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Situation sanitaire au Burundi en 2010

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par Aurélie PIECHAUD
Paris-Descartes-Sorbonne - Master 2 "Expertise en Population et Développement" 2010
  

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III. Reconstruire le système de santé, et le rendre plus efficace.

La décennie de conflit a laissé des infrastructures de santé en très mauvais état, voire complètement détruites. De ce fait, et du fait des conditions de vie (populations déplacés regroupées dans des camps), l'état de santé de la population s'est dégradé. Aujourd'hui, le système de soins est articulé sur trois niveaux : central (définition des politiques, coordination, suivi et évaluation), intermédiaire (17 Bureaux Provinciaux de Santé (BPS), appuie le fonctionnement des Bureaux de Districts Sanitaires (BDS) et des hôpitaux), périphérique (niveau opérationnel, BDS). Les BDS sont gérés par une équipe cadre dirigée par un médecin chef de district. L'équipe cadre organise avec les Centres de Santé, et en coordination avec l'hôpital de district les Soins de Santé Primaire (SSP). Chaque district sanitaire couvre une population comprise entre 100 000 et 250 000 habitants. Les centres de santé étaient au nombre de 483 en 2004 [Ministère santé Publique]. La majorité des centres de

15 Prévention de la Transmission Mère-Enfant.

santé sont publics, associatifs, ou agréés, sauf dans la capitale où la plupart sont privés. Les trois-quarts des hôpitaux sont publics ou associatifs, sauf dans la capitale où plus de la moitié sont privés [EPISTAT, 2004]. L'accessibilité géographique semble plutôt bonne en absolu, puisque 80 % des burundais vivent à moins de 5 km d'une structure de soins. Mais les quatre hôpitaux spécialisés sont situés dans la capitale, et 80 % des médecins et plus de 50 % des infirmiers sont installés en milieu urbain. Au-delà d'une mauvaise répartition au détriment des populations rurales, les structures et le personnel de soins sont en sous-effectif. Ainsi, en 2008, le pays comptait 1 hôpital/197 860 habitants, 1 centre de santé/14 216 habitants, l médecin/34 744 habitants, 1 infirmier/3500 habitants, et 1 pharmacien/110 000 habitants [Ministère de la Santé, 2008]16. Beaucoup de médecins ont été formés à l'étranger pendant la période de conflit, et 21% ne sont jamais rentrés au Burundi. De plus, les structures sanitaires se trouvent face à un manque de matériel, autant que de personnel de maintenance. Le Programme National de Développement Sanitaire 2006-2010 prévoyait une réforme du système de soins, mais les données manquent encore pour mesurer vraiment, et son effectivité, et ses effets.

L'importance du système statistique dans le processus d'amélioration du système de soins semble avoir saisie. Il n'empêche que la statistique au Burundi reste fortement déficitaire. La première génération d'ingénieurs statisticiens depuis le conflit vient d'entrer sur le marché de l'emploi, et l'on peut s'attendre à une évolution positive de la statistique burundaise, notamment en matière de santé. Les données sanitaires devront être tenue à jour au niveau des structures de soins, et centralisées. Il reste que la fonction statistique de l'état civil est encore largement sous-exploitée. Mais il est évident qu'une bonne exploitation de celle-ci rend nécessaire, au préalable, une amélioration de la complétude de l'état civil (60 % des naissances sont déclarées en 2005). Des opérations d'information et de sensibilisation doivent donc être mises en place à cet effet. En adhérant à la Charte africaine de la statistique, le Burundi a reconnu que des statistiques fiables et régulières étaient un facteur essentiel du développement. C'est le cas particulièrement en matière de santé. Notamment, pour des actions efficaces parce que correctement ciblées, les statistiques produites en matière de santé devront permettre de mettre en évidence, le cas échéant, les disparités (genre, âge, niveau de revenu, inter et intra-régionales, rural/urbain).

16 Les normes de l'OMS prescrivent : 1 hôpital/ 100 000 habitants, 1 Centre de Santé/10 000 habitants, 1 médecin/10 000 habitants, 1 infirmier/3000 habitants, 1 pharmacien/15 000.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand