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L'auto-emploi et la réduction du chômage dans la commune de Bipemba


par Martin KABUYI
Université officielle de Mbujimayi (U.O.M) - Licence en sciences économiques et de gestion, option Gestion financière  2025
  

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III.2. Analyse économétrique

En complément de l'analyse graphique, cette partie cherche à enrichir l'étude en utilisant la régression logistique binaire pour éclairer les facteurs qui influencent la perception de l'auto-emploi comme une solution pérenne pour réduire le chômage dans la commune de Bipemba.

Pour ce faire, la variable dépendante retenue est la perception de l'auto-emploi comme solution au chômage, codée en binaire : 1 = Oui lorsque l'enquêté considère que l'auto-emploi constitue une alternative efficace au chômage, et 0 = Non lorsqu'il ne partage pas cette opinion. L'intérêt de ce choix réside dans le fait qu'il permet de mesurer non seulement l'adhésion des individus à l'auto-emploi comme stratégie de survie économique, mais aussi son efficacité perçue dans la lutte contre le chômage au niveau local.

Les tableaux ci-après présentent ces résultats :

Tableau 6: Qualité du modèle global

 

Chi-square

Sig.

Step 1

Step

94,000

0,000

Block

94,000

0,000

Model

94,000

0,000

Source : élaboré sur base des données

Il ressort de ce tableau que le modèle logistique est globalement significatif, avec un Khi-deux de 94,000 et une probabilité associée inférieure à 0,001. Cela indique que les variables introduites expliquent de manière pertinente la variable dépendante.

Tableau 7: Test d'ajustement R2

Step

Nagelkerke R Square

1

0,428

Source : élaboré sur base des données

Il ressort de ce tableau que le coefficient de détermination de Nagelkerke est de 0,428, ce qui signifie que près de 43 % de la variance est expliquée. Ainsi, le modèle est valide et fiable pour analyser l'auto-emploi dans la commune de Bipemba.

Tableau 8 : Effet des caractéristiques entrepreneuriales et motivationnelles

 

B

Sig.

Âge (réf : Moins de 25ans)

 

,935

 

25 à 34 ans

1,061

,014

 

35 à 44 ans

1,447

,053

 

45 ans et plus

-,558

1,000

Statut matrimonial (réf : Marié)

 

,028

 

Célibataire

,361

,039

 

Divorcé(e) /Veuf(ve)

1,102

,60

Niveau d'instruction (réf : supérieur/Universitaire)

 

,033

 

Primaire

1,766

,997

 

Sans instruction

-,779

,636

 

Secondaire

1,358

,049

Avoir déjà exercé un emploi salarié (Non > Oui)

,840

,042

Capital de démarrage personnel (Oui > Non)

1,224

,030

Avoir bénéficié d'un appui (prêt, formation, subvention) (Oui > Non)

1,389

,039

Autonomie financière obtenue grâce à l'auto-emploi (Oui > Non)

,266

,044

Motif ayant poussé à opter pour l'auto emploi (réf : Héritage ou entreprise familiale)

 

,030

 

Absence d'emploi

2,008

,002

 

Autre

0,611

,020

 

Goût pour l'indépendance

1,125

,096

 

Constant

6,715

,993

Source : élaboré sur base des données

Ce tableau met en évidence l'influence des ressources et des motivations sur la perception de l'auto-emploi comme solution au chômage.

Âge et perception de l'auto-emploi

Il ressort de ce tableau que l'âge exerce une influence notable sur la perception de l'auto-emploi. Les individus âgés de 25 à 34 ans présentent un coefficient B positif de 1,061 (p = 0,014), ce qui indique que cette catégorie croit fortement en l'auto-emploi comme solution au chômage, avec une probabilité accrue. De même, les enquêtés de 35 à 44 ans affichent un coefficient B de 1,447 (p 0,053), renforçant cette tendance. En revanche, les personnes âgées de 45 ans et plus présentent un coefficient B négatif (-0,558), traduisant une perception plus sceptique de l'auto-emploi, probablement en raison de contraintes d'âge ou de difficultés à s'adapter aux exigences entrepreneuriales.

Statut matrimonial et perception de l'auto-emploi

Le statut matrimonial apparaît aussi déterminant. Les célibataires ont un coefficient B de 0,361 (p = 0,039), ce qui reflète une probabilité plus forte de considérer l'auto-emploi comme alternative au chômage par rapport aux mariés. Cette tendance peut s'expliquer par leur liberté décisionnelle et leur plus grande flexibilité. Par contre, les divorcés ou veufs présentent un B de 1,102 mais non significatif (p = 0,60), ce qui rend leur perception statistiquement incertaine. Globalement, ces résultats confirment que les contraintes familiales influencent la vision de l'auto-emploi.

Niveau d'instruction et perception de l'auto-emploi

Le niveau d'instruction joue un rôle clé dans la perception. Les personnes ayant atteint le secondaire affichent un coefficient B de 1,358 (p = 0,049), ce qui signifie qu'elles adhèrent davantage à l'idée que l'auto-emploi constitue une solution durable au chômage que les diplômés du supérieur. À l'opposé, les non-instruits (B = -0,779) et les diplômés du primaire (B = 1,766 mais non significatif) ne présentent pas d'effet probant. Ces résultats montrent que l'auto-emploi séduit particulièrement ceux qui ont un bagage scolaire intermédiaire, sans aller jusqu'à des qualifications universitaires.

Expérience professionnelle

Il ressort que l'expérience d'un emploi salarié influence positivement la perception de l'auto-emploi. En effet, ceux qui ont déjà travaillé affichent un coefficient B de 0,840 (p = 0,042), traduisant une conviction renforcée que l'auto-emploi est une voie crédible de sortie du chômage.

Ressources et accompagnement

Les résultats montrent que disposer de ressources financières et d'un appui institutionnel est essentiel. Les enquêtés ayant un capital personnel présentent un coefficient B positif de 1,224 (p = 0,030), ce qui indique qu'ils croient davantage en l'auto-emploi comme outil de lutte contre le chômage. De même, bénéficier d'un prêt, d'une formation ou d'une subvention donne un B de 1,389 (p = 0,039), traduisant un effet significatif sur la perception. Ces résultats corroborent l'hypothèse selon laquelle le soutien financier et institutionnel favorise la valorisation de l'auto-emploi dans la lutte contre le chômage.

Autonomie financière et motivations

L'autonomie financière obtenue grâce à l'auto-emploi se traduit par un coefficient B positif de 0,266 (p = 0,044). Bien que modeste, ce résultat confirme que l'atteinte d'une indépendance économique conduit à percevoir l'auto-emploi comme une voie crédible pour réduire le chômage. Enfin, les motifs de choix révèlent que l'absence d'emploi salarié est la plus déterminante (B = 2,008 ; p = 0,002), traduisant une probabilité très élevée de percevoir l'auto-emploi comme solution. Le goût pour l'indépendance (B = 1,125 ; p = 0,096) et d'autres raisons (B = 0,611 ; p = 0,020) renforcent également cette perception, bien que de manière moins prononcée.

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