WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La protection des droits de l'enfant dans les conflits armés internes en Afrique centrale: cas du Burundi

( Télécharger le fichier original )
par Eric Ngueto Nyatchoumou
Université catholique de l'Afrique Centrale  - Master droits de l'homme et action humanitaire 2010
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

DEUXIEME PARTIE :

L'INEFFICACITE AVEREE DES GARANTIES DE PROTECTION DES DROITS DE L'ENFANT DANS UN CONTEXTE DE CONFLIT ARME

Cette partie, dans un premier temps, fait une analyse des actions nationales et internationales aux résultats mitigés (Chapitre I) et, dans un second temps, elle met un accent particulier sur l'amélioration de la protection des droits de l'enfant dans un contexte de conflit armé (chapitre II).

CHAPITRE I :

Des actions aux résultats mitigés

Ce chapitre fait une analyse de l'action nationale et internationale en faveur des enfants dans un contexte de conflit armé.

Section I : Analyse des actions nationales

Cette section, quant à elle, fait une analyse de l'action gouvernementale et non gouvernementale en faveur des enfants dans un contexte de conflit armé.

A- Les actions gouvernementales

La réponse apportée par les acteurs principaux de la protection des enfants en période de conflit armé a, en fait, montré l'ampleur de la tâche à accomplir dans la période post-crise. La réponse de l'Etat est restée limitée aux zones non accessibles aux éléments des FLN. Si l'accent a été mis dans le domaine de la santé et l'éducation, par contre, la protection sociale et la prévention des enfants contre les utilisations et les exploitations diverses sont restées difficilement applicable dans la situation où les populations n'ont pas le minimum pour leur survie.

Ø La mise en place de la Commission Nationale de Démobilisation, Réintégration et Réinsertion (CNDRR)

Ø La collecte et l'acheminement des dons et aides

L'élan de solidarité nationale et internationale qui s'est manifestée au lendemain de la crise (et l'appui du gouvernement) a permis de mobiliser plusieurs dons, dont les médicaments, les dons en nature et en espèces, les prises en charge scolaire, médicale et du matériel. Le rapport des actions humanitaires indique des vivres (riz, lait, huile, etc.) et des non vivres (savon, vêtement, carburant) ont été recueillis. Des bourses et autres avantages scolaires ont été accordés aux enfants. Les ressources mobilisées ont permis aux différentes composantes de mener un certain nombre d'activités sur le terrain.

Ø Aide humanitaire, assistance médicale et psychosociale

Le gouvernement, à travers sa cellule solidarité et action humanitaire, a effectué des missions d'évaluation de la situation et des réponses. A l'issue des différentes missions dans les localités d'accueil compris dans le champ géographique de cette étude, l'action humanitaire de la cellule a porté sur plusieurs volets :

- L'approvisionnement en vivres et non vivres pour des convois humanitaires dans les différentes zones d'accueil couvertes par la province de Ngozi ;

- L'assistance individuelle directe aux personnes déplacées ;

- L'appui aux ONGs et structures de prise en charge afin de servir de relais aux populations en détresse ;

- Le transport des personnes déplacées retournées ;

- La prise en charge médicale et psychosociale des populations en détresse.

Malgré la bonne volonté du gouvernement et de ses partenaires, cette assistance va s'avérer insuffisante face à la persistance de la guerre et du nombre croissant des personnes déplacées. En sus, toutes les personnes ne se sont pas fait recenser pour recevoir l'aide. Enfin, force est de constater que la question de l'occupation des personnes déplacées n'a pas été inscrite dans la mission des différentes composantes de l'action des acteurs publics.

B- Les actions non gouvernementales

Ce sous titre analyse l'action des ONG intervenant dans l'humanitaire et traitant également la question de la protection et de la promotion des droits de l'homme, y compris les enfants.

1. Les actions de l'ONG Orphelin et Enfants Vulnérables (OEV)

Cette ONG intervient dans plusieurs domaines, à savoir :

Ø L'organisation de l'aide et assistance aux personnes victimes

Les acteurs sociaux souhaitent que la réponse à venir tienne compte de la situation des personnes déplacées. A ce propos, ils s'attendent à une aide aux parents en leur fournissant des vivres, des soins, leur trouver du travail. L'aide aux parents doit tenir compte de la taille du ménage.

