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Les déterminants du choix stratégique des entreprises touristiques


par Noureddine HADDAD
Université de Tunis El Manar - Master 2005
Dans la categorie: Tourisme
   
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I.2. LES ENTREPRISES TOURISTIQUES : PRINCIPAL ACTEUR DE L'ECONOMIE DU TOURISME

I.2.1. Spécificités des entreprises touristiques

Les entreprises touristiques sont multiples. Elles exercent leurs activités dans un ou plusieurs sous-secteurs du tourisme liés aux différentes composantes du produit touristique (hébergement, transport, animation...). Les entreprises de ce secteur accueillent naturellement des clientèles touristiques (les vacanciers, les congressistes), mais également des clientèles non touristiques (par exemple les hommes d'affaires en déplacement professionnelle).

Selon Jean-Baptiste TREBOUL28 « Les entreprises de tourisme sont, à l'image de leur secteur, marquées par une profonde disparité. La taille, le métier, l'origine de la clientèle, autant d'éléments qui font des entreprises de tourisme un groupe hétérogène d'organisations soudées par des liens d'interdépendance ».

On dénombre quatre produits touristiques : le transport sec, l'hébergement, le séjour et les circuits. Le forfait (ou package) est la forme la plus élaborée de produit touristique. C'est un assemblage de prestations de transport, d'hébergement et d'animation vendu à un prix unique.

Ainsi, Béatrice de La Rochefoucauld29 considère que « le produit touristique est un amalgame, une sorte de paquet fait avec des éléments très hétéroclites : soleil, plages, sites culturels, hôtel-restaurant, transports, équipements sportifs... »

I.2.2. Typologie des entreprises de tourisme

Les entreprises de tourisme ont pour but d'informer, d'aider, de conseiller, d'assister et d'héberger le touriste dans la préparation et dans le déroulement de son voyage et de son séjour. Ces différentes activités expliquent bien le nombre important d'entreprises dans le secteur touristique.

On peut distinguer dans le domaine de tourisme, principalement, trois types d'entreprises diversifiées :

· Les tours-opérateurs ;

· Les agences de voyages ;

· Les hôtels.

28 TREBOUL.Jean-Baptiste, 1998, Les stratégies des entreprises de tourisme, Editions Dunod, P4.

29 Béatrice de La Rochefoucauld, L'économie du tourisme, Edition Bréal, P30.

I.2.2.1. Les tours-opérateurs

I.2.2.1.1. Définition :

Le tour-opérateur ou fabricant de voyage est celui qui organise les voyages. Il peut avoir le statut juridique d'une agence de voyages, d'une association, ou, à titre exceptionnel, d'un transporteur dûment autorisé.

Selon Gérard Guibilato30 « la notion de tour-opérateur repose essentiellement sur la notion économique de producteur de voyages à forfait ».

Le tour-opérateur est une entreprise qui fabrique des produits touristiques finis, qui tiennent compte des exigences des touristes et leurs besoins. Ces produits touristiques sont en fait des voyages et des séjours à forfait qui sont vendus soit directement par les bureaux de ce tour-opérateur, soit par l'intermédiaire d'agences de voyages distributrices, indépendantes.

Ainsi, Béatrice de La Rochefoucauld31 explique que « les tours-opérateurs peuvent être présents dans les agences distributeurs et, parallèlement, vendre en direct dans leurs propres agences... ».

I.2.2.1.2. Le voyage à forfait

Le produit touristique offert, le « forfait », est un voyage organisé qui comprend au moins deux élément (transport, hébergement, autre service touristique). Ce produit est vendu à un prix fixé forfaitairement et tout en assurant l'ensemble des services qui seront nécessaires au bon déroulement des vacances ou du voyage.

I.2.2.1.3. Les différents types de voyages à forfait

Les différents types de voyages sont principalement :

· Les séjours, vacances sédentaires, avec ou sans transport pouvant s'effectuer en station balnéaire, en ville, ou en station de sports d'hiver, avec hébergement en hôtel, en location, ou en village-club, avec logement seul, logement et petit déjeuner, demi-pension, pension complète...

· Les circuits, voyages itinérants, individuels ou accompagnés d'un guide, avec un programme de visites diverses...

· Les circuits-séjours, combinaison des deux précédentes formules, permettant la détente après la fatigue de la découverte...

· Les croisières ou les voyages uniquement à des fins touristiques, offrant un grand confort et comprenant outre le transport, la visite de centres touristiques aux escales...

