REPUBLIQUE DU CAMEROUN /
REPUBLIC OF CAMEROON
Paix -Travail- Patrie / Peace - Work - Fatherland
UNIVERSITE DE NGAOUNDERE / THE UNIVERSITY OF
NGAOUNDERE

************

B.P. / P.O Box : 454
FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ET
POLITIQUES
FACULTY OF LAW AND POLITICAL SCIENCES
DÉPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE
DEPARTMENT OF POLITICAL SCIENCE
Discipline, Intégrité, Rigueur. Discipline,
Integrity, Rigour
Tél : 222 25 40 19 - E-mail :
fsjp@univ-ndéré.cm
L'émergence scientifique en
marche



L'INTERVENTION DES FORCES ARMEES TCHADIENNES DANS LA
LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE DE
LA CBLT : DE 2014 A 2024
2
Mémoire
Présenté en vue de l'obtention du
diplôme de Master Recherche en Science Politique
Option : Relations Internationales
Par :
MAHAMAT KOREI MAHAMAT BARKA
Matricule : 19B144JP
Titulaire d'une Licence en Droit Public et Science
Politique
Sous la Direction du
MonsieurProfesseur BELINGA Zacharie Gaudard
Maître de Conférences en Science
Politique,
Université de
N'Gaoundéré
ANNEE ACADEMIQUE : 2023 - 2024
AVERTISSEMENT
L'Université de N'Gaoundéré n'entend
donner aucune approbation ou improbation aux idées contenues dans ce
mémoire. Elles doivent êtreconsidérées comme propres
à leur auteur et n'engagent que ce dernier.
SOMMAIRE
AVERTISSEMENT
I
SOMMAIRE
II
DEDICACE
IV
REMERCIEMENTS
V
LISTE DES PRINCIPAUX SIGLES ET ABREVIATIONS
VI
LISTE DES FIGURES
VII
LISTE DES TABLEAUX
VIII
LISTE DES PHOTOS
IX
RESUME
X
ABSTRACT
XI
INTRODUCTION GENERALE
1
PREMIERE PARTIE : LES MOYENS HUMAINS ET LOGISTIQUES DEPLOYES
PAR LE TCHAD DANS SES INTERVENTIONS DANS LE CADRE DE LA LUTTE ANTI-TERRORISTE
30
CHAPITRE 1 : LES RESSOURCES HUMAINES MOBILISEES PAR LE TCHAD
32
SECTION I : LE PERSONNEL MILITAIRE DEPLOYE PAR LE TCHAD
33
PARAGRAPHE I : L'EFFECTIF GLOBAL DES TROUPES TCHADIENNES AU
SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
33
SECTION 2 : LE SOUTIEN CIVIL
38
PARAGRAPHE I : LES DIFFERENTES FORMES DE COLLABOARATIONS
AVEC LES POPULATIONS CIVILES
38
PARAGRAPHE II : L'IMPORTANCE DE L'IMPLICATION DES CIVILS
40
CHAPITRE II : LA CONTRIBUTION DU TCHAD EN TERMES DE
LOGISTIQUES
42
SECTION 1 : LE MATERIEL MILITAIRE ET LES INFRASTRUCTURES
CONSTRUITES
43
PARAGRAPHE I : LE MATERIEL MILITAIRE
43
PARAGRAPHE II : LES INFRASTRUCTURES MISES EN PLACE
47
SECTION II : LES MOYENS FINANCIERS
50
PARAGRAPHE I : LE FINANCEMENT PROPRE DE L'ETAT TCHADIEN
50
PARAGRAPHE II : L'APPUI FINANCIER DES PARTENAIRES
INTERNATIONAUX
51
A- LES PARTENAIRES BILATÉRAUX
51
DEUXIEME PARTIE : L'IMPACT DE L'INTERVENTION DU TCHAD DANS
LES OPERATIONS DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE
MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
54
CHAPITRE III : L'IMPACT DE L'INTERVENTION TCHADIENNE SUR LA
SOUS-REGION
55
SECTION I : LES CONSEQUENCES SECURITAIRES
56
PARAGRAPHE I : REDUCTION DES ACTIONS TERRORISTES DANS LA
SOUS-REGION
56
PARAGRAPHE II : LES DEFIS RENCONTRES
57
SECTION II : LES RETOMBEES SUR LES PLANS ECONOMIQUE ET
SOCIAL
59
PARAGRAPHE I : LES RESULTATS SUR LE PLAN SOCIAL
59
PARAGRAPHE II : LES REPERCUSSIONS ECONOMIQUES
60
CHAPITRE IV : LA PORTEE DE L'INTERVENTION TCHADIENNE POUR LE
TCHAD
63
SECTION I : LES EFFETS SUR LA STABILITE INTERNE
64
PARAGRAPHE I : INTENSIFICATION DES MENACES INTERNES
64
PARAGRAPHE II : IMPACT SUR LA GOUVERNANCE INTERNE
67
SECTION II : LE BILAN HUMAIN ET IMPACT
POLITICO-DIPLOMATIQUE
69
PARAGRAPHE I : LES PERTES HUMAINES
69
PARAGRAPHE II : L'IMPACT POLITICO-DIPLOMATIQUE
71
CONCLUSION
75
CONCLUSION GENERALE
77
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
79
ANNEXES
A
DEDICACE
À
Feu Honorable Député KOREI MAHAMAT
BARKA, mon très regretté père, et ACHAMA
DJIBRINE, ma trèschère et aimable mère, ainsi
qu'à tous les valeureuxsoldats tchadiens, sans distinctionaucune,
tombés lors des différentesopérations de lutte contre le
terrorisme.
REMERCIEMENTS
Ce mémoire n'aurait certainement pas vu le jour sans la
participation, l'apport, la collaboration, l'appui et le soutien de plusieurs
personnes, à qui nous tenons à témoigner notre
interminable gratitude.
Notre reconnaissance s'adresse plus
particulièrementà :
Professeur BELINGA ZACHARIE GAUDARD pour
avoir accepté de diriger ce mémoire. Ses précieux conseils
et sa permanente disponibilité nous ont suffisamment et
considérablementaidés dans la réalisation de
cetterecherche.
Nous exprimons aussi notre profonde gratitude à tous
les enseignants de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de
l'Université de N'Gaoundéré, en particulier, le Professeur
JANVIER ONANA, Doyen de cet établissement ; le
Professeur TOUO HERMAN, chef de département de
SciencePolitique, pour leur apport à notre formation et à notre
épanouissement intellectuel.
Nous ne saurons égalementomettred'exprimer notre
gratitude envers Monsieur le Recteur de l'Université de
N'Gaoundéré, Professeur MAMOUDOU ABDOULMOUMINI,
pour son leadership et sa bienveillance.
Nos pensées pleines de reconnaissance vont aussi
à l'endroit du personnel du Ministère de la Défense
Nationale du Tchad, du Ministère tchadiendes Affaires Etrangères,
du Conseil National de Transition (Parlement transitoire du Tchad), du bureau
exécutif de la CBLT (Commission du Bassin du Lac-Tchad), ainsi
qu'à nos ainésacadémiques pour leur collaboration, leur
disponibilité et leur esprit de convivialité durant cette
expérience de recherche.
Enfin, notre gratitude va aussi à l'endroit de tous les
membres de la famille pour leur inconditionnel soutien matériel, moral
et financier ; plus particulièrement à l'endroit de mes
oncles Adoum Haliki Barkai, Kochei Mahamat Barka,SouleymaneMahamat Barka, Issa
Mahamat Barka et Idriss Haliki Tidei ;ma belle-mère Fatimé
Chaha; mes grandes soeurs Docteur Fatimé Tombocha Adoum Aguid et Zara
Djimet Mahamat; mes grands frèresAli Korei Mahamat, Brahim Djimet
Mahamat, Ali Djimet Mahamat, Hamid Tchoui Goukouni et Adoum Youssouf Galmaye et
ma petite soeurIzé Korei Mahamat.
LISTE DES PRINCIPAUX SIGLES ET
ABREVIATIONS
A.N.S.E : Agence Nationale de
Sécurité d'Etat.
A.N.T : Armée Nationale
Tchadienne.
AQMI : Al-Qaida au Maghreb Islamique.
B.H : Boko Haram.
B.M.P:Boyevaya Mashina Pekhoty.
B.T.R :Bronetransporter.
C.B.L.T : Commission du Bassin du
Lac-Tchad.
C.E.D.E.A.O : Communauté
Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest.
C.E.E.A.C : Communauté Economique
des Etats de l'Afrique Centrale.
C.E.M.A.C : Communauté Economique
et Monétaire de l'Afrique Centrale.
C.I.A : Central Intelligence Agency.
C.S.P : Conseil de Paix et de
Sécurité.
D.G.S.E : Direction
Générale de la Sécurité Extérieure.
E.E.I : Engins Explosifs
Improvisés.
E.I : Etat Islamique.
E.I.A.O : Etat Islamique en Afrique de
l'Ouest.
F.A.C.T : Front pour l'Alternance et la
Concorde au Tchad.
F.A.N.T : Forces Armées
Nationales Tchadiennes.
F.A.T.I.M : Forces Armées
Tchadiennes en Intervention au Mali.
F.C.F.A : Franc de la Coopération
Financière en Afrique.
F.L.M : Front de Libération du
Macina.
F.M.M : Force Multinationale Mixte.
G.5 : Groupe des Cinq.
G.W.O.T:Global War On Terror.
J.N.I.M: Jama'at Nusrat al Islam wal
Muslimeen.
M.I.6 : Secret Intelligence Service.
M.I.N.U.S.C.A: Mission
MultidimensionnelleIntégrée des Nations Unies pour la
Stabilisation en Centrafrique.
M.I.N.U.S.M.A : Mission
Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la
Stabilisation au Mali.
M.N.J.T.F : Multinational Joint Task
Force.
M.U.J.A.O : Mouvement pour
l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest.
O.I.T : Organisation Internationale du
Travail.
O.N.G : Organisation Non
Gouvernementale.
O.N.U : Organisation des Nations
Unies.
O.T.A.N : Organisation du Traité
de l'Atlantique Nord.
P.I.B : Produit Intérieur Brut.
Q.G : Quartier Général.
R.I : Relations Internationales.
U.A : Union Africaine.
U.E : Union Européenne.
U.R.S.S : Union des Républiques
Socialistes Soviétiques.
U.S.A:United States of America.
V.T.T : Véhicule de Transport des
Troupes.
LISTE DES FIGURES
FIGURE 1 : Carte
géopolitique de la Région du Sahel (Source :
www.g5.org).
FIGURE 2 : Carte
géopolitique de la Région du Bassin du Lac-Tchad (Source :
www.cblt.org).
FIGURE 3 : Logo du G5 SAHEL
(Source : www.g5sahel.org).
FIGURE 4 : Logo de la Force
Multinationale Mixte (Source : www.cblt.org).
FIGURE 5 : Logo de la CBLT
(www.cblt.org).
FIGURE 6 :
Représentation de l'influence des Etats africains dans les Relations
Internationales par le Pr Augustin KONTCHOU KOMENI (Source : Marcel MERLE,
Sociologie des relations internationales, Paris, Dalloz, 1974).
FIGURE 7 : Diagramme de
participation des Etats membres de la Force Multinationale Mixte de la CBLT
(MOHAMADOU HAFISSE SAID, La participation des forces de défense
camerounaises dans les résolutions des conflits armés en
Afrique : regard à partir de quelques opérations de maintien
de la paix de 1995 à 2022 , Mémoire de MASTER II,
Université de N'Gaoundéré, FSJP, 2022.
FIGURE 8 : Contribution en
2022 des pays africains au processus de résolution des conflits
inspiré du Pr Augustin KONTCHOU KOMENI (Marcel MERLE, Sociologie des
relations internationales, Paris, Dalloz, 1974 (Source : MOHAMADOU HAFISSE
SAID, Mémoire de MASTER II, Université de
N'Gaoundéré, FSJP, 2022).
LISTE
DES TABLEAUX
TABLEAU 1 :Contingents
militaires présents au Sahel (Source : www.sipri.org).
TABLEAU 2 : Part dans le PIB national des dépenses
militaires des pays du G5 SAHEL (en pourcentage du PIB), (Source :
www.sipri.org).
TABLEAU 3 : Appui financier
des USA alloué en 2014 à chaque pays du G5 SAHEL (en millions de
dollars US courants), (Source : www.sipri.org).
TABLEAU 4 : Liste des 20 premiers contributeurs africains
aux missions de maintien de la paix en 2022 (Source : www.un.org).
LISTE DES PHOTOS
PHOTO 1 : Des soldats tchadiens armés de fusils
d'assaut à l'aéroport de GAO dans le nord du Mali, le 28 janvier
2013 (Source : www.rfi.fr).
PHOTO 2 : Une image de
quelques soldats tchadiens debout sur des véhicules blindés BMP-1
au nord du Mali, en avril 2014 (Source : Page Facebook du Ministère
tchadien des Armées).
PHOTO 3 : Des soldats tchadiens patrouillant sur les
méandres du Lac-Tchad, le 29 novembre 2022, au poste avancé de
BOUKA TOULOROM (Source : www.parismatch.com).
PHOTO 4 : Des officiers
tchadiens de la Force Multinationale Mixte de la CBLT inaugurant un
château d'eau d'une capacité de 10 m3, construit par cette
même force dans la localité de LITRI, à 5 km de la
frontière tchado-nigériane, le 15 octobre 2024 (Source :
Tribune Echos).
PHOTO 5 : Une image capturée lors de l'attentat
devant le Commissariat Central de Ndjamena (Source :
www.voaafrique.com).
PHOTO 6 : Une image du
défunt Président DEBY devant une carte
géostratégique du bassin Lac-Tchad, prise lors de
l'Opération Colère BOHOMA (Source : Page Facebook de la
Présidence de la République).
PHOTO 7 : Une image du Chef de l'Etat,
Général MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, lors de sa descente sur les
lieux de l'attaque à BARKARAM, prise le 28 octobre 2024 (Source :
Page Facebook de la Présidence de la République).
PHOTO 8 : Le Ministre de la
Sécurité Publique (au milieu, avec un bonnet blanc)
réceptionnant les moutons offerts par le Conseil National des
Pétroliers du Tchad, aux forces de défense engagés contre
BOKO HARAM, le 03 novembre 2024 (Source : Ndjamena Actu).
PHOTO 9 : Des sacs de riz, de sucre et de farine, des
bidons d'huile offerts par le Conseil National des Pétroliers du Tchad
(Source : Ndjamena Actu).
PHOTO 10 : Une image du Représentant du Tchad au
sein du Conseil de Sécurité de l'ONU, l'Ambassadeur Chérif
MAHAMAT ZENE, prise en juin 2015 (Source : Page Facebook du
Ministère tchadien des Affaires Etrangères).
RESUME
Les régions du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad est
l'une des parties du continent africain les plus touchées par le
terrorisme, si ce n'est la plus touchée. Les activités
terroristes ont fait et continuent de faire de milliers de morts et de
blessés chaque année. A ces conséquences humaines, il faut
aussi ajouter les conséquencessocio-économiques et humanitaires
désastreuses, comme le déplacement massif des populations
engendrant ainsi des crises alimentaires et sanitaires et favorisant ainsi la
prolifération d'une pauvretéextrême dans cette
région. Toutes ces situations ont conduit les Etats de la région
à se concerter pour unir leurs efforts et apporter ainsi une
réponseconcrète et efficace, qui se traduit par la
création des coalitions militaires sous-régionalesà
l'instar du G5 SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT. Ces
dernières sont placées sous la tutelle et la supervision de
l'Union Africaine, condition sin qua non pour obtenir la reconnaissance
internationale.
Le Tchad en tant que membre actif de l'Union Africaine et de
la CBLT, et aussi en tant qu'Etat sahélien se retrouve donc directement
concerné par ces initiatives militaires communes de lutte contre le
terrorisme. Etant trèsattaché au principe d'assistance mutuelle
entre Etats, le Tchad est intervenu en déployant des moyens
considérables. Ce déploiement a aussi permis au Tchad de se faire
une place sur la scène diplomatique tant africaine
qu'internationale.Durant cette étude, nous constaterons que
l'intervention tchadienne s'est traduite sur le plan humain, matériel et
logistique et a aussi eu une portéesocioéconomique et politique,
tant pour le Tchad que pour la sous-région. Pour une bonne
appréhension de ce sujet, nous nous sommes servis des cadres
théoriques tels que le constructivisme, la théorie des jeux,
l'interactionnisme et le réalisme.
ABSTRACT
The Sahel and Lake Chad Basin region is one of the parts of
the African continent most affected by terrorism, if not the most affected.
These terrorist abuses have caused and continue to cause thousands of deaths
and injuries each year. To these deplorable human consequences, we must also
add the disastrous socio-economic and humanitarian consequences such as the
massive displacement of populations, thus generating a food and health crisis
and thus promoting the proliferation of extremepoverty in this region. All
these situations have led the States oh this region to unite their efforts and
effective response which results in the creation of sub-regional military
coalitions like the G5 SAHEL and the Multinational Joint Task Force of the
LBCB. The latter are placed under the tutelage and supervision of the African
Union, conditions sine qua non for obtaining international recognition.
Chad as an active member of the African Union and the LBCB,
and also as a sahelian State, therefore finds itself directly concerned by
these common military initiatives to combat terrorism. Being much attached to
the principle of mutual assistance betweenStates, Chad intervened by deploying
considerable resources. This deployment also allowed Chad to make a place for
itself on both the African and international diplomatic scene. During this
study, we will note that the Chadian intervention was reflected on the human,
material and logistical level and also had a socio-economic and political
significance for Chad and for the sub-region. For a good understanding of
this subject, we are provided with theoretical frameworks such as
constructivism, game theory, interactionism and realism.
INTRODUCTION GENERALE
Le 11 septembre 2001, les États-Unis d'Amérique
et le monde entier se sont réveillés sous le choc et la
stupéfaction. En effet, le groupe terroriste
AL-QAÏDA1(*)
venaitient de poser sa marque en détruisant les deux tours jumelles du
World Trade Center de Manhattan à New-York, l'une des plus grandes
centres économiques du pays et aussisurtout du monde. Deux avions de la
compagnie American Airlines ont été détournés par
des individus affiliés à la bande de d'OussamaBen Laden avant de
percuter les deux grands bâtiments. Un troisième avion s'est aussi
écrasé sur le Pentagone2(*). Des milliers de personnes ont perdu la vie et
d'innombrables blessés ont été enregistrés.
D'après les chiffres officiels3(*), environs 3 000 personnes ont été
tuées dont 19 terroristes et le nombre des blessés
s'élève à plus de 25 000 victimes. Cette attaque
contre l'un des géants de ce a plus grande démocratie dumonde et
la plus grande puissance militaire du monde a démontré aux yeux
du monde entier que le terrorisme est plus dangereux qu'on ne le pensait.
Dès lors, tous les États du monde entier avec en leur tête
les États-Unis, ont décidé de mener un combat sans merci
contre les groupes terroristes partout où ils se trouvent. Le
Président George W. Bush déclarait d'ailleurs à cette
époque : « tTerrorism with a global reach »4(*), entendez «terrorisme
à portée mondiale». Cette lutte nécessite donc une
coordination d'actions et une solidarité totale entre les États.
Il ne fallait donc pas attendre que l'on soit attaqué avant de
réagir, il était plutôt question d'anéantir ce
fléau à sa source avant qu'il ne s'exporte en grande ampleur.
Ainsi, donc commençait la campagne GWOT (Global War On Terror)5(*) lancée par
l'Administration américaine. Cette lutte englobait se résumait
sur le plan sécuritaire, politique et militaire. De son
côté, l'Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté la
résolution 1373 obligeant ainsi tous les États du monde à
adopter des mesures législatives contre le terrorisme.
Soupçonnant des affinités entre Al-Qaida et les Talibans, les
Américains décidèrent d'attaquer l'Afghanistan pour
renverser le régime taliban soupçonné d'héberger
les éléments de Ben Laden. Ensuite le 19 mars 2003, une autre
opération dénommée «Opération Liberté
Irakienne» fut lancée contre Saddam Hussein. Elle se soldera par la
chute du leader irakien en avril 2003. Tour à tour, presque tous les
pays du Moyen-Orient perçus comme «infréquentables»
subiront l'intensité de la puissance militaire américaine. Face
à cette guerre sans merci menée par l'Occident contre eux, les
groupes terroristes chercheront donc à élargir leur champ
d'action pour avoir encore plus d'influence et être
disproportionnés afin de fuir la menace américaine. Des branches
ou des sections d'Al-Qaida et de Daesh se sont donc formées en Afrique,
plus précisément au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad. D'un
côté, le sud de l'Algérie, le nord du Mali et du Niger, et
d'un autre, les localités nigérianes, tchadiennes et
camerounaises riveraines du Lac-Tchad étaient quasiment tombées
sous le contrôle de ces groupes terroristes. Avec la chute du Guide
libyen Mouammar Kadhafi en 2011 et l'implosion de la puissance militaire de ce
pays, d'énormes quantités d'armes sont tombées entre les
mains de ces marchands de la mort. Des milliers de combattants Touareg qui
servaient de milice à Kadhafi vont donc retourner chez eux. Ceci a
considérablement boosté leur capacité de nuisance. Des
simples trafics de tout genre (armes, êtres humains, drogues, etc.), nous
sommes arrivés à des attaques de grande ampleur contre les forces
de défense et de sécurité des pays du Sahel et ceux du
Lac-Tchad. Dès le début de l'an 2012, le nord du Mali
était donc complètement tombé entre les mains des groupes
terroristes de la Coalition JNIM (Jama'at Nusrat al Islam wal
Muslimeen). Le Niger subira aussi ses premières attaques
terroristes en 2013 avec le double attentat à Agadez et à Arlit
le 23 mai 2013 puis le 01 juin et l'attaque contre la prison centrale de
Niamey6(*).La
première attaque terroriste au Burkina Faso aura lieu en octobre 2015
dans la localité de Samorogouan à l'ouest du pays. Le comble sera
l'attaque en pleine capitale Ouagadougou le 15 janvier 2016 contre un
bar-restaurant et un hôtel très fréquentés par les
ressortissants occidentaux. Les auteurs de toutes ces exactions sont les
mêmes ; cette alliance maléfique regroupait quatre
alliés d'Al-Qaïda dont Ansardine,Al-Mourabitoune, FLM
(Front de Libération du Macina) et AQMI (Al-Qaida au Maghreb Islamique).
Face à cette menace existentielle, les États du Sahel ont donc
décidé de réunir leurs forces au sein d'une même
coalition pourafin de mener une lutte intense contre le terrorisme. D'où
la création du G5 SAHEL (Groupe de 5 États) comprenant le Burkina
Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Cette alliance militaire
avait pour but d'anéantir les groupes terroristes dans cette
région d'Afrique subsaharienne. Dans le bassin du Lac-Tchad par contre,
la menace terroriste s'est amplifiée au début de l'année
2014 avec la prise d'envergure de Boko Haram. Cette secte islamique ayant
prêté allégeance à l'État Islamique en mars
2015, est à l'origine de nombreux massacres, attentats et
enlèvements à l'encontre des populations civiles vivant tout au
long du Lac-Tchad, allant même jusqu'à frapper des grandes villes
comme N'Djaména, Maroua, Dikwa, etc. Ces situations ont conduit les pays
membres de la CBLT (Commission du Bassin du Lac-Tchad) à se concerter
d'urgence afin de mettre sur pied une réponse rapide et
coordonnée face à cette menace. Elle se concrétisera par
la réactivation7(*)
de la Force Multinationale Mixte vers la fin d'année fin 2014 regroupant
le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Bénin, bien que ce
dernier ne soit pas membre de la CBLT. Ces différents comportements
sous-régionaux de l'État tchadien nous ont conduits à
s'intéresser sur la participation des forces armées tchadiennes
dans cette lutte contre le terrorisme. C'est ce qui a inspiré notre
réflexionintitulée :D'où «
L'INTERVENTION DES FORCES ARMÉES TCHADIENNES DANS LA LUTTE CONTRE LE
TERRORISME AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
DE 2014 À 20242 », attire notre attention dans ce cadre.
Durant notre travail, nous évoquerons le contexte du sujet et sa
délimitation, la clarification des concepts clés,
l'intérêt du sujet, la revue critique de la littérature, la
problématique, les hypothèses de recherche, le cadre
théorique, les outils d'analyse et enfin le plan détaillé
de notre étude.
A -
CONTEXTE DE L'ETUDE
Face à la montée en puissance des groupes
terroristes dans le nord du pays et à la menace existentielle
réelle qu'ils représentaient pour l'État malien, les
autorités de ce pays ont jugé urgent de lancer un appel d'aide
à leurs partenaires internationaux. D'ailleurs, Koffi Annan
8(*)l'ex-secrétaire général des
Nations Unies n'avait-il pas déclaré : « Seule la
solidarité internationale peut nous permettre de vaincre les
défis de notre époque, tels que le terrorisme, la pauvreté
et la protection de notre planète. » ? Ainsi donc,
début janvier 2013, Idriss Deby Itno, Président de la
République du Tchad à cette époque annonce officiellement
l'envoi des troupes tchadiennes au Mali pour contrecarrer l'avancée des
groupes djihadistes. Cette décision est notamment soutenue par la France
à travers l'Opération Serval. L'intervention avait pour objectif
déclaré de soutenir le Mali face à la crise
sécuritaire et en même temps affirmer la puissance militaire du
Tchad dans la sous-région SAHEL, et cela malgré ses propres
défis internes, notamment sa fragilité en tant qu'État
post-conflit. Par la suite, cette participation militaire tchadienne au Mali se
fera sous l'égide du G5 SAHEL dont le Tchad en est l'un des acteurs
clés de sa création. Le Tchad a aussi joué un rôle
clé dans la création de la Force Multinationale Mixte de la CBLT
aux côtés du Cameroun, du Nigeria, du Niger et aussi du
Bénin qui n'est pas membre de cette organisation sous-régionale.
Sans oublier bien évidemment la participation conséquente des
soldats tchadiens à l'Opération Barkhane9(*) aux côtés de la
France. C'est à juste titre que notre étude porte sur cette
question traduite par un intitulé aussi expressif qu'actuel :
« L'intervention des Forces armées tchadiennes dans la
lutte contre le terrorisme au sein du G5 Sahel et de la Force
Multinationale Mixte de la CBLT de 2014 à 20242 ».
B -
DELIMITATION DE L'ETUDE
En sciences sociales, la construction d'un objet de recherche
souligne au préalable la délimitation du champ d'étude.
Cette opération permet non seulement d'éviter une
incohérence intellectuelle mais présente aussi une
opportunité de vérification des hypothèses de recherche.
Dans le cas d'espèce, la délimitation du cadre de notre
étude nous permet de fixer les limites spatiales (1) et temporelles (2)
devant structurer notre réflexion.
1- La
délimitation spatiale
Le thème soumis à notre analyse concerne deux
espaces géographiques bien définis : le Sahel et le
Bassin du Lac-Tchad10(*).
Ce sont des zones en proie aux exactions criminelles de
différentes organisations terroristes. La porosité des
frontières des pays de cette zone a considérablement
accéléré la progression exponentielle des activités
terroristes. Le Sahel est une zone vaste s'étendant sur environ
5 400 kilomètres de long, allant de l'Océanatlantique
à l'ouest jusqu'à la Mer Rouge à l'Est. Cette zone couvre
environs 3 millions de kilomètres carrés. C'est une région
semi-aride se situant entre le désert du Sahara au nord et la savane
soudanienne au sud, comprenant des pays tels que la Mauritanie, le
Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et le
Soudan. Sa population est estimée à plus de 100 millions de
personnes.11(*)La
région du Bassin du Lac-Tchad quant à elle, couvre une superficie
d'environ 2 397 420 Km2 et s'étend sur plusieurs pays dont
l'Algérie, la Libye, le Cameroun, le Nigeria, le Niger, la
République Centrafricaine, le Soudan et le Tchad. Sa population est
estimée à plus de 30 millions de personnes.
Durant cette étude, nous nous focaliserons davantage
sur les activités terroristes dans ces zones. Ceci nous permettra
d'analyser et de comprendre le rôle qu'ont joué les forces
armées tchadiennes dans les opérations de lutte contre les
groupes terroristes qui représentaient et représentent toujours
une menace existentielle pour le Sahel et le Bassin du Lac-Tchad.
Figure 1 : Carte géopolitique de la
région du Sahel

Source :
www.g5sahel.org
Figure 2 : Atlas du
terrorisme au Sahel (source : Courrier International)

Figure 3 : Carte
géopolitique de la région du Bassin du Lac-Tchad

Source :
www.cblt.org
Figure 4 : Les différentes bases de la Force
Multinationale Mixte de la CBLT (Source : Bassin du Lac-Tchad, Google Map,
2024.

2- La
délimitation temporelle
La délimitation temporelle est indispensable pour se
situer dans un espace-temps bien déterminé. Eu égard de la
difficulté voire de l'impossibilité d'étudier un objet ou
un fait social dans une période indéfinie, il convient de limiter
la situation temporelle de son objet d'étude. Ceci permet donc la
vérification des hypothèses. Dans le cadre de notre étude,
la délimitation temporelle s'articule autour de deux bornes
principales : la borne inférieure 2014,
année marquant la création du G5 Sahel et la réactivation
de la réactivation de la Force Multinationale Mixte de la CBLT et
20243 qui est la borne supérieure, année
marquant l'officialisation de la volonté du Tchad de se retirer de la
FMM à cause du manque de mutualisation des efforts pour lutter contre
BOKO HARAMa .dislocation du G5 Sahel due aux retraits du Mali, du Niger et du
Burkina Faso.
C -
INTERETS DU SUJET
L'analyse de ce thème crucial donne lieu à
l'identification de plusieurs intérêts. Dans ce sillage, nous
avons énuméré quatre intérêts aux enjeux
considérables qui sont : l'intérêt scientifique (1),
l'intérêt sécuritaire (2), l'intérêt
stratégique (3) et l'intérêt social (4).
1-
Intérêt scientifique
Par intérêt scientifique, il faut assimiler la
contribution que l'étude d'un fait social peut ajouter à la
science déjà en place. Pour le cas de notre étude,
l'intérêt scientifique renvoie au fait qu'il se veut une
contribution au questionnement quant à la participation des forces
armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au sein du G5
Sahel et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT. Tous les États
africains, et surtout ceux du Sahel, sont aujourd'hui confrontés
à la menace sérieuse que représentent les groupes
terroristes pour leur stabilité et leur prospérité. Cette
menace est aussi grandement valable pour les États autour du Lac-Tchad
qui font face aux exactions de la secte Boko Haram12(*) Aucun acteur de la
scène internationale, qu'il soit étatique ou non-étatique,
ne saurait se dédouaner de ce fléau. Notre étude sera
particulièrement axée sur la quintessence, le degré et le
bilan de cette participation militaire tchadienne dans la lutte contre les
groupes djihadistes dans la partie septentrionale du Mali.
2-
Intérêt sécuritaire
Il serait outrecuidant et impertinent d'envisager une
étude scientifique portant sur l'aspect militaire sans toutefois
déceler ses intérêts pour la sécurité de nos
nations. Bien que tous les discours et positions des différents acteurs
de la scène internationale soientnt élogieux et reconnaissants
envers l'engagement massif du Tchad pour les questions d'ordre militaire et
sécuritaire au nord du Mali et surtout au sein des différentes
alliances militaires sous-régionales, il est clair que l'État
tchadien tient par-là à démontrer d'une manière
forte et concrète, son sentiment d'appartenance à la
communauté africaine et sahélienne plus
précisément. Les exactions terroristes devenaient de plus en plus
amples, représentant ainsi une menace claire et nette pour tous les
États du Sahel et ceux du Lac-Tchad. Le Tchad à travers cette
participation, tend surtout à prévenir des plausibles menaces
pour sa propre sécurité. Notre travail servirait donc de
complément scientifique pour tous les autres travaux
élaborés dans ce sens.
3-
Intérêt stratégique
De part sa position géographique en plein coeur de
l'Afrique, et aussi de son expérience en matière de combat en
plein désert du Sahara (conflit tchado-libyen sur la Bande d'Aouzou, le
Tchad voudrait profiter de cette intervention au sein du G5 Sahel et de la FMM,
pour montrer le savoir-faire et le niveau de son armée. L'irruption des
groupes terroristes au nord du Mali a donc permis d'une manière ou d'une
autre, au gouvernement tchadien de s'affirmer comme un acteur de premier plan
voire indispensable dans la lutte contre le djihadisme au Sahel, et ainsi
contribuer à son rayonnement dans la scène diplomatique
internationale. L'assistance et l'aide à des pays en crise ou en danger
favorise une relation rectiligne entre l'État donateur ou contributeur
à une opération militaire conjointe et l'État
assisté13(*).
4-
Intérêt social
La participation des soldats d'un État dans une
opération militaire dans un autre État se présente comme
une entreprise de socialisation et de consolidation des liens socio-historiques
entre les peuples de ces États. Pour le cas de la participation des
forces armées tchadiennes dans les alliances militaires interafricaines,
elle intervient comme un excellent moyen de brassage entre les soldats
tchadiens et leurs confrères des autres pays engagés au sein de
ces opérations militaires. Cette opération permet aux militaires
tchadiens de mesurer leur degré de sociabilité au-delà des
frontières tchadiennes. Cette contribution permet aussi
d'acquérir de l'expérience en se basant sur le vécu des
autres forces militaires. Car, Simone de Beauvoir n'a-t-elle
pas affirmé dans son ouvrage «La force des choses»
(tome 1) : « On n'a jamais fini d'apprendre parce qu'on
n'a jamais fini d'ignorer » 14(*)?
D-
CLARIFICATION CONCEPTUELLE
Notre sujet s'articule autour des concepts clés
d'intervention (1), forces armées (2), lutte (3), terrorisme (4), G5
Sahel (5), Force Multinationale Mixte (6) et CBLT (7). Ces différents
termes clés canalisent l'analyse sur la contribution du Tchad dans la
lutte contre les groupes terroristes qui sèment la terreur et la
désolation au sein de nos États. Une clarification explicite de
ces concepts nous permettra non seulement de cerner le sens dans lequel ils
sont employés dans cette étude, en allant surtout dans le sillage
de cette affirmation d'Aristote : « Si les hommes prenaient la peine
de s'entendre au préalable sur le sens des mots qu'ils allaient
employer, il y aurait très peu de discussion entre eux », mais
surtout pour orienter notre étude.
1- Intervention
L'intervention est un concept complexe et multidimensionnel
dans le domaine des relations internationales et de la stratégie
militaire. Avant d'entrer en profondeur dans la clarification de ce concept, il
nous importe d'abord de comprendre son étymologie. Etymologiquement
parlant, ce mot provient du latin interventio, qui
signifie venir entre ou interrompre. Ce mot est
dérivé de intervenire, composé de inter
(entre) et venire (venir). A l'origine, au XVe siècle, le terme
intervencioun signifiait intercession ou
prière intercessoire.
Sur le plan militaire, l'intervention désigne l'action
d'un Etat ou d'une coalition d'Etats qui utilise la force armée pour
intervenir dans les affaires internes d'un autre Etat. Cette intervention peut
avoir plusieurs objectifs, tels que la protection des civils, le
rétablissement de l'ordre, la défense des intérêts
nationaux, ou encore la mise en oeuvre de résolutions internationales.
L'intervention militaire nécessite une planification stratégique
minutieuse, incluant la coordination des forces militaires, politiques,
économiques et diplomatiques pour atteindre les objectifs fixés
par le pouvoir politique.
Toutefois, l'intervention militaire soulève souvent des
questions de souveraineté nationale et de légitimité. Elle
peut être justifiée par des résolutions internationales
comme celles de l'ONU ou par un traité sous régional. Elle peut
être perçue souvent comme une ingérence unilatérale,
par exemple l'intervention américaine en Iraq en 2003 contre le
régime de Saddam HUSSEIN15(*).
2- Forces
armées
Les forces armées sont les différentes
organisations et moyens militaires qu'un État consacre à la mise
en oeuvre de sa politique de défense. La mission principale des forces
armées est : « d'assurer la défense de la nation,
assurer la sécurité et la stabilité intérieures et
être impliquées souvent dans la sécurité
internationale »16(*). Les forces armées se composent des personnes
qui, volontairement ou par obligation, servent normalement dans les
différentes armées ainsi que dans les services auxiliaires, et
qui ne jouissent pas de la liberté d'accepter un emploi civil. Les
forces armées comprennent notamment l'Armée de terre,
l'Armée de l'air, la Marine, etc. Mais aussi des forces paramilitaires
comme les sapeurs-pompiers, les milices, les mercenaires, les agents de
protection de la faune et de la flore, les garde-côtes, etc.
En géopolitique17(*), les forces armées sont perçues comme
un outil de puissance et de sécurité pour un Etat. Elles
représentent l'ensemble des moyens militaires mis en oeuvre pour assurer
la sécurité de l'Etat, de son territoire et de ses populations,
et pour maintenir la paix. Les forces armées jouent un rôle
crucial dans la politique de défense nationale et internationale,
influençant ainsi les décisions stratégiques et les
relations entre les Etats. Elles permettent doncaux Etats de projeter leur
puissance et d'influencer les dynamiques géopolitiques mondiales.
Les Forces armées tchadiennes ou encore appelées
généralement Armée Nationale Tchadienne ont
été fondées en 1960 à la suite de
l'indépendance du pays vis-à-vis de la France. Elle est
subdivisée en trois branches : l'Armée de Terre, la
Gendarmerie Nationale et l'Armée de l'Air. Jusqu'en 2021, son effectif
est estimé entre 40 000 et 65 000 soldats.18(*) L'Armée nationale
tchadienne a pour mission principale de défendre
l'intégrité territoriale du pays, les populations et leurs biens
contre toute menace extérieure ou intérieure.
Elle est très souvent sollicitée pour
intervenir dans d'autres pays pour lutter contre les menaces de toute forme
auxquelles sont confrontés des pays voisins ou amis.
3- Lutte
Ce mot provient du verbe « lutter » qui
lui-même vient du Latin « Lûctâre » et qui
signifie combattre ou chercher à terrasser un adversaire.
Sur le plan sportif, la lutte est une discipline et un sport
de combat composé de trois branches : la lutte libre, la lutte
gréco-romaine et la lutte féminine.
En Sociologie, ce concept nous renvoie inéluctablement
au maître de la théorie marxiste en l'occurrence Karl MARX, qui
dans son ouvrage coécrit avec Friedrich ENGELS et intitulé
«Le Manifeste du Parti Communiste», pense que :
« L'histoire de toute société jusqu'à nos jours
n'a été que l'histoire de la lutte de classes >>. 19(*) Pour ce grand
théoricien, notre société est une situation où les
classes sociales que sont la bourgeoisie et le prolétariat, s'opposent
fortement voire violemment en raison de l'exploitation de la seconde par la
première qui possède le capital.
En géopolitique, ce terme prend une dimension, plus
vaste et peut inclure des affrontements entre forces rivales pour des causes
politiques, économiques, religieuses ou sociales, où
différents groupes cherchent à imposer leur domination ou
à défendre leurs intérêts. Toutefois, la lutte peut
aussi se comprendre dans le cadre des efforts soutenus ou des actions continues
bien déterminées, menées pour atteindre un objectif, comme
la lutte contre le terrorisme, la pauvreté ou encore le changement
climatique.
Dans le domaine militaire, la lutte armée renvoie
à tout type de conflit utilisant des armes, il s'agit notamment de la
guerre ouverte,des rebellions, dles révolutions violentes et dles
révoltes. D'une manière plus spécifique, cette expression
est employée pour caractériser certaines formes de la guerre
asymétrique telles que la guérilla et surtout le terrorisme. Des
mouvements ou groupes armés non-conventionnels à l'instar du
Hezbollah, Al-Qaida ou encore les Chouans durant la Révolution
Française considéraient leurs actions comme une lutte pour une
cause bien définie.
Dans le cadre de notre étude, la cettelutte
armée met en action des groupes armés non-conventionnels contre
des armées nationales et républicaines. Car il s'agit pour nous
de dd'analyser émontrerles efforts déployés par les
soldats tchadiens pour lutter contre les groupes terrori0stes au Sahel et aussi
autour du bassin du Lac-Tchad.
4- Terrorisme
Ce terme est polysémique.mot ne dispose pas encore
concrètement d'une définition uniforme ou universelle. Si l'on
s'en tient à GILLES FERRAGU dans son ouvrage intitulé «
Histoire du Terrorisme »,, l'appellation terrorisme
relève de la rhétorique politique plutôt que juridique.
Car, les auteurs même des actes terroristes se veulent des combattants de
la liberté, des résistants, des libérateurs, des guerriers
de Dieu, Etc.20(*).
Mais dans un cadre purement scientifique, le terme «
terrorisme » dérive du mot « terreur » issu du latin
« terrere » qui veut dire trembler. La terreur s'apparente alors
à une sorte d'actions qui met en péril la raison. Pour être
plus clair, elle renvoie à la panique. Le terrorisme peut ainsi se
comprendre comme un ensemble d'actions violentes posées par un ou
plusieurs individus appelés terroristes dans le but de satisfaire une
revendication ou faire valoir une idéologie.
Selon le dictionnaire de Science Politique21(*), le terrorisme renvoie aux
activités de groupes clandestins et organises faisant le choix d'actions
violentes (assassinats, attentats, séquestrations, enlèvements,
prises d'otages, sabotages, etc.) contre des intérêts politiques,
économiques ou religieux. L'objectif est le plus souvent de peser sur la
politique d'un Etat en créant un climat de peur qui dépasse
largement le nombre de victimes et qui provoque une réaction forte dans
l'opinion publique.
Il faut aussi noter que le terrorisme ne comporte pas une
délimitation quelconque (géographique ou temporelle). Il agit en
tout temps et en tout lieu mais maintient souvent une influence sur une
certaine zone qu'il considère comme conquise22(*). Nous avons l'exemple palpable
des groupes terroristes au Sahel (AQMI, Mujao, Ansardine, etc.) et
dans le bassin du Lac-Tchad avec la présence de Boko Haram et ses
sous-branches.
5- G5 Sahel
C'est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de
la coopération régionale en matière de politique de
développement et de sécurité. Il a été
créé lors d'un sommet tenu du 15 au 17 février 2014 par 05
États : Tchad, Burkina Faso, Niger, Mali et Mauritanie. Une convention
fut adoptée le 19 décembre 2014 et le siège du
Secrétariat Permanent setrouve à NOUAKCHOTT en Mauritanie. Le but
recherché par cette organisation est le combat total contre le
terrorisme et ses sources. Selon un article publié par l'OIT
(Organisation Internationale du Travail) en aout 2019, les actions du G5 Sahel
sont :
v Renforcer la paix et la sécurité dans la
région du sahel ;
v Développer des infrastructures telles que : le
transport, l'eau, l'énergie et les
télécommunications ;
v Créer les conditions d'une meilleure gouvernance
dans les pays membres ;
v Renforcer les capacités et la résilience des
populations en garantissant durablement la sécurité alimentaire,
le développement humain et le pastoralisme.
G5 Sahel a mis en place une force conjointe
transfrontalière en 2017 pour lutter contre le terrorisme, le crime
organisé et le trafic d'êtres humains. L'organisation supervise
aussi des projets régionaux visant à améliorer les
infrastructures et l'accès aux ressources avec un budget total de 2,4
milliards d'euros. Le G5 Sahel bénéficie également du
soutien de plusieurs partenaires internationaux, notamment la France, qui
fournit des ressources militaires et de formation à travers
l'opération Barkhane. La région du Sahel étant
stratégique en raison de ses vastes frontières mal
contrôlées et de la présence de nombreux groupes
armés qui sèment la terreur, le G5 Sahel joue donc un rôle
crucial dans la stabilisation de cette zone et la promotion du
développement durable.

Figure 5: Logo du G5 SAHEL Source :
www.g5sahel.org
Source : www.g5sahel.org
6- Force
multinationale mixte
C'est une alliance militaire composée des forces
armées de cinq États à savoir : le Cameroun, le
Tchad, le Niger, le Nigeria et le Bénin. En anglais, elle est
généralement connue sous l'appellation Multinational Joint Task
Force (MNJTF). Elle a été créée le 21 mars 1994 et
placée sous les auspices de la Commission du Bassin du Lac-Tchad (CBLT).
A la base, sa mission première était de lutter contre le crime
organisé et le grand banditisme. Cependant, cette force ne sera
effective qu'en 1998, mais ses activités léthargiques se
résumaient à quelques patrouilles frontalières.
Toutefois, vers le début des années 2010 et la
montée en puissance des groupes terroristes comme Boko Haram dans cette
zone du Lac-Tchad, les pays membres de la CBLT décidèrent de
réactiver cette force endormie. La forme actuelle de cette force
consacrée pleinement à la lutte contre Boko Haram a
été décidée lors du sommet extraordinaire des Chefs
d'États et de gouvernements des pays membres de la CBLT et aussi du
Bénin, tenue à Niamey capitale du Niger, le 07 octobre 2014. Son
institutionnalisation sera finalement approuvée par le Conseil de Paix
et de Sécurité (CSP) de l'Union Africaine (UA), le 25 novembre
2014.
L'objectif de cette force multinationale était de
mettre en commun les ressources pour combattre les groupes djihadistes qui
menaçaient la stabilité et la sécurité de leurs
États. Il arrivait parfois que des troupes des uns poursuivent les
extrémistes au-delà des frontières des autres. Ces
offensives se sont plus souvent concrétisées par des victoires,
réduisant ainsi la projection macabre des islamistes23(*). Au départ, l'effectif
prévu pour cette force était de 8 700 hommes comprenant des
militaires mais aussi des policiers et civils. Son siège se trouve
à Ndjamena, capitale du Tchad.

Figure 6 : Logo de la Force Multinationale
MixteSource :
www.cblt.org
7- Commission du
Bassin du Lac-Tchad(CBLT)
Signifiant littéralement Commission du Bassin du
Lac-Tchad, la CBLT est une structure permanente de concertation mise en place
par les États riverains du Lac-Tchad pour coordonner leurs actions et
régler pacifiquement les problèmes et différends
concernant ettecette zone.
La CBLT a été créée le 22 mai 1964
par les quatre pays entourant le Lac-Tchad : Cameroun, Niger, Nigeria et
Tchad. Deux autres membres rejoindront l'organisation
sous-régionale ; la Centrafrique en 1996 et la Libye en 2008. Les
ratifications de l'Algérie et du Soudan sont aussi attendues depuis des
années pour qu'ils puissent intégrer l'organisation. Les mandats
délégués à la CBLT sont entre autres :
v La gestion du Lac-Tchad et de ses ressources en eau
partagées : la CBLT coordonne les efforts pour gérer et
préserver les ressources en eau du lac et de ses affluents, cruciales
pour les populations locales, en mettant l'accent sur l'agriculture, la
pêche et l'accès à l'eau.
v La préservation des écosystèmes et la
promotion de l'intégration régionale, de la paix, de la
sécurité et du développement dans la région du
Lac-Tchad : face aux défis sécuritaires, l'organisation joue
un rôle important dans la coordination des efforts de
sécurité transfrontalière.24(*)
Le bassin du Lac-Tchad est une région
stratégique en raison de ses ressources naturelles et de sa position
géographique. La réduction de la superficie de l'eau au cours des
dernières décennies a exacerbé les tensions liées
à l'eau, rendant la coopération entre les pays riverains encore
plus cruciale.
La CBLT dispose aussi d'une force armée
dénommée Force Multinationale Mixte (susmentionnée).

