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L'efficacité technique des banques et ses facteurs explicatifs: application à  la Commercial Bank-Cameroun


par Martial TCHAKOUNTE DAZOUE
Université Catholique d'Afrique Centrale - Master II en Banque et Finance 2009
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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Paragraphe 2 : Analyse du marché bancaire camerounais

Le paysage bancaire camerounais regorge une douzaine de banques commerciales. Parmi ces banques, on note 05 banques à capitaux camerounais, 03 à capitaux français, 02 à capitaux de l'Afrique de l'Ouest, 01 à capitaux anglais et 01 à capitaux américains. Notre analyse portera essentiellement sur l'activité d'intermédiation (collecte des dépôts et octroi des crédits), sur la période d'étude allant de Janvier 2008 à Août 2009. Toutes les données proviennent du Document confidentiel sur le marché bancaire, produit par le Conseil national du Crédit (CNC) du Cameroun. Après un aperçu général du comportement d'intermédiation des banques (2.1), nous approfondirons l'analyse avec d'abord une étude des parts de marché (2.2), puis de la place de la CBC dans cet environnement (2.3).

2.1- L'aperçu général

Le secteur des banques commerciales au Cameroun a produit en moyenne 1 196 Milliards de FCFA de crédit chaque mois en collectant 1 915 Milliards de FCFA de dépôts sur la période qui s'étend de janvier 2008 à août 2009. Le graphique (A) qui suit montre l'évolution comparée des crédits et des dépôts de l'ensemble des banques sur la période.

Graphique A : Evolution des crédits et des dépôts du marché sur l'ensemble de la période

L'efficacité technique des banques et ses facteurs explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun

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Les dépôts collectés par l'ensemble du secteur ont progressé de XAF 149 Milliards (Passant de XAF 1 827 Milliards à XAF 1 977 Milliards), tandis que les crédits distribués ont progressé de XAF 315 Milliards (Passant de XAF 1 019 Milliards à XAF 1 334 Milliards). Par conséquent, les crédits ont connu une progression totale de 31,94% et les dépôts de seulement 8,21%. Ce constat laisse apparaître qu'il y a eu amélioration globale de la transformation des dépôts en crédit, même si on aperçoit sur le graphique un écart relativement stable entre le niveau des crédits et celui des dépôts.

Afin d'observer la transformation individuelle des banques, l'on peut jeter un regard sur le graphique B ci-dessous. Il présente en moyenne mensuelle les volumes de crédits distribués et de dépôts collectés par les banques entre janvier 2008 et août 2009. L'on peut voir par exemple que la banque qui réalise le plus grand écart moyen entre les crédits et les dépôts est la SCB - Crédit Agricole, tandis que celle qui réalise le plus petit écart est l'ex Amity-Bank, la Banque Atlantique Cameroun.

Graphique B : Volumes moyens des crédits et dépôts des banques

Source : Auteur (idem)

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2.2- Les parts de marché individuelles et les conglomérats

Les parts de marché individuelles des banques en fin de périodes sont présentées par le

graphique C ci-dessous. La banque BICEC arrive en tête avec 19,25% et la banque Atlantique en queue avec 1,61%.

Graphique C : Parts de marché individuelles de dépôts en Aout 2009

Source : Auteur (ibid.)

L'on peut regrouper ces banques commerciales de deux manières, illustrées par les graphiques D et E ci-dessous. Selon le premier regroupement, les banques sont associées en fonction de l'origine de leur actionnariat. On a donc les banques à capitaux français (SGBC, BICEC, SCB-CA), ouest-africains (Ecobank, UBA), camerounais (Afriland, CBC, Amity, NFC et UBC), et puis d'autres pays occidentaux (Standard Chartered et Citibank). Selon le second regroupement, les banques sont associées en fonction de leur taille. En réalité, on peut clairement distinguer1 03 grands groupes bancaires : les banques leaders (BICEC, SGBC, Afriland et CA-SCB), les banques montantes ou suiveuses (CBC, Ecobank et Standard Chartered), et les banques queue de file (Citibank, UBA, Amity, NFC et UBC).

1 A l'annexe 2, le graphique de l'évolution des parts de marché de dépôts sur la période permet de faire cette observation.

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L'efficacité technique des banques et ses facteurs explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun

Graphiques D et E : Parts de marché des banques regroupées en Août 2009.

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Graphique F : Evolution des volumes de dépôts de la CBC et des autres banques

Source : Auteur (ibid.)

- En ce qui concerne les crédits, la CBC a distribué largement plus de crédit que la moyenne des autres banques sur la période, même si vers la fin de ladite période l'écart se resserre et le volume de crédits distribués par la CBC pointe vers le bas.

Graphique G : Evolution des volumes de crédits de la CBC et des autres banques

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Graphique H : Evolution des taux d'intermédiations de la CBC et des autres banques

Source : Auteur (ibid)

L'analyse qui précède démontre une chose : La Commercial Bank- Cameroun a un taux élevé de transformation des ressources en crédit. Elle est parfaitement au dessus de la moyenne en ce qui concerne sa performance d'intermédiation. Cependant, notre objectif vise à dire si oui ou non elle distribue le maximum de crédits possibles au regard des autres banques de son échantillon : il n'est plus question d'être seulement au dessus de la moyenne, mais plutôt d'être au dessus de toutes les banques. C'est pourquoi dans la section qui suit, nous répondrons à la question de savoir si la CBC est située sur la frontière efficiente, c'est-à-dire si elle techniquement efficace dans sa transformation des ressources en crédit.

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