direction contraire, afin de favoriser la diversité et la fragmentation des intérêts.

__________________________

44 * Marbury v. Madison (Marbury contre Madison) est un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, (arrêt 5 U.S. 137) rendu le 24  février  1803. C'est à bien des égards, le plus important des arrêts rendus par la cour, ce principe donne à la cour son pouvoir le plus important, et fait d'elle la première cour constitutionnelle de l'Histoire.

*Ibid.

*Le Fédéraliste, (les pères fondateurs du fédéralisme), chapitre51, p 323- 324.

D'une certaine façon, on peut considérer ces institutions comme de la vertu à l'état `' congelé `' ou'' sédimenté `', on peut dire que les pères fondateurs font par là même de la pratique de vertus, telles que la sincérité, la sagesse, la raison, la justice, et pour tout autre qualité morale exceptionnelle, un exercice relativement facultatif, tant de la part des gouvernants que des gouvernés.

Cette ingénieuse machinerie est évidemment bien moins exigeante sur le plan moral que ne le serait un autre type de démocratie -ce serait celle qui prendrait en charge l'aspiration du peuple à une rédemption profane à travers une révolution plus ou moins permanente des conditions sociales, qui exposent les hommes à la souffrance, à la pauvreté ,à l'oppression, à l'humiliation, à la dépendance, à l'ignorance, et à la superstition-

On rencontre ce type d'aspiration dans le principe de la Révolution française, qui fut avant tout un enchaînement de révolutions sociales entre autres -ce fut, soit successivement une révolution de la noblesse, une révolution de la bourgeoisie, soit une révolution des masses urbaines et une révolution paysanne (Lefebvre) -tout au long de cet enchaînement, le sort de chaque individu apparaissait inéluctablement lié à celui de tous les autres.

Par ailleurs, l'élément religieux en l'occurrence à sans doute jouer un rôle mobilisateur, où règne la conviction que toutes les âmes sont égales devant Dieu. Et ce n'est pas par l'excellence et la supériorité personnelles que l'on obtient le salut, mais en fait celui-ci est l'expression de la miséricorde Divine à l'égard des pauvres et des malheureux :

Un tel credo, quand il est sécularisé, nourrit l'idée d'une émancipation collective à travers la révolution sociale. (Notons en passant que l'impact d'une Théologie politique innervée par le concept de révolution sociale, et donc d'émancipation collective, est particulièrement vigoureux dans les pays catholiques, comme dans le Tiers-Monde, et surtout en Amérique latine). La notion de souveraineté populaire était donc associée dès l'origine à une souveraineté, qui se voulait divisible d'un corps collectif, qu'il s'agisse de la Nation, de la République, ou du Peuple uni, tandis que les médiations et les mécanismes institutionnels passaient pour secondaires.

« Peu importe comment une nation veut, il suffit qu'elle veuille ; toutes les formes sont bonnes et sa volonté sera toujours la loi suprême », (45)*, proclamait l'abbé Sieyès - qui était d'ailleurs un théologien catholique - à la révolution. Il ne fait pas de doute que pour Sieyès la volonté de la nation

___________________________

45 *SIEYES Emmanuel Joseph, op.cit. Vicaire général, (prêtre assistant de l'évêque...), partisan d'une monarchie constitutionnelle, devenu l'un des consuls provisoires, il présente un projet de constitution qui ne fut pas retenu. Après la Restauration, (la restauration de la monarchie de 1814 à 1830), Sieyès est proscrit pour avoir voté la mort de Louis XVI. Le régicide s'exile alors à Bruxelles. Il rentre en France en 1830 et meurt six ans plus tard à Paris

était intrinsèquement raisonnable, car il était inconvenable - surtout à l'époque des Lumières - qu'une volonté arbitraire puisse devenir loi.

Pas plus que la volonté de dieu, la volonté du peuple ne pouvait errer, par la simple venue du fait qu'elle était celle du peuple, cette volonté ne pouvait être que« raisonnable », « juste » et « vertueuse ». Cette équation était évidemment influencée par la façon, dont Rousseau déduit la volonté générale dans le Contrat social. Quand Rousseau formule l'idée que :- « la volonté générale est toujours bonne et vise toujours le bien commun », (46)*, rappelant que c'est lui aussi qui disait que : - « le mal général ne peut être que dans le désordre », (II/3).* Cela n'implique pas pour lui, comme certains commentateurs l'ont prétendu, que la volonté empirique du peuple soit intrinsèquement bonne ou morale par essence.

Il dispose en fait d'un meilleur argument, à savoir d'un argument proprement procédural. Car, il radicalise-en l'inversant - une clause établie par Montesquieu pour garantir le caractère raisonnable de la loi. D'après Montesquieu, en régime démocratique, les législateurs devraient toujours être soumis à leurs propres lois. Rousseau retourne ce principe, puisqu' au lieu de déclarer que : - « les auteurs des lois doivent également y être soumis ». Il inverse la proposition en formulant l'idée que : - « le peuple qui est soumis à la loi doit également en être l'auteur », (II/6)*, (47).

Quelle est l'implication de cette inversion et que signifie-t-elle ? D'après chacune de ces maximes, la loi est générale, si elle s'applique aux gouvernants-législateurs comme aux gouvernés.

Mais le principe de Montesquieu n'exclut pas la possibilité qu'un législateur qui s'avérerait- en raison de caractéristiques particulières, (masochisme, par exemple), ou de sa situation économique privilégiée-incapable d'être affecté négativement par le contenu de la loi impose des souffrances illégitimes aux gouvernés. Dans ce cas, bien que la loi s'applique également au législateur, les conséquences de son application ne sont pas les mêmes pour lui que pour tous les autres .On ne pourrait éviter une telle éventualité que si la situation économique, les intérêts, les besoins, les sentiments, et les préférences du législateur, puis ceux des citoyens sont suffisamment semblables, pour que la loi les affecte de la même manière.

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* ROUSSEAU Jean-Jacques, Le contrat social,

46*Ibid., II, p .3

*Rousseau dit que les contradictions viennent des intérêts particuliers, et Les motifs secrets sont les ennemis de la volonté générale. La faute est d'éteindre en soi l'expression de la volonté générale qui est toujours connue, qui est toujours une, qui n'est connue que par l'intuition (et non les raisonnements) et qui vise le bien commun

47 *Ibid.» « The Social Contract ». (Le contrat social), Harmonds- worth Penguin Books, II, 1968, p .6

*Ibid.

C'est précisément là l'objet de la maxime de Rousseau, étant donné que c'est le même sujet, qui respecte la Loi, et qui en est l'auteur. En effet, ce sujet n'est autre que les classes populaires, vu que chaque individu participe au processus de formation de la volonté législatrice, et participe aussi au processus de libéralisation sur le contenu de la loi. C'est pourquoi Rousseau considère en premier lieu la situation de ses semblables, (et ne prête donc guère attention aux éventuelles conditions « exceptionnelles » d'ordre économique, ou autres sous lesquelles la loi pourrait s'appliquer). Par conséquent, l'impact social de la loi tendra à être extrêmement égalitaire par le seul effet des procédures employées.

Il ne s'agit pas là d'une simple inclination psychologique des législateurs ordinaires, mais de la condition normative d'une loi substantiellement juste, ou, (« démocratique »), et donc effectivement contraignante. Si nous avons consacré ces quelques paragraphes aux conceptions respectives de la souveraineté populaire des pères de la constitution américaine, et de Rousseau, ce n'est pas seulement pour expliquer, que le rapport entre la souveraineté et la raison a des racines bien distinctes dans les deux traditions révolutionnaires, mais également parce que ces incarnations contemporaines sont largement affectées par ces traditions.

A première vue, on peut être surpris, que ce soit précisément par la théorie de la démocratie, qui présuppose l'égalité la plus poussée des citoyens, qui ait pu nourrir la révolution dans un pays caractérisé par une extrême inégalité des conditions, tandis que la théorie de la souveraineté populaire qui a prévalu dans les colonies américaines, où les inégalités économiques et sociales étaient plutôt limitées, excluait catégoriquement la possibilité d'une volonté et d'un intérêt communs émanant d'un peuple unifié.

