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Méthodes de lutte contre la piraterie des oeuvres musicales par les organismes de gestion collective dans l'espace communautaire ouest-africain(UEMOA): l'exemple du bureau burkinabé du droit d'auteur(BBDA)

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par Lanssa Moïse KOHOUN
Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature Ouaga - conseiller des affaires culturelles 2009
  

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A. L'implication des acteurs

Pour combattre efficacement la piraterie, il faut l'engagement de tous les acteurs de la lutte : l'Etat, le BBDA, les artistes, les auxiliaires de la création (producteurs-éditeurs, revendeurs...), la justice, les forces de police, de douane et de gendarmerie, etc.

Tout d'abord, l'Etat ne doit pas se contenter seulement de ratifier les conventions internationales sur les droits d'auteur et les droits voisins, mais doit avoir la volonté politique réelle de combattre le fléau. Ce faisant, le gouvernement doit continuer de condamner publiquement la piraterie à l'instar des crimes et des assassinats comme il l'a fait à Laongo le 14 février 2008. Cette attitude amènera le public à comprendre l'hostilité que l'Etat manifeste à l'égard de la piraterie qui a sans doute des conséquences désastreuses. L'engagement réel du gouvernement devra être imminent. Il s'agira pour l'Etat d'organiser les acteurs culturels et poursuivre la réflexion sur le statut de l'artiste, de veiller à la réglementation des professions culturelles par filières et à l'établissement d'un code de déontologie des intervenants dans le domaine culturel. En d'autres termes, les métiers d'imprimeurs ou de duplicateurs, de distribution (disquaires, revendeurs, de production) doivent être dotés d'un statut professionnel. La mise en oeuvre de cette proposition évitera les différentes plaintes des artistes contre les médiateurs culturels et les arnaques dont les artistes sont victimes lors des tournées artistiques à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

Ensuite, nonobstant l'exonération sur le matériel de production musicale par le BBDA, l'allègement des mesures fiscales devra être la préoccupation de l'Etat puisque 68,18 % des consommateurs avancent qu'ils achètent les supports musicaux piratés parce qu'ils sont moins chers (cf. annexes IV: tableau n°10). La cherté des supports originaux est due au taux de fiscalité très élevé du matériel de production musicale. A titre d'exemple, les taxes à l'importation des matières premières culturelles sont actuellement à 56,54%. De même, les entreprises culturelles doivent honorer les taxes suivantes (l'impôt sur les bénéfices industriels, commerciaux et agricoles (IBICA), l'impôt sur les traitements et salaires (IUTS), l'impôt sur les bénéfices non commerciaux, l'impôt sur la contribution du secteur informel (CSI), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)) ; ce qui affecte également les coûts de production musicale et par ricochet les prix de vente des supports légaux.

Cette multitude de taxes doivent, dans le cadre de l'UEMOA, être allégées, voire supprimées dans le but de rendre moins chers les produits licites. Cela découragerait les pirates à s'adonner à la reproduction frauduleuse des oeuvres d'autrui s'ils ne tirent pas profit de leur investissement. De ce fait, la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée et les droits de douanes des matières premières culturelles, ne serait-ce que pour une durée provisoire de 3 ans est envisageable. Par ailleurs, la forte taxation des supports vierges dans la perspective d'élever le coût de revient de la cassette pirate locale serait avantageux. On pourrait apposer des timbres sur ces supports vierges, dont les montants serviront d'une part à la rémunération des droits d'auteur et d'autre part au financement de la lutte contre la piraterie.

Quant au BBDA, il devrait renforcer les actions déjà entreprises à savoir : la sensibilisation, la formation et la répression. La sensibilisation doit s'intensifier sur l'étendue du territoire national en vue de toucher le plus de consommateurs. Les média communautaires pourraient être exploités à cette fin. Des jeux concours ou radiophoniques sur le thème de la piraterie doivent être permanents. Aussi la création d'un magazine traitant de la propriété intellectuelle en partenariat avec le ministère du commerce, permettra au public de mieux comprendre la piraterie et ses effets néfastes. Pour mener à bien le combat contre les pirates, le BBDA doit :

- encourager ou organiser des concours pour la création d'oeuvre abordant la question de la piraterie ;

- organiser des caravanes d'information sur l'ensemble du territoire national et saisir toute opportunité, surtout les émissions radiophoniques et télévisuelles et les manifestations culturelles pour parler de la piraterie ;

- travailler en partenariat avec le Conseil Supérieur de la Communication dans le but d'amener les animateurs des média à remplir correctement les fiches d'identification des oeuvres exploitées ;

- veiller à créer un cadre de concertation entre la douane, les titulaires de droits, les importateurs et exportateurs de supports musicaux ;

- veiller à renforcer la formation continue et approfondie de toutes les personnes chargées de la lutte contre la piraterie. Cette formation, par exemple aidera les représentants de la loi à reconnaître les produits piratés et à faire respecter les droits de propriété intellectuelle ;

- réaménager les programmes des institutions de formation de sorte à y introduire des cours sur la protection du droit d'auteur et sur la piraterie. Il s'agit des écoles de police, de gendarmerie, de douane, de l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM) surtout dans toutes les sections de la culture et de l'administration générale ;

- organiser des séminaires de formation et de sensibilisation à l'intention de tous les agents du ministère en charge de la culture  et des autres institutions, des artistes, des auxiliaires de la création et des revendeurs.

- les actions de contrôle et de répression doivent être renforcées avec les brigades de lutte contre la piraterie. La douane doit être plus agressive et redoubler de vigilance au niveau des frontières en diligentant des enquêtes ou des investigations pour reconnaître les voies de transit des supports pirates. Cela demande l'implication des artistes.

Les artistes et les auxiliaires de la création sont les mieux placés pour lutter contre l'exploitation abusive de leurs oeuvres. Ils doivent ainsi  apporter toute l'aide nécessaire aux services de police et des douanes pour parvenir à détecter les oeuvres pirates et les pirates.

La création d'associations de maisons de duplication de cassettes, de producteurs et des syndicats d'artistes musiciens et chanteurs qui s'adonnent à la lutte contre la piraterie sera la bienvenue . C'est le cas par exemple en Afrique du Sud, où l'Association des Industriels de Cassette (ASAMI) a organisé une journée « enterrons la piraterie ». Ce jour, tous les produits piratés saisis ont été transportés dans un corbillard en présence du public qui a participé à la destruction de ces produits pirates, après avoir reçu des gadgets de l'ASAMI. Les supports pirates détruits sont estimés à une valeur de 96 Millions de CFA (SORY Moussa, La lute contre la piraterie ces oeuvres musicales, FDSP, université de Ouagadougou, 1997, p.58).

L'appartenance de ces créateurs et auxiliaires de la création à une organisation de lutte contre la piraterie est un moyen pour les titulaires de droits d'influer sur les décideurs, pour qu'ils fassent respecter la législation en la matière. Leurs activités pourraient consister à aider leur membre à conduire des enquêtes sur les produits piratés, à maintenir la liaison avec les services de répression des fraudes en leur fournissant les informations nécessaires, et à faire connaître les dommages causés à leurs membres du fait de l'atteinte portée à leurs droits de propriété intellectuelle ,faire pression pour que des instruments appropriés soient adoptés afin de faire respecter les droits de propriété intellectuelle. Il s'agira aussi pour eux de mener des études sur la piraterie, en vue de faire des publications de statistiques sur l'impact du piratage et de collecter des statistiques et informations du marché musical et leur diffusion aux différents acteurs.

La tenue régulière des campagnes de sensibilisation auprès du public et des revendeurs par les titulaires de droits pourraient informer les clients. Ils pourraient les mettre en garde contre les risques liés aux cassettes et aux CD pirates et les inviter à respecter les règles de commercialisation de ces supports.

La lutte contre la piraterie passe inéluctablement par une solidarité des artistes et une synergie d'action entre les différents acteurs. C'est pourquoi, tous les acteurs doivent coordonner leurs actions respectives en vue de pouvoir atténuer la piraterie, tout en tenant compte de la législation en vigueur.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery