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Le marché obligataire suisse

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par Xavier LE PRADO
Université Paris Dauphine - Maà®trise de Sciences de Gestion 2005
  

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I - La place financière suisse

L'ancienneté et l'importance du secteur financier suisse résident en grande partie sur la notion de secret bancaire. Depuis plus d'un siècle, la discrétion est une pratique fondamentale cultivée par l'ensemble de la place financière helvétique. Ce dernier terme désigne non seulement les institutions bancaires, mais un ensemble de corps de métiers auxiliaires appelés « parabancaires ». La croissance de la place financière suisse au 20e siècle s'est traduite par l'émergence d'un « agrégat » de compétences financières diversifiées.

En anglais, de tels agrégats sont appelés clusters : certaines régions attirent les acteurs dominants d'une industrie ; Hollywood le cinéma, Silicon Valley l'informatique, la France la gastronomie, l'Allemagne l'automobile haut de gamme, etc. La Suisse, elle, est devenue le principal centre mondial de la gestion de fortune privée, souvent désigné par les professionnels par le terme anglais de private banking.

I-1 Rôle crucial du secret bancaire

Le secret bancaire est essentiellement une institution de droit, un mur juridique érigé par la loi suisse autour de la relation entre la banque et son client afin de la protéger de la curiosité d'autrui, qu'il s'agisse de personnes privées ou d'autorités publiques, suisses ou étrangères. Par extension, le secret bancaire en est venu à désigner un ensemble de pratiques destinées à assurer la discrétion des clients.

Le secret bancaire ainsi défini fait de la Suisse un espace juridique qui offre aux clients de ses banques un degré de confidentialité inconnu dans la plupart des autres pays. Ce « devoir de discrétion du banquier » ou cette « protection de la discrétion », termes préférés par les professionnels, interdit au banquier de révéler tout fait parvenu à sa connaissance qui ne soit pas déjà notoire et dont la divulgation peut affecter la sphère privée ou économique de son client.

L'élément central du secret bancaire est l'article 47 de la Loi fédérale sur les banques, adoptée en 1934 et modifiée dans les années 70. Cet article, punissant de prison et d'amende ceux qui auraient révélé un secret appris dans une banque, a beaucoup contribué à établir la réputation d'inviolabilité du secret bancaire helvétique.

I-2 Poids de la place financière helvétique.

Le secteur financier suisse occupe une place prépondérante dans l'économie suisse. Les données économiques sont éloquentes. En 2003, les quelques 356 banques helvétiques représentaient 14% de la production de richesses mesurée par le PIB, ce qui en fait la première branche de l'économie. Alors que l'économie suisse stagne depuis le début des années 1990, les banques engrangent, année après année, des profits confortables : malgré une conjoncture difficile, leur bénéfice brut s'élevait à plus de 24 milliards de francs suisses (CHF) en 2002. Le montant des fortunes qu'elles administrent pour le compte de leurs clients a baissé, en raison notamment de la chute des marchés boursiers, mais les chiffres restent impressionnants : les avoirs sous gestion atteignaient 3279 milliards de CHF en 2002, un chiffre inférieur au record atteint en 2000 avec 4127 milliards de CHF, mais qui donnent la mesure de l'importance de ce secteur. L'argent placé dans les banques suisses représente environ dix fois l'économie de la Suisse tout entière.

Ce bref examen des statistiques illustre un fait fondamental : la Suisse vit très largement de l'argent venu de l'étranger. Plus de la moitié - 58% selon les chiffres disponibles en 2003 - de la fortune gérée par les banques a été placée en Suisse par des clients étrangers. La gestion de fortune privée, c'est-à-dire l'administration des patrimoines des clients les plus riches, en majorité étrangers, représente à elle seule 6% du PIB. Une étude fréquemment citée par les professionnels, réalisée en 1998 par les consultants de Gemini, plaçait la Suisse en tête de la gestion de fortune privée mondiale avec 27% du marché, contre 19% au Luxembourg, 18% à la Grande Bretagne, 15% aux paradis fiscaux des Caraïbes. Ces chiffres concernent les fortunes off-shore, celles qui sont administrées hors des pays de résidence de leurs propriétaires.

La dépendance des banques suisses envers les fortunes étrangères est lourde de conséquences politiques. Car le capital financier n'enrichit pas seulement les banques, mais aussi les Etats. L'argent déposé dans une banque suisse est souvent soustrait à un fisc étranger et le phénomène de l'évasion fiscale affecte directement les revenus des pays d'où provient l'argent placé en Suisse. Selon les estimations, entre 50% et 70% des avoirs étrangers en Suisse n'auraient pas été déclarés aux impôts dans les pays où résident leurs détenteurs. Mais il n'y a pas, dans ce domaine sensible, de vérité officielle : précisément parce qu'il est discret et qu'aucune loi ne l'y oblige, le banquier suisse ne demande jamais à son client si son argent est déclaré ou non.

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"Ceux qui rĂªvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rĂªvent de nuit"   Edgar Allan Poe