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L'intervention des forces armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au sein du G5 Sahel et de la force multinationale mixte de la CBLT: de 2014 à 2024par Mahamat Barka Mahamat Korei Université de Ngaoundéré - Master 2 Recherche en Science Politique, option Relations Internationales 2024 |
PARAGRAPHE I : L'EFFECTIF GLOBAL DES TROUPES TCHADIENNES AU SEIN DU G5 SAHEL ET DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLTLa région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad englobant des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie, le Nigeria, le Cameroun et aussi le Tchad, fait face à des défis sécuritaires majeurs et interconnectés depuis 2010. Ces défis dérivent de l'interaction complexe entre des facteurs politiques, socio-économiques et sécuritaires. Pour une meilleure appréhension de ces défis, nous aborderons dans un premier temps les menaces sécuritaires (A) proprement dites avant de démontrer les défis d'ordre humanitaire (B).A- LE PERSONNEL MILITAIRE TCHADIEN AU SEIN DU G5 SAHELLES MENACES SECURITAIRES Depuis quelques années, la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad est devenue le théâtre des activités criminelles de tout genre orchestrées généralement par les groupes terroristes (1) se livrant à des trafics de tout genre (2). LES PRINCIPAUX GROUPES TERRORISTES Avant de détailler les différents groupes djihadistes opérant dans cette région, il faut d'abord comprendre que la plupart d'entre eux ont émergé à la suite de la chute du régime de Kadhafi en 2011 en Libye, ayant occasionné la prolifération d'armes et fragilisé les frontières entre les différents Etats de cette zone. Parmi ces groupes, nous avons entre autres : BOKO HARAM : Ce mouvement terroriste a été formé en 2002 au Nord-est du Nigeria par MUHAMMAD YUSUF. Ce dernier a dirigé le groupe jusqu'à sa mort en 2009. Il sera ensuite remplacé par ABUBAKAR SHEKAU, qui sera aussi déclaré mort le 17 juin 2021 par BAKURA MODU (le désormais nouveau chef de l'organisation). SHEKAU aurait été tué à la suite des affrontements avec un autre groupe dissident40(*). Boko Haram opère principalement dans le bassin du Lac-Tchad, c'est-à-dire dans des pays comme le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Les stratégies de Boko Haram incluent des attaques terroristes, des enlèvements massifs, des attentats suicides, des raids destructeurs et des affrontements armés avec les forces de défense et de sécurité. Le groupe se sert donc de la violence pour semer la terreur tout en affaiblissant les gouvernements locaux et imposer sa propre interprétation de la religion islamique. Les activités de ce groupe ont considérablement impacté la sécurité sous régionale, allant jusqu'à créer un climat d'insécurité généralisé, forçant ainsi les populations des zones touchées à se déplacer massivement, perturbant ainsi les activités économiques et violant surtout les droits de l'homme. AQMI (ALQAIDA AU MAGHREB ISLAMIQUE) : Ce mouvement est né de la restructuration du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC)algérien, qui a changé de nom en 2007 après avoir rejoint le réseau ALQAIDA. Ce groupe a été formé dans un contexte de violence extrême et de guerre civile en Algérie, où les militants islamistes ont cherché à instaurer un Etat islamique. L'idéologie prônée par AQMI est l'établissement d'un Califat41(*) et à l'instauration la Charia dans les régions qu'elle contrôle. Les objectifs de ce mouvement est la lutte contre l'influence occidentale en Afrique du Nord, plus particulièrement celle de la France et des États-Unis. AQMI utilise plusieurs stratégies pour mener ses activités : le terrorisme ciblé (c'est-à-dire des attentats dirigés contre des cibles militaires ou civiles), le kidnapping (prises d'otages, précisément des étrangers, contre des paiements de rançons)42(*), le réseautage et les alliances, ainsi que l'exploitation illégale des ressources naturelles des territoires dont ils ont le contrôle. Les activitésmaléfiques d'AQMI ont considérablementdégradé la stabilité politique et sociale dans des pays comme le Mali, le Niger ou encore le Burkina Faso.43(*)De nombreux réfugiés ont été donc obligés de fuir leurs localités à cause des actions criminelles de cette organisation. ANSAR AL SUNNA :« C'est un mouvement djihadiste soudanais signifiantlittéralement «Adeptes des traditions du Prophète Mohammad », qui s'estétendu notamment au Tchad où il désigne les religieux réformistesopposés aux Tidjanes. Ces derniers, qui contrôlent le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI), ont parfois blâmé les Ansar pour leur influence et leurs positions idéologiques sur la construction de l'extrémisme religieux au Tchad. »44(*) GSIM (GROUPE DE SOUTIEN A L'ISLAM ET AUX MUSULMANS) : C'est aujourd'hui l'une des plus puissantes organisations islamistes au Sahel (JNIM en arabe). Elle est passée sous la bannière d'Al-Qaida après avoir prêté allégeance en 2017.Elle est aussi affiliée à ANSAR DINE d'IYAD Ag Ghaly et à KATIBA MACINA de Amadou KOUFA. D'après les données fournies par les Forces françaises présentes au Sahel, l'effectif du GSIM varie entre 2000 à 3000 hommes armés. Son leader Ag GHALY est un redoutable Chef rebelle Touareg reconnu des services de renseignements occidentaux depuis 1990 et qui entretenait des relations avec le mouvement rebelle indépendantiste touareg MNLA (Mouvement National pour la Libération de l'Azawad). AL MOURABITOUNE : C'est un groupe extrémiste créé en 2015 en Libye par MOKHTAR Bel Mokhtar, l'un des plus redoutés chefs terroristes de nationalité algérienne et son complice le malien Abderrahmane Ould EL-AMAR. Le groupe établit dans un premier temps son fief à Sebha au sud de la Libye, avant de s'étendre au Niger et au Mali en profitant des nombreuses complicités locales. L'objectif affiché par cette organisation est de créer un mouvement d'envergure continentale regroupant tous les combattants et les musulmans d'Afrique. Idéologiquement parlant, Al-Mourabitoune s'inspire d'Al-Qaida et des Talibans sous le leadership de leurs chefs respectifs, AYMAN Al-Zawahiri et MOHAMMAD Omar, surnommé communément MOLLAH OMAR. Au premier trimestre 2015, l'effectif de l'organisation était estimé entre 500 à 600 combattants.45(*) En dehors de leurs activités terroristes, ces groupes mènent aussi des activités de contrebande et de trafics de tout genre en complicité avec d'autres organisations mafieuses de la sous-région. LA PROLIFERATION D'ARMES ET LES TRAFICS DE TOUT GENRE La région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad est devenue depuis quelques décennies un terrain propice pour les différentes organisations criminelles. L'instabilité politique chronique dans cette zone a favorisé la multiplication des conflits armés et l'accroissement d'une pauvreté extrême et endémique, rendant ainsi les populations locales et plus particulièrement les jeunes, vulnérables aux tentations et aux approches des groupes illégaux qui s'adonnent aux trafics d'armes, de drogues, d'êtres humains, d'organes, d'espèces protégées, etc. LE TRAFIC D'ARMES : La prolifération d'armes dans la région est surtout occasionnée par plusieurs facteurs notamment les conflits régionaux, les mouvements des populations, la faiblesse des institutions étatiques et le manque de surveillance autour des frontières. Ces armes parviennent dans cette région par le biais des réseaux mafieux ayant leurs sources en Libye. Cette dernière est devenue un « No Man's Land »46(*) depuis l'assassinat de Kadhafi par les forces de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) en 2011. Les armes entrent donc en Libye en provenance de l'Europe où elles sont fabriquées avant de se déverser à travers tout le Sahel et le Bassin du Lac-Tchad. Elles sont ensuite revendues dans les marchés noirs des villes comme Tombouctou, Gao ou encore Ménaka au Mali.47(*) LE TRAFIC DE DROGUES : Dans cette zone, le trafic de drogues, notamment de cannabis et de cocaïne est devenu un fléau immense. La région est quasiment devenue la plaque tournante de ces produits illicites, entrainant ainsi des conséquences désastreuses sur le plan social et sanitaire avec une jeunesse déboussolée et livrée à elle-même. Selon un rapport de l'ONUDC (Office des Nations Unies sur la Drogue et le Crime) publié en 2023, plus de 36 tonnes de cannabis et de cocaïne ont été saisies en 2021 au Sahel et aussi dans le Bassin du Lac-Tchad et les plus grandes quantités ont été interceptées au Mali (18 tonnes), au Burkina Faso (12 tonnes) et au Niger (5 tonnes). LE TRAFIC D'ETRES HUMAINS : Le trafic d'êtres humains est aussi l'une des activitéscriminelles les plus courantes dans la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad. Des groupes mafieux se livrent à de l'esclavage, la prostitution, le proxénétisme et les travaux forcés. La plupart des victimes sont des jeunes fuyant leurs pays d'origine à cause des conditions sociales extrêmes et tentant de rejoindre l'Europe à travers la Méditerranée tout en passant par le grand désert du Sahara. LE TRAFIC DES PRODUITS CONTREFAITS : trafic de produits contrefaits, plus précisément les médicaments, représente aussi l'un des défis sécuritaires majeurs de la région, causant des milliers de décès chaque année. A cela, il faut ajouter l'exploitation illégale des ressources naturelles telles que l'or, le diamant, le pétrole, et d'autres ressources naturelles, permettant ainsi le financement des activités criminelles. Toutefois, les problèmes sécuritaires ne sont pas les seuls défis auxquels font face les habitants du Sahel et du Bassin du lac-Tchad. A cela, il faut aussi ajouter les défis humanitaires. B - LES DEFIS D'ORDRE HUMANITAIRE Les soucis humanitaires dans la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad sont d'autant plus complexes qu'interconnectés, et ont un impact majeur sur la stabilitérégionale, le développement et aussi la sécuritétransfrontalière. Ainsi, comme principaux défis, nous pouvons énumérer entre autres : L'INSECURITE ALIMENTAIRE : La région du Sahel et du Lac-Tchad est régulièrement touchée par des crises alimentaires chroniques en raison des sècheresses récurrentes provoquant carrément l'assèchement progressif et accéléré du Lac-Tchad, des mauvaises récoltes, des inondations sporadiques, des conflits armés et bien d'autres facteurs qui affectentconsidérablementla production agricole locale. Les activités des groupes terroristes ne permettent pas d'acheminer facilement les produits alimentaires vers les zones reculées. Tous ces aspects entraine une insécurité alimentaire généralisée et met des millions de personnes en situation de vulnérabilité. Selon les chiffres publiés par le FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), entre 2017 et 2019, plus de 11 millions de personnes vivant autour du Lac-Tchad ont besoin d'une assistance humanitaire, plus de 6,9 millions d'entre eux sont en situation d'insécurité alimentaire et environs 515 000 personnes souffrent de malnutrition sévère.48(*) LE CHANGEMENT CLIMATIQUE : Cette région est l'une des régions les plus vulnérables face au réchauffement climatique ; Ce dernier a des effets dévastateurs sur la région, avec des phénomènesmétéorologiquesextrêmes tels que des sécheressesprolongées et des inondations. Ces changements climatiques exacerbent la rareté des ressources alimentaires et halieutiques, ce qui aggrave les conditions de vie des populations locales. LES DEPLACEMENTS FORCES DES POPULATIONS : La région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad fait face à un nombre croissant de déplacements internes forcés en raison des conflits armés, de la violence et des crises humanitaires. Des millions de personnes sont donc parfois obligées de quitter leur foyer pour se réfugier ailleurs. Les camps de réfugiés et de déplacés internes sont souvent surpeuplés et manquent cruellement de ressources essentielles, créant ainsi des conditions de vie précaires et limitant ainsi un accès équitable à l'aide humanitaire et aux services de base. En 2024, plus de 5 millions de personnes déplacées internes ont été enregistrées au Sahel, occasionnant ainsi plus de 1,9 million de réfugiés.49(*) LE MANQUE D'ACCES A L'EDUCATION : C'est une région qui est confrontée à une multitude de défis socio-économiques parmi lesquels le très faible taux d'alphabétisation des jeunes enfants. L'accès à l'éducation est gravement entravé par des facteurs comme l'instabilité politique, la pauvreté, les conflits et les catastrophes climatiques. La montée en puissance des groupes terroristes dans cette zone a occasionné un déplacement massif des populations, emportant avec eux élèves et enseignants et par conséquent, entrainant la fermeture des écoles. De plus, la pauvretéécrasanteobservée dans cette région et touchant une grande partie de la population, ne permet pas aux parents de subveniraux besoins éducatifs de leursprogénitures, le poussant ainsi à faire des choix difficiles comme le fait de privilégier le travail des enfants au détriment de leur éducation. A cela, il faut ajouter aussi l'état déficient des infrastructures telles que les routes, les écoles, les bibliothèques, etc. Nous ne pouvons pas ignorer non plus la discrimination de genre dans ces régions. Les jeunes filles sont d'ailleurs les plus grandes victimes de ce fléau. Les familles sont influencées par les normes sociales, culturelles ou coutumières qui ne voient pas d'un bon oeil l'éducation des filles. La fragilité du système éducatif dans ces zones est souvent causée par le manque de ressources et de financement, les enseignants ne sont pas toujours bien formés et rémunérés. Et les programmes scolaires ainsi que le matériel pédagogique sont archaïques et inadaptés aux besoins de l'heure.
SECTION 2 : LES PRINCIPAUX ACTEURS DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SAHEL ET DANS LE BASSIN DU LAC-TCHAD La lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad est un défi complexe et nécessite donc l'implication de plusieurs acteurs. Ces derniers ne disposent pas des mêmes moyens et n'ont pas la même mission sur le terrain. Parmi ces acteurs, nous avons d'abord les Etats de la région en tant qu'entités ainsi que les organisations régionales et sous-régionales (A), et ensuite, nous avons aussi les partenaires internationaux et les organisations non-gouvernementales (B). LES ACTEURS ETATIQUES AINSI QUE LES ORGANISATIONS REGIONALES ET SOUS-REGIONALES Les Etats de la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad sont les premières entités concernées par la menace et les exactions des groupes terroristes. Ces Etats sont pour la plupart situés sur la Bande Sahélo-Saharienne (1) et travaillent en étroite collaboration avec les institutions communautaires régionales et sous-régionales (2). LES ETATS DE LA REGION IMPLIQUES DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME La lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad est avant tout un effort collectif impliquant plusieurs Etats de la région, tels que : le Tchad, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Cameroun ou encore le Burkina Faso. LE TCHAD : C'est un acteur clé dans la lutte contre le terrorisme, plus particulièrement contre Boko Haram et aussi d'autres groupes extrémistes. Les troupes tchadiennes ont toujours été reconnues en Afrique pour leur résilience et leur maitrise des terrains sahariens. Le Tchad participe pleinement au sein des forces de coopération militairerégionale telles que le G5 Sahel et la Force Multinationale Mixte de la CBLT ou Multinational Join Task Force en anglais (FMM & MNJTF). Le Tchad a aussi participé grandement au sein de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali). C'est d'ailleurs le premier contributeur en terme d'effectif et c'est aussi le pays ayant subi les plus lourdes pertes en vie humaine (plus de 82 soldats y ont perdu la vie).50(*)Le Secteur n°2 de la Force de la CBLT se trouve d'ailleurs à Baga Sola, une localité située dans la région du Lac, à l'extrême ouest du pays. LE MALI : Ce pays est au coeur de la lutte antiterroriste, car c'est l'un des pays les plus touchés par ce fléau endémique. Depuis la crise politique de 2012 provoquée par la rébellion Touareg, le pays fait face à des groupes djihadistes extrêmement violents et affiliés à Al-Qaida et à l'Etat Islamique. Le pays a donc été obligé de mettre en place une stratégie nationale de défense incluant le dialogue avec les groupes armés et leurs factions. Il a égalementsollicitél'aide de la communauté internationale. Cette dernière a réponduprésent à travers l'Opération Serval de 2013 à 2014 et Barkhane lancées par l'ArméeFrançaisede 2014 à 2022. Le Mali est aussi membre permanent de toutes les organisations militaires sous-régionales, mais s'est finalement retiré du G5 Sahel depuis le 15 mai 2022. L'Etat malien a aussi formé des volontaires au sein de la population pour appuyer les FAMA (Forces Armées Maliennes) sur les différents théâtres d'opération et surtout en matière de collecte et de transmissions des informations sur les mouvements des combattants terroristes.51(*) LE NIGER : C'est un autre acteur important dans cette lutte contre le terrorisme, le pays fait face à des menaces croissantes venant de Boko Haram au sud et des autres groupes affiliés à Al-Qaida et à DAESH à l'ouest. Le Niger s'est aussi engagé activement au sein du G5 Sahel et de la FMM de la CBLT. Le gouvernement nigérien a surtout renforcé ses capacités militaires et ses circuits informationnels pour pouvoir contrôler et intercepter les communications des groupes terroristes. Le Niger accueille d'ailleurs le Secteur n°3 de la FMM basé dans la ville de Diffa au sud-est du pays. Néanmoins, après le coup d'État du 27 juillet 2023 mené par le General Abdourahamane TIANI, ancien Patron de la Garde Prétorienne du Président déchu Mohamed BAZOUM, le Niger s'est retiré officiellement du G5 Sahel le 2 décembre 2023, suivi du Burkina Faso. LE NIGERIA : Ce pays est l'un des plus touchés par le terrorisme, si ce n'est le plus touché. Car, il est le fief même de Boko Haram et a subi de dizaines de milliers de victimes depuis l'accroissement de la menace terroriste dans la région. Des opérations militaires intensives sont menées par les troupes nigérianes dans des zones très reculées pour chasser les terroristes de leur cache dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa, notamment en collaboration avec d'autres forces armées voisines au sein de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, où il fournit une grande partie des troupes et des ressources logistiques pour les opérations conjointes. Le Nigeria joue donc un rôle crucial en raison de situation géographique et de l'ampleur des menaces auxquelles il est confronté. En plus des réponses militaires face à l'expansion du terrorisme, le Nigeria a aussi mis en place des programmes DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) pour encourager les éléments de Boko Haram à se rendre et à réintégrer la vie en société. Dans ces programmes, des formationsprofessionnelles, des soutiens psychologiques et des opportunitéséconomiques sont offerts aux anciens combattants. Ceci vise notamment à réduire les effectifs des groupes extrémistes et promouvoir ainsi une possible prise de conscience parmi eux. Le gouvernement nigérian investit aussi dans des projets de développement visant à améliorer les conditions de vie des populations vivant dans les régions touchées par les exactions djihadistes. LE CAMEROUN : L'Etat camerounais joue un rôle crucial dans la lutte contre le terrorisme particulièrement contre Boko Haram et ses factions dissidentes autour du Bassin du Lac-Tchad. Les soldats camerounais ont mené et continuent de mener des actions militaires de grande envergure contre les positions des forces du mal aux alentours de sa frontière avec le Nigeria. Ils ont réussi à repousser plusieurs attaques violentes et à sécuriser des vastes zones longtemps contrôlées par les éléments de Boko Haram. Leur engagement au sein des forces conjointes de la sous-région est significatif, notamment au sein de la Force Multinationale Mixte de la CBLT. Les services de sécurité camerounais participent pleinement aux initiatives de partage d'informations avec ses voisins comme le Tchad et le Nigeria. Le Professeur Alain Didier OLINGA avait déjà évoqué l'apport considérable des troupes camerounaises sur les théâtres des opérations : « En effet, c'est d'abord et avant tout l'action des forces de défense et de sécurité qui a fait et fera reculer la violence terroriste au Cameroun. Cette action se traduit par la conquête ou la reconquête des espaces de belligérance, c'est-à-dire le déploiement offensif sur le terrain et l'éradication des Groupes armés. Elle se concrétise également par la neutralisation des Chefs rebelles : une neutralisation physique définitive sur le théâtre des opérations ; une neutralisation par le transfert à la Justice Militaire des terroristes capturés.».52(*) LE BURKINA FASO : L'apport de ce pays dans la lutte contre le terrorisme au Sahel est essentiel et multifacette. Le pays organise des opérations militaires ainsi que des initiatives de coopération régionale et des programmes de DDR. Des groupuscules affiliés à Al-Qaida et semant des troubles aux confins du territoire burkinabè, plus précisément dans la zone dite des trois (3) frontières (Burkina Faso, Niger et Mali), c'est-à-dire la région du Liptako Gourma, ont ainsi subi les assauts intenses des FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Ces opérations ont permis de détruire les bases des terroristes, libérer des otages et sécuriser les zones affectées. Le pays a aussi contribué massivement à l'opérationnalisation de la force du G5 Sahel et a également participé à d'importantes opérations d'éradication des troupes extrémistes au Sahel, avant d'annoncer officiellement et conjointement leur retrait (avec le Niger) de cette force, à la suite du coup d'Etat ayant porté au pouvoir le Capitaine Ibrahim TRAORE. LES ORGANISATIONS REGIONALES ET SOUS-REGIONALES ENGAGEES DANS LA LUTTE ANTITERRORISTE Le terrorisme étant un danger tant pour la sécurité sous-régionale, régionale quemondiale, les Etats ne sont pas les seuls acteurs engages dans son éradication. Ils sont accompagnés dans ce combat par des partenaires extérieurs qui peuvent être des organisations internationales comme l'ONU (Organisation des Nations Unies), l'UA (Union Africaine), la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), la CBLT, le G5 Sahel, etc. Et même des partenaires bilatéraux, c'est-à-dire les grandes puissances telles que les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, l'Allemagne, etc. LES NATIONS UNIES : Créée en octobre 1945 juste à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cette organisation avait donc pour mission première de réunifier le monde divisé par cette horrible guerre tout en promouvant la paix et la cohésion sociale entre les nations. Depuis sa création, l'ONU s'est toujours démarquée positivement en intervenant partout dans le monde à travers ses casques bleus pour maintenir la paix et la stabilité, malgré l'influence démesurée de ses membres les plus importants. Par le biais de son Conseil de Sécurité, l'ONU a mis en place des résolutions visant à renforcer la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme. Elle n'est donc pas restée insensible face à la montée de la menace terroriste au Sahel et particulièrement au Mali. Une mission spéciale de maintien de la paix a même été créée pour intervenir au Mali après la crise politique de 2012 et dénommée MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali). Cette mission avait pour rôle de sécuriser les zones touchées par le terrorisme. Ses activités se traduisaient par des surveillances, de soutiens logistiques au développement et aussi la mise en place de mécanismes de gouvernance. En 2023, l'effectif des troupes onusiennes présentes au Mali est comptabilisé à 11 676 militaires 1 588 policiers et 1 792 civils (parmi eux, 859 nationaux, 754 internationaux et 159 volontaires de l'ONU).53(*) L'UNION AFRICAINE : Cette institution continentale joue un rôle crucial dans la traque des terroristes en Afrique d'une manière générale et dans la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad, plus précisément. Car, sa mission principale est même celle de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent. Elle a mis en place plusieurs initiatives comme le MAEP (Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs) et le CSP (Conseil de Paix et de Sécurité), qui visent à renforcer la coopération entre les Etats membres dans la lutte contre les violences djihadistes. L'UA entretient également d'étroites collaborations avec l'ONU pour bénéficier de financement stable et prévisible pour mener à bien ses activités de promotion de la paix. Elle joue donc un rôle indispensable dans la lutte contre le terrorisme avec des stratégies bien spécifiques. LA CEDEAO : Elle est l'une des institutions interétatiques les plus actives dans la lutte contre le terrorisme. D'ailleurs, l'une de ses principales vocations est de promouvoir l'intégration économique et la paix dans la région ouest-africaine. Elle a aussi mis en place le Mécanisme de Prévention, de Gestion et de Règlement des Conflits, instauré par le protocole de 1999, qui constitue le socle de la stratégie de sécurité régionale. Ce mécanisme est suivi du Protocole Additionnel sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance de 2001, autorisant la CEDEAO à s'attaquer aux causes profondes des conflits internes tels que le terrorisme.54(*) La CEDEAO a aussi mis en place une force en attente dénommée (ECOWAS Standby Force) pour répondre rapidement et efficacement aux crises sécuritaires dans la région. Cette force est composée d'environs 2 000 hommes parmi eux des soldats, des policiers et des civils, tous ressortissants des pays membres de l'Organisation (Benin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo). Bien que stationnées dans leur pays d'origine, ces forces sont mobilisables à tout moment en cas de nécessité. Son Etat-major est basé à Abuja au Nigeria.55(*) LA CBLT : Fondée en 1964 pour promouvoir le développement durable de la région du Bassin du Lac-Tchad, cette institution est devenue un acteur incontournable dans la lutte contre Boko Haram qui opère dans cette zone. Elle a été mandatée pour organiser et faciliter les stratégies de coopération transfrontalière en matière de sécurité. En mars 2015, le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine a autorisé le déploiement de la Force Multinationale Mixte pour soutenir les efforts des Etats membres de la CBLT et du Benin, qui envisagent créer unenvironnement fiable et sécurisé. Cette force est constituée de plus de 8 700 hommes dont des militaires, des policiers et des civils.56(*) Le Quartier General de cette force se trouve à N'Djamena la capitale du Tchad. Ainsi donc, une stratégie régionale de stabilisation a été mise sur pied pour stabiliser les zones libérées des mains de Boko Haram. A cet effet, des actions de développement ont été financées pour renforcer la résilience des populations locales et réduire ainsi les infiltrations des membres de la secte meurtrière au sein de ces mêmes populations. Par exemple, les provinces du Lac et du Hadjer Lamis au Tchad ont été parmi les plus grands bénéficiaires de ces actions. Des programmes de relèvement rapide et de développement ont été lancés pour faciliter la restauration de l'autorité de l'Etat et le retour des personnes déplacées internes et des réfugiés. LE G5 SAHEL : Il a été créé en 2014 et regroupe des pays sahéliens tels que le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Son objectif principal est le renforcement de la coopération en matière de lutte contre le terrorisme, les autres menaces transfrontalières ainsi que le développement durable. L'un des principaux instruments du G5 SAHEL est sa Force Conjointe officialisée en 2017 et visant à sécuriser les frontières communes des Etats membres en menant des opérationsmilitairestransfrontalières dans l'optique de réduire la mobilité des groupes armés et des trafiquants.57(*) L'effectif de cette force est estimé à plus de 5 000 hommes et le siège se trouve à Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Aux efforts militaires, il faut également mentionner l'accent mis sur le développementéconomique et la résilience des populations locales. Des projets de développement rural sont donc lancés pour une amélioration des conditions de vie et une réduction des facteurs de radicalisation. Ces initiatives se concrétisent par la construction des infrastructures, l'amélioration de l'accès à l'éducation et aux services de santé, ainsi que le soutien à l'agriculture et à l'élevage. Le G5 SAHEL joue donc un rôle complémentaire à celui de la CBLT dans la région. LES PARTENAIRES BILATERAUX ET LES ORGANISATIONS NON-GOUVERNEMENTALES IMPLIQUES LA LUTTE ANTI-TERRORISTE Le combat contre le terrorisme dans la région du Sahel et du Bassin du Lac-Tchad est un enjeu majeur pour la sécurité régionale et internationale. Les Etats de cette zone menacée ne disposant pas de moyens suffisants pour mener individuellement ce combat, sont dans l'obligation de se tourner vers des partenaires stratégiques bilatéraux (1) et même des organisations non-gouvernementales (2). LES PARTENAIRES BILATERAUX Comme partenaires bilatéraux, nous avons entre autres les grandes puissances militaires occidentales telles que les USA, la France, l'Union Européenne, etc. LES ETATS-UNIS : Ils sont un partenaire indispensable dans la lutte contre les groupes terroristes au Sahel et même dans le monde, puisqu'ils fournissent plus de 28,38% du budget des opérations de maintien de la paix des Nations Unies58(*), à l'instar de la MINUSMA. Ils fournissent une assistance financière, militaire et logistique aux forces de sécurité de la région. Sur le plan militaire, les Américains ont renforcé leur présence dans la région par le biais de leur Commandement Africain (AFRICOM). Les forces américaines sur le continent africain sont estimées à plus de 6 500 soldats repartis sur les quatre (4) coins du continent et concentrées pratiquement dans les régions à haut risque telles que le Sahel ou encore la Corne de l'Afrique59(*). Ces soldats offrent généralement des formations spéciales aux forces armées locales et contribuent aussi grandement au partage des informations sur les groupes terroristes et leurs déplacements à travers les frontières, grâce surtout aux drones dont ils disposent. Washington a aussi alloué 363 millions de dollars à la Force Multinationale Mixte de la CBLT et plus de 111 millions de dollars au G5 SAHEL, entre 2015 et 2018. Les USA financent également des programmes de développement contribuant à l'amélioration des conditions de vie des populations victimes du terrorisme, réduisant ainsi le risque de radicalisation.
Source :
https://www.trtfrancais.com/actualites/larmee-americaine-une-presence-discrete-en-afrique-17450533 LA FRANCE : Ce pays entretient des relations historiques avec les Etats du Sahel en matière de coopération militaire. La France soutient ainsi largement les pays de la région dans la lutte contre le terrorisme, à travers des opérations militaires célèbres telles que l'Opération Epervier ou Serval et la dernière en date, l'Opération Barkhane. Lancée en 2014, cette opération avait pour but d'appuyer les offensives militaires menées par les Forces Armées Maliennes et les Forces Armées Tchadiennes en Intervention au Mali (FATIM). Au début, l'effectif des troupes françaises présentes au Sahel avoisinait les 3 000 hommes jusqu'à atteindre 5 000 hommes en 2020. Pour la mise en oeuvre de cette opération, la France dépensait plus d'un milliard d'euros par an tiré de son propre budget. L'appui militaire français consistait en des attaques terrestres et aériennes. Toutefois, l'Opération Barkhane prendra fin en novembre 2022, à la suite de la réclamation du départ des troupes françaises faite par les gouvernements des pays accueillant ces troupes françaises sur leur sol, il s'agit notamment du Mali, du Burkina Faso et du Niger.60(*) L'UNION EUROPEENNE : Elle joue un rôle significatif dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad. Elle apporte un appui crucial aux forces locales à travers des missions EUCAP SAHEL MALI et EUCAP SAHEL NIGER qui fournissent une assistance pour renforcer les capacités des forces de sécurité intérieure. Ces missions améliorent la gestion des frontières, la lutte contre et la criminalité organisée. L'UE collabore étroitement avec d'autres acteurs internationaux, notamment les Nations Unies et l'Union Africaine, pour coordonner les efforts de lutte contre le terrorisme. Cette coopération se compose aussi avec la FMM de la CBLT. L'institution européenne finance aussi des programmes de développement pour traiter les causes profondes du terrorisme, telles que la pauvreté et l'exclusion sociale. Ces projets ont permis d'améliorer l'accès à l'éducation, à la santé et offert des opportunités économiques aux plus démunis. Le Programme Indicatif Régional pour le Sahel (2014-2020) a permis notamment de prévenir la radicalisation en fournissant des programmes éducatifs et des campagnes de sensibilisation. Sur le plan humanitaire, l'UE fournit une aide humanitaire essentielle incluant des assistances aux réfugiés et aux personnes déplacées internes. LES ORGANISATIONS NON-GOUVERNEMENTALES Eu égard de la complexité et de l'urgence instaurées par la lutte antiterroriste au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad, nombreuses sont les ONG qui ont décidé et de s'implanter dans cette région. Parmi eux, nous avons entre autres : Médecins Sans Frontières, International Crisis Group (ICG), OXFAM (Oxford Committee for Relief Famine), Human Rights Watch et Amnesty International, International Rescue Committee (IRC) et Norvegian Refugee Council (NRC), etc. MEDECINS SANS FRONTIERES : Cette ONG joue un rôle crucial dans la lutte contre les exactions des groupes terroristes dans cette région, plus particulièrement à travers ses interventions humanitaires et médicales. Elle a déployé des cliniques mobiles pour fournir une assistance sanitaire d'urgence aux populations vulnérables et aux communautés isolées, offrant ainsi des consultations médicales, des vaccinations et des traitements pour les maladies courantes, telles que le paludisme, le choléra, le VIH/SIDA, la tuberculose, la rougeole, la varicelle ou encore la poliomyélite. MSF fournit aussi des soutiens psychologiques aux personnes traumatisées par la violence des conflits armés, incluant ainsi des séances de counseling61(*) et des thérapies de groupes. MSF construit aussi des infrastructures d'eau potable et distribue des vivres alimentaires aux personnes démunies, ainsi que des abris temporaires, des couvertures et d'autres articles essentiels à la survie des plus vulnérables. INTERNATIONAL CRISIS GROUP : Cette ONG internationale à but non lucratif a été créée en 1995 et a pour mission de prévenir et d'aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations. Dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, elle fournit des études détaillées et approfondies sur les conflits et les dynamiques terroristes régionales. Elle publie aussi régulièrement des rapports et fait des briefings sur les causes sous-jacentes du terrorisme, telles que la pauvreté, la marginalisation sociale et les violences intercommunautaires. Elle émet aussi des recommandations politiques aux gouvernements locaux et aux acteurs internationaux afin d'adopter une stratégie efficace pour contrer le terrorisme. L'ONG initie aussi des programmes de sensibilisation pour le public et les medias afin d'avoir une approche beaucoup plus sérieuse de la menace terroriste.62(*) HUMAN RIGHTS WATCH ET AMNESTY INTERNATIONAL : Ces deux (2) organisations jouent un rôle central dans la lutte contre le terrorisme, principalement à travers la surveillance des droits humains, le plaidoyer et la sensibilisation. Elles documentent les violations de droits de l'homme commises par les sectes terroristes et les forces de sécurité dans ces zones. Des rapports détaillés sont même publiés sur les exécutions extrajudiciaires, les détentions arbitraires et les tortures. Ces documentations sont utilisées pour sensibiliser les autorités politiques et la communauté internationale, les poussant ainsi à prendre des mesures strictes contre ces violations tout en plaidant pour des enquêtes indépendantes et la justice pour les victimes. Ces ONG font aussi du lobbying auprès des gouvernements et des institutions internationales pour qu'ils adoptent des politiques respectueuses des droits humains. Elles apportent aussi des assistances juridiques aux victimes en collectant leurs témoignages afin de les utiliser lors des procès. OXFAM :Cette ONG britannique fondée en 1942 a pour but de lutter contre les inégalités sociales dans l'optique de mettre fin à la pauvreté et aux injustices dans le monde. Elle est l'une des organisations non-gouvernementales les plus actives au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad. Elle fournit des aides alimentaires, de l'eau potable et des articles non alimentaires aux populations les plus touchées par les violences des groupes armés, permettant ainsi de répondre à leurs besoins immédiats. Elle met également en place des programmes de vaccination pour traiter les maladies chroniques qui sévissent dans les camps de réfugiés, grâce aux services de santé de base. Elle offre aussi des formations dans le domaine agricole, les microfinances et d'autres initiatives de développement économique, visant donc à améliorer la sécurité alimentaire et créer des moyens de subsistances durables pour les communautés locales. OXFAM plaide aussi pour les droits des personnes déplacées par les conflits, en appelant les gouvernements et les donateurs internationaux à fournir des aides adéquates et à garantir la protection des droits humains.63(*) SECTION III : LE TCHAD, UN ACTEUR REGIONAL CLE DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME Situé au coeur de l'Afrique, le Tchad joue un rôle primordial dans la lutte contre le terrorisme, non seulement dans la région du Lac-Tchad mais également dans tout le Sahel. Le pays fait d'abord concrètement face à des menaces terroristes variées à cause notamment de l'instabilité sociopolitique exponentielle tout autour de ses frontières (la situation en Libye, au Soudan, au Nigeria ou encore en République Centrafricaine), il a su s'affirmer comme un acteur sécuritairerégional fiable et incontournable. Pour démontrer palpablement le poids