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UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTÉ DE DROIT
DÉPARTEMENT DE DROIT PÉNAL ET
CRIMINOLOGIE
« LA CONTRIBUTION A LA LUTTE CONTRE LE PHENOMENE
KULUNA DES ENFANTS EN CONFLIT AVEC LA LOI »
Par
Henock KALUBI CITENGA Gradué en
droit
Mémoire présenté et défendu en
vue de l'obtention de grade de licencié en Droit
Directeur : Annie BAPU KASONGO
Professeure Associée
ANNÉE UNIVERSITAIRE 2024-2025

EPIGRAPHE
« L'humanité doit donner
à l'enfant ce qu'elle a de meilleur »1
1 Déclaration de Genève sur les droits
de l'enfant, 1924

DEDICACE
A nos parents Jean-Ety CITENGA et Sylvie MBIYA qui m'ont
soutenu durant ces années d'étude, qu'ils trouvent ici,
l'expression de ma profonde reconnaissance.
A notre grande soeur Pamela MPUNGA ; A notre chère
Pricille BIKABENI
Henock KALUBI CITENGA

REMERCIEMENTS
Nous tenons tout d'abord à exprimer ma profonde
gratitude à Dieu Tout-Puissant pour la force, la santé et la
persévérance qu'Il m'a accordées tout au long de ce
travail.
Nos sincères remerciements s'adressent à ma
directrice de mémoire : madame la professeure Annie BAPU KASONGO, pour
son encadrement rigoureux.
Nos gratitudes s'adressent à l'encadreur Fabrice
MWASIALA MATOMA.
Que notre famille, particulièrement nos frères
et soeurs : Pamela MPUNGA, Deborah TSHIBOLA, Martin TSHIMENA, Jenovic BIFWILA,
Miriam MIANDABU, Gemima ODIA, Isabelle MUKENDI trouvent pour leur amour, leurs
sacrifices et leur soutien constant qui ont toujours été une
source d'inspiration et de motivation ma gratitude.
À nos amis Merlin ILANGA, Gaël FABIEN, Adolphe
ASSANI, Henock MUNDELE, Adonaï ENANA, Edo KONGOLO et toute ma promotion,
nous vous sommes reconnaissant.
Henock KALUBI CITENGA
iv
LISTE DES ABREVIATIONS
Al : Alinéa
Art : Article
CPC : Code pénal congolais
CPLII : code pénal congolais livre II
ECL : Enfant en conflit avec la loi
LPPE : Loi portant protection de l'enfant
1
INTRODUCTION
La présente introduction sera axée autour de six
points à savoir : la position du problème
(I), l'hypothèse de l'étude (II),
l'intérêt de l'étude (III), les méthodes et
techniques de recherche (IV), la délimitation de l'étude (V),
ainsi que la subdivision du travail (VI). C'est dans ce sillage que nous
analysons la position du problème qui constitue notre premier point de
l'introduction.
I. POSITION DU PROBLEME
L'enfant en République Démocratique du Congo est
présenté comme un champ des mines où la violence compromet
le développement ainsi que l'avenir de la République
Démocratique du Congo en général et celui l'enfant en
particulier. L'enfant étant un être malléable, faible,
l'Etat congolais ainsi que les responsables de ce dernier doivent lui
protéger.
Certes, le législateur congolais de 2009 pose le
principe sacro-saint de l'intérêt supérieur de l'enfant
selon que ce dernier mérite à la fois une protection
générale selon qu'il doit à l'éducation, la
santé, le travail, les loisirs, etc... Ainsi qu'une protection
spéciale selon que ce dernier a besoin d'aide spéciale à
terme de sécurité, santé, traitement, mortalité,
éducation et tant d'autres.
C'est ainsi que dans le monde, l'enfant a toujours fait
l'objet d'un traitement différentiel sur le plan social et juridique
attendu que celui-ci manque le discernement, la maturité et bien qu'il
est exonéré de la responsabilité tant pénale que
civile, Mais il se fait que, l'enfant peut faire l'objet d'un manquement qui
engage une responsabilité. Cependant, une réflexion sur la
dangerosité du manquement commis par l'enfant en conflit avec la loi
comme le cas du phénomène KULUNA dans la ville province de
Kinshasa où nous trouvons également les enfants
nécessitent ainsi une attention particulière.2
À travers la bonne éducation et protection de
l'enfance, c'est en fait à ce qui ramène à la bonne
protection de la société contre le risque du présent tout
comme de l'avenir. La problématique du phénomène kuluna
des enfants en conflit avec la loi met l'État face à un double
défi3: la préservation du bien-être de l'enfant
et la protection de la société.
2 IDZUMBUR ASSOP 2 Loi n°09/001conference sur
organisée en partenariat avec l'association estudiantine sur la loi en
du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant en RDC, Kinshasa, samedi 09
janvier, p1.
3 L.YAV LELES, Régime juridique de la
protection de l'enfant en conflit avec la loi en droit congolais, Kolwezi,
p. 4. Inédit.
2
Le grand nombre d'enfants coincés entre mailles de la
justice laisse entrevoir une multitude de catégories en l'occurrence
ceux souffrant de troubles mentaux ou ceux en situation difficile, elle est un
phénomène très présent dans notre
société actuelle et fait depuis toujours partie des
préoccupations sociales4. En effet, Depuis plus d'une
décennie, le monde politique, judiciaire et médiatique se
tournent vers un phénomène appelé KULUNA. Et comme le dit
bien KIENGE KIENGE, il s'agit « des groupuscules des jeunes qui
s'illustrent dans des actes de violence et de criminalité ».
Ces jeunes gens dépravés s'affutent en bande mutuellement dans
des différents quartiers5.
Cette situation s'explique aussi dans la mesure où
« des nombreux parents sont au chômage depuis des lustres, la
situation des travailleurs n'est pas du tout rose à cause de la
politique de bas salaires6. En d'autres termes, la famille, cadre
pouvant offrir une certaine sécurité de vie aux enfants, ne sait
plus subvenir aux besoins de ses membres (alimentation, frais de
scolarité, éducation, loisirs...), ce constat fait apparaitre
clairement que les jeunes impliqués dans des actes de violenc e urbaine
de « Kuluna » ne sont pas en rupture familiale ou encore
moins des enfants dits de la rue, « shegués ou phaseurs »,
qui auraient grandi et dont les agissements auraient connu une
transformation qualitative.L'Etat qui se veut de droit, est celui qui sait
assurer la sécurité, la bonne éducation en mobilisant tous
ses attributs régaliens pour imposer l'ordre à toutes les
personnes qui habitent son territoire7.
Malheureusement il ne faut pas se voiler la face que ce
phénomène prend de l'ampleur
c'est aussi par la simple cause qui est le reflet de
l`affaiblissement ainsi mauvaise gouvernance et du disfonctionnement des
institutions publiques de la ville province de Kinshasa voir même du
pays, en effet de nos jours, voir le taux de l'existence des enfants Kuluna est
dû à l'incapacité de non-respect des droits de l'enfant ce
qui fait en sorte qu'ils enfreignent la loi8, des jeunes
constituants ces groupes sont issus des familles pauvres où règne
la précarité.
4 R. KIENGE KIENGE ITUINDI et S. LIWERANT,
Violences urbaines et réactions sociales à Kinshasa: sens et
non-sens, CCPS, Kinshasa, 2016, p. 57.
5 Idem.
6 L. YAV LELE, op.cit, p.5
7 R. PUMBU KIPASSA, La responsabilité
des pouvoirs publics dans la lutte contre la criminalité des jeunes et
le phénomène de justice populaire à Kikwit,
éd. KAS African Law Library, kikwit, 2022, p 447.
8 Art 2 Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant
protection de l'enfant
3
Ces bandes sont bien structurées avec des chefs dont le
leadership n'est pas contesté, et leurs victimes sont de plus en plus
nombreuses dans la quasi-totalité des quartiers de la ville, de nos
jours, il est difficile de voir les paisibles citoyens circuler au-delà
de 21 heures, voir même en pleine journée surtout dans des
quartiers réputés populaires9.
Les services de sécurité semblent être
dépassés par ce fléau et en manque d'inspirations pour
éradiquer ce phénomène qui ne cesse d'inquiéter
plus d'une personne10, la contribution la lutte contre ce
fléau voir son éradication est aujourd'hui une
préoccupation mondiale car d' aucun affirme que cette situation
s'observe partout dans la ville province de Kinshasa voir même dans les
pays développés.
La lutte contre le phénomène kuluna des enfants
en conflit avec la Loi est une problématique complexe qui englobe la
prévention, le traitement et la réinsertion des jeunes
délinquants. Elle nécessite une approche multidimensionnelle,
prenant en compte les causes de la délinquance, les facteurs de risque,
et les mesures à mettre en oeuvre pour assurer la sécurité
publique tout en respectant les droits des enfants11.
En tenant compte de ces argumentaires, les
préoccupations qui éveillent notre curiosité se
reformulent de la manière suivante :
Quels sont donc les mécanismes de lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi pour une
protection efficace de ces derniers ?
Avec ces différentes questions, nous proposons des
réponses dans le point suivant.
II. HYPOTHESE DE L'ETUDE
Celle-ci se définit comme une réponse provisoire
que l'on donne aux questions posées à la problématique,
elle est provisoire étant donné que dans la conclusion on pourra
évaluer si cette hypothèse a été confirmée
ou infirmée12. De ce fait, Il convient de donner quelques
suggestions au regard de la question posée en rapport avec notre objet
de recherche :
Il sied de signaler que plusieurs mécanismes peuvent
être amorcés, mais l'on doit plus privilégier les mesures
éducatives de la réparation et de la médiation
plutôt que l'incarcération.
Apres avoir répondu de manière provisoire
à cette préoccupation il est à présent d'une
importance capitale d'examiner l'intérêt de l'étude.
9 R. PUMBU, op cit, p. 8.
10 Idem
11 R. KIENGE KIENGE, Droit portant protection de
l'enfant, Manuscrit, Unikin, G3droit, 2017-2018, p. 42, Inédit.
12 M.TELEMONO, Initiation à la recherche
scientifique, Unikin, G2 Droit, 2021-2022, P. 12, Inédit.
4
III. INTERET DE L'ETUDE
Notre objet de recherche revêt un double
intérêt, d'une part sur le plan théorique et de l'autre sur
le plan pratique.
Théoriquement, ce cas est purement pédagogique
c'est-à-dire satisfaire à la curiosité scientifique et de
permettre aux chercheurs de recourir à ce document pour
s'imprégner d'une connaissance limpide sur « la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi dans la ville
province de Kinshasa » qui implique une politique criminelle
participative, cohérente, effective et efficace. En plus, ce sujet vient
enrichir la connaissance scientifique en cette matière de politique
criminelle de l'État.
En ce qui concerne l'intérêt pratique, ce travail
constitue un outil pour les juristes, politiciens, théoriciens et les
justiciables, car il démontre la situation de l'enfant en conflit avec
la loi au sein de la société tant que sujet de droit tout en
accentuant sur les méfaits que commet l'enfant en pratiquant le kuluna.
Dans le cadre ce travail vu son importance il est question de soulever la
méthode et technique de recherche.
IV. METHODE ET TECHNIQUE DE RECHERCHE
Tout travail scientifique poursuit toujours un but et est soumis
à une méthode (A) et a ses
propres techniques (B).
