WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Formation et promotiobn des agents de l'etat

( Télécharger le fichier original )
par Gabriel ENONGUI
I.G.D.E. - Magistère en management des ressources humaines 2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Section 2 : La nécessité d'un plan national de formation

Il est paradoxal de constater que chacun d'entre nous s'accorde à reconnaître le caractère indispensable de la formation. Mais cette formation reste souvent inefficace soit par l'absence d'objectif, soit par l'inadaptation de son contenu ou des méthodes pédagogiques, soit surtout par l'absence de motivation des agents auxquels est destinée cette formation. Ils ne sont ni sensibilisés aux enjeux, ni passionnés par le contenu des cours.

A notre humble avis la formation permet la transmission ou la réception des connaissances pour répondre aux missions de l'administration. Elle permet aux fonctionnaires et aux agents contractuels de l'Etat d'accomplir leurs missions avec la compétence souhaitée.

C'est ainsi que la formation apparaît nécessaire dans la carrière des agents publics. Elle permet l'acquisition de nouvelles connaissances pour ainsi être plus performant dans l'exercice des fonctions.

Cela signifie que la formation aide les agents publics à devenir plus aguerris pour mieux exercer leurs fonctions.

Avant d'élaborer un plan de formation, l'administration doit procéder à l'évaluation des besoins.

Bien que ne disposant pas de chiffres à ce sujet à cause de la rétention de l'information, mais après des entretiens avec les différents gestionnaires des ressources humaines des services du personnel des régies financières, il y a lieu de croire que la formation surtout à l'étranger coûte très chère à l'Etat.

Avant de prendre la décision de faire de la formation ou du développement, il faut procéder à une évaluation des besoins spécifiques. L'évaluation des besoins s'obtient en diagnostiquant d'une part les problèmes qui se posent et les défis que la formation peut relever et d'autre part, les problèmes auxquels la fonction publique pourra faire grâce au développement à long terme des ressources humaines.

Parfois, un changement de stratégie dans le service peut entraîner des besoins de formation.

Par exemple, l'introduction de l'outil informatique dans les services publics congolais a suscité une formation du personnel pour s'adapter aux nouvelles exigences. Il a fallu former des opérateurs de saisie, des analystes et des programmeurs, etc....

Ce pendant, il faut veiller à bien identifier les causes de ces problèmes de façon à ne faire appel à la formation que lorsqu'elle s'avère nécessaire.

Dans cette section, nous allons évoquer l'adéquation formation - emploi et la nécessaire révision des programmes de formation des écoles spécialisées d'administration.

Sous section 1 : la nécessité d'une adéquation formation - emploi

Deux (2) questions fondamentales se posent en ce qui concerne l'adéquation formation - emploi :

- peut- on planifier le développement éducatif en relation avec l'emploi sur le plan technique ?

- peut- on planifier le développement éducatif en relation avec l'emploi sur le plan politique ?

A - La relation éducation - emploi du point de vue technique

L'opinion exprimée est celle selon laquelle, l'orientation du développement éducatif selon les besoins économiques s'avère une vision hasardeuse.

Ceci nous amène à la restriction des possibilités individuelles de développement humain par rapport à des impératifs économiques le plus souvent incertains.

La relation éducation - emploi suppose que les besoins économiques constituent une donnée ou une fin en soi, tandis que la promotion culturelle ou intellectuelle est un moyen au service des besoins économiques

Il faudrait inverser la proposition afin que la promotion culturelle et intellectuelle par le développement éducatif soit une fin pour que l'économie s'adapte.

B - La relation éducation- emploi du point de vue politique

Quant à la réponse à donner à la question de savoir si l'on peut planifier le développement de l'éducation en rapport avec l'emploi sur le plan politique, elle conduit à deux (2) finalités. Il s'agit avant tout contribuer au développement culturel et intellectuel de l'individu ainsi que de la société, favoriser la production sociale, la mobilité et contribuer au développement du pays.

Ensuite, il faut contribuer à la formation des cadres pour disposer des compétences utiles à la production et à la croissance économique.

C'est ainsi que, pour l'approche demande sociale, la planification n'a pour rôle primordial que de prévoir et de satisfaire les besoins d'éducation des individus.

Par opposition, l'approche main d'oeuvre prévoit la précision et la satisfaction de l'économie en personnel très qualifié.

L'application de la formation à la réalité congolaise, doit satisfaire aux besoins de l'économie et non dans un seul secteur d'activités.

En République du Congo, l'existence du secteur privé et du secteur étatique pose un problème de choix dans l'application des théories.

Nous constatons qu'il y a des problèmes de choix des objectifs et aussi de moyens dont l'incidence sur l'emploi est variable.

La tendance congolaise est beaucoup plus pour la formation que pour la création des emplois.

Parmi les approches dominantes sur le plan théorique, le bilan des choix au Congo, révèle que les approches théoriques de la main-d'oeuvre et de la demande sociale sont applicables.

Il s'agit de signifier qu'au Congo, les administrations sont riches en projets et la grande difficulté réside dans leur mise en exécution.

Ainsi, nous avons l'application de la théorie de la main-d'oeuvre qui révèle que la planification des besoins et l'application de la théorie de la demande sociale se basent sur la prévision. (15)

En clair, cela signifie que les besoins en matière d'emploi et de leurs occupants ne peuvent se faire sans planning.

La nécessité de toutes ces théories en matière de formation est complémentaire. Deux (2) types d'équilibres sont envisageables dans la détermination des besoins.

Il s'agit :

- des équilibres quantitatifs qui ont trait au niveau d'emploi ;

- des équilibres qualitatifs qui concernent la relation qualification - emploi.

Pour ce qui est des équilibres quantitatifs, la question est de comparer la quantité de travail nécessaire pour assurer la production qui correspondrait au nombre d'emplois réels à créer.

Il va falloir évaluer l'économie en terme d'emplois disponibles à comparer à la population susceptible de les occuper.

Dans notre pays, cet équilibre doit être réalisé dans le secteur public par la procédure de la sélection par voie de concours. Par ce procédé, les quotas doivent être déterminés par les administrations qui sont dans le besoin.

La détermination des besoins se fait en fonction des postes budgétaires à pourvoir. Ces postes sont disponibles au niveau de la direction générale du budget au fur et à mesure que certains agents cessent définitivement leurs fonctions (les décès, les départs à la retraite, les mises en disponibilités, les détachés etc....) et par la création des nouveaux départements ainsi que des nouvelles structures.

Les équilibres qualitatifs quant à eux, permettent de comparer la quantité de travail nécessaire qui correspondrait au nombre de spécialistes pouvant occuper ce genre d'emplois.

(15) bulletin économique, juin 2006 p. 6

Au Congo, les individus capables d'occuper des emplois sont répartis par qualification ou type de formation reçue. C'est pour cette raison que la loi de 1989 regroupe les fonctionnaires par corps. (Article 90 de la loi).

Par exemple, le poste de trésorier payeur régional doit être occupé par un comptable patent. Or au Congo en général et plus particulièrement dans la fonction publique, nous assistons à un désordre dans l'occupation des emplois.

Nous voulons dire que l'occupation des postes se fait la plupart du temps sans respecter le profil des individus.

Dans notre pays, nous avons adopté un slogan qui est devenu générique : «l`occupant du poste va se former sur le terrain ». ce qui sous-entend que lorsque ce genre d'agent occupe un poste de responsabilité,il doit tout d'abord apprendre et c'est à force de travailler qu'il apprendra avant de commencer réellement à rendre.

Cette façon de faire, ne rend pas performante l'administration publique. Nous sommes sans oublier que la formation joue un rôle important en matière d'emploi, car à travers elle, le futur salarié acquiert les aptitudes utiles pour l'exercice de ses fonctions futures.

Comment peut-on élaborer un plan de formation ? Il s'agit de dire qu'il n'existe pas de méthode type pour élaborer un plan de formation. Ces méthodes varient selon les administrations ou les structures.

Chaque département doit avoir un tableau de bord de formation. En la matière, il n'y a pas de tableau de bord type, il n'y a que des tableaux de bord particuliers à chaque département.

Le tableau de bord est un instrument qui permet de suivre d'une manière scientifique l'évolution graduelle de la formation des agents.

Il facilite la préparation du rapport annuel sur la formation, favorisant ainsi la récolte de nombreuses informations. Il permet aussi le pilotage des actions et de la politique de formation qui constitue l'un des volets de la gestion des ressources humaines.

Le plan national de formation s'élabore après avoir procédé à l'inventaire des besoins en personnel.

A notre avis, Il serait souhaitable que chaque département ministériel, en ce qui le concerne, établisse un plan de formation de courte et longue durée. Ce plan de formation retient et organise des actions de formation en fonction des objectifs à atteindre.

Il précise les objectifs, les priorités, le contenu, la pédagogie, la durée, le calendrier, le budget et les catégories des bénéficiaires.

Les principaux choix vont porter sur :

- les objectifs de la formation. La formation remplit multiples fonctions, les choix portés ont des conséquences en terme de contenus, de bénéficiaires et de modalités ;

- le budget ;

- les contenus. La formation peut être de portée générale, destinée à élever le niveau général des connaissances des agents publics. Elle peut être aussi une formation technique qui vise à développer les compétences professionnelles des bénéficiaires, ou une formation technique qui permet aux agents de changer de catégorie ;

- les modalités : durée, moyens externes ou internes. Cette formation s'acquiert pendant ou en dehors des heures de travail.

Sous section 2 : La nécessaire révision des programmes de formation des écoles d'administration.

Le développement des programmes de formation destinés aux fonctionnaires et aux agents contractuels de l'Etat résulte de nombreuses causes. Ce développement découle inévitablement des changements intervenus en matière institutionnelle, mais aussi sociale ou technologique.

Par exemple, la formation des agents de l'administration du travail doit s'adapter aux nouvelles techniques qu'utilisent les travailleurs dans leurs usines ou entreprises.