Ce paradoxe s'explique pourtant, si l'on considère le caractère social de La révolution française, contrairement à la révolution américaine qui, outre le fait qu'il s'agissait d'une lutte pour l'indépendance nationale, était une révolution purement constitutionnelle, et explicitement conservatrice du point de vue économique et social. Une révolution sociale détermine le destin du peuple tout entier, et par là même, relie étroitement celui de chaque individu au sort de sa catégorie sociale.

Quand Rousseau dit que personne ne peut travailler pour soi-même, sans travailler simultanément pour la communauté, il ne se contente pas de présenter une version sécularisée de l'injonction chrétienne d'aimer son prochain comme soi-même, mais il se fait le précurseur inconscient des dimensions sociales de réciprocité et de solidarité. Les libéraux pensent cela mais autrement. Cette conception de la démocratie et l'idée de révolution sociale se renforcent mutuellement, car la perception du peuple comme une personne morale accentue le caractère collectif de son destin et l'authentique égalité de ses membres, orientant ainsi leurs espoirs vers l'idée d'émancipation sociale :-« l'image d'une multitude...réunie en un seul corps, et guidée par une unique volonté, était l'exacte description de ce qu'ils étaient dans les faits, car c'était la quête du pain quotidien, qui les mettait en mouvement, et le cri de ceux qui exigent du pain est toujours articulé d'une seule voix »*,(Arendt, H 1963, 89).

Elle s'attache à mettre au diapason les origines du totalitarisme avec la société de masse et ce, pour faire sortir l'homme de sa condition humaine, dans laquelle il est exploité, et faire de ce dernier le moteur de toute société).

CONCLUSION

L'on ne cesse de répéter que les institutions dans toutes leurs dimensions, ne peuvent être démocratiques, si on ne prend pas en considération la manière avec laquelle on conjugue le bien commun comme expression de la volonté générale. C'est qu'il lui faut présupposer des conditions extrêmement exigeantes pour assurer l'harmonie de la volonté du peuple comme exercice d'une tâche commune et du bien commun, tandis que la théorie démocratique de type américain risque au contraire de s'avérer trop peu exigeante, en ce qu'elle réduit le concept de bien commun à n'être plus que l'agrégation des préférences individuelles.

Mais, même dans la version la moins exigeante de la tradition libérale américaine, la promotion des intérêts particuliers de chaque citoyen doit se faire de façon " civilisée ", soit strictement dans le cadre des règlements et des procédures qui en garantissent le caractère équitable et pacifique, ce qui fait que dans chacune des deux traditions, quoiqu'à des degrés très variables, il est nécessaire de prévoir des institutions destinées à la purification et l'affinement des penchants " bruts " et non civilisés des acteurs sociaux.

Dans la version la plus exigeante, il s'agit de conditionner les citoyens à être de ''bons'' citoyens, capables de devenir les sujets actifs de la volonté commune. Dans la version la moins exigeante, il s'agit de contraindre les citoyens au respect de la loi et de la constitution, au cours de leur activité intéressée.

Dans l'histoire de la démocratie moderne, plusieurs stratégies institutionnelles ont été mises en oeuvre afin de civiliser les citoyens. Les institutions et les pratiques effectives des démocraties libérales modernes ne correspondent ni à la tradition française, ni à la tradition américaine. Le plus souvent, plutôt que de résoudre le problème de l'affinement de la volonté empirique du peuple, la stratégie dominante a consisté à mettre entre parenthèses et à ignorer le dit problème, et à négliger les solutions envisagées par l'une ou l'autre version de la théorie classique. C'est du moins ce que nous entendons démontrer dans la discussion qui suit, au sujet de deux des institutions-clés des démocraties contemporaines, le droit de vote et l'État-providence*.

Quant au droit de vote et la représentation des citoyens, il va falloir dire que l'idée que le suffrage universel est le trait distinctif et déterminant des régimes démocratiques est aujourd'hui un truisme. Il y a trois façons de justifier le droit de vote. La justification la plus fondamentale et la plus ancienne repose sur l'idée, soutenue par Rousseau, que le caractère contraignant de la loi est conditionné par l'universalité du suffrage. La volonté générale doit émaner « de tous les citoyens afin

de s'appliquer à tous les citoyens » (Rousseau : II/4)*. Mais en deuxième lieu, la théorie américaine originelle de la représentation virtuelle estimait que le caractère contraignant de la loi ne repose pas nécessairement sur le droit de vote de tous les citoyens, .mais qu'il peut être garanti par une " juste " représentation. Sur cette base, l'universalisation du suffrage nécessite un autre type d'argumentation, et il convient alors de faire porter l'accent sur la valeur que ce droit confère à l'individu. Dans le cadre de cette théorie, le droit de vote institue la citoyenneté pleine et entière, et détermine qui compte dans la communauté. Enfin, il y a toujours eu dans la justification du droit de vote une référence plus ou moins implicite à la qualité du processus politique censé en résulter.

De ce point de vue, le droit de vote est justifié par la présupposition, pour rendre les citoyens plus conscients de leurs responsabilités à l'égard du bien commun. Rousseau soutenait que la volonté générale tend au bien commun parce que, « chacun se soumet nécessairement aux mêmes conditions qu'il impose aux autres », (Rousseau : II/4) (48)*. En raison de cette réciprocité, nul ne sera tenté d'imposer aux autres des devoirs et des sacrifices injustes sous peine de se voir-rendre la pareille- sauf si ces devoirs sont strictement et intelligiblement nécessaires au bien commun. Bien entendu, un simple coup d'oeil sur la réalité historique des processus démocratiques montre clairement que c'est l'inverse qui a prévalu dans 1a pratique.

Plutôt que de s'appuyer sur l'hypothèse risquée, selon laquelle l'extension de la participation conférerait automatiquement à ses bénéficiaires le statut de citoyen responsable et éclairé, les praticiens de la démocratie du XIXe siècle s'en sont tenus à l'hypothèse plus sûre, que seuls ceux, qui ont démontré qu'ils étaient des citoyens responsables de premier plan,(en payant des impôts, en accédant à un niveau d'éducation ou de réussite professionnelle élevé, etc.) sont habilités à participer. C'est en effet seulement après la première Guerre Mondiale, que l'universalisation du droit de vote fut considérée comme possible par la plupart des démocraties ouest-européennes.

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48 *ROUSSEAU J-J, le contrat social II, 4

*Ibid.

*GOODIN, R.E. Reasons for Welfare,(les raisons de l'Etat- providence).  The Political Theory of the Welfare State (la théorie politique de l'Etat- providence), Princeton. N.J, Princeton University Press. 1988

*MARSHALL, T H.  Citizenship and social class (la Citoyenneté et la classe sociale), Cambridge University Press, 1949

Si l'on laisse de côté ces ambiguïtés concernant la justification du droit de vote, l'extension du suffrage se traduit par le développement d'une dialectique bien connue. Plus la participation politique s'étend, plus elle devient dépendante de l'introduction de médiations représentatives, (que Rousseau considérait comme des hérésies), telles que les partis politiques et les corps législatifs.

La théorie du pluralisme des partis et de la représentation parlementaire a justifié cette introduction non seulement par la nécessité de faire face au nombre et à la dispersion des citoyens censés participer sur toute l'étendue du territoire des États nationaux, mais également par le fait qu'elle assurait un plus haut degré de compréhension et de prévoyance - en somme, plus de rationalité politique du processus décisionnel.

Le processus séculaire de l'extension de la participation politique - et simultanément celle du caractère médiat et indirect des formes concrètes de cette participation - est l'un des deux grands processus structurels cumulatifs de l'histoire de la pratique démocratique. L'autre grand processus s'inscrit dans une dimension plus substantielle que sociale : après que des catégories de gens de plus en plus larges ont accédé à la citoyenneté active par l'intermédiaire du premier processus, des aspects de plus en plus nombreux de la vie de la société civile, en particulier dans le domaine de la production et de la redistribution, sont passés sous le contrôle de la volonté politique collective.

