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L'histoire d'une société rizicole en Côte d'Ivoire: le cas de la société de développement de la riziculture ( soderiz ) 1970 - 1977

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par Lassina Songfolo YEO
Université Alassane Ouattara de Bouake - Côte d'Ivoire - Maà®trise d'histoire 2012
  

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II- L'USINAGE DU PADDY

Des usines ont été créées dans l'intention de drainer la production de paddy vers le réseau de transformation de la société rizicole. Pour l'usinage du paddy, la Soderiz a mis en place un système de collecte de paddy. Après la collecte elle assurait la transformation puis la distribution du riz blancs à travers certaines structures.

1- Le système de collecte du paddy

La collecte est la première étape de commercialisation du paddy après la production. Elle consistait à approvisionner les usines de décorticages de la Soderiz installées sur l'ensemble du pays et disséminées dans onze villes du pays. L'objectif de la Soderiz était de faire de la riziculture irriguée une culture très rentable à l'image du café et du cacao. Allant dans ce sens, la société a

79

organisé un système de collecte de paddy devant servir les usines créées pour la circonstance. Ainsi, la collecte du paddy dès la première année d'expérimentation de l'institution en 1971, s'est élevée à 16 000 tonnes dont 70% dans les zones encadrées par la Soderiz110.

Après 1971, la Soderiz ne pouvant plus seule couvrir la collecte du paddy du faite de l'augmentation de la production a fait appel à des collecteurs privés composés de commerçants et de producteurs comme il l'a été en 1966. Ils bénéficiaient d'un certains nombres d'avantages au niveau du prix et réalisaient des bénéfices a travers la collecte. Ils étaient perçus comme des agents d'achat et disposaient des moyens financiers et matériels nécessaire à la collecte. Ces collecteurs privés effectuaient la première étape de la collecte officielle qui consistait à transporter le paddy du paysan de son champ jusqu'à la campagne. La seconde étape était le transport du paddy du village à l'usine. Les collecteurs privés opéraient au moyen de véhicule dont la capacité variait entre une à cinq tonnes. Ils percevaient une commission de 10% sur le paddy payé. Un agrément particulier leurs était délivré par les autorités de la localité telles que le Préfet et le Sous-préfet. L'introduction du secteur privé dans la collecte répondait à un objectif celui d'alimenter les unités industrielles qui étaient sous utilisées en paddy. Aussi la société avait le souci de pouvoir acheter le paddy au producteur, car selon le contrat de culture, le paddy produit par les paysans devrait être acheté par la Soderiz afin d'approvisionner les rizeries.

A partir de 1973, suite à l'uniformisation du prix d'achat à la production, les responsables de la société vont généraliser l'expérience tentée avec succès en 1972, de l'association des collecteurs privés sur la base d'un barème leur assurant une marge intéressante de prime allant de francs à 42 francs par kilogramme en fonction de la quantité de paddy acheté. Soit une somme compris

110 AGRIPAC : 1974, « Halles et marchés de Côte d'Ivoire » Tome III, p 67

80

entre 1000 francs et 42000 francs sur la tonne de paddy entre la collecte bord champ et les magasins de collecte.

Entre la campagne rizicole 1966/1967 et celle de 1977/1978, les collecteurs privés ont réalisés entre le magasin de collecte et l'usine un bénéfice allant de 1francs à 47 francs CFA le kilogramme de paddy soit 47000 francs CFA la tonne.

Ce réseau d'achat n'avait pas pour rôle d'être concurrent de la Soderiz, mais

de jouer le rôle de secteur « privé témoin » c'est-à-dire un secteur privé au service de la Soderiz en l'aidant à développer la riziculture111.

Tableau n°8 : Evolution du bénéfice des acteurs pendant la collecte de 1966 - 1967 à 1977 - 1978 (en francs CFA/ KG)

Années

Prix à la

production (p0)

Prix à l'entrée du magasin

(P1)

Bénéfice brut (p1 - p0)

Prix à l'entrée de l'usine

(P2)

Bénéfice
brut
(p2 - p1)

Bénéfice brut
(p2 - p0)

66 /67

18

19

1

19

0

1

67/68

18

20

2

20

0

2

68/69

20

20

0

20

0

0

69/70

22

22

0

22

0

0

70/71

22

22

0

22

0

0

71/72

22 /28

22/31

0/3

22/31

0

0/3

72/73

23/28

31/70

8/42

31/75

0/5

8/47

73/74

23/65

31/70

8/5

31/75

0/5

8/10

74/75

65

70

5

75

5

10

75/76

65

70

5

75

5

10

76/77

65

70

5

75

5

10

77/78

65

70

5

75

5

10

Source: HIRSCH RD, op.cit. p56

111Ministère de l'Agriculture et des ressources animales, Rapport final ; Etude pour la formulation de la politique rizicole de la Côte d'Ivoire, Février 2002 p24

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Ce circuit témoin devait effectivement appliquer les prix officiels fixés par la Soderiz et mettre ainsi les producteurs en confiance. Les magasins de collecte et d'approvisionnement constituaient autant de points de contact pour l'achat du paddy entre les paysans et les collecteurs. L'organisation de ce réseau de collecte et l'insertion de personnes privées dans le circuit de collecte Soderiz devrait permettre l'efficacité et apporter un certain dynamisme à la société.

