0.3. MISE EN CONTEXTE DU SUJET
Dans le contexte de la République Démocratique
du Congo, les indicateurs de prescription issus de l'Évaluation de la
situation pharmaceutique des pays de la Communauté de
développement de l'Afrique australe (SADC) montrent que le nombre moyen
de médicaments prescrits par consultation est d'environ 4
médicaments, 62,2 % des patients reçoivent des antibiotiques,
32,6 % des patients reçoivent des injections, et que près de 79 %
des médicaments prescrits proviennent de la Liste Nationale des
Médicaments Essentiels (RDC, 2009). Dans l'ensemble, ces indicateurs
traduisent des pratiques de prescription s'écartant des normes
recommandées, caractérisées notamment par une tendance
à la polypharmacie et un recours élevé aux antibiotiques
et aux injections.
Salon le rapport EUP FASS NK numéro 3, d'avril 2025, du
projet multisectoriel de nutrition et de santé (PMNS), sur 79770
consultations externes des centres de santé vérifiées au
nord Kivu, 16449 avaient été validées, soit 20,62% ;
suivant les critères de validation quantitative de ce projet de
financement basé sur la performance. Le même rapport
révèle un score qualité moyen des consultations externes
égal à 74,1% dans les centres de santé de la zone de
santé de Katwa.
Malgré l'importance reconnue de la prescription
rationnelle des médicaments, peu d'études locales documentent de
manière systématique le profil réel de prescription, en
particulier en ce qui concerne les antibiotiques, dans les zones de
santé de l'est de la République démocratique du Congo.
L'absence de données locales fiables pourrait limiter la capacité
des décideurs et des gestionnaires de santé à mettre en
place des interventions adaptées et efficaces.
0.4. SYNTHESES DES ETUDES ANTERIEURES
Une étude rétrospective menée dans
dix centres de soins de santé primaires de la province orientale
d'Arabie saoudite, portant sur 1 000 consultations de prescription
réalisées en 2010, a évalué les pratiques de
prescription à l'aide des indicateurs de l'OMS. Les résultats ont
montré une moyenne de 2,4 médicaments par consultation, une
prescription d'antibiotiques dans 32,2 % des consultations, une utilisation des
injectables de 2 %, une prescription en dénomination commune
internationale de 61,2 % et une proportion de 99,2 % de médicaments
issus de la liste nationale des médicaments essentielsAzza El.Mahalli.
(2012).
Selon l'African Journal of Primary Health Care & Family
Medicine (2024), une revue systématique des pratiques de prescription
menée dans onze pays africains a révélé que les
prescriptions dans la région africaine ne respectaient pas globalement
les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette
non-conformité étant plus prononcée dans les formations
sanitaires du secteur privé que dans celles du secteur public.
Une évaluation de la prescription et de la dispensation
des médicaments réalisée au Mali en 2021,
révèle un nombre moyen de médicaments prescrits par
ordonnance de 3,4, des prescriptions d'antibiotiques et de formes injectables
représentant respectivement 58 % et 60,3 %, et 81 % des
médicaments prescrits en dénomination commune internationale
(DCI). Selon la même étude, les indicateurs de prescriptions
étaient dans l'ensemble, supérieurs aux normes
recommandées (A. Sangho et al, 2022).
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