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Le projet de loi sur les partis politiques au Maroc

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par Hassan Bentaleb
Université Montpellier 1 - Master recherche en science politique 2005
  

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Conclusion :

Pour le ministre de l'Intérieur, le premier tour des consultations vient de s'achève. Cet avant-projet de loi n'est qu'une première mouture, pour engager le débat et sonder les avis des partis politiques. Mais le verdict est sévère. Les partis ont fait l'unanimité contre lui, incitant l'Intérieur à revoir sa copie.

En effet, ce projet a été considérer comme liberticide, et certains points ont fait l'unanimité des partis politiques majorité comme opposition et des organisations des droits de l'homme comme les articles 42 et 45 relatifs à la suspension et à la dissolution des partis politiques, qui attribuaient ce pouvoir à l'administration. Et les articles 8 et 13 qui exigeant 1 000 membres fondateurs et un minimum de 1500 congressistes pour qu'un parti puisse être constitué ont été également décriés par les responsables politiques. Avec ces dispositions et bien d'autres les partis craindrent une loi qui ferait de toute tentative de création de parti une entreprise titanesque. Mais, ce que ils craignent le plus c'est l'emprise de l'Etat sur les partis ce qui reviendrait à les affaiblir, donc à les décrédibiliser davantage. Face à ces critiques, le ministre de l'Intérieur a affirme que toutes ces considérations vont être prises en compte dans la mouture définitive et que ce projet de loi va subir des remodelages et des retouches.

Quelles sont alors les retouches apportées au projet de loi sur les partis ? La grande nouvelle, qui devrait soulager les partis, est que le pouvoir de dissolution ou de suspension d'un parti est donné à la Justice, au lieu du ministère de l'Intérieur. Si le principe de la liberté de constitution des partis n'est pas totalement adopté, le nouveau projet en assouplit les conditions, fixant le nombre de fondateurs à 300 au lieu de 1 000 comme le prévoyait la première mouture. Il en va de même pour le nombre de congressistes, ramené à 500, chiffre autrement plus raisonnable que les 1 500 requis dans l'avant-projet initial, ce qui aurait posé des problèmes logistiques et matériels pour les petits partis.

Concernant le financement de l'action politique, l'éligibilité à l'aide publique se fera en fonction de la représentativité des partis à l'échelle nationale et locale. Pour les petits partis qui n'atteindraient pas le pourcentage de voix requis pour être éligibles, ils auraient la possibilité de nouer des alliances afin que la somme de leurs voix atteigne le seuil d'éligibilité. Ils pourraient ensuite se partager la subvention étatique. Cette disposition a été remodelée afin de ne pas léser les partis politiques à la représentativité électorale limitée mais au rayonnement intellectuel important.
Toujours à propos du financement, l'article 38 de l'avant-projet, stipulant qu'une commission présidée par un juge de la Cour des comptes et composée d'un juge de la Cour suprême, d'un représentant de l'Intérieur et d'un inspecteur des finances examinerait les dépenses que les partis engageraient au titre de la contribution de l'Etat dans le financement des campagnes électorales, a été modifiée et simplifiée. Seule la Cour des comptes pourra contrôler les dépenses faites par les partis lors des élections.

De ces quelques exemples ressort la volonté de l'Etat de normaliser le champ politique tout en gardant un minimum de conditions. L'acte de constituer un parti n'est pas entièrement libre de toute entrave ; il n'en demeure pas moins que le ministère de l'Intérieur n'a plus le pouvoir discrétionnaire de juger des intentions d'un groupe de personnes désireux de se constituer en parti politique. Si la nouvelle mouture est adoptée, toutes les personnes qui satisfont aux conditions de la loi pourraient avoir un parti, même si leur acceptation des fondamentaux n'est que formelle. Auquel cas, il appartiendrait à la justice d'en juger.

Deuxième partie : Le financement des partis politiques.

Souvent considéré comme sujet tabou, le financement des partis politiques a toujours été entouré de secrets et des zones d'ombre. Du financement secret au financement étranger en passant par l'argent de la drogue, l'argent des partis n'a pas cessé de susciter la polémique.

Si l'Etat, et dès 1986, alloue chaque année une somme de 20 millions DH comme aide aux partis politiques, la question de la réglementation et de la transparence n'est pas encore acquise.

Avec le nouveau projet de loi, l'Etat veut mettre de l'ordre dans la comptabilité des partis, et encourage la transparence de leur financement. L'Etat va donc participer au financement des campagnes électorales des partis politiques et leur accorder une aide annuelle pour aider à leur gestion. Le montant de la subvention devrait être fixé en proportion avec le poids de chaque parti au sein des deux chambres du Parlement. Ces subventions étatiques sont cependant soumises à la tenue des assises nationales des partis politiques. Ces derniers sont , par ailleurs, interdits de recevoir des aides financières- directes ou indirectes - des collectivités locales, des institutions publiques et des sociétés où l'Etat dispose d'une participation au capital, ainsi que toutes subventions ou aides de quelque forme que ce soit provenant d'un pays étranger, d'une personne morale soumise à une loi étrangère ou d'une personne ne portant pas la nationalité marocaine.

Donc avant d'analyser les dispositifs de ce nouveau projet de loi concernant le volet financement, et le comparer avec les législations d'autres pays, on va essayer de décrire la situation actuelle de financement des partis politiques marocains, à savoir : les ressources des partis, les subventions de l'Etat, la question de la transparence.


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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius