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Les moteurs de la croissance de l'économie burkinabe et sa vulnerabilité aux chocs extérieurs

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par K. Issaka YAMEOGO
Ecole National d'Administration et de Magistrature (ENAM) - Conseiller des affaires économiques 2009
  

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Paragraphe 3 : Les effets des crises politiques : le cas de la crise ivoirienne

Au lendemain du déclenchement de la crise ivoirienne de septembre 2002, c'est le secteur industriel du Burkina Faso qui a le plus souffert. Principalement implantées à l'Ouest dans la région de Bobo-Dioulasso, les industries ont vu leurs activités décliner, car la région est directement connectée avec la Côte d'Ivoire par le chemin de fer et par la route. Du faite de la crise, la diversification de leurs sources d'approvisionnement a engendré des coûts supplémentaires d'autant plus élevés que cette région est excentrée par rapport à celle de Ouagadougou, vis-à-vis des corridors ghanéens et togolais. `'Faire venir de la matière première du Ghana occasionne un surcoût de 25 000 FCFA la tonne transportée. Le différentiel de transport entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso s'est aggravé avec la crise''32(*).

Mais l'industrie pèse peu dans l'économie burkinabè. Le secteur secondaire contribue en moyenne pour 22,2% à la formation de la valeur ajoutée du PIB réel. L'impact n'a donc pas été ressenti au niveau macro-économique.

L'élevage a également été fortement affecté. Les exportations dans ce secteur ont chuté de 65% en 2002 (INSD, 2003). Ce secteur a beaucoup souffert de la crise car la Côte d'Ivoire représente près de 40% des exportations de bovins burkinabè.

Cependant, certains secteurs de l'économie ont été épargnés. C'est le cas du secteur du coton. Il est un secteur qui s'il avait été déstabilisé par la crise, aurait sérieusement eut un effet négatif au plan macro-économique. En raison de son importance pour le Burkina Faso, le coton a été particulièrement suivi par les bailleurs de fonds et le gouvernement. Au niveau des recettes fiscales, on a constaté une hausse de 12,25% entre 2002 et 2003, passant de 240,87 milliards à 270,38 milliards de FCFA. Les transferts financiers quant à eux, ont enregistré une baisse moins significative. La moyenne de ces transferts s'élevait à 80 milliards de FCFA par an jusqu'en 2001. Pendant la crise ils se sont situés à 30 milliards de FCFA.

L'Institut Nationale de la Statistique et de la Démographie (INSD) a présenté, en juin 2003, les résultats d'une enquête menée en février 2003 auprès d'entreprises nationales sur le coût de la crise ivoirienne. Tous les secteurs ont été analysés. Au total, 4,5% des entreprises enquêtées ont indiqué un arrêt d'activité lié à la crise, surtout dans le secteur des transports (12,5%). Les deux tiers des entreprises ont annoncé une baisse temporaire de 10 à 25% de leurs activités. Avant la crise, les ports voisins constituaient la source d'approvisionnement de 87% des entreprises dont 44% passaient par Abidjan. Les entreprises ont indiqué majoritairement une augmentation du coût de l'approvisionnement qui dépasse 10% dans 80% des entreprises interrogées. Avant la crise, 34% exportaient vers la côte d'Ivoire et 31% transitaient par elle. 55% des entreprises ont subi une chute des quantités exportées. Il y a eu au total 2.148 pertes d'emplois, dont 1.485 permanents.

La crise a eu des effets sur l'économie du Burkina Faso au plan sectoriel (secteur des industries, de l'élevage et les transferts financiers sans contrepartie). Cependant, au plan macro-économique, les effets de cette crise n'ont pas été significatifs.

Au terme de chapitre, il ressort que l'économie du pays est fortement exposée aux turbulences nées de l'extérieur. Il s'agit notamment des distorsions liées aux exportations (détérioration des termes de l'échange), aux financements extérieurs et aux effets de crises conjoncturelles telles que la crise énergétique, la crise alimentaire et la crise ivoirienne.

Dans l'optique de réduire la dépendance de l'économie du Burkina Faso de l'extérieur, des stratégies dans ce sens sont donc nécessaires. Ceci fera l'objet de l'ultime chapitre de cette étude.

* 32 Propos de M. Francis TRAORE, Secrétaire Général du Groupement des Professionnels de l'Industrie (GPI)

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