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Rendement de l'éducation sur le marché du travail au Cameroun


par Serge FOTSO SIMO
ISSEA-Yaoundé - Ingénieur Statistique 2008
Dans la categorie: Ressources humaines
   
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§ SECTION 2 : LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET LE MARCHÉ DU TRAVAIL

§ En dehors de la formation scolaire, la formation professionnelle absorbe une part aussi importante de la population camerounaise. Ce type de formation est un tremplin pour les individus à la recherche d'une insertion professionnelle et une préoccupation du gouvernement, notamment sur l'adéquation formation-emploi. Cette section est ainsi consacrée aux notions de formation professionnelle et de marché du travail. S'agissant du marché du travail, nous aborderons d'une part quelques généralités sur le marché du travail et d'autre part nous présenterons l'état des lieux du marché du travail au Cameroun.

§ 2.2.1 FORMATION PROFESSIONNELLE

§ La formation professionnelle est importante dans l'éducation au Cameroun. Avec le nouveau système Licence-Master-Doctorat (LMD), la professionnalisation des enseignements devient de plus en plus effective dans certains établissements de l'enseignement supérieur. La formation professionnelle au Cameroun est placée sous la tutelle du Ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (MINEFOP) qui est chargé de l'élaboration et de la mise en oeuvre de la politique nationale en matière d'emploi, de formation et d'insertion professionnelle. Ce ministère assure aussi la tutelle des institutions comme :

ü le Fonds National de l'Emploi (FNE) qui a pour principale mission la promotion de l'emploi sur l'ensemble du territoire camerounais, en favorisant l'accroissement des possibilités d'emploi à travers la diffusion des informations sur le marché du travail ; la conception, le financement, et le suivi des programmes de formations formelles ; l'auto-emploi et l'appui à la création des micro-entreprises ; l'insertion des jeunes diplômés sans emploi et la réinsertion des travailleurs licenciés des entreprises du secteur public, parapublic ou privé pour raison économique ;

ü le Projet Intégré d'Appui aux Acteurs du Secteur Informel (PIAASI) qui est orienté vers la lutte contre la pauvreté et le chômage à travers la promotion des emplois décents, productifs et durables, devant permettre à l'acteur du secteur informel de se vêtir, de se soigner, de se loger et de subvenir aux besoins de sa famille. L'objectif du PIAASI est le renforcement des capacités des acteurs du secteur informel à travers l'organisation ; la formation et l'appui au financement des acteurs du secteur informel ;

ü l'Observatoire National de l'Emploi et de la FOrmation Professionnelle (ONEFOP), qui est un organe d'expertise et d'aide à la décision surtout dans le cadre de l'élaboration des stratégies de lutte contre le chômage. De plus, il assiste le ministère de l'emploi et de la formation professionnelle dans le suivi périodique de la conjoncture du marché du travail ; l'identification des freins et potentialités en ce qui concerne l'emploi et la formation professionnelle afin de mieux formuler les programmes d'appui répondant aux exigences du marché du travail ;

ü les instances consultatives ou de coordination en matière d'emploi et de formation professionnelle. Ces instances ont pour principales missions d'étudier les problèmes relatifs aux conditions de travail, l'orientation et la formation professionnelle et d'émettre des avis et même de formuler des propositions sur la législation et la réglementation dans les domaines indiqués par la loi.

§ On y trouve aussi le ministère du travail et de la sécurité sociale, chargé de la préparation, de la mise en oeuvre, de l'évaluation de la politique et des programmes de l'État dans les domaines des relations professionnelles, du statut des travailleurs et de la sécurité sociale. A ce titre, il est responsable du contrôle de l'application du code du travail et des conventions internationales ratifiées par le Cameroun ayant trait au travail ; et de l'élaboration et de la mise en oeuvre de la politique de sécurité sociale. Il assure également la tutelle de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale.

§ La formation professionnelle au Cameroun concerne plusieurs domaines. Nous avons : l'ingénierie, la médecine, l'enseignement, l'économie, la gestion et la comptabilité, les télécommunications, le journalisme, la justice et bien d'autres.

o 2.2.2 LE MARCHÉ DU TRAVAIL

§ 2.2.2.1 Généralités

§ Les quatre normes fondamentales sur le marché du travail, telles que reconnues par la déclaration de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998), sont les suivantes : interdiction du travail forcé (i), liberté d'association et droit à l'organisation et à la négociation collective (ii), élimination de l'exploitation des enfants (iii) et non-discrimination dans l'emploi (iv). L'OCDE justifie ce choix par le fait qu'elles font partie intégrante des droits humains et considère les normes de travail comme l'ensemble des principes et règles régissant les conditions de travail et les conditions professionnelles.

§ De plus, le marché du travail se présente généralement sous deux aspects : le premier étant celui de la détermination du salaire et le deuxième celui de l'emploi et donc du chômage. Ces deux concepts sont davantage des préoccupations des différents acteurs économiques et même ceux de plusieurs États à l'instar des pays en développement.

§ Sur le marché du travail, le salaire est un élément de différentiation, variant généralement d'un individu à un autre. Cette différentiation des salaires des travailleurs est influencée par plusieurs facteurs, en dehors de la discrimination (sexe, race). Il s'agit de l'âge, l'expérience, l'éducation, la formation professionnelle, les capacités naturelles et l'appartenance ou la non-appartenance à un syndicat.

§ Pour David Begg et al., on peut avancer trois causes principales de différence de salaire :

ü la première cause est la durée de scolarisation et le niveau des diplômes : pour lui les personnes ayant un niveau scolaire supérieur ont un salaire plus élevé que ceux de niveau inférieur. Certes, d'autres facteurs tel que la nature du diplôme (diplôme d'ingénieur, maîtrise en droit...) sont à prendre en compte ;

ü la deuxième cause est l'expérience de l'emploi : le salaire augmente avec l'expérience acquise dans l'exercice de la profession. C'est aussi le lieu d'acquisition de nouvelles compétences ;

ü la troisième cause concerne les travailleurs étrangers, dont les salaires sont plus faibles, du fait des différences de niveau scolaire et d'expérience.

§ Les facteurs liés au rendement scolaire seront ceux retenus pour les analyses, eu égard la problématique de l'étude.

§ 2.2.2.2 Évolution de la population et marché du travail

§ Les études menées au Cameroun (DSCN et RGPH)11(*) font état d'une population évaluée à 10 millions en 1987, 13 millions en 1996 et à 15 millions en 2001, soit un taux de croissance de 3%. La population active, comprenant la somme des personnes pourvues d'un emploi et les chômeurs, augmente à un rythme plus rapide que la population totale. Selon les résultats des enquêtes camerounaises auprès des ménages (ECAM), la part de la population active dans la population totale est en effet passée de 34,3% en 1987 à 37,3% en 1996 et à 40,5% en 2001. Cette hausse du taux brut d'activité est à attribuer en grande partie à la forte participation des femmes sur le marché du travail.

§ En effet, face à la crise économique qui a entraîné des licenciements massifs dans la fonction publique et la fermeture de plusieurs entreprises publiques et parapubliques au début des années 1990, les hommes principaux générateurs de ressources familiales, ne pouvaient plus le faire seul. C'est ainsi que les femmes se sont progressivement associées en se lançant dans de petites activités génératrices de revenus pour améliorer les conditions de vie de leurs ménages, occasionnant ainsi un fort développement du secteur informel. Dans l'ensemble le taux brut d'activité a connu une croissance entre les périodes d'études.

§ La figure ci-dessus retrace l'évolution par sexe de la part de la population active dans la population totale.

§ Figure 2.2.1 : Évolution de la part de la population active dans la population selon le sexe

§ § Source: DSCN; RGPH 1987

§ La figure ci-dessus fait montre d'une croissance de la population active dans l'ensemble et en particulier pour les femmes, matérialisant ainsi leur participation de plus en plus significative sur le marché du travail. Pour la population masculine, la situation n'a relativement pas évoluée de 1987 à 2001.

§ § § 2.2.2.3 Niveau d'instruction et marché du travail

§ Même pour les individus scolarisés, l'accès à l'emploi est aussi difficile de part l'offre de travail très faible et une demande forte. Selon les résultats de l'ECAM 2, 47,4% des personnes en âge scolaire fréquentent effectivement une école. Il n'y a pas une grande différence entre les hommes (48,6%) et les femmes (46,1%). On constate même qu'en milieu urbain, le taux de fréquentation scolaire est légèrement plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Ceci peut s'expliquer par le fait que les hommes sont plus prompts à quitter l'école, très souvent par la pression familiale due aux conditions de vie, pour s'insérer sur le marché du travail afin de soutenir la famille. Les femmes par contre ne subissent pas la même pression sociale que les hommes, raison pour laquelle elles peuvent rester longtemps dans le circuit scolaire, souvent jusqu'au mariage.

§ Tableau 2.2.1 : Niveau d'instruction ou de formation des jeunes (15-24 ans) selon le sexe (%)

§ Niveau d'instruction

§ Jeunes (15-24) ans

§ Hommes

§ Femmes

§ Ensemble

§ 1996

§ 2001

§ 1996

§ 2001

§ 1996

§ 2001

§ Sans niveau

§ 8,6

§ 8,6

§ 18,9

§ 18,9

§ 14,0

§ 14,0

§ Primaire

§ 40,2

§ 35,9

§ 37,8

§ 34,2

§ 38,9

§ 35,0

§ Secondaire général 1er cycle

§ 24,1

§ 28,6

§ 21,7

§ 26,1

§ 22,8

§ 27,2

§ Secondaire général 2nd cycle

§ 11,4

§ 12,0

§ 8,5

§ 9,8

§ 9,9

§ 10,9

§ Secondaire technique 1er cycle

§ 10,4

§ 8,8

§ 8,7

§ 7,0

§ 9,6

§ 7,8

§ Secondaire technique 2nd cycle

§ 3,6

§ 2,7

§ 2,1

§ 2,0

§ 2,8

§ 2,3

§ Supérieur

§ 1,7

§ 3,4

§ 2,3

§ 2,0

§ 2,0

§ 2,8

§ Total

§ 100,0

§ 100,0

§ 100,0

§ 100,0

§ 100,0

§ 100,0

§ Source : DSCN, ECAM 1996 et ECAM 2001

§ Le constat général est que les jeunes de 15 à 24 ans, sont pour la plupart dans l'enseignement général que dans l'enseignement technique qui, à fortiori, facilite plus l'accès au marché du travail. Malgré cela, l'accès dans l'enseignement supérieur reste encore très faible. Le nombre de jeunes décroît avec l'accroissement du niveau d'instruction.

§ Le chapitre deux ci-dessus nous a permis de présenter d'une part le cadre institutionnel de l'étude, notamment le système éducatif camerounais, la formation professionnelle et d'autre part le marché du travail. Dans le cas du Cameroun, nous remarquons une augmentation de la part de la population active dans la population totale et un faible accès de la population à des niveaux d'études plus élevés. Dans la seconde partie de notre étude, nous présenterons empiriquement le rendement de l'éducation.

§

* 11 Cité par R. LONTCHI et al. (2005).

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