Ø L'assurance de l'éducation et de la formation des enfants victimes

Ils souhaitent en outre, que les écoles soient construites dans les zones sinistrées, afin de remettre les enfants sur le chemin de l'école. Il s'agit ici, selon eux, de créer des centres d'apprentissage, rendre l'école obligatoire pour tous, encadrer les jeunes et les éduquer. Ils pensent également au suivi et à l'encadrement des enfants.

Ø Le recensement des enfants victimes

Les acteurs sociaux souhaitent également que tous les enfants victimes soient recensés afin de mieux cerner leurs problèmes et identifier les plus vulnérables. Cette attente est motivée par la volonté des acteurs sociaux d'appréhender les impacts de la crise sur les enfants, et les mesures à prendre par le gouvernement et les autres intervenants.

Ø La sensibilisation des acteurs

Les acteurs pensent à la création de plusieurs radios de proximité devant servir à faire véhiculer des messages de sensibilisation contre l'exploitation et l'utilisation des enfants.

Ø L'initiative des activités génératrices de revenue

Cette activité pourra aider les parents et les enfants à subvenir à leurs propres besoins, par la mise en place des microprojets, l'octroi de crédit de réinstallation, la distribution des semences, etc.

2. Les actions de la Ligue Burundaise des Droits de l'Homme (ITEKA)

ITEKA intervient aussi dans plusieurs domaines, dont entre autres,

Ø Leur implication dans la protection des droits de l'homme

L'exploitation et l'utilisation des enfants s'inscrivent dans une dynamique sociale qui place cette question au centre de la socialisation de l'enfant. Ce qui est constaté est que les enfants qui travaillent ou se « débrouillent » ne sont pas enregistrés systématiquement par des communautés comme les personnes victimes, vulnérables. Le conflit armé semble donner une justification à des formes intolérables d'utilisation et d'exploitation des enfants.

Les données de l'enquête montrent que certains parents sont impliqués dans le recrutement des enfants pour le travail et les groupes armés. Dans le contexte d'urgence, tous les membres de la famille doivent contribuer à la satisfaction des besoins de la famille. Pour ce faire, le travail s'impose aux enfants qui, dans la majorité des cas, fréquentaient une école avant de devenir enfants travailleurs ou enfants soldats. C'est ce qui explique en partie la faible implication des communautés locales dans la protection des droits des enfants. Il est donc clair qu'il n'y a pas de stratégie de protection des droits des enfants ou de prise en charge communautaire pour les enfants victimes des formes d'exploitation et d'utilisation en période de conflit armé.

Ø Logiques et dynamiques d'adaptation sociale des enfants

Le rôle quelquefois exclusif de l'enfant dans la constitution des revenus familiaux place l'enfant dans une situation de « sur-demandeur », contrairement aux parents qui contribuent moins dans une certaine mesure. Le vécu des enfants les inscrit dans un processus familial et social qui tend à les responsabiliser précocement, sans qu'ils soient astreints à l'obligation scolaire.

Cette logique qui place l'intérêt du groupe au dessus de l'intérêt de l'enfant donne une autre signification aux enfants. En effet, les enfants victimes des formes d'exploitation et d'utilisation sont considérés parce qu'ils contribuent financièrement aux charges ménagères de la maison. En plus, l'esprit de groupe et le développement des relations crées avec les autres enfants font qu'ils sont intégrés dans leur univers. Ils appartiennent à un groupe où l'on apprend à se battre tous les jours pour la survie. Mais cette opinion les éloigne de l'école, lieu de la socialisation par excellence de l'enfant et son âge. Dans cette dynamique et ce contexte de crise, les enfants ne sont-ils pas préparés à choisir entre l'école et les activités rentables ? En tout état de cause, cette dynamique sociale accentue la vulnérabilité des enfants.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait"   Appolinaire