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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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Copyright (c) Philippe SALSON

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LES DEBATS AUTOUR DE LA GUERRE

D'ALGERIE A TRAVERS

D'une amnistie à une autre : 1968-1982

REMERCIEMENTS :

A ma famille, perdue sous la bruine rouennaise.

A tous ceux qui m'ont soutenu durant cette année. Aux Beuleux et aux pièces rapportées - amitiés inégalables nouées à Bordeaux - à ceux qui liront ce mémoire, au théâtre de l'OEil-La Lucarne pour le plaisir d'y jouer, à Ablaye et Marie, aux Kanaks tous cousins de Steeven, aux géographes iconoclastes MM. Dauriac et Granet, à l'inventeur inconnu du jeu de tarot, à ceux que je n'ai pas cités mais à qui je pense, au réconfort dans les moments d'abattement d'un thé à la menthe sous les tilleuls de la place St-Michel ou d'un poulet-coco du Caméléon, à Barbara-Brassens-Brel-Ferré pour leur soutien musical...

Ce mémoire n'est pas dédié à l'anticyclone des Açores qui a pris la poudre d'escampette cette année.

SOMMAIRE :

· INTRODUCTION 5

· CHAPITRE 1 : 1968-1972 LA REDECOUVERTE DE LA GUERRE D'ALGERIE 10

A/ Une tentative d'écriture de l'Histoire 10

1/ Le Monde: caisse de résonance ou faiseur d'opinion ? 10

Les origines idéologiques du Monde 10

Le Monde dans la tourmente algérienne 12

Importance des articles ayant trait à la guerre d 'Algérie 14

Le Monde comme tribune 15

Un journal impartial ? 16

2/ L'histoire comme enjeu 17

Les premiers travaux à vocation historique 18

Les témoignages 22

3/ Le cinéma au centre des affrontements 24

Deux films qui suscitent la polémique 24

La force de l 'incompréhension 26

L 'encadrement de la mobilisation des rapatriés 27

4/ Un besoin de commémoration 28

Une commémoration des « nostalgiques » : le 13 mai 29

La commémoration des gaullistes et des modérés : les accords d 'Evian 29

La commémoration des militants de gauche : Charonne 30

B/ De Gaulle et l'Algérie : le mythe gaullien et la politique du silence 32

1/ L'amnistie de 1968 : pardonner et oublier 32

Les campagnes pour une amnistie 32

Une continuité dans la politique gaullienne 34

Contenu de la loi et conséquences judiciaires 35

2/ Le mythe du chef d'Etat clairvoyant dans la tourmente algérienne 36

Le mythe a sa source : Le Renouveau 36

Réalité historique du mythe ? 37

3/ Un mythe qui suscite des critiques 39

La critique du Monde sous la plume de Viansson-Ponté 39

L 'amertume des anciens activistes 40

C/ La question de la torture : responsabilités et justifications 41

1/ Les affrontements judiciaires 41

L 'affaire Audin : suite d 'un feuilleton judiciaire et politique 41

L 'affaire Faulques : absurdité de la loi d 'amnistie 43

2/ Un rebondissement : la publication de La Vraie bataille d'Alger 46

L 'autoj ustification de Massu 46

La réplique de Vidal-Naquet 47

3/ Les polémiques sur la torture : le retour des affrontements 48

Les deux camps en présence 48

Les thématiques de l 'affrontement 51

Une convergence sur les responsabilités 53

· CHAPITRE 2 : 1973-1979 UN SILENCE RELATIF SUR LES

« EVENEMENTS » 57

A/ Un débat mis en sourdine 57

1/ L'absence de véritable débat dans Le Monde 57

Un contraste avec la période précédente 57

Silence du Monde ou silence de l 'opinion ? 58

2/ Une victoire des partisans du silence et de l'oubli ? 59

Une censure encore présente 59

L 'efficacité de « la politique du silence » 60

Des raisons conjoncturelles 61

3/ Une attention mobilisée sur le problème des rapatriés 62

Les rapatriés : une force politique 62

La mobilisation des énergies sur la question de l 'indemnisation 63

La permanence de situations difficiles : les harkis 65

B/ Une résurgence sporadique des principaux thèmes de débat 68

1/ La torture, un sujet encore polémique 68

La « mini-affaire » Bigeard : le secrétaire d 'Etat et la torture 68

Le cas Pouget 70

La suite du feuilleton Audin 71

Henri Alleg : briser une nouvelle fois le silence 74

2/ De Gaulle : trahison ou pragmatisme ? 74

Un défenseur peu commun de la politique gaullienne 74

De Gaulle et l 'opération « Résurrection » 75

3/ Le cinéma vers une dédramatisation ? 76

Le cinéma militant du début de période 77

Un apaisement avec le cinéma de fiction 79

C/ Derrière le silence : un travail de mémoire à l'oeuvre 81

1/ Une reconnaissance officielle des combats 81