Ces évolutions qui, le plus souvent laissent les agents publics en déphasage, sont autant de pressions qui justifient l'émergence d'une offre de formation destinée à une « remise à niveau ».

En ce qui concerne la gestion de la formation, l'administration doit avoir la maîtrise totale des écoles et institutions de formation et de perfectionnement.

A cet effet, le ministère chargé de la fonction publique doit faire le point focal de toutes les actions de formation tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Congo. Ceci rentre dans le cadre d'un management stratégique de ressources humaines. L'Etat doit prendre les mesures correctives afin de mettre fin au désordre actuel.

Un effort de développement considérable est nécessaire pour améliorer les contenus des cours, les adapter aux attentes du public, afin d'acquérir un professionnalisme qui fait aujourd'hui grandement défaut dans notre administration.

Le constat confirme en tout cas l'intérêt stratégique d'un outil important comme la formation continue. Il apparaît que la formation continue des agents de la fonction publique constitue à la fois :

- une nécessité, dans la mesure où la spécialisation des techniques et des savoirs, l'accroissement même des savoirs de gestion, interdissent de considérer que la formation initiale se suffit à elle-même.

Plus encore, une opportunité et un levier indispensable pour la reforme de l'Etat car, à travers elle, on crée chez les agents publics une curiosité intellectuelle qui peut constituer un facteur de stimulation et de motivation.

C'est dans ce contexte que la formation est comparable à un instrument de musique dont la qualité des sons dépend du sérieux que l'on met lors de sa fabrication.

De plus en plus, la formation permanente est perçue comme une nécessité stratégique. Le lancement des écoles et des instituts spécialisés de l'administration destinés à former des cadres dans des différentes filières administratives obéit à une ambition d'élever l'administration publique congolaise.

C'est ainsi que plusieurs administrations ont incité leurs agents à se former, afin de relancer la machine administrative et d'améliorer leur carrière.

Par exemple, au niveau de l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature (E.N.A.M.) de Brazzaville, le lancement des filières telle que l'Administration de l'Education Nationale (A.E.N.) en 1995, destinée aux fonctionnaires de l'éducation nationale est considérée comme étant la nécessité de faire évoluer l'enseignement dans un contexte nouveau issu des réformes administratives.

Le souci des autorités est de promouvoir une fonction publique d'élites, de l'excellence à l'image de celles des pays développés. C'est ainsi que la formation va alors constituer l'instrument par lequel les nouveaux cadres de l'éducation nationale vont afficher leur cohésion et leur savoir-faire.

De même, la création du centre de recyclage et de perfectionnement administratif (C.E.R.P.A.D.) à l'école nationale administration et de magistrature répond au souci des autorités du pays de faire évoluer la fonction publique congolaise, pour ce qui est du recyclage et du perfectionnement de ses agents.

Ce même travail est aussi fait par d'autres écoles de formation professionnelle telles que l'I.G.D.E, l'I.S.C.A, l'E.S.G.A.E, C.I.R.A.S, E.A.D, l'E.N.S, l'I.A.E, J.J.L. etc...

Cette formation vise à favoriser le nouveau mode d'organisation de l'administration et à promouvoir le professionnalisme. Elle est également destinée à accompagner et à faciliter cette espèce de contrat tacite conclu entre l'administration et les usagers du service public.

Cette démarche devrait se poursuivre avec la mise en place d'autres filières dans ces écoles de formation professionnelles. La formation doit intervenir également pour préparer ou pour accompagner la réorganisation des services de l'Etat.

Il faut qu'il soit crée dans tous les départements ministériels une structure qui s'occupe de la formation continue ou permanente des agents publics, parce qu'il a toujours cette idée dans le comportement du cadre congolais qui croit tout savoir, surtout lorsqu'il sort d'une grande école de formation.

Les écoles de formation doivent adapter leurs programmes en fonction de la réalité qui se vit sur le terrain, afin que la formation reçue, soit un outil nécessaire pour le redressement du pays. Elle doit permettre de répondre aux attentes de l'administration et des usagers. Car très souvent, les programmes de formation des écoles d'administration continuent d'offrir dans leur plus grande partie des connaissances générales et peu de savoir pratique.

C'est ainsi que la notion de cadre supérieur de ces écoles équivaut à une hypertrophie de savoir et une atrophie de savoir-faire. Dans ce contexte, les retombées opérationnelles de ces formations sont donc très incertaines.

La formation permanente doit, en ce qui concerne la gestion moderne, favoriser la diffusion au sein de l'administration publique, des conceptions et des méthodes nouvelles et provoquer ainsi le changement des mentalités et des pratiques chez les fonctionnaires et les agents contractuels de l'Etat en service.

Les responsables des écoles professionnelles doivent veiller à ce qu'au cours de la phase pratique de la formation, les stagiaires continuent à aller dans les administrations mais pendant une période assez longue qu'ils ne le font maintenant.

Enfin, les autorités administratives doivent être associées à l'élaboration des programmes des cours pour les rendre beaucoup plus pragmatiques que théoriques.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault