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Influence des séquelles neuro-orthopédiques sur la capacité fonctionnelle des adultes cérébro-lésés suivis en rééducation fonctionnelle


par Homer Tshibanda
Université de Kinshasa - Licence en médecine physique et de réadaptation  2022
  

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CHAPITRE 1. GENERALITES

1.1. Définition

Une lésion cérébrale acquise est un endommagement du cerveau qui a lieu après la naissance et n'est pas lié à des maladies congénitales ni dégénératives[12].

1.1.1. Classifications des lésions cérébrales

Il y a deux types de lésions cérébrales acquises:

Les lésions cérébrales non-traumatiques sont causées par un facteur interne (quelque chose qui se passe dans le corps) ou par une substance introduite dans le corps, qui endommage le tissu cérébral. Ces lésions peuvent être classées en lésion non- traumatiques (par exemple: Accidents ischémiques cérébraux, AVC hémorragique, Anévrismes,troubles convulsifs, Tumeurs cérébrales, Empoisonnement, Abus de substances médicinal, Overdose d'opioïdes, Méningite Encéphalite, Hydrocéphalie Vascularite et Hématome) etlésions cérébrales traumatiques qui sont causées par des facteurs extérieurs, tels les coups, les secousses ou les chocs. Le résultat peut être une lésion temporaire du cerveau ou un endommagement plus sérieux, à long terme. Elles peut inclurent les Accidents routiers, Chutes, Agressions, Blessures par balle, Violence domestique, Étranglement, Suffocation, Syndrome du bébé secoué, Blessuressportives, Explosions et blessures de combat[13].

1.1.2. Prévalence et impact sur la population adulte

Chaque année, entre 3.000 et 5.000 personnes en Suisse souffrent d'une lésion cérébrale à la suite d'un accident. Parmi elles, 60 - 70 % sont victimes d'un accident de la route. D'autres causes sont les accidents de sport, du travail ou dans le ménage.

80 % des personnes concernées sont des hommes dont 50 % ont moins de 30 ans au moment de l'accident, avec des conséquences significatives sur leur autonomie et leur qualité de vie. Selon les statistiques, des millions de personnes vivent avec des séquelles liées à des lésions cérébrales, ce qui souligne la nécessité d'une recherche approfondie dans ce domaine [14].

Leurs causes les plus fréquentes sont les accidents de la voie publique et les chutes [3].

Les lésions cérébrales entraînent plusieurs complications, et séquelles notamment :

1.2. La spasticité

1.2.1. Définition

La spasticité est un trouble moteur caractérisé par une augmentation sensible de la vitesse des réflexes d'étirement toniques (hypertonie musculaire), associée à uneexagération des réflexes tendineux, lié à l'hyperexcitabilité de l'arc réflexe myotatique, formant une composante dusyndrome pyramidal. » On considère que le muscle est soumis à une tension de base appelée tonus musculaire. L'augmentation de cette tension de repos est appelée hypertonie musculaire. La spasticité est une variété particulière d'hypertonie musculaire. En pratique, cette hypertonie se manifeste par une augmentation de la résistance du muscle à l'étirement. La spasticité est une co-contraction des agonistes et des antagonistes, ce que rappelle l'étymologie en grec: spao (spaw) signifie: "je contracte"[15].

1.2.2. Mécanismes physiopathologiques de la spasticité

Lors d'un AVC, on retrouve uniquement des lésions au niveau du cortex cérébral. Pourtant, la spasticité est induite à cause d'un dérèglement au niveau du réflexe d'étirement, qui se déroule dans la moelle spinale et par conséquent ne met pas en jeu le cerveau dont le faisceau pyramidal est lésé. La spasticité pourrait être causée par une réorganisation anarchique après une lésion cérébrale [16].

Cette réorganisation causerait une augmentation des réflexes par perturbation de la

régulation du réflexe d'étirement. On retrouve 3 facteurs possibles d'augmentation du tonus musculaire chez des patients ayant de la spasticité :

- Des modifications de l'apport afférent aux motoneurones spinaux.

- Des modifications des circuits réflexes qui affectent l'excitabilité des motoneurones.

- Des modifications des propriétés intrinsèques des motoneurones[17].

Il existe aussi des modifications intrinsèques du muscle secondairement à la spasticité.

L'augmentation du tonus musculaire résulte initialement d'une augmentation excessive du réflexe d'étirement, et par la suite de changements viscoélastiques dans le muscle [18]. En effet, lorsqu'un muscle paralysé est maintenu dans une position raccourcie, il perd des sarcomères: Il « s'ajuste » pour produire une force optimale à la longueur musculaire raccourcie [17]. Ce processus peut aboutir à une perte permanente de la mobilité articulaire ainsi que des contractures, Il existe une réelle adaptation du muscle selon son utilisation. Dans le cadre d'une spasticité sévère, le muscle est en permanence dans une position raccourcie, il s'adapte, perd des sarcomères et perd sa capacité à s'étirer. C'est un véritable cercle vicieux car plus le muscle perd sa capacité à s'étirer, plus il reste dans une position courte, et donc plus il s'adapte et perd de nouveau sa capacité d'étirement[18].

1.2.3. Évaluation de la spasticité

L'évaluation de la spasticité permet de déterminer la gêne qu'elle entraîne.

Différents moyens d'évaluation:

Ø Évaluation analytique du tonus musculaire

Plusieurs échelles cliniques permettent l'évaluation clinique de la spasticité. Il s'agit de l'échelle d'Ashworth modifiée par Bohannon en 1986[19] de l'échelle de fréquence des spasmes de Penn et de l'échelle de Tardieu[20].

L'échelle de spasmes de Penn (1985) a été mise au point pour évaluer l'effet du baclofène intra-thécal chez des patients spastiques [21]:

· 0 Absence de spasmes

· 1 Spasmes induits par des stimulations sensorielles ou mobilisation passive

· 2 Spasmes spontanés occasionnels

· 3 Nombre de spasmes spontanés compris entre 1 et 10/ heure

· 4 Plus de 10 spasmes/heure

L'échelle de Tardieu est une échelle ordinale qui tient compte de la posture et de la vitesse d'étirement.L'évaluation est toujours réalisée à la même heure du jour, dans une même posture corporelle constante pour un membre donné. Les autres articulations au niveau du corps doivent rester immobiles durant le test et dans la même position d'un test à l'autre. La résistance à la mobilisation est évaluée à deux vitesses: la plus lente et la plus rapide possible.

L'angle d'apparition ainsi que l'intensité de la résistance sont notés. Cette échelle française a fait l'objet d'une validation en anglais[19].

Ø Évaluation des amplitudes articulaires passives

Cette mesure est un élément fondamental de l'évaluation des patients spastiques. Elle

permet de faire la part de spasticité et de rétractions musculaires. Dans certains cas de

spasticités sévères (mobilisation passive difficile), la mesure ne permet pas d'évaluer les parts respectives de chacun des mécanismes. Il est alors nécessaire de pratiquer des tests pharmacologiques. Il s'agit essentiellement des blocs moteurs périphériques par un agent anesthésique [22].

Ø Évaluation des amplitudes articulaires actives

Elle est primordiale dans l'évaluation du retentissement fonctionnel de la spasticité. Elle permet de connaître la gêne que représente la spasticité au cours du mouvement volontaire. Cette évaluation des amplitudes articulaires peut se faire soit cliniquement, soit à l'aide de goniomètres électroniques [22].

Ø Évaluation des conséquences de la spasticité :

- La douleur

La méthode d'évaluation la plus répandue de la douleur est l'échelle visuelle analogique. Cependant, de nombreux patients spastiques cérébro-lésés sont incapables d'utiliser cette échelle en raison de troubles neuropsychologiques [23].

- L'examen de la motricité

Il doit être réalisé minutieusement. En effet, le traitement de la spasticité peut être suivi par une perte de fonction chez un patient ayant une commande motrice trop déficitaire. Ce déficit moteur est parfois masqué par la spasticité qui donne une impression erronée de commande motrice correcte[23].

Il faut rechercher également des troubles proprioceptifs, un syndrome cérébelleux et tout autre élément pouvant majorer la gêne fonctionnelle occasionnée par la spasticité.

Le plus souvent, la paralysie après un accident vasculaire cérébral est dite flasque au

début avec l'absence de reflexe ostéo-tendineux et l'absence d'hypertonie à la mobilisation[23].

Ces manifestations spastiques, généralement absentes à la phase aigüe s'installent dans les semaines qui suivent l'accident vasculaire cérébral. Elles touchent déjà 27% des patients à 1 mois et 23% à 6 mois selon une étude suédoise récente. Lesréflexe ostéo-tendineux réapparaissent ensuite progressivement et deviennent exagérés par rapport au côté sain. Ils sont vifs, poly-cinétiques et diffusés. Le réflexe bicipital et le réflexe rotulien sont les premiers à réapparaître.

L'hypertonie apparaît progressivement et n'est au début qu'à peine palpable. Elle apparaît habituellement d'abord sur les fléchisseurs des doigts, du poignet et du pied. Elle restera toujours plus forte sur les muscles où elle est apparue en premier. Elle prédomine habituellement sur les muscles fléchisseurs au membre supérieur.

Il s'agit des rotateurs internes du bras, des fléchisseurs du coude, des pronateurs, des

fléchisseurs de poignet et des fléchisseurs des doigts. La spasticité prédomine sur les

extenseurs au membre inférieur, elle intéresse les fessiers, le quadriceps et le triceps sural. La spasticité est sujette à de nombreuses variations liées à différents facteurs tel que la position du malade. Elle prédomine sur les muscles anti-gravidiques et l'orthostatisme l'accentue fortement. Elle est aggravée par le stress, la fatigue, les émotions, la douleur, l'effort physique, les changements de température extérieure ainsi que les grands froids et les grandes chaleurs[21].

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