Figure 7: Logo de la CBLTSource :
www.cblt.org
E-
REVUE DE LA LITTERATURE
« Lorsqu'un chercheur entame un travail, il est peu
probable que le sujet n'ait jamais été abordé par
quelqu'un d'autre auparavant, au moins en partie ou indirectement. On a souvent
l'impression qu'il n'y a < rien sur le sujet > mais cette opinion
résulte généralement d'une mauvaise information. Tout
travail de recherche s'inscrit dans un continuum et peut être
situé dans ou par rapport à des courants de pensée qui le
précèdent et l'influencent. Il est donc normal qu'un chercheur
prenne connaissance des travaux antérieurs qui portent sur les
objetscomparables et qu'il soit explicite sur ce qui se rapproche et sur ce qui
distingue son propre travail de ces courants de pensée ».25(*)
Le discours sur l'unité des États africains face
aux nouvelles menaces transfrontalières et leur rôle sur
l'échiquier diplomatique international a fait l'objet de nombreuses
études et ont fait couler beaucoup d'encre et de salive. Toutefois, les
approches varient d'un auteur à un autre.
L'homme politique et Professeur camerounais Augustin KONTCHOU
KOUOMEGNI dans ses travaux, se concentre particulièrement sur la place
et l'influence des États africains sur la scène diplomatique
internationale. Dans son ouvrage intitulé «Le
système diplomatique africain», ce politologue s'est
considérablement focalisé sur cette question. Dans ce même
ouvrage, il interpelle les dirigeants africains à opter pour une
diplomatie continentale26(*) africaine capable de résoudre les conflits
auxquels fait face le continent. Cet auteur met en lumière l'importance
du Soft Power dans les rapports entre les Etats africains. Il utilise ainsi le
réalisme pour nous faire comprendre que les relations entre les Etats
africains tournent toujours autour des intérêts, raison pour
laquelle il utilise le courant réaliste pour lire les comportements des
acteurs sur la scène internationale. En d'autres termes, ce sont les
intérêts qui guident les relations internationales africaines.
Mais il est très important de noter que l'auteur ignore la pertinence ou
l'efficacité du Hard Power dans certaines situations pour
compléter les manquements du Soft Power. L'auteur a donc omis la
nécessité de concilier diplomatie et lutte armée. Cette
dernière représente le noyau dur même de notre travail qui
tourne autour des efforts déployés par le Tchad pour lutter
contre les groupes terroristes au Sahel et dans le bassin du Lac-Tchad.
Le politologue Alain FOGUE TEDOM27(*) se penche
spécifiquement sur les causes internes des conflits en Afrique Noire,
dans ouvrage intitulé «Enjeu
géostratégique et conflits politiques internes en Afrique
noire» tout en présentant des
pistes de solutions préventives. Il met surtout en évidence les
conditions d'obtention d'indépendance des États africains, qui
étaient propices à l'extension des violences et menaces
actuelles. Pour lui, les États nouvellement indépendants
étaient façonnés à la guise et à la
volonté des colons occidentaux. Ils n'avaient pour finalité que
servir les intérêts de ces puissances étrangères.
L'auteur nous démontre surtout dans cet ouvrage que les conflits en
Afrique noire s'inscrivent dans la logique des enjeux
géostratégiques et que les acteurs à travers les
théories explicatives telles que le réalisme, le fonctionnalisme
et la théorie des jeux cherchent à maximiser leurs
intérêts sur la scène internationale. Mais nous pouvons
dire que l'enjeugéostratégique à lui seul ne suffit pas
car la géopolitique rentre aussi en jeu et elle est non
négligeable pour les acteurs qui l'utilisent pour la préservation
de leurs intérêts. Le travail de cet auteur nous semble
intéressant car il nous permet de s'appuyer sur l'enjeu
géostratégique pour mieux cerner dans notre étude, la
partie réservée à la lecture des conflits
politico-sécuritaires dans la zone sahélienne et dans le bassin
du Lac-Tchad à l'instar du terrorisme.
Le Lieutenant-colonel Paul-Henri SANDAOGO DAMIBA,
Président de Transition du Burkina Faso du 31 janvier au 20 septembre
2022, dans son ouvrage intitulé «Armées
ouest-africaines et terrorisme : réponses
incertaines», met en valeur « les initiatives
antiterroristes communes ou régionales ».28(*) Pour lui, ces efforts
militaires communs déployés par les États africains
à travers des forces régionales ou sous-régionales
s'inscrivent dans une logique de bilatéralisme et de
multilatéralisme allant ainsi dans le sens d'une volonté
manifeste de contrecarrer les menaces djihadistes dans la bande
sahélo-saharienne et dans la région du bassin du Lac-Tchad.
L'auteur a mis notamment l'accent sur la Force Multinationale Mixte et le G5
Sahel, qui sont pour lui, des exemples concrets de cette volonté commune
d'anéantir l'expansion des groupes terroristes dans ces parties du
continent. Il utilise trois (3) grilles d'analyse suivantes pour nous faciliter
la compréhension : le réalisme, le constructivisme et la
théorie des jeux. Ces grilles nous permettent de mieux étudier
les types de relations existants entre les acteurs étatiques dans ces
zones du Sahel et du Lac-Tchad. Car, ces grilles d'analyserodent autour de la
construction et de la protection des intérêts des Etats. Mais, le
travail nous semble émettre beaucoup de réserves ou
d'insuffisances. Puisqu'on ne peut pas uniquement se focaliser sur les actions
des armées sous-régionales pour juger d'une manière
précipitée les réponses attendues. Il fallait que ces
Etats intègrent le Soft Power ou la diplomatie, qui pouvaient bien
apporter des solutions satisfaisantes dans la résolution des conflits au
Sahel et dans le bassin du Lac-Tchad. Toutefois, son travail nous semble
intéressant car, il nous a permis dans ce cadre d'analyse de mieux
combiner le Hard et le Soft Power pour éradiquer définitivement
le terrorisme dans ces zones.
Le diplomate et politologue Pierre Claver OYONO AFANE parle
lui du : « Piège du repli national et de la
sécurisation : «surplus de l'État
sécuritaire» » 29(*) dans son ouvrage intitulé«Le
terrorisme et l'État en Afrique». Tout en
présentant une historicité du phénomène terroriste
en Afrique, l'auteur met en exergue les dysfonctionnements internes des
États en Afrique, considérés comme les facteurs ayant
facilité l'implémentation des groupes terroristes sur le
continent noir. Pour l'auteur, certains États africains sont nourris par
un désir excessif de repli nationaliste, créant ainsi un
sentiment de méfiance vis-à-vis des autres États. Ceci
constitue donc un obstacle majeur à la concordance des efforts pour une
lutte unifiée contre le terrorisme. Il renchérit en ces
termes : « Sur le plan multinational ou interétatique,
l'obsession sécuriste à l'intérieur nourrit une
indifférence ou une méfiance envers les autres États avec
qui on partage pourtant les mêmes menaces. Les gouvernements inscrits
dans cette logique égocentrique peinent à envisager la
sécurité sous le prisme de la collectivité. Et même,
lorsqu'ils choisissent cette option, ils manifestent une grande timidité
tributaire de nombreuses réserves. Ce faisant, ils mettent à mal
le processus d'intégration favorisant ainsi les poussées
terroristes et criminelles en Afrique ». Son ouvrage fait appel à
la théorieréaliste et constructiviste, l'égocentrisme des
Etats se justifie à travers le réalisme. C'est la raison pour
laquelle les Etats peuvent construire leurs relations en fonction de leurs
intérêts. L'auteurutilise un concept d'exagération en ce
sens que même si l'Etat est egocentrique, il devrait au moins s'inscrire
dans une logique de partenariat gagnant-gagnant et aussi, l'auteur devrait
mettre en exergue la guerre médiatique qui s'inscrit dans la suite
logique du quatrième (4e) pouvoir pour déstabiliser un
pays. Mais, son travail nous permet de comprendre que donc le terrorisme en
Afrique est alimenté par les acteurs étatiques en fonction de
leurs intérêts. Il en est de même dans cette zone du Sahel
et du Lac-Tchad.
Jean-François CARON, professeur de Science Politique
à l'Université Nazarbayev au Kazakhstan et chercheur senior
à l'Institut pour la Paix et la Démocratie, avait lui aussi
écrit un ouvrage allant dans le sillage de notre étude et
intitulé «L'OCCIDENT FACE AU TERRORISME : regards
critiques sur 20 ans de lutte contre le terrorisme». Dans cet
ouvrage, l'auteur s'inscrit dans la logique d'une évaluation de
l'intervention de l'Occident dans la lutte contre le terrorisme durant deux (2)
décennies. Il met en exergue les limites de l'Occident dans sa guerre
contre les groupes terroristes. Il reproche aux Occidentaux d'adopter une
stratégie trop moraliste ou conventionnelle les laissant croire qu'au
lieu de combattre spécifiquement les groupes djihadistes, ils doivent
plutôt s'en prendre aux pays qui les abritent ou les
«soutiennent». Cette approche semble pour l'auteur trop simpliste,
car se casant généralement sur les limites d'une guerre
conventionnelle telles que prescrites par le Droit International. 30(*)Or, dans cette guerre contre le
terrorisme, les acteurs impliqués ne sont pas que des États, mais
des groupes armés non-conventionnels dotés de moyens
extrêmement importants et capables de déstabiliser tout un
État. De telles menaces devraient plutôt obliger les États
à dépasser les limites de la modération et des
réactions proportionnées. L'auteur met donc en valeur l'option
d'une action préemptive et collective contre ces groupes terroristes.
Cela voudrait dire que les États qui ne sont pas encore victimes du
terrorisme, ne doivent pas attendre d'être attaqués avant de
réagir. Ils doivent plutôt créer une alliance avec ceux qui
s'en souffrent déjà pour mener une lutte commune contre ce
fléau mondial que représente le terrorisme. Il fait donc recours
au réalisme et au constructivisme car, l'intervention d'un Etat dans la
lutte contre le terrorisme n'est pas fortuite. Car, il en va de la protection
de ses propres intérêts. Nonobstant, son travail
révèle une insuffisance en terme d'appréhension holistique
de la lutte contre le terrorisme, il est nécessaire de s'en prendre
à tous ceux qui financent les groupes terroristes et de faire table rase
de leur propagande médiatique. Mais, ce travail nous semble important
parce que de fois, l'analyse simpliste peut s'avérer aussi très
indispensable dans le cadre de notre travail car, il nous permet de prendre en
compte la dimension moraliste et conventionnelle de la guerre afin de couper
les financements des groupes terroristes. En fait, mettre fin à ce
financement permet aux pays sahéliens et ceux du bassin du Lac-Tchad de
retrouver une paix durable favorisant ainsi le développement de chaque
pays.L'auteur rentre ainsi dans la logique de notre étude qui consiste
à démonter les actions participatives du Tchad dans cette lutte
contre le terrorisme en Afrique.
Léon KOUNGOU, politologue camerounais et
spécialiste des relations internationales et spécifiquement les
aspects de défense et de sécurité, avait quant à
lui rédigé un article sur la puissance militaire du Tchad dans la
lutte contre le terrorisme au Sahel. Dans son travail scientifique, il met en
évidence l'engagement massif et l'omniprésence des soldats
tchadiens pour la cause antiterroriste. Il relève notamment
l'expérience et l'aguerrissement des soldats tchadiens acquis à
travers les différents conflits internes et externes (Guerre
tchado-libyen pour la Bande d'Aouzou) ayant secoué le pays depuis son
indépendance. Selon l'auteur, dans un contexte où la
présence militaire des puissances étrangères notamment
occidentales est fortement décriée en Afrique, le Tchad pourrait
être le pilier sur lequel se reposeront tous les efforts conjoints des
États africains dans leur combat contre le terrorisme. Il affirme
à ces termes : « Bien plus dans un contexte où des voix
s'élèvent pour demander le départ des forces
françaises du Sahel, le partenaire tchadien est présenté
en alternative. Les Forces armées nationales du Tchad (FANT) peuvent
être le noyau dur d'une projection de puissance des États
sahéliens contre Boko Haram, l'État islamique en Afrique de
l'Ouest (EIAO), et Al-Qaida ».31(*)L'auteur utilise le constructivisme et la
théorie des jeux pour élucidersurles comportements du
déploiement des Forces armées tchadiennes sur le front de la
lutte contre le terrorisme en Afrique. LCar, le Tchad s'inscrit dans une
logique de jeux avec ses pays voisins afin d'assurer son influence
militaro-stratégique sur les Etats de la sous-région. D'ailleurs,
l'auteur opte pour le transnationalisme pour démontrer les comportements
des Forces armées tchadiennes dans la sous-région, qui ont leurs
techniques appropriées pour engloutir l'ennemi, car, elles interviennent
en surnombre et elles ont une connaissance approfondie de ce genre de terrain.
L'expérience a prouvé qu'elles gagnent toujours face à
leurs ennemis. Mais, l'auteur semble oublier ou fait méconnaissance de
la logique du Soft Power qui pouvait aussi bien être utilisée par
le gouvernement tchadien dans cette lutte contre le terrorisme. Cet article
nous permet donc de comprendre que dans ces sous-régions du Sahel et du
Lac-Tchad, le gouvernement tchadien a déployé ses forces
armées et qu'il aurait pu combiner cela avec la diplomatie.
De tout ce qui précède, deux principaux courants
se dégagent : d'un côté, nous avons ceux qui pensent
que le terrorisme puise sa source dans la défaillance des États
africains et de la diplomatie qu'ils ont mise en place après les
indépendances. D'un autre côté, il y a cette
catégorie de penseurs qui suppose que la lutte contre le terrorisme en
Afrique, surtout au Sahel et dans la région du Lac-Tchad passe
inéluctablement par des actions collectives et efforts conjoints des
États en question, d'où l'apport d'un pays comme le Tchad semble
indispensable.
F-
CONSTRUCTION DE LA PPROBLEMATIQUE
La réalité est que la puissance aujourd'hui se
mesure de plus en plus à l'aune des participations à des guerres
et conflits extérieurs. Le Tchad, longtemps considéré
l'une des puissances militaires du continent à cause de son
expérience de guerre, ne saurait rester insensible ou indifférent
à la menace que représente le terrorisme et aux appels de
détresse des pays amis. C'est dans ce contexte que nous avons voulu nous
interroger sur la consistance quantitative et qualitative des forces
armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au sein du G5
Sahel et de la Force Multinationale Mixte.
Parlant de l'objet de recherche, Madeleine GRAWITZ affirme
qu'il doit répondre à la question « Qu'est-ce que je
cherche ?». Dans le cadre de notre travail, il sera question pour
nous d'énumérer les véritables objectifs diplomatiques
extérieurs et intérieurs envisagés par le Tchad à
travers sa participation à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel
et au Lac-Tchad. Néanmoins, Pierre BOURDIEU n'avait-il pas dit qu'un :
« objet de recherche si partiel et si parcellaire soit-il, ne peut
être défini et construit qu'en fonction d'une problématique
théorique permettant de soumettre à un interrogation
sy0stématique, les aspects de la réalité mis en relation
par la question qui leur est posée » ?32(*)
La problématique qui se dégage de notre sujet
peut se formuler comme il suit :
QUESTIONCENTRALE : Commentse
déclinepeut-on analyserl'intervention des Forces armées
tchadiennes au sein du G5 Sahel et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT
?
QUESTIONS SECONDAIRES : Comment peut-on
évaluer cette intervention sur les plans logistiques, matériel et
humain ? Quelles est donc la place du Tchad dans les relations
internationales africaines, spécifiquement en matière de lutte
antiterroriste ?
G-
HYPOTHESES DE RECHERCHE
Une hypothèse peut s'entendre comme une supposition
faite en réponse à une sous question de recherche et qui permet
donc de répondre à la question centrale. Pour le cas de notre
étude, la question centrale est relative à la participation des
forces armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et
dans le bassin du Lac-Tchad sous les auspices du G5 Sahel et de la FMM. Pour
mieux cerner notre étude, il nous convient d'élaborer
successivement une hypothèse centrale (1) et une hypothèse
secondaire (2).
1- Hypothèse
centrale
Pour répondre convenablement aux questions
formulées dans notre problématique, nous devons d'abord
dénicher une démarche visant à obtenir les détails
de l'intervention des forces armées tchadiennes dans la lutte contre le
terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac-Tchad entre 2014 et 20232. Notons
donc que plusieurs fois, les forces armées tchadiennes sont intervenues
au sein du G5 Sahel pour la préservation de la paix au sein de cette
zone sahélienne qui fait face aux menaces terroristes. Lorsque la paix
est menacée dans le bassin du Lac-Tchad, l'Etat tchadien mutualise ses
forces avec les autres pays membres de la CBLT pour contrecarrer la secte Boko
Haram. En tant qu'acteur des Relations Internationales Africaines, le Tchad est
intervenu plusieurs fois dans la lutte contre le terrorisme au sein de ces
coalitions à travers d'importantes ressources humaines et logistiques,
depuis2014, avec une certaine efficacité.
2- Hypothèse
secondaire
Il existe des rapports permettant d'évaluer
l'intervention des soldats tchadiens sur le plan logistique, matériel et
humain.
Les résultats de cette intervention sont satisfaisants
pour le Tchad et également pour la sous-région. Car, ce pays est
devenu un acteur incontournable des relations internationales africaines
grâce à ses multiples interventions militaires à travers le
continent.
H- LES
METHODES D'ANALYSECADRE THEORIQUE
Dans le cadre de notre travail, plusieurs théories
rentrent en jeu : le constructivisme (1), et la théorie des jeux
(2), l'interactionnisme (3) et le réalisme (4)..
1- Constructivisme
Nous comprenons ici que toutes les relations sociales sontnt
construites et peuvent aussi être déconstruites. C'est une
théorie prônée par des penseurs comme ALEXANDER WENDT, JOHN
RUGGIE et MARTHA FINNEMORE. Dans les relations internationales, le
constructivisme est une théorie qui met l'accent sur le rôle des
idées, des croyances, et des normes dans la construction de la
réalité internationale. Selon les perspectives constructivistes,
les actions des acteurs sur la scène internationale sont fortement
influencées par les interactions sociales et les récits qui
façonnent leur compréhension du monde et de leurs propres
intérêts.
En ce qui concerne l'intervention des forces armées
tchadiennes au sein du G5 Sahel et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT
dans la lutte contre le terrorisme, on peut interpréter cette action
à la lumière du constructivisme de plusieurs
manières :
· La construction de la menace
terroriste : les acteurs impliqués dans ces interventions
construisent une perception commune de la menace terroriste dans les
régions du Sahel et du Lac-Tchad. Cette construction est essentielle
pour mobiliser le soutien international et régional en faveur d'une
action militaire commune contre les groupes terroristes opérant dans ces
régions.
· La construction de
l'identitérégionale :l'intervention des forces
armées tchadiennes au sein du G5 Sahel et de la FMM de la CBLT contribue
à renforcer l'identitérégionaleen matière dedes
pays de la région dans leur lutte commune contre le terrorisme,
favorisant ainsi une large coopération entre les Etats membres et
renforçant leurs capacités à faire face aux
défissécuritaires communs.
· La construction de la légitimité
de l'action militaire : les constructivistes soutiennent que la
légitimité des actions militaires dépend largement de la
manière dont elles sont perçues et interprétées par
les acteurs concernés. Dans le cas de l'intervention tchadienne, il est
important d'analyser comment cette action est justifiée et
légitimée tant au niveau régional qu'international.
- En résumé, le constructivisme offre une
perspective analytique intéressante pour étudier les dynamiques
complexes entourant l'intervention des forces armées tchadiennes au sein
du G5 Sahel et de la FMM de la CBLT dans la lutte contre le terrorisme, en
mettant en lumièrel'importance des idées, des croyances et des
interactions sociales dans la construction de la réalité
internationale et des actions des acteurs sur la scène
internationale.
2- La
théorie des jeux
Cette approche fut inventée par ADAM SMITH et reprise
par JOHN NASH33(*). C'est
un ensemble d'outils analytiques qui ont été
développés pour faciliter la compréhension des situations
d'interactions entre des décideurs rationnels. Nous comprendrons donc
que cette théorie caractérise le monde comme
unecompétition danslaquelle chaque acteur cherche à avancer ses
pions et privilégier ses propres intérêts. Nicolas EBER
affirmait même à cet effet : « Le jeu étant alors
une interaction stratégique entre deux États, le choix de l'un
influençant la situation de l'autre ».34(*) La théorie des jeux
appliquée aux relations internationales est une approche qui
étudie les décisionsstratégiques prises par
différents acteurs en situation de conflit ou de coopération.
Dans le contexte des interventions militaires, elle peut
êtreappliquée pour analyser les motivations, les stratégies
et les résultats des actions des acteurs impliqués.
L'intervention des Forces armées tchadiennes au sein du
G5 Sahel et de la FMM de la CBLT dans la lutte contre le terrorisme peut
êtreanalysée à travers le prisme de la théorie des
jeux. Dans ce cas spécifique, plusieurs acteurs sont en jeu : les
Forces armées tchadiennes, les autres membres du G5 Sahel, les pays de
la CBLT, les groupes terroristes, les puissances extérieures comme la
France, les États-Unis, qui soutiennent ces initiatives, etc. Les
décisions prises par le gouvernement tchadien de s'engager dans ces
opérations peuvent être considérées comme des
stratégies de jeu, où il cherche à maximiser ses gains
tout en minimisant ses pertes. Elles doivent prendre en compte les actions et
réactions des autres acteurs, évaluer les risques et les
modalitésassociés à son engagement et anticiper les
potentiels bénéfices à long terme tels que la
stabilitérégionale ou la sécurité nationale. D'un
point de vue plus large, la coopération entre les forces tchadiennes,
les autres pays membres du G5 Sahel et de la CBLT peut également
être analysée comme une forme de jeu coopératif où
les acteurs cherchent des stratégies gagnant-gagnant pour atteindre un
objectif commun, en l'occurrence la lutte contre le terrorisme et
l'instabilité régionale.
La théorie de jeux peut donc nous aider à
comprendre les dynamiques complexes qui sous-tendent ces interventions
militaires, à prédire les comportements des acteurs et à
formuler des recommandations pour améliorer l'efficacité des
actions entreprises. Elle permet d'appréhender les enjeux
stratégiques, politiques et sécuritaires qui entourent ces
opérations et d'explorer les possibles scenarios futurs en fonction des
choix et des interactions des différents protagonistes.
3-
L'interactionnisme
La société humaine a toujours été
guidée par les relations entre les individus. Ces relations permettent
l'échange des mots, des informations et descroyances à travers le
langage. L'interactionnisme nous renvoie directement à la
problématique wébérienne des activités sociales.
Max WEBER stipule à cet effet : « Nous désignons par
«relation» sociale, le comportement de plusieurs individus, en tant
que, par son contenu significatif, celui des uns se règlent sur celui
des autres et s'oriente en conséquence ».35(*)
D'après le lexique de science politique,
l'interactionnisme : conduit à s'intéresser aux situations
socialement construites, même si cela s'exprime dans des conventions de
langageparticulières aux écoles ou aux auteurs. Cela signifie que
soient systématiquementanalysées les composantes de ces
situations, à savoir : les enjeux qui structurent les logiques de
comportements des acteurs, définissent leurs intérêts et
leurs aspirations ; les règles, formelles ou informelles qui
gouvernent le mode d'entrée en relation et son déroulement ;
les ressources mobilisables, dans le temps et dans l'espaceconcernés,
par chacune des parties prenantes à l'interaction.36(*)
Dans le cadre des relations internationales, cette
théorie explique la coordination d'actions entre plusieurs Etats ou
entités politiques pour atteindre un objectif bien
déterminé.
S'agissant de notre étude, cette théorie nous
permet d'évaluer les efforts communs consentis par les Etats du Sahel et
du Bassin du Lac-Tchad dans la lutte contre les groupes terroristes dans cette
région, tout en mettant l'accent sur le cas du Tchad.
4- Le
réalisme
Le réalisme est une théorie dominante en
Relations Internationales qui met l'accent sur les intérêts
nationaux, la sécurité et le pouvoir. Les principes fondamentaux
du réalisme incluent : l'anarchie du système international,
la primauté de l'Etat, la quête de puissance et le rôle des
capacités militaires. S'agissant de notrethème, cette approche
permet de comprendre les motivations derrièrel'intervention des forces
armées tchadiennes au sein du G5 SAHEL et de la Force Multinationale
Mixte de la CBLT. En s'engageant au sein de ces coalitions militaires, le Tchad
cherche à protéger ses frontières et à
prévenir les menaces terroristes sur son territoire. Cette intervention
est donc vue comme une nécessité pour assurer la
sécurité nationale et préserver la stabilité
interne. Le réalisme souligne aussi l'importance des alliances pour
renforcer la sécurité régionale. En s'engageant au sein de
ces forces, le Tchad s'associe donc avec d'autres Etats pour lutter contre un
ennemi commun. L'approche réaliste reconnait aussi que l'utilisation de
la force est parfois nécessaire pour maintenir la sécurité
et la stabilité. Cela montre également que le Tchad est
prêt à utiliser la puissance militaire pour défendre ses
intérêts. Le réalisme met aussi en avant l'importance de
s'adapter aux réalités du terrain. Le Tchad a ajusté ses
stratégies et ses effectifs en fonction des conditions locales et des
évolutions de la menace terroriste.
Cetteflexibilitéopérationnelle est cruciale pour répondre
efficacement aux défissécuritaires.
I- LES TECHNIQUES
OUTILS D'ANALYSE
Pour apporter une réponse appropriée et
adéquate à notre question de recherche et clarifier nos
hypothèses, une étude qualificative s'impose à nous dans
le sens où elle nous permettra d'adopter une approche chronologique des
événements. Pour ce faire, deux techniques semblent les plus
idéales. D'une part, la recherche documentaire (1) et d'autre,
l'entretien (2).
1- La recherche
documentaire
La recherche documentaire est une méthode qui consiste
à l'exploration de tous les travaux scientifiques qui ont porté
ou qui portent sur le sujet de notre étude. Ceci nous permettra
de : « Connaître ce qui a déjà été
étudié, débattu, mis en avant, les thèses ou
hypothèses proposées, les principales interprétations ou
constructions théoriques »37(*). Cette méthode s'effectue par l'étude
et l'analyse des principales publications déjà
présentes : articles, études ou rapports officiels,
séminaires, thèses et autres travaux universitaires ou encore des
ouvrages publiés.
Les questions sécuritaires et surtout celles de la
lutte contre le terrorisme sont des sujets qui soulèvent un
intérêt considérable et manifeste tant pour les
spécialistes du domaine de la recherche scientifique que pour les
décideurs politiques. Il existe donc une pléiade d'ouvrages et
documents officiels tels que des rapports, des études et même des
discours, qu'il s'est avéré crucial de consulter pour la
construction théorique de notre objet d'étude.
La recherche documentaire consiste donc à rechercher
des informations qui n'ont pas pu être collectées durant les
différents entretiens. Il a donc été important pour nous
de se référer à la documentation et aux archives
institutionnelles officielles ayant trait avec la participation des forces
armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au sein du G5
Sahel et de la FMM. Autant de documents, considérés par Madeleine
GRAWITZ comme des : « précieux compléments des
techniques de rapports individuels >>38(*) ont été consultés et
minutieusement enrichis par les informations obtenues lors des entretiens.
2- L'entretien
Cette méthode consiste à relever des discours
continus sur un thème bien défini. Seule l'élaboration
d'un questionnaire au préalable rend cette opération possible.
Pour William LABOVI et David FANSHEL, c'est : « un speech event dans
lequel une personne A extrait une information d'une personne B, information qui
était contenue dans la biographie de B ».39(*)L'entretien en ce sens
s'apparente à une conversation entre le chercheur et son interlocuteur.
La finalité recherchée par le chercheur est de : «
(...) savoir ce que les gens pensent, quelles ont été leurs
expériences et ce qu'ils se rappellent, quels sont leurs sentiments et
leurs motivations ainsi que leurs actions », toujours selon LABOVI et
FANSHEL. Dans ce sillage, quelques entretiens seront conduits avec des
personnes appropriées et impliquées.
PLAN DU
TRAVAIL
PREMIERE PARTIE : LES MOYENS HUMAINS ET LOGISTIQUES DEPLOYES
PAR LE TCHAD DANS SES INTERVENTIONS DANS LE CADRE DE LA LUTTE ANTI-TERRORISTE
30
CHAPITRE 1 : LES RESSOURCES HUMAINES MOBILISEES PAR LE TCHAD
32
SECTION I : LE PERSONNEL MILITAIRE DEPLOYE PAR LE TCHAD
33
PARAGRAPHE I : L'EFFECTIF GLOBAL DES TROUPES TCHADIENNES AU
SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
33
SECTION 2 : LE SOUTIEN CIVIL
38
PARAGRAPHE I : LES DIFFERENTES FORMES DE COLLABOARATIONS
AVEC LES POPULATIONS CIVILES
38
PARAGRAPHE II : L'IMPORTANCE DE L'IMPLICATION DES CIVILS
40
CHAPITRE II : LA CONTRIBUTION DU TCHAD EN TERMES DE
LOGISTIQUES
42
SECTION 1 : LE MATERIEL MILITAIRE ET LES INFRASTRUCTURES
CONSTRUITES
43
PARAGRAPHE I : LE MATERIEL MILITAIRE
43
PARAGRAPHE II : LES INFRASTRUCTURES MISES EN PLACE
47
SECTION II : LES MOYENS FINANCIERS
50
PARAGRAPHE I : LE FINANCEMENT PROPRE DE L'ETAT TCHADIEN
50
PARAGRAPHE II : L'APPUI FINANCIER DES PARTENAIRES
INTERNATIONAUX
51
A- LES PARTENAIRES BILATÉRAUX
51
DEUXIEME PARTIE : L'IMPACT DE L'INTERVENTION DU TCHAD DANS
LES OPERATIONS DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE
MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
54
CHAPITRE III : L'IMPACT DE L'INTERVENTION TCHADIENNE SUR LA
SOUS-REGION
55
SECTION I : LES CONSEQUENCES SECURITAIRES
56
PARAGRAPHE I : REDUCTION DES ACTIONS TERRORISTES DANS LA
SOUS-REGION
56
PARAGRAPHE II : LES DEFIS RENCONTRES
57
SECTION II : LES RETOMBEES SUR LES PLANS ECONOMIQUE ET
SOCIAL
59
PARAGRAPHE I : LES RESULTATS SUR LE PLAN SOCIAL
59
PARAGRAPHE II : LES REPERCUSSIONS ECONOMIQUES
60
CHAPITRE IV : LA PORTEE DE L'INTERVENTION TCHADIENNE POUR LE
TCHAD
63
SECTION I : LES EFFETS SUR LA STABILITE INTERNE
64
PARAGRAPHE I : INTENSIFICATION DES MENACES INTERNES
64
PARAGRAPHE II : IMPACT SUR LA GOUVERNANCE INTERNE
67
SECTION II : LE BILAN HUMAIN ET IMPACT
POLITICO-DIPLOMATIQUE
69
PARAGRAPHE I : LES PERTES HUMAINES
69
PARAGRAPHE II : L'IMPACT POLITICO-DIPLOMATIQUE
71
CONCLUSION
75
PREMIERE PARTIE : LES MOYENS
HUMAINS ET LOGISTIQUES DEPLOYES PAR LE TCHAD DANS SES INTERVENTIONS DANS LE
CADRE DE LA LUTTE ANTI-TERRORISTECADRE THEORIQUE ET LE CONTEXTE DE
L'INTERVENTION DES FORCES ARMEES TCHADIENNES
Le Tchad, à travers ses forces de défense et de
sécurité, a intervenu et intervient toujours dans lesaux
opérations de lutte contre le terrorisme en Afrique et plus
précisément au niveau du Sahel et du Bassin Lac-Tchad. Cette
intervention militaire constitue l'objetmême de notre étude. Pour
une compréhension plus explicite de ce sujet, nous allons essayer
dd'analyser les efforts consentis par l'Etat tchadien à cet effet.
Ainsi, en tant qu'acteur majeur des enjeux sécuritaires dans la
sous-région, le Tchad a mobiliséd'importantes ressources humaines
(chapitre 1) et aussi des moyens logistiques (chapitre 2)considérables
pour mener à bien cette lutte.e décortiquerle cadre
théorique et le contexte de cette intervention qui a été
clairement influencé par la situation géopolitique de ces deux
régions qui font face à de nombreux
problèmesd'ordresocio-politique et sécuritaire(chapitre 1), tout
en démontrant les différentes stratégies mises en place
par les Forces armées tchadiennes lors des différentes
opérations (chapitre 2).
CHAPITRE 1 : LES RESSOURCES
HUMAINES MOBILISEES PAR LE TCHADCONTEXTE GEOPOLITIQUE ET SECURITAIRE DU SAHEL
ET DU BASSIN DU LAC-TCHAD
Depuis le début des années 20102010, le Sahel et
le Bassin du Lac-Tchad sont devenues des zones de crises complexes, où
la lutte contre le terrorisme, les conflits internes, la dégradation de
l'environnement et les enjeux économiquess'entrelacent. Les efforts pour
stabiliser la région nécessitent une approche
multilatérale, intégrant le développement
économique, la gouvernance et le dialogue intercommunautaire. La
sécurité à long terme dans ces régions
semblentsemble doncdépendre de la capacité des Etats à
répondre efficacement aux besoins de leurs populations tout en
affrontant les défis imposés par les groupes extrémistes
et les dynamiques régionales.C'est dans cette optique queMais face aux
manques de moyens conséquents pour mener une lutte individuelle contre
ces forces du mal, les Etats de cette régions deux régions, ont
eu l'ingénieuse idée d'unifier leurs forces au sein des
organisations militaires telles que le G5 Sahel et la Force Multinationale
Mixte de la CBLT, intégrant donc naturellement les Forces armées
tchadiennes. Pour mieux comprendre et faire comprendre cette étude, il
serait judicieux pour nous de fixer d'abord un regard sur l'effectif du
personnel militaire déployé pour cette
initiativeesdéfissécuritaires dans la région du Sahel et
du Bassin du Lac-Tchad(section 1), avantensuite deénumérer les
différents acteudémontrer l'apport considérable des civils
dans cettea position ou le poids du Tchad dans ces deux régions en
matière de lutte anti-terroriste (section 2).
SECTION I : LE PERSONNEL
MILITAIRE DEPLOYE PAR LE TCHADLES DEFIS SECURITAIRES DANS LA REGION DU SAHEL ET
DU BASSIN DU LAC-TCHAD
Depuis 2013, le Tchad est devenu un acteur de premier plan en
matière de lutte contre le terrorisme en Afrique et plus
précisément dans la région du Sahel et du Bassin du
Lac-Tchad. Les soldats tchadiens participent activement et étroitement
aux opérationsde lutte contre les sectes djihadistes, menées par
les coalitions militaires sous-régionales à l'instar du G5 SAHEL
et de la FMM de la CBLT. Pour comprendre suffisamment l'apport du Tchad dans
cette lutte, nous analyserons d'abordl'effectif des troupes tchadiennes au
niveau du G5 SAHELet de la Force Multinationale Mixte de la CBLT (Paragraphe I)
avant de décortiquerle cadre de formation et de préparation des
troupes tchadiennes (Paragraphe II).
PARAGRAPHE I : L'EFFECTIF
GLOBAL DES TROUPES TCHADIENNES AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE
MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLTLa région du Sahel et du Bassin du
Lac-Tchad englobant des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la
Mauritanie, le Nigeria, le Cameroun et aussi le Tchad, fait face à des
défis sécuritaires majeurs et interconnectés depuis 2010.
Ces défis dérivent de l'interaction complexe entre des facteurs
politiques, socio-économiques et sécuritaires. Pour une meilleure
appréhension de ces défis, nous aborderons dans un premier temps
les menaces sécuritaires (A) proprement dites avant de démontrer
les défis d'ordre humanitaire (B).
A- LE PERSONNEL
MILITAIRE TCHADIEN AU SEIN DU G5 SAHEL
LES MENACES SECURITAIRES
Depuis quelques années, la région du Sahel et du
Bassin du Lac-Tchad est devenue le théâtre des activités
criminelles de tout genre orchestrées généralement par les
groupes terroristes (1) se livrant à des trafics de tout genre (2).
LES PRINCIPAUX GROUPES TERRORISTES
Avant de détailler les différents groupes
djihadistes opérant dans cette région, il faut d'abord comprendre
que la plupart d'entre eux ont émergé à la suite de la
chute du régime de Kadhafi en 2011 en Libye, ayant occasionné la
prolifération d'armes et fragilisé les frontières entre
les différents Etats de cette zone. Parmi ces groupes, nous avons entre
autres :
BOKO HARAM : Ce mouvement terroriste a été
formé en 2002 au Nord-est du Nigeria par MUHAMMAD YUSUF. Ce dernier a
dirigé le groupe jusqu'à sa mort en 2009. Il sera ensuite
remplacé par ABUBAKAR SHEKAU, qui sera aussi déclaré mort
le 17 juin 2021 par BAKURA MODU (le désormais nouveau chef de
l'organisation). SHEKAU aurait été tué à la suite
des affrontements avec un autre groupe dissident40(*).
Boko Haram opère principalement dans le bassin du
Lac-Tchad, c'est-à-dire dans des pays comme le Cameroun, le Niger, le
Nigeria et le Tchad. Les stratégies de Boko Haram incluent des attaques
terroristes, des enlèvements massifs, des attentats suicides, des raids
destructeurs et des affrontements armés avec les forces de
défense et de sécurité. Le groupe se sert donc de la
violence pour semer la terreur tout en affaiblissant les gouvernements locaux
et imposer sa propre interprétation de la religion islamique.
Les activités de ce groupe ont considérablement
impacté la sécurité sous régionale, allant
jusqu'à créer un climat d'insécurité
généralisé, forçant ainsi les populations des zones
touchées à se déplacer massivement, perturbant ainsi les
activités économiques et violant surtout les droits de
l'homme.
AQMI (ALQAIDA AU MAGHREB ISLAMIQUE) : Ce mouvement est
né de la restructuration du Groupe Salafiste pour la Prédication
et le Combat (GSPC)algérien, qui a changé de nom en 2007
après avoir rejoint le réseau ALQAIDA. Ce groupe a
été formé dans un contexte de violence extrême et de
guerre civile en Algérie, où les militants islamistes ont
cherché à instaurer un Etat islamique. L'idéologie
prônée par AQMI est l'établissement d'un Califat41(*) et à l'instauration la
Charia dans les régions qu'elle contrôle. Les objectifs de ce
mouvement est la lutte contre l'influence occidentale en Afrique du Nord, plus
particulièrement celle de la France et des États-Unis.
AQMI utilise plusieurs stratégies pour mener ses
activités : le terrorisme ciblé (c'est-à-dire des
attentats dirigés contre des cibles militaires ou civiles), le
kidnapping (prises d'otages, précisément des étrangers,
contre des paiements de rançons)42(*), le réseautage et les alliances, ainsi que
l'exploitation illégale des ressources naturelles des territoires dont
ils ont le contrôle. Les activitésmaléfiques d'AQMI
ont considérablementdégradé la stabilité politique
et sociale dans des pays comme le Mali, le Niger ou encore le Burkina
Faso.43(*)De nombreux
réfugiés ont été donc obligés de fuir leurs
localités à cause des actions criminelles de cette organisation.
ANSAR AL SUNNA :« C'est un mouvement djihadiste
soudanais signifiantlittéralement «Adeptes des traditions du
Prophète Mohammad », qui s'estétendu notamment au Tchad
où il désigne les religieux réformistesopposés aux
Tidjanes. Ces derniers, qui contrôlent le Conseil Supérieur des
Affaires Islamiques (CSAI), ont parfois blâmé les Ansar pour leur
influence et leurs positions idéologiques sur la construction de
l'extrémisme religieux au Tchad. »44(*)
GSIM (GROUPE DE SOUTIEN A L'ISLAM ET AUX MUSULMANS) :
C'est aujourd'hui l'une des plus puissantes organisations islamistes au Sahel
(JNIM en arabe). Elle est passée sous la bannière d'Al-Qaida
après avoir prêté allégeance en 2017.Elle est aussi
affiliée à ANSAR DINE d'IYAD Ag Ghaly et à KATIBA MACINA
de Amadou KOUFA.
D'après les données fournies par les Forces
françaises présentes au Sahel, l'effectif du GSIM varie entre
2000 à 3000 hommes armés. Son leader Ag GHALY est un redoutable
Chef rebelle Touareg reconnu des services de renseignements occidentaux depuis
1990 et qui entretenait des relations avec le mouvement rebelle
indépendantiste touareg MNLA (Mouvement National pour la
Libération de l'Azawad).
AL MOURABITOUNE : C'est un groupe extrémiste
créé en 2015 en Libye par MOKHTAR Bel Mokhtar, l'un des plus
redoutés chefs terroristes de nationalité algérienne et
son complice le malien Abderrahmane Ould EL-AMAR. Le groupe établit dans
un premier temps son fief à Sebha au sud de la Libye, avant de
s'étendre au Niger et au Mali en profitant des nombreuses
complicités locales. L'objectif affiché par cette organisation
est de créer un mouvement d'envergure continentale regroupant tous les
combattants et les musulmans d'Afrique. Idéologiquement parlant,
Al-Mourabitoune s'inspire d'Al-Qaida et des Talibans sous le leadership de
leurs chefs respectifs, AYMAN Al-Zawahiri et MOHAMMAD Omar, surnommé
communément MOLLAH OMAR.
Au premier trimestre 2015, l'effectif de l'organisation
était estimé entre 500 à 600 combattants.45(*)
En dehors de leurs activités terroristes, ces groupes
mènent aussi des activités de contrebande et de trafics de tout
genre en complicité avec d'autres organisations mafieuses de la
sous-région.
LA PROLIFERATION D'ARMES ET LES TRAFICS DE TOUT GENRE
La région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad est
devenue depuis quelques décennies un terrain propice pour les
différentes organisations criminelles. L'instabilité politique
chronique dans cette zone a favorisé la multiplication des conflits
armés et l'accroissement d'une pauvreté extrême et
endémique, rendant ainsi les populations locales et plus
particulièrement les jeunes, vulnérables aux tentations et aux
approches des groupes illégaux qui s'adonnent aux trafics d'armes, de
drogues, d'êtres humains, d'organes, d'espèces
protégées, etc.
LE TRAFIC D'ARMES : La prolifération d'armes dans
la région est surtout occasionnée par plusieurs facteurs
notamment les conflits régionaux, les mouvements des populations, la
faiblesse des institutions étatiques et le manque de surveillance autour
des frontières. Ces armes parviennent dans cette région par le
biais des réseaux mafieux ayant leurs sources en Libye. Cette
dernière est devenue un « No Man's Land »46(*) depuis l'assassinat de Kadhafi
par les forces de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord)
en 2011. Les armes entrent donc en Libye en provenance de l'Europe où
elles sont fabriquées avant de se déverser à travers tout
le Sahel et le Bassin du Lac-Tchad. Elles sont ensuite revendues dans les
marchés noirs des villes comme Tombouctou, Gao ou encore Ménaka
au Mali.47(*)
LE TRAFIC DE DROGUES : Dans cette zone, le trafic de
drogues, notamment de cannabis et de cocaïne est devenu un fléau
immense. La région est quasiment devenue la plaque tournante de ces
produits illicites, entrainant ainsi des conséquences
désastreuses sur le plan social et sanitaire avec une jeunesse
déboussolée et livrée à elle-même.
Selon un rapport de l'ONUDC (Office des Nations Unies sur la
Drogue et le Crime) publié en 2023, plus de 36 tonnes de cannabis et de
cocaïne ont été saisies en 2021 au Sahel et aussi dans le
Bassin du Lac-Tchad et les plus grandes quantités ont été
interceptées au Mali (18 tonnes), au Burkina Faso (12 tonnes) et au
Niger (5 tonnes).
LE TRAFIC D'ETRES HUMAINS : Le trafic d'êtres
humains est aussi l'une des activitéscriminelles les plus courantes dans
la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad. Des groupes mafieux se
livrent à de l'esclavage, la prostitution, le proxénétisme
et les travaux forcés. La plupart des victimes sont des jeunes fuyant
leurs pays d'origine à cause des conditions sociales extrêmes et
tentant de rejoindre l'Europe à travers la Méditerranée
tout en passant par le grand désert du Sahara.
LE TRAFIC DES PRODUITS CONTREFAITS : trafic de produits
contrefaits, plus précisément les médicaments,
représente aussi l'un des défis sécuritaires majeurs de la
région, causant des milliers de décès chaque année.
A cela, il faut ajouter l'exploitation illégale des ressources
naturelles telles que l'or, le diamant, le pétrole, et d'autres
ressources naturelles, permettant ainsi le financement des activités
criminelles.
Toutefois, les problèmes sécuritaires ne sont
pas les seuls défis auxquels font face les habitants du Sahel et du
Bassin du lac-Tchad. A cela, il faut aussi ajouter les défis
humanitaires.
B - LES DEFIS D'ORDRE HUMANITAIRE
Les soucis humanitaires dans la région du Sahel et du
Bassin du Lac-Tchad sont d'autant plus complexes qu'interconnectés, et
ont un impact majeur sur la stabilitérégionale, le
développement et aussi la sécuritétransfrontalière.
Ainsi, comme principaux défis, nous pouvons énumérer entre
autres :
L'INSECURITE ALIMENTAIRE : La région du Sahel et
du Lac-Tchad est régulièrement touchée par des crises
alimentaires chroniques en raison des sècheresses récurrentes
provoquant carrément l'assèchement progressif et
accéléré du Lac-Tchad, des mauvaises récoltes, des
inondations sporadiques, des conflits armés et bien d'autres facteurs
qui affectentconsidérablementla production agricole locale. Les
activités des groupes terroristes ne permettent pas d'acheminer
facilement les produits alimentaires vers les zones reculées.
Tous ces aspects entraine une insécurité
alimentaire généralisée et met des millions de personnes
en situation de vulnérabilité. Selon les chiffres publiés
par le FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
l'Agriculture), entre 2017 et 2019, plus de 11 millions de personnes vivant
autour du Lac-Tchad ont besoin d'une assistance humanitaire, plus de 6,9
millions d'entre eux sont en situation d'insécurité alimentaire
et environs 515 000 personnes souffrent de malnutrition
sévère.48(*)
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE : Cette région est l'une
des régions les plus vulnérables face au réchauffement
climatique ; Ce dernier a des effets dévastateurs sur la
région, avec des
phénomènesmétéorologiquesextrêmes tels que
des sécheressesprolongées et des inondations. Ces changements
climatiques exacerbent la rareté des ressources alimentaires et
halieutiques, ce qui aggrave les conditions de vie des populations locales.
LES DEPLACEMENTS FORCES DES POPULATIONS : La
région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad fait face à un nombre
croissant de déplacements internes forcés en raison des conflits
armés, de la violence et des crises humanitaires. Des millions de
personnes sont donc parfois obligées de quitter leur foyer pour se
réfugier ailleurs. Les camps de réfugiés et de
déplacés internes sont souvent surpeuplés et manquent
cruellement de ressources essentielles, créant ainsi des conditions de
vie précaires et limitant ainsi un accès équitable
à l'aide humanitaire et aux services de base.
En 2024, plus de 5 millions de personnes
déplacées internes ont été enregistrées au
Sahel, occasionnant ainsi plus de 1,9 million de
réfugiés.49(*)
LE MANQUE D'ACCES A L'EDUCATION : C'est une région
qui est confrontée à une multitude de défis
socio-économiques parmi lesquels le très faible taux
d'alphabétisation des jeunes enfants. L'accès à
l'éducation est gravement entravé par des facteurs comme
l'instabilité politique, la pauvreté, les conflits et les
catastrophes climatiques. La montée en puissance des groupes terroristes
dans cette zone a occasionné un déplacement massif des
populations, emportant avec eux élèves et enseignants et par
conséquent, entrainant la fermeture des écoles.
De plus, la pauvretéécrasanteobservée
dans cette région et touchant une grande partie de la population, ne
permet pas aux parents de subveniraux besoins éducatifs de
leursprogénitures, le poussant ainsi à faire des choix difficiles
comme le fait de privilégier le travail des enfants au détriment
de leur éducation. A cela, il faut ajouter aussi l'état
déficient des infrastructures telles que les routes, les écoles,
les bibliothèques, etc.
Nous ne pouvons pas ignorer non plus la discrimination de
genre dans ces régions. Les jeunes filles sont d'ailleurs les plus
grandes victimes de ce fléau. Les familles sont influencées par
les normes sociales, culturelles ou coutumières qui ne voient pas d'un
bon oeil l'éducation des filles. La fragilité du système
éducatif dans ces zones est souvent causée par le manque de
ressources et de financement, les enseignants ne sont pas toujours bien
formés et rémunérés. Et les programmes scolaires
ainsi que le matériel pédagogique sont archaïques et
inadaptés aux besoins de l'heure.
SECTION 2 : LES PRINCIPAUX ACTEURS DANS LA LUTTE
CONTRE LE TERRORISME AU SAHEL ET DANS LE BASSIN DU LAC-TCHAD
La lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du
Lac-Tchad est un défi complexe et nécessite donc l'implication de
plusieurs acteurs. Ces derniers ne disposent pas des mêmes moyens et
n'ont pas la même mission sur le terrain. Parmi ces acteurs, nous avons
d'abord les Etats de la région en tant qu'entités ainsi que les
organisations régionales et sous-régionales (A), et ensuite, nous
avons aussi les partenaires internationaux et les organisations
non-gouvernementales (B).
LES ACTEURS ETATIQUES AINSI QUE LES ORGANISATIONS REGIONALES
ET SOUS-REGIONALES
Les Etats de la région du Sahel et du Bassin du
Lac-Tchad sont les premières entités concernées par la
menace et les exactions des groupes terroristes. Ces Etats sont pour la plupart
situés sur la Bande Sahélo-Saharienne (1) et travaillent en
étroite collaboration avec les institutions communautaires
régionales et sous-régionales (2).
LES ETATS DE LA REGION IMPLIQUES DANS LA LUTTE CONTRE LE
TERRORISME
La lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du
Lac-Tchad est avant tout un effort collectif impliquant plusieurs Etats de la
région, tels que : le Tchad, le Mali, le Niger, le Nigeria, le
Cameroun ou encore le Burkina Faso.
LE TCHAD : C'est un acteur clé dans la lutte
contre le terrorisme, plus particulièrement contre Boko Haram et aussi
d'autres groupes extrémistes. Les troupes tchadiennes ont toujours
été reconnues en Afrique pour leur résilience et leur
maitrise des terrains sahariens.
Le Tchad participe pleinement au sein des forces de
coopération militairerégionale telles que le G5 Sahel et la Force
Multinationale Mixte de la CBLT ou Multinational Join Task Force en anglais
(FMM & MNJTF). Le Tchad a aussi participé grandement au sein de la
MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies
pour la Stabilisation au Mali).
C'est d'ailleurs le premier contributeur en terme d'effectif
et c'est aussi le pays ayant subi les plus lourdes pertes en vie humaine (plus
de 82 soldats y ont perdu la vie).50(*)Le Secteur n°2 de la Force de la CBLT se trouve
d'ailleurs à Baga Sola, une localité située dans la
région du Lac, à l'extrême ouest du pays.
LE MALI : Ce pays est au coeur de la lutte
antiterroriste, car c'est l'un des pays les plus touchés par ce
fléau endémique. Depuis la crise politique de 2012
provoquée par la rébellion Touareg, le pays fait face à
des groupes djihadistes extrêmement violents et affiliés à
Al-Qaida et à l'Etat Islamique.
Le pays a donc été obligé de mettre en
place une stratégie nationale de défense incluant le dialogue
avec les groupes armés et leurs factions. Il a
égalementsollicitél'aide de la communauté internationale.
Cette dernière a réponduprésent à travers
l'Opération Serval de 2013 à 2014 et Barkhane lancées par
l'ArméeFrançaisede 2014 à 2022.
Le Mali est aussi membre permanent de toutes les organisations
militaires sous-régionales, mais s'est finalement retiré du G5
Sahel depuis le 15 mai 2022. L'Etat malien a aussi formé des volontaires
au sein de la population pour appuyer les FAMA (Forces Armées Maliennes)
sur les différents théâtres d'opération et surtout
en matière de collecte et de transmissions des informations sur les
mouvements des combattants terroristes.51(*)
LE NIGER : C'est un autre acteur important dans cette
lutte contre le terrorisme, le pays fait face à des menaces croissantes
venant de Boko Haram au sud et des autres groupes affiliés à
Al-Qaida et à DAESH à l'ouest.
Le Niger s'est aussi engagé activement au sein du G5
Sahel et de la FMM de la CBLT. Le gouvernement nigérien a surtout
renforcé ses capacités militaires et ses circuits informationnels
pour pouvoir contrôler et intercepter les communications des groupes
terroristes. Le Niger accueille d'ailleurs le Secteur n°3 de la FMM
basé dans la ville de Diffa au sud-est du pays.
Néanmoins, après le coup d'État du 27
juillet 2023 mené par le General Abdourahamane TIANI, ancien Patron de
la Garde Prétorienne du Président déchu Mohamed BAZOUM, le
Niger s'est retiré officiellement du G5 Sahel le 2 décembre 2023,
suivi du Burkina Faso.
LE NIGERIA : Ce pays est l'un des plus touchés par
le terrorisme, si ce n'est le plus touché. Car, il est le fief
même de Boko Haram et a subi de dizaines de milliers de victimes depuis
l'accroissement de la menace terroriste dans la région.
Des opérations militaires intensives sont menées
par les troupes nigérianes dans des zones très reculées
pour chasser les terroristes de leur cache dans les Etats de Borno, Yobe et
Adamawa, notamment en collaboration avec d'autres forces armées voisines
au sein de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, où il fournit une
grande partie des troupes et des ressources logistiques pour les
opérations conjointes.
Le Nigeria joue donc un rôle crucial en raison de
situation géographique et de l'ampleur des menaces auxquelles il est
confronté. En plus des réponses militaires face à
l'expansion du terrorisme, le Nigeria a aussi mis en place des programmes DDR
(Désarmement, Démobilisation et Réintégration) pour
encourager les éléments de Boko Haram à se rendre et
à réintégrer la vie en société. Dans ces
programmes, des formationsprofessionnelles, des soutiens psychologiques et des
opportunitéséconomiques sont offerts aux anciens combattants.
Ceci vise notamment à réduire les effectifs des groupes
extrémistes et promouvoir ainsi une possible prise de conscience parmi
eux.
Le gouvernement nigérian investit aussi dans des
projets de développement visant à améliorer les conditions
de vie des populations vivant dans les régions touchées par les
exactions djihadistes.
LE CAMEROUN : L'Etat camerounais joue un rôle
crucial dans la lutte contre le terrorisme particulièrement contre Boko
Haram et ses factions dissidentes autour du Bassin du Lac-Tchad. Les soldats
camerounais ont mené et continuent de mener des actions militaires de
grande envergure contre les positions des forces du mal aux alentours de sa
frontière avec le Nigeria. Ils ont réussi à repousser
plusieurs attaques violentes et à sécuriser des vastes zones
longtemps contrôlées par les éléments de Boko
Haram.
Leur engagement au sein des forces conjointes de la
sous-région est significatif, notamment au sein de la Force
Multinationale Mixte de la CBLT. Les services de sécurité
camerounais participent pleinement aux initiatives de partage d'informations
avec ses voisins comme le Tchad et le Nigeria.
Le Professeur Alain Didier OLINGA avait déjà
évoqué l'apport considérable des troupes camerounaises sur
les théâtres des opérations : « En effet, c'est
d'abord et avant tout l'action des forces de défense et de
sécurité qui a fait et fera reculer la violence terroriste au
Cameroun. Cette action se traduit par la conquête ou la reconquête
des espaces de belligérance, c'est-à-dire le déploiement
offensif sur le terrain et l'éradication des Groupes armés. Elle
se concrétise également par la neutralisation des Chefs
rebelles : une neutralisation physique définitive sur le
théâtre des opérations ; une neutralisation par le
transfert à la Justice Militaire des terroristes
capturés.».52(*)
LE BURKINA FASO : L'apport de ce pays dans la lutte
contre le terrorisme au Sahel est essentiel et multifacette. Le pays organise
des opérations militaires ainsi que des initiatives de
coopération régionale et des programmes de DDR. Des groupuscules
affiliés à Al-Qaida et semant des troubles aux confins du
territoire burkinabè, plus précisément dans la zone dite
des trois (3) frontières (Burkina Faso, Niger et Mali),
c'est-à-dire la région du Liptako Gourma, ont ainsi subi les
assauts intenses des FDS (Forces de Défense et de
Sécurité).
Ces opérations ont permis de détruire les bases
des terroristes, libérer des otages et sécuriser les zones
affectées. Le pays a aussi contribué massivement à
l'opérationnalisation de la force du G5 Sahel et a également
participé à d'importantes opérations d'éradication
des troupes extrémistes au Sahel, avant d'annoncer officiellement et
conjointement leur retrait (avec le Niger) de cette force, à la suite du
coup d'Etat ayant porté au pouvoir le Capitaine Ibrahim TRAORE.
LES ORGANISATIONS REGIONALES ET SOUS-REGIONALES ENGAGEES DANS
LA LUTTE ANTITERRORISTE
Le terrorisme étant un danger tant pour la
sécurité sous-régionale, régionale quemondiale, les
Etats ne sont pas les seuls acteurs engages dans son éradication. Ils
sont accompagnés dans ce combat par des partenaires extérieurs
qui peuvent être des organisations internationales comme l'ONU
(Organisation des Nations Unies), l'UA (Union Africaine), la CEDEAO
(Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), la CBLT, le
G5 Sahel, etc. Et même des partenaires bilatéraux,
c'est-à-dire les grandes puissances telles que les Etats-Unis, la
France, la Grande Bretagne, l'Allemagne, etc.
LES NATIONS UNIES : Créée en octobre 1945
juste à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cette organisation avait
donc pour mission première de réunifier le monde divisé
par cette horrible guerre tout en promouvant la paix et la cohésion
sociale entre les nations.
Depuis sa création, l'ONU s'est toujours
démarquée positivement en intervenant partout dans le monde
à travers ses casques bleus pour maintenir la paix et la
stabilité, malgré l'influence démesurée de ses
membres les plus importants. Par le biais de son Conseil de
Sécurité, l'ONU a mis en place des résolutions visant
à renforcer la coopération internationale en matière de
lutte contre le terrorisme. Elle n'est donc pas restée insensible face
à la montée de la menace terroriste au Sahel et
particulièrement au Mali.
Une mission spéciale de maintien de la paix a
même été créée pour intervenir au Mali
après la crise politique de 2012 et dénommée MINUSMA
(Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la
Stabilisation au Mali). Cette mission avait pour rôle de sécuriser
les zones touchées par le terrorisme. Ses activités se
traduisaient par des surveillances, de soutiens logistiques au
développement et aussi la mise en place de mécanismes de
gouvernance. En 2023, l'effectif des troupes onusiennes présentes au
Mali est comptabilisé à 11 676 militaires 1 588
policiers et 1 792 civils (parmi eux, 859 nationaux, 754 internationaux et
159 volontaires de l'ONU).53(*)
L'UNION AFRICAINE : Cette institution continentale joue
un rôle crucial dans la traque des terroristes en Afrique d'une
manière générale et dans la région du Sahel et du
Bassin du Lac-Tchad, plus précisément. Car, sa mission principale
est même celle de promouvoir la paix, la sécurité et la
stabilité sur le continent.
Elle a mis en place plusieurs initiatives comme le MAEP
(Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs) et le CSP (Conseil de
Paix et de Sécurité), qui visent à renforcer la
coopération entre les Etats membres dans la lutte contre les violences
djihadistes.
L'UA entretient également d'étroites
collaborations avec l'ONU pour bénéficier de financement stable
et prévisible pour mener à bien ses activités de promotion
de la paix. Elle joue donc un rôle indispensable dans la lutte contre le
terrorisme avec des stratégies bien spécifiques.
LA CEDEAO : Elle est l'une des institutions
interétatiques les plus actives dans la lutte contre le terrorisme.
D'ailleurs, l'une de ses principales vocations est de promouvoir
l'intégration économique et la paix dans la région
ouest-africaine. Elle a aussi mis en place le Mécanisme de
Prévention, de Gestion et de Règlement des Conflits,
instauré par le protocole de 1999, qui constitue le socle de la
stratégie de sécurité régionale. Ce
mécanisme est suivi du Protocole Additionnel sur la Démocratie et
la Bonne Gouvernance de 2001, autorisant la CEDEAO à s'attaquer aux
causes profondes des conflits internes tels que le terrorisme.54(*)
La CEDEAO a aussi mis en place une force en attente
dénommée (ECOWAS Standby Force) pour répondre rapidement
et efficacement aux crises sécuritaires dans la région. Cette
force est composée d'environs 2 000 hommes parmi eux des soldats,
des policiers et des civils, tous ressortissants des pays membres de
l'Organisation (Benin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie,
Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria,
Sénégal, Sierra Leone et Togo). Bien que stationnées dans
leur pays d'origine, ces forces sont mobilisables à tout moment en cas
de nécessité. Son Etat-major est basé à Abuja au
Nigeria.55(*)
LA CBLT : Fondée en 1964 pour promouvoir le
développement durable de la région du Bassin du Lac-Tchad, cette
institution est devenue un acteur incontournable dans la lutte contre Boko
Haram qui opère dans cette zone. Elle a été
mandatée pour organiser et faciliter les stratégies de
coopération transfrontalière en matière de
sécurité.
En mars 2015, le Conseil de Paix et de Sécurité
de l'Union Africaine a autorisé le déploiement de la Force
Multinationale Mixte pour soutenir les efforts des Etats membres de la CBLT et
du Benin, qui envisagent créer unenvironnement fiable et
sécurisé. Cette force est constituée de plus de 8 700
hommes dont des militaires, des policiers et des civils.56(*) Le Quartier General de cette
force se trouve à N'Djamena la capitale du Tchad.
Ainsi donc, une stratégie régionale de
stabilisation a été mise sur pied pour stabiliser les zones
libérées des mains de Boko Haram. A cet effet, des actions de
développement ont été financées pour renforcer la
résilience des populations locales et réduire ainsi les
infiltrations des membres de la secte meurtrière au sein de ces
mêmes populations.
Par exemple, les provinces du Lac et du Hadjer Lamis au Tchad
ont été parmi les plus grands bénéficiaires de ces
actions. Des programmes de relèvement rapide et de développement
ont été lancés pour faciliter la restauration de
l'autorité de l'Etat et le retour des personnes déplacées
internes et des réfugiés.
LE G5 SAHEL : Il a été créé
en 2014 et regroupe des pays sahéliens tels que le Burkina Faso, le
Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Son objectif principal est le
renforcement de la coopération en matière de lutte contre le
terrorisme, les autres menaces transfrontalières ainsi que le
développement durable.
L'un des principaux instruments du G5 SAHEL est sa Force
Conjointe officialisée en 2017 et visant à sécuriser les
frontières communes des Etats membres en menant des
opérationsmilitairestransfrontalières dans l'optique de
réduire la mobilité des groupes armés et des
trafiquants.57(*)
L'effectif de cette force est estimé à plus de 5 000 hommes
et le siège se trouve à Nouakchott, capitale de la Mauritanie.
Aux efforts militaires, il faut également mentionner
l'accent mis sur le développementéconomique et la
résilience des populations locales. Des projets de développement
rural sont donc lancés pour une amélioration des conditions de
vie et une réduction des facteurs de radicalisation. Ces initiatives se
concrétisent par la construction des infrastructures,
l'amélioration de l'accès à l'éducation et aux
services de santé, ainsi que le soutien à l'agriculture et
à l'élevage. Le G5 SAHEL joue donc un rôle
complémentaire à celui de la CBLT dans la région.
LES PARTENAIRES BILATERAUX ET LES ORGANISATIONS
NON-GOUVERNEMENTALES IMPLIQUES LA LUTTE ANTI-TERRORISTE
Le combat contre le terrorisme dans la région du Sahel
et du Bassin du Lac-Tchad est un enjeu majeur pour la sécurité
régionale et internationale. Les Etats de cette zone menacée ne
disposant pas de moyens suffisants pour mener individuellement ce combat, sont
dans l'obligation de se tourner vers des partenaires stratégiques
bilatéraux (1) et même des organisations non-gouvernementales
(2).
LES PARTENAIRES BILATERAUX
Comme partenaires bilatéraux, nous avons entre autres
les grandes puissances militaires occidentales telles que les USA, la France,
l'Union Européenne, etc.
LES ETATS-UNIS : Ils sont un partenaire indispensable
dans la lutte contre les groupes terroristes au Sahel et même dans le
monde, puisqu'ils fournissent plus de 28,38% du budget des opérations de
maintien de la paix des Nations Unies58(*), à l'instar de la MINUSMA. Ils fournissent une
assistance financière, militaire et logistique aux forces de
sécurité de la région. Sur le plan militaire, les
Américains ont renforcé leur présence dans la
région par le biais de leur Commandement Africain (AFRICOM).
Les forces américaines sur le continent africain sont
estimées à plus de 6 500 soldats repartis sur les quatre (4)
coins du continent et concentrées pratiquement dans les régions
à haut risque telles que le Sahel ou encore la Corne de
l'Afrique59(*). Ces
soldats offrent généralement des formations spéciales aux
forces armées locales et contribuent aussi grandement au partage des
informations sur les groupes terroristes et leurs déplacements à
travers les frontières, grâce surtout aux drones dont ils
disposent.
Washington a aussi alloué 363 millions de dollars
à la Force Multinationale Mixte de la CBLT et plus de 111 millions de
dollars au G5 SAHEL, entre 2015 et 2018. Les USA financent également des
programmes de développement contribuant à l'amélioration
des conditions de vie des populations victimes du terrorisme, réduisant
ainsi le risque de radicalisation.

