III.2. Analyse économétrique
En complément de l'analyse graphique, cette partie
cherche à enrichir l'étude en utilisant la régression
logistique binaire pour éclairer les facteurs qui influencent la
perception de l'auto-emploi comme une solution pérenne pour
réduire le chômage dans la commune de Bipemba.
Pour ce faire, la variable dépendante retenue est la
perception de l'auto-emploi comme solution au chômage, codée en
binaire : 1 = Oui lorsque l'enquêté considère que
l'auto-emploi constitue une alternative efficace au chômage, et 0 = Non
lorsqu'il ne partage pas cette opinion. L'intérêt de ce choix
réside dans le fait qu'il permet de mesurer non seulement
l'adhésion des individus à l'auto-emploi comme stratégie
de survie économique, mais aussi son efficacité perçue
dans la lutte contre le chômage au niveau local.
Les tableaux ci-après présentent ces
résultats :
Tableau 6: Qualité
du modèle global
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Chi-square
|
Sig.
|
|
Step 1
|
Step
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94,000
|
0,000
|
|
Block
|
94,000
|
0,000
|
|
Model
|
94,000
|
0,000
|
Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce tableau que le modèle logistique est
globalement significatif, avec un Khi-deux de 94,000 et une
probabilité associée inférieure à 0,001. Cela
indique que les variables introduites expliquent de manière pertinente
la variable dépendante.
Tableau 7: Test
d'ajustement R2
|
Step
|
Nagelkerke R Square
|
|
1
|
0,428
|
Source : élaboré sur base des
données
Il ressort de ce tableau que le coefficient de
détermination de Nagelkerke est de 0,428, ce qui
signifie que près de 43 % de la variance est expliquée. Ainsi, le
modèle est valide et fiable pour analyser l'auto-emploi dans la commune
de Bipemba.
Tableau 8 : Effet des caractéristiques
entrepreneuriales et motivationnelles
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|
B
|
Sig.
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|
Âge (réf : Moins de 25ans)
|
|
,935
|
|
|
25 à 34 ans
|
1,061
|
,014
|
|
|
35 à 44 ans
|
1,447
|
,053
|
|
|
45 ans et plus
|
-,558
|
1,000
|
|
Statut matrimonial (réf :
Marié)
|
|
,028
|
|
|
Célibataire
|
,361
|
,039
|
|
|
Divorcé(e) /Veuf(ve)
|
1,102
|
,60
|
|
Niveau d'instruction (réf :
supérieur/Universitaire)
|
|
,033
|
|
|
Primaire
|
1,766
|
,997
|
|
|
Sans instruction
|
-,779
|
,636
|
|
|
Secondaire
|
1,358
|
,049
|
|
Avoir déjà exercé un emploi
salarié (Non > Oui)
|
,840
|
,042
|
|
Capital de démarrage personnel (Oui >
Non)
|
1,224
|
,030
|
|
Avoir bénéficié d'un appui
(prêt, formation, subvention) (Oui > Non)
|
1,389
|
,039
|
|
Autonomie financière obtenue grâce
à l'auto-emploi (Oui > Non)
|
,266
|
,044
|
|
Motif ayant poussé à opter pour l'auto
emploi (réf : Héritage ou entreprise familiale)
|
|
,030
|
|
|
Absence d'emploi
|
2,008
|
,002
|
|
|
Autre
|
0,611
|
,020
|
|
|
Goût pour l'indépendance
|
1,125
|
,096
|
|
|
Constant
|
6,715
|
,993
|
Source : élaboré sur base des
données
Ce tableau met en évidence l'influence des ressources
et des motivations sur la perception de l'auto-emploi comme solution au
chômage.
Âge et perception de l'auto-emploi
Il ressort de ce tableau que l'âge exerce une influence
notable sur la perception de l'auto-emploi. Les individus âgés de
25 à 34 ans présentent un coefficient B positif de 1,061 (p =
0,014), ce qui indique que cette catégorie croit fortement en
l'auto-emploi comme solution au chômage, avec une probabilité
accrue. De même, les enquêtés de 35 à 44 ans
affichent un coefficient B de 1,447 (p 0,053), renforçant cette
tendance. En revanche, les personnes âgées de 45 ans et plus
présentent un coefficient B négatif (-0,558), traduisant une
perception plus sceptique de l'auto-emploi, probablement en raison de
contraintes d'âge ou de difficultés à s'adapter aux
exigences entrepreneuriales.
Statut matrimonial et perception de
l'auto-emploi
Le statut matrimonial apparaît aussi déterminant.
Les célibataires ont un coefficient B de 0,361 (p = 0,039), ce qui
reflète une probabilité plus forte de considérer
l'auto-emploi comme alternative au chômage par rapport aux mariés.
Cette tendance peut s'expliquer par leur liberté décisionnelle et
leur plus grande flexibilité. Par contre, les divorcés ou veufs
présentent un B de 1,102 mais non significatif (p = 0,60), ce qui rend
leur perception statistiquement incertaine. Globalement, ces résultats
confirment que les contraintes familiales influencent la vision de
l'auto-emploi.
Niveau d'instruction et perception de
l'auto-emploi
Le niveau d'instruction joue un rôle clé dans la
perception. Les personnes ayant atteint le secondaire affichent un coefficient
B de 1,358 (p = 0,049), ce qui signifie qu'elles adhèrent davantage
à l'idée que l'auto-emploi constitue une solution durable au
chômage que les diplômés du supérieur. À
l'opposé, les non-instruits (B = -0,779) et les diplômés du
primaire (B = 1,766 mais non significatif) ne présentent pas d'effet
probant. Ces résultats montrent que l'auto-emploi séduit
particulièrement ceux qui ont un bagage scolaire intermédiaire,
sans aller jusqu'à des qualifications universitaires.
Expérience professionnelle
Il ressort que l'expérience d'un emploi salarié
influence positivement la perception de l'auto-emploi. En effet, ceux qui ont
déjà travaillé affichent un coefficient B de 0,840 (p =
0,042), traduisant une conviction renforcée que l'auto-emploi est une
voie crédible de sortie du chômage.
Ressources et accompagnement
Les résultats montrent que disposer de ressources
financières et d'un appui institutionnel est essentiel. Les
enquêtés ayant un capital personnel présentent un
coefficient B positif de 1,224 (p = 0,030), ce qui indique qu'ils croient
davantage en l'auto-emploi comme outil de lutte contre le chômage. De
même, bénéficier d'un prêt, d'une formation ou d'une
subvention donne un B de 1,389 (p = 0,039), traduisant un effet significatif
sur la perception. Ces résultats corroborent l'hypothèse selon
laquelle le soutien financier et institutionnel favorise la valorisation de
l'auto-emploi dans la lutte contre le chômage.
Autonomie financière et motivations
L'autonomie financière obtenue grâce à
l'auto-emploi se traduit par un coefficient B positif de 0,266 (p = 0,044).
Bien que modeste, ce résultat confirme que l'atteinte d'une
indépendance économique conduit à percevoir l'auto-emploi
comme une voie crédible pour réduire le chômage. Enfin, les
motifs de choix révèlent que l'absence d'emploi salarié
est la plus déterminante (B = 2,008 ; p = 0,002), traduisant une
probabilité très élevée de percevoir l'auto-emploi
comme solution. Le goût pour l'indépendance (B = 1,125 ; p =
0,096) et d'autres raisons (B = 0,611 ; p = 0,020) renforcent également
cette perception, bien que de manière moins prononcée.
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