La Constitution française de 1791 excluait du suffrage, les travailleurs salariés et toutes les autres catégories d'individus dépendants du suffrage, parce que l'on considérait la pauvreté et la dépendance comme des obstacles à la possession d'une volonté raisonnable ; et donc à la participation à la formation de la volonté collective de la nation. Par conséquent, l'objectif de la démocratisation* en vint à inclure l'abolition de la dépendance matérielle et de la pauvreté grâce à la réalisation de l'égalité économique et sociale, qu'il s'agisse d'introduire des formes de cogestion et de démocratie industrielle ", ou que l'on mette en place une régulation étatique des politiques d'aide sociale, et de " démocratie économique ".

Un des arguments sous-jacents à l'extension de la démocratie aux sphères de l'économie, de la redistribution et de l'éducation, postulait que celle-ci aurait des conséquences positives pour le processus politique en améliorant les qualités rationnelles, le sentiment de sécurité matérielle - qui libère des angoisses et des peurs anciennes - et la confiance en soi de chaque citoyen appelé à participer non seulement aux affaires de la politique proprement dite, mais également, par l'intermédiaire de la politique économique et sociale de l'État, à celles de la sphère de l'économie.

Cette seconde extension de la démocratie passait pour suivre une logique strictement analogue à celle de la première : plus de participation citoyenne, dans le but de faire de " meilleurs citoyens ". Malheureusement, " on ne peut nullement établir la conclusion que l'extension de la participation enclenche automatiquement une nouvelle qualité du développement humain, et qu'elle mène à des résultats politiques notables et souhaitables ", (Held 1987 ; 280, 281)*. En réalité, au cours du développement de l'État-providence*, les politiques ré-distributives ont, de moins en moins, été utilisées comme un moyen. Effectivement, elles sont considérées comme une fin supérieure- l'élévation de tous les individus au statut de citoyen responsable- et sont de plus en plus, un but en soi. L'État-providence et sa politique de sécurité sociale, et de redistribution peuvent même entrer en conflit avec l'idéal démocratique de la raison civique :

- si le schéma de redistribution des revenus n'est pas couplé avec le principe universaliste de promotion du bien commun,

- et s'il est au contraire dirigé par les stratégies de groupes, qui veulent s'approprier des portions du PNB, aux dépens des autres.

Qui plus est, les institutions de l'État-providence ont été justement critiquées pour leur tendance à nourrir des attitudes clientélistes et parasitaires chez le citoyen.

L'hypothèse exagérément optimiste, selon laquelle l'extension de la participation des citoyens, doit naturellement accroître la qualité cognitive et morale de leurs compétences décisionnelles, pourrait également être contestée par un argument inverse : à savoir que la participation politique, (et les chances d'accéder collectivement à des biens matériels qui en sont le corollaire), risque en réalité de corrompre les citoyens en faisant appel à leur égoïsme. C'est une hypothèse extrêmement pessimiste, qui amènerait à penser que seuls les citoyens, qui ont su prouver, qu'ils sont responsables, pourraient voir leur participation étendue.

La première alternative repose sur l'idée, que la doctrine de Rousseau est toujours valide :

plus les intérêts des individus sont politisés par leur transfert à la souveraineté populaire, moins ils sont vulnérables aux inclinations particularistes, et plus les volitions, qui confluent au sein de la volonté collective, seront responsables (1/6). L'autre alternative est de type lockéen : c'est la force de l'intérêt personnel, qu'il investit dans ses affaires privées, qui seule peut nourrir - et contribuer à maintenir durablement - le sens de la responsabilité de l'individu ; et inversement, plus la sphère des réglementations et des politiques publiques est étendue, plus les capacités civiques rationnelles des individus auront tendance à s'appauvrir, (cf. Thompson : 44ff).*

_______________________________

*ARENDT Hannah, (1906.1975), Condition de l'homme moderne

*Ibid. propos tenus en 1987, p280, 281

*THOMPSON William, économiste anglais, (1780-1833), on peut le considérer comme un précurseur

de la théorie marxiste de la plus -value ; il a aussi préconisé une redistribution égalitaire des revenus, (Recherches sur les principes de la distribution des richesses, (oeuvre écrite en 1824), et il s'oriente vers le coopératisme Le Travail récompensé , oeuvre écrite en 1827

Tout comme dans le cas d'une distribution plus universelle et plus égalitaire du droit de participation politique, la redistribution égalitaire des droits et des ressources économiques soulève la question suivante :

est-ce que oui ou non, (et si oui, par quel mécanisme causal ?), plus d'égalité entre les citoyens favorisera le développement de leurs compétences morales et rationnelles et par là même, éventuellement, l'amélioration des résultats du processus de décision collective ?