Source :
https://www.trtfrancais.com/actualites/larmee-americaine-une-presence-discrete-en-afrique-17450533
LA FRANCE : Ce pays entretient des relations historiques
avec les Etats du Sahel en matière de coopération militaire. La
France soutient ainsi largement les pays de la région dans la lutte
contre le terrorisme, à travers des opérations militaires
célèbres telles que l'Opération Epervier ou Serval et la
dernière en date, l'Opération Barkhane.
Lancée en 2014, cette opération avait pour but
d'appuyer les offensives militaires menées par les Forces Armées
Maliennes et les Forces Armées Tchadiennes en Intervention au Mali
(FATIM). Au début, l'effectif des troupes françaises
présentes au Sahel avoisinait les 3 000 hommes jusqu'à
atteindre 5 000 hommes en 2020. Pour la mise en oeuvre de cette
opération, la France dépensait plus d'un milliard d'euros par an
tiré de son propre budget. L'appui militaire français consistait
en des attaques terrestres et aériennes.
Toutefois, l'Opération Barkhane prendra fin en
novembre 2022, à la suite de la réclamation du départ des
troupes françaises faite par les gouvernements des pays accueillant ces
troupes françaises sur leur sol, il s'agit notamment du Mali, du Burkina
Faso et du Niger.60(*)
L'UNION EUROPEENNE : Elle joue un rôle significatif
dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad.
Elle apporte un appui crucial aux forces locales à travers des missions
EUCAP SAHEL MALI et EUCAP SAHEL NIGER qui fournissent une assistance pour
renforcer les capacités des forces de sécurité
intérieure. Ces missions améliorent la gestion des
frontières, la lutte contre et la criminalité organisée.
L'UE collabore étroitement avec d'autres acteurs
internationaux, notamment les Nations Unies et l'Union Africaine, pour
coordonner les efforts de lutte contre le terrorisme. Cette coopération
se compose aussi avec la FMM de la CBLT. L'institution européenne
finance aussi des programmes de développement pour traiter les causes
profondes du terrorisme, telles que la pauvreté et l'exclusion sociale.
Ces projets ont permis d'améliorer l'accès à
l'éducation, à la santé et offert des opportunités
économiques aux plus démunis. Le Programme Indicatif
Régional pour le Sahel (2014-2020) a permis notamment de prévenir
la radicalisation en fournissant des programmes éducatifs et des
campagnes de sensibilisation.
Sur le plan humanitaire, l'UE fournit une aide humanitaire
essentielle incluant des assistances aux réfugiés et aux
personnes déplacées internes.
LES ORGANISATIONS NON-GOUVERNEMENTALES
Eu égard de la complexité et de l'urgence
instaurées par la lutte antiterroriste au Sahel et dans le Bassin du
Lac-Tchad, nombreuses sont les ONG qui ont décidé et de
s'implanter dans cette région. Parmi eux, nous avons entre autres :
Médecins Sans Frontières, International Crisis Group (ICG), OXFAM
(Oxford Committee for Relief Famine), Human Rights Watch et Amnesty
International, International Rescue Committee (IRC) et Norvegian Refugee
Council (NRC), etc.
MEDECINS SANS FRONTIERES : Cette ONG joue un rôle
crucial dans la lutte contre les exactions des groupes terroristes dans cette
région, plus particulièrement à travers ses interventions
humanitaires et médicales. Elle a déployé des cliniques
mobiles pour fournir une assistance sanitaire d'urgence aux populations
vulnérables et aux communautés isolées, offrant ainsi des
consultations médicales, des vaccinations et des traitements pour les
maladies courantes, telles que le paludisme, le choléra, le VIH/SIDA,
la tuberculose, la rougeole, la varicelle ou encore la poliomyélite.
MSF fournit aussi des soutiens psychologiques aux personnes
traumatisées par la violence des conflits armés, incluant ainsi
des séances de counseling61(*) et des thérapies de groupes. MSF construit
aussi des infrastructures d'eau potable et distribue des vivres alimentaires
aux personnes démunies, ainsi que des abris temporaires, des couvertures
et d'autres articles essentiels à la survie des plus vulnérables.
INTERNATIONAL CRISIS GROUP : Cette ONG internationale
à but non lucratif a été créée en 1995 et a
pour mission de prévenir et d'aider à résoudre les
conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le
terrain, des analyses et des recommandations.
Dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, elle fournit des
études détaillées et approfondies sur les conflits et les
dynamiques terroristes régionales. Elle publie aussi
régulièrement des rapports et fait des briefings sur les causes
sous-jacentes du terrorisme, telles que la pauvreté, la marginalisation
sociale et les violences intercommunautaires. Elle émet aussi des
recommandations politiques aux gouvernements locaux et aux acteurs
internationaux afin d'adopter une stratégie efficace pour contrer le
terrorisme.
L'ONG initie aussi des programmes de sensibilisation pour le
public et les medias afin d'avoir une approche beaucoup plus sérieuse de
la menace terroriste.62(*)
HUMAN RIGHTS WATCH ET AMNESTY INTERNATIONAL : Ces deux (2)
organisations jouent un rôle central dans la lutte contre le terrorisme,
principalement à travers la surveillance des droits humains, le
plaidoyer et la sensibilisation. Elles documentent les violations de droits de
l'homme commises par les sectes terroristes et les forces de
sécurité dans ces zones.
Des rapports détaillés sont même
publiés sur les exécutions extrajudiciaires, les
détentions arbitraires et les tortures. Ces documentations sont
utilisées pour sensibiliser les autorités politiques et la
communauté internationale, les poussant ainsi à prendre des
mesures strictes contre ces violations tout en plaidant pour des enquêtes
indépendantes et la justice pour les victimes. Ces ONG font aussi du
lobbying auprès des gouvernements et des institutions internationales
pour qu'ils adoptent des politiques respectueuses des droits humains. Elles
apportent aussi des assistances juridiques aux victimes en collectant leurs
témoignages afin de les utiliser lors des procès.
OXFAM :Cette ONG britannique fondée en 1942 a pour
but de lutter contre les inégalités sociales dans l'optique de
mettre fin à la pauvreté et aux injustices dans le monde. Elle
est l'une des organisations non-gouvernementales les plus actives au Sahel et
dans le Bassin du Lac-Tchad. Elle fournit des aides alimentaires, de l'eau
potable et des articles non alimentaires aux populations les plus
touchées par les violences des groupes armés, permettant ainsi de
répondre à leurs besoins immédiats.
Elle met également en place des programmes de
vaccination pour traiter les maladies chroniques qui sévissent dans les
camps de réfugiés, grâce aux services de santé de
base. Elle offre aussi des formations dans le domaine agricole, les
microfinances et d'autres initiatives de développement
économique, visant donc à améliorer la
sécurité alimentaire et créer des moyens de subsistances
durables pour les communautés locales.
OXFAM plaide aussi pour les droits des personnes
déplacées par les conflits, en appelant les gouvernements et les
donateurs internationaux à fournir des aides adéquates et
à garantir la protection des droits humains.63(*)
SECTION III : LE TCHAD, UN ACTEUR REGIONAL CLE
DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME
Situé au coeur de l'Afrique, le Tchad joue un
rôle primordial dans la lutte contre le terrorisme, non seulement dans la
région du Lac-Tchad mais également dans tout le Sahel. Le pays
fait d'abord concrètement face à des menaces terroristes
variées à cause notamment de l'instabilité sociopolitique
exponentielle tout autour de ses frontières (la situation en Libye, au
Soudan, au Nigeria ou encore en République Centrafricaine), il a su
s'affirmer comme un acteur sécuritairerégional fiable et
incontournable. Pour démontrer palpablement le poids du Tchad dans la
région, nous analyserons dans un premier temps le contexte
géopolitique et les défis sécuritaires auxquels le pays
fait face (A), puis nous examinerons les actions concrètes menées
par le Tchad pour lutter contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du
Lac-Tchad (B).
CONTEXTE GEOPOLITIQUE ET DEFIS SECURITAIRES DU
TCHAD
Comme presque tous les pays d'Afrique, le Tchad est en proie
à des menaces de tout genre causées surtout par
l'instabilité régionale (1), ajoutés à cela des
multiples défis sécuritaires internes (2) qui fragilisent d'une
manière ou d'une autre la stabilité du pays.
INSTABILITE SOCIOPOLITIQUE AUX FRONTIERES DU TCHAD
Le Tchad partage des frontières communes avec des pays
comme la Libye au Nord, le Soudan à l'Est, la République
Centrafricaine au Sud, le Cameroun et le Nigeria à l'Ouest. Ces pays
sont marqués par des troubles politiques internes, impactant directement
ou indirectement la situation sécuritaire intérieure du Tchad.
LA LIBYE : Depuis l'assassinat par l'OTAN du Guide de la
Révolution,le colonel Mouammar Kadhafi, le pays est plongé dans
une profonde crise sociopolitique et sécuritaire64(*).
La Libye est de nos jours divisée en plusieurs
factions et autorités rivales appuyées et entretenues par les
plus grandes puissances de ce monde à l'instar des USA, la Russie, la
France, la Grande Bretagne, la Turquie, la Chine, etc.
Le pays manque d'un gouvernement central fort et reconnu
unanimement par tous les acteurs impliqués dans ce conflit. D'un
côté, nous avons le GUN (Gouvernement d'Union Nationale)
dirigé depuis le 3 mars 2022 par Fathi BACHAGHA (soutenu par la Turquie,
le Qatar, l'Algérie et le Pakistan) et d'un autre, nous avons le
Gouvernement de l'est du pays avec en sa tête le Marechal Khalifa HAFTAR,
Commandant en Chef des Forces armées nationales libyennes depuis
l'époque de Kadhafi. Ce qui favorise la prolifération des milices
armées et la fragmentation de ce vaste territoire (1 759 540
km2).
Ces différents groupes armés s'affrontent
fréquemment dans la région de Tripoli et aussi dans le sud du
pays, faisant ainsi d'innombrables victimes. De milliers de personnes ont
été donc obligées de se déplacer massivement,
fuyant les exactions des groupes armés. Cette situation a
engendré naturellement une pénurie des biens de première
nécessité et une dégradation des services publics.
L'économie du pays longtemps émergente et parmi les plus
florissantes en Afrique, à cause surtout aux vastes réserves
pétrolières et gazières du pays, est aujourd'hui moribonde
et abandonnée à elle-même à cause de l'exploitation
illégale et anarchique par les différentes factions rivales
à la solde des puissances étrangères.
Le territoire libyen est donc devenu un vaste marché
pour le crime organisé et les gangs spécialisés dans les
trafics de tout genre, particulièrement d'armes et d'êtres humains
(surtout les migrants en partance pour l'Europe et traversant la Libye pour
atteindre la Méditerranée). Ces armes se déversent donc
dans toute la région sahélo-saharienne, alimentant ainsi
l'insécurité et les activités terroristes dans cette
zone.65(*)
LE SOUDAN : Depuis le renversement du régime
d'Omar el-BECHIR en 2019 suite à une grande révolte interne
à cause de la hausse du prix du pain, ce pays traverse une
période de grandes instabilités sociopolitiques et
sécuritaire, alimentée par des conflits intercommunautaires
internes et des crises économiques. La transition qui a suivi ce coup
d'Etat militaire d'octobre 2021 orchestré par le général
Abdel Fattah al-BURHAN, semble être lente et inefficiente. Des
manifestations populaires contre ce coup d'Etat ont été
violemment réprimées par les militaires.
Le Soudan fait aussi face à des violences
interethniques particulièrement dans les régions du Darfour, du
Kordofan et du Nil Bleu. Le pays est aussi en proie à des menaces
terroristes de la part des groupes armés opérant tout autour de
la frontière morose avec le Tchad, la Libye et l'Egypte, facilitant
ainsi les mouvements d'armes et de stupéfiants.
Sur le plan économique, une grave crise s'est
installée dans le pays, caractérisée par une inflation
galopante et une pénurie des biens essentiels, exacerbant ainsi les
tensions sociales et politiques, rendant la stabilité beaucoup plus
difficile à atteindre. Cette interminable guerre a donc poussé
plusieurs millions de personnes à fuir le pays en direction du Tchad, de
l'Ethiopie et de l'Egypte. D'après le media AFRICANEWS, à la date
du 13 aout 2024, plus de 10 millions de personnes ont quitté le pays,
dont 4 millions d'enfants et environs 26 millions de personnes sont
exposés à une famine extrême.66(*)
LA RCA : Au sud du Tchad, la République
Centrafricaine fait aussi face à une instabilité chronique, avec
des affrontements entre groupes armés et des violences
intercommunautaires. Malgré les efforts de stabilisation
déployés par les partenaires internationaux dont l'ONU à
travers la MINUSCA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des
Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique), l'UA et les autres pays
de la sous-région sous la bannière de la CEEAC (Communauté
Economique des Etats de l'Afrique Centrale), le pays reste toujours un foyer de
tensions qui affecte grandement la sécurité frontalière du
Tchad.
LE CAMEROUN : Situé à l'Ouest du Tchad, ce
pays fait face à d'innombrables défis sécuritaires
liés aux insurgés de Boko Haram au nord, à la
frontière avec le Nigeria. Les offensives militaires contre les
exactions terroristes créent un sentiment de peur et propagent une
instabilité débordant vers la frontière tchadienne.
A cela, il faudrait ajouter aussi les tensions politiques
internes, plus précisément dans les régions anglophones
où des groupes armés se sont formés avec le soutien des
forces obscures, et prétendantréclamerl'indépendance de
ces régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest (NOSO)vis-à-vis du
Cameroun. Toutes ces situations rendent beaucoup plus complexes la
sécuritérégionale.
Dans son ouvrage intitulé « LES REVOLTES SOCIALES
AU CAMEROUN : Violence et antiviolence », Ismaila DATIDJO
décrit cette situation comme suit : « Les morts
enregistrés à la suite de la montée des revendications,
notamment avec l'avènement du groupe séparatiste d'Ambazonie, ont
attisé les rancoeurs, à telle enseigne que, victimes dans leurs
contrées des exactions et des dégâts dirait-on
collatéraux, de la confrontation entre les Forces de Défense et
de Sécurité nationale et les schismatiques d'Ambazonie, les
populations anglophones en général se sont senties encore plus
délaissées. Une partie considérable de cette population
s'estassociée la sympathie des séparatistes et a accentué
son attitude de rejet des francophones.».67(*)
LE NIGERIA : Considéré comme la nation la
plus peuplée du continent africain, ce pays fait face depuis plus de
deux (2) décennies aux exactions du groupe Boko Haram qui a fait du
Nord-est nigérian son fief historique. Ces violences ont causé
des dizaines de milliers de morts et plusieurs millions de
déplacés.68(*)
En 2016, une faction dissidente de cette secte s'est
créée sous le nom d'ISWAP (entendez Etat Islamique en Afrique de
l'Ouest). Les attaques de ces deux (2) groupes se manifestaient par des
attentats-suicides, des enlèvements et des raids sur des villages et des
bases militaires. Ces groupes contrôlent les zones rurales et imposent
leur propre régime, perturbant ainsi les activités
économiques et sociales. Cette insécurité grandissante a
favorisé la montée du grand banditisme caractérisé
par des prises d'otages, des vols de bétail et des attaques
armées. Ces enlèvements contre rançon sont devenus une
activité lucrative, ciblant aussi bien les écoliers que les
voyageurs.
Le Nigeria est aussi secoué par des conflits
intercommunautaires et ethniques, occasionnésgénéralement
par des disputes sur les terres et les ressources naturelles. La piraterie
maritime est aussi l'une des activités criminelles les plus remarquables
sévissant surtout au large des côtes nigérianes. Toute
cette insécurité généralisée constitue une
menace sérieuse pour la stabilité régionale et
sous-régionale.
LES PRINCIPAUX DEFIS SECURITAIRES INTERNES DU TCHAD
Situé au coeur de l'Afrique, le Tchad fait face
à une multitude de défis securitaires qui entravent gravement sa
stabilité et son développement économique. Parmi ces
menaces, nous avons entre autres : le terrorisme, les conflits
intercommunautaires, les rebellions armées, les crises humanitaires
marquées par le flux de réfugiés et aussi le changement
climatique.
LE TERRORISME : La menace terroriste au Tchad est
principalement incarnée par la secte Boko Haram et son
démembrement l'ISWAP. Ces groupes
opèrentgénéralement dans la région du Lac-Tchad,
à travers des attaques meurtrières contre des civils et les
forces armées. Les incursions de cette secte dans le territoire tchadien
constitue une menace grandiose pour les activités economiques et
sociales, car, il crée un climat de peur et d'insécurité
totale.
Il est important de rappeler aussi que les exactions de Boko
Haram ne se sont pas uniquement limitées aux frontières avec le
Nigeria, le groupe est allé jusqu'à s'introduire dans la capitale
N'Djamena pour manigancer des attaques ciblées le même jour du 15
juin 2015 contre l'Ecole Nationale de Police située dans le premier
(8e) arrondissement de la capitale (ayant fait plus de 27 morts et
de centaines de blessés), contre le Commissariat Central dans le
2e arrondissement (6 morts et des dizaines de blessés) et
enfin le 11 juillet 2015 contre le Marché Central de la ville,
coûtant la vie à plus de 15 personnes et faisant
d'innombrablesblessés, parmi eux des civils et surtout des membres des
forces de défense et de sécurité.69(*)
Toutefois, la grande attaque meurtrière subie par le
Tchad s'est produite dans la nuit du 22 au 23 mars 2020 contre une base
avancée de l'Armée Nationale Tchadienne située dans la
presqu'île de Bohoma, dans la région du Lac, à l'Ouest du
pays à la frontière avec le Nigeria. Cette attaque a fait plus de
98 morts70(*) dans les
rangs des forces armées tchadiennes, forçantainsi le
Président tchadien de l'époque, le Marechal Idriss DEBY ITNO,
à effectuer lui-même la descente des lieux pour constater les
dégâts.
Dès lors, le Tchad a décidé d'intensifier
ses attaques contre la secte islamiste jusqu'aux confins de ses bases dans le
territoire nigérian, et bien au-delà.
UNE IMAGE CAPTUREE LORS DE L'ATTENTAT AU MARCHE CENTRAL DE
NDJAMENA

Source : www.voaafrique.com
LES CONFLITS INTERCOMMUNAUTAIRES : Ces conflits sont
exacerbés par des facteurs economiques, environnementaux et politiques.
Parmi eux, nous avons d'abord les conflits entre agriculteurs et
éleveurs qui sont de plus en plus fréquents. Ces tensions
interviennent généralement à la suite des
compétitions pour les ressources naturelles, notamment les terres
agricoles et les pâturages. Les éleveurs en quête de
nourriture pour leur bétail, traversent parfois des champs agricoles,
entraînant ainsi la destruction des cultures et poussant donc les
agriculteurs à réagir violemment. Ce qui occasionne des pertes
considérables en vie humaine.
Les conflits fonciers sont aussi fréquents et sont
causés par la croissance démographique et la quête des
terres cultivables. Ces conflits dégénèrent
généralement en des violentes disputes, qui finissent
habituellement par des morts et des blessés.
A cela, nous pouvons également ajouter les conflits
intracommunautaires engendrés notamment par les rivalités de
chefferies et les disputes internes au sein d'une seule et même
communauté. Selon les statistiques fournies par le Bureau de
Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), de janvier
à juin 2023, 37 conflits ont été enregistrés sur
l'ensemble du territoire national, occasionnant plus de 40 morts et près
de 100 blessés. 71(*)
LES REBELLIONS ARMES : Le Tchad a une longue histoire de
rebellions armées qui se sont succédées depuis des
décennies, attisées le plus souvent par des conflits
interethniques et des luttes de conquête de pouvoir. Depuis le
début du 21esiècle, les groupes rebelles les plus
importants sont entre autres : l'UFR (Union des Forces de la
Résistance), l'UFDD (Union des Forces pour la Démocratie et le
Développement) et enfin le FACT (Front pour l'Alternance et la Concorde
au Tchad).72(*)
Le premier mouvement a été fondé en 2009
suite à une alliance entre huit (8) mouvements rebelles et est
dirigé par Timan ERDIMI et son frère jumeau Tom ERDIMI, tous deux
neveux du feu Idriss DEBY ITNO. Ses bases arrières se trouvaient en
Libye et au Soudan, d'où il dirigeait les attaques contre l'Armée
Nationale Tchadienne et la plus récente attaque est celle de 2019,
menée depuis le territoire libyen et stoppée brièvement
par les frappes aériennes des troupes françaises présentes
au Tchad, à la demande bien évidemment gouvernement tchadien.
Le deuxième mouvement a été
créé en 2006 par le Général MAHAMAT NOURI, ancien
ministre de la Défense Nationale sous Idriss DEBY, ayant rejoint la
lutte armée après des mésententes avec le Président
DEBY. L'UFDD a mené plusieurs attaques contre le régime de
N'Djamena, souvent en coordination avec d'autres groupes rebelles.
Le dernier groupe rebelle en date est bien évidemment
le FACT du Docteur MAHAMAT MAHDI ALI, qui a été fondé en
2016 avec le soutien de plusieurs officiers dissidents de l'Armée
Tchadienne. Ce mouvement a mené plusieurs offensives dont la plus
célèbre reste celle d'avril 2021 ayant coûté la vie
au Président IDRISS DEBY ITNO était descendu au terrain pour
diriger lui-même les combats. Le groupe coordonne ses activités
depuis le Sud de la Libye et aussi dans les massifs montagneux du Tibesti,
à l'extrême-nord du Tchad.
Nous constatons donc que ces différents mouvements
rebelles ont contribué à une instabilité politique
chronique au Tchad, alimentée par les coups d'Etats et les tentatives de
renversement du pouvoir en place, affaiblissant ainsi les institutions
étatiques tout en entravant le développement économique et
social du pays.
LES CRISES HUMANITAIRES : Le Tchad est confronté
à diverses crises humanitaires de premier ordre qui affectent grandement
la population. Parmi celles, nous avons d'abord le flux de
réfugiés et les déplacements internes des populations
locales. Le Tchad accueille un nombre immense de réfugiés
principalement en provenance du Soudan, de la Libye, de la RCA, du Nigeria et
parfois du Cameroun., tout fuyant des violences armées dans leurs pays
respectifs. Depuis le début de la guerre civile soudanaise en avril
2023, environs 500 000 réfugiés soudanais ont
été accueillis à l'Est du Tchad, accompagnés de
plus de 100 000 Tchadiens rentrant au pays à cause de la
guerre.73(*) Le flux de
réfugiés est aussi à observer dans les provinces du Kanem,
du Lac et du Bahr-el-Ghazel, environnantes du Lac-Tchad, où des dizaines
de milliers de personnes sont obligées de fuir constamment les violences
de Boko Haram et ses affiliés. Les chiffres de l'OCHA parlent eux de
plus de 54 000 déplacés internes entre juillet et septembre
2023.74(*)
Le Tchad fait aussi face à une crise alimentaire sans
précédent. En effet, plus de 5,7 millions de personnes sont
touchés par cette crise et environs 2,1 millions en sont en phase
sévère. Ceci est notamment alimenté en grande partie par
les effets néfastes du changement climatique marqué par la
sècheresse, les inondations, etc. Les chiffres des inondations de la
saison pluvieuse de l'année 2024 font état de plus de
1 941 869 personnes soit 342 471 ménages, affectés
par la haute pluviométrie75(*).
Sur le plan sanitaire, le pays est régulièrement
touché par des épidémies telles que la méningite,
la rougeole, le paludisme, le choléra, la tuberculose, etc. Entre
juillet et octobre 2023, environs 5 539 cas de méningite et
1 569 cas de rougeole ont été enregistrés.
Tous ces défis affaiblissent les capacités de
réponses efficaces et efficientes de la part du pouvoir public, rendant
le pays encore plus vulnérable et livré à lui-même
sur la scène géopolitique et géostratégique
mondiales, obligeant ainsi les autorités du pays à se surpasser
pour redorer son image dans le concert de nations, adoptant ainsi une politique
étrangère axée sur la diplomatie militaire, qui est
elle-même nourrie par les différentes opérations militaires
victorieuses menées par les Forces armées tchadiennes.
LES ACTIONS CONCRETES MENEES PAR LE TCHAD POUR CONTRER
LA MENACE TERRORISTE DANS LA REGION DU SAHEL ET DU LAC-TCHAD
Depuis 2013, le Tchad a commencé à prendre de
plus en plus de l'envergure au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad, surtout en
matière de lutte contre le terrorisme. Eu égard de sa position
géographiquement stratégique et de ses capacités
militaires, le pays a joué un rôle significatif et
déterminant dans les efforts régionaux pour éradiquer les
groupes terroristes tels que Boko Haram, AQMI, Ansar Dine, Mujao, etc. Les
actions menées par les soldats tchadiens se sont traduites par une
série d'interventions militaires, à travers des collaborations
régionales (1), d'engagements internationaux (2)et parfois par des
offensives menées individuellement par l'Armée Tchadienne (3).
LES COLLABOARTIONS MILITAIRES REGIONALES
Depuis bientôt une décennie, le Tchad a
intensifiée ses collaborations militaires régionales pour lutter
contre les groupes djihadistes et assurer ainsi la sécurité et la
stabilité au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad. Parmi ces
collaborations, nous avons entre le G5 SAHEL et la Force Multinationale Mixte
de la CBLT.
Au sein du G5 SAHEL, le contingent tchadien était
estimé au début de son déploiement en février 2021
à environs 1 200 soldats76(*)(l'effectif global de l'Armée Nationale
Tchadienne s'élève entre 40 000 et 65 000 soldats), et
plusieurs dizaines de véhicules de combat légers ainsi que
d'infanteries lourdes. L'effectif tchadien au sein de cette coalition
représenteenvironsenviron 24% de l'effectif global de la Force-conjointe
du G5 SAHEL, qui est lui chiffré à 5 000 hommes. Le Tchad
est le deuxième plus grand fournisseur de soldats à cette force
régionale après le Mali qui lui, fournit plus de 1 400
soldats. Avec le retrait du Mali de cette force en date du 14 juin
202277(*), le Tchad
devient donc le pays déployant le plus de soldats au sein du G5 SAHEL.
Ces soldats tchadiens menaient des offensives coordonnées avec les
autres forces de la coalition au niveau de la zone dite des «Trois
frontières», à cheval entre le Niger, le Mali et le Burkina
Faso, appelée aujourd'hui la région du Liptako Gourma. Ces
offensives ont permis de neutraliser de centaines de terroristes, de capturer
aussi plusieurs dizaines et de récupérer du matériel
militaire et civil utilisés par les terroristes.
Tableau 1 : Contingents militaires
présents au Sahel en 2015

Source : SIPRI MILITARY EXPENDITURE DATABASE
(
https://www.sipri.org/databases/milex)
B- L'EFFECTIF DU
CONTINGENT TCHADIEN AU SEIN DE LA FMM DE LA CBLTEn termes de contributions
financières, le Tchad réserve chaque année environs 10
millions d'euros de son budget en guise de cotisation individuelle de chaque
Etat membre. Pour avoir une approche encore plus claire de la question, il faut
retenir que les dépenses militaires des pays du G5 SAHEL sur la
période 2010-2014, se seraient élevées en moyenne chaque
année à 1,136 milliards de dollars US, et la moitié de
cette somme a été dépensée par le Tchad, faisant
ainsi du Tchad le pays qui consacre le plus d'argents aux questions de
défense et de sécurité.78(*)
Dans le cadre de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, le
gouvernement tchadien a déployé plus de 3 000 soldats sur
les 8 000 que compte la force sous-régionale.79(*) En plus d'accueillir l'un des
quatre secteurs de commandement de la FMM qui est basé à BAGA
SOLA, une localité située dans la province du Lac, avoisinant les
rives du Lac-Tchad et la frontière nigériane, le Tchad accueille
surtout le Quartier Général du Haut Commandement militaire de
cette force, inauguré en mai 2015 et situé dans le quartier
administratif de ville de Ndjamena, à quelques dizaines de mètres
du Quartier Général de l'Etat-major Général de
l'Armée Nationale Tchadienne.
Sur le plan
opérationnel, les plus grandes offensives contre les positions de BOKO
HARAM ont été menées par les troupes tchadiennes, souvent
au-delà de leur propre frontière nationale. Par exemple, au
début de l'année 2019, les troupes tchadiennes ont
renforcé leurs positions sur la rive tchadienne du lac avec un
contingent de plus de 1 000 soldats, qui entreront finalement au Nigeria
en févrierpour mener l'opération appelée
«Yancin Tafki» qui se traduit
littéralement «Liberté Durable» en Haoussa.
Malgré les pertes en vies humaines, la participation massive des troupes
tchadiennes à cette opération a considérablement
rehaussé le moral des autres forces engagées au sein de cette
coalition et également permis de récupérer et
sécuriser le secteur 3 de la zone d'opérations longtemps
occupé par les ennemis de la paix. Toutefois, en début
d'année 2020, le Président déclare vouloir retirer ses
éléments de la FMM à cause de la réticence des
autres Etats, en dehors du Cameroun, à s'engager durablement et
totalement au sein de la coalition. Il déclare en ces termes :
« A partir aujourd'hui, aucun soldat tchadien ne participera à une
opération militaire en dehors du Tchad ».80(*) Toutefois, il reviendra sur sa
décision et assurera les partenaires et alliés que le Tchad
demeurera totalement engagé au sein de la coalition mais tout en gardant
désormais les yeux sur ses propres frontières.PARAGRAPHE II : LE
CADRE DE FORMATION ET DE PREPARATION DES SOLDATS TCHADIENS
A- L'AGUERISSEMENT DES SOLDATS TCHADIENS
AU SEIN DU G5 SAHEL
Avec un effectif de plus de 5 000 hommes dont plus de
1 200 tchadiens, le G5 SAHEL est devenu un acteur incontournable dans la
lutte antiterroriste dans la région. Ces soldats ont
bénéficié pour la plupart des programmes de formation
anti-terroristes lancés par les partenaires internationaux
bilatéraux tels que les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, etc.
Les Américains ont pour leur part initié le programme
«PAN-SAHEL» visant à renforcer les
capacités des forces de sécurité du Mali, du Niger, du
Tchad et de la Mauritanie. Ce programme se transformera plus tard en une
initiative transsaharienne contre le terrorisme, avec un nombre plus
élargi de pays participants.
Les premières formations reçues par les soldats
concernaient les techniques de patrouille entre les frontières
étatiques (la zone dite des Trois Frontières entre le Mali, le
Burkina Faso et le Niger).81(*) Cette patrouille a nécessité 3
bataillons de plus de 650 hommes comprenant des soldats de tous les pays
engagés. Deux autres bataillons ont été
déployés pour surveiller la zone frontalière entre le Mali
et la Mauritanie. Depuis 2017, des formations continues et
accélérées sont menées pour permettre à la
force conjointe de pouvoir patrouiller dans le territoire de chaque pays
membre.
Les soldats tchadiens au sein de cette coalition travaillent
aussi en étroite collaboration avec les forces
françaisesdéployées dans le cadre de l'Opération
Barkhanecomposéesd'environs4 000 hommes et présentes au Mali
depuis 2013 et aussi avec les forces de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle
Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali)
estimées à plus de 12 000 hommes dont 1 440
tchadiens82(*).
Toutes ces collaborations avec les initiatives militaires
régionales ont permis aux soldats tchadiens de développer des
capacitésopérationnellesspéciales, les rendant encore plus
redoutables pour l'ennemi. Toutefois, il est important de préciser que
les formationsreçues au niveau du G5 SAHEL ne sont pas si
différentes de celles enseignées dans le cadre de la FMM de la
CBLT.
B- LA FORMATION DES SOLDATS TCHADIENS AU
SEIN DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
Comparée à la région du Sahel
géographique, le Bassin du Lac-Tchad est une zone difficile
d'accèsà cause des terrains marécageux et des
différents ilots qui se sont formés suite à
l'assèchement progressif et exponentiel du Lac-Tchad. Ce contexte
géographique complexe a favorisél'implantation des
différentes factions de BOKO HARAM tout au long des rives du lac,
obligeant ainsi les Etats formant la FMM de la CBLT à adopter des
stratégiesspécifiques.
Pour le cas des soldats tchadiens, ils ont été
formés sur les tactiques opérationnelles sur les guerres
asymétriques et la gestion de la population. Ils ont
égalementreçu des instructions sur les tactiques de combat en
milieu urbain et semi-urbain, incluant les missions d'infiltration et
d'exfiltrationd'otages, parfois à travers des opérations
nocturnes.
A cela, il faut aussi ajouter les formations en technique de
renseignement englobant le partage et la collecte de renseignements cruciaux
dans l'anticipation des mouvements des groupes terroristes, à travers la
surveillance électronique et l'utilisation des technologies pour suivre
les activités suspectes et les communications des ennemis.
Notons aussi que des formations en utilisation des
équipements modernes comprenant les véhicules blindés et
les armements lourds. Ces formations été rendues possibles
grâce à la collaboration avec d'autres agences de renseignements,
notamment occidentales telles que la CIA, la DGSE ou encore le MI683(*).
Les soldats tchadiens ont égalementreçu des
formations humanitaires pour répondre aux situations d'urgence et
gérer correctement les conséquences des conflits sur les
populations civiles.
SECTION 2 : LE SOUTIEN
CIVIL
L'implication des populations civiles dans la lutte contre le
terrorisme au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad est un élément
indispensable pour la réussite de cette lutte. Les soldats tchadiens ont
durant leurs différentes interventions,
régulièrementcollaboré avec les populations locales.
Durant cette partie, nous présenterons dans un premier temps, les
différentes formes de collaborations (Paragraphe I) et dans un second
temps, nous aborderons l'importance de cette implication civile (Paragraphe
II).
PARAGRAPHE I : LES
DIFFERENTES FORMES DE COLLABOARATIONS AVEC LES POPULATIONS CIVILES
A- LA COLLECTE DE
RENSEIGNEMENTS ET LE SOUTIEN LOGISTIQUE
L'implication des civils dans cette lutte revêt
plusieurs aspects qui sont entre autres :
- La collecte des Renseignements : Les
populations civiles ont une connaissance et une maitrise approfondies de leur
environnement. Elles sont donc des sources précieuses en matière
de collecte d'informations pour les forces armées tchadiennes
présentes sur le terrain. Plusieurs mouvements et déplacements
des troupes djihadistes ont été
appréhendésgrâce aux signalements et aux alertes transmis
par les civils, permettant ainsi de prévenir des attaques de grande
ampleur84(*).
Un haut officier militaire français des forces de
l'Opération Barkhane et ayant collaboré avec les troupes
tchadiennes au Mali,déclarait à cet effet : Quand parvient
le renseignement- et il faut avoir les moyens de l'obtenir - selon lequel un
groupe est susceptible de mener une action terroriste, il faut le
vérifierà l'aide de moyens techniques (cyber, satellites, avions
ou drones Reaper). Ensuite, il faut suivre vingt-quatre heures sur
vingt-quatre des adversaires qui sont souvent très mobiles et
très discrets.(...) une fois que, grâce à l'image fournie
par le drone, nous avons la certitude que la cible est hostile et une fois que
nous savons où elle se trouve, il convient de préparerl'attaque
avec les moyens ad hoc 85(*)
- Le soutien logistique : Durant
plusieurs opérationsspécialesmenées par les troupes
tchadiennes, les civils ont été d'une très grande
utilité en fournissant notamment des ressources telles que la
nourriture, l'eau potable et même de l'hébergement aux soldats.
B- LA PARTICPATION AUX INITIATIVES DE DERADICALISATION
ET LES GROUPES DE VIGILANCE
- La participation aux initiatives de
déradicalisation : Les populations civiles ont
été aussi plus souvent impliquées dans ces programmes pour
contribuerà prévenir la radicalisation des jeunes et faciliter
également la réintégration et la réinsertion des
anciens combattants djihadistes dans la vie courante. Ceci vise surtout
à réduirel'influenceidéologique des groupes criminels et
favorise ainsi la promotion des valeurs de tolérance, de paix et de
cohésion sociale au sein des communautés locales.
- Les groupes de vigilance : Ces groupes
formésgénéralement des jeunes et des vieillards, ont pour
mission de surveiller constamment les entrées et sorties des villages et
dénoncer toute activité ou attitude suspecte aux forces de
défense et de sécurité. Ils sont armés de
machettes, de flèches, de couteaux et même de fusils de
chasse86(*).
PARAGRAPHE II : L'IMPORTANCE
DE L'IMPLICATION DES CIVILS
A- LA MAITRISE ET
LA CONNAISSANCE DU TERRAIN
Les soldats tchadiens collaborent avec les populations locales
dans la lutte contre le terrorisme pour plusieurs raisons telles que la
connaissance du terrain, la légitimité locale et aussi pour
permettre la mise en oeuvredes initiatives de développement durable.
Les populations civiles possèdent une large
connaissance de l'environnement, des coutumes et des liens sociaux entre les
communautésprésentes dans ces zones. Ce sont des facteurs
indispensables dans l'identification des menaces et la transmission des
informations secrètes aux forces de défense. Dans la
région du Lac-Tchad par exemple, les BOUDOUMA, les
KANURI, les KOTOKO, les HAOUSSA, les PEULS
ou encore les MUSGUM sont les groupes ethniques les plus influents de
la région et beaucoup de membres de BOKO HARAM sont issus de ces
communautés87(*).
Ces populations sont donc bien placées pour comprendre les
mécanismes et les stratégies des assaillants et aider les forces
de l'ordreà les démasquer.
En impliquant les populations civiles, les forces de
défense renforcent surtout leur légitimité et facilitent
ainsi la coopération. Car, les populations se sentent de plus en plus
concernées par cette lutte contre le terrorisme.
B- PARTICIPATION
AUX PROJETS DE DEVELOPPEMENT DURABLE
S'agissant des initiatives de développement durable,
cette approche s'attaque aux causes profondes de la crise en impliquant les
populations touchées dans des projets de développement,
contribuant ainsi à renforcer leur autonomie et leur stabilité
sur le long terme. En participant à ces initiatives, les populations
développentégalement des capacités de résilience en
temps de crise.
En somme, tout au long de cette analyse, il a
été question pour nous de nous atteler sur les ressources
humaines mobilisées par le Tchad dans la lutte contre le terrorisme au
sein du G5 SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT de 2014
à 2023. Il nous convient de retenir qu'au niveau du G5 SAHEL, les
troupes tchadiennes étaientestimées à plus de 1 200
soldats et dans la FMM de la CBLT, elles sont au nombre de 3 000 hommes
repartis sur les différents théâtres d'opération.
Ces troupes ont bénéficié d'une formation spéciale
et appropriée pour des guerres asymétriquesà l'instar de
celle menée contre les groupes djihadistes dans cette zone. Nous avons
égalementmentionnél'importance del'implication des populations
civiles dans cette lutte, car, elles ont une parfaite maitrise de
l'environnement et de ses composantes, permettant ainsi aux forces
armées tchadiennes d'appréhender les groupes terroristes et
d'anticiper leurs activités criminelles.
CHAPITRE II : LA
CONTRIBUTION DU TCHAD EN TERMES DE LOGISTIQUES
Le Tchad, pays sahélienengagé en première
ligne dans la lutte contre le terrorisme au sein des coalitions militaires
sous-régionales, joue un rôle incontournable dans
l'éradication de la menace djihadiste dans la région du Sahel et
du Lac-Tchad. Le Tchad a déployéd'importants moyens logistiques
pour appuyer les forces arméesrégionales. Parmi ces moyens, nous
avons d'abord le matériel militaire et les infrastructures militaires
construites à cet effet (section 1) et enfin les ressources
financières mobilisées (section 2).
SECTION 1 : LE MATERIEL
MILITAIREET LES INFRASTRUCTURES CONSTRUITES
Lors de ses interventions contre le terrorisme au sein du G5
SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, le Tchad a
mobilisé des moyens matériels considérablement
sophistiqués et adaptés aux réalités du terrain
(Paragraphe I). Le Tchad a aussi construit des infrastructures
spécifiques sur le théâtre des opérations et aussi
dans les zones urbaines, pour permettre la mobilité et
l'hébergement de ses troupes (Paragraphe II).
PARAGRAPHE I : LE MATERIEL
MILITAIRE
Les moyens militaires utilisésdurant l'intervention
tchadienne sont entre autres : les types d'armements (A) et les moyens de
déplacements des troupes (B).
A- LES TYPES D'ARMEMENTS
Les forces armées tchadiennes disposent de moyens
considérables e
t ont égalementmobiliséun
éventaild'armements qui leur permet de mener des
opérationsspéciales avec une certaine efficacité contre
les groupes criminels. Les systèmesd'armements tchadiens comprennent
notamment les armes légères telles que les fusils
d'assautappeléscommunémentkalachnikovs, les mitraillettes, les
fusils de longue portée, les systèmesd'artillerie lourdes
motorisées ou non-motorisées, les lance-roquettes, les mortiers,
les systèmes de défenseaérienne, etc.88(*). Ces différents types
d'armements ont étémobilisés par milliers pour
réduireconsidérablement le risque d'échec de ces
opérations militaires.
PHOTO 1 : Des soldats tchadiens armés
de fusils d'assaut à l'aéroport de Gao dans le nord du Mali, le
28 janvier 2013.

Source :
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20130415-mali-tchad-entame-retrait-debat-misma-onuConsulté
le 13 juillet 2024.
B- LES MOYENS DE DEPLACEMENT DES
TROUPES
Dans le cadre de lutte contre les groupes djihadistes au sein
duG5 SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, l'Armée
Tchadienne utilise généralementune flotte variée de
véhiculesblindés, comprenant des véhicules de transport de
troupes (VTT) comme les BMP-1 (c'est un véhiculeblindé de combat
d'infanterie russe, il a été développé en URSS au
début des années 1960 par TchTZ. Il est entré en service
en 1966 et a été développé pour renforcer les
capacités des unitésd'infanteriemécanisées. Il est
doté d'une truelle monoplace armée d'un canon 2A28 Grom
à âme lisse de 73 mm, d'une mitrailleuse coaxiale PKTM de 7,62 mm
et du missile antichars 9M14M Malyutka) 89(*) et les BTR-80 (c'est un
véhiculeblindé de transport de troupes amphibie à roues
8x8 conçu en URSS et déployé pour la première fois
durant la guerre sovieto-afghane)90(*).
Ces véhicules sont conçus pour protéger
les soldats des tirs ennemis tout en leur permettant undéploiementrapide
sur le terrain. Ce sont des engins particulièrementutilisés lors
des opérations de reconnaissance et d'assaut.
Hormis les véhiculesblindés, les soldats
tchadiens se servent également des pickupséquipés de
mitrailleuses et offrant une grande maniabilité et une rapidité
lors des interventions contre les forces du mal. Ces moyens roulants jouent un
rôle essentiel dans le transport de matériel, de munitions et de
personnel sur les théâtres des opérations, en offrant une
capacité de soutien de feu et permettant aussi d'évacuer les
blessés.
Dans la zone marécageuse du Lac-Tchad, les soldats
tchadiens utilisent les petits bateauxéquipés de mitrailleuses
pour naviguer sur les eaux du lac et pouvoir atteindre ainsi les
localitéséloignées et les petites iles qui constituent
généralement des refuges pour les éléments de BOKO
HARAM.
Les soldats tchadiens se servent aussi parfois des motocycles
pour se déplacer facilement entre les broussailles et les hautes herbes,
augmentant ainsi leur capacité de surveillance et d'anticipation des
exactions terroristes.91(*)
A ces moyens terrestres et lacustres de transport de troupes,
il faut également mentionner les moyens aériens tels que les
hélicoptères de combats et de transport de troupes, les avions de
chasse, les bombardiers, les drones, etc. Ces engins constituent un atout
considérable et indispensable dans la bonne conduite des
opérations militaires sur le terrain.
PHOTO 2 : Une image de quelques soldats
tchadiens debout sur des véhiculesblindésBMP-1, au nord du Mali,
en avril 2014.

Source : Page Facebook du ministère
tchadien des Armées
(https:/www.facebook.com/profile.php?id-6155809181148)
PHOTO 3 : Des soldats tchadiens patrouillant
sur les méandres du Lac-Tchad, le 29 novembre 2022, au poste
avancé de Bouka Toulorom.

Source : https :
//www.parismatch.com/actu/international/tchad-rencontre-exclusive-avec-le-president-mahamat-deby-si-tombe-tout-le-monde-tombe-219998
PARAGRAPHE II : LES
INFRASTRUCTURES MISES EN PLACE
Dans la lutte contre le terrorisme, les forces armées
tchadiennes ont construit des camps militaires (A) servant de poste de
commandement et debase avancée, ainsi que des infrastructuressecondaires
(B).
A- LES CAMPS MILITAIRES
Parlant de camps militaires, il faut savoir qu'il en existe
trois (3) types, qui sont entre autres :
- Les camps de base
opérationnelle : ce sont souvent des installations
situées à proximité des zones de conflits, pour permettre
aux forces tchadiennes de se déployertrèsrapidement en cas de
nécessité. Nous avons par exemple les camps de MISKI
(situé dans la province du TIBESTI, à l'extrême-nord,
à la frontière avec la Libye), le camp de MOUSSORO (au nord-ouest
du pays, à la frontière avec le Niger) ou encore le camp de BAGA
SOLA (situé dans la province du LAC, à l'ouest du pays, à
la frontière avec le Niger et le Nigeria). Ces camps sont des points
névralgiques pour les opérations antiterroristes au Nord du pays
et particulièrement sur le flanc ouest du territoire tchadien.92(*)
Lors de l'intervention tchadienne au Mali, dans le cadre de la
MINUSMA et du G5 SAHEL, les troupes tchadiennes partageaient les centres
d'accueil avec les autres contingents étrangersprésents au Mali.
Au sein de la FMM de la CBLT, il s'agissait pour les combattants tchadiens de
sécuriser beaucoup plus leurs lignes frontalières, avec des
postes avancés temporaires, que de pénétrerdirectementdans
les territoires des autres pays membres, sauf lors des
opérationsmenées conjointement et ayant l'aval de la plus haute
hiérarchie, c'est-à-dire les Chefs d'Etats.
Il est opportun de préciser aussi que le Tchad
accueille le Quartier Général de la Force Multinationale Mixte de
la CBLT qui est situé dans la capitale tchadienne Ndjamena. Toutes ces
importantes bases militaires permettent de coordonner et d'organiser les
différentesopérations militaires ainsi que d'assurer la collecte,
la centralisation et la transmission des renseignements.
- Les camps temporaires et
semi-temporaires : Ces types d'infrastructures sont mis en place
pour des opérationsspéciales coordonnées dans le cadre du
G5 SAHEL ou de la FMM de la CBLT, souvent en réponse à une
montée en puissance des activités criminelles. Ce sont des
installations conçues pour êtremontées et
démontéesfacilement et rapidement, avec des structures modulaires
facilitant une réponse agile aux menaces terroristes.
Ces camps sont généralemententourés de
fils barbelés et d'une quantité importante de sacs de sable pour
éviterd'être à découvert et donc vulnérables
face aux attaques djihadistes. Ils se concentrent généralement
dans la Province du LAC où des localités comme KAIGA KINDJIRI,
BOHOMA93(*),
BARKARAM94(*), et autres,
abritent d'importantes bases temporaires avancées de l'Armée
Tchadienne.
- Les camps de formation : ce sont des
centres d'instruction des forces arméestchadiennes, souventsitués
dans la capitale Ndjamena ou dans les localités avoisinantes des zones
de conflits. Les soldats tchadiens y suivent des formations spéciales en
matière de techniques d'aguerrissement pour les opérations
antiterroristes. Ils offrent également un hébergement pour les
troupes engagées, avec des installations sanitaires et des espaces de
vie.
B- LES INFRASTRUCURES SECONDAIRES
Comme infrastructures secondaires, nous avons
respectivement :
- Les installations de transport et de
mobilité : Les soldats tchadiens ont construit des routes
et des pistes, des aérodromes ou encore des ponts temporaires. Ces
structures ont pour but de faciliter le déplacement, l'approvisionnement
et les activités de patrouille et surveillance menées par les
troupes tchadiennes. Car, la zone du Lac-Tchad par exemple est
trèsconnue pour son environnement marécageux et difficilement
fréquentable, à cause surtout du manque d'infrastructures de
base.
- Les infrastructures à usage
public : Ceci comprenant notamment les châteaux d'eau et
les robinets à pompe, les districts sanitaires d'urgence, des salles de
classe provisoires pour les déplacés de BOKO HARAM, etc. Ces
infrastructures sont construites dans le butd'offrir les services publics de
premièrenécessité aux populations et de les rallier autour
de cette cause commune qui est celle de la lutte contre les exactions des
groupes extrémistes.
PHOTO 4 : Des officiers tchadiens de la Force
Multinationale Mixte de la CBLT inaugurant un château d'eau d'une
capacité de 10 m3 construit par cette même force dans la
localité de LITRI, à 5 km de la frontière
tchado-nigériane, le 15 octobre 2024.

Source : Le media tchadien en ligne
TribuneEchos.com (
https://www.facebook.com/100066609404880/posts/pfbid0aj5ZXQoxkVV2qBHePWPJSW6SsYWjKcx9c9MuYPgCEmbctwjbmjZqCbeJyrUbKrovl/?app-fbl)
SECTION II : LES MOYENS
FINANCIERS
Le financement de cette intervention militaire tchadienne
contre le terrorisme au Sahel et du la région du Lac-Tchad se fait sur
les fonds propres de l'Etat tchadien (Paragraphe I), qui se trouve aussi
assisté par les partenaires internationaux (Paragraphe II).
PARAGRAPHE I : LE
FINANCEMENT PROPRE DE L'ETAT TCHADIEN
Nous avons d'une part, le budget de défense annuel de
l'Etat tchadien et d'autre part, sa participation financière au sein des
deux forces sous-régionales conjointes.
A- LE BUDGET
MILITAIRE ANNUEL DE L'ETAT TCHADIEN
Pour le compte de l'année 2022, le gouvernement
tchadien a consacré plus de 0,36 milliard de dollars pour ses
dépenses militaires, soit environs 2, 93% du PIB (Produit
IntérieurBrut), soit encore une augmentation de 7, 98% par rapport
à 2021.95(*)
Lors de sa première intervention militaire au Mali sous
l'égide deFATIM (Forces Armées Tchadiennes en Intervention au
Mali), le gouvernement tchadien avait chiffré des dépenses
trimestrielles s'élevant à plus de 56 737 120 195
Francs CFA et les prévisions de dépenses sur une période
de 12 mois s'articulaient autour de 90 321 953 893 Francs
CFA.96(*)
B- LA PARTICIPATION
FINANCIERE DU TCHAD AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE
LA CBLT
À la suite de la création du G5 SAHEL, les Etats
membres se sont engagés à verser une contribution individuelle de
10 millions d'euros par Etat.97(*) Mais force est de constater que seuls le Tchad et la
Mauritanie respectent pleinement leur engagement financier. Cette situation a
conduit le PrésidentIDRISS DEBY à vouloir retirer ses troupes en
2020du Mali, car s'estimant moins assisté sur le plan financier par les
autres partenaires engagés dans cette lutte.
Tableau 2 : Part dans le PIB national des
dépenses militaires des pays du G5 SAHEL (en pourcentage du
PIB)

Source : SIPRI Military Expenditure Database(
https://www.sipri.org/databases/milex)
PARAGRAPHE II : L'APPUI
FINANCIER DES PARTENAIRES INTERNATIONAUX
Le terrorisme étantperçu comme une menace pour
la paix et la stabilité mondiale, le financement international est un
élémentdéterminant dans la lutte contre le terrorisme en
général et plus particulièrementau Sahel et dans le Bassin
du Lac-Tchad. C'est dans cette optique que des partenairesbilatéraux(A)
et les organisationsinternationales(B) multiplient les efforts pour appuyer les
Etats touchés par fléau.
A- Les partenaires bilatéraux
En tête, nous avons les Etats-Unis qui fournissent des
efforts financiers considérables. Le 30 octobre 2017, les USA avaient
promis une aide financière de 60 millions de dollars au G5 SAHEL dont
plus de 11 millions versés la mêmeannée.98(*) Washington a aussi
alloué 363 millions de dollars à la FMM de la CBLT entre 2015 et
2018.99(*)
Puis la France, qui a dépensé entre 490 et 566
millions d'euros de 2014 à 2017.
Ensuite, nous avons l'Arabie Saoudite qui avait promis une
aide financière de 100 millions de dollars et les Emirats Arabes Unis 30
millions de dollars, pour le compte du G5 SAHEL dont fait partie le Tchad.
Enfin, en 2016, le Royaume-Uni a fourni un financement direct
à la Force Multinationale Mixte à hauteur de 5 millions de livres
sterling.
B- Les organisations internationales
Parmi lespartenairesmultilatéraux, nous pouvons citer
par exemple les Nations Unies qui ont alloué plus de 415 millions de
dollars aux différentes forces conjointes engagées dans la lutte
antiterroriste.
Ensuite, l'UE (Union Européenne) qui avait offert en
fin d'année 2019, une aide de 55 millions d'euros à l'Union
Africaine pour subventionner les pays engagés dans la lutte contre le
terrorisme. Grace à cette aide, un hôpital militaire et des
infrastructures pour les Quartiers Généraux des secteurs ont
été construits au Tchad, ainsi que des équipements de
communication et des véhicules militaires achetés.100(*)
Tableau 3 : Appui financier des USA
alloué en 2014 à chaque pays du G5 SAHEL (en millions de dollars
US courants)

Source : SIPRI MILITARY EXPENDITURE
DATABASE(
https://www.sipri.org/databases/milex
Au sortir de ce chapitre, il nous convient de retenir que
l'intervention des forces armées tchadiennes dans la lutte
antiterroriste au sein du G5 SAHEL et de la FMM a nécessité la
mobilisation d'importants moyens logistiques comprenant les matériels
militaires (les armements et les munitions), les infrastructures (qu'elles
soient militaires ou civiles), ainsi que de moyens
financiersconsidérables issus grandement des fonds propres de l'Etat
tchadien, et aussi des soutiens des partenaires internationaux.
Le Tchad a participé depuis 2014, à
différentesopérations militaires antiterroristes au sein du G5
SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT. A l'instar de tous les
autres Etats engagés dans cette lutte, le Tchad a
déployéd'importants moyens humains et logistiques. Dans le G5
SAHEL, le Tchad a fourni plus de 1 200 soldats, faisant de lui le
deuxième plus grand contributeur après le Mali et ses 1 400
hommes. Au niveau de la FMM de la CBLT, le contingent tchadien était
chiffré à 3 000 soldats sur les 8 000 que compte cette
force conjointe. Sur le plan logistique, la contribution tchadienne
étaitégalement signifiante, car elle comprenait de centaines de
véhiculesblindés, des avions de chasse et de reconnaissance, des
drones, des chars de combat et des pickups. Le Tchad a aussi
construitd'importantes infrastructures militaires (bases militaires, camps de
formation et des postes avancés sur les rives du Lac-Tchad) et sociales
dont des pistes aménagées, des aérodromes, des ponts, des
châteaux d'eau, etc. Cependant, quelle serait la portée de
cetteintervention militaire tchadienne pour la sous-région ainsi que
pour le Tchad ? La réponse à cette problématique
constituera la deuxième partie de notre étude.
DEUXIEME PARTIE : L'IMPACT
DE L'INTERVENTION DU TCHAD DANS LES OPERATIONS DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU
SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
De 2014 à 2023, le Tchad s'estengagé dans la
guerre contre le terrorisme au sein des forces conjointes de la
sous-région telles que le G5 SAHEL et la Force Multinationale Mixte de
la CBLT. Durant cette période, les activités djihadistes ont
considérablementdiminué et les régions du Sahel et du
Lac-Tchad ont retrouvé peu à peu leur stabilité politique
et économique et leur quiétude. Cette intervention a aussi permis
au Tchad de s'affirmerpleinement comme acteur de premier plan sur la
scène diplomatique africaine, surtout pour les questions de
défense et de sécurité. Néanmoins, cette
intervention a aussi eu des conséquences négatives dues aux
pertes en vie humaine dans les rangs des troupes tchadiennes, elle a
également exposé le Tchad à d'autres menaces
sécuritaires internes. Pour une meilleure appréhension de ces
aspects, il serait judicieux pour nous d'analyserd'abordl'impact de
l'intervention tchadienne sur la sous-région(chapitre I), avant d'en
revenir sur la portée de cette intervention pour le Tchad (chapitre
II).
CHAPITRE III : L'IMPACT DE
L'INTERVENTION TCHADIENNE SUR LA SOUS-REGION
Le Tchad en raison de sa situation géographique et de
son expérience militaire, est devenu un acteur incontournable dans la
lutte contre les groupes extrémistes qui sévissent dans la
région du Sahel. Son engagement au sein du G5 SAHEL et de la Force
Multinationale Mixte de la CBLT a eu des répercussionssignificatives sur
la sécurité, le développement social et l'économie
de la sous-région. Pour mieux cernercet impact, nous analyserons
premièrement les conséquencessécuritaires (section I),
deuxièmement, les retombées sur le plan économique et
social(section II) de cette intervention pour la sous-région.
SECTION I : LES CONSEQUENCES
SECURITAIRES
L'intervention militaire tchadienne au sein du G5 SAHEL et de
la Force Multinationale Mixte de la CBLT a été d'une importance
capitale pour la sous-région. Elle a permis de réduire
significativement les activités terroristes et restaurer la
sécurité(Paragraphe I), malgré les limites et défis
qui s'imposent (Paragraphe II).
PARAGRAPHE I : REDUCTION DES
ACTIONS TERRORISTES DANS LA SOUS-REGION
L'intervention des troupes tchadiennes a permis de
réduire considérablement les menaces terroristes tant au Sahel
(A) que dans le Bassin du Lac-Tchad (B)
A- AU NIVEAU DU SAHEL
Grâce à l'intervention des forces armées
tchadiennes, des succès militaires notables ont
étéenregistrés, entrainant une diminution des attaques
terroristes dans plusieurs zones sensibles. Cela a permis de restaurer une
certaine forme de sécurité dans des régions où la
peur et l'insécurité grandissante régnaient, favorisant
ainsi une reprise progressive de la vie normale pour les populations. Les
forces armées tchadiennes, en coordination avec les autres forces de la
région, ont mené des opérations militaires
spéciales pour contrer l'insurrection et libérer plusieurs villes
et localités longtemps contrôlées par les factions
terroristes.
Au Mali par exemple, en mars 2013, des grandes villes comme
KIDAL, GAO et TOMBOUCTOU avaient été
libéréesgrâce aux offensivesmenées par les troupes
tchadiennes, qui étaientaccompagnées parfois par les
Français. Ces attaques ont permis égalementl'élimination
de milliersd'éléments djihadistes, parmi eux, des chefs
recherchés depuis des années par les services de renseignements
occidentaux et africains. Il s'agitnotamment de MOKHTAR BEL MOKHTAR et d'ABOU
ZAID (deux émirsd'Al-Qaïda au Maghreb Islamique)101(*).
B- DANS LE BASSIN DU LAC-TCHAD
Au Nigeria, l'Armée Tchadienne est intervenue pour
libérer des grandes villes comme DIKWA, GAMBORU NGALA, WURGE, etc. A
Dikwa, les soldats tchadiens ont eu deux combats intenses avec BOKO HARAM, le
premier a eu lieu le 17 février 2015 à l'entrée de la
ville et a mobilisé plus de 2 500 combattants tchadiens. Le bilan
fait état de plus de 100 éléments terroristes
éliminés et de centaines de blessés,
d'importantesquantitésd'armes ont aussi été
récupérées. Lors du second combat, les forces tchadiennes
parviennent à pénétrer dans laville après une heure
de combats où les affrontements se concentraient sur une grande villa
utilisée comme Quartier Général de commandement par les
terroristes. Les troupes tchadiennes vont s'emparer du bâtiment et
récupérerd'importantesquantités de munitions, d'explosifs,
d'argent en liquide et également des véhicules et motos
abandonnéespar les djihadistes lors de leur débandade.102(*)ABUBAKAR SHEKAU, le leader de
BOKO HARAM était présentdans cette villa lors de l'attaque mais a
réussi à s'échapper.
Après ces offensives, les troupes tchadiennes ont
continué le ratissage sur d'autreslocalitésenvironnantes,
traquant et éliminant les derniers élémentsterroristes qui
rodaient dans ces zones. Cette situation a redonné espoir aux habitants
de ces localités qui n'ontcessé de manifester leur reconnaissance
et leur joie, et ont commencé à vaquer peu à peu à
leurs occupations.
PARAGRAPHE II : LES DEFIS RENCONTRES
Les
défis auxquels ont eu à faire face les soldats tchadiens peuvent
être répertoriés sur les plans matériel (A) et
environnemental (B).
A- LES DEFIS
D'ORDRE MATERIEL
Durant leur intervention, les soldats tchadiens ont fait face
à de nombreux défis tels que le manque de moyens, la
difficulté du terrain, la nature transfrontalière du terrorisme
ou l'endoctrinement des populations et particulièrement des jeunes.
Les forces de défense tchadiennes se sont
heurtées au manque de financement ou au faible financement des
partenaires internationaux pour la bonne conduite de cette lutte
antiterroriste. Les autres Etats de la sous-régionétaient aussi
réticentsà l'idée de déployer des moyens
considérables pour traquer le terrorisme à sa source. Le Tchad
à lui seul ne peut pas mener une guerre d'envergurerégionale
contre des forces du mal aux financements obscurs.
B- LES CONTRAINTES
ENVIRONNEMENTALES
Nous pouvons mentionner aussi la complexité de
l'environnement dans lequel interviennent les troupes tchadiennes où les
opérations se déroulaient dans des zones souvent
inhospitalières, ayant un climatextrême et un manque cruel
d'infrastructures, freinant ainsi l'efficacité des offensives
militaires. Les routes et pistes navigablesétaient souvent
parsemées des EEI (Engins Explosifs Improvisés) qui constituent
des obstacles majeurs pour la mobilité et le déplacement rapide
des convois militaires.
La nature transfrontalière du terrorisme
réduisaitl'efficacité de cette lutte pour la simple raison que
les groupes terroristes exploitent les frontières poreuses entre les
Etats pour se déplacer facilement et mener des attaques ciblées
dans différents pays.
A cela, nous pouvonségalement ajouter la radicalisation
de la jeunesse des zones rurales. Cette dernière devient donc une proie
facile pour les djihadistes qui les incorporent dans leurs rangs, gonflant
ainsi leur effectif et rendant la lutte encore plus compliquée pour les
soldats tchadiens.
SECTION II : LES RETOMBEES
SUR LES PLANS ECONOMIQUE ET SOCIAL
L'intervention militaire tchadienne auSahel et dans la zone du
Lac-Tchad a eu un impact considérable sur le plan social (Paragraphe I)
ainsi que sur le plan économique (Paragraphe II).
PARAGRAPHE I : LES RESULTATS
SUR LE PLAN SOCIAL
Sur ce point, nous pouvons mentionner notamment le
renforcement de la coopération militaire régionale (A) et aussi
le retour des personnes déplacées (B).
A- RENFORCEMENT DE
LA COOPERATION ENTRE LES FORCES DE DEFENSE ET LES COMMUNAUTES LOCALES
L'intervention des forces armées tchadiennes a
égalementcroustillé des initiatives de collaboration entre les
militaires sur le terrain et les populations locales. Le travail
considérable abattu par les soldats tchadiens a conduit à la
création d'un dialogue avec les communautés locales. Ce qui
constitue un atout majeur dans la collecte et la transmission des informations,
renforçant ainsi un climat de sérénité et de
confiance.
Les troupes tchadiennes ont également mis en place des
programmes de sensibilisation face aux dangers du terrorisme, favorisant ainsi
une meilleure compréhension des enjeux sécuritaires. Les
opérations militaires tchadiennes ont été aussi
accompagnées d'actions civiles visant à apporter une assistance
humanitaire aux populationsaffectées par le conflit, notamment en
matière de santé, d'éducation et de développement
durable. 103(*)
B- LE RETOUR DES DEPLACES INTERNES
Parallèlement aux opérations militaires, une
mobilisation importante des agences humanitaires et des ONG
s'estopérée pour assister les populations touchées par le
terrorisme. Cette dynamique a permis de fournir une aide humanitaire,
d'établir des centres de réhabilitation et de préparer le
retour des déplacés internes en fournissant des ressources
essentielles. Les premiers retours sont souvent hésitants et
dépendent des garanties fournies par les autorités et les forces
de défense.
Toutefois, le retour des déplacés internes
s'accompagnede nombreux défis tels que l'amélioration des
infrastructures de base (eau potable, électricité, services de
santé, écoles, etc.), qui ont été
généralementdétruites durant l'invasion des groupes
terroristes.104(*)
PARAGRAPHE II : LES
REPERCUSSIONS ECONOMIQUES
L'intervention militaire menée par les troupes
tchadiennes au sein du G5 SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT
a joué un rôle crucial non seulement dans la
sécuritérégionale, mais aussi dans
stabilitééconomique. Ceci se traduit par la multiplication des
aides internationales et des financements (A) et aussi par la relance des
interactions économiques au niveau de la sous-région(B).
A- MULTIPLICATION DES AIDES
INTERNATIONALES ET DES FINANCEMENTS
L'intervention militaire du Tchad a renforcé les
partenariats internationaux. De nombreux pays et organisations internationales
ont ainsi manifesté leur soutien en déployant des aides
financières et des logistiques conséquentes.
Ces financements ont permis d'augmenterconsidérablement
les budgets allouésà la sécurité dans les pays
membres du G5 SAHEL et de la CBLT, dont le Tchad. Ces fonds ont servi à
acquérir du matériel militaire, à former les forces
armées et à améliorer les
infrastructuressécuritaires dans les zones de guerre.105(*)
Les dépensesliées à la lutte
antiterroriste ont ainsi stimulél'économie locale à
travers la création des emplois dans les domaines de la défense,
de la logistique et des services.
B- RELANCE DES INTERACTIONS ECONOMIQUES
REGIONALES
La lutte contre le terrorisme a contribuéà
sécuriser les routes commerciales, favorisant ainsi les échanges
entre les pays de la sous-région. Cela a stimulé les
activitéséconomiques et contribué à réduire
la pauvreté dans ces zones. Les financements internationaux ont permis
de développer et réhabiliter les infrastructures
routières, énergétiques et communicationnelles dans les
localitésaffectées par le terrorisme. Ces améliorations
ont facilité les échanges et ouvert de nouvelles perspectives de
développement local. Un environnement fiable qui occasionné le
développement du tourisme dans certaines régions,
générant ainsi des revenus supplémentaires pour les
populations locales.
En 2019, le commerce de bétails a
considérablementévolué allant de 10 000 à
15 000têtes de bétailexportées par semaine du Tchad
vers le Nigeria.106(*)
En somme, nous avons passé en revue l'impact de
l'intervention militaire tchadienne contre les groupes djihadistes sur la
sous-région. Il en ressort que sur le plan sécuritaire, cette
intervention a permis de réhabiliter la sécurité et la
quiétude dans ces zones longtemps affectées par ce fléau,
permettant ainsi le retour des populations dans leurs habitations et la reprise
progressive des activitéséconomiques. Nous avons
égalementdémontré que cette intervention a redonné
un souffle nouveau à ces localitésgrâce aux soutiens
financiers des partenaires internationaux, qui ont permis restaurer les
infrastructuresdétruites durant la guerre et d'offrir des
opportunités professionnelles aux populations locales.
CHAPITRE IV : LA PORTEE DE
L'INTERVENTION TCHADIENNE POUR LE TCHAD
SECTION I : LES EFFETS SUR
LA STABILITE INTERNE
L'implication du Tchad dans les opérations
antiterroristes au sein du G5 SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la
CBLT, bien qu'essentielle pour la sécuritérégionale,
exerce une pression considérable sur la stabilité interne du
pays. Cette situation a conduit à une intensification des menaces
internes (Paragraphe I), impactant directement la gouvernance du pays
(Paragraphe II).
PARAGRAPHE I :
INTENSIFICATION DES MENACES INTERNES
Les menaces internes de BOKO HARAM se traduisent notamment par
des attentats en pleine capitale Ndjamena (A) ainsi que des attaques
ciblées contre les positions des forces armées tchadiennes
(B).
A- LES ATTENTATS DE NDJAMENA
L'engagement extérieur du Tchad a eu des
répercussions directes sur la situation intérieure, notamment en
termes de sécurité. Certaines
opérationsmilitairesmenées par les troupes tchadiennes ont
poussé les groupes terroristes à se replier sur le territoire
tchadien et à y mener des attaques ciblées. C'est dans ce sillage
que BOKO HARAM a profité pour s'introduire dans la capitale Ndjamena et
commettre des attentats.
Ainsi, le 15 juin 2015, l'Ecole Nationale de Police
située dans le 8e arrondissement de la capitale et le
Commissariat Central situé dans le 2e arrondissement, ont
été ciblés par des kamikazes. Le bilan de ces deux
attaques s'élèveà plus de 30 morts et plusieurs dizaines
de blessés.
PHOTO 5 : Une image capturée lors
de l'attentat devant le Commissariat Central de Ndjamena

Source : VOA Afrique
La ville de Ndjamena sera victime d'une seconde attaque
terroriste lorsque le 11 juillet 2015, un kamikaze déguisé en
femme s'explose en plein milieu du Marché Central de Ndjamena, emportant
avec lui plus de 20 victimes et faisant des dizaines de blessés.
B- LES ATTAQUES CONTRE LES BASES AVANCEES DE L'ARMEE
TCHADIENNE
Toutefois, l'attaque terroriste la plus meurtrière
subie par le Tchad est celle menée par BOKO HARAM dans la nuit du 22 au
23 mars 2020 contre une base avancée des forces
arméestchadiennessituée sur la presqu'ile de BOHOMA, dans la
Province du Lac-Tchad, à la frontièrenigériane. Cette
attaque a fait plus de 98 morts et des centaines de blessés dans les
rangs des troupes tchadiennes, forçant le Président IDRISS DEBY
ITNO à effectuer lui-même la descente des lieux pour constater les
dégâts et diriger lui-même les opérations de
ratissage contre les cachettes des éléments djihadistes107(*).
PHOTO 6 : Une image du
défuntPrésident DEBY devant une carte
géostratégique du bassin du Lac-Tchad, prise lors de
l'Opération «Colère de BOHOMA»

Source : Page Facebook Officielle de la
Présidence de la République du Tchad (
https://www.facebook.com/presidencetd/photos/a.142285639476269/1092874994417324/?type-3&app-fb)
Toutefois, la dernière attaque en date est celle
orchestrée dans la nuit du 27 au 28 octobre 2024 contre la garnison de
BARKARAM, une localitésituée sur les rives du Lac-Tchad, ayant
fait plus de 40 morts et de centaines de blessés parmi les troupes
présentes sur place.108(*)
Vu la gravité de l'attaque, le Président de la
République a décidé de descendre sur le terrain pour
évaluer les dégâts et diriger personnellement les
opérations de riposte surnommée «OPERATION HASKANITE»,
en tant que Chef Suprême des Armées. Deux jours après sa
descente des lieux, le Chef de l'Etat a annoncé officiellement la
volonté du Tchad de se retirer de la Force Multinationale Mixte de la
CBLT à cause : l'absence de mutualisation des efforts,
constatée, comme toujours malheureusement sur le terrain, face à
cet ennemi commun. Cette force créée dans l'optique de mettre en
commun les efforts et les intelligences semble tomber dans la léthargie
109(*)
PHOTO 7 : Une image du Chef de l'Etat,
Général MAHAMAT IDRISS DEBY, lors de sa descente sur les lieux de
l'attaque à BARKARAM, prise le 28 octobre 2024

Source : Page Facebook Officielle de la
Présidence de la République du Tchad
De plus, l'engagement tchadien contre le terrorisme a
exposé le pays, surtout sur son flanc nord où des nombreuses
incursions rebelles ont été enregistrées depuis deux
décennies, dont la plus récente est celle d'avril 2021
menée par le FACT (Front pour l'Alternance et la Concorde au Tchad), et
ayant coûté la vie au Président IDRISS DEBY, qui, comme
dans ses habitudes de Chef de guerre, avait décidé de prendre
lui-même les commandes des troupes pour contrecarrerl'offensive rebelle.
PARAGRAPHE II : IMPACT SUR
LA GOUVERNANCE INTERNE
L'intervention tchadienne contre le terrorisme a
considérablementaffecté la gouvernance interne du pays dans le
sens où une concentration des pouvoirs autour des questions
sécuritaires a émergé. Des moyens extrêmement sont
donc investis dans l'achat des armements et le perfectionnement des troupes, au
détrimentd'autres projets et besoins importants pour le bien-être
de la population.110(*)
Ces situations pourraient bien accentuer les
inégalités sociales et régionales, alimentant le
mécontentement et les tensions politiques.
De plus, le déblocage et la gestion de ces fonds
allouésà la cause militaire peuvent conduire à des actes
de corruption et de malversationfinancière au sein de
l'appareildécisionnaire.111(*)
SECTION II : LE BILAN HUMAIN
ET IMPACT POLITICO-DIPLOMATIQUE
L'interaction entre le Tchad et les menaces terroristes dans
la région du Sahel et du Lac-Tchad a pris une ampleur
considérable au cours de ces dernièresannées. Bien que
l'intervention tchadienne porte ses fruits, elle laisse aussi des
séquelles sombres dans la conscience collective à cause des
dégâts humains. Pour mieux appréhender cet aspect de notre
étude, nous analyserons le bilan humain(Paragraphe I) avant
d'élucidersur la portée politico-diplomatique de cette
intervention(Paragraphe II).
PARAGRAPHE I : LES PERTES HUMAINES
Les pertes en vies humaines concernent tant les soldats
engagés (A) que les populations civiles (B).
A- LES PERTES
HUMAINES PARMI LES SOLDATS
Le Tchad, avec ses forces armées relativement
intrépides, a été souvent le fer de lance des
opérations de lutte contre les groupes extrémistes dans la
sous-région. Lors des offensives, les soldats tchadiens ont
confronté des ennemis bien plus armés et
déterminés, ce qui a entrainé des pertes significatives.
L'engagement du pays dans des missions de combat a nécessité un
déploiement massif des troupes, souvent dans des conditions absolument
pénibles. D'ailleurs, l'ennemin'attaque quasiment jamais à
découvert, il privilégie les embuscades, le placement des engins
explosifs improvisés ou encore les attentats kamikazes.
Les rapports sur les pertes en vies humaines varient, il est
reconnu que le Tchad a perdu des centaines de soldats dans des affrontements
avec des groupes armés terroristes. Entre les
opérationsmenées dans le cadre du G5 SAHEL et celles de la FMM de
la CBLT, le nombre de militaires tués, blessés ou portés
disparus soulèvent des préoccupations quant à la
viabilité de ces campagnes militaires.
Les chiffres officiels font état de plus de 400
militaires tchadiens tuésdepuis le début de l'intervention
tchadienne en 2013 (plus de 50 au Mali, 98 en mars 2020 à BOHOMA et
environs 40 à BARKARAM en octobre 2024), et le nombre de blessés
se compte par milliers.112(*)
Ces lourdes pertes en vie humaine ont eu un impact profond sur
les forces armées tchadiennes, affectant non seulement le moral des
troupes, mais aussi la capacitéopérationnelle de
l'armée.
B-LES PERTES HUMAINES PARMI LES
POPULATIONS CIVILES
En parallèle des pertes militaires, les actions
tchadiennes contre le terrorisme ont tragiquement causé des pertes
civiles. Ces dernières ont été documentées par
plusieurs organisations humanitaires et incluent non seulement les victimes
directes des attaques terroristes, mais aussi celles résultant des
frappes aériennes et des combats au sol. Les chiffres exacts varient,
mais il est clair que les civils ont payé un lourd tribut contre le
terrorisme.
Selon des rapports publiés par l'ONG Amnesty
International, environs 7 000 personnes civiles ont été
massacrées dans les attaques et attentats de BOKO HARAM dans les
localitésenvironnantes du Lac-Tchad, et environs 2 000 à
7 000 femmes ont été prises en otage par les assaillants
pour servir d'esclaves sexuelles aux djihadistes.113(*)
Ces pertes civiles et les conséquences indirectes des
opérations militaires ont eu un impact significatif sur la
stabilité interne du Tchad. Les déplacementsforcés et les
perturbations économiques ont exacerbé les tensions sociales et
politiques, créant un environnement instable et précaire pour les
populations locales.
PARAGRAPHE II : L'IMPACT
POLITICO-DIPLOMATIQUE
Depuis 2013, le Tchad s'est massivement engagé dans
diverses opérations militaires pour contrer les menaces
engendrées par les groupes extrémistes tels que BOKO HARAM et
AQMI. Cette implication militaire n'a pas seulement influencé la
situation sécuritaire dans la région, mais a également eu
des répercussions significatives sur la politique intérieure (A)
et extérieure du pays (B).
A-IMPACT SUR LA POLITIQUE INTERIEURE
L'intervention tchadienne dans la lutte contre le terrorisme a
permis de renforcer l'autorité de l'Etat tchadien, dans le sens
où ce dernier a démontré ses capacités de
mobilisation des troupes et du matériel militaire pour répondre
efficacement aux menaces djihadistes. Le gouvernement a renforcé sa
légitimitéauprès de ses citoyens, ce qui a conduit
à une consolidation du pouvoir central et à une meilleure
gouvernance du territoire national. Les succès militaires
engrangés ont étéutilisés comme un outil de
propagande pour redorer l'image du gouvernement.114(*)
Plusieurs mouvements politiques et organisations de la
société civile n'ontcesséd'apporter leur
indéfectible soutien au gouvernement à travers des meetings, des
campagnes de sensibilisation et des marches pacifiques de soutienà
l'Armée Nationale Tchadienne. Certaines associations font
mêmerégulièrement des dons de toutes formes (des produits
alimentaires, des matelas, des têtes de moutons et de dromadaires, etc.)
aux forces de défenseengagées dans la lutte contre BOKO HARAM.
Toutefois, malgré les succès militaires,
l'intervention tchadienne a égalemententrainé des tensions
internes à cause des coûts humains et financiers
trèsélevés des opérations. Des
mécontentements et des critiques ont ainsi été
enregistrés au sein de la population.
Photo 8 : Le Ministre de la Sécurité
Publique (au milieu, avec un bonnet blanc) receptionnant les moutons offerts
par le Conseil National des Pétroliers du Tchad aux forces de
défense engagées contre Boko Haram, le 03 novembre
2024

Source : Le média tchadien en ligne
Ndjamena Actu
Photo 9 : Des sacs de riz, de sucre et de farine,
des bidons d'huile offerts par le Conseil National des Pétroliers du
Tchad

Source : Ndjamena Actu
B-LES
REPERCUSSIONS SUR LA POLITIQUE EXTERIEURE
Le Professeur Augustin KONTCHOU KOMEGNI dans son
schémareprésentatif(à travers un cercle)115(*)du degréd'influence
des pays africains sur la scène internationale dans les
années1980,plaçait le Tchad à l'extrême bout de ce
cercle. Pour cet éminent universitaire, le Tchad des années 1980
n'était pas pleinement engagé dans les opérations de
maintien de la paix en Afrique, comparé à d'autres pays comme
l'Algérie, l'Egypte, le Sénégal ou encore le Nigeria. Ce
qui en ressort que l'influence du Tchad, sur le plan diplomatique mondial,
était insignifiante.
Figure 6 : Représentation de
l'influence des Etats africains dans les Relations Internationales par le Pr
Augustin KONTCHOU KOMEGNI

Source : Marcel Merle, Sociologie des
relations internationales, Paris, Dalloz, 1974.
Néanmoins, depuis son intervention militaire dans le
cadre de la lutte antiterroriste au sein du G5 SAHEL et de la Force
Multinationale Mixte de la CBLT, le Tchad a accru son rôle diplomatique
et son influence régionale. En tant que membre actif du G5 SAHEL et de
la FMM de la CBLT, le Tchad a gagné en importance dans les discussions
régionales sur la sécurité et la coopération. Cette
influence accrue a permis au Tchad de jouer un rôle de médiateur
dans plusieurs conflits régionaux et de renforcer sa position en tant
que leader dans la lutte contre le terrorisme en Afrique.
De plus, cette position dominante a permis au Tchad de mieux
négocier des accords internationaux et de participer activement aux
décisionsstratégiques au niveau continental et mondial,
renforçant ainsi ses alliances internationales, surtout avec des
puissances mondiales comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Turquie, la
France, l'Allemagne ou encore le Royaume-Uni. Tous ces pays ont reconnu
l'importancestratégique du Tchad dans la régionet lui ont
apporté des soutiens logistiques, financiers et militaires.
Ce renforcement des alliances a permis au Tchad
d'améliorer ses capacités militaires et de
bénéficier d'un soutien diplomatique considérable sur la
scène internationale, allant jusqu'à lui valoir une place de
membre non-permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU (la plus
haute instance décisionnaire pour les questions sécuritaires
mondiales) du 27 décembre 2014 au 27 décembre 2015.116(*)
Photo 15 : Une image du Représentant du
Tchad au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU, l'Ambassadeur
Chérif MAHAMAT ZENE, prise en juin 2015.

