5.5. Manifestations
cliniques
La polyurie et la polydipsie (74,3 %), les
nausées/vomissements (63,3 %) et les douleurs abdominales (47,7 %)
étaient les signes les plus fréquents. Ces symptômes sont
typiques et rejoignent ceux décrits par Wolfsdorf et al.
(2022). Les troubles de la conscience concernaient 28,4 % des cas,
proportion légèrement inférieure à celle
rapportée par Amour et al. (2022) (35 %).
La respiration de Kussmaul était observée chez 40,4
% des patients, traduisant une acidose métabolique
sévère.
5.6. Données
biologiques
Les valeurs biologiques confirmaient l'ACD : glycémie
moyenne de 442 mg/dL, pH moyen de 7,12, bicarbonates de 13,4 mmol/L et
cétonurie positive à 100 %. Les troubles
électrolytiques étaient marqués, notamment une
hypokaliémie (moyenne 3,6 mmol/L) et une hyponatrémie relative
(134 mmol/L). Ces désordres sont bien décrits dans la
littérature comme conséquences de l'hyperglycémie et de la
diurèse osmotique (Kitabchi et al., 2024 ; Gosmanov et al.,
2021).
L'élévation de l'urée (52 mg/dL) et de la
créatinine (1,4 mg/dL) reflétait l'insuffisance rénale
fonctionnelle secondaire à la déshydratation. L'osmolarité
sérique moyenne (294 mOsm/L) confirmait la sévérité
du déséquilibre métabolique.
5.7. Prise en charge
thérapeutique
Tous les patients ont reçu une insulinothérapie IV
et une réhydratation par sérum salé isotonique
(NaCl 0,9 %). Comme recommandé par l'ADA
(2024), le sérum glucosé 5 % a été
introduit dans 62,4 % des cas une fois la glycémie < 250 mg/dL. Le
Ringer lactate a été utilisé dans 22 % des cas comme
alternative.
La correction électrolytique a concerné 70,6 % des
patients, principalement par chlorure de potassium. Ce chiffre reste
insuffisant, probablement en raison de la disponibilité limitée
du potassium dans notre contexte, alors que les recommandations internationales
insistent sur son apport systématique (Kitabchi et al., 2024 ;
Wolfsdorf et al., 2022).
L'antibiothérapie a été prescrite dans 46,8
% des cas, ce qui correspond à la forte proportion d'infections comme
facteurs déclenchants.
5.8. Évolution
clinique
L'évolution a été favorable dans 78 % des
cas. Le taux de mortalité était de 9,2 %, inférieur
à certaines séries africaines (15-26 % chez Amour et al.,
2022), mais largement supérieur aux taux des pays
développés (< 1 %, Kitabchi et al., 2024).
La durée moyenne d'hospitalisation était de 6,8
jours, comparable à celle décrite par Gosmanov et al.
(2021) (5-7 jours). Ces résultats témoignent à
la fois des progrès réalisés dans la prise en charge aux
CUL et des défis persistants, notamment la disponibilité des
électrolytes et la détection précoce des complications.
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