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Analyse techno-sémio-pragmatique


par Maria Luisa TELENTI-ASENSIO
Université Stendhal Grenoble 3 - Master 2 Recherche, Sciences du Langage, spécialité didactique de langues 2007
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Littérature
   
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1 CADRE THÉORIQUE

Comment articuler les différents cadres de référence auxquels nous avons eu recours afin d'essayer de répondre aux questions qui se présentaient au fur et à mesure que nous découvrions le terrain de recherche ? Nous allons mentionner tout d'abord des recherches qui ont été réalisées par des linguistes, et par des chercheurs en disciplines non-linguistiques, concernant la communication humaine interpersonnelle tant de façon globale et théorique que méthodologique. Nous exposerons ensuite des voies de recherche actuelles, ouvertes à la description d'éléments significatifs de différente nature (technique, sémiotique et pragmatique) qui configurent la communication médiatisée par ordinateur. Pour clore cette partie de notre étude, nous évoquerons des étapes de la recherche sur l'usage et l'intégration des technologies informatiques et télématiques dans l'enseignement-apprentissage des langues et la formation ouverte et à distance, que nous mettrons en relation avec les approches pédagogiques sous-jacentes, configurant la communication pédagogique médiatisée par ordinateur.

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1.1 De la langue, système de signes, aux interactions multimodales

L'étude des pratiques communicatives et du langage en situation commence à intéresser des chercheurs issus de différentes disciplines vers le milieu du siècle dernier. La linguistique, d'orientation structuraliste s'occupait essentiellement à la même époque des aspects syntaxiques et sémantiques de la langue écrite - considérée comme un ensemble de règles d'un code normatif ; les conditions concrètes de l'utilisation du langage dans une situation précise de communication orale - l'importance du ton, des gestes etc. étaient considérées comme extralinguistiques.

1.1.1 De la langue-système à la langue instrument de communication

Nous devons à Saussure une vision structurée de la langue : la langue comme système de signes articulé. Nous ne voudrions pas oublier de signaler cependant que Saussure, dans ses cours publiés par ses élèves, considérait la langue comme « un produit social de la faculté du langage et un ensemble de conventions nécessaires adoptées par le corps social» ([1915] 1993 : 124). Une autre leçon que nous retirons de ses cours est l'importance qu'il accorde au sens (« le problème linguistique est avant tout sémiologique ») et le fait de considérer aussi « les rites, les coutumes, etc. comme des signes (...) qu'il faut grouper dans la sémiologie et (...) les expliquer par les lois de cette science » (ibidem : 128).

Pour Benveniste (1966 : 126) « la relation de la FORME et du SENS [est] le problème qui hante toute la linguistique moderne ». Ce qu'il énonce de la façon suivante : 

« Le rapport forme : sens que maints linguistes voudraient réduire à la seule notion de la forme mais sans parvenir à se délivrer de son corrélat, le sens. Que n'a-t-on tenté d'éviter, ignorer ou expulser le sens ? ».

Benveniste (ibidem : 130) distingue explicitement « la langue comme système de signes » de « la langue comme instrument de communication, dont l'expression est le discours », la phrase étant pour lui « l'unité du discours ». Il nous intéresse tout particulièrement de signaler qu'il estime que les propositions assertives, interrogatives et impératives, « les trois modalités de l'unité de la phrase », ne font que « refléter les trois comportements fondamentaux de l'homme ». L'étude du comportement des étudiants de notre corpus confirmera cette triple dimension : « parlant et agissant par le discours sur son interlocuteur : il veut lui transmettre un élément de connaissance, ou obtenir de lui une information, ou lui intimer un ordre ». Toujours selon cet auteur, « [c]e sont les trois fonctions interhumaines du discours ». Nous aurons recours au terme discours qui englobe, pour lui, toutes les formes de manifestation verbale car il considère que le « discours est écrit autant que parlé » (ibidem : 242).

Benveniste est à la base, aussi, de l'énonciation : le langage «se tourne en instances de discours, caractérisées par ce système de références internes dont la clef est je (...), je et tu (...) n'existent qu'en tant qu'ils sont actualisés dans l'instance de discours ». Avec cette conception du `langage en exercice', Benveniste est donc à l'origine des conceptions actionnelles actuelles prises en considération par le Cadre européen commun de référence pour les langues  : « la `forme verbale' est solidaire de l'instance individuelle de discours en ce qu'elle est toujours et nécessairement actualisée par l'acte de discours et en dépendance de cet acte » (ibidem : 255).

Dans sa conception du langage, « il ne faut pas manquer d'observer d'une part que ce rôle [de transmission que remplit le langage] peut être dévolu à des moyens non-linguistiques, gestes, mimiques, et d'autre part (...) les systèmes de signaux, rudimentaires ou complexes » (ibidem : 258-259) - signes non-verbaux auxquels nous allons revenir à plusieurs reprises dans la suite de cette partie théorique de notre étude (voir 1.1.4 / 1.2.1 / 1.2.3).

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