A. Méthodes de recherche
La rigueur méthodologique constitue le fondement de toute
recherche scientifique en
droit pénal et criminologie. Cette étude sur la
contribution dans la lutte contre le phénomène kuluna des enfants
en conflit avec la loi, nécessite une approche méthodologique
spécifique qui tienne compte de la complexité du
phénomène étudié et des exigences de
scientificité propres aux sciences juridiques. Une méthode est un
ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline
cherche à étudier les vérités quelle poursuit, le
démontre et les vérifient13, pour se faire nous avons
utilisé la méthode juridique et la méthode
sociologique.
1. La méthode juridique
La méthode juridique constitue l'ossature
méthodologique de cette recherche. Elle se caractérise par une
approche systémique du droit qui considère les normes juridiques
non comme des éléments isolés, mais comme des composantes
d'un système cohérent et évolutif 14 ,
13 J. DJOLI ESENGEKELI, Droit constitutionnel
l'expérience congolaise, éd. L'Harmattan, Paris, 2013, P.
15.
14 J.-L. BERGEL, Méthodologie
juridique, PUF, Paris, 2001, pp. 234-267.
5
l'application de la méthode juridique à cette
recherche implique d'abord une analyse minutieuse des sources du droit
congolais pertinentes. Cette analyse porte sur la hiérarchie des normes,
depuis les dispositions constitutionnelles relatives à la protection de
l'enfance jusqu'aux textes réglementaires d'application, en passant par
les lois spécialisées. L'utilité de cette méthode
est d'identifier les principes directeurs qui gouvernent la protection des
mineurs.
La méthode juridique adoptée intègre
également une dimension prospective qui vise à identifier les
évolutions normatives nécessaires pour adapter le droit congolais
aux défis contemporains. Cette dimension prospective s'appuie sur
l'analyse des lacunes du droit positif et sur l'étude des solutions
expérimentées dans d'autres systèmes juridiques
confrontés à des problématiques
similaires15.
Cette méthode nous a permis de situer le fondement
juridique d'un enfant en conflit avec la loi en droit positif congolais.
2. Méthode sociologique
Cette méthode est le fruit de la matérialisation
de l'expression juridique latine : « UBI SOCIETAS, IBI JUS »,
traduit par « là où il y a une
société, existe foncièrement un droit ». Cette
méthode consiste donc en l'observation et d'explication des faits
sociale, car la science juridique elle-même étant une science
sociale ; elle ramène donc le droit positif dans son environnement
social.
Vivant en société, les problématiques
soulevées le long de cette réflexion scientifique sont porteur
d'essence sociale, par conséquent, l'adoption de cette méthode se
relève être d'une importance capitale, car le nous permettra de
comprendre le contexte social de l'élaboration des règles, et en
la compréhension des faits conduisant aux questions traitées dans
le cadre de ce travail.
B. Les techniques de recherche
La technique constitue un ensemble de procédé
exploité par des chercheurs dans la phase des productions des
données qui intéressent son étude16.
15 M. DELMAS-MARTY., Pour un droit commun,
Seuil, Paris, 1994, pp. 123-145.
16 S. SHOMBA KINYAMBA, Méthodologie et
épistemologique de la recherche scientifique, éd. PUK,
Kinshasa, 2014, P. 54.
6
a. La technique documentaire
La technique documentaire constitue le socle de cette
recherche juridique. Elle consiste en l'exploitation systématique des
sources écrites pertinentes pour la compréhension du
phénomène étudié. Cette technique implique une
stratégie de recherche documentaire rigoureuse et diversifiée.
La recherche documentaire porte d'abord sur les sources
normatives congolaises, incluant les textes constitutionnels,
législatifs et réglementaires. Cette recherche s'appuie sur les
bases de données juridiques disponibles et sur les collections physiques
des bibliothèques spécialisées. L'objectif est de
constituer un corpus normatif exhaustif et actualisé.
L'exploitation des sources doctrinales constitue un second et
de la technique documentaire. Cette exploitation porte sur la doctrine
congolaise, africaine et internationale en droit pénal, criminologie et
protection de l'enfance, la diversité des sources doctrinales permet
d'enrichir l'analyse et d'adopter une perspective comparative.
b. La technique de libre interview
La technique de libre interview complète la recherche
documentaire en permettant de recueillir des informations qualitatives
auprès des acteurs professionnels concernés par la
problématique étudiée. Cette technique, couramment
utilisée en criminologie, permet d'appréhender les dimensions
pratiques et opérationnelles du phénomène
étudié.
L'application de cette technique implique la
réalisation d'entretiens semi-directifs avec différentes
catégories d'acteurs : magistrats spécialisés, avocats,
travailleurs sociaux, policiers, éducateurs et psychologues. Ces
entretiens permettent de recueillir des témoignages sur les pratiques
professionnelles et les difficultés rencontrées dans le
traitement de la délinquance juvénile numérique.
La technique de libre interview permet également de
recueillir des informations sur les évolutions récentes des
phénomènes étudiés, qui ne sont pas encore
documentées dans les sources écrites. Cette dimension prospective
est essentielle pour l'actualité de la recherche. Elle nous a permis de
poser des questions sur terrain aux personnes concernées en vue de
recueillir des informations.
7
V. DELIMITATION DU TRAVAIL
La délimitation d'un sujet de recherche est une
étape méthodologique fondamentale, elle permet de circonscrire
précisément le champ d'investigation, d'identifier les aspects
pertinents à explorer et d'exclure ceux qui ne relèvent pas de
l'étude. Cette démarche assure la faisabilité de la
recherche, garantit la rigueur scientifique et contribue à la pertinence
des résultats obtenus.
Sur le plan spatial notre étude se focalise dans la
ville province de Kinshasa, cette approche exhaustive est justifiée par
la nécessité d'appréhender la globalité de la
problématique des enfants Kuluna et réalités
socio-économiques et culturelles diverses. Particulièrement dans
le ressort du tribunal pour enfant de Kinshasa matete.
Temporellement cette étude va de 2009 jusqu'à
nos jours, car c'est l'année marquant de l'avènement de la loi
portant protection de l'enfant qui est la loi principale faisant l'objet de
notre étude.
Du point de vue matériel ce travail s'intéresse
sur les manquements des enfants en conflit avec la loi comme l'extorsion et
viol à l'aide de violence.
VI. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Outre l'introduction et la conclusion, notre travail est
articulé autour de deux chapitres : Le premier chapitre porte sur
l'approche analytique et explicative des concepts clés, ainsi, notre
deuxième chapitre porte sur les mécanismes répressifs et
préventifs dans la lutte contre les phénomènes kuluna des
enfants en conflit avec la loi.
8
CHAPITRE I. APPROCHE ANALYTIQUE ET EXPLICATIVE DES
CONCEPTS CLES
Dans le but de donner une explication et une analyse dans ce
premier chapitre, il est question d'analyse de manière descriptive de
l'ECL (section1) la deuxième porte sur l'étude morphologique du
phénomène kuluna (section 2)
SECTION 1. L'ETUDE DESCRIPTIVE DE L'ENFANT EN CONFLIT
AVEC LA LOI
Cette section comprend 3 paragraphes, dont la première
porte sur la définition de l'enfant (paragraphe1), le deuxième
porte sur la définition de l'enfant en conflit avec la loi
(paragraphe2), le troisième porte sur les catégories des enfants
(paragraphe 3)
Paragraphe 1. Définition de l 'enfant
Le mot enfant nous vient du latin « infans »
qui signifient : « celui qui ne parle pas », on Voit
déjà fidèlement se refléter dans cette origine du
mot une conception bien particulière de l'enfant17. Il est
essentiel pour définir l'enfant en contexte traditionnel congolais
suivant trois critères, à savoir l'âge ou critère
biologique, la filiation ou critère à la fois biologique et
social, et la responsabilité ou critère social à
caractère normatif18.
Ainsi, du point de vue biologique, s'accorde-t-on à
considérer comme enfant toute personne dont l'âge relève de
l'enfance, c'est-à-dire le bambin, le bébé, le gamin, le
gosse... Car ces catégories de personnes sont considérées
comme étant fragiles, irresponsables, malléables, et
nécessitant à la fois de la tolérance, de l'attention, de
la protection et de l'assistance de la part des adultes19.
Cependant, au regard de la filiation, critère hybride, à la fois
biologique et social, lié à la descendance, on peut relever que
tout être humain semble perpétuellement un « enfant
». On est toujours « l'enfant » de ses parents en
n'importe quel âge20. Ainsi nous pouvons définir
l'enfant en suivant les instruments internationaux ainsi nationaux.
A. Du point de vue international
L'enfant est définit par plusieurs instruments
internationaux nous avons de notre part opté pour quelques-uns à
savoir : Selon la Convention relative aux droits de l'enfant à son
17 R. KIENGE KIENGE, Op.cit, P. 52.
18 Idem
19 Ibidem
20 Ibidem
9
article 1 définit l'enfant étant tout être
humain de moins de 18 ans, sauf si la loi nationale accorde la majorité
plus tôt21.
Selon la Charte internationale africaine des droits de
l'enfant, elle définit l'enfant comme étant tout être
humain de moins de 18ans 22 , l'ensemble des règles minima
concernant l'administration de la justice pour mineurs (règle de
Beijing) définit en ces termes : «mineur est un enfant ou un
plus jeune23. Mais il importe de préciser que certaines
conventions laissent aux États la compétence de fixer l'âge
de la minorité24.
B. Du point de vue national
Se référant à la Constitution du 18
février 2006 telle que révisée en 2011, l'enfant est
défini comme toute personne, sans distinction de sexe, qui n'a pas
encore atteint 18 ans révolus25. La Loi n° 09/001 du 10
janvier 2009 portant protection de l'enfant définit l'enfant comme
étant toute personne âgée de moins de dix-huit
ans26.
La Loi n°16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et
complétant la Loi n°87-010 du 1er août 1987
portant Code de la Famille définit l'enfant comme l'individu de l'un ou
de l'autre sexe qui n'a pas encore l'âge de 18 ans accomplis27
après avoir entamé définition de l'enfant, il est question
de parler respectueusement de l'enfant en conflit avec la loi.
Paragraphe 2. Définition de l'enfant en conflit avec la
loi (ECL)
Enfant en conflit avec la loi, c'est tout enfant
âgé de quatorze à moins de dix-huit ans qui commet un
manquement qualifié d'infraction à la loi
pénale28, l'expression "manquement qualifié
d'infraction" représente une rupture avec la terminologie ancienne
qui employait l'idiome "infraction punissable" dans les textes
antérieurs. Cette innovation, introduite par la loi de 2009, marque un
changement d'approche fondamentale. Au lieu de recourir à des peines
privatives de
21 Art 1 de la Convention relative aux droits de
l'enfant
22 Art 2 de la Charte africaine des droits et du
bien-être de l'enfant
23 Ensemble des Règles minima concernant
l'administration de la justice pour mineurs (Règle de Beijing)
24 Art 1 de la Convention relative aux droits de
l'enfant
25 Art 41 de la Constitution de la
République Démocratique du Congo, modifiée par la loi
n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles
de la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18
février 2006, in JORDC, 52ème année, n°
spécial, du 05 février 2011.
26 Art 2.1 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
27 Art 219 de la loi N°87-010 du 1er
août 1987 portant code de la famille
28 Article 2.9 de la Loi n°09/001 du 10 janvier
2009 portant protection de l'enfant
10
liberté, la loi privilégie désormais des
mesures de placement socio-éducatif. L'objectif est la
rééducation et la réinsertion de l'enfant29.
Le choix du terme "manquement" est
délibéré et stratégique, le législateur a
souhaité adoucir le ton et le vocabulaire, évitant ainsi la
connotation criminelle associée au mot "infraction" utilisé pour
les adultes, le terme "manquement" évoque l'idée d'un
défaut éducatif et justifie l'application de mesures visant
à corriger ce manque. L'intention est de ne pas stigmatiser l'enfant et
d'abandonner la classification traditionnelle des infractions (crimes,
délits et contraventions)30. Cette nouvelle approche
s'inscrit dans une optique de justice réparatrice.
Il sied également que l'âge minimum de
responsabilité pénale est l'âge à partir duquel une
personne est présumée avoir la capacité juridique de
violer la loi pénale et peut donc être jugée par une
juridiction pénale ou une autre autorité compétente.
La loi congolaise portant protection de l'enfant fixe
l'âge minimum de la responsabilité pénale à 14 ans
Cette limitation est en phase avec l'esprit de la Convention des droits de
l'enfant qui engage les États à « établir un
âge minimum au-dessous duquel les enfants seront présumés
n'avoir pas la capacité d'enfreindre la loi
pénale31.
Paragraphe 3. Catégorie d'enfants
En République Démocratique du Congo, les
catégories d'enfants sont énumérées à
l'article 2 de la loi de 2009 dont nous avons notamment :
1. Enfant déplacé : l'enfant non
accompagné de ses parents ou tuteur qui a été contraint
de quitter son milieu de vie par suite de la guerre, de catastrophes naturelles
ou d'autres événements graves et s'est installé dans un
autre endroit à "Intérieur du pays où il
réside32; le cas des circonstances de guerre dans l'EST de la
RDC ou les parents ont été et les enfants n'ont rien comme choix
que de se déplacé en vue de sauver leurs vies
indépendamment de leur volonté.
2. Enfant réfugié : l'enfant qui a
été contraint de fuir son pays en franchissant
une frontière internationale et qui demande le statut de
réfugié ou toute autre forme de
29 AGBTE YAO, Recueil sur la justice pour
l'enfant : analyse et commentaire de la législation en application des
enfants en conflit avec la loi, 2 éd. BIC, 2018, p. 40.
30 L. YAV LELES, Op.cit, p. 7.
31 L. YAV LELES, Op.cit, p. 7.
32 Art 2.1 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
11
protection internationale33, le cas de Goma ou les
enfant traversent la frontière burundaise pour s'enfuir et trouver
refuge ailleurs
3. Enfant en situation difficile : l'enfant qui ne jouit pas
de ses droits fondamentaux et qui n'a pas accès aux services sociaux
de base tels que la santé, le logement, l'alimentation et
l'éducation34, l'exemple des enfants sheguer les longs des
trottoirs de la majorité de la ville de Kinshasa.
4. Enfant en situation exceptionnelle : l'enfant en situation
de conflits armés, de tensions ou de troubles civils, de catastrophes
naturelles ou de dégradation sensible et prolongée des conditions
socio-économiques35,
5. Enfant avec handicap physique ou mental : l'enfant se
trouvant dans une situation qui peut constituer un obstacle ou une
difficulté à l'expression normale de toutes ses facultés
physiques ou mentales, notamment les fonctions intellectuelles et cognitives,
le langage, la motricité et les performances sociales36
6. Enfant séparé: l'enfant séparé
de ses père et mère ou de la personne qui exerçait sur lui
l'autorité parentale37;
7. Enfant en conflit avec la loi : l'enfant âgé
de 14 à moins de 189 ans qui commet un manquement qualifié
d'infraction à la loi pénale38 . Après avoir
énumère les différentes catégories d'enfants, nous
abordons alors analyse de la notion du phénomène kuluna, qui fait
l'objet de notre deuxième section.
33 Art 2.2 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
34 Art 2.3 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
35 Art 2.4 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
36 Art 2.5 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
37 Art 2.6 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
38 Art 2.7 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant
12
SECTION 2. ETUDE MORPHOLOGIQUE DU PHENOMENE KULUNA
Il sied de signaler que le phénomène dit Kuluna
dans la ville province de Kinshasa constitue une violence des droits humains et
fait l'objet d'une réaction anti sociale. L'insécurité
imposée par les jeunes à mains armées nous laisse sans
mots et occasionne donc la Commission des infractions alors que le droit
pénal protège à cet effet, certaines valeurs et permet de
protéger l'ordre public, la sécurité publique et la
santé publique39.
Certes, l'étude de ce phénomène est
cruciale, mais avant tout, nous devons d'abord donner la définition du
concept phénomène Kuluna (paragraphe 1), son origine (paragraphe
2), ses caractéristiques (paragraphe 3) et les causes de ce dernier
(paragraphe 4).
Paragraphe 1. Définition du
phénomène Kuluna
Suite à l'absence de définition légale en
RDC du concept phénomène Kuluna, les doctrinaires ont en effet,
tenté de définir ledit concept. Certes, définir le
phénomène Kuluna n'est une chose aisée car autant des
personnes qu'on pourrait interroger, autant des définitions qu'on
pourrait récolter au sujet du phénomène en
question40.
Pour Célestin KANYAMA, le phénomène
Kuluna est essentiellement un phénomène criminel, impliquant
exclusivement les jeunes - adultes et enfants , consistant pour ces derniers de
commettre des atrocités et de lancer des assauts au moyen d'armes
blanches contre les personnes physiques dans le but de les dépouiller de
leurs biens, entraînant ainsi des attenantes physiques graves et
éventuellement la mort dans le chef des victimes4141.
En voyant la présence de jeunes adultes et mineurs
commettre des atrocités, cette définition nous semble globalement
pertinente. Ce qui nous permet d'aborder l'origine du phénomène
Kuluna (paragraphe 2).
39 R. THAMBA THAMBA, Financement des groupes
armés et gouvernance en République démocratique du Congo,
in codesria : Africa développement/Afrique et développement,
(lll), 2019, p. 1.
40 C. KANYAMA CISHIKU, La police et la gestion
de la violence des jeunes à Kinshasa : cas du phénomène
Kuluna, Mémoire de D.E.S, édition 2009-2013, p.17
41 Idem.
13
Paragraphe 2. Origine du phénomène
Kuluna
La complexité du phénomène nous invite
à remonter dans le temps pour en découvrir dans le but d'en
faciliter la compréhension sur le plan pratique, le
phénomène Kuluna qui fait L'actualité dans la ville de
Kinshasa, est un fait cependant d'importation coloniale42.
En effet, avant la période coloniale, la
délinquance des jeunes était inexistante en milieu traditionnel.
Les structures ancestrales imprégnées du conformisme et
évoluant sous l'empreinte du contrôle sociale surtout au niveau
primaire des relations, pouvaient facilement empêcher l'apparition des
comportements déviant au sens large du terme, le cas notamment de la
famille traditionnelle qui, grâce à la solidarité de son
organisation et à la présence des structures de substitution,
assurait mieux et de façon naturelle la protection de ces membres en
général et des enfants en particulier.
En effet l'origine du phénomène Kuluna à
Kinshasa remonte aux années 1950 -1960 avec la naissance du mouvement
dénommé "bill" Est considéré comme une forme de
violence urbaine ancestrale des shegue43. Il faut noter
également que la violence urbaine des jeunes actuellement
qualifiée de Kuluna est d'origine angolaise cela était
utilisée dans les Milieux des forces armées, elle signifierait et
déclarait un commissaire supérieur de police la posture ou la
force physique que doit avoir un militaire, soit la violence que celui-ci
applique dans ses relations avec les citoyens, ces relations sont souvent
caractérisées par la brutalité44.
Certes, à la suite de la vague de refoulement des
congolais de l'Angola en 1995 pour la plus part des jeunes en situation
irrégulière, l'on voit naître ce phénomène
nouveau à Kinshasa, en cette période, le phénomène
Goldberg étant en vogue à Kinshasa à l'image du catcheur
américain du même nom, les jeunes se regroupaient dans leurs
Cartiers apprenaient des art-martiaux pour devenir invincibles.
Pendant ce temps, les jeunes des plusieurs quartiers
populaires à Kinshasa cherchaient à s'identifier à l'une
ou l'autre de ce star de la www45, ce phénomène qui se
transforme en ceinture au sein de quelle l'activité du Kuluna a pris
place dans la ville de Kinshasa46 . Notons
42 D. OLALA NONGA, approche sociohistorique de
la violence urbaine dans la ville de Kin, in RcS Kin, ed 2015, pp 4-10.
43 Idem
44 R. KIENGE- KIENGE INTUNDU et Sara lIWERANT,
Op.cit, p. 9.
45 La wolf wrestling est une entreprise
américaine spécialisée dans L'organisation de
divertissement principalement le catch
46 Idem
14
cependant, que l'univers de la violence des Kuluna a connu des
transformations au fil du temps dans la Ville province de Kinshasa, c'est dans
ce sillage que nous analysons les caractéristiques du
phénomène Kuluna (paragraphe 2).
Paragraphe 3. Caractéristiques du
phénomène Kuluna
De manière systématique et succincte nous
abordons quelques caractéristiques du mode de vie des Kuluna notamment
:
· Les Kuluna mènent une vie communautaire ces
groupes constituent une forme de coopérative dont les membres partagent
l'argent et les biens qu'ils se sont procurés par le vol , extorsion
vandalisme etc... Ils se promènent avec de lames de rasoir et des
couteaux artisanaux ainsi des machettes. Ils se défendent et se
protègent mutuellement contre les attaques et menaces
extérieur.
· Les gangster ont chacun un sobriquet qui sont
généralement inspirés des faits et le
phénomène naturels ou encore d'un personnage mythique. C'est dans
ce cas, certains Kuluna portent le nom de gène qui signifie (
général), kibomango nom d'un centre de formation militaire
situé à l'ouest de Kinshasa , (mbonge) vague champion socomole un
médicament de fièvre , etc47.
· Ils obtiennent ces sobriquets en guise de totem une
fois que leur adhésion comme Kuluna est confirmé48.
· Ils ont aussi une manière exceptionnelle de se
saluer celle-ci se rapporte que plusieurs gesticulations de la main et du poing
de la main sans que les paumes de mains ne rencontrent cette manière de
se saluer est souvent appelé " kata câble "(consultation
avec un enfant en situation difficile.)
· Ils consomment conséquemment des
stupéfiants comme le chanvre, les somnifères. En quantité
abusive appelé "bombé' mélange des médicaments
toxique49.
· L'activité sexuelle est l'un des loisirs par
excellence des gangsters. Ils n'hésitent pas d'enlever des filles qu'ils
séduisent en esclave sexuels.
La vie familiale leur est hostile. Ils
préfèrent vivre dans des castes. Ils ont construit des taudis
où ils habitent. D'autres encore louent des studios où ils vivent
en nombre illimité. Quelques signes distinctifs des gangsters Plusieurs
indices permettent de reconnaître un
47 KIENGE KIENGE, Op.cit, p 79
48 Idem
49 Entretien avec les enfants
15
gangster sans trop de circonspections. Certes, comme le dit
si bien le vieil adage : l'habit ne fait pas le moine, mais l'on peut
reconnaître un moine à partir de son habit. Il en est autant pour
les gangsters dont la fioriture extérieure est si éloquent au
point qu'il est facile de les reconnaître à simple vue. Nous
exposons les marques physiques et l'accouchement comme les
éléments constitutifs de cette parue extérieure.
1. Les marques physiques
Plusieurs marques remarquables jonchent le corps des
gangsters parmi lesquelles nous pouvons citer :
· les croûtes noires au niveau des doigts. Ces
croûtes confèrent respect à son détenteur. Elles
déterminent que les gangsters est fort, souple et à de puissants
coups.
· Des tatouages sur le corps. Certains sont visibles
tandis que d'autres non. Ces tatouages sont inscrits en encre noire et prennent
quelques dessins comme l'épée, la flèche, le crâne
défoncé symbolisant le danger de la mort,...
· le développement remarquable des muscles. Ce
développement voulu est le fruit du « tirage ».
· une coiffure dégingandée. Très
souvent, les gangsters ont une coiffure assez particulière. Certains
d'entre eux prennent le soin de défriser ou de se faire tresser les
cheveux à l'instar des filles. D'autres par contre gardent le style
rasta.
2. L'accoutrement
L'un des signes distinctifs des gangsters est l'accoutrement,
en effet, les gangsters ont tendance de se vêtir de manière
extravagante et désordonnée, cette manière grotesque de
s'habiller fait penser à simple regard, à la voyoucratie.
Ils sont également habillés en Jean, sale du
reste, taillader volontairement, sur lequel l'on peut lire différents
mots, écrits avec ou sans faute d'orthographe ainsi que quelques dessins
fantaisistes. Un t-shirt démesuré laissant dessiner le torse ou
alors trop ample pour être porté, ouvre désharmonieusement
la partie supérieure du corps. Bracelets au tour de biceps, grosse
chaînette traditionnelle avec médaille suspendue au coup à
l'image des marabouts, et, boots ou chaussures simples aux pieds.
Certains gangsters par contre s'habillent indistinctement si
bien qu'il est difficile de les reconnaître de par leur accoutrement.
Généralement, ce sont les chefs des gangs, qui pour des raisons
des contacts prennent le soin de bien s'habiller pour éviter tout refus
d'accès. Cependant,
16
en dépit de cette dissimulation volontaire, les
tatouages sur le corps et surtout les croûtes bien
développées sur les doigts trahissent souvent les gangsters.
Paragraphe 4. Les causes du phénomène
Kuluna
Dès abord, il. Sied d'indiquer que par cause, on
désigne une condition nécessaire sans laquelle un comportement ne
se serait pas manifesté. D' où il sera question de scruter les
éléments ou les circonstances qui conditionnent réellement
l'apparition et la recrudescence du phénomène Kuluna chez les
jeunes. Au terme de notre étude, plusieurs causes ont été
relevées pour expliquer le phénomène Kuluna à
Kinshasa. Il s'agit, d'une part, des causes endogènes(A) et de l'autre
part, les causes exogènes (B)
A. Causes endogènes
Les causes endogènes sont celles qui, subjectives,
Sont à étroitement liées à la personne du
délinquant, en d'autres termes, ce Sont des causes internes, ces causes
de la criminalité doivent être recherchées
dans la personnalité physique ou mentale du délinquant, ou
prédélinquant.
Bien que les individus n'aient pas les mêmes penchants
ou prépositions criminelles, les forces criminogènes apparaissent
davantage sur certains sujets dont la prédisposition favorise la
conduite criminelle. Ces dispositions ont essentiellement un aspect
somatique50. C'est ainsi qu'on distingue: Les dispositions
héréditaires (I), les dispositions congénitales (II) et
les dispositions constitutionnelles (III).
Les anomalies héréditaires peuvent être
dues à un gène pathologique ou une anomalie chromosomique ou
avoir des causes organiques qui auraient produit, avant ou après la
naissance, une altération de la structure anatomo-psychologique du
système nerveux51 abordant les causes héréditaires ,
KOURISKY affirme qu'il s'agit des causes dues à la naissance et qui ont
leur siège dans le sujet dans le sujet lui-même.
Elles ont un aspect somatique, ces causes comprennent toutes
les tares héréditaires venant du mauvais état de
santé des parents et dues soit aux diverses maladies soit aux troubles
mentaux congénitaux, ou surmenage et à la misère, soit aux
troubles de la grossesse de la mère, soit aux conditions difficiles
à l'accouchement soit en fin au dressage et l'entrainement des enfants
à l'alcoolisme ou chanvre par les parents52.
50 KANIAMA CISHIKU, op.cit, p. 44.
51 MASIALA MASOLO, Les enfants de personne,
éd. Enfant et Paix, Kinshasa, 1990, p. 54.
52 R. KOURILSKY, Conclusion
générale du colloque sur l'adaptation, 1ere éd., Ed.
PUF, Paris, 1965, p.208.
17
On a toujours pensé que dès sa naissance,
l'homme reçoit de ses ascendants l'ensemble de ses caractères
physiques et moraux. En outre, tout homme reçoit aussi de la nature un
lot de forces physiques et psychiques qui pèseront tout au long de sa
vie sur son comportement social. Certains chercheurs ont mis en évidence
des contributions parentales dans le comportement criminel des enfants faisant
en sorte qu'il existe des familles criminelles et des familles non
criminelles53.
EXENER utilise la méthode de l'arbre
généalogique en calculant le nombre de délinquants par
famille. Ainsi, une étude faite en 1948 aux USA sur la famille JUKE a pu
révéler que JUKE qui était un alcoolique a eu 709
descendants parmi lesquels on a dénombré 97 délinquants,
142 vagabonds, 202 prostitués et souteneurs54.
D'autres chercheurs se sont intéressés aux
jumeaux Univitellins (vrais jumeaux) vu l'identité de leur combinaison
génétique. à ce sujet, LANCE a établi en 1929 que
si l'un des jumeaux est criminel, la probabilité chez l'autre est de 67
% pour qu'il devienne aussi criminel, par contre, pour les faux jumeaux si l'un
est criminel, l'autre aura 33 % de chance pour le devenir. Mais toutes les
recherches et études faites sur le phénomène
héréditaire n'ont pas permis jusqu'à l'heure actuelle
d'affirmer l'existence d'une hérédité essentiellement
criminelle, Des tendances criminelles peuvent résulter
d'événements produits pendant la grossesse de la mère.
Parmi les diverses influences congénitales qui peuvent expliquer les
troubles d'intelligences, il y'en a qui sont55:
· Physiques, altération ou malformation subie
à la suite de l'irradiation aux rayons X;
· Nutritives: manque de calcium, fer, vitamine,
phosphore, ces causes peuvent entrainer des déficiences
préjudiciables sur le plan intellectuel et physique.
· Infectieuses : certaines maladies d'origine virale ou
microbienne peuvent entrainer des troubles prédisposant à la
criminalité (syphilis, méningite);
· Sensibilisatrices : certaines perturbations des
organes de sens (la vue, l'odorat etc.) qui peuvent pousser quelqu'un à
commettre des crimes ;
· Naturelles: l'âge trop élevé de la
mère peut prédisposer à une déficiente
d'intelligence de l'enfant.
53 R. KOURILSKY, op.cit, p.208.
54 H-H JESCHECK, La crise de la politique
criminelle. Rapport introductif des Archives de politique criminelle,
n° 4, Ed. A. Pedone, Paris, 1980, p. 35.
55 Idem
18
II. Les dispositions physiologiques
Ici, l'on vise les altérations subies par l'enfant
aussitôt après l'accouchement, si pour une femme avoir une
grossesse est aisé car pouvant se réaliser en un petit temps,
l'accouchement par contre est un événement qui s'accompagne des
douleurs, parfois atroces. Parmi les dangers qui dominent le déroulement
d'un accouchement, et dont les conséquences peuvent être
néfastes pour l'enfant, il convient de souligner la dystocie osseuse.
Celle-ci est un ensemble des difficultés ou
complications de l'accouchement liées à l'étroitesse ou
à la déformation du bassin, tandis que la dystocie dynamique
consiste dans les anomalies de la contraction de l'utérus remplissant
alors mal son rôle d'ouverture du col utérus et de la
poussée du foetus.
S'agissant des événements postérieurs
à la naissance et susceptibles d'aggraver certaines anomalies chez
l'enfant, il y a lieu de mentionner: les troubles du premier
encéphalique, le dressage et l'entrainement des enfants à
l'alcoolisme par des parents ainsi que les maladies telles que la syphilis, la
tuberculose et la débilité motrice.
B. Les causes exogènes
Les causes exogènes sont celles qui se situent dans le
milieu où vit l'individu, dont l'action agit perpétuellement sur
son esprit sa personnalité en transformation constante, qui lui
proposent de multiples occasions de délinquance et peut-être
même l'exemple contagieux d'actes antisociaux impunis et admis par
l'entourage.
Il s'agit des causes externes à l'individu. Elles
peuvent être soit politiques, soit économiques, soit sociales,
soit enfin culturelles. La société de consommation est
incontestablement plus criminogène que les sociétés
anciennes. Dans un village le sujet vit dans un milieu entouré des
siens, les moyens qui sont offerts lui permettent de attendre ses
idéaux, dans une telle société, il y'a peu de
délinquants56.
Par contre dans une grande agglomération, il est
proposé à ses habitants des modèles de conduites
contradictoires, ils sont en face d'une réalité
hétérogène : milieu familial, scolaire, et professionnel,
chacun de ces milieux est normatif et il s'y développe un modèle
de conduite. Tout cela place l'individu devant un dramatique problème de
choix, il résulte de
56 KANIAMA CISHUKU, op.cit, p. 34.
19
cette association différentielle de sérieuses
difficultés d'adaptation qui expliquent la conduite
criminelle57 .
1. Les causes politiques
a. Les guerres et affrontements politiques
Toute inquiétude ou toute agitation politique interne
ou externe entraine fatalement un déséquilibre de conscience et
une augmentation de délinquance, de même les accrochages
continuels entre politiciens finissent par banaliser les crimes crapuleux.
La guerre, par exemple, provoque un
déséquilibre social, car les soldats mobilisés abandonnent
leurs familles pour se rendre au front, leurs épouses restent seules et
sont généralement contraintes de travailler pour nourrir la
famille, et pendant ce temps, les enfants sont abandonnés à
eux-mêmes. C'est cet état de choses qui explique l'augmentation de
la criminalité féminine et juvénile pendant la
guerre58.
Il convient également de noter qu'à l'occasion
d'une révolution ou d'un bouleversement politique, se commettent
très souvent des crimes politiques ou de droit commun qui
caractérisent cette période de crise, les gens peuvent avoir pour
motif la simple intention de se venger ou d'exprimer leur sentiment de haine,
de jalousie ou de xénophobie, c'est le cas du génocide
perpétré au Rwanda en 1994, ainsi que de la guerre civile qui a
eu lieu sur le territoire de la RDC en août 199859.
b. Les trafics d'influence et interventions des
autorités pendant les poursuites des "Kuluna"
De plus, l'effort que fournit la Police dans la
répression des « Kuluna » est parfois
amenuisé, voire même découragé par les interventions
intempestives et illégales des autorités, politiques,
administratives, judiciaires ou militaires.
En effet, il n'est pas rare que les autorités
administratives ou politiques demandent et obtiennent la mise en liberté
injustifiée de certains « Kuluna », pour des raisons
subjectives tenant à leurs liens de parenté ou d'amitié ou
à des considérations d'ordre politique. Cette attitude contra
legem est de nature non seulement à décourager les efforts d'une
Police déjà exposée à de nombreuses
difficultés, mais aussi à encourager le passage à l'acte
criminel. Ainsi, malgré la
57 KANIAMA CISHUKU, op.cit, p. 34.
58 P. AKELE ADAU, Cours de l'évolution
de la criminalité au Congo, Cycle doctoral, UNIKIN, Kinshasa,
2005-2007, pp. 9-11.
59 KANIAMA CISHIKU, op.cit, p. 39.
20
menace de la loi, un tel jeune ne peut pas être retenu
dans son entreprise car il sait pertinemment qu'in fine, un coup de
téléphone pourra déclencher sa libération.
c. Le déficit d'une politique d'embauche et
d'encadrement de la jeunesse
Les pouvoirs publics ne peuvent entreprendre une lutte
efficace contre la criminalité des jeunes qu'après avoir
déterminé juridiquement les contours de celle-ci il leur
appartient ensuite de choisir entre les divers modes d'encadrement; enfin
lorsque c'est à ces derniers que l'on a décidé de
recourir, encore convient-il de savoir les résultats qu'on peut en
attendre et décider en conséquence, de l'orientation à
leur donner.
La réaction sociale prend dans chaque pays et à
chaque époque des aspects juridiques particuliers et chaque Etat suit
une politique criminelle qui lui est propre. Cette politique criminelle, selon
le doyen Nyabirungu mwene Songa, n'est autre que l'ensemble des mesures,
à caractère pénal ou non, tendant à assurer la
protection de la société contre les activités criminelles,
déviantes et antisociales à aménager le sort des
délinquants, des déviants et des marginaux, et à garantir
les droits des victimes60.
Ce qu'on a appelé l'inflation pénale de notre
époque s'explique en partie par l'extension de l'Etat notamment dans le
domaine économique, l'incrimination pure ne saurait d'ailleurs suffire,
il faut que l'autorité sociale se fasse connaitre. De même, le
clivage est similaire sur les causes et les remèdes : les uns pensent
que la pauvreté résulte d'un manque d'intervention des pouvoirs
publics, les autres estiment au contraire que la meilleure façon de
lutter Contre la pauvreté est de laisser les institutions caritatives et
les âmes charitables agir61.
Puisque nous savons que la famille, en moralisant ses enfants,
en les maintenant dans le devoir, diminue la criminalité, elle ne doit
cependant pas tout faire pour la protéger. La politique criminelle est
basée sur trois axes, à savoir : la prévention, la
répression et le traitement des délinquants.
En effet, l'Etat ayant reçu de la part de la
société le monopole de répression et la mission d'assurer
à la population la paix et la sécurité, il exige de la
part de tout un chacun le respect des prescrits des lois établies, le
constat malheureux sur le terrain concerne l'existence d'une nouvelle forme de
la criminalité à grande échelle, l'oeuvre des jeunes
« Kuluna » qui terrorise des quartiers entiers.
60 R. NYABIRUNGU MWENE SONGA, Traité de
droit pénal général congolais, 2eme éd. E.U.A,
Kinshasa, 2007, p. 38
61 Idem.
21
De ce fait, le pouvoir public devrait en principe adapter la
réaction sociale à la hauteur de cette forme de
criminalité afin de dissuader les délinquants potentiel, il en
est ainsi par exemple de la multiplicité des audiences foraines sur le
lieu du crime. Nous pensons que cela aurait un effet intimidant sur les
potentiels délinquants62.
II. Causes socio-économiques
La doctrine admet donc que la crise économique est une
cause de la criminalité63. Des sujets
prédisposés à la délinquance profitent de cette
misère et de la pauvreté pour mettre leur instinct en oeuvre.
C'est ainsi qu'on se trouve devant deux paradoxes, d'abord historique et
ensuite géographique. S'agissant du paradoxe historique, il y a lieu de
relever que si la misère est une cause criminogène, la hausse du
niveau de vie devait entrainer une régression de la délinquance,
or la réalité est tout autre, car la prospérité
économique améliore certes le niveau de vie d'une part et
multiplie les occasions de la délinquance d'autre part64.
Tandis que le paradoxe géographique consiste dans le
fait que la criminalité ne se différencie pas en fonction du
standing résidentiel : zones riches ou zones pauvres. En effet, dans les
quartiers riches comme dans les quartiers pauvres, on retrouve la
criminalité, celle-ci est agissante tant dans les pays pauvres que dans
les pays riches. La pauvreté est l'insuffisance de ressources
matérielles, comme la nourriture, l'accès à l'eau potable,
les vêtements, le logement et des conditions de vie en
général, mais également des ressources intangibles comme
l'accès à l'éducation, à l'exercice d'une
activité valorisante.
Elle touche des personnes isolées ou des groupes et
populations entières dans certains pays en développement, des
analyses économiques et des débats portent sur la mesure de la
pauvreté, ses causes et les moyens à mettre en oeuvre pour
réduire cette pauvreté: économie du développement,
aide sociale, etc. La pauvreté, généralement non
désirable et génératrice des souffrances, prend un sens
différent, voire vertueux, dans un contexte religieux ou spirituel: de
pauvreté dans les ordres catholiques, renonciation aux biens
matériels comme condition d'écoute optimale de Dieu. Le
catholicisme, par exemple, effectue une distinction importante entre «
pauvreté » sous toutes ses formes.
62 R. NYABIRUNGU MWENE SONGA, op.cit, p.
38.
63 L. HULSMAN, Un paradigme criminologique, in
Le fonctionnement de la justice pénale, Ed. CNRS, Paris, 1979, p.
43.
64 Idem.
22
Elle est une des causes majeures de délinquance des
jeunes en bandes. On relève que dans la famille pauvre et monoparentale,
le taux de la délinquance est plus élevé que dans les
autres
familles, la famille telle que nous la connaissons est en
transformation depuis deux décennies. De plus en plus, des jeunes sont
issus de familles éclatées, décomposées ou pluri
parentales, ces changements ont un impact majeur sur le développement et
le bien-être des jeunes.
Selon Marchetti, la pauvreté se résume dans une
triple dimension: elle consiste dans le défaut d'avoir, le défaut
de pouvoir et le défaut de savoir 65. Un exemple donné
par le professeur Kienge-Kienge concernant la pauvreté des parents qui
paraissent complètement désarmés mérite
d'être mentionné : la maman de Mariame (fille vivant au
marché) qu'un OPJ interpelle au sujet de la fille dont elle est la
mère biologique, répond à ce dernier comme suit :
«Papa, je suis fatiguée. J'attends seulement le jour où
vous m'amènerez son cadavre pour que je l'enterre». Aussi,
I'OPJ se demande-t-il: maintenant le parent a renoncé à ses
devoirs, moi qu'est-ce que je ferai ? Que puis-je faire66.
Les parents ayant leur propre problème à
régler, ont de plus en plus des difficultés à trouver un
équilibre sain entre famille et emploi, les jeunes sont souvent
laissés à eux-mêmes, avec peu de supervision, peu
d'encadrement, le processus de socialisation des jeunes se fait difficilement
et certains besoins tels que la sécurité ou celui de soutien
normal ne sont pas comblés, le jeune est donc plus vulnérable
à ce moment à être influencé ou entrainé vers
la délinquance juvénile67. Place aux mécanismes
répressif et préventif dans la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi qui fait
l'objet de notre deuxième chapitre.
65 R. KIENGE KIENGE, Le contrôle policier
de la délinquance des jeunes à Kinshasa. Une approche
ethnologique en Criminologie, p. 619.
66 Idem.
67 Ibidem
23
CHAPITRE II. MECANISMES REPRESSIF ET PREVENTIF DANS LA
LUTTE CONTRE LE PHENOMENE KULUNA DES ENFANTS EN CONFLIT AVEC LA LOI
Face à cette situation il est d'une importance capitale
pour la bonne lutte du phénomène kuluna des enfants en conflit
avec la loi que des mécanismes adéquats et la bonne mise en place
des stratégies pour lutter contre ce Fléau, dans le chapitre
énoncé si haut nous aurons 3 sections dont la première
porte sur les mécanismes répressif (section 1), la
deuxième sur les mécanismes préventif dans la lutte contre
le phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi (section
2), ainsi pour les stratégies du phénomène kuluna (section
3).
Section 1. Mécanismes répressif
Les mécanismes répressifs désignent
l'ensemble des dispositifs mis en place par l'État pour sanctionner ou
punir les comportements illégaux ou déviants, sous cette section,
en visant plus les actes malfrats des kuluna il sera question de parler de
l'extorsion (paragraphe 1) et le vol à l'aide de violence (2).
Paragraphe 1. L'extorsion
1. Définition et base légale
Étymologiquement le mot extorsion vient du latin
(extorsio -Inis)68, l'extorsion est qualifiée dans le code
pénal comme des infractions des type contre des
propriétés69 , nous avons le vols ainsi l'extorsion
.
L'extorsion c'est une action d'extorquer nous pouvons la
définir comme une infraction consistant à obtenir la remise de
fonds d'un bien ou une signature, un engagement une renonciation ou la
révélation d'un secret, au moyen de violence menaces ou
contrainte70, selon LIKULIA, extorquer c'est arracher, confisquer,
dépouiller, prendre quelque chose par la force c'est-à-dire par
la violence ou la menace.
Obtenir quelque chose en dehors consentement libre de son
propriétaire ou de son possesseur71, il faut bien distinguer
l'extorsion de deux autres infractions constituant comme elle, des moyens de
s'approprier le bien d'autrui, le vol et l'escroquerie72.
68 Dictionnaire la rousse
69 Code penal congolais titre 1
70 Dictionnaire la rousse.
71 LIKULIA BOLONGO, op. cit, P. 51.
72 R.B. MANASI NKUSU KALEBA, Droit pénal
spécial, Manuscrit, G3 DPC, Unikin, 2023-2024, P. 87,
Inédit.
24
Dans le vol il y a appréhension du produit du vol par
l'auteur, dans l'extorsion et dans l'escroquerie, il y a remise à
l'auteur faite par la victime ; dans l'extorsion, cette remise est obtenue par
l'emploi de menaces ou de violences, dans l'escroquerie elle est obtenue par
des manoeuvres frauduleuses, par la ruse. Dans le vol, l'auteur s'empare de la
chose frauduleusement mais en servant de la violence ou de la menace. Dans
l'extorsion, l'auteur se fait remettre la chose73.
