CHAPITRE III. PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS
Les investigations empiriques menées sur Auto-emploi et
réduction du chômage dans la commune de Bipemba,
révèle des faits pertinents sur les déterminants de
l'auto-emploi et ceux de sa perception comme solution pérenne pour la
réduction du chômage.
III.1. Analyse graphique
Dans l'objectif d'avoir une vue globale sur les
caractéristiques sociodémographiques, professionnelles et
économiques des personnes enquêtées, il s'est
avéré indispensable d'effectuer une analyse graphique avant de
passer à l'analyse économétrique.
III.1.1. Profil des enquêtés
Figure 1 : Statut
matrimonial des enquêtés

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 47,7 % des
enquêtés sont mariés, 45,1 % célibataires et 7,3 %
divorcés ou veufs. La catégorie des mariés domine
légèrement sur les célibataires, mais l'écart reste
faible. Cela signifie que l'auto-emploi attire aussi bien les personnes seules
que celles en couple. Ce constat révèle que l'engagement
matrimonial, lié aux charges familiales, constitue un facteur de
motivation pour entreprendre.
Figure 2 : Niveau
d'instruction des enquêtés

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 38,8 % des
enquêtés ont un niveau secondaire, 29,9 % un niveau
supérieur ou universitaire, tandis que 15,6 % n'ont aucune instruction
et la même proportion n'a que le primaire. On observe donc une forte
représentation de l'éducation intermédiaire. Cela indique
que l'auto-emploi n'exclut pas les moins instruits, mais reste plus
fréquent chez ceux ayant une certaine formation. Ce résultat
illustre l'importance du niveau scolaire dans l'accès aux
opportunités d'auto-emploi.
III.1.2. Pratiques professionnelles
Figure 3 :
Expérience d'un emploi salarié

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 56 % ont déjà
exercé un emploi salarié, contre 44 % qui n'en ont jamais eu.
Cela démontre que plus de la moitié des auto-employés
avaient une expérience préalable sur le marché du travail.
Ce passage du salariat à l'auto-emploi reflète une reconversion
liée soit à la perte d'emploi soit à la recherche
d'autonomie. L'absence d'expérience pour une partie non
négligeable montre aussi que certains choisissent directement
l'auto-emploi comme première option.
Figure 4 : Secteur
d'activité principal des auto-employés

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que le commerce domine largement
avec 51,6 %, suivi des services (22,1 %), de l'artisanat (14,8 %), de
l'agriculture (8,6 %) et des autres activités (2,9 %). Cette forte
concentration dans le commerce s'explique par la facilité d'accès
et la faible exigence en compétences techniques. Les services et
l'artisanat occupent une part notable mais restent secondaires. L'agriculture,
pourtant secteur vital, apparaît faiblement représentée, ce
qui illustre un désintérêt ou un manque de soutien.
Figure 5 : Capital de
démarrage des activités

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 90,4 % ont financé leur
activité par un capital personnel, contre seulement 9,6 % qui n'en
disposaient pas. L'autofinancement est donc la règle dominante dans le
lancement des activités. Ce constat montre la difficulté
d'accès aux financements extérieurs, tels que crédits ou
subventions. Il illustre aussi la résilience et la capacité
d'initiative individuelle des auto-employés malgré des ressources
limitées.
Figure 6 : Appui
externe reçu au démarrage

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 72,1 % n'ont
bénéficié d'aucun appui externe, contre seulement 27,9 %
qui ont eu accès à une aide (prêt, formation, subvention).
Cela signifie que la grande majorité des auto-employés se lancent
sans soutien institutionnel. Ce manque d'accompagnement constitue un frein
à la croissance et à la pérennité de leurs
initiatives. La minorité ayant bénéficié d'un appui
représente les mieux positionnés pour renforcer leurs
activités.
Figure 7 : Recherche
préalable d'emploi salarié

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 93,5 % des
enquêtés avaient cherché un emploi salarié avant de
se tourner vers l'auto-emploi, contre 6,5 % seulement qui ne l'avaient pas
fait. Ce résultat montre que l'auto-emploi est principalement choisi par
contrainte. Faute d'opportunités sur le marché formel, les
individus se réorientent vers l'auto-emploi. Cela illustre le rôle
de l'auto-emploi comme solution alternative face au chômage.
Figure 8 : Motifs du
choix de l'auto-emploi

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 57,3 % des répondants
ont opté pour l'auto-emploi en raison de l'absence d'emploi
salarié, 35,4 % par goût de l'indépendance, 6 % grâce
à l'héritage familial et 1,3 % pour d'autres motifs. L'absence
d'opportunité d'emploi apparaît donc comme le moteur principal.
Toutefois, une part non négligeable évoque des motivations
volontaires, notamment l'indépendance. Cela prouve que l'auto-emploi
combine à la fois des logiques de contrainte et de choix personnel.
Figure 9 : Perception
de l'auto-emploi comme solution au chômage

Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce graphique que 82,3 % considèrent
l'auto-emploi comme une solution durable contre le chômage, tandis que
17,7 % n'y croient pas. Ce résultat traduit une forte confiance des
populations dans ce mode d'activité. La majorité pense que
l'auto-emploi peut réduire le chômage dans leur commune.
Toutefois, une minorité reste sceptique, ce qui pourrait s'expliquer par
la précarité ou l'instabilité de certaines initiatives.
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