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L'auto-emploi et la réduction du chômage dans la commune de Bipemba


par Martin KABUYI
Université officielle de Mbujimayi (U.O.M) - Licence en sciences économiques et de gestion, option Gestion financière  2025
  

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DISCUSSION DES RÉSULTATS

Les résultats de cette étude révèlent clairement que l'auto-emploi est perçu comme une solution durable de réduction du chômage par 82,3 % des enquêtés. Cette forte adhésion traduit une conviction partagée que la création d'activités indépendantes permet non seulement de générer des revenus et atteindre la liberté, mais aussi de compenser l'insuffisance d'emplois salariés formels dans un contexte marqué par un chômage structurel élevé. Ce constat confirme l'hypothèse selon laquelle l'auto-emploi constitue une alternative crédible face à la précarité et à la marginalisation des jeunes.

Les analyses économétriques ont révélé que certains facteurs sociodémographiques et professionnels influencent significativement cette perception. Par exemple, les jeunes adultes de 25 à 44 ans affichent un coefficient B positif et significatif, traduisant une forte probabilité de voir dans l'auto-emploi une réponse adaptée au chômage. Ces résultats rejoignent les travaux de Saridas, Mendoza et Munoz (2016) qui soulignaient que les personnes confrontées au chômage de longue durée considèrent l'auto-emploi comme un moyen de réintégration. Ils s'inscrivent également dans la logique de la théorie du capital humain de Becker (1964), selon laquelle l'investissement en compétences accroît la productivité et l'employabilité, condition essentielle pour réussir dans l'auto-emploi.

De plus, l'importance de l'autofinancement se confirme d'ailleurs ici : 90,4 % des enquêtés ont démarré leurs activités avec un capital personnel, et le coefficient B de 1,224 illustre bien que la possession de ressources propres augmente la confiance en l'auto-emploi comme outil de lutte contre le chômage. Cela rejoint la théorie de la contrainte financière d'Evans & Jovanovic (1989), qui stipule que l'accès limité au crédit freine l'entrepreneuriat.

Le rôle des appuis externes est également déterminant : avoir bénéficié d'un prêt, d'une formation ou d'une subvention accroît fortement la probabilité de percevoir l'auto-emploi comme une alternative viable (B = 1,389).

Par ailleurs, les habitants de la commune de Bipemba justifient l'exerce de l'auto-emploi par le goût de liberté et indépendance, la volonté de créer de l'emploi, la rareté des emplois salariés, les antécédents familiaux (héritage) et autres motifs. En plus, l'analyse économétrique démontre que l'absence d'emploi salarié est le moteur principal (B = 2,008) de l'exercice de l'auto-emploi et sa perception comme solution durable au chômage, confirmant la dimension « push » de la théorie push-pull de Evans & Leighton (1989), où la contrainte du chômage pousse les individus à s'auto-employer.

En somme, cette étude confirme que l'auto-emploi, bien qu'issu en grande partie d'une contrainte de survie, est valorisé comme un instrument efficace de réduction du chômage dans la commune de Bipemba. Toutefois, son efficacité réelle dépend de l'accès aux ressources, de l'accompagnement institutionnel et des conditions économiques locales.

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