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Fréquence et prise en charge de l'acidocétose diabétique aux cliniques universitaires de Lubumbashi en 2025


par Adonis Kayombo
Université de Likasi - Docteur en médecine 2025
  

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CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR L'ACIDOCÉTOSE DIABÉTIQUE

1.1. Épidémiologie mondiale, africaine et nationale du diabète et de l'ACD

En 2021, la prévalence mondiale du diabète était estimée à 10,5 %, avec une prédominance du type 2 (environ 90 % des cas). Ce chiffre devrait atteindre 12,2 % d'ici 2045, selon l'IDF [1].

En Afrique, la situation est préoccupante : plus de 24 millions d'adultes vivent avec cette pathologie, et ce nombre pourrait dépasser 55 millions d'ici 2045 [2]. L'Afrique subsaharienne est particulièrement touchée, avec une croissance accélérée liée à l'urbanisation, à la malnutrition, à la sédentarité et au vieillissement de la population [7].

En RDC, les études sont encore limitées, mais la prévalence nationale du diabète est estimée à 5,2 % dans les zones urbaines, avec une augmentation nette dans les grandes villes comme Kinshasa et Lubumbashi [8].

L'acidocétose diabétique (ACD) constitue l'une des principales causes d'hospitalisation et de mortalité aiguë chez les patients diabétiques en Afrique [6]. Elle reste sous-documentée en RDC, ce qui complique la mise en place de stratégies adaptées.

1.2. Facteurs étiologiques de l'acidocétose diabétique.

Les facteurs déclenchants de l'ACD sont nombreux. Les plus fréquents incluent [3, 4,5] :

· L'interruption ou la mauvaise observance de l'insulinothérapie ;

· Les infections (urinaires, pulmonaires, cutanées, etc.) ;

· Le stress physique (chirurgie, traumatisme, infarctus) ou émotionnel ;

· Les erreurs alimentaires ou thérapeutiques ;

· L'usage de certains médicaments (corticostéroïdes, diurétiques, bêtabloquants, etc.).

Chez certains patients, aucun facteur déclenchant clair n'est retrouvé on parle alors d'ACD idiopathique.

1.3. Physiopathologie de l'ACD [12]

L'acidocétose diabétique (ACD) résulte d'un déficit partiel ou complet en insuline, combiné à une augmentation des hormones de contre-régulation, catécholamines, glucagon, cortisol et hormone de croissance.

Soit le déficit complet en insuline survient chez un patient lors de la présentation inaugurale du diabète, soit chez un patient diabétique connu, sous-dosé en insuline, volontairement ou non. Par exemple, en cas de stress (infection, traumatisme, troubles gastro-intestinaux), lors d'oubli (fortuit ou non) d'injection d'insuline.

Les omissions volontaires d'injection d'insuline sont plus fréquentes dans l'insulinothérapie par injections multiples et chez les utilisateurs de pompes à insuline. Chez ces derniers, une ACD peut se développer rapidement en cas de panne.

La conséquence d'une combinaison d'une insulinémie basse et d'un taux élevé des hormones de contre-régulation est un catabolisme accéléré, avec augmentation de production hépatique et rénale de glucose, diminution de l'utilisation périphérique de glucose (phénomène de résistance à l'insuline).

Il en résulte hyperglycémie, hyperosmolalité, lipolyse augmentée et cétogenèse. En l'absence d'administration d'insuline, de fluides et d'électrolytes, l'issue peut être fatale par acidose métabolique et déshydratation. L'ACD peut être aggravé par une acidose lactique, secondaire à une hypo perfusion tissulaire ou un sepsis.

L'ACD est caractérisée par une perte sévère en eau et électrolytes provenant des compartiments intra- et extracellulaires, le degré de pertes fluctuant selon la durée et la sévérité, mais aussi d'après la capacité du patient à maintenir des apports en liquides et électrolytes.

3 stades se succèdent :

1. La cétose (présence de corps cétoniques dans le sang et les urines)

2. L'acidocétose: cétose entraînant une baisse du pH au-dessous de 7,30 ou un bicarbonate < 15 mmol/l

3. Le coma acidocétosique: acidocétose avec troubles de la conscience.

On a également décrit le coma diabétique hyperosmolaire (glycémie > 600 mg/dl ; osmolarité plasmatique > 350 mmol/l ; pH > 7,30 ; cétonurie faible ou absente).

Le coma hyperosmolaire survient essentiellement chez l'adulte âgé qui présente un syndrome polyuro-dipsique de longue durée. Chez l'enfant, le coma hyperosmolaire est rare.

L'hyperglycémie hyperosmolaire peut inaugurer un diabète de type 2, mais aussi rarement un diabète de type 1.

La cétonurie se positivera dès que la diurèse augmentera.

La physiopathologie de l'ACD est résumée dans la figure 1.

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