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Analyse techno-sémio-pragmatique


par Maria Luisa TELENTI-ASENSIO
Université Stendhal Grenoble 3 - Master 2 Recherche, Sciences du Langage, spécialité didactique de langues 2007
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Littérature
   
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4.3 Actes de langage et interaction

Au niveau micro-structural, les différents types d'unités sémiotiques et pragmatiques offrent d'infinies variations dans leur réalisation et leur combinaison : l'étude paradigmatique des énoncés nous a permis de croiser le sens (sémantique et pragmatique) très dépendant du contexte. Ces unités, les énoncés-actes de langage, nous avons choisi de les présenter dans la mouvance de l'interaction, de façon à offrir une vision dynamique de leur structuration `interne' : la pragmatique dans l'interaction.

En effet, nous nous sommes beaucoup servie des actes de langage, en ayant eu recours aux notions d'acte `constatif', `requête', `compliment' ou `remerciement' au moment de l'analyse des interventions et de l'interprétation du sens des énoncés construisant l'interaction ... L'acte de langage (ainsi que l'acte sémiotique qui affiche une trace para-verbale ou non-verbale sur l'écran) en situation nous a aidé à comprendre les mouvements de l'interaction, fruit d'ajustements réciproques. Ces unités, les actes de langage, nous semblent être les piliers de la construction de la relation puisqu'il est parfaitement clair que les destinataires les interprètent et réagissent - s'appuyant sur les conventions communes, connues et acceptées de tous.

4.4 Contrat didactique, rapport de places, figuration

Les tuteurs font des compliments, des remerciements, présentent des excuses, des justifications... Et habituellement ils finissent leurs interventions par des actes de requête. Quelle conclusion pouvons-nous tirer de ces données ? Les requêtes, situées à la fin des interventions, les repositionnent (les rehaussent ?) dans leur rôle de tuteur ?

D'un côté, l'accomplissement des actes d'avertissement, l'hétéro-évaluation négative ou les actes de requête situeraient les tuteurs en position haute ; d'un autre côté, l'auto- évaluation négative, les excuses et les justifications, les placeraienten position basse. De plus, les actes que nous avons énoncés en premier, étant donné leur statut d'étudiants, les situeraient en position difficile, car ce sont aussi des étudiants et leurs actes peuvent être perçus comme des critiques et être menaçants pour la face de l'apprenant, d'autant plus que le forum est un espace d'exposition discursive ouvert à tous ; ceux que nous avons énoncés en second lieu, ce sont plutôt des actes menaçants pour leur propre face. Ce va-et-vient serait ici à l'origine des rituels de figuration : les tuteurs vont s'efforcer de modaliser leur discours, par l'usage des actes de langage (et actes non-linguistiques) atténuant leurs propos.

Chez les apprenants, il faut tenir compte de leur pénurie en ressources linguistiques (nous ne pouvons pas analyser les moments où ils ont choisi d'employer des stratégies d'évitement au lieu de se manifester) si nous voulons analyser leurs stratégies de figuration. L'analyse discursive, sémantique et pragmatique permet de rendre compte des traces de figuration, verbales et non-verbales. C'est le cas, par exemple, quand ils annoncent leurs faiblesses linguistiques ou le manque d'accomplissement d'une tâche; et de même quand ils annoncent aux tuteurs des dysfonctionnements qui leur sont en principe imputables.

Tout cela construit une sorte de répertoire de réparations qui leur est propre et qui caractérise notre corpus.

Nous nous demandions au début de cette étude quelle part prend dans cette communication pédagogique la dominante du travail à accomplir et la dominante des relations interpersonnelles dans le déroulement de cette interaction. Nous estimons maintenant que cette modalité d'interaction est construite entre tous les interactants : en surface, ils produisent un inter-discours très structuré, sous lequel se construit l'interaction. Cela nous semble être la spécificité de cette communication qui se fait avec, et à travers, un média, sorte de communication que l'on pourrait qualifier de communication `média tissée' (nous reviendrons sur cette métaphore).

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