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Prise en Charge Psychosociale des PVVIH/SIDA dans trois centres sociaux de Porto-Novo au Bénin

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par Dr ZONGO
IRSP-Ouidah - Bénin - Maîtrise en Santé Publique, option Gestion Santé de la Reproduction 2004
  

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RESULTATS

Description de l'échantillon

Sur les 53 personnes vivant avec le VIH et malades du SIDA interrogées, 30 sont de sexe féminin et 23 de sexe masculin soit respectivement 57% et 43%.

Le tableau 1 présente la répartition des patients par tranches d'âge.

TABLEAU 1.

La tranche d'âge la plus touchée se situe entre 30 et 39 ans, soit une proportion de 42%. Sur les 53 personnes interrogées ; les chrétiens sont prédominants avec 47 %, suivis des traditionalistes avec 30%.

TABLEAU 2.

Sur les 53 personnes, les personnes ayant un niveau secondaire sont majoritaires avec 38 % suivies de celles ayant un niveau primaire avec 34%.

TABLEAU 3.

Sur les 76 personnes interrogées, notre étude a révélé que 23 % sont des chauffeurs (routiers), 17% des fonctionnaires et 15 % des artisans.

Sur les 76 personnes interrogées, 40% sont mariées suivis des célibataires avec 36%. Sur les 76 personnes interrogées, 59% ont plus au moins 4 personnes à charge.

Structure et organisation des centres

La structure et l'organisation sont assez satisfaisantes. Cependant dans un centre, le bâtiment qui abrite le service social est le même que le service de rééducation. L'agent chargé de l'accueil des patients reçoit les patients à l'entrée du hall. Les patients n'ont pas de douches ni de toilettes au CHD/O.P. Il y a un manque de personnel dans tous les centres visités surtout au CHD/O.P et il n'y a pas d'organigramme établissant la hiérarchie entre les agents. Cette situation ne permet pas une bonne visibilité des activités réalisées par le centre. Nous avons observé une bonne relation inter personnelle aux seins des structures. Il existe également une bonne collaboration entre les différents centres visités et le Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS). Le programme de consultation affiché ne correspond pas au programme exécuté. Par contre le personnel du CHD/O.P n'est pas supervisé et l'environnement n'est pas favorable à leur motivation. L'absence de recherche des perdus de vue et le non respect des supervisions sont dus à la non disponibilité d'une moto et de primes de supervision. Il faut noter que la motivation du personnel est un élément fondamental pour un meilleur rendement au travail.

Performance des agents

La performance des agents est appréciée par les PVVIH/SIDA, mais l'insuffisance du personnel peut agir sur la qualité de service et ce sont les patients déjà fragilisés qui en subissent les conséquences.

Un autre type de problème posé est celui de l'information soulevée par une malade de SIDA aujourd'hui alitée. Elle disait « Mes parents qui ont été informés depuis des années que j'ai le SIDA, ont a attendu maintenant pour m'informer ». Cette réflexion pose le problème de l'information à temps par le personnel des sujets infectés pour leur permettre de prendre leurs responsabilités [ONUSIDA, 2004].

Pour réussir l'information cela nécessite des compétences que l'assistance sociale, le sociologue ou le psychologue est censé avoir. Il faut au besoin donner au médecin ou autre soignant les armes nécessaires pour réussir la communication du résultat au concerné.

Un médecin travaillant à l'hôpital nous a confié au cours d'un entretien l'importance du manque de personnel et surtout du rôle de l'assistant social dans la structure en ces termes « C'est lui la première personne qui prend contact avec l'entourage social, s'informe des problèmes qui se posent à l'individu afin d'y proposer des solutions. Il a le désir de convaincre le malade ou le séropositif du sort qui est le sien et les comportements que lui impose sa nouvelle situation ». Or l'absence des assistants ou autres personnes qualifiées des structures s'occupant des malades du SIDA et séropositifs (structures, publiques ou privées) est patente.

Satisfaction des utilisateurs de services (PVVIH/SIDA)

La satisfaction des utilisateurs a été est estimée à 67% et est assez bonne. Le niveau de satisfaction des PVVIH/SIDA par rapport à la confidentialité, la qualité du conseil et la disponibilité du personnel est bonne dans l'ensemble sauf au CHD/O.P. Seul l'accueil réservé aux PVVIH/SIDA est bien apprécié par ces derniers. Cette enquête soulève l'épineux problème du secret médical: avertir les parents ou amis avec ou sans l'accord du patient ne relève pas du ressort du soignant. Pourtant deux infectés n'ont pas pu s'empêcher de se fondre en larmes quand ils nous disaient qu'ils ont été rejetés par leurs propres parents. Les attitudes dominantes chez les parents et amis sont les pleurs, le rejet et l'agressivité [Ministère de la Santé Publique, 2002].

Les pleurs chez les parents traduisent la compassion, le désespoir. Cela exprime un sentiment douloureux des parents et amis de perte d'un être qu'ils aiment et qui mourra incessamment. La crainte de cette perte imminente bouleverse le projet d'avenir de certains parents pour leur enfant. Ainsi la mère d'un patient lui déclare « Je ne te construirai plus l'atelier de mécanique, cela me semble un gaspillage car je ne sais plus combien de temps tu as encore à passer sur terre ».

Un autre patient déclare « J'ai un gros problème. Il y a quelque temps je me suis confiée à une amie, un jour de déprime. Je lui ai dit que j'étais séropositive. Elle l'a répété au voisinage, à mon employeur. On habite dans le même quartier, c'est très convivial d'habitude, mais maintenant les enfants ne viennent plus chez moi. Ma mère ignore ma situation, je ne veux pas qu'elle l'apprenne, et encore moins comme ça ».

Ces malades constituent pour la plupart des charges supplémentaires pour les parents. Le sujet infecté et surtout malade, n'est plus capable de se prendre en charge convenablement, encore moins porter des aides à ses parents. La PVVIH/SIDA est rejetée par les siens. L'amenuisement des ressources associé au rejet contribue au relâchement des liens familiaux.

Le SIDA est en train de mettre en péril la solidarité africaine, créant la faillite du système de la famille élargie surtout lorsqu'il y a plusieurs vieillards à prendre en charge. Un autre facteur contribuant au relâchement des liens familiaux est l'atteinte à la renommée de la famille par la société. Cette situation risque à la longue d'entraîner la non utilisation des services, surtout si on sait que un PVVIH appartenant à la deuxième catégorie peut facilement développer un état de dépression mentale pouvant parfois aboutir aux idées de suicide.

Il faut noter que les PVVIH/SIDA enquêtées sont satisfaites des services de leurs pairs. Il se pose alors un problème, comment récupérer ces PVVIH déprimés et comment assurer leur prise en charge ?

Par rapport aux besoins, les PVVIH enquêtés souhaiteraient une assistance matérielle et financière, un peu plus d'affection, plus d'amour des parents et de la société. Tout malade souhaite avoir des moyens pour se traiter. Les besoins d'amour, d'affection, exprimés ne traduisent qu'une situation réelle. La société ne semble pas percevoir tout le mal qu'elle se fait en rejetant ces personnes.

Satisfaction des prestataires

Les prestataires ne sont pas satisfaits de leurs prestations. Ils ont rapporté des défaillances considérables dans la qualité des services qu'ils offrent aux PVVIH/SIDA par manque de personnel. Les enquêtés ont déploré les attitudes de mépris à l'égard des malades par les familles.

L'assistant social de CHD/O.P nous a déclaré, « La prise en charge des malades est très difficile et exigeante pour les soignants car elle s'accompagne d'une charge émotionnelle lourde, due souvent à la gravité de la maladie chez des patients généralement jeunes. L'assistant social, ou en partenariat avec le psychologue ou le psychiatre, peut constituer pour les soignants un soutien ou un courroie en vue de surmonter les difficultés psychologiques de la prise en charge et l'accompagnement. L'assistant se met au service des PVVIH/SIDA, de leurs parents et de la communauté tout entière pour un travail patient de sensibilisation, pour une animation de groupe. Alors avec un personnel non suffisant vous imaginer ce que cela peut entraîner comme désagrément ».

Les enquêtés ont donné des noms d'organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales et le PNLS qui offrent des sessions gratuites de consultations et de vivres aux PVVIH/SIDA. D'autres les aident financièrement et matériellement. Ils reçoivent des conseils de ces ONGs. Les plus citées sont le projet SEDEKON et le projet Vie Nouvelle. La fréquentation des ONGs par les PVVIH/SIDA est faible. Il faut signaler aussi le manque de collaboration franche avec les associations locales des PVVIH/SIDA.

Facteurs liés aux accessibilités géographique, financière et linguistique

Dans l'ensemble l'accessibilité linguistique est bien appréciée par les enquêtés, puisse que toutes les «nationalités ou ethnies » sont représentées dans les associations nous confiait un médiateur. Notre étude a montré que la plupart des PVVIH n'a cependant pas les moyens matériels suffisants car les sources de revenues sont faibles.

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld