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L'intervention des forces armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au sein du G5 Sahel et de la force multinationale mixte de la CBLT: de 2014 à 2024par Mahamat Barka Mahamat Korei Université de Ngaoundéré - Master 2 Recherche en Science Politique, option Relations Internationales 2024 |
A- L'AGUERISSEMENT DES SOLDATS TCHADIENS AU SEIN DU G5 SAHELAvec un effectif de plus de 5 000 hommes dont plus de 1 200 tchadiens, le G5 SAHEL est devenu un acteur incontournable dans la lutte antiterroriste dans la région. Ces soldats ont bénéficié pour la plupart des programmes de formation anti-terroristes lancés par les partenaires internationaux bilatéraux tels que les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, etc. Les Américains ont pour leur part initié le programme «PAN-SAHEL» visant à renforcer les capacités des forces de sécurité du Mali, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie. Ce programme se transformera plus tard en une initiative transsaharienne contre le terrorisme, avec un nombre plus élargi de pays participants. Les premières formations reçues par les soldats concernaient les techniques de patrouille entre les frontières étatiques (la zone dite des Trois Frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger).81(*) Cette patrouille a nécessité 3 bataillons de plus de 650 hommes comprenant des soldats de tous les pays engagés. Deux autres bataillons ont été déployés pour surveiller la zone frontalière entre le Mali et la Mauritanie. Depuis 2017, des formations continues et accélérées sont menées pour permettre à la force conjointe de pouvoir patrouiller dans le territoire de chaque pays membre. Les soldats tchadiens au sein de cette coalition travaillent aussi en étroite collaboration avec les forces françaisesdéployées dans le cadre de l'Opération Barkhanecomposéesd'environs4 000 hommes et présentes au Mali depuis 2013 et aussi avec les forces de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali) estimées à plus de 12 000 hommes dont 1 440 tchadiens82(*). Toutes ces collaborations avec les initiatives militaires régionales ont permis aux soldats tchadiens de développer des capacitésopérationnellesspéciales, les rendant encore plus redoutables pour l'ennemi. Toutefois, il est important de préciser que les formationsreçues au niveau du G5 SAHEL ne sont pas si différentes de celles enseignées dans le cadre de la FMM de la CBLT. B- LA FORMATION DES SOLDATS TCHADIENS AU SEIN DE LA FORCE MULTINATIONALE MIXTE DE LA CBLTComparée à la région du Sahel géographique, le Bassin du Lac-Tchad est une zone difficile d'accèsà cause des terrains marécageux et des différents ilots qui se sont formés suite à l'assèchement progressif et exponentiel du Lac-Tchad. Ce contexte géographique complexe a favorisél'implantation des différentes factions de BOKO HARAM tout au long des rives du lac, obligeant ainsi les Etats formant la FMM de la CBLT à adopter des stratégiesspécifiques. Pour le cas des soldats tchadiens, ils ont été formés sur les tactiques opérationnelles sur les guerres asymétriques et la gestion de la population. Ils ont égalementreçu des instructions sur les tactiques de combat en milieu urbain et semi-urbain, incluant les missions d'infiltration et d'exfiltrationd'otages, parfois à travers des opérations nocturnes. A cela, il faut aussi ajouter les formations en technique de renseignement englobant le partage et la collecte de renseignements cruciaux dans l'anticipation des mouvements des groupes terroristes, à travers la surveillance électronique et l'utilisation des technologies pour suivre les activités suspectes et les communications des ennemis. Notons aussi que des formations en utilisation des équipements modernes comprenant les véhicules blindés et les armements lourds. Ces formations été rendues possibles grâce à la collaboration avec d'autres agences de renseignements, notamment occidentales telles que la CIA, la DGSE ou encore le MI683(*). Les soldats tchadiens ont égalementreçu des formations humanitaires pour répondre aux situations d'urgence et gérer correctement les conséquences des conflits sur les populations civiles. * 81 Nicolas DESGRAIS, Emergence d'un régionalisme à vocation antiterroriste au Sahel : vers une nouvelle gouvernance africaine de la paix et de la sécurité ?, Annuaire Français de Relations Internationales, Volume XIX, Centre Thucydide, Université Panthéon-Assas, Paris, 2018, pp 620-623. * 82 https://www.un.org/en/peacekeeping/contributors/2016/apr16-5.pdf Consulté le 13 mars 2024. * 83Colonel Olivier Passot, Renseignementfrançais et lutte contre le terrorisme : évolutionsrécentes et perspectives , Revue Scientifique Les Champs de Mars N°31, 2018, pp 63-71. |
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