L'Etat avait fixé un prix d'achat de paddy sur tout le territoire comme il faisait pour les cultures du café cacao. Au début de chaque campagne l'Etat fixe le prix d'achat du paddy au producteur et le prix d'achat à l'entrée de l'usine. En effet, en 1971 par le décret n°71 - 504 du 10 novembre 1971 portant fixation des prix d'achat à la production du paddy112. L'Etat fixe le prix en fonction de la qualité du paddy. Le conseil des ministres a adopté à ce effet le 17 octobre 1972, le décret n°72- 658 qui fixait le prix du paddy au producteur à 25 F /kg113. Ce prix suivait les normes de la qualité. Selon ces normes le paddy devait être mur, exempt de poussière de cailloux, le taux d'impureté devait être inferieure à 18%. Le paddy qui respectait ces normes était qualifié de qualité supérieure et celui qui ne répondait pas à ces normes était dite de qualité inférieure.

En 1973, le prix d'achat était fixé à 25,13 F le kilogramme et 12 687 tonnes avaient été collectées dont 25 % de cette collecte se sont effectués en janvier et février114. La Soderiz avait institué trois formules de ramassage avec prime à la livraison. Elle veillait à ce que le prix soit respecté, car ce prix de collecte variait selon le lieu de collecte. Pour la première formule, la collecte de paddy chez le producteur était achetée à 65F/kg. Si cela s'effectuait au niveau des magasins de collecte, le paddy était acheté à 70F/kg et enfin à l'usine le paddy était acheté à 75F/kg. Le prix était majoré en fonction de l'accessibilité de la production. La Soderiz versait ses primes aux acheteurs ou aux paysans qui se déplaçaient soit à

112 JOCI DU 10 novembre 1971, P 616

113JOCI du 20 octobre 1972, p 1236

114ADS, Résumé Rapport annuel Soderiz 1973, p20

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l'usine, soit dans les magasins de collecte pour livrer leur production. Cela visait à compenser les dépenses de transport fournies et le paiement de la main d'oeuvre pour les chargements.

L'organisation de la collecte du paddy par la Soderiz a bien fonctionné vu l'évolution de la quantité de paddy collectée depuis 1971 à 1974. La Soderiz a réussi à collecter grâce à son système de collecte des milliers de tonnes de paddy pour alimenter ces usines. On est passé de 16 000 tonnes de paddy collectées en 1971 à 30 000 tonnes en 1974115.

Selon le tableau n°9 (p79), de 1966 à 1969 le prix garanti aux producteurs par la Satmaci était compris entre 18 francs et 20 francs. Ce prix d'achat a seulement augmenté de 2 francs durant 4 ans. A partir de 1970 avec la création de la Soderiz on observe une fluctuation du prix d'achat qui s'élève à 22 francs. Ce prix d'achat atteint 28 francs en 1973. Cela témoigne de la volonté de la Soderiz de bien rémunérer les paysans. De 1973 à 1977, le prix garanti d'achat augmente et atteint 70 francs. Cela résulte de la perturbation des marchés internationaux de céréale par la crise pétrolière qui ont été soumis à de très fortes tensions. Cette situation a permit au cours mondial du riz d'atteindre son record historique. Par la même occasion les autorités ivoiriennes pour faire face a cet phénomène ont encouragés la production locale en associant les collecteurs privés a la collecte du paddy en leur assurant des primes variables en fonction du lieu de livraison. Pour Brindoumi Atta Kouamé Jacob, les raisons de cette hausse étaient « la croyance à la primauté du prix en tant que facteur d'inclinaison à la production, la nécessité d'un alignement des prix du riz local sur les prix du riz importé et les pressions de la Soderiz qui estimait ne pas pouvoir remplir sa mission avec des prix qu'elle jugeait trop bas »116.

115 Agence Ivoirienne de Presse « Dans cinq ans avec l'encadrement la Soderiz produira 70 000 tonnes de Paddy » in Fraternité matin du 31 juillet 1973 p2

116 A, K, J BRINDOUMI, op.cit, p 100

83

Tableau n°9: Evolution du prix d'achat de paddy garanti au producteur de 1966 à 1978

Campagne
d'achat

Prix Bord champ
producteur en
F/KG

Prix Magasin de
collecte en F/KG

Prix Rendu usine
ou silo en F/KG

1ère

qualité

2eme

qualité

1ère

qualité

2eme

qualité

1ère

qualité

2eme

qualité

1966 - 1967

19

18

-

-

-

-

1967 - 1968

18

17

-

-

-

-

1968 - 1969

19

18

-

-

-

-

1969 - 1970

20

20

-

-

-

-

1970 - 1971

22

20

-

-

-

-

1971 - 1972

22

20

-

-

-

-

1972 - 1973

28

23

31

-

-

-

1973 - 1974

65

28

70

-

75

-

1974 - 1975

65

-

70

-

75

-

1975 - 1976

65

-

70

-

75

-

1976 - 1977

65

-

70

-

75

-

1977 - 1978

65

-

70

-

75

-

Source: Ministère de l'Agriculture Statistique agricole de Côte d'Ivoire 1981, p 84

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon