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La coexistence humaine et participation politique du citoyen. Une réévaluation de l'espace politique avec Hannah Arendt

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par Gauthier Malulu Lock j
Faculté de Philosophie saint Pierre Canisius. Kimwenza-Kinshasa - Graduat en Philosophie 1999
  

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« Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde ; les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques "

(Hannah Arendt).

DEDICACE

A vous tous qui luttez, directement ou indirectement, en public ou en privé, pour l'avènement d'un vivre ensemble heureux en Afrique ;

A toutes les personnes qui ont tracé la route heureuse du service toujours plus grand et à celles qui nous suivront sur cette même route,

Nous dédions ce travail.

0. INTRODUCTION GENERALE

Nous allons introduire succinctement ce travail. Pour ce faire, nous commencerons par présenter la biographie de Hannah Arendt mais il nous faudra nous étendre un peu plus largement à cause de l'influence décisive de la vie de l'auteur sur sa pensée ; après quoi nous tâcherons d'expliquer le pourquoi de la réflexion que nous nous proposons de faire dans ce travail. Nous terminerons cette introduction en énonçant brièvement ce que nous avons appelé « principe directeur du travail ».

0.1. Une esquisse biographique de Hannah Arendt

La pensée arendtienne est tributaire de son histoire singulière d'une part, et de l'histoire générale du peuple juif d'autre part. Arendt ne dira-t-elle pas elle-même que « la pensée naît d'événements de l'expérience vécue et doit leur demeurer liée comme aux seuls guides propres à l'orienter »_. Hannah Arendt est née des parents modestes. Arendt est née à Hanovre née le 14 octobre 1906, enfant unique de Paul et Martha Arendt, elle est allemande d'origine juive et ne devint citoyenne américaine qu'en 1950. Elle mourra subitement d'une crise cardiaque, le 4 décembre 1975 à New York. Bien qu'une grande page s'ouvrait ainsi dans l'histoire de la théorie politique, on peut dire que la date de sa mort marquait la fin d'une histoire singulière, parce qu'Arendt mourra veuve et sans enfant.

Sa vie est pleine d'aventures effarantes liées surtout à son appartenance au peuple juif, qu'elle qualifia de « damné de la terre ». Dès l'âge de 7 ans, en 1913, son père, atteint de syphilis, meurt fou. Hannah , orpheline de père, ne trouvera pas de si tôt l'atmosphère requise pour surmonter ce premier choc, sa première épreuve. Au lendemain de la disparition de Paul Arendt, c'est-à-dire l'année suivante, Martha, sa mère et elle-même furent obligées de s'enfuir devant l'invasion « cosaque » de la ville de Königsberg. Tel fut le commencement d'une vie pénible marquée par de multiples déplacements forcés, des fuites en quête d'un refuge sûr là où on pourrait le trouver. Mais les péripéties de l'existence ne seront pas un obstacle pour l'émergence intellectuelle de cette âme bien née. En 1928, à l'âge de 22 ans, Hannah Arendt publia sa thèse de doctorat en philosophie sur «Le concept d'amour chez saint Augustin » qu'elle rédigea sous la direction de Karl Jaspers -pour qui elle gardera toujours un très grand respect, une grande estime scientifique et un souvenir inoubliable- à l'université de Heidelberg.

Malheureusement, peu après, la chasse aux Juifs que le mouvement Nazi avait commencée et développait sans relâche ne laissa pas sauve Hannah Arendt. Elle dut connaître encore la triste réalité de l'exil  : en France d'abord de 1933 à1940, aux Etats-Unis ensuite, en 1941. Ce n'est qu'en 1951 que les Etats-Unis lui octroyèrent la nationalité américaine ; entre temps, c'est-à-dire de 1940 à 1951, Arendt vécut la condition inconfortable avec la situation d'apatride sans aucune protection juridique.

Cette vie troublée par ces mésaventures frappèrent aussi sa vie affective : en 1936, elle se séparera de son époux Günther Stern pour se lier à un communiste non juif de Berlin, Blücher Heinrich, qui deviendra son second mari en 1940. Martha, sa mère mourut en 1948.

Force est de constater que ce souvenir douloureux de l'antisémitisme, de l'exclusion de tout un peuple du droit à la vie et à la liberté, marqueront fortement toute sa vie, et par le fait même soutiendront toute la pensée politique de Hannah. Cette pensée politique sera ainsi une analyse presque systématique de ces situations difficiles qu'elle avait traversées en vue de redonner sens, dans la mesure du possible, au politique.

Par ailleurs, ses recherches personnelles dans le domaine de la théorie politique lui ont assuré une très grande célébrité particulièrement dans les milieux universitaires et dans le monde de la pensée en général. En 1953, par exemple, Hannah Arendt est invitée pour des conférences à l'université de Princeton, où elle sera la première femme à occuper une chaire de professeur en 1959. Elle enseignera également à Berkeley en 1955, à Chicago en 1956 et dans plusieurs autres universités américaines, notamment dans celle de Californie, d'Aberdeen, de Brooklyn, de Columbia, et de Wesleyan. Entre autres distinctions, elle a reçu le prix Lessing en 1959, le prix Sigmund Freud en 1967.

