INTRODUCTION
Parler de l'auto emploi dans le contexte de la Commune de
Bipemba c'est évoquer la dynamique de la création
d'activité.(Djawe et Bita)
L'activité confère à son promoteur le statut
d'employé. L'activité c'est d'abord une idée qui au fil du
temps se traduit en véritable objectif poursuivi par son promoteur.
Des chercheurs en entrepreneuriat, à l'instar de
Verstraete Thierry et Saporta Bernard, pensent qu' « il n'est
pas déraisonnable de concevoir le projet ou l'activité comme
n'existant, à l'origine, que dans l'immatérialité de la
pensée du créateur désirant le concrétiser ».
Ce qui se traduit Clairement que « tout projet,
avant d'exister concrètement dans le monde réel, il existe
d'abord dans la pensée du créateur » Cependant, des
controverses existent sur l'âge exact de l'activité. Son existence
commence-t-elle avec la vision ou simplement au moment où la vision
s'est matérialisée ?
L'auto emploi dans sa dénomination de
« travail autonome » ou « travail
indépendant », selon des études récentes, se
conçoit aujourd'hui comme alternative potentielle et prometteuse dans un
contexte économique marqué par les défis multiples en
matière d'emploi et du chômage en offrant aux individus La
possibilité de générer leurs propres revenus a travers des
initiatives individuelles ou collectives et devenir acteur de leur propre
destin professionnel (Jean Pierre Lemaire et Armatya sen 1980
)
L'emploi et le chômage sont des facteurs
Socio-économique touchant a des degrés divers tous les pays du
monde notamment dans la Ville de Mbujimayi, Province du Kasaï-Oriental en
République démocratique du Congo où la Commune de Bipemba
ne fait exception.
Cette situation alarmante est exacerbée par des
facteurs structurels tels que l'insuffisance des infrastructures, la faible
diversification de l'économie, l'instabilité économique et
politique qui caractérise le pays depuis plusieurs décennies
(Banque Mondiale 2018).
Les statistiques montrent que sur 975911 d'habitants plus de
85% sont chômeurs ce qui engendre l'insertion en masse dans le secteur
informel représentant 80% de la population totale. (Rapport des
statistiques communales)
Les dimensions sociales à l'instar de
l'éducation et l'accès à la formation d'auto-emploi
s'avèrent déterminantes. Muhammad yunus souligne
que l'accès à l'éducation et la formation et aux
ressources nécessaires à l'entrepreneuriat peuvent offrir aux
individus une chance de sortir du chômage et devenir autonome.
1. PHENOMENE OBSERVE
A l'échelle mondiale, l'auto-emploi rencontre les
défis et les précarités, selon Guy standing
dans son concept de la
« Précariat » qui désigne un
nouveau groupe social de travailleurs, caractérisés par des
emplois précaires, temporaires, instables, et mal
rémunéré.
Dans le cadre de l'auto-emploi, Guy standing
souligne que de plus en plus, des travailleurs sont poussés
à s'auto-employer non par choix mais par nécessité en
raison de la diminution des emplois stable,et de la transformation des
structures économiques globale marquée par les points tels
que :
Ø La précarisation du travail :
loin d'être une solution idéale,
l'auto-emploi peut offrir peut de sécurité, d'avantages sociaux,
et des revenus irréguliers. Les travailleurs indépendants ne
bénéficient pas des mêmes protections sociales que les
salariés (assurance maladies, les retraites, les congés
payés) cela les exposent a un grand risque.
Ø Accès limités aux
financements :ce qui empêche d'une manière aussi
complexe les auto entrepreneurs a développé leurs
activités. Les institutions financières sont souvent plus
réticentes à prêter aux travailleurs indépendants
surtout si l'on n'a pas d'antécédents financiers suffisants.
Ø Instabilité financière :
qui est l'un de plus grands risques associés a l'auto-emploi et
l'irrégularité des revenus.
Contrairement à un emploi salarié avec un
salaire stable, l'auto-entrepreneur doit souvent faire face à des
fluctuations des revenus, ce qui peut compliquer la gestion de ses
finances.