La carte du combattant enfin attribuée 81

La position ambiguë de l 'Etat vis-à-vis du conflit 82

Les enjeux d 'une telle distinction 82

Une médiatisation des commémorations du cessez-le-feu 83

2/ La télévision et l'écrit : deux moyens de se souvenir 84

Les premières émissions télévisées sur la guerre d 'Algérie 85

Une diversification des livres sur la guerre d 'Algérie 86

3/ Le Monde et le travail de mémoire 89

La rubrique nécrologique 89

Les pages spéciales : une analyse sérieuse de la guerre et de ses séquelles 90

CHAPITRE 3 :1980-1982 L'OPINION PARTAGÉE ENTRE LE SOUVENIR ET L'OUBLI 95

A/ Des années denses en polémiques 95

1/ Le Monde en tête du débat 95

Une rupture par rapport à la période précédente 95

L 'engagement du journal dans la polémique 96

2/ La télévision : un amplificateur de débat 97

La mission éducative de la télévision 97

Les Dossiers de l'écran et la guerre d'Algérie 98

3/ Les raisons de cette amplification de la polémique 99

Des débats plus politisés 99

Une nouvelle génération au pouvoir 100

L 'actualité renouvelle le débat 101

B/ Une volonté de commémoration 103

1/ Commémorer pour ne pas oublier 103

2/ La polémique autour de la commémoration du 19 mars 104

Le choix du 19 mars par la F.N.A.C.A. 104

La récupération politique de la polémique 107

Une incompréhension plus qu 'un clivage irrémédiable 109

Le Monde partisan d'une commémoration du 19 mars ? 111

3/ Commémorer pour mettre en exergue les violences policières 115

La commémoration comme seul recours 115

La résurgence du massacre du 17 octobre 116

La commémoration des morts du métro Charonne 118

C/ Les affaires exclusivement politiques 120

1/ L'affaire Dominati : maladresses et électoralisme 120

Les faits : la maladresse du ministre 120

Les polémiques 121

Une affaire aux significations multiples 123

2/ Le P.C.F. et la guerre d'Algérie 124

S 'attribuer le prestige de la lutte anticolonialiste 125

Le procès contre la C.F.D. T. 126

La querelle entre le P. C.F. et Fran çois Mitterrand 129

3/ Les polémiques autour de l'amnistie 131

Le point de divergence : la réintégration des « généraux félons » 131

La division des socialistes : deux générations, deux idéaux 135

Un enjeu éminemment politique 138

Le dénouement : un Mitterrand plus gaullien que jamais 139

Une prise de position du Monde ? 140

D/ Des continuités dans les débats 143

1/ Les raisons de cette continuité 143

Des thèmes cruciaux pour la mémoire collective 143

L 'actualité de ces thèmes 144

2/ L'ombre de de Gaulle sur le conflit 145

L 'affaire Dominati : la mémoire de de Gaulle en jeu 145

L 'amnistie : Mitterrand, un gaullien anti-gaulliste 146

3/ Les exactions de l'armée et du F.L.N. 148

Charniers et exécutions sommaires 148

Des camps d 'internement en Algérie ? 149

Un apaisement de l 'opinion sur la guerre d 'Algérie 151

· CONCLUSION 154

· ANNEXES 159

INTRODUCTION :

Le dessin figurant sur la couverture est l'image que se fait Sergueï, dessinateur au Monde, du débat sur la guerre d'Algérie tel qu'il a resurgi depuis juin 2000, avec le témoignage de Louisette Ighilahriz. Cette ancienne militante du F.L.N. raconte, dans le numéro du Monde paru le 20 juin 2000, les tortures que lui ont fait subir les troupes du général Massu, commandant alors la 10e D.P. Le lendemain, dans les colonnes du même quotidien, le général Massu avoue avoir eu recours à de telles pratiques et exprime ses regrets tandis que le général Bigeard vitupère des dénégations scandalisées. La fin de l'année 2000 et le début de l'année 2001 sont alors marqués, au niveau de l'opinion publique, par un retour de la guerre d'Algérie, et plus particulièrement, de la torture au sein du débat national. Emissions télévisées et unes des journaux et magazines sont consacrées à ce thème tandis que les confessions sur la torture et les demandes d'une reconnaissance officielle des exactions commises se multiplient. Mais, c'est avec le numéro du Monde paru le 2 mai 2001 que la polémique rebondit : des extraits du livre de témoignage du général Aussaresses, coordinateur des services de renseignement à Alger auprès de Massu, sont publiés. Il raconte, assume et revendique les horreurs qu'il a commises avec ses groupes de choc, véritables escadrons de la mort. Le débat s'envenime alors : accusations envers certains responsables politiques, condamnation officielle du général Aussaresses, reproches violents de ses collègues...