Source : Page Facebook officielle du
Ministère tchadien des Affaires Etrangères
CONCLUSION
En définitive, tout au long de ce chapitre, nous avons
tenté de l'impact de l'intervention tchadienne contre le terrorisme au
sein du G5 SAHEL et de la FMM de la CBLT, sur le Tchad lui-même. Il en
ressort que cette intervention a eu des conséquencessignifiantes sur la
stabilité interne du pays, car, dès lors, les attaques
terroristes se sont intensifiées sur le sol tchadien, allant
jusqu'à opérer en pleine capitale Ndjamena. La concentration des
forces sur le front antiterroriste a rendu le nord du pays vulnérable
aux incursions des groupes rebelles, dont la dernière en date est celle
ayant arraché la vie au Président DEBY. Sur le plan humain, le
Tchad a aussi perdu plus de 400 de soldats lors des
différentesopérations militaires, et le nombre des blessés
se compte par milliers, sans compter le bilan humain parmi les civils qui
avoisinent les 7 000 victimes. Néanmoins, sur le plan
politico-diplomatique, cette intervention a permis de légitimer le
pouvoir militaire et de redorer le blason du pays sur l'échiquier
diplomatique mondiale, allant jusqu'à lui valoir une place de membre
non-permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU.
Dans la deuxième partie de notre étude, nous
avons démontré d'abord, l'impact de l'intervention militaire
tchadien au sein du G5 SAHEL et de la FMM de la CBLT de 2014 à 2024 sur
la sous-région, et il nous convient de retenir que cette intervention a
permis de stabiliser les localités de cette région et de
créer un environnement favorable au retour des personnes
déplacées internes. Ce retour a permis à la vie de
reprendre son cours, à travers la reprisse des
interactionséconomiques entre les différents pays de ces zones.
Ensuite, il nous a été utile d'analyser les conséquences
de cette intervention sur le Tchad en tant qu'entité. Il en ressort que
depuis le début de cette intervention, les menaces terroristes contre le
Tchad se sont accentuées, allant jusqu'à commettre des attentats
suicides en pleine capitale Ndjamena. Cette situation a aussi permis aux
mouvements rebelles de commettre quelques incursions au nord du territoire
tchadien, allant jusqu'à tuer le Président IDRISS DEBY lors d'un
affrontement au nord-ouest du pays. Sur le plan humain, le Tchad a aussi
payé un lourd tribut à cause de cette intervention. Plus de 400
soldats tchadiens ont été tués durant les offensives
contre les positions des groupes terroristes et plus de 7 000 civils
tués. Le nombre des blesséss'élève à
plusieurs milliers. De plus, cette intervention a permis au gouvernement
tchadien d'asseoir sa légitimité au sein de sa population et de
se faire une place dans la scènediplomatique mondiale, couronnée
par une place de membre non-permanent du Conseil de Sécurité de
l'ONU de décembre2014 à décembre 2015.
CONCLUSION GENERALE
Parvenus au terme de notre étude portant sur
l'intervention des ForcesArmées Tchadiennes dans la lutte contre le
terrorisme au sein du G5 SAHEL et de la Force Multinationale Mixte de la CBLT,
il nous importe de rappeler d'abord que notre problématique portait sur
le dessein de l'intervention militaire tchadienne, les moyens
déployés à cet effet et la place du Tchad sur
l'échiquier diplomatique mondial, à la suite de cette
intervention.
Il en ressort que le Tchad
étanttrèsattaché au principe d'assistance mutuelle entre
Etats, n'a pas hésité à déployer ses forces
armées au Mali dès 2013 à travers la mission FATIM, quand
ce pays était globalement tombé entre les mains des groupes
terroristes comme AQMI et DAESH. Ensuite, le Tchad s'estengagé au sein
des forces onusiennes de maintien de la paix dans ce pays dans le cadre de la
MINUSMA avec un contingent de plus de 1 440 hommes.
Plus loin, le Tchad a intégréautomatiquement le
G5 SAHEL et la Force Multinationale Mixte de la CBLT suite à son
appartenance géographique à cette zone, en mobilisant plus de
1 200 soldats au sein de la première force et environs 3 000
dans la seconde. Sur le plan, logistique, d'importants moyens matériels
et financiers ont été mobilisés par le gouvernement
tchadien pour répondre efficacement à la menace terroriste.
Cette intervention a permis de stabiliser la région et
de diminuer les effectifs et la force de frappe des groupes terroristes,
permettantainsi aux populations longtempsdéplacées de revenir
à leurs habitats ordinaires, et relançant ainsi les
échanges commerciaux entre les Etats de la région longtemps
perturbée par les activités terroristes.
Suite à cette intervention, le Tchad a payé un
lourd tribut, tant sur le plan des pertes en vies humaines que l'atteinte de sa
stabilité interne. Ainsi, plus de 400 soldats tchadiens ont perdu la vie
lors des opérations militaires et lors des attentats commis par les
éléments des groupes djihadistes tels que BOKO HARAM, AQMI et
DAESH. Le nombre des blessés se compte alors par milliers.
Cette intervention a fragilisé le Tchad sur son flanc
nord, à la frontière avec la Libye où depuis des
décennies, des groupes armés rebelles y sévissent et
ymènent des attaques contre les positions des forces armées
tchadiennes. Cela est causé notamment par la concentration des forces
sur la menace terroriste.
Néanmoins, il faut reconnaitre que cette intervention a
permis au Tchad de s'affirmer comme un acteur régionalincontournable et
indispensable, s'agissant surtout des questions de sécurité et de
défense. Ceci a notamment amélioré les relations du Tchad
avec les plus grandes puissances de ce monde à l'instar des USA, la
Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Turquie, la
Hongrie etc.
Cette reconnaissance internationale sera couronnée par
l'attribution au Tchad de membre non-permanent au Conseil de
Sécurité des Nations Unies en 2014.
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sécuritaire au Sahel : quelles répercussions sur les pays du
Maghreb Arabe ?, Konrad Adenauer, Bureau du Maroc, 2015.
IV - THESES ET MEMOIRES
? SADY Sidi, La résolution des conflits en Afrique,
Thèse de doctorat d'État en Sciences Politiques,
Université Cheikh Anta Diop, Dakar 2003, 281 p.
? MANDY Renardy, Comment les considérations
sécuritaires ont-elles pris de l'ampleur au sein de la politique
européenne d'aide au développement au Sahel lors de la
période 2012-2018 ? Analyse d'un cas pratique : l'organisation
de coopération régionale du G5 Sahel, Mémoire de
Master 2 en Sciences de la Population et du Développement,
Université de Liège, Liège, 2019.
? DAKUYO Laure, Analyse critique du paysage de la
sécurité et évaluation des politiques en matière de
prévention du terrorisme en Afrique de l'Ouest : cas du Burkina
Faso, Mémoire de Master 2 en Affaires Publiques et Internationales,
Université d'Ottawa, Ottawa, 2023.
? MOHAMADOU HAFISSE Saïd, La participation des forces
de défense camerounaises dans la résolution des conflits en
Afrique : regards à partir de quelques opérations de
maintien de la paix de 1995 à 2022, Mémoire de Master 2 en
Science Politique, Université de N'Gaoundéré,
N'Gaoundéré, 2022.
V - ARTICLES SCIENTIFIQUESET REVUES
? INTERNATIONAL CRISIS GROUP, « Quel rôle pour
la Force Multinationale Mixte dans la lutte contre Boko
Haram ?», 07 juillet 2020.
? MINISTERE DES ARMÉES, « Opération
Barkhane : bande sahélo-saharienne », Dossier de Presse
de la Défense, septembre 2022.
? AWOUMOU Come Damien, La mise en oeuvre du
mécanisme d'alerte rapide de l'Afrique Centrale : un processus
enfin lancé ? ,in Enjeux, 2007, N°33, pp 3-6.
? PEROUSSE DE MONTCLOS Marc Antoine, « Boko Haram et
le terrorisme islamiste au Nigéria : insurrection religieuse,
contestation politique ou protestation sociale ? », CERI,
Science Pô, juin 2012.
? KOUNGOU Léon, « La puissance du Tchad dans
la lutte contre les terrorismes au Sahel : mythe ou
réalité ?», Revue Défense Nationale,
juillet 2020.
? DE GAUDUSSON Jean du Bois, « Nouveaux conflits,
solutions nouvelles », Questions Internationales, Numéro 5,
janvier-février 2004.
? ADAM Bernard, « Transfert d'armes vers les pays
africains : quel contrôle ? » in Conflit en
Afrique : analyses des crises et pistes pour une prévention,
Rapport de la commission « Régions africaines en crise »,
Bruxelles, Ed. Complexe, 1997.
? CORTHAY Éric, « La lutte contre le
terrorisme international : la licéité du recours à la
force armée », Helbing Lichtenhahn, Bâle, 2012.
VI - TEXTES NORMATIFS
? Convention Internationale de 1997 sur la répression
des attentats terroristes à la bombe.
? Convention portant création du G5 Sahel, 19
décembre 2014, Nouakchott.
? Communiqué Final de la «Réunion
d'experts sur l'élaboration des documents opérationnels pour la
Force Multinationale Mixte (FMM) des États membres de la Commission du
Bassin du Lac-Tchad et du Bénin pour la lutte contre le groupe
terroriste Boko Haram», Yaoundé, 5-7 février 2015.
? Charte des Nations Unies de 1945 ;
? Acte Constitutif de l'Union Africaine de 1963 ;
? Convention de Viennes sur le Droit des Traités de
1969 ;
? Les 4 Conventions de Genève portant sur la protection
des malades et blessés des forces armées en campagne, protection
des malades et blessés et naufragés dans les forces armées
sur mer, traitement des prisonniers de guerre, et protection des populations
civiles ;
VII - JOURNAUX CONSULTES
? Jeune Afrique (du 23 avril 2024) ;
? OEil du Sahel ;
? Le Figaro ;
? Ndjamena Bi-Hebdo ;
? La Libération ;
? Paris Match ;
? Les Echos ;
? L'Humanité ;
? Le Monde (du 2 juillet 2024) ;
? Le Temps ;
? Cameroon Tribune ;
VIII - WEBOGRAPHIESITES INTERNET ET LIENS
ELECTRONIQUES
? Wikipédia ;
? Google ;
? Facebook ;
? Instagram ;
? X (anciennement Twitter) ;
? www.fmm.com ;
? https://au.int ;
? www.mnjtfmm.org ;
? YouTube ;
? www.crisisgroup.org ;
? www.defense.gouv.fr ;
? www.academie-française.fr ;
? cblt.org ;
? www.g5sahel.org ;
IX - COURS ET SEMINAIRES
? Pr BELINGA Zacharie Gaudard, relations diplomatiques et
consulaires, cours magistral, première année de Droit,
Université de N'Gaoundéré, 2016-2017 ;
? Pr BELINGA Zacharie Gaudard, Séminaire de
Pensée Politique, Master II, 2023-2024 ;
? Pr YEBEGA Ndjana Nicolas Junior, Relations Internationales,
cours magistral, deuxième année de Droit, Université de
N'Gaoundéré, 2017-2018 ;
? Pr MEFIRE NGOUYAMSA Marcel, Séminaire de
Géopolitique, Master II, 2023-2024 ;
? Dr BAASID SOOKZO Louis, Géopolitique, cours
magistral, Master I, 2022-2023 ;
? Pr TOUO Herman, Séminaire de Relations
Internationales, Master II, 2023-2024 ;
? Pr NNA Mathurin et Dr MBACK TINA Georges Francis,
Séminaire de Sociologie Politique, Master II, 2023-2024.
X - PERSONNES RESSOURCES
? ONANA Janvier, Professeur Agrégé de Science
Science Politique, Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et
Politiques de l'Université de N'Gaoundéré ;
? BELINGA Zacharie Gaudard, Maître de Conférences
en Science Politique, FSJP-UN ;
? TOUO Herman, Professeur Agrégé de Science
Politique, FSJP-UN ;
? MBACK TINA Georges Francis, Chargé de Cours en
Science Politique, FSJP-UN ;
? YACOUB DABIO Ahmat, Docteur en Sociologie et Fondateur du
Centre d'études pour la prévention de l'extrémisme,
Tchad ;
? Colonel ALLATCHI GALMA Moussa, Inspecteur au
Ministère de la Sécurité Publique et de l'Immigration,
Tchad ;
? Capitaine KOCHEI MAHAMAT Barka, personnel au Quartier
Général de l'État-major Général des
Armées, Tchad ;
? Sergent-Chef DJIMET GALMAYE Adoum, personnel militaire au
Quartier Général de la Force Multinationale Mixte à
N'Djaména (Tchad)
ANNEXES
ANNEXE 1 : RESOLUTION PARLEMENTAIRE AUTORISANT
LE GOUVERNEMENT AENVOYER DES TROUPES AU MALI


Source : Archives de l'Assemblée
Nationale du Tchad
ANNEXE 2 : RESOLUTION PARLEMENTAIRE DEMANDANT
AU GOUVERNEMENT DE PREPARER DANS UN BREF DELAI LE RETRAIT DES TROUPES
TCHADIENNES DU MALI


Source : Archives de l'Assemblée
Nationale du Tchad
ANNEXE 3 : RESOLUTION PARLEMENTAIRE APPROUVANT
L'ENVOI DES TROUPES TCHADIENNES AU CAMEROUN ET AU NIGERIA POUR APPUYER LES
FORCES DE CES PAYS DANS LA LUTTE CONTRE BOKO HARAM



Source : Archives de l'Assemblée
Nationale du Tchad
ANNEXE 4 : RESOLUTION PARLEMENTAIRE PORTANT
PROLONGATION DE L'ENGAGEMENT MILITAIRE DU TCHAD AU CAMEROUN ET AU
NIGERIA

Source : Archives de l'Assemblée
Nationale du Tchad
ANNEXE 5 : LOI N°34 PORTANT REPRESSION
DES ACTES DE TERRORISME





Source : Page Facebook Officielle de la
Présidence de la République du Tchad
ANNEXE 6 (FIGURE 8) : DIAGRAMME DE
PARTICIPATION DES ETATS MEMBRES DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA
CBLT

Source : Mohamadou Hafisse SAID, La
participation des forces de défense camerounaises dans la
résolution des conflits armés en Afrique : regard à
partir de quelques opérations de maintien de la paix de 1995 à
2022 , Mémoire de Master II, Université
de N'Gaoundéré, FSJP, 2022.
Tableau 5 : Liste des 20 premiers
contributeurs africains aux missions de maintien de la paix en
2022

Source : Nations Unies, Maintien de la Paix
(
https://peacekeeping.un.org/fr)
ANNEXE 7 : SCHEMA REPRESENTATIF DE LA
PARTICIPATION DES PAYS AFRICAINS AU PROCESSUS DE RESOLUTION DES CONFLITS
Figure 9 : Contribution en 2022 des pays
africains au processus de résolution des conflits inspiré du Pr
Augustin KONTCHOU KOMEGNI, in Marcele MERLE, Sociologie des relations
internationales, Paris, Dalloz, 1974.

ANNEXE 8 : COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE PORTANT OFFICIALISATION DE LA VOLONTE DU TCHAD DE
SE RETIRER DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT

TABLE DE MATIERE
AVERTISSEMENT
I
SOMMAIRE
II
DEDICACE
IV
REMERCIEMENTS
V
LISTE DES PRINCIPAUX SIGLES ET ABREVIATIONS
VI
LISTE DES FIGURES
VII
LISTE DES TABLEAUX
VIII
LISTE DES PHOTOS
IX
RESUME
X
ABSTRACT
XI
INTRODUCTION GENERALE
1
A - CONTEXTE DE L'ETUDE
3
B - DELIMITATION DE L'ETUDE
4
1-La délimitation spatiale
4
2-La délimitation temporelle
7
C - INTERET DU SUJET
8
1-Intérêt scientifique
8
2-Intérêt sécuritaire
8
3-Intérêt stratégique
9
4-Intérêt social
9
D- CLARIFICATION CONCEPTUELLE
9
1-Intervention
10
2-Forces armées
10
3- Lutte
11
4-Terrorisme
12
5- G5 Sahel
13
6-Force multinationale mixte
14
7-Commission du Bassin du Lac-Tchad (CBLT)
15
E- REVUE DE LA LITTERATURE
16
F- CONSTRUCTION DE LA PPROBLEMATIQUE
21
G- HYPOTHESES DE RECHERCHE
22
1-Hypothèse centrale
22
2-Hypothèse secondaire
23
H- LES METHODES D'ANALYSE
23
1-Constructivisme
23
2-La théorie des jeux
24
3-L'interactionnisme
25
4-Le réalisme
26
I-LES TECHNIQUES D'ANALYSE
27
1-La recherche documentaire
27
2-L'entretien
27
PREMIERE PARTIE : LES MOYENS HUMAINS ET
LOGISTIQUES DEPLOYES PAR LE TCHAD DANS SES INTERVENTIONS DANS LE CADRE DE LA
LUTTE ANTI-TERRORISTE
30
CHAPITRE 1 : LES RESSOURCES HUMAINES
MOBILISEES PAR LE TCHAD
32
SECTION I : LE PERSONNEL MILITAIRE DEPLOYE
PAR LE TCHAD
33
PARAGRAPHE I : L'EFFECTIF GLOBAL DES TROUPES
TCHADIENNES AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA
CBLT
33
A-LE PERSONNEL MILITAIRE TCHADIEN AU SEIN DU G5
SAHEL
33
B-L'EFFECTIF DU CONTINGENT TCHADIEN AU SEIN DE LA
FMM DE LA CBLT
34
SECTION 2 : LE SOUTIEN CIVIL
38
PARAGRAPHE I : LES DIFFERENTES FORMES DE
COLLABOARATIONS AVEC LES POPULATIONS CIVILES
38
A-LA COLLECTE DE RENSEIGNEMENTS ET LE SOUTIEN
LOGISTIQUE
38
B-LA PARTICPATION AUX INITIATIVES DE
DERADICALISATION ET LES GROUPES DE VIGILANCE
39
PARAGRAPHE II : L'IMPORTANCE DE L'IMPLICATION
DES CIVILS
40
A-LA MAITRISE ET LA CONNAISSANCE DU TERRAIN
40
B-PARTICIPATION AUX PROJETS DE DEVELOPPEMENT
DURABLE
40
CHAPITRE II : LA CONTRIBUTION DU TCHAD EN
TERMES DE LOGISTIQUES
42
SECTION 1 : LE MATERIEL MILITAIRE ET LES
INFRASTRUCTURES CONSTRUITES
43
PARAGRAPHE I : LE MATERIEL MILITAIRE
43
A-LES TYPES D'ARMEMENTS
43
B-LES MOYENS DE DEPLACEMENT DES TROUPES
44
PARAGRAPHE II : LES INFRASTRUCTURES MISES
EN PLACE
47
A-LES CAMPS MILITAIRES
47
B-LES INFRASTRUCURES SECONDAIRES
48
SECTION II : LES MOYENS FINANCIERS
50
PARAGRAPHE I : LE FINANCEMENT PROPRE DE L'ETAT
TCHADIEN
50
A-LE BUDGET MILITAIRE ANNUEL DE L'ETAT
TCHADIEN
50
B-LA PARTICIPATION FINANCIERE DU TCHAD AU SEIN
DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
50
PARAGRAPHE II : L'APPUI FINANCIER DES
PARTENAIRES INTERNATIONAUX
51
A-LES PARTENAIRES BILATÉRAUX
51
DEUXIEME PARTIE : L'IMPACT DE L'INTERVENTION
DU TCHAD DANS LES OPERATIONS DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SEIN DU G5 SAHEL
ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLT
54
CHAPITRE III : L'IMPACT DE L'INTERVENTION
TCHADIENNE SUR LA SOUS-REGION
55
SECTION I : LES CONSEQUENCES
SECURITAIRES
56
PARAGRAPHE I : REDUCTION DES ACTIONS
TERRORISTES DANS LA SOUS-REGION
56
A-AU NIVEAU DU SAHEL
56
B-DANS LE BASSIN DU LAC-TCHAD
57
PARAGRAPHE II : LES DEFIS RENCONTRES
57
A-LES DEFIS D'ORDRE MATERIEL
57
B-LES CONTRAINTES ENVIRONNEMENTALES
58
SECTION II : LES RETOMBEES SUR LES PLANS
ECONOMIQUE ET SOCIAL
59
PARAGRAPHE I : LES RESULTATS SUR LE PLAN
SOCIAL
59
A-RENFORCEMENT DE LA COOPERATION ENTRE LES FORCES
DE DEFENSE ET LES COMMUNAUTES LOCALES
59
B-LE RETOUR DES DEPLACES INTERNES
59
PARAGRAPHE II : LES REPERCUSSIONS
ECONOMIQUES
60
A-MULTIPLICATION DES AIDES INTERNATIONALES ET DES
FINANCEMENTS
60
B-RELANCE DES INTERACTIONS ECONOMIQUES
REGIONALES
61
CHAPITRE IV : LA PORTEE DE L'INTERVENTION
TCHADIENNE POUR LE TCHAD
63
SECTION I : LES EFFETS SUR LA STABILITE
INTERNE
64
PARAGRAPHE I : INTENSIFICATION DES MENACES
INTERNES
64
A-LES ATTENTATS DE NDJAMENA
64
B-LES ATTAQUES CONTRE LES BASES AVANCEES DE L'ARMEE
TCHADIENNE
65
PARAGRAPHE II : IMPACT SUR LA GOUVERNANCE
INTERNE
67
SECTION II : LE BILAN HUMAIN ET IMPACT
POLITICO-DIPLOMATIQUE
69
PARAGRAPHE I : LES PERTES HUMAINES
69
A-LES PERTES HUMAINES PARMI LES SOLDATS
69
B- LES PERTES HUMAINES PARMI LES POPULATIONS
CIVILES
70
PARAGRAPHE II : L'IMPACT
POLITICO-DIPLOMATIQUE
71
A- IMPACT SUR LA POLITIQUE INTERIEURE
71
B- LES REPERCUSSIONS SUR LA POLITIQUE
EXTERIEURE
73
CONCLUSION
75
CONCLUSION GENERALE
77
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
79
ANNEXES
A
* 1 Jean BAUDRLLARD,
Ll'esprit du terrorisme, Galilée, Paris, 2002, page 3
* 2 Vol American
airlines77,fr.wikipedia.org
* 3 LES 20 ans du 11
septembre, https://www.lemonde.fr, 10 septembres 2021
* 4 Gilles ANDREANI, la
guerre contre le terrorisme, le piège des mots, centre Thucydide,
2003, p1
* 5http :
//fr.m.wikipedia.org/wikGuerre-contre-le-terrorisme, consulté le 24
septembre 2024.
Guerre contre le terrorisme, fr.wikipedia.org
* 6 Zeinabou ABOU HASSAN,
la lutte contre le terrorisme au Niger : les approches juridique, Editions
Sciences et Bien Commun, 2020, p38
* 7
https://www.crisisgroup.org,
Quel rôle pour la force multinationale mixte dans la lutte contre
Boko Haram>>, 7 juillet 2020, consulté le 13 avril 2024.
* 8
https://www.letemps.ch,<<Koffi
Annan: l'individu est au Coeur de tous mes efforts pour faire évoluer
l'ONU>>, 27 décembres 1999, consulté le 20 juillet
2024.
*
9<<Opération Barkhane : bande
sahélo-saharienne>>, Dossier de Presse, Ministère des
Armées, www.defense.gouv.fr>operations, septembre 2022
* 10 Lac d'Afrique Centrale
situe au sud du Sahara, partage entre le Niger, le Tchad, le Cameroun et le
Nigeria. Sa superficie est d'environs 5 000 km2, diminuant sous l'effet de
la désertification, le lac prend l'aspect d'un immense
marécage.
* 11
https://worldpopulationreview.com/country-rankings/sahel-countries
Consulté le 20 octobre 2024.
* 12 Marc Antoine
Pérouse DE MONTCLOS, <<Boko Haram et le terrorisme islamiste
au Nigeria : insurrection religieuse, contestation politique ou
protestation sociale ?>>, Centre d'études et de
recherche internationales, Science Po, juin 2012, p 5.
* 13 MOHAMADOU HAFISSE
Saïd, <<La participation des forces de défense
camerounaises dans la résolution des conflits armés en
Afrique : regards à partir de quelques opérations de
maintien de la paix de 1995 à 2022>>, Mémoire de
Master II, Université de N'Gaoundéré, FSJP, 2022, p.6..
* 14 Simone DE BEAUVOIR,
La force des choses, Tome 1, Gallimard, Paris, 1976, p 232.
* 15 Patrick Martin GENIER,
Vers une nouvelle gouvernance mondiale, Studyrama, Paris, 2018, p
29.
* 16 Document d'information,
Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité,
Genève, 2015.
* 17Yves Lacoste, ATLAS
GEOPOLITIQUE : Pour comprendre le monde d'aujourd'hui, Larousse,
Paris, 2022, P 67.
* 18Ahmad Haroun Larry,
L'Armée tchadienne et son peuple,Edilivre, Paris, novembre
2016, pp 55-56.
* 19Karl Max MARX Karl et
Friedrich EngelsENGELS Friedrich, Le manifeste du parti communiste,
Traduction de l'allemand par Laura Lafargue, Champ Libre, Paris, 1983, pp
30.
* 20 Gilles FERRAGU,
Histoire du terrorisme, Perrin, Paris, 2019, pp 12.
* 21 Lexique de Science
Politique, 4e Edition, DALLOZ, Paris, 2017, p 1103.
* 22 Nguyen Quoc Dinh et
Patrick Daillier, Droit International Public, LGDJ-Lextenso, Paris La
Défense, 2022, pp 189-197.
* 23 International Crisis
Group, << Quel rôle pour la force multinationale mixte dans la
lutte contre Boko Haram>>,
www.crisisgroup, 7 juillet
2020.Consulté le 17 juin 2024.
* 24
https://cblt.org/fr/,Consulté
le 8 juillet 2024.
* 25 QUIVY Raymond,
CAMPENHOUDT VAN Luc, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris,
Dunod, 1995, pp 42-43.
* 26 L'auteur met en
évidence le véritable système diplomatique mis en place
par les dirigeants africains au lendemain des indépendances, voir son
ouvrage intitule Le système diplomatique africain, Paris
Pedone, 1977, p 279.
* 27Alain Fogue TedomFOGUE
TEDOM Alain, Enjeu géostratégique et conflits politiques
internes en Afrique Noire, Paris, Harmattan, 2008, p 418.
* 28 SANDAOGO DAMIBA
Paul-Henri, Armées ouest-africaines et terrorisme : réponses
incertaines, Paris, Trois Colonnes, 2021, pp 85.
* 29FANE Pierre Claver OYONO
AFANE, Le terrorisme et l'Etat en Afrique, Paris, Harmattan, 2022, pp
142.
* 30 Jean-François
CARON, L'Occident face au terrorisme : regards critiques sur 20 ans de
lutte contre le terrorisme, Québec, Presses de l'Université
LAVAL, 2021, pp 106-108.
* 31 Léon
KOUNGOU, La puissance du Tchad dans la lutte contre les terrorismes au
Sahel : mythe ou réalité, Revue Défense Nationale,
juillet 2020, p 1.
* 32 Madeleine GRAWITZ,
Méthodes des sciences sociales, 11e édition, DALLOZ,
2001, pp 83.
* 33
https://iris-recherche.qc.ca/blogue/economie-et-capitalisme/l-heritage-de-john-forbes-nash-l-erreur-d-adam-smith-et-la-critique-de-la-politique-du-laissez-faire/Consulté
le 20 juillet 2024.
* 34 Nicolas EBER,
Théorie des jeux, 4e édition, Dunod, Paris,
2018.
* 35 Max WEBER, Le
métier de sociologue, op cité, p 54.
* 36 Guy Hermet, Bertrand
Badie, Pierre Birnbaum et Philippe Braud, Dictionnaire de la science
politique et des institutions politiques,7eEdition revue et
argumentée, Armand Colin, Paris, 2010, p 237.
* 37 BEAUD Michel, L'art
de la thèse, La découverte, Paris, 2003, p 52.
* 38 Madeleine GRAWITZ,
Méthodes des sciences sociales.
* 39 Cite par Alain
Blanchet, in << Interviewer>> in Alain Blanchet et al.
<< Les techniques d'enquête en science sociale>>,
Paris, Dunod, 1998, pp 82.
* 40
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/06/17/nigeria-boko-haram-confirme-la-mort-d-abubakar-shekau-son-chef-historique
* 41 C'est une forme
d'État calquée sur le modèle des sociétés
islamiques du temps du Prophète MOHAMMED et qui est régie par les
règles de la Charia. Ce modèle sociétal a
été développé par OUSMAN DAN FODIO et son Califat
de Sokoto au Nigeria.
* 42 Serge DANIEL,
AQMI : L'industrie de l'enlèvement, Fayard, Paris, 2012,
304 p.
* 43 Clémence PERNIN
et Houari SAYAD, Le sahel : terrain de jeu d'Al-Qaida au Maghreb
Islamique (AQMI), Cahier d'Outre-Mer, Juillet-Septembre 2011, pp
445-446
* 44 S. ISSA, H. MBARKOUTOU,
B. BARKA et A. YAOUBA, Boko Haram : les mots d'une crise,
L'Harmattan, Octobre 2020, pp 23-28.
* 45 Entretien avec un haut
responsable de la Force Multinationale Mixte, Ndjamena, septembre 2024
* 46 DIALLO N. Laafi,
TERRORISME AU SAHEL : Dynamique de l'extrémisme violent et
lutte anti-terroriste, un regard à partir du Burkina Faso,
L'Harmattan Burkina Faso, 2020, pp 69-70
* 47
http://news.un.org/fr/story/2023/06/1135997
* 48
https://www.fao.org/crisedubassindulactchad/strategiedintervention/mars2017
* 49
https://www.unhcr.org/fr/emergencie/sahel-emergency
* 50
https://peacekeeping.un.org/fr/les-casques-bleus-tchadiens-ont-acheve-leur-desengagement-du-mali
* 51 Fréderic GOUT,
Libérez Tombouctou ! Journal de guerre du Mali, Editions
Tallandier, 2015, pp 126-130
* 52 Alain Didier OLINGA,
Justice militaire et lutte contre le terrorisme au Cameroun,
l'Harmattan Cameroun,2022, pp 199-200
* 53
http://minusma.unmissions.org/en/personnel
* 54 Massaer DIALLO,
«Défis sécuritaires et hybridation des menaces dans la
zone sahélo-saharienne», Institut d'Etudes Politiques et
Stratégiques (IEPS), Dakar, 25 et 26 novembre 2010, Bruxelles, p. 10.
* 55
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* 56 Entretien avec un haut
responsable de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, N'Djamena, 20
septembre 2024.
* 57
https://www.g5sahel.org/g5-sahel-et-lutte-contre-le-terrorisme-une-solution-collective-adaptee/
* 58
http://www.un.org/fr/peacekeeping/operations/financing.shtml
* 59
http://www.africom.mil/
consulté le 23 aout 2024
* 60 M-A Pérouse de
MONTCLOS, UNE GUERRE PERDUE : La France au Sahel, Editions
Jean-Claude LATTES, Janvier 2020, p. 118.
* 61 C'est un accompagnement
psychologique ayant pour but de recentrer la personne sur elle-même et de
l'outiller pour améliorer ses relations avec les autres, résoudre
un conflit intérieur, sortir de l'impasse décisionnelle et
favoriser un mieux-être personnel ou professionnel.
* 62
http://www.crisisgroup.org/who-we-are
* 63
http://www.oxfam.org/en/research/lake-chads-unseen-crisis
* 64 Amaël CATTARUZZA,
Atlas des guerres et conflits, un tour du monde géopolitique,
Editions Autrement, Paris, février 2017, p 32.
* 65 Patrick HAIMZADEH,
Au coeur de la Libye de KADHAFI, Editions J-C Lattes, avril 2011, p.
97.
* 66
https://fr.africanews.com/2024/07/23/le-soudan-subit-la-pire-crise-humanitaire-au-monde-alerte-msf/
* 67 Ismaila DATIDJO,
LES REVOLTES SOCIALES AU CAMEROUN : Violence et antiviolence,
L'Harmattan, 2022, pp 42-43.
* 68
https://www.bbc.com/afrique/region-57887745
* 69
https://www.voaafrique.com/a/attentat-meurtrier-contre-le-marche-central-de-n-djamena-/2857855.html
* 70 E. Chauvin, O.
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du Lac-Tchad, Actes du XVIIe colloque Méga-Tchad, IRD Editions,
Marseille, décembre 2020, pp 208-210.
* 71
https://www.unocha.org/publications/report/chad/tchad-apercu-des-conflits-interintracommunautaires-janvier-2024
* 72
https://www.geo.fr/geopolitique/quels-sont-les-principaux-groupes-rebelles-au-tchad-208764
* 73
https://www.unocha.org/publications/report/chad/tchad-besoins-humanitaires-et-plan-de-reponse-mars-2O24
* 74
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* 75
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* 76 Entretien avec un haut
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* 81 Nicolas DESGRAIS,
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* 84Paul-Henri Sandaogo
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RéponsesIncertaines ? Editions Les Trois Colonnes, Paris, 2021, pp
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* 85Propos extraits de
l'audition du Chef d'Etat-major des arméesdevant la commission
Défense de l'Assemblée Nationale en février 2017. Le
General de Villiers était notamment interrogé sur les
défisrencontrés par les forces françaises au Sahel
où Barkhane dépend entre autres de l'appui renseignement des
Etats-Unis. REPUBLIQUE FRANCAISE, ASSEMBLEE NATIONALE, Compte rendu n°28,
Commission de la défense et des forces armées, Audition
dugénéral Pierre de Villiers, Chef d'état-major des
armées, 8 février2017, p 23.
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Science Po, Paris, 2020, pp 233-260.
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* 88Entretien avec un
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septembre 2024.
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Consulté le 16 juin 2024.
* 91 Echange avec un cadre
militaire du Quartier Général de la Force Multinationale Mixte,
Ndjamena, le 19 septembre 2024.
* 92 Entretien avec un
officier tchadien en service au siège de la CBLT, Ndjamena, le 11
septembre 2024.
* 93 Ce fut la
localitéattaquéedans la nuit du 23 au 24 mars 2020, où
plus de 98 soldats tchadiens ont perdu la vie, faisant ainsi de
cetteattaque-là la plus meurtrièrejamaisenregistrée par
les troupes tchadiennes depuis leur engagement dans la lutte contreBOKO
HARAM.
* 94C'est une
localitésituée sur les rives du Lac-Tchad, à la ligne
frontalièreentre le Cameroun, le Tchad et le Nigeria. Elle a
été attaquée dans la nuit du 27 octobre 2024 par les
éléments de BOKO HARAM et tuant plus de 40 militaires
tchadiens.
* 95Macrotrends,
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https://www.macrotrends.net/global-metrics/countries/TCD/chad/military-spending-defense-budget
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