L'OIT (organisation internationale du travail )
souligne aussi que les mauvaises conditions du travail sont les
principales problèmes mondiale de l'emploi, a tel point que
l'ONU a fait du travail décent pour tous l'une de ses
priorités pour la fin de la décennie a venir dans le cadre des
objectifs de développements durables(ODD n°8).
Damian Grimshaw responsable de la recherche a
l'OIT souligne pour elle que, « avoir un emploi ne garantis
pas toujours un mode de vie décent » la preuve :700
millions de personnes vivent dans une situation d'extrême pauvreté
ou de pauvreté modérée bien qu'elles ait un emploi.
Un chiffre est particulièrement
révélateur de l'ampleur du problème :61 % de la main
d'oeuvre mondiale soit 2 milliards de personnes occupent aujourd'hui un emploi
informel,
C'est-à-dire qui échappe aux règles
encadrant les droits des employeurs et des salariés avec des nombreux
problèmes a la clef : absence de protection sociale, environnement
de travail dangereux.
En Afrique, plus particulièrement à Bamako
capitale du mali, malgré les multiples efforts déployés
par les autorités publiques pour infléchir la courbe du
chômage et du sous emploi, la crise de l'emploi persiste, apparaissant
presque comme un problème insoluble.
Le marché du travail semble en effet être
saturé et l'apport des structures créées pour juguler le
fléau s'avère limités. Et les statistiques
établissent que les salaires ne dépassent guère les cinq
pourcent (5%) de la main d'oeuvre nationale et que la majorité des
ressources humaines se trouve dans une situation d'auto-emploi (ANPE
2006).
Il Sied de noté que ce dernier reste confronté
à des difficultés de manque de formations adaptées aux
besoins du marché du travail, accès difficile au financement
(Mamadou TOLOBA 2006).
En République démocratique du Congo (RDC) les
défis de l'auto emploi reposent sur une analyse des obstacles
structurels (Infrastructures, instabilité politique et
économique, accès limité au financement, manque de
formations et de compétences, culture entrepreneuriale faible) qui
freinent la croissance de l'entrepreneuriat (Claude Sumata
2020).
Il plaide pour une amélioration des conditions
économiques afin de faciliter l'auto-emploi et l'entrepreneuriat en RDC.
A Matadi le chef-lieu du kongo central, les infrastructures sont
dégradées (les routes, le réseau ferroviaire et les
installations énergétique sont en mauvais état, ce
qui complique les activités des auto-entrepreneurs.
La concurrence déloyale domine l'économie locale
par des entrepreneurs étrangers, notamment les indo-pakistanais et les
Libanais qui occupent presque tous les segments du marché (Radio
Okapi.Net)
A Mbujimayi l'économie est dominée par
l'exploitation minière, artisanale et micro entreprise, ce qui ne permet
pas d'infléchir la courbe du chômage, l'auto-emploi apparaissant
comme solution viable, est confronté aux multiples défis sous
divers plans notamment :
Personnellement parlantles auto-entrepreneurs manquent
d'expériences, compétences professionnelles et entrepreneuriale.
Ils ont La peur de l'échec ; Le manque de confiance ensoi ; La
peur des risques.
Les normes sociales et culturelles influencent L'auto-emploi
dans la ville de Mbujimayi d'une manière ambivalente. Elles peuvent
encourager l'esprit d'initiative du créateur, la
créativité, la solidarité et la responsabilité
sociale. Elles peuvent également décourager l'innovation, la
prise de risques, l'indépendance et la compétitivité.
De par leurs environnements, les entrepreneurs sont
confrontés aux manques de formations entrepreneuriales. L'accès
limité au financement. Les difficultés d'accès aux
marchés. La concurrence déloyale. Les lourdeurs administratives
et la complexité du cadre réglementaire et pression fiscale. Le
manque de service de soutien a l'entrepreneuriat. Les infrastructures
inadéquates,l'instabilité politique et économique. Dans la
Commune de Bipemba, les défis de l'auto-emploi sont identiques que
proportionnels à la ville de Mbujimayi.
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