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Réglementation prudentielle: incidence sur le capital et le risque. Etude de cas: banques tunisiennes


par Oumaima Lassoued
Universite Tunis El Manar - Masterère de recherche en sciences de gestion spécialité: finance 2016
  

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Introduction générale

Le réseau financier dans son ensemble et le système bancaire en particulier constituent des indications efficaces du niveau d'activité économique d'un pays. Ils permettent aux investisseurs et lesautres acteurs économiques de mieux anticiper leurs actions, gérer leurs capitaux, etc. D'où l'importance des institutions financières et plus précisément des banques dans l'économie.

Nonobstant les changements économiques, le rôle de l'activité bancaire reste la pierre angulaire de tout mécanisme financier. C'est pour cette raison que l'industrie bancaire a été et restera très protégée et règlementée. Les autorités des différents pays ont instauré un système de surveillance de cette activité, appelé « la réglementation prudentielle bancaire ».

La mise en place de cette règlementation est passée par plusieurs étapes et s'est traduite par la suppression d'anciennes règles et l'établissement de nouvelles mesures qui « militent en faveur d'une surveillance saineIl faut donner la référence de cette citation en bas de page ». En effet, mettre en place laune supervision bancaire adéquate est un challenge pour toute économie qu'elle soitdéveloppée ou en développement. La mondialisation financière, l'abolition des frontières géographiqueset leprogrès technologique ont intensifié la concurrence entre les banques. Ces facteursont encouragé l'innovation financière et la création de nouveaux instruments financiers, mais ont aussi poussé les banques à des prises de risque de plus en plus importantes. Ces changements ont entrainé la faillite de plusieurs banques et ont incité les autorités à imposer un niveau minimum de règlementation. Cette règlementation admet une dimension nationale et une dimension internationale à travers la Banques des Règlements Internationaux (BRI) et plus précisément son comité de Bâle. C'est sous l'égide de ce comité qu'ont été signés les triples accords Bâle1, Bâle 2 et Bâle3 donnant naissance à une réglementation prudentielle internationale. Le but étant d'avoir une harmonisation des règles prudentielles et une solidité financière internationale

L'absence d'une culture de gestion des risques, l'augmentation de la concurrence et l'asymétrie d'information représentent les caractéristiques d'un environnement risqué pour les banques. Ainsi, les règles prudentielles ont été nécessairesdéveloppées pour faire face à cet environnement risqué. L'instrument réglementaire le plus connu est l'adéquation des fonds propres.

Malgré leur généralisation, l'impact des normes prudentielles sur le comportement des banques reste une question controversée. Les théories traditionnelles ont omis de préciser la nature de cette relation. De leur part, les nouvelles théories ont mis l'accent sur la création de conditions pour le bon fonctionnement des instruments prudentiels tout en prenant en compte le problème de l'aléa moral.La question de l'impact de la réglementation des fonds propres prudentiels sur le comportement des banques est l'un des thèmes les plus étudiés dans la littérature, surtout après la dernière crise financière.

Les recherches consacrées à la relation entre la gestion des risques et la réglementation prudentielle sont très nombreuses.Cependant, ces études s'intéressent le plus souvent à des pays développés,à travers l'étude des banques américaines et européennes (voir Shrieves et Dahl, 1992; Aggarwal et Jacques, 2001; Rime, 2001; Jokipii et Milne, 2008, etc.) et plus récemment les pays en développement tels que les banques asiatiques (voir Awdeh et al., 2011; Lee et Hsieh, 2013; Zhang et al., 2008, etc.). Certaines études traitent du casdes pays du MENA (par exemple, Bougataf et Mgadmi 2016,) mais à notre connaissance peu de travaux portent sur le cas des banques tunisiennes et leur comportement en matière d'exigences de fonds propres réglementaires.

C'est dans ce cadre que s'insère cette recherche où nous essayons de traiter la problématique suivante « quel est l'impact de la réglementation prudentielle sur le capital et la prise de risque des établissements bancaires ? » A travers une étude empirique sur le secteur bancaire tunisien portant sur la période 2005 à 2014, nous essayons de vérifier dans quelle mesure les banques obéissent aux exigences de la réglementation prudentielle et comment elles ajustent leur capital en fonction du risque.

Notre étude s'articuler autour de trois chapitres. Dans le premier chapitre, nous présentons la structure du capital d'une banque, la nécessité de le règlementer ainsi que la réglementation prudentielleinternationale de l'activité bancaire, avec les trois accords du Comité de Bâle.

Dans le cadre du deuxième chapitre, nous nous intéressons à la justification de la réglementation du capital, à la prise en compte du risque dans cette réglementation ainsi qu'à son impact sur la prise de risque des banques.

Le troisième chapitre est réservé à une validation empirique de la relation entre réglementation prudentielle, capital et risque sur un échantillon de neuf banques tunisiennes cotées. Ces développements sont précédés par une présentation de l'évolution de la réglementation prudentielle en Tunisie.

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