Sergueï représente alors la France, avec à la main un livre épais écrasant des corps meurtris dont seuls dépas sent quelques mains et surtout un flot de sang qui entache la pureté de Marianne. Selon lui, la mémoire collective des Français sur la guerre d'Algérie se caractérise par l'occultation et le silence sur « les événements », d'où le livre intitulé Algérie qui tente de dissimuler les corps des suppliciés. En outre, le dessinateur considère le drame algérien uniquement sous l'angle des exactions. C'est pourquoi la couverture du livre représente une main qui broie un homme, symbole de l'usage injustifié - car la main n'est pas reliée à un visage, d'où un aspect implacable, inhumain - de la violence du fort sur le faible. Cette mémoire du conflit est la cause d'un traumatisme dans la conscience nationale puisqu'elle contredit les idéaux généreux de la République.

Cette violence et l'ampleur du malaise dans les mentalités, près de quarante ans après la fin du conflit, peuvent surprendre et laisser perplexe. Que s'est-il passé après cette dernière guerre coloniale pour que cette impression de traumatisme soit si forte ? La commotion serait alors étroitement corrélée avec une pratique de l'oubli et du silence. Ce refoulement aurait savamment été entretenu par un pouvoir politique qui a longtemps envisagé les débats autour de la guerre d'Algérie à partir d'un impératif d'oubli. C'est pourquoi, en 1968 et 1982, des lois d'amnistie effacent toutes les « séquelles » autour du drame algérien mais surtout, empêchent toute poursuite judiciaire. Comment peut-il y avoir alors une progression du débat vers la reconnaissance d'une réalité historique, durant une telle période caractérisée par une politique de l'oubli et peut-on alors parler de mémoire collective si cet oubli est généralisé ?

A cause de ce devoir d'oubli qui lui aurait été imposé, l'opinion aurait été et serait encore marquée par une mosaïque de mémoires particulières, de souvenirs contradictoires. L'historien Benjamin Stora la définit ainsi : « un ensemble subtil de mensonges et de refoulements organise la mémoire algérienne ». Il précise plus loin : « La guerre se vit comme une affaire individuelle, privée. Toutefois, la multiplicité des points de vue, des impressions rétrospectives des acteurs, entrave l'effort de recherche vers une réalité qui dépasse les témoignages »1. Cette dilution de l'unité nationale dans des mémoires diverses serait un signe d'un manque d'apaisement de l'opinion publique sur la guerre. Or, il est nécessaire qu'existe une conscience nationale, une représentation de soi comme composante de la nation ; la mémoire collective est justement l'application concrète de cette conscience nationale.

Avant de s'engager plus loin dans notre réflexion, il convient de définir notre objet d'étude, à savoir la mémoire collective. Elle constitue un élément fondamental des mentalités et ne doit pas être confondue avec la discipline historique. Loin d'être une étude objective des faits, la mémoire collective se construit à partir d'un ensemble de souvenirs partagés, entretenus et transmis qui confèrent à un groupe donné une image cohérente de soi et de ses valeurs dans un passé réinterprété. Elle met ainsi en évidence des symboles, des exemples ou des préceptes afin d'assurer la diffusion des normes qui régissent la société ; elle s'exprime à l'occasion de commémorations, de sacralisations de certains personnages historiques en « héros » ou « martyrs »... Mais, pour qu'elle soit pertinente, qu'elle « parle » au groupe dans son intégralité, elle doit sans cesse réaliser un compromis entre le présent et le passé.

Nous avons noté que les années 1968 à 1982, symboles d'une politique du silence, sont

caractérisées par une contradiction autour de la formation d'une mémoire collective, d'où une impossibilité de donner une image de soi cohérente : cette contradiction résulte d'une dialectique du devoir de mémoire et du devoir de silence. Le silence favoriserait l'oubli, atténuerait les traumatismes et conduirait, de fait, à une certaine réconciliation nationale après les déchirements franco-français liés à la tragédie algérienne. C'est cette voie qu'a suivie le gouvernement français pour résorber les répercussions du conflit. La volonté de silence va alors de pair avec celle de pardon puisqu'il s'agit du but assigné aux amnisties de 1968 et 1982.

On peut alors se demander si le silence n'est pas aussi une entrave au travail de maturation, de digestion des différentes expériences de la guerre d'Algérie, d'où la constitution de mémoires fragmentées. Cette structuration incomplète d'une mémoire collective expliquerait alors la violence des propos actuels. Les années 1968 à 1982, véritable période de l'après guerre d'Algérie - ce n'est qu'à partir de l'amnistie de 1968 que les « disgraciés » vont pouvoir revenir et prendre part au débat - sont-elles alors celles d'une occultation totale de la guerre d'Algérie, d'une absence de réflexion sur le conflit, d'un certain immobilisme du débat public sur ce thème ? Ou bien le silence n'est-il qu'apparent, presque un stéréotype du discours sur la mémoire algérienne, et le débat actuel a-t-il été préparé par des années de témoignages ?