L'extorsion comme une infraction dans le code ; Elle est
prévue par le code pénal congolais en son article
84.74
3. Eléments constitutifs
A. Eléments matériels
Se basant sur les éléments nous avons
éléments trois éléments matériels sont
exigés par le législateur pour que cette infraction soit
établie :
1. Un acte d'extorsion : remise forcée Selon LIKULIA,
extorquer c'est arracher, confisquer, dépouiller, prendre quelque chose
par la force c'est-à-dire par la violence ou la menace. Obtenir quelque
chose en dehors du consentement libre de son propriétaire ou de son
possesseur243. 2. Moyens utilisés par l'agent : Violences ou menaces-
Violence
2. Vol ou Menace : Vol. Il importe peu que ce soit ou non la
personne menacée ou accusée, ou celle contre qui la violence est
exercée, qui doit accomplir ou faire accomplir quelque chose
3. Chantage : Il consiste dans une menace d'imputation ou de
révélation d'un scandale ; menace dont le but est de
révéler un fait diffamatoire. Peu importe que le chantage porte
sur un fait vrai ou faux, il n'est pas requis que le fait soit
déjà connu. 3. Une chose, objet de la remise forcée
L'extorsion suppose donc nécessairement un objet matériel qui
peut être délivré ou transmis. Il peut s'agir : des fonds ;
valeurs ; objets mobiliers ; obligations ; billets ; promesses ; quittance ;
soit la signature ou la remise d'un document quelconque contenant ou
opérant obligation, disposition ou décharge.75
B. Elément intellectuel
Intention frauduleuse Elle consiste dans la volonté de
s'approprier injustement la chose d'autrui. C'est-à-dire que l'agent
doit poursuivre un gain illégitime pour lui-même ou pour
73 R.B. MANASI NKUSU KALEBA, op.cit, P.
87.
74 Art 84 du code pénal congolais
75 R.B. MANASSI NKUSU KALEBA, op.cit, p.
88.
25
autrui. Donc, lorsque le prévenu a employé la
violence pour se faire remettre un bien ou des biens auxquels il croyait avoir
droit, ces violences ou menaces-là ne sont pas illégitimes. Donc
pas d'extorsion parce que l'agent n'a pas voulu s'enrichir injustement
3. Pénalité
Servitude pénale de cinq à vingt ans et une
amende qui peut être portée à deux mille
francs76. Conforment au code pénal congolais
Eu égard aux enfants nous nous referons a la loi
portant protection de vl enfant la loi portant protection de l'enfant ou la
décision est prise à l'Article 115 Si l'enfant a commis un
manquement qualifié d'infraction à la loi pénale
punissable de plus de cinq ans de servitude pénale et qui n'est pas
punissable de la peine de mort ou de la servitude pénale à
perpétuité, le juge peut, s'il le met dans un
établissement de garde et d'éducation de l'Etat, prolonger cette
mesure pour un terme qui ne peut dépasser sa vingt deuxième
année d'âge, à sa dix-huitième année
d'âge, l'intéressé devra être séparé
des enfants, au sein du même établissement de garde et
d'éducation de l'Etat, sur décision du juge, à la demande
de l'autorité de l'établissement de garde. 77
4. Cas jurisprudentiel RECL 8605/ll
a. Résumé de fait
L'affaire concerne MALANDA José, un enfant
âgée de 15ans, poursuivi pour avoir pris part à un acte
d'extorsion portant sur un téléphone portable Samsung Galaxy
appartenant à Kabeya Citula Joseph. D'après les faits Le
téléphone a été arraché par un groupe de
jeunes du quartier. L'enfant a été vu sur les lieux lors de
l'agression. Il nie toute participation directe et affirme qu'il accompagnait
sa mère, il met en cause un certain « Jacques »,
présenté comme le véritable auteur.
L'enquête sociale a révélé que
l'enfant évolue dans un environnement défavorable (AGENE),
marqué par la consommation de chanvre et d'alcool, propice à la
délinquance.
b. Qualification juridique
le tribunal a retenu le manquement qualifié d'extorsion
tel que prévu à l'article 84 du Code pénal congolais, les
éléments constitutifs ont été relevés :
l'acte : obtention d'un bien par contrainte. Les moyens : violence et menaces
physiques ou morales. L'objet : un téléphone
76 Art 84 code pénal congolais
77 Art 115 de la loi portant protection de l'enfant
26
portable, bien mobilier. L'intention : volonté
manifeste de s'approprier un bien d'autrui. Ainsi, l'infraction d'extorsion a
été considérée comme constituée.
c. Mesures prises par le Tribunal
Le juge a adopté une double approche :
? Sur le plan éducatif et social
L'enfant a été réprimandé. Il a
été remis à la garde de sa mère, Madame NTUMBA,
avec injonction de mieux le surveiller, cette mesure traduit la volonté
de privilégier l'éducation et la réinsertion au
détriment de la privation de liberté.
? Sur le plan civil
Restitution du téléphone à la partie
civile, condamnation de la mère, civilement responsable, au paiement de
500 USD (en francs congolais) pour les dommages subis, frais de justice mis
également à la charge de la mère.
d. Appréciation juridique
La décision respecte le principe de
responsabilité parentale pour les actes des mineurs (Code civil, art.
260), elle applique correctement la loi de protection de l'enfant (2009), qui
favorise l'éducation et l'accompagnement familial plutôt que
l'incarcération, elle met aussi en valeur le rôle crucial de
l'assistant social, dont l'enquête a permis de comprendre le milieu
criminogène dans lequel évolue le mineur. Commentaire et
critiques Respect des droits de l'enfant : absence d'incarcération,
recours à la réprimande et à la surveillance parentale.
L'orientation de la justice congolaise en matière de
délinquance juvénile : rééducation plutôt que
répression, l'importance de l'environnement social comme facteur
favorisant la délinquance. La distinction entre la responsabilité
pénale (mineur réprimandé) et la responsabilité
civile (réparation par le parent) Cette décision se veut
équilibrée : elle allie sanction éducative,
réparation civile et responsabilisation familiale. Toutefois, elle
montre les limites du système judiciaire congolais, qui se contente
souvent de mesures symboliques sans mettre en place un réel programme de
réinsertion et de rééducation des enfants en conflit avec
la loi.
27
Paragraphe 2. Le vol à l'aide de violence
Dans ce paragraphe il sera question de définir le vol
à l'aide de violence (A) de donner les éléments
constitutifs (B) ainsi les pénalités (C) en fin de donner
quelques cas jurisprudentiel il est d'une portance capital de parler
brièvement sur le vol ainsi parler de violence
? Le vol
C'est l'action de soustraire frauduleusement un bien à
autrui dit autrement, c'est le fait de se saisir de manière frauduleuse
de quelque chose qui appartient quelqu'un d'autre78, les vols sont
prévus dans le code pénal congolais qu'aussi par la loi portant
protection de l'enfant. Ils protègent non seulement le droit de
propriété sur la chose mais aussi les droits d'usage et
d'usufruit, la possession et la détention précaire de la
chose.
? La violence
Contrainte, physique ou morale, exercée sur une
personne en vue de l'inciter à réaliser un acte
déterminé.
1. DEFINITION ET BASE LEGALE
Le législateur congolais n'a pas défini en un mot
le vol à l'aide de violence d' ou
nous définissons en ce terme , c'est une action de
soustraire frauduleusement un bien à autrui en en exerçant des
actes de contrainte physique sur une personne. Il peut s'agir de violences
légères ou des violences ayant laissé des traces, des
blessures ou de contusion79
· Article 82 du code pénal congolais
80
· Article 164 de la loi portant protection de
l'enfant81 2. ELEMENTS CONSTITUTIFS
Sur le plan matériel, la réalisation du vol
exige la réunion de deux éléments : un acte
matériel de soustraction et une chose susceptible de vol ; objet du vol
ainsi Acte matériel de soustraction.
78 https // mon expert du
droit. Com consulte le 18/8/2025 à
18h30
79 R.B. MANASSI NKUSSU KALEBA, op.cit, P.
84
80 Art 82 du code pénal congolais
81 Art 164 de la loi portant protection de l'enfant
28
A. Actes matériels de soustraction
On entend par soustraction le fait de déplacer
matériellement la chose, c'est-à-dire de la prendre ou de
l'enlever, de la déplacer à l'insu ou contre le gré de son
légitime propriétaire ou possesseur, c'est aussi la ravir contre
volonté de son propriétaire ou de son possesseur.. Le vol
implique une idée d'appréhension et de déplacement de
l'objet volé, même si le déplacement est minime. Pour
voler, il faut prendre. C'est l'acte matériel de soustraction qui
caractérise le vol, et le différencie de l'abus de confiance
(où la chose est confiée) et de l'escroquerie où la chose
est volontairement remise83
B. Chose susceptible de vol
Le principe est que ce sont les choses mobilières
peuvent être volées étant donné que la soustraction
implique l'idée de déplacement. Mais en vérité,
tout ce qui est susceptible d'être déplacé sans que sa
matérialité soit altérée est susceptible de vol,
quelle que soit la qualification du droit civil/les biens. Il est de même
des biens incorporels (leurs supports seulement : disque, livre) et certaines
forces immatérielles. Dès lors, que de distinguer les biens
meubles des biens immeubles, le droit pénal distingue les biens mobiles
des biens réellement immobiles.82
C. Eléments intellectuels
Sur le plan intellectuel, deux éléments
intellectuels sont requis pour que le vol soit établi. Il s'agit de la
propriété d'autrui sur la chose volée et de l'intention
frauduleuse ainsi la Propriété d'autrui sur la chose volée
Il importe peu que le propriétaire soit ou non connu83
3. Pénalité
Selon le code pénal congolais la peine est de cinq
à vingt ans et d'une amende qui peut être portée à
deux mille francs, ou de la première de ces peines
seulement8486 , eu égard à la loi portant protection
de l'enfant85.
4. Cas jurisprudentiels
En ce qui concerne le cas jurisprudentiel du vol avec
violence, de nos jours il n'en existe pas encore au tribunal pour enfant de
matete.
82 MANASI NKUSU KALEBA, op.cit, P. 89.
83 Idem.
84 Art 82 code pénal congolais
85 Art 115 de la loi portant protection de l'enfant
29
Section 2. Les mécanismes préventifs
dans la lutte contre la lutte du phénomène kuluna des enfants en
conflits avec la loi
Sous cette section il est d'une grande envergure de parler de
prévention primaire (paragraphe1) de prévention secondaire
(paragraphe2) ainsi de la prévention tertiaire (paragraphe3).
Paragraphe 1. La prévention primaire
Cette prévention, vise à éviter
l'apparition de comportements délinquants en agissant sur les facteurs
de risque. Elle repose sur des actions de sensibilisation et
d'éducation, ainsi que sur le renforcement des liens sociaux et la
cohésion au sein de la communauté86, de fait pour la
bonne prévention nous nous articulons sur la famille, et autres les
milieux éducatifs,
A. La famille
Comme la famille est l'unité centrale responsable de
la socialisation primaire de l'enfant87, des efforts devront
être faits par Les parents pour assurer la bonne éducation des
enfants ainsi pour que ce dernier ne se retrouvent pas dans des situations
difficiles leur poussant à commettre des manquements et les organismes
sociaux pour maintenir l'intégrité de la famille, y compris de la
famille élargie.
La société a la responsabilité d'aider
la famille à fournir soins et protection aux enfants et à leur
assurer le bien-être du phénomène kuluna des enfants en
conflit avec la loi nous ramènent à un constat premier. Les
parents,
B. Le plan communautaire
Il sied de souligner sur la réduction de ce
fléau la communauté a également un rôle gigantesque
à jouer Au niveau de l'aménagement du territoire et de
l'urbanisme, la mixité sociale est essentielle à préserver
car elle a un effet protecteur par rapport à la délinquance et la
criminalité. Toujours en ce qui concerne l'aménagement du
territoire, le fait de créer des espaces qui s'adressent à
diverses générations peut empêcher des groupes de jeunes
délinquants de monopoliser les espaces publics.
