INTRODUCTION GENERALE
0.1. CONTEXTE DE L'ETUDE ET JUSTIFICATION
L'utilisation des médicaments constitue l'une des
composantes majeures de la prise en charge des maladies au sein des
systèmes de santé modernes. Lorsqu'elle est rationnelle, elle
permet d'améliorer l'état de santé des populations,
d'optimiser l'utilisation des ressources disponibles et de réduire la
morbidité et la mortalité évitables. Selon l'Organisation
mondiale de la Santé (OMS), l'usage rationnel des médicaments
implique que « les patients reçoivent des médicaments
appropriés à leurs besoins cliniques, à des doses
adaptées, pour une durée adéquate et à un
coût abordable pour eux-mêmes et pour la communauté
» (OMS, sd) ; et cela s'inscrit dans la stratégie des soins de
santé primaires. Il contribue à deux composantes essentielles :
la prise en charge appropriée des maladies et des lésions
courantes, ainsi que la disponibilité et l'utilisation des
médicaments essentiels.
Cependant, malgré l'existence des directives
thérapeutiques et recommandations internationales, l'usage irrationnel
des médicaments constitue jusqu'aujourd'hui un problème majeur de
santé publique à l'échelle mondiale,
particulièrement dans les pays à ressources limitées
où les systèmes de santé sont souvent fragiles. Des
nombreuses études de l'OMS ont montré que dans le monde, plus de
la moitié des médicaments sont prescrits, dispensés ou
utilisés de manière inappropriée.
Cette situation se traduit par plusieurs formes de
dérives, notamment la polypharmacie, l'utilisation abusive des
antibiotiques, le recours excessif aux formes injectables et la
non-conformité aux protocoles de prise en charge. Ces pratiques exposent
les patients à des risques accrus d'effets indésirables,
d'échecs thérapeutiques et de complications, voire des
décès ; tout en contribuant au développement de la
résistance microbienne, aujourd'hui reconnue comme une menace majeure
pour la santé publique mondiale.
L'usage irrationnel des médicaments constitue un
obstacle majeur à l'atteinte des objectifs des soins de santé
auxquels la République Démocratique du Congo a
adhéré. Il compromet non seulement la qualité et
l'efficacité des soins, mais affecte également les efforts
engagés dans le cadre des Objectifs de développement durable,
notamment en matière d'accès équitable aux services de
santé et de protection financière des populations.
En République Démocratique du Congo, les
données disponibles révèlent des pratiques de prescription
souvent éloignées des normes recommandées,
caractérisées notamment par une tendance à la
polypharmacie et un recours élevé aux antibiotiques et aux
injections. Toutefois, les études locales restent insuffisantes, en
particulier dans les zones de santé de l'Est du pays.
Dans la zone de santé de Katwa, marquée par un
contexte d'insécurité persistante, de ressources limitées
et de forte prévalence des maladies infectieuses, cette
problématique revêt une importance particulière. L'absence
de données locales fiables sur les pratiques de prescription constitue
un obstacle à la mise en place d'interventions adaptées.
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