Pour étudier cette évolution des mentalités, nous nous sommes appuyés sur les archives du Monde couvrant la période 1968 à 1982, celle dite du « silence ». En effet, le quotidien est le principal vecteur de débat parce qu'étant à la fois modéré et ouvert aux opinions diverses ; il n'est pas le journal d'un parti ou d'une école de pensée. En outre, Le Monde a acquis un statut de référence dans le panorama de la presse française : il est à la fois le reflet d'une opinion « éclairée » et un média sérieux et quasi-exhaustif, d'où une place relativement importante accordée aux discussions et controverses sur « les événements ». De plus, ses nombreuses tribunes ont touj ours joué un rôle considérable dans le débat public : il constitue comme un carrefour des opinions où se rencontrent intellectuels, responsables politiques et lecteurs.

Toutefois, cette restriction de l'étude - due aussi à un problème de sources - à un seul quotidien, Le Monde, pose le problème de la représentativité du lectorat du quotidien du soir. Peut-on généraliser les réactions des lecteurs à l'ensemble de la société ? Par son aspect austère, Le Monde a en effet une influence limitée aux élites sociales et culturelles, peut-être plus impliquées dans ce travail de mémoire. Une autre limite à cette étude réside dans les conditions dans lesquelles se sont déroulées les recherches. Pour les années 1968 à 1978, il

n'existe pas encore d'index du Monde dans lequel sont répertoriés tous les articles du quotidien. Pour ces onze années, les recherches ont été effectuées en feuilletant chaque numéro, un par un. Cette méthode assez laborieuse est génératrice de fatigue, d'inattention, si bien que certains articles traitant de la guerre d'Algérie ont pu être « oubliés ». Toutefois, les articles d'une certaine importance n'ont pu passer inaperçus. Nous pouvons donc raisonnablement affirmer que ces éventuelles omissions seraient sans grande conséquence sur la teneur générale du débat.

Notre analyse du débat sur la guerre d'Algérie se fait en trois temps, en fonction de l'intensité du débat. En effet, nous avons essayé de la représenter graphiquement (cf. annexes p. 159) pour souligner cette évolution en trois étapes.

Au tournant des années 1970, de 1968 à 1972, en écho à la contestation de mai 68 ou simple conséquence de la loi d'amnistie, des témoignages, des commémorations puis des débats autour de la guerre d'Algérie se multiplient. « Les événements » sont progressivement redécouverts et deviennent un enjeu historique : alors que les anciens acteurs du conflit, en particulier les généraux, tentent de réinterpréter l'histoire pour légitimer leur action, des premières initiatives, dont Le Monde est le principal relais, pour écrire une histoire de la guerre d'Algérie voient le jour. A travers les propos échangés dans les colonnes du quotidien se dessinent déjà les principales thématiques du débat : le rôle de de Gaulle dans la guerre d'Algérie est l'objet d'une controverse entre anciens activistes et gaullistes tandis qu'une véritable polémique sur la pratique de la torture prend forme à partir du témoignage du général Massu.

Après l'intense polémique de l'année 1972, suit une longue période durant laquelle le débat sur la guerre d'Algérie est très peu présent dans le quotidien, d'où une impression de silence mais aussi d'apaisement. Si l'opinion semble moins intéressée par le conflit, on assiste tout de même à une résurgence sporadique des principaux thèmes, vecteurs de controverse : de Gaulle, la torture et le poids du cinéma sur la guerre dans les mentalités. Bien plus, un véritable travail de mémoire se met en place grâce à des relais médiatiques : la télévision, Le Monde ou la production éditoriale. Il est l'occasion pour des acteurs, victimes ou témoins du conflit, « oubliés » durant les polémiques sur la torture, de prendre la parole et d'apporter une réflexion nouvelle sur la guerre d'Algérie.

Nouvelle rupture en 1980, et jusqu'en 1982 ; le débat connaît une intensité sans précédent. On le retrouve de manière quasi-continue dans les colonnes du quotidien. Cette amplitude nouvelle est tout d'abord due à une volonté très forte, chez les anciens acteurs du

conflit, de commémorer leur action et leurs victimes. Ce qui est recherché, c'est une reconnaissance publique, voire officielle, du sacrifice réalisé. Mais, la période 1980-1982 se caractérise davantage encore par les polémiques autour d'affaires avant tout politiques : l'affaire Dominati, les controverses sur le P.C.F. dans la guerre d'Algérie mais surtout les polémiques autour de la loi d'amnistie de 1982. La virulence des discussions, sur ces sujets politiques, ne doit pas pour autant dissimuler les continuités dans le débat ainsi qu'un certain apaisement de l'opinion publique.

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