En posant cette question, nous n'avons bien entendu nullement l'intention de contester la légitimité d'une justification des politiques économiques et sociales par d'autres arguments, que ceux de la théorie démocratique proprement dite, tels que l'abolition de la misère et de la pauvreté, par exemple.

Mais du point de vue de la théorie de la démocratie, il est nécessaire d'examiner avec soin et rigueur les raisons pour lesquelles - et sous quelles conditions - on doit considérer l'égalité entre les individus comme une condition préalable et nécessaire de la rationalité collective. Comment pouvons-nous être à la fois égaux et meilleurs ? Donc systématiquement " raisonnables ", et on doit encore être justifié comme tel. Comme nous avons essayé de le démontrer, il y a eu successivement, au cours du développement des démocraties libérales modernes, et de leurs interprétations théoriques, deux façons de résoudre ce paradoxe : la représentation et l'État-providence. Avant de mettre en relief ces deux aspects, une notion est fondamentale dans l'approche de John Rawls*, toujours dans l'humanitarisme, influencé par beaucoup de philosophes à l'image de Socrate. Il signifie dans sa théorie de la justice, que les institutions doivent encourager les individus à se construire pour eux-mêmes un plan de vie réalisable. N'avoir aucun plan de vie serait en un sens, le signe d'un non-respect de soi-même.

La théorie de la représentation, faisant partie de la tradition de la théorie démocratique, permet d'assouplir le principe selon lequel, pour qu'une décision soit raisonnable, il faut qu'en dernière instance ses auteurs soient eux-mêmes raisonnables, en vertu du fait qu'il existe une convergence nécessaire, entre la volonté du peuple et le bien commun. En effet, il suffit que les membres des assemblées représentatives et législatives, adéquatement constituées, proclament la souveraineté de la raison au nom du peuple, dont l'énorme majorité ne saurait être présumée raisonnable. Une autre tradition de la théorie démocratique, qui s'est faite entendre avec une force croissante dans l'entre-deux-guerres, a commencé à dénoncer comme illusoires et naïfs les espoirs nourris par la tradition classique de Rousseau au sujet de l'impact éducatif et civilisateur du droit de vote. Le citoyen étant considéré comme fondamentalement incapable d'affiner sa volonté de façon autonome, il fallait mettre en place un mécanisme subsidiaire, (appui), d'affinement des préférences. Simultanément, le mécanisme de la représentation était supposé servir de barrière aux " inputs ", (synonyme de intrant qui désigne un élément entrant dans la production d'un bien), irrationnels, qui pourraient interférer dans la qualité du processus décisionnel. Robert Michels, Max Weber, Carl Schmitt et Joseph Schumpeter, malgré leurs orientations politiques et philosophiques très différentes, partageaient tous ce point de vue de plus en plus désabusé, et souvent même ouvertement cynique, au sujet de la capacité des institutions démocratiques, de transformer la volonté empirique du peuple en quelque chose de plus raisonnable et éclairé. Ils considéraient, au contraire, cette volonté comme quelque chose d'intrinsèquement irrationnel, sujet à toutes les manipulations "césaristes ", et pouvant tout au plus servir de caisse de résonance au discours d'un chef charismatique, ou de mécanisme de sélection aux entrepreneurs politiques. L'homme, dit en effet Kant, conserve en permanence le respect, qu'il a de lui-même : - « Le sujet habité par la liberté n'est pas le sujet habité par la souffrance ». Selon Kant*, toujours, dans la métaphysique des moeurs, l'humanité a une dignité, car l'homme ne peut être utilisé par aucun autre homme ; c'est en cela que consiste la dignité de l'homme et c'est par le biais d'elle, qu'on peut s'élever au-dessus de tous les autres .C'est dans ce cadre que la vision kantienne accorde de l'importance au respect de l'homme.

______________________________

*John, RAWLS (1921-2002), philosophe américain, il analyse les rapports difficiles entre la justice sociale et l'efficacité économique. L'auteur, de la théorie de la justice. Sociale 1971, tente de formuler les principes d'une société juste, c'est- à- dire celle à laquelle toute individu souhaiterait raisonnablement adhérer.

* Emmanuel, KANT Les fondements de la métaphysique des moeurs, dans la doctrine de la vertu.

*Pierre MANENT, Cours familier de philosophie politique, 2004, Gallimard, tel, p 321.

BIBLIOGRAPHIE

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ARISTOTE, La politique, livre VI, 4, 14, Paris, J. Vrin, 1995, p.438-4

ARISTOTE, La politique, livre VI, 4, 14, Paris, J. Vrin, 1995, p.438-439

ARISTOTE, les politiques, livre IV, chapitre IV, trad. P. Pellegrin, paris, GF-Flammarion, 1993, p. 294-295

ARISTOTE, Les politiques, III, 11, 128 1b ,3-8

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QUILLIEN P- Jean, Histoire de la démocratie, section d'édition flammarion2006, p.34

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MARIN Louis, « Le portrait du roi », p. 12-13. Sur la représentation et le pouvoir au XVIIème siècle, cf. encore J. A

MARIN L, Le portrait du roi, Paris, Ed. Minuit, 1981, p. 11

Ibid., p. 12. Sur le même thème, cf. aussi

MARIN L, Pour une théorie baroque de l'action politique, introduction à G. Naudé, Considérations politiques sur les Coups d'État, Les Éditions de Paris, 1988, p.19-38

MANIN Bernard, Princes du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, 1999

MECHOULAN Evelyne, L'État baroque.1610 - 1652, Paris, Vrin, 1985

MARIN L, Le portrait du roi, op.cit. p. 13

MONTESQUIEU Charles, De l'esprit des lois, livre XI

ROUSSEAU, J.-J. 1968.The Social Contract, (Le contrat social), Harmondsworth : Penguin- Edition

ROQUEFORT Daniel, le rôle de l'éducateur, Harmattan, Semptembre1976, p.133 

ANNEXES

ARENDT Hannah, (1906.1975), Condition de l'homme moderne, 1958, traduit de l'anglais par Georges Fradier, préface par Paul Ricoeur, paris, Éditions presses pocket, collection Agora

DOUGLAS M anthropologie des institutions, ainsi penses les institutions, Edition Brochée, 1986.

FUSTEL de COULANGES N.D, La Cité antique, 1864, Professeur d'Émile Durkheim

LANDEMORE Hélène, [07-Mars -2008].Réflexion sur la démocratie représentative, est- elle démocratique ?

L'expression a été utilisée pour la première fois par Alexandre Hamilton en 1777, dans une lettre au Gouverneur Morris. La Révolution américaine, contrairement à la Révolution française, n'a pas fait l'expérience d'un conflit dramatique entre souveraineté populaire et représentation, et a sans doute fourni le premier effort décisif pour dissocier la démocratie des Modernes de celle des Anciens, c'est-à-dire la démocratie « représentative » de la démocratie « pure »

MARAVALL José Antonio, La cultura del Barroco. Analisis de una estructura historica, (la culture baroque, analyse de la structure historique), Barcelona, éditorial Ariel, 1975

LEFEBVRE G. Quatre-vingt-neuf, 1970. Paris : Éditions Sociales

MADISON J. président des États-Unis, (1809-1817), fut un homme politique américain, et l'un des créateur du Parti républicain

MARSHALL T.H. 1949, Citizenship and social class, (La Citoyenneté et la Classe Sociale), Cambridge University Press

Rencontre avec Jürgen Habermas, in le Monde des livres, 10 Janvier 1997

RAWLS J, Une théorie politique de la justice ,1971

RANCIERE Jacques, le maître ignorant, Cinq leçons sur l'émancipation intellectuelle, Éditions Fayard, 1987

MARCH J.G. et OLSEN, J.P. 1989. « Rediscovering Institutions, (La Redécouverte des Institutions).  The Organizational Basis of Politics , (La base de l'organisation de la politique), New York, Free Press

SCHMITT C. Les institutions démocratiques peuvent-elles faire usage `'efficace'' des ressources morales ?, 1965.Verfassungslehre.4th. Edition Berlin

-Article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, du 26 Août 1789

QUELQUES DEFINITIONS ET DATES

*Bolingbroke : la corruption qui menace la balance des pouvoirs.

*Bicaméral : L'évolution de l'un vers l'autre

*Monocaméral : Se dit d' un système politique parlementaire dans lequel il n'y a qu' une seule chambre *Walpole,(Robert Walpole 1676-1745) : la corruption comme moyen d'harmoniser les pouvoirs

*La racine du mot Politeia, Poli renvoie à la réalité concrète de la cité (communauté politique dans la Grèce antique)

*L'exécutif : Se dit d'une autorité chargée, au sein de l'État, du gouvernement proprement dit, à distinguer selon la division opérée par Montesquieu au XVIIIe siècle, du pouvoir législatif des assemblées lesquelles font les lois, et du pouvoir judiciaire qui administre la justice

*Le Régime parlementaire : se dit d'un système démocratique dans lequel la direction du gouvernement revient, normalement aux forces politiques qui détiennent la majorité à l'assemblée et où se gouvernement est responsable devant celle - ci (la Belgique)

*Le Régime présidentiel : il s'agit d'un système politique dans lequel le chef de l'État dirige le pouvoir exécutif en vertu d'un mandat personnel, indépendamment des assemblées(Les États -Unis)

*Le Suffrage universel : est une situation dans laquelle tous ceux qui possèdent la nationalité d'un pays donnée y jouissent du droit de vote. Ce droit à été réservé et accordé qu'aux hommes(en 1948 (en France et en Suisse), et que le suffrage n'est devenu vraiment universel

que lorsque les femmes l'ont obtenu(en 1946 en France)

*La Démocratisation :il signifie soit l'approfondissement de la qualité démocratique d'une communauté politique, soit l'accès à un régime démocratique d'un pays soumis au paravent à un régime autoritaire ou totalitaire

*1762 : Rousseau, dans le contrat social, donne sa justification philosophique à la notion de souveraineté populaire

*1748 : Montesquieu énonce, dans L'Esprit des lois, les principes du régime parlementaire reposant sur la division des pouvoirs

*1690 : Locke, dans ses Traites de gouvernement, fonde la légitimité de l'autorité politique sur le consentement des gouvernés

ARTICLES CONNEXES

Auteurs majeurs :

ARISTOTE, classification des pouvoirs 

DE TOQUEVILLE Alexis, séparation verticale des pouvoirs, (répartition territoriale), et troisième (associations) et quatrième (presse et médias) pouvoirs

DUVERGER Maurice, influence des partis politiques sur la séparation des pouvoirs

EMMANUEL-JOSEPH Sieyès, La séparation stricte des pouvoirs

LOCKE John, balance des pouvoirs

SECONDA Charles Louis de baron de La Brède, et de Montesquieu : balance des

pouvoirs 

S ALLEMAND, Les fondements de la démocratie, Ed le seuil, Numéro 81

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION  p3

I-PREMIERE PARTIE : L'INSTITUTION p5

A) -Les conceptions de l'institution p5

B) -Les définitions de l'institution p7

B1-En sociologie p7

B2-En politique p8

B3-En anthropologie p12

1-1Quelle réflexion sur les institutions p15

1-2 Quelles institutions caractérisent une cité démocratique p18

1-3- L'exemple athénien p19

1-3-1 Structure et synergie des institutions politiques de la cité p22

1-4 Représentation et sens de pouvoirs p24

II-DEUXIEME PARTIE : LES LIMITES DE LA DEMOCRATIE ATHENIENNE ET L'AVENEMENT DE LA DEMOCRATIE MODERNE...................................................p37

1-1 Vers la démocratie représentative p40

1-2 Les principes démocratiques p43

1-3 Caractéristiques et éléments p43

1-4 L'institution et la volonté générale p46 CONCLUSION p51

Bibliographie p57

Annexes p58

 
 
 
 
 

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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote