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L'édition de manga : acteurs, enjeux, difficultés


par Adeline Fontaine
Université Paris VII Denis Diderot - Maîtrise de Lettres Modernes 2005
  

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3.4.2. Akata : le Japon comme nouveau modèle culturel

Label dirigé par un homme aux idées engagées, Dominique Véret, Akata est avant tout une nouvelle chance de mettre en oeuvre ce qui selon lui a échoué aux éditions Tonkam : publier des oeuvres fortes destinées à un public de jeunes adultes.

Dominique Véret a en effet pris conscience que ce qui a été communément appelé par les médias la «génération manga» a mûri. Tout ce pan de la population a désormais entre vingt et trente ans et les oeuvres qu'Akata souhaite publier s'adressent avant tout cette cible non hostile aux productions nippones.

Se positionnant en marge des éditeurs opportunistes qui ont vu dans le manga une manne providentielle, l'équipe d'Akata veut se rapprocher de la mission traditionnelle de l'éditeur : élever son lectorat vers le haut en lui proposant des titres culturellement enrichissants, ne se présentant pas d'emblée comme des best-sellers potentiels.

Le catalogue Akata est très diversifié, proposant une variété de genres à travers six collections avec néanmoins une prédominance de titres destinés aux jeunes adultes :

- la collection « Také : Initiation de papier au masculin », sept titres destinés majoritairement aux jeunes garçons ;

- « Sakura : les desseins du manga... au féminin », sept publications s'adressant aux jeunes filles ;

- « Ôbon : Bienvenue dans le monde des esprits », deux oeuvres d'horreur pour jeunes adultes ;

- « Gingko : La tradition sous l'écorce de la modernité », quatorze titres destinés aux plus de 20 ans ;

- « Fukei : Paysages intérieurs, une manière de lire la vie », trois séries basées sur la réflexion s'adressant au même public que les deux collections précédentes ;

- « Jôhin : Des femmes se dévoilent... sans fausse pudeur », sept publications pour un lectorat adulte et plutôt féminin.

Au lieu de nous attarder sur les diverses collections et de décrire point par point le catalogue, nous nous sommes penchés sur celles dont le contenu est véritablement innovant d'un point de vue thématique, les publications jôhin.

Ces dernières proposent en effet des récits ayant pour personnage central une héroïne, ce qui est peu courant dans les manga pour adultes paraissant en France mais également dans la production franco-belge.

Cette collection est avant tout l'occasion pour l'éditeur de promouvoir la qualité d'une bande dessinée produite par et pour les femmes. Elle est également un moyen de présenter une nouvelle image de la femme japonaise, qui sait revendiquer à la fois son identité et sa sexualité.

Les titres proposés sont au nombre de sept parmi lesquels cinq sont l'oeuvre de la mangaka* Mari OKAZAKI. Chacune de ses nouvelles ont pour thème central l'amour. Cependant, sa réflexion sur les sentiments est poussée à l'extrême et invite sa lectrice à découvrir de multiples façons d'exprimer ses passions.

BX est une histoire d'amour entre deux opposés, deux manières profondément différentes de concevoir l'existence. Une aventure compliquée commence, notamment pour Nenohi l'héroïne qui s'accroche au jeune Usagi qui, lui, ne connaît que la boxe.

C'est avant tout elle que l'on verra évoluer, car c'est de son point de vue que l'on perçoit l'histoire. D'une jeune fille volage, incapable d'aimer, elle deviendra une femme incroyablement patiente et prête à l'abnégation de ses sentiments pour celui qu'elle aime.

Dans Déclic amoureux, la passion des personnages est poussée jusqu'à l'extrême, leur ôtant toute humanité et toute compassion les uns envers les autres.

12 mois propose un récit d'amour à sens unique tandis que Le Cocon développe une perspective inhabituelle de la passion, celle pour un être absent.

Un autre titre de la mangaka est à paraître en juillet 2005, Sex no ato Otoko no Ase wa hachimitsu no Nioi ga suru (Après l'amour, la sueur des garçons sent le miel, titre provisoire). L'incapacité de l'être humain à vivre seul est au centre de ce recueil de cinq histoires courtes.

Subaru est l'héroïne éponyme du manga de Masahito SODA, femme déchirée entre drame personnel (son petit frère est atteint d'une tumeur au cerveau) et ascension sociale (devenir danseuse professionnelle).

Enfin, Initiation de Haruko KASHIWAGI n'est pas un manga pornographique bien qu'il peut apparaître comme tel quand on le feuillette. Fondé sur des recherches de l'auteur notamment sur l'ère Meiji (1868-1912), cette bande dessinée évoque ce que la culture japonaise a toujours su aborder sereinement et sans tabou, le sexe, qui a une fonction à la fois éducative et sociale.

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