30 Guibilato.Gérard, 1983, Economie Touristique, Edition Delta&Spes, P82.

31 Béatrice de La Rochefoucauld, L'économie du tourisme, Edition Bréal, P46.

· La « roue libre », formule de tourisme indépendant, selon diverses modalités possibles (transport aérien et voiture de location à disposition, qu'on désigne par l'expression anglaise « Fly and Drive », auquel on peut adjoindre des bons d'hôtels, permettant l'hébergement et éventuellement un itinéraire proposé).

I.2.2.2. L'agence de voyage

I.2.2.2.1. Définition et fonctions

L'agence de voyage peut être définie comme étant une entreprise commerciale, intermédiaire entre le client et le prestataire de services touristiques et de loisirs, rémunérée par des commissions sur les ventes qu'elle réalise.

Les fonctions de l'agence peuvent être récapitulées en deux types fondamentaux :

a) La « billetterie », ou vente, sans organisation, de titres de transports et la « distribution », vente de produits finis, notamment :

· Ventes de titres de transport par chemin de fer, avion, bateau,... ;

· Réservation d'hébergements : hôtels, locations meublées, clubs,... ;

· Location de voitures ;

· Services divers : réservations d'excursions, guides, chèques de voyages, assurances diverses concernant les voyages, visas, change.

· Ventes de voyages à forfait fabriqués par les TO « producteurs ».

b) La « production » ou organisation de voyages :

· Soit à la demande du client, selon ses souhaits, voyages individuels ou en groupe, à but de loisir ou d'affaires ;

· Soit programmés à l'avance, avant que la demande ne se manifeste : c'est alors une activité de tour-opérateur.

I.2.2.2.2. Structure et gestion des agences de voyages

Selon Gérard Guibilato32 « L'agence de voyage distributrice est donc le détaillant en quelque sorte, celui qui est en contact direct avec la clientèle finale, dernier maillon du circuit de vente. A ce titre, elle peut être indépendante, intégrée à une chaîne sous contrôle ou non d'un fournisseur (TO notamment) ».

Les agences de voyages spécialisées dans la distribution sont généralement indépendantes. Toutefois, il existe des grandes chaînes, intégrées, nationales ou internationales.

32 Guibilato.Gérard, 1983, Economie Touristique, Edition Delta&Spes, P91.

Généralement, l'agence de voyage est une entreprise commerciale de petite taille. La structure hiérarchique est corrélativement des plus simples. Ainsi, autour d'un directeur d'agence - homme polyvalent qui participe souvent lui-même à la production - du personnel d'exécution (agents de comptoir et secrétaires).

La petite taille et le nombre élevé d'agence d'agences de voyages s'expliquent essentiellement par le faible investissement initial nécessaire, comme dans la majorité des activités de services.

Toutefois, l'agence de voyages reste dans de nombreux pays, l'intermédiaire privilégié en matière de déplacement touristique et de voyage.

I.2.2.3. Les Hôtels

I.2.2.3.1. Définition

L'hôtel est un « établissement commercial d'hébergement qui offre des chambres ou des appartements meublés en location soit à une clientèle de passage, soit à une clientèle qui effectue un séjour caractérisé par une location à la semaine ou au mois, mais qui, sauf exception, n'y élit pas domicile »33.Outre l'hébergement, l'hôtel peut comporter un service de restauration.

La classification des hôtels peut s'opérer selon certains aspects : confort, durée d'exploitation, fonction, taille, appartenance à une chaîne volontaire ou intégrée.

Plusieurs normes sont prises en compte dans le classement selon la catégorie de confort dont on peut citer le nombre de chambres, l'espace et la disposition des locaux commun, l'équipement général de l'établissement, l'équipement et le confort des chambres, l'étendue et la qualité du service.

Le fonctionnement de l'hôtel dépend d'une organisation du travail très technique, avec hiérarchie des compétences, spécialisation et collaboration étroite entre les services. Les hôtels doivent avoir une structure souple et flexible pour s'adapter aux fluctuations de la demande touristique. C'est un des problèmes essentiels de l'hôtellerie, activité qui réclame de gros investissement contrairement aux agences de voyages.

I.2.2.3.2. Les différentes formes d'hôtellerie

Les distinctions habituellement retenues dans l'hôtellerie sont :

· Hôtellerie homologuée et hôtellerie de préférence ;

· Hôtellerie indépendante et hôtellerie de chaîne ;

· Exploitation et propriété.

33 Guibilato.Gérard, 1983, op cit, P72.

0I.2.2.3.2.1. Hôtellerie homologuée/hôtellerie de préfecture

Selon Yves Tinard34 « Un certains nombre d'établissement hôteliers ne répondent pas aux normes de confort, ne peuvent pas être classés « hôtels de tourisme ». Ils appartiennent à la catégorie des hôtels de préfecture ».