Si ce problème perdure, une présence
policière accrue dans ces lieux est nécessaire, tout comme dans
les lieux où la criminalité est élevée comme dans
l'ensemble de commune de la ville province de Kinshasa Il est d'importance
capitale que:
86 https// imagina .com /fr /blog/article /securite et
prevention de la delinquance
87 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de Riyad)
30
· la communauté mette en place, ou renforce, s'il
en existe déjà, des moyens très variés d'assistance
communautaire aux enfants tels que des centres de développement
· communautaire, équipements
récréatifs et services conçus en fonction des
problèmes spéciaux des enfants en situation de "risque
social88.
· La communauté doit également aider et
mettre en place un ensemble de services et de mesures d'assistance pour
faciliter aux jeunes le passage à l'âge adulte. Il faudrait
notamment instituer, à l'intention des jeunes toxicomanes, des
programmes spéciaux mettant l'accent sur la prise en charge, le conseil
et les interventions à visée thérapeutique.
· Les organisations bénévoles s'occupant
de la jeunesse devraient recevoir des aides financières et autres de
l'Etat et d'autres institutions.
· Il faudrait créer, ou renforcer, s'il en existe
déjà, des organisations locales de jeunes et leur accorder un
statut de participant à part entière dans la gestion des affaires
communautaires. Ces organisations devraient encourager les jeunes à
lancer des actions collectives bénévoles, en particulier des
projets en faveur de jeunes ayant besoin d'une assistance.
Il faudrait que les organismes publics se chargent plus
particulièrement des enfants sans foyer ou vivant dans la rue, et leur
assurent les services nécessaires; les jeunes devraient pouvoir obtenir
sans difficulté des informations sur les équipements, moyens
d'hébergement, possibilités d'emploi et autres sources
d'assistance au niveau local89.
Paragraphe 2. Prévention secondaire
Hormis l'éducation que les parents donnent aux enfants
ainsi l'aide de la communauté il est également important de
souligner que en second lieu pour la prévention a lutte contre ce
phénomène, il sera question d'évoquer quelques moyen
pouvant aider à la bonne prévention contre le dit
phénomène d ou nous avons l'école les ONG les
églises ainsi les médias.
A. L'école
L'école pour la bonne lutte il sied de signaler que
l'école aussi un grand rôle a jouer pour la bonne
prévention ainsi lutter contre ce fléau. L'école devrait
servir de centre
88 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de Riyad)
89 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de Riyad)
31
d'information et d'orientation pour la fourniture d'une bonne
éducation, a accompagner l'enfant pour ne pas dérouter,
également a un rôle de soutenir les activités qui
favorisent chez les enfants un sentiment d'identification et d'appartenance
à l'école et à la communauté90, toujours
en milieu scolaire, il est aussi essentiel de stimuler les capacités
cognitives des enfants et des adolescents pour prévenir la
délinquance juvénile.
En effet, s'exercer à communiquer ses propres points de
vue et débattre, développer ses
capacités de raisonnement et stimuler son esprit
critique a un impact bénéfique non seulement sur la
réussite scolaire mais également sur la réduction de la
délinquance juvénile. L'aide aux devoirs a également un
impact positif, étant donné que, comme il a été dit
plus haut, l'échec scolaire peut être un facteur de risque de
délinquance juvénile, pour ce faire il est essentiel que tous ces
apprentissages puissent avoir lieu dans un climat scolaire favorable.
91
Accroître le sentiment de sécurité dans
l'environnement scolaire, favoriser un comportement positif des
élèves, promouvoir le respect et la tolérance et enfin
favoriser une politique de tolérance zéro envers toutes les
manifestations de comportements violents constituent des éléments
primordiaux à la prévention de la délinquance
juvénile dans le milieu scolaire.
Un autre élément permettant de réduire la
délinquance juvénile est de faire prendre conscience aux enfants
et aux jeunes de l'influence négative que peuvent avoir les pairs et le
groupe, particulièrement à l'adolescence. La prise de conscience
des mécanismes et enjeux de ces influences permet de réduire le
risque d'affiliation à une bande délinquante ou à un
groupe extrémiste et, par là-même, de diminuer
évidemment la délinquance juvénile94.
Il faudrait que les systèmes scolaires visent le plus
haut niveau professionnel et éducatif possible s'agissant des
programmes, des méthodes et des approches didactiques et
pédagogiques, et aussi du recrutement et de la formation d'enseignants
qualifiés, et qu'une surveillance et une évaluation permanentes
des résultats soient assurées par des organisations et instances
professionnelles compétentes.95
Il faut que les systèmes éducatifs se
préoccupent particulièrement des jeunes en situation de
"risque social". Il faut élaborer et pleinement utiliser
à cet effet des programmes, approches et outils pédagogiques de
prévention spécialement adaptés.
90 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de Riyad)
91 S. Haymoz, Délinquance juvénile
et prévention : entre défis et prudence, éd. In
Genillod, 2022, P. 28.
32
B. Les ONG
Les organisations non gouvernementales, sont des acteurs
clés de la société civile. Elles jouent un rôle
majeur dans le développement social, économique et
environnemental à travers le monde, les ONG se définissent par
leur indépendance vis-à-vis des gouvernements et par leur mission
de défendre des causes qui leur tiennent à coeur.
Leur champ d'action est vaste, allant de la protection de
l'environnement à l'aide humanitaire en passant par la promotion des
droits de l'homme et la lutte contre la pauvreté,92de ce fait
pour la lutte quant à ce fléau les ONG peuvent se mobiliser a la
sensibilisation des enfants faire voir a ce dernier les conséquences de
la criminalité ainsi lève haut et fort la voix pour le respect de
droit de l'enfant dans son entièreté comme exemple comme le cas
des enfants en situation kuluna, dont ses enfants se retrouvent dans la rue
pour les différents problèmes les ONG ont ce pouvoir de crier
haut et fort en excitant l'Etat à prendre ses responsabilités car
sans cela la probabilité est de revoir a nouveau les enfants commettre
des manquements par manque d'encadrement.
C. Les medias
Avec l'évolution technologique actuelle, le medias doit
jouer un grand rôle pour la prévention a la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflits avec la loi d ou de nos
jours il faudrait encourager les médias à assurer aux jeunes
l'accès à des informations et à des documents provenant de
sources nationales et internationales diverses.93
Il faudrait encourager les médias à mettre en
relief le rôle positif des jeunes dans la société, les
médias devraient être encouragés à diffuser des
renseignements sur les services et les possibilités qui s'offrent aux
jeunes dans la société.94
Il faudrait inciter les médias en
général, et la télévision et le cinéma en
particulier, à faire le moins de place possible à la
pornographie, à la drogue et à la violence, à
présenter la violence et l'exploitation sous un jour défavorable,
à éviter de représenter des scènes humiliantes
et
92 Comprendre les ONG publie le 22 novembre 20022
93 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de Riyad)
94 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de Riyad)
Riyad)
33
dégradantes, notamment en ce qui concerne les enfants,
les femmes et les relations interpersonnelles, et à promouvoir les
principes d'égalité et les modèles
égalitaires95.
Les médias devraient être conscients de
l'importance de leur rôle et de leurs responsabilités sur le plan
social, ainsi que de l'influence qu'ils exercent par leurs messages relatifs
à l'abus des drogues et de l'alcool chez les jeunes. Ils devraient
mettre cette influence au service de la prévention de cet abus en
diffusant des messages cohérents et impartiaux. Il faudrait encourager
l'organisation, à tous les niveaux, de campagnes efficaces de
sensibilisation au problème de la drogue.
D. Prévention tertiaire
Dans la prévention tertiaires il sera question a ce
niveau que l'Etat prenne ses responsabilités pour la bonne lutte de ce
phénomène, le pouvoir public devrait offrir aux jeunes la
possibilité de poursuivre des études à plein temps
(financées par l'Etat lorsque les parents ou tuteurs sont incapables
d'en assumer la charge) et d'apprendre un métier.
Le pouvoir public doit renforcer la gratuite des enseignement
en fin de lutter contre ce phénomène faire et prendre des
dispositions a adéquates pour la réussites de cette enseignement
trouver des abris pour loger des enfants communément appelle faseurs
autrement balabala Assurer leurs scolarité leurs survie ainsi que leur
sécurité.
Les pouvoirs publics devraient accorder une importance
primordiale aux plans et programmes destinés aux enfants et allouer des
crédits suffisants pour le financement des services, équipements
et personnels nécessaires en matière de soins médicaux, de
santé mentale, de nutrition, de logement, et dans d'autres domaines, y
compris la prévention de l'abus des drogues et de l'alcool et le
traitement des toxicomanes, en veillant à ce que ces fonds profitent
effectivement aux jeunes.
Il faudrait mettre en place des programmes de
prévention de la délinquance fondés sur les
résultats de recherches scientifiques sérieuses, puis en
surveiller et en évaluer périodiquement l'application ou les
modifier, le cas échéant.
Il faudrait diffuser auprès des spécialistes et
du public des informations scientifiques sur le type de comportement et de
circonstance qui peuvent entraîner la victimisation physique ou morale et
l'exploitation des jeunes ou qui sont symptomatiques d'une telle situation.
95 Principes directeurs des Nations Unies pour la
prévention de la délinquance juvénile (Principes
directeurs de
34
Dans l'ensemble, la participation aux plans et programmes
devrait être volontaire, et il faudrait que les jeunes eux-mêmes
prennent part à la conception, à l'élaboration et à
l'exécution de ces plans et programmes.
Les gouvernements devraient commencer ou continuer à
envisager, élaborer et appliquer des mesures et des stratégies
à l'intérieur ou à l'extérieur du système de
justice pénale pour éviter la violence dans la famille dont sont
victimes les enfants et pour assurer à ces derniers un traitement
équitable.
35
Section 3. Stratégie pour l'éradication
du phénomène kuluna
Pour lutter contre le phénomène Kuluna
(banditisme urbain pratiqué notamment par les jeunes en conflit avec la
loi à Kinshasa), il est utile de proposer des perspectives à
court, moyen et long terme. Je vais structurer la réponse de
manière académique et ajouter quelques références
bibliographiques (articles, rapports et textes légaux.
Paragraphe 1. Perspectives à court terme
Pour la bonne lutte contre le phénomène kuluna
des enfants en conflits avec la loi il est essentiel de mettre ces perspectives
pour la bonne et efficace lutte contre ce fléau
· Mettre actions qui visent à répondre
rapidement à l'insécurité et à réduire
l'impact du phénomène kuluna des enfants via Renforcement de la
sécurité publique : augmentation de la présence
policière dans les zones à forte criminalité le dans toute
les commune de Kinshasa
· .Arrestation et réinsertion encadrée :
plutôt que l'incarcération massive, privilégier des centres
de rééducation adaptés aux mineurs
· Campagnes de sensibilisation communautaire : informer
les familles et les jeunes sur les conséquences juridiques et sociales
du phénomène Kuluna
· Justice adaptée aux mineurs : application stricte
de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant, qui
exige des mesures éducatives plutôt que répressives.