du Tchad dans la région, nous analyserons dans un premier temps le contexte géopolitique et les défis sécuritaires auxquels le pays fait face (A), puis nous examinerons les actions concrètes menées par le Tchad pour lutter contre le terrorisme au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad (B). CONTEXTE GEOPOLITIQUE ET DEFIS SECURITAIRES DU TCHAD Comme presque tous les pays d'Afrique, le Tchad est en proie à des menaces de tout genre causées surtout par l'instabilité régionale (1), ajoutés à cela des multiples défis sécuritaires internes (2) qui fragilisent d'une manière ou d'une autre la stabilité du pays. INSTABILITE SOCIOPOLITIQUE AUX FRONTIERES DU TCHAD Le Tchad partage des frontières communes avec des pays comme la Libye au Nord, le Soudan à l'Est, la République Centrafricaine au Sud, le Cameroun et le Nigeria à l'Ouest. Ces pays sont marqués par des troubles politiques internes, impactant directement ou indirectement la situation sécuritaire intérieure du Tchad. LA LIBYE : Depuis l'assassinat par l'OTAN du Guide de la Révolution,le colonel Mouammar Kadhafi, le pays est plongé dans une profonde crise sociopolitique et sécuritaire64(*). La Libye est de nos jours divisée en plusieurs factions et autorités rivales appuyées et entretenues par les plus grandes puissances de ce monde à l'instar des USA, la Russie, la France, la Grande Bretagne, la Turquie, la Chine, etc. Le pays manque d'un gouvernement central fort et reconnu unanimement par tous les acteurs impliqués dans ce conflit. D'un côté, nous avons le GUN (Gouvernement d'Union Nationale) dirigé depuis le 3 mars 2022 par Fathi BACHAGHA (soutenu par la Turquie, le Qatar, l'Algérie et le Pakistan) et d'un autre, nous avons le Gouvernement de l'est du pays avec en sa tête le Marechal Khalifa HAFTAR, Commandant en Chef des Forces armées nationales libyennes depuis l'époque de Kadhafi. Ce qui favorise la prolifération des milices armées et la fragmentation de ce vaste territoire (1 759 540 km2). Ces différents groupes armés s'affrontent fréquemment dans la région de Tripoli et aussi dans le sud du pays, faisant ainsi d'innombrables victimes. De milliers de personnes ont été donc obligées de se déplacer massivement, fuyant les exactions des groupes armés. Cette situation a engendré naturellement une pénurie des biens de première nécessité et une dégradation des services publics. L'économie du pays longtemps émergente et parmi les plus florissantes en Afrique, à cause surtout aux vastes réserves pétrolières et gazières du pays, est aujourd'hui moribonde et abandonnée à elle-même à cause de l'exploitation illégale et anarchique par les différentes factions rivales à la solde des puissances étrangères. Le territoire libyen est donc devenu un vaste marché pour le crime organisé et les gangs spécialisés dans les trafics de tout genre, particulièrement d'armes et d'êtres humains (surtout les migrants en partance pour l'Europe et traversant la Libye pour atteindre la Méditerranée). Ces armes se déversent donc dans toute la région sahélo-saharienne, alimentant ainsi l'insécurité et les activités terroristes dans cette zone.65(*) LE SOUDAN : Depuis le renversement du régime d'Omar el-BECHIR en 2019 suite à une grande révolte interne à cause de la hausse du prix du pain, ce pays traverse une période de grandes instabilités sociopolitiques et sécuritaire, alimentée par des conflits intercommunautaires internes et des crises économiques. La transition qui a suivi ce coup d'Etat militaire d'octobre 2021 orchestré par le général Abdel Fattah al-BURHAN, semble être lente et inefficiente. Des manifestations populaires contre ce coup d'Etat ont été violemment réprimées par les militaires. Le Soudan fait aussi face à des violences interethniques particulièrement dans les régions du Darfour, du Kordofan et du Nil Bleu. Le pays est aussi en proie à des menaces terroristes de la part des groupes armés opérant tout autour de la frontière morose avec le Tchad, la Libye et l'Egypte, facilitant ainsi les mouvements d'armes et de stupéfiants. Sur le plan économique, une grave crise s'est installée dans le pays, caractérisée par une inflation galopante et une pénurie des biens essentiels, exacerbant ainsi les tensions sociales et politiques, rendant la stabilité beaucoup plus difficile à atteindre. Cette interminable guerre a donc poussé plusieurs millions de personnes à fuir le pays en direction du Tchad, de l'Ethiopie et de l'Egypte. D'après le media AFRICANEWS, à la date du 13 aout 2024, plus de 10 millions de personnes ont quitté le pays, dont 4 millions d'enfants et environs 26 millions de personnes sont exposés à une famine extrême.66(*) LA RCA : Au sud du Tchad, la République Centrafricaine fait aussi face à une instabilité chronique, avec des affrontements entre groupes armés et des violences intercommunautaires. Malgré les efforts de stabilisation déployés par les partenaires internationaux dont l'ONU à travers la MINUSCA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique), l'UA et les autres pays de la sous-région sous la bannière de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale), le pays reste toujours un foyer de tensions qui affecte grandement la sécurité frontalière du Tchad. LE CAMEROUN : Situé à l'Ouest du Tchad, ce pays fait face à d'innombrables défis sécuritaires liés aux insurgés de Boko Haram au nord, à la frontière avec le Nigeria. Les offensives militaires contre les exactions terroristes créent un sentiment de peur et propagent une instabilité débordant vers la frontière tchadienne. A cela, il faudrait ajouter aussi les tensions politiques internes, plus précisément dans les régions anglophones où des groupes armés se sont formés avec le soutien des forces obscures, et prétendantréclamerl'indépendance de ces régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest (NOSO)vis-à-vis du Cameroun. Toutes ces situations rendent beaucoup plus complexes la sécuritérégionale. Dans son ouvrage intitulé « LES REVOLTES SOCIALES AU CAMEROUN : Violence et antiviolence », Ismaila DATIDJO décrit cette situation comme suit : « Les morts enregistrés à la suite de la montée des revendications, notamment avec l'avènement du groupe séparatiste d'Ambazonie, ont attisé les rancoeurs, à telle enseigne que, victimes dans leurs contrées des exactions et des dégâts dirait-on collatéraux, de la confrontation entre les Forces de Défense et de Sécurité nationale et les schismatiques d'Ambazonie, les populations anglophones en général se sont senties encore plus délaissées. Une partie considérable de cette population s'estassociée la sympathie des séparatistes et a accentué son attitude de rejet des francophones.».67(*) LE NIGERIA : Considéré comme la nation la plus peuplée du continent africain, ce pays fait face depuis plus de deux (2) décennies aux exactions du groupe Boko Haram qui a fait du Nord-est nigérian son fief historique. Ces violences ont causé des dizaines de milliers de morts et plusieurs millions de déplacés.68(*) En 2016, une faction dissidente de cette secte s'est créée sous le nom d'ISWAP (entendez Etat Islamique en Afrique de l'Ouest). Les attaques de ces deux (2) groupes se manifestaient par des attentats-suicides, des enlèvements et des raids sur des villages et des bases militaires. Ces groupes contrôlent les zones rurales et imposent leur propre régime, perturbant ainsi les activités économiques et sociales. Cette insécurité grandissante a favorisé la montée du grand banditisme caractérisé par des prises d'otages, des vols de bétail et des attaques armées. Ces enlèvements contre rançon sont devenus une activité lucrative, ciblant aussi bien les écoliers que les voyageurs. Le Nigeria est aussi secoué par des conflits intercommunautaires et ethniques, occasionnésgénéralement par des disputes sur les terres et les ressources naturelles. La piraterie maritime est aussi l'une des activités criminelles les plus remarquables sévissant surtout au large des côtes nigérianes. Toute cette insécurité généralisée constitue une menace sérieuse pour la stabilité régionale et sous-régionale. LES PRINCIPAUX DEFIS SECURITAIRES INTERNES DU TCHAD Situé au coeur de l'Afrique, le Tchad fait face à une multitude de défis securitaires qui entravent gravement sa stabilité et son développement économique. Parmi ces menaces, nous avons entre autres : le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les rebellions armées, les crises humanitaires marquées par le flux de réfugiés et aussi le changement climatique. LE TERRORISME : La menace terroriste au Tchad est principalement incarnée par la secte Boko Haram et son démembrement l'ISWAP. Ces groupes opèrentgénéralement dans la région du Lac-Tchad, à travers des attaques meurtrières contre des civils et les forces armées. Les incursions de cette secte dans le territoire tchadien constitue une menace grandiose pour les activités economiques et sociales, car, il crée un climat de peur et d'insécurité totale. Il est important de rappeler aussi que les exactions de Boko Haram ne se sont pas uniquement limitées aux frontières avec le Nigeria, le groupe est allé jusqu'à s'introduire dans la capitale N'Djamena pour manigancer des attaques ciblées le même jour du 15 juin 2015 contre l'Ecole Nationale de Police située dans le premier (8e) arrondissement de la capitale (ayant fait plus de 27 morts et de centaines de blessés), contre le Commissariat Central dans le 2e arrondissement (6 morts et des dizaines de blessés) et enfin le 11 juillet 2015 contre le Marché Central de la ville, coûtant la vie à plus de 15 personnes et faisant d'innombrablesblessés, parmi eux des civils et surtout des membres des forces de défense et de sécurité.69(*) Toutefois, la grande attaque meurtrière subie par le Tchad s'est produite dans la nuit du 22 au 23 mars 2020 contre une base avancée de l'Armée Nationale Tchadienne située dans la presqu'île de Bohoma, dans la région du Lac, à l'Ouest du pays à la frontière avec le Nigeria. Cette attaque a fait plus de 98 morts70(*) dans les rangs des forces armées tchadiennes, forçantainsi le Président tchadien de l'époque, le Marechal Idriss DEBY ITNO, à effectuer lui-même la descente des lieux pour constater les dégâts. Dès lors, le Tchad a décidé d'intensifier ses attaques contre la secte islamiste jusqu'aux confins de ses bases dans le territoire nigérian, et bien au-delà. UNE IMAGE CAPTUREE LORS DE L'ATTENTAT AU MARCHE CENTRAL DE NDJAMENA
Source : www.voaafrique.com LES CONFLITS INTERCOMMUNAUTAIRES : Ces conflits sont exacerbés par des facteurs economiques, environnementaux et politiques. Parmi eux, nous avons d'abord les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui sont de plus en plus fréquents. Ces tensions interviennent généralement à la suite des compétitions pour les ressources naturelles, notamment les terres agricoles et les pâturages. Les éleveurs en quête de nourriture pour leur bétail, traversent parfois des champs agricoles, entraînant ainsi la destruction des cultures et poussant donc les agriculteurs à réagir violemment. Ce qui occasionne des pertes considérables en vie humaine. Les conflits fonciers sont aussi fréquents et sont causés par la croissance démographique et la quête des terres cultivables. Ces conflits dégénèrent généralement en des violentes disputes, qui finissent habituellement par des morts et des blessés. A cela, nous pouvons également ajouter les conflits intracommunautaires engendrés notamment par les rivalités de chefferies et les disputes internes au sein d'une seule et même communauté. Selon les statistiques fournies par le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), de janvier à juin 2023, 37 conflits ont été enregistrés sur l'ensemble du territoire national, occasionnant plus de 40 morts et près de 100 blessés. 71(*) LES REBELLIONS ARMES : Le Tchad a une longue histoire de rebellions armées qui se sont succédées depuis des décennies, attisées le plus souvent par des conflits interethniques et des luttes de conquête de pouvoir. Depuis le début du 21esiècle, les groupes rebelles les plus importants sont entre autres : l'UFR (Union des Forces de la Résistance), l'UFDD (Union des Forces pour la Démocratie et le Développement) et enfin le FACT (Front pour l'Alternance et la Concorde au Tchad).72(*) Le premier mouvement a été fondé en 2009 suite à une alliance entre huit (8) mouvements rebelles et est dirigé par Timan ERDIMI et son frère jumeau Tom ERDIMI, tous deux neveux du feu Idriss DEBY ITNO. Ses bases arrières se trouvaient en Libye et au Soudan, d'où il dirigeait les attaques contre l'Armée Nationale Tchadienne et la plus récente attaque est celle de 2019, menée depuis le territoire libyen et stoppée brièvement par les frappes aériennes des troupes françaises présentes au Tchad, à la demande bien évidemment gouvernement tchadien. Le deuxième mouvement a été créé en 2006 par le Général MAHAMAT NOURI, ancien ministre de la Défense Nationale sous Idriss DEBY, ayant rejoint la lutte armée après des mésententes avec le Président DEBY. L'UFDD a mené plusieurs attaques contre le régime de N'Djamena, souvent en coordination avec d'autres groupes rebelles. Le dernier groupe rebelle en date est bien évidemment le FACT du Docteur MAHAMAT MAHDI ALI, qui a été fondé en 2016 avec le soutien de plusieurs officiers dissidents de l'Armée Tchadienne. Ce mouvement a mené plusieurs offensives dont la plus célèbre reste celle d'avril 2021 ayant coûté la vie au Président IDRISS DEBY ITNO était descendu au terrain pour diriger lui-même les combats. Le groupe coordonne ses activités depuis le Sud de la Libye et aussi dans les massifs montagneux du Tibesti, à l'extrême-nord du Tchad. Nous constatons donc que ces différents mouvements rebelles ont contribué à une instabilité politique chronique au Tchad, alimentée par les coups d'Etats et les tentatives de renversement du pouvoir en place, affaiblissant ainsi les institutions étatiques tout en entravant le développement économique et social du pays. LES CRISES HUMANITAIRES : Le Tchad est confronté à diverses crises humanitaires de premier ordre qui affectent grandement la population. Parmi celles, nous avons d'abord le flux de réfugiés et les déplacements internes des populations locales. Le Tchad accueille un nombre immense de réfugiés principalement en provenance du Soudan, de la Libye, de la RCA, du Nigeria et parfois du Cameroun., tout fuyant des violences armées dans leurs pays respectifs. Depuis le début de la guerre civile soudanaise en avril 2023, environs 500 000 réfugiés soudanais ont été accueillis à l'Est du Tchad, accompagnés de plus de 100 000 Tchadiens rentrant au pays à cause de la guerre.73(*) Le flux de réfugiés est aussi à observer dans les provinces du Kanem, du Lac et du Bahr-el-Ghazel, environnantes du Lac-Tchad, où des dizaines de milliers de personnes sont obligées de fuir constamment les violences de Boko Haram et ses affiliés. Les chiffres de l'OCHA parlent eux de plus de 54 000 déplacés internes entre juillet et septembre 2023.74(*) Le Tchad fait aussi face à une crise alimentaire sans précédent. En effet, plus de 5,7 millions de personnes sont touchés par cette crise et environs 2,1 millions en sont en phase sévère. Ceci est notamment alimenté en grande partie par les effets néfastes du changement climatique marqué par la sècheresse, les inondations, etc. Les chiffres des inondations de la saison pluvieuse de l'année 2024 font état de plus de 1 941 869 personnes soit 342 471 ménages, affectés par la haute pluviométrie75(*). Sur le plan sanitaire, le pays est régulièrement touché par des épidémies telles que la méningite, la rougeole, le paludisme, le choléra, la tuberculose, etc. Entre juillet et octobre 2023, environs 5 539 cas de méningite et 1 569 cas de rougeole ont été enregistrés. Tous ces défis affaiblissent les capacités de réponses efficaces et efficientes de la part du pouvoir public, rendant le pays encore plus vulnérable et livré à lui-même sur la scène géopolitique et géostratégique mondiales, obligeant ainsi les autorités du pays à se surpasser pour redorer son image dans le concert de nations, adoptant ainsi une politique étrangère axée sur la diplomatie militaire, qui est elle-même nourrie par les différentes opérations militaires victorieuses menées par les Forces armées tchadiennes. LES ACTIONS CONCRETES MENEES PAR LE TCHAD POUR CONTRER LA MENACE TERRORISTE DANS LA REGION DU SAHEL ET DU LAC-TCHAD Depuis 2013, le Tchad a commencé à prendre de plus en plus de l'envergure au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad, surtout en matière de lutte contre le terrorisme. Eu égard de sa position géographiquement stratégique et de ses capacités militaires, le pays a joué un rôle significatif et déterminant dans les efforts régionaux pour éradiquer les groupes terroristes tels que Boko Haram, AQMI, Ansar Dine, Mujao, etc. Les actions menées par les soldats tchadiens se sont traduites par une série d'interventions militaires, à travers des collaborations régionales (1), d'engagements internationaux (2)et parfois par des offensives menées individuellement par l'Armée Tchadienne (3). LES COLLABOARTIONS MILITAIRES REGIONALES Depuis bientôt une décennie, le Tchad a intensifiée ses collaborations militaires régionales pour lutter contre les groupes djihadistes et assurer ainsi la sécurité et la stabilité au Sahel et dans le Bassin du Lac-Tchad. Parmi ces collaborations, nous avons entre le G5 SAHEL et la Force Multinationale Mixte de la CBLT. Au sein du G5 SAHEL, le contingent tchadien était estimé au début de son déploiement en février 2021 à environs 1 200 soldats76(*)(l'effectif global de l'Armée Nationale Tchadienne s'élève entre 40 000 et 65 000 soldats), et plusieurs dizaines de véhicules de combat légers ainsi que d'infanteries lourdes. L'effectif tchadien au sein de cette coalition représenteenvironsenviron 24% de l'effectif global de la Force-conjointe du G5 SAHEL, qui est lui chiffré à 5 000 hommes. Le Tchad est le deuxième plus grand fournisseur de soldats à cette force régionale après le Mali qui lui, fournit plus de 1 400 soldats. Avec le retrait du Mali de cette force en date du 14 juin 202277(*), le Tchad devient donc le pays déployant le plus de soldats au sein du G5 SAHEL. Ces soldats tchadiens menaient des offensives coordonnées avec les autres forces de la coalition au niveau de la zone dite des «Trois frontières», à cheval entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso, appelée aujourd'hui la région du Liptako Gourma. Ces offensives ont permis de neutraliser de centaines de terroristes, de capturer aussi plusieurs dizaines et de récupérer du matériel militaire et civil utilisés par les terroristes. Tableau 1 : Contingents militaires présents au Sahel en 2015
Source : SIPRI MILITARY EXPENDITURE DATABASE ( https://www.sipri.org/databases/milex) * 40 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/06/17/nigeria-boko-haram-confirme-la-mort-d-abubakar-shekau-son-chef-historique * 41 C'est une forme d'État calquée sur le modèle des sociétés islamiques du temps du Prophète MOHAMMED et qui est régie par les règles de la Charia. Ce modèle sociétal a été développé par OUSMAN DAN FODIO et son Califat de Sokoto au Nigeria. * 42 Serge DANIEL, AQMI : L'industrie de l'enlèvement, Fayard, Paris, 2012, 304 p. * 43 Clémence PERNIN et Houari SAYAD, Le sahel : terrain de jeu d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), Cahier d'Outre-Mer, Juillet-Septembre 2011, pp 445-446 * 44 S. ISSA, H. MBARKOUTOU, B. BARKA et A. YAOUBA, Boko Haram : les mots d'une crise, L'Harmattan, Octobre 2020, pp 23-28. * 45 Entretien avec un haut responsable de la Force Multinationale Mixte, Ndjamena, septembre 2024 * 46 DIALLO N. Laafi, TERRORISME AU SAHEL : Dynamique de l'extrémisme violent et lutte anti-terroriste, un regard à partir du Burkina Faso, L'Harmattan Burkina Faso, 2020, pp 69-70 * 47 http://news.un.org/fr/story/2023/06/1135997 * 48 https://www.fao.org/crisedubassindulactchad/strategiedintervention/mars2017 * 49 https://www.unhcr.org/fr/emergencie/sahel-emergency * 50 https://peacekeeping.un.org/fr/les-casques-bleus-tchadiens-ont-acheve-leur-desengagement-du-mali * 51 Fréderic GOUT, Libérez Tombouctou ! Journal de guerre du Mali, Editions Tallandier, 2015, pp 126-130 * 52 Alain Didier OLINGA, Justice militaire et lutte contre le terrorisme au Cameroun, l'Harmattan Cameroun,2022, pp 199-200 * 53 http://minusma.unmissions.org/en/personnel * 54 Massaer DIALLO, «Défis sécuritaires et hybridation des menaces dans la zone sahélo-saharienne», Institut d'Etudes Politiques et Stratégiques (IEPS), Dakar, 25 et 26 novembre 2010, Bruxelles, p. 10. * 55 https://www.ouest-france.fr/monde/niger/niger-quest-ce-que-la-force-en-attente-de-la-cedeao-dont-le-deploiement-a-ete-annonce-12578828-38e-11e-87b2-9bdf3606b1ab * 56 Entretien avec un haut responsable de la Force Multinationale Mixte de la CBLT, N'Djamena, 20 septembre 2024. * 57 https://www.g5sahel.org/g5-sahel-et-lutte-contre-le-terrorisme-une-solution-collective-adaptee/ * 58 http://www.un.org/fr/peacekeeping/operations/financing.shtml * 59 http://www.africom.mil/ consulté le 23 aout 2024 * 60 M-A Pérouse de MONTCLOS, UNE GUERRE PERDUE : La France au Sahel, Editions Jean-Claude LATTES, Janvier 2020, p. 118. * 61 C'est un accompagnement psychologique ayant pour but de recentrer la personne sur elle-même et de l'outiller pour améliorer ses relations avec les autres, résoudre un conflit intérieur, sortir de l'impasse décisionnelle et favoriser un mieux-être personnel ou professionnel. * 62 http://www.crisisgroup.org/who-we-are * 63 http://www.oxfam.org/en/research/lake-chads-unseen-crisis * 64 Amaël CATTARUZZA, Atlas des guerres et conflits, un tour du monde géopolitique, Editions Autrement, Paris, février 2017, p 32. * 65 Patrick HAIMZADEH, Au coeur de la Libye de KADHAFI, Editions J-C Lattes, avril 2011, p. 97. * 66 https://fr.africanews.com/2024/07/23/le-soudan-subit-la-pire-crise-humanitaire-au-monde-alerte-msf/ * 67 Ismaila DATIDJO, LES REVOLTES SOCIALES AU CAMEROUN : Violence et antiviolence, L'Harmattan, 2022, pp 42-43. * 68 https://www.bbc.com/afrique/region-57887745 * 69 https://www.voaafrique.com/a/attentat-meurtrier-contre-le-marche-central-de-n-djamena-/2857855.html * 70 E. Chauvin, O. Langlois, C. Seignobos et C. Baroin, Conflits et violences dans le bassin du Lac-Tchad, Actes du XVIIe colloque Méga-Tchad, IRD Editions, Marseille, décembre 2020, pp 208-210. * 71 https://www.unocha.org/publications/report/chad/tchad-apercu-des-conflits-interintracommunautaires-janvier-2024 * 72 https://www.geo.fr/geopolitique/quels-sont-les-principaux-groupes-rebelles-au-tchad-208764 * 73 https://www.unocha.org/publications/report/chad/tchad-besoins-humanitaires-et-plan-de-reponse-mars-2O24 * 74 https://www.unocha.org/publications/report/chad/tchad-apercu-de-la-situation-humanitaire-au-tchad-novembre-2023 * 75 https://www.unocha.org/publications/report/chad/tchad-situation-des-inondations-rapport-de-situation-ndeg-03-01102024 * 76 Entretien avec un haut cadre du Ministère tchadien de la Défense nationale, Ndjamena, 15 septembre 2024. * 77 https://africa24tv.com/mali-retrait-effectif-du-pays-du-g5-sahel?amp=1 |
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