Le nombre des hôtels de ce type est très réduit suite à plusieurs facteurs qui sont principalement :

· La vente de ces hôtels à des fins d'habitat individuel ;

· La démolition d'un grand nombre de ces établissements en raison de leur vétusté ;

· La rénovation de certains qui se sont vu attribuer une ou deux étoiles.

L'hôtellerie homologuée comprend 6 catégories : sans étoile, 1 étoile, 2 étoiles, 3 étoiles, 4 étoiles, 4 étoiles luxe. En effet, la détermination du nombre des étoiles dépend d'un certain nombre de critères (propres à chaque pays) qu'il nous paraît fastidieux de rependre dans le détail, d'autant qu'ils ont fait l'objet de multiples modifications au fil des années.

I.2.2.3.2.2. Hôtellerie indépendante/hôtellerie de chaîne

a) L'indépendant

Pour les établissements indépendants, le problème qui se pose c'est la localisation. En effet, lorsque ces établissements sont localisés dans les zones géographiques fort actives, non sujets à saisonnalité, ils ne connaissent pas véritablement de problème.

Toutefois, la question se pose quand l'établissement considéré est situé dans une zone à forte saisonnalité.

b) La chaîne volontaire

Dans le but d'éviter les problèmes et accroître sa notoriété, l'indépendant peut être tenté de rejoindre une chaîne volontaire.

Bien évidement, les établissements d'une même chaîne présentent des différences notables puisqu'ils n'ont pas été conçus à l'origine pour respecter des normes préétablies. Ils n'en doivent pas moins respecter certains critères pour mériter l'appellation de la dite chaîne. Le domaine de collaboration induite par cette appartenance varie selon les cas : compagnes publicitaires, présence aux salons, centrale de réservation, etc.

c) Les chaînes intégrées

Les chaînes intégrées doivent leur succès aux caractéristiques standardisées des produits qu'elles nous proposent.

34 Tinard.Yves, 1994, LE TOURISME, Edition Ediscience, P225.

Selon Tinard YVES 35 trois cas doivent être distingués :

· Certains groupes disposent d'une seule enseigne ; les établissements sont régis dans le cadre d'une chaîne unique.

· D'autres groupes offrent une gamme de produits hôteliers (cas de groupe Accor). Chacun de ces derniers se trouve associé à une dénomination particulière pour éviter une confusion d'image entre les différents établissements.

· Dans certains cas, le groupe hôtelier applique à une partie de ses établissements l'enseigne (ou l'une des enseignes) qui a fait sa notoriété et aux autres, une dénomination qui ne trahit pas à priori l'appartenance à une chaîne.

I.2.2.3.2.3. Exploitation et propriété

Au niveau de cette forme d'hôtellerie, on trouve la pleine propriété, le contrat de gestion, le joint venture et enfin la franchise.

a) La pleine propriété

Pour les hôtels indépendants, les fonctions de propriétaires et d'exploitant se trouvent généralement assurées par une seule et même personne. Mais une chaîne hôtelière connaîtra quelques difficultés à augmenter le nombre de ses unités si elle les finance en totalité, eu égard à l'importance des sommes requises.

b) Le contrat de gestion

Selon Yves Tinard36 « le propriétaire délègue alors l'exploitation à un tiers : soit une personne physique connue pour ses compétences, soit un groupe hôtelier à forte notoriété ».

La formule de contrat de gestion permet au propriétaire de l'établissement de se renoncer à gérer son affaire sans pour autant la vendre.

Les raisons de ce contrat de gestion sont principalement l'âge avancé des propriétaires, l'incapacité, l'incompétence, etc.

c) Le joint venture

Dans la mesure où les pays médiocrement développés du Sud connaissent de graves difficultés financières, l'expérience montre qu'ils n'acceptent plus, en général, d'assumer l'intégralité du financement d'un projet touristique. Aussi le groupe hôtelier devra contribuer

35 Tinard.Yves, op. Cit. P232.

36 Tinard.Yves, 1994, LE TOURISME, Edition Ediscience, P235.

à hauteur de 40 à 50% dans le cadre d'une société de joint venture. L'hôtel bâti, il en assura l'exploitation.

d) La franchise

Cette formule a été développée par un grand nombre de chaînes hôtelières mais avec une intensité fort différente selon les enseignes.

Le franchisé assure l'ensemble du financement de l'établissement dont les caractéristiques techniques ont été précisées par le franchiseur qui, par ailleurs, lui impose un cahier des charges généralement strict (normes d'accueil, de prestations). Il utilise l'enseigne du franchiseur en contre partie des « royalties »37.

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