Paragraphe 2. Perspectives à moyen terme
Ces mesures visent à s'attaquer aux causes sociales et
économiques du phénomène. Insertion
socio-économique : mise en place de programmes de formation
professionnelle et d'apprentissage pour offrir des alternatives
économiques aux jeunes désoeuvrés
· Réhabilitation scolaire :
réintégration des enfants déscolarisés dans des
programmes adaptés
· Programmes communautaires de prévention :
implication des leaders communautaires, ONG locales et églises dans des
projets de médiation et d'accompagnement psychosocial
· Renforcement des capacités de la justice des
mineurs : création de tribunaux spécialisés pour enfants
et formation des magistrats et policiers sur les droits de l'enfant.
36
Paragraphe 3. Perspectives à long terme (5-15
ans)
Ces stratégies cherchent à éradiquer
durablement le phénomène en agissant sur les structures sociales
et politiques. Pour la bonne lutte contre ce phénomène
· Réformes structurelles contre la
pauvreté : lutte contre les inégalités sociales,
amélioration de l'accès à l'éducation gratuite et
obligatoire (ODD 4 et 16 - Nations Unies, 2015).
· Politiques publiques inclusives pour la jeunesse :
élaboration d'un plan national de prévention de la
délinquance juvénile
De la paix et citoyenneté : intégration dans les
programmes scolaires d'une éducation civique et morale orientée
vers la non-violence et la participation citoyenne). Le placement des jeunes en
institutions devrait n'intervenir qu'en dernier ressort et ne durer que le
temps absolument indispensable, l'intérêt de l'enfant étant
la considération essentielle.
Il faudrait définir strictement les critères de
recours aux interventions officielles de ce type, qui devraient être
limitées normalement aux situations suivantes: a) l'enfant ou
l'adolescent a enduré des souffrances infligées par ses parents
ou tuteurs; b) l'enfant ou l'adolescent a subi des violences sexuelles,
physiques ou affectives de la part des parents ou tuteurs; c) l'enfant ou
l'adolescent a été négligé, abandonné ou
exploité par ses parents ou tuteurs; d) l'enfant est menacé
physiquement ou moralement par le comportement de ses parents ou tuteurs; et e)
l'enfant ou l'adolescent est exposé à un grave danger physique ou
psychologique du fait de son propre comportement et ni lui, ni ses parents ou
tuteurs, ni les services communautaires hors institution ne peuvent parer ce
danger par des moyens autres que le placement en institution.
37
CONCLUSION
En mettant un terme à cette étude
consacrée à la contribution à la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi dans la
ville-province de Kinshasa, il ressort que ce phénomène constitue
l'une des formes de la criminalité urbaine reconnue chez les majeurs et
les plus préoccupantes de la capitale congolaise, d'où à
ce jour, ce phénomène fait face dans le chef des enfants
particulièrement de 14 à moins de 18ans il est visible de dire
haut et fort la montée de ce phénomène n'est pas seulement
un problème de sécurité publique, mais également
une question sociale, économique et éducative qui interpelle
à la fois l'État, les familles et la société civile
car la loi portant protection de l'enfant n'est pas respectée dans son
entièreté.
Notre analyse a démontré que l'émergence
et la persistance des bandes de kuluna trouvent leurs causes dans la
pauvreté, le chômage massif des jeunes, la disintegration
familiale, l'absence de structures éducatives et de loisirs
adaptés, ainsi que dans la faiblesse du système judiciaire et
policier face aux réalités sociales, ces facteurs combinés
créent un terrain favorable à la marginalisation et à
l'adhésion des mineurs dans des groupes violents, la lutte contre ce
fléau ne saurait donc se limiter aux seules mesures répressives,
certes l'application de la loi reste nécessaire pour garantir la
sécurité publique, mais elle doit s'accompagner des politiques
publiques inclusives visant la prévention, la réinsertion et la
responsabilisation communautaire.
L'expérience démontre que l'approche
intégrée associant justice pour mineurs, programmes
d'éducation et de formation professionnelle, campagnes de
sensibilisation, ainsi que l'implication des leaders communautaires et
religieux demeure la voie la plus efficace pour endiguer durablement la
criminalité juvénile, la contribution à la lutte contre le
phénomène kuluna passe par: le renforcement des capacités
de la justice des mineurs et de la police spécialisée, la mises
en place de centres d'accueil et de réinsertion socio-professionnelle,
l'amélioration des conditions socio-économiques des familles, et
la responsabilisation de la communauté dans la prise en charge des
enfants vulnérables.
En définitive, l'éradication du
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi exige une
volonté politique ferme et la synergie d'action de tous les acteurs:
pouvoirs publics, société civile, familles, communautés
locales et organisations internationales. C'est à ce prix que la
ville-province de Kinshasa pourra espérer offrir à sa jeunesse
des perspectives d'avenir meilleures, loin de la violence et de la
criminalité, et contribuer ainsi à la consolidation d'une
société plus sûre, plus juste et plus humaine.
38
BIBLIOGRAPHIE
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du Congo, modifiée par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant
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portant code de la famille tel qiue modifié par la loi n°16/008 du
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pénal général congolais, 2eme éd. E.U.A,
Kinshasa, 2007 ;
13. OLALA NONGA D., approche sociohistorique de la
violence urbaine dans la ville de Kin, in RcS Kin, ed 2015 ;
14. PUMBU KIPASSA R, La responsabilité des
pouvoirs publics dans la lutte contre la criminalité des jeunes et le
phénomène de justice populaire à Kikwit, éd.
KAS African, 2024
15. SHOMBA KINYAMBA R, Méthodologie et
épistemologique de la recherche scientifique, éd. PUK,
Kinshasa, 2014,
16. THAMBA THAMBA R, Financement des groupes armés
et gouvernance en République démocratique du Congo, in
codesria : Africa développement/Afrique et développement, (lll),
2019,
B. Notes des cours
1. AKELE ADAU P, Cours de l'évolution de la
criminalité au Congo, Cycle doctoral, UNIKIN, Kinshasa, 2005-2007,
Inédit ;
2. KIENGE KIENGE, Droit portant protection de l'enfant,
Manuscrit, Unikin, G3droit, 2017-2018, Inédit ;
3. MANASI NKUSU KALEBA R.B., Droit pénal
spécial, Manuscrit, G3 DPC, Unikin, 2023-2024, Inédit ;
40
4. TELEMONO M., Initiation à la recherche
scientifique, Unikin, G2 Droit, 2021-2022, Inédit ;
5. YAV LELES L., Régime juridique de la protection de
l'enfant en conflit avec la loi en droit congolais, inédit, Kolwezi
Law Library, kikwit, 2022, Inédit ;
C. Mémoire DES
1. KANYAMA CISHIKU C., La police et la gestion de la violence
des jeunes à Kinshasa : cas du phénomène Kuluna,
Mémoire de D.E.S, édition 2009-2013,
D. Autres documents
1. Comprendre les ONG publie le 22 novembre 20022
2. Dictionnaire la rousse
3. Entretien avec les enfants
4. IDZUMBUR ASSOP 2 Loi n°09/001conference sur
organisée en partenariat avec l'association estudiantine sur la loi en
du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant en RDC, Kinshasa, samedi 09
janvier ;
E. Webographie
1. Https // mon expert du
droit. Com consulte le 18/8/2025 à
18h30 ;
2. Https// imagina .com /fr /blog/article /securite et
prevention de la delinquance
41
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION 1
I. POSITION DU PROBLEME 1
II. HYPOTHESE DE L'ETUDE 3
III. INTERET DE L'ETUDE 4
IV. METHODE ET TECHNIQUE DE RECHERCHE 4
A. Méthodes de recherche 4
1. La méthode juridique 4
2. Méthode sociologique 5
B. Les techniques de recherche 5
a. La technique documentaire 6
b. La technique de libre interview 6
V. DELIMITATION DU TRAVAIL 7
VI. SUBDIVISION DU TRAVAIL 7
CHAPITRE I. APPROCHE ANALYTIQUE ET EXPLICATIVE DES CONCEPTS
CLES 8
SECTION 1. L'ETUDE DESCRIPTIVE DE L'ENFANT EN CONFLIT AVEC LA
LOI 8
Paragraphe 1. Définition de l 'enfant 8
A. Du point de vue international 8
B. Du point de vue national 9
Paragraphe 3. Catégorie d'enfants 10
SECTION 2. ETUDE MORPHOLOGIQUE DU PHENOMENE KULUNA 12
Paragraphe 1. Définition du phénomène
Kuluna 12
Paragraphe 2. Origine du phénomène Kuluna 13
Paragraphe 3. Caractéristiques du
phénomène Kuluna 14
1. Les marques physiques 15
2. L'accoutrement 15
Paragraphe 4. Les causes du phénomène Kuluna
16
A. Causes endogènes 16
II. Les dispositions physiologiques 18
B. Les causes exogènes 18
42
1. Les causes politiques 19
a. Les guerres et affrontements politiques 19
b. Les trafics d'influence et interventions des
autorités pendant les poursuites des "Kuluna" 19
c. Le déficit d'une politique d'embauche et
d'encadrement de la jeunesse 20
II. Causes socio-économiques 21
CHAPITRE II. MECANISMES REPRESSIF ET PREVENTIF DANS LA LUTTE
CONTRE LE
PHENOMENE KULUNA DES ENFANTS EN CONFLIT AVEC LA LOI 23
Section 1. Mécanismes répressif 23
Paragraphe 1. L'extorsion 23
1. Définition et base légale 23
2. Base légale Erreur ! Signet non
défini.
3. Eléments matériels 24
4. Elément intellectuel 24
5. Pénalité 25
6. Cas jurisprudentiel RECL 8605/ll 25
a. Résumé de fait 25
b. Qualification juridique 25
c. Mesures prises par le Tribunal 26
d. Appréciation juridique 26
Paragraphe 2. Le vol à l'aide de violence 27
Le vol 27
La violence 27
1. DEFINITION ET BASE LEGALE 27
A. DEFINITION Erreur ! Signet non
défini.
B. BASE LEGALE Erreur ! Signet non
défini.
C. ELEMENTS CONSTITUTIFS 27
D. Eléments intellectuels 28
E. Pénalité 28 Section 2. Les
mécanismes préventifs dans la lutte contre la lutte du
phénomène kuluna des
enfants en conflits avec la loi 29
43
Paragraphe 1. La prévention primaire 29
A. La famille 29
B. Le plan communautaire 29
Paragraphe 2. Prévention secondaire 30
A. L'école 30
B. Les ONG 32
C. Les medias 32
D. Prévention tertiaire 33
Section 3. Stratégie pour l'éradication du
phénomène kuluna 35
Paragraphe 1. Perspectives à court terme 35
Paragraphe 2. Perspectives à moyen terme 35
Paragraphe 3. Perspectives à long terme (5-15 ans)
36
CONCLUSION 37
BIBLIOGRAPHIE 38
TABLE DES MATIERES 40
En mettant un terme à cette étude
consacrée à la contribution à la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi dans la
ville-province de Kinshasa, il ressort que ce phénomène constitue
l'une des formes de la criminalité urbaine reconnue chez les majeurs et
les plus préoccupantes de la capitale congolaise, d'où à
ce jour, ce phénomène fait face dans le chef des enfants
particulièrement de 14 à moins de 18ans il est visible de dire
haut et fort la montée de ce phénomène n'est pas seulement
un problème de sécurité publique, mais également
une question sociale, économique et éducative qui interpelle
à la fois l'État, les familles et la société civile
car la loi portant protection de l'enfant n'est pas respectée dans son
entièreté.
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