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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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CHAPITRE 2 :

1973-1979 : UN SILENCE RELATIF SUR LES

« EVENEMENTS »

La virulence du débat chute brusquement entre 1972 et 1973. Si l'on considère le graphique sur le nombre d' articles parus dans Le Monde ayant trait à la guerre d'Algérie (cf. annexe), on remarque que ce nombre d'articles, qu'il s'agisse du nombre total ou seulement du nombre d'articles ayant une certaine importance, est divisé par deux d'une année sur l'autre. De plus, c'est la première fois que ce nombre diminue depuis 1968 : on avait assisté jusque-là à une progression continue de l'intensité du débat - du moins, si on considère la variable affinée, puisque c'est elle qui est véritablement significative. Or, à partir de 1973, l'histogramme représentant le nombre d'articles occupant au moins un tiers de la page, revêt une forme aplatie, reflétant une atonie de l'opinion publique vis-à-vis des problématiques soulevées par la guerre d'Algérie. Paraît alors, de temps en temps, un article digne d'intérêt, mais il ne suscite pas de réactions, d'où une absence de véritable débat.

A/ Le débat mis en sourdine

1/ Une absence de véritable débat dans Le Monde

a) Un contraste avec la période précédente

Si cette période peut être caractérisée par le règne du silence, ce silence n'est pas parfait. Au contraire, si on tient compte de tous les articles ayant trait à la guerre d'Algérie, quelle que soit leur longueur, on s'aperçoit que leur nombre est encore assez élevé : en 1975, par exemple, il est supérieur à celui de 1968. Mais, il est frappant que les articles traitant plus directement de la guerre d'Algérie et s'étalant sur plusieurs colonnes sont bien moins nombreux qu'entre 1968 et 1972. La différence entre les deux histogrammes est particulièrement saisissante : les articles sont généralement moins développés. C'est pourquoi,

il s'agit d'un silence relatif. Après une période de débat intense - en particulier, de 1970 à 1972 - ces années 1973 à 1979 apparaissent bien trop calmes : sont égrenés ainsi, chaque an, moins de dix articles importants. Si ces quelques articles sont révélateurs d'un certain travail de mémoire, on ne peut parler de débat. C'est comme si l'opinion avait besoin d'un temps, d'une pause, pour digérer tout ce qui s'est dit, ce qui a été révélé entre 1968 et 1972.

Cette mise à l'écart du débat s'appréhende non seulement en comptabilisant le nombre d'articles mais aussi en s'intéressant à la place de tels articles dans le journal. Or, on constate qu'ils n'occupent plus la première page ; les éditoriaux ainsi que les grandes plumes du journal - Planchais, Lacouture, Fauvet, Viansson-Ponté - analysent d'autres questions que celles relevant de la guerre d'Algérie. Ces dernières sont reléguées aux pages « Culture » et « Rapatriés ». Bref, la guerre d'Algérie n'est plus abordée frontalement mais par le biais d'autres problématiques : la création artistique, la censure, le problème d'indemnisation ou celui des harkis...

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