Ses divers enseignements et ses conférences sont les sources majeures de l'abondante oeuvre qu'elle nous a laissée. Nous nous contentons ici de citer ses principaux écrits. Son livre le plus célèbre est "The origin of Totalitarianism" publié en 1951. Ce livre comprend trois parties qui ont paru en trois volumes :

1. "Antisemitism", en traduction française "Sur l'antisémitisme";

2. "Imperialism" traduit en français "L'impérialisme" ;

3 . "Totalitarianism" en français "Le système totalitaire".

D'autres ouvrages suivront cette première étude :

«Condition de l'homme moderne», en 1958 - tel est le livre qui nous concerne plus

directement dans le présent travail- ; «La crise de la culture: huit exercices de pensée

politique.», en 1961; «Essai sur la révolution», en 1963; «Eichmann à Jérusalem» en

1966, «La vie de l'esprit» qui a aussi paru en trois volumes :

«Pensée», «Vouloir» et «Juger»_.

0.2. Le pourquoi de notre réflexion

Tout le monde s'accorde aujourd'hui à dire que Hannah Arendt a interrogé à

frais nouveaux les concepts politiques fondamentaux et d'autres qui leur sont liés : la liberté, la démocratie, le pouvoir, la violence, l'autorité, la domination, le mensonge, etc. Mais vouloir réduire son oeuvre à cette analyse des concepts c'est vraiment amputer une pensée qui frappe par son caractère riche, vaste et -disons-le- complet.

Par ailleurs, si Arendt s'est adonnée à la réflexion et à la re-définition des mots clés de la langue politique, c'est non seulement parce qu'elle avait a faire avec des «monstruosités» politiques (la guerre, la massification des peuples, le totalitarisme, le génocide juif() dues à une déformation du sens du politique lui-même et à l'écart redoutable entre le dire et le faire quant à l'application des « règles du jeu politique » dans la société moderne, mais aussi parce qu'elle avait constaté un déplacement d'un certain nombre d'affaires qui ne relèvent pas stricto sensu de la politique vers la sphère du politique, elle était témoins d'un transfert des affaires extrapolitiques vers le politique, autrement dit parce qu'elle constatait la disparition du domaine public qui normalement rassemble, - sans le débordement des uns sur les autres -, les habitants d'une polis. Puisque cette disparition de l'espace commun se révélait être la cause efficiente de l'aliénation de l'individu, réduit dès lors au statut de membre d'un tout indifférencié, l'entreprise de Hannah Arendt se proposa de revaloriser l'individu dans son agir et dans son dire au sein de l'espace de l'inter-esse.

0.3. Le principe directeur du travail

Faut-il vraiment indiquer ici la problématique de ce travail ? Nous ne pensons pas nécessaire de définir ici notre problématique, étant donné celle-ci va se dévoiler tout au long de l'étude qui veut offrir une réévaluation de l'espace politique sous la conduite de Hannah Arendt. Nous voulons par contre exprimer la motivation qui a suscité en nous le désir de nous prononcer sur le politique.

Le problème majeur qui est au principe de ce travail est la constatation malheureuse que nous faisons de l'horrible désintéressement de nos contemporains de la vie politique de leur cité et de leur pays. Un désintéressement causé par l'exclusion du peuple par le régime en place, ou par une indifférence que justifieraient des convictions d'ordre religieux, culturel, personnel, etc. Pourtant, la cité est justement cet espace du « vivre ensemble », ou de la coexistence des citoyens dont l'organisation et la gestion nécessitent la participation et le concours de tous.

« Hannah Arendt, disait Mc Carthy, ne croyait guère à des notions asservissantes telles que le `devoir', mais elle était sensible à l'idée d'une vocation, y compris celle du citoyen à servir la vie commune "_.

Ce travail vise, en dernier ressort, à montrer que la participation de tous et de chaque personne singulière aux affaires communes de la polis est le devoir civique le plus important. La politique n'étant nullement un domaine particulier des personnes qu'on appelle: les politiciens, mais une exigence imposée aux hommes par la coexistence liée à leur condition humaine. S'y dérober, c'est se poster en figurant sur la

scène politique (dès lors s'en exclure), et, par le fait même, subir la politique. Ce fait de se soustraie du politique n'est pas le propre d'un acte humain. existence liée à leur condition humaine. S'y dérober, c'est se poster en figurant sur la

Nous aborderons dans ce travail l'examen ou l'analyse, de la coexistence humaine,

ainsi que le devoir qui incombe à chaque personne humaine en tant que détentrice du

bios politikos de participer activement aux affaires de la res-publica (la chose

publique ou commune).

Pénétrerons alors dans le corps de cette étude, qui aura, outre de cette intro

duction et de la conclusion, trois chapitres. Le premier chapitre sera une reprise

synthétique de la ligne générale de la pensée de Hannah Arendt, en évoquant les

circonstances de la rédaction de ses ouvrages majeurs. Le deuxième chapitre se

penchera alors sur la coexistence humaine comme fait et comme une donnée tout à

fait ontologique de la réalité humaine enfin le dernier chapitre examinera l'obligation

civique ou la nécessité pour les citoyens d'une participation politique.

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