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Les déterminants du faible taux de référence des CSI (centre de santé intégré) ruraux vers le CHD (centre hospitalier départemental), dans le district sanitaire de Tahoua, zone d'intervention du projet ALAFIA/GTZ au Niger.

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par Idrissa CHEIFOU
Université Abdou Moumouni de Niamey Niger - Maà®trise en sociologie 2003
  

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3.1.3- Les obstacles liés à une référence

3.1.3.1- Les difficultés principales

Tous les focus groups ont spontanément mentionné les coûts et les difficultés de transport comme les raisons principales qui font qu'une référence n'est pas facile et pas toujours acceptée `de facto'.

Quand la population parle des frais liés à la référence, elle ne parle pas d'abord des frais de traitement, mais elle incorpore beaucoup d'autres postes de dépenses souvent plus importants que le coût de traitement en soi, comme par exemple les frais de transport. En dehors du fait que le transport pourrait simplement manquer au moment de la référence, le transport est indiqué comme un poste de dépense très important et ceci surtout quand il s'agit d'une évacuation d'urgence qui implique que le véhicule ne soit pas partagé avec d'autres gens. Dans le district sanitaire de Tahoua, le transport individuel peut coûter jusqu'à 40.000 f CFA aller simple, dépendant de la distance.

« Le gros problème pour nous en cas de référence, c'est l'argent. Ce problème fait qu'on ne veut même pas entendre parler d'aller à Tahoua, même de quoi se prendre en charge c'est un problème ».

« Un autre problème, c'est le transport, surtout si l'ambulance n'est pas là. Ici, si ce n'est pas le jour du marché, c'est difficile de voir un véhicule. Récemment, dans notre village pour évacuer une femme en difficulté d'accouchement, il a fallu que son mari loue un véhicule à 35000F, pour une distance d'à peu près 70 km »

La prise en charge et les pots de vin constituent aussi un obstacle pour les populations dans le processus de la référence.

« Notre problème à l'hôpital, c'est la nourriture, il y a aussi les à côtés aux infirmiers, sans lesquels vous ne serez pas bien vus là-bas ».

Les visites des malades hospitalisés, les ordonnances, la résignation, la discrimination, le recours aux guérisseurs traditionnels, le problème d'hébergement et l'ignorance sont également d'autres obstacles qui justifient les perceptions négatives par la population de la référence.

« Même le déplacement pour aller à Tahoua, visiter un patient, est un problème pour nous, car ça demande beaucoup d'argent ».

« Nous avons souvent des difficultés à nous retrouver dans l'hôpital, on n'est pas habitué ».

« Nous ne voulons pas aller à l'hôpital car là-bas, il y a trop d'ordonnances »

« Souvent ça ne vaut pas la peine d'aller à l'hôpital, autant se résigner et rester au village ».

« Il y a des cas qu'on juge inutiles d'amener à l'hôpital, par exemple, les nouveaux nés ou les vieillards ».

« L'hôpital coûte cher, c'est pour cela qu'on a tendance généralement à recourir aux guérisseurs traditionnels qui sont aussi efficaces et moins coûteux ».

« On ne veut pas aller à Tahoua du fait du problème d'hébergement, car là-bas si tu n'as personne, tu as toutes les difficultés à y séjourner ».

« L'ignorance, est une autre raison qui empêche certains d'entre nous à se présenter à l'hôpital, vous savez, jusqu'à présent il y a des gens qui n'ont pas encore évolué »

Parlant du transport, les focus groups ont mentionné également la difficulté de se déplacer du village vers le CSI, nécessairement en charrette ou à dos d'un chameau.

Le fait que le manque de transport peut influencer directement le comportement `inexplicable' des gens, est illustré dans l'exemple suivant :

Exemple 1 :

Lors d'une supervision au CSI, l'équipe cadre de district rencontre un villageois qui habite à 5 km du CSI. Il raconte que dans son village une femme souffre actuellement après son accouchement, mais qu'elle n'a pas les moyens de se présenter au CSI et que de toute façon elle n'avait aucun espoir de trouver un véhicule pour la transporter à l'hôpital, étant sûre que le CSI ne pourrait pas résoudre son problème.

L'équipe de supervision décide d'aller chercher la femme avec le véhicule de supervision. Arrivée au CSI, une rétention placentaire est diagnostiquée et traitée localement (par le médecin superviseur) avec succès.

L'analyse de la patiente était rationnelle : dans ce CSI, l'infirmier ne maîtrise pas la technique d'une extraction manuelle et une voiture ne passe seulement qu'une fois par semaine. La dernière supervision de ce centre datait d'il y a quelques années déjà.. L'hôpital se trouve à 120 km du centre de santé.

Observation directe dans le CSI de T.

D'autres frais pris en compte par la population et souvent oubliés par les techniciens de santé sont entre autres : la nourriture pour le patient et pour les accompagnants, les frais de logement pour les accompagnants (surtout quand ceux-ci ne connaissent personne dans le village), la corruption, le retour au village, surtout en cas de décès. Par rapport à la corruption, la population mentionne les `à côtés', la discrimination des patients et la négligence.

Les visiteurs contribuent aux dépenses, mais ceci est généralement largement en dessous des besoins réels